Chapitre 2 : Les Sabliers
Lorsque Amélia se réveilla le lendemain matin, il lui fallut quelques instants pour réaliser où elle était. Elle avait dormi d'un sommeil profond, bien installée dans les couvertures de son lit plus que confortable et avait du mal à ouvrir les yeux. Elle entendait ses camarades de chambre se mouvoir, et hésita à se lever. La jeune française avait eu un contact assez froid la veille avec l'une des filles qui partageaient sa chambre, et elle avait peur de retenter l'expérience avec les autres. Mais au bout de quelques minutes, Amélia se dit qu'il valait mieux affronter ses nouveaux congénères que d'arriver en retard en cours. De plus, il lui vint à l'esprit qu'elle ne connaissait pas du tout son emploi du temps, il allait donc falloir adresser la parole à ces Serdaigle fort peu sympathiques.
Elle se dressa donc sur son lit, poussa les couvertures et se leva. Elle aperçut une jeune fille qui sortait de la chambre, et trois autres en train de parler et de se préparer. Ambrosia se trouvait au milieu, et elle tourna la tête lorsqu'elle entendit Amélia se lever.
- Tiens ! Tu es enfin réveillée ? dit-elle avec un grand sourire.
- Bonjour ! dirent en chœur les deux autres jeunes filles.
- Bonjour, répondit Amélia un peu interloquée par cette démonstration de bonne humeur envers elle.
- Je m'appelle Cassandra, dit la jeune fille blonde à la droite de Ambrosia, et voici Christy, dit-elle en désignant l'autre jeune fille.
- Euh… Moi c'est Amélia, répondit-elle d'un ton incertain.
Après quelques minutes de silence, pendant lesquelles Amélia commençait non sans peine à se préparer, Ambrosia reprit d'un ton jovial.
- Tu ferais mieux de te dépêcher tu sais. On a cours de métamorphose à neuf heures, et la vieille McGonagall est très stricte.
- Ah, oui, merci, je vais m'activer. Au fait, lança t-elle timidement, est-ce que vous pourriez me prêter un emploi du temps pour que je le copie.
- Mais bien sûr ! dirent les trois jeunes filles en même temps, ce qui ne manqua pas de les faire rire.
Amélia était de plus en plus étonnée, ces personnes n'avaient rien à voir avec celles qu'elle avait croisées hier soir. Cassandra lui tendit l'emploi du temps. Amélia l'attrapa avec un sourire crispé, sortit sa baguette et prononça une formule. Un papier identique au premier apparut dans les airs. Elle l'attrapa avant qu'il ne tombe par terre. Ce n'est que lorsqu'elle leva les yeux pour rendre l'emploi du temps à Cassandra qu'elle s'aperçut que les trois jeunes filles la regardaient avec étonnement.
- Bah quoi ? demanda Amélia, gênée qu'on la fixe ainsi.
- Mais, comment tu as fait ça ? demanda Cassandra.
- Bah, c'est un simple sortilège de clonage, dit-elle le plus simplement du monde.
- Mais c'est un sort difficile, qu'on est censée apprendre cette année ! reprit Cassandra.
- Ah, dit Amélia en commençant un peu à rougir, je le pratique pourtant depuis longtemps. Petite, je l'utilisais pour multiplier les bonbons.
- Et bien, en même temps, tu n'es pas à Serdaigle pour rien, lança Ambrosia. Tu as d'autres talents ? Tu joues au Quidditch ?
- Euh… J'ai déjà joué au Quidditch, mais je ne suis pas très douée.
- De toutes façons, c'est Ambrosia la meilleure au Quidditch, donc même si tu te débrouillais, tu ne lui arriverais pas à la cheville !
- Oh, n'exagère pas Christy ! dit Ambrosia avec un grand sourire. Mais c'est vrai que je suis plutôt douée, dit-elle avec satisfaction.
- Tu es super douée tu veux dire ! rajouta Cassandra. Et cette année, c'est sûr, tu vas la battre cette maudite Serpentard !
- Ah, mais ça j'en suis sûre Cassie ! Amélia regarda Ambrosia qui avait bombé la poitrine, et se dit qu'elle ne se prenait vraiment pas pour n'importe qui celle-là.
Une fois prêtes, les quatre jeunes filles descendirent dans la salle commune. Ambrosia et ses amies se dirigeaient vers la sortie lorsque Amélia s'arrêta.
- Et bien, pourquoi t'arrêtes tu ? lui demanda Ambrosia.
- J'attends Sid. Je voudrais le voir, et déjeuner avec lui.
