Bonjour, Bonsoir
Me revoilà avec le premier chapitre, qui j'espère va vous plaire. Bonne lecture !
Tout appartient à J.K Rowling. Victoire Higgs et Henri Grant n'ont pas lieu d'être ailleurs qu'ici et sans cette auteur, ils n'existeraient pas. Merci à elle.
ATTENTION : Cette histoire peut choquer. Elle est crue, et dure pour les âmes sensibles. Mon but ici est de ramener le souvenir. Trop de jeunes oublis l'horreur des guerres. L'exemple de la 2nd Guerre mondiale est celle qui va le mieux avec l'histoire mais je tiens à préciser, car il le faut, que cette fanfiction est une histoire, il n'y aucun propos déplacé de ma part, aucune volonté de blesser. J'écris pour le plaisir pas pour juger ou quoi que ce soit d'autre. Je n'en ai ni le droit, ni le devoir.
Mardi 12 avril 2011 :
Il y a bien longtemps que je suis ici, neuf mois pour être exacte. Neuf mois de douleur, de peur et d'espoir. Celui de revoir, qui sait, peut-être un jour le monde extérieur, libre de tout grillage et de tous mangemorts. J'attends que l'on vienne me secourir, en vain ? Je me demande parfois, pourquoi j'ai mis tant de temps à me mettre à écrire, à raconter ma vie ici. Je sais maintenant que j'avais encore l'intime conviction que j'arriverais à m'enfuir seule mais, désormais, comment en être sûre ? Comment ne pas me dire que je vais mourir dans ce camp pour moldus et sang-de-bourbes au plein cœur de Londres…
Quoi qu'il en soit, j'ai enfin décidé de sortir ce petit carnet noir à la reliure argentée de sous ma paillasse. Je me félicite aujourd'hui de l'avoir pris et de l'avoir caché, pour une raison que j'ignore, sous ma robe en arrivant dans le campement. Personne n'a remarqué que je possédais ce livret, sinon les mangemorts me l'auraient déjà pris. Pour les prisonnières, pas de loisirs, pas de plaisir. Ecrire est la seule chose qu'il me reste pour vivre, pour évacuer la peur qui me tenaille et je commence seulement à éloigner cette angoisse par des morceaux de phrases. Mais cela va-t-il servir à quelque chose ? Qui sait si demain je serais encore vivante ? Peut-être qu'au prochain levé de soleil, on retrouvera mon cadavre parmi ceux, maigres, empilés dans un coin. L'astre éclairera alors ses monstruosités, les actes immondes du mage noir, sans que personne ne fasse ou ne dise rien. Mais je ne peux pas en vouloir à qui que ce soit. Chacun de ceux qui vivent au dehors ont peur de parler, car si jamais ses paroles ne plaisent pas, ils rejoindront le camp et par conséquent la Mort. Tous se taisent. Collaborer avec Voldemort ou mourir, peu importe que l'on soit un sorcier au sang pur ou non.
Moi, je peux dire ce que je pense pour le moment. Sur ses feuilles. Si les mangemorts tombent sur ce calepin, je sais que je payerai cher le fait d'exprimer mes pensées. Et je le refuse tout bonnement. Mourir est une chose agréable comparé aux conditions de vie dans le block mais je ne suis pas un assassin. Jamais je ne sacrifierais le petit être qui grandit en moi. Pour le moment, il poursuit son petit bonhomme de chemin bien au chaud dans mon ventre arrondi, cela depuis huit mois, et malgré mon piteux état. Le bébé me dévore de l'intérieur, pompant toute mon énergie. Faut-il dépérir pour donner la vie ?
Je pourrais mettre tout en œuvre pour me débarrasser de lui. Ses origines sont malsaines et répugnantes. Un viol. Pourtant, au plus profond de moi, mon instinct de mère surgit quand j'y songe. Cet enfant, c'est le mien malgré son père, malgré sa source et le fait qu'il soit le fruit d'une souffrance démesurée. Le bon côté, si bon côté il y a, est que le traitement que l'on m'inflige est plus laxiste, il y aurait bien longtemps sinon que je n'aurai pas supporté cette grossesse obligatoire. Les travaux généraux ont été suspendus à cette occasion mais le nourriture reste toujours aussi pauvre voire inexistante.
Tout cela pour quoi ? Un manque d'effectif. La guerre même si elle est menée par les mangemorts fait perdre des hommes et des femmes aux deux camps antagonistes. Le manque de 'soldats' a alors entraîné du côté sombre de la magie, une augmentation des viols. Les enfants nés de ses actes sont alors dès leur premier souffle endoctriné dans les règles de seigneur des Ténèbres. Je n'ai pas échappé à ce fléau. Au début, nous étions douze à porter des enfants et nous ne sommes plus que deux. Les autres femmes sont simplement mortes de fatigue. Les sbires n'ont pas aussitôt compris qu'il fallait nous laisser du repos. Leur descendance est morte avant même de voir le jour. Sont-ils idiots ? Ou suivent-ils simplement les ordres de leur 'maître' ?
La deuxième mère-porteuse est Elizabeth, une belle jeune fille blonde au visage jovial, d'une vingtaine d'années. Ses cheveux ne sont plus qu'un tas broussailleux de mèches et de terre mais ses yeux verts ont gardé cette volonté éclatante. Sa beauté est la seule raison qui a poussé Dolohov à la choisir pour porter son rejeton. Ses paroles lorsqu'il abusait d'elle me reviennent.
« S'il faut obéir aux ordres autant choisir un bon parti. »
Je me souviens m'être tassée sur moi-même dans un coin de la baraque qui nous servait de dortoir à nous toutes, une cinquantaine de filles. J'ai eu peur à ce moment là, mais la peur n'évite pas le danger. Peu après, cela a été mon tour. Un grand homme brun, les yeux enfoncés dans leur orbite, un rictus aux lèvres était venu me chercher. Higgs m'avait choisi. Je ne sais pas si c'était par obligation ou seulement pour le plaisir sadique de détruire la sang-de-bourbe qui était à Poudlard durant sa scolarité. Le regard qu'il m'avait lancé faisait froid dans le dos. On n'y voyait que l'envie perverse de faire souffrir, de détruire. Et c'était ce qu'il avait fait. La sensation de ses mains sur mes cuisses, de sa présence me dégoûtaient. La bile me montait aux lèvres alors qu'il semblait s'amuser, prendre son pied. Il n'était ni doux, ni rassurant. Il voulait faire mal, que je n'oublie pas. Je n'avais pas hurlé mais beaucoup pleuré, et plus je sanglotais plus il devenait violent. Plus je souffrais, plus il riait. Un rire plein de sadisme. Cet acte avait duré trop longtemps, m'avait souillé et laissé là, recroquevillée sur moi-même. Terence Higgs n'avait pas dit un seul mot, j'avais senti son regard pervers sur mon corps nu et décharné. Avec soulagement, il était parti. Je voulais mourir.
Maintenant ? Me voilà âgée de trente ans avec un enfant dont je ne connais que le père et dont je ne veux pas me séparer.
Je pense que ce sera tout pour aujourd'hui. Je sens comme des contractions pénibles dans le creux de mes reins, il vaut mieux que je me repose. A bientôt, si je le peux.
Hermione Jean Granger