- Ah, dit Ambrosia en perdant son sourire, tu sais, je maintiens ce que j'ai dit hier, il n'est pas très fréquentable.
- Oui, et moi je t'ai déjà dit que je l'aimais bien, insista Amélia.
- Oh, d'accord, fait ce que tu veux ! Allez, on y va les filles !
Ambrosia sortit la tête haute suivie de ses amies. Amélia les regarda sortir et commença à scruter la salle commune à la recherche de Sid. Elle ne le vit pas, mais son attention fut attirée par une jeune fille brune, qui avait la tête plongée dans un livre et qui ne cessait d'écrire des notes sur un parchemin. Amélia regarda sa montre. Il était huit heures du matin. Mais comment pouvait-elle déjà être en train de travailler ? Une main se posa sur son épaule et elle sursauta. En se retournant elle vit une jeune métisse, et elle reconnut la fille qui était sortie du dortoir quand elle s'était réveillée.
- Tu cherches quelque chose ?
- Ah, euh… Non.
- Tu es la nouvelle ? Amélia c'est ça ?
- Oui.
- Je suis Demetra, préfète de Serdaigle.
- Enchantée. Il y a des examens pour que la fille là-bas soit en train de travailler ? demanda Amélia en désignant de la tête la jeune fille brune qui à présent faisait des mouvements avec sa baguette.
- Comment ? Ah, tu parles de Pénélope ! Non, il n'y a pas d'examens, mais Pénélope est une élève brillante et très travailleuse. On dit même qu'elle essaye d'inventer des sorts. Je crois qu'elle est sur un gros travail de traduction en runes en ce moment... C'est sans conteste la meilleure élève de Serdaigle, si ce n'est la meilleure élève de Poudlard.
- Ah, fit Amélia avec une grimace. Des runes ! dit elle en faisant la grimace. Elle doit être très prétentieuse, et rabat-joie je suppose ?
- Tu te trompes, elle est très gentille et aide ceux qui lui demandent son aide. Elle est juste un peu… solitaire et étrange on va dire. Elle est tout le temps en train de travailler, donc forcément, pas grand monde la connaît vraiment, et puis elle impressionne un peu quand même, tu ne trouves pas ?
- Ce qui m'impressionne c'est qu'il est huit heures du matin et que j'ai l'impression que ça fait déjà pas mal de temps qu'elle est là en train de travailler.
- Ah, oui c'est sûr. Bon, je te laisse, je vais déjeuner.
Amélia la regarda s'éloigner, puis continua un moment à observer cette Pénélope. Au bout de quelques minutes, elle reprit sa recherche de Sid, mais ne le voyant toujours pas, elle décida de descendre dans la Grande Salle, il y était peut-être déjà.
Arrivée dans la Grande Salle, Amélia chercha la table des Serdaigle. Elle n'eut aucun mal à la repérer, car immédiatement elle aperçut un attroupement au milieu duquel se trouvait Ambrosia. Celle-ci parlait à un grand nombre d'élèves, tout âge confondu, et même toute maison confondue, ce qui surprit Amélia. Elle s'avança et s'assit en bout de table. Elle chercha Sid au milieu de ces personnes mais ne le voyant pas, la jeune fille se mit à écouter Ambrosia qui parlait passionnément au milieu de sa cour.
- Et j'ai tenté la feinte de Wronski. Et l'autre attrapeur est tombé dans le piège comme un idiot, dit-elle en riant à pleine gorge accompagnée par tous les autres.
- Et alors ?
- Et alors, reprit Ambrosia, il s'est écrasé au sol le pauvre nul ! dit-elle en riant de plus belle. Et à ce moment là j'ai repéré le vif d'or et je l'ai attrapé.
- T'es trop forte Ambrosia ! lança une élève qui ne devait pas avoir plus de douze ans.
- T'es la meilleure ! ajouta un grand gaillard de Poufsouffle.
- Oui ! En plus l'entraîneur est venu me féliciter, et il m'a dit que dès que je le voulais, il me ferait passer des qualifications pour me faire entrer dans une équipe professionnelle ! ajouta Ambrosia avec emphase.
Mais quelle vantarde celle-là, pensa Amélia. Son attention fut détournée d'Ambrosia lorsqu'elle vit s'asseoir en face d'elle la fameuse Pénélope, celle qui travaillait tout le temps. Elle avait d'ailleurs apporté un gros livre avec elle. Amélia l'observa un moment, tandis que la jeune fille attrapait une tartine tout en ouvrant son livre. Soudain, elle leva la tête et fixa Amélia.
- Bonjour, dit Pénélope au bout de quelques instants.
- Euh… Bonjour, répondit Amélia. Elle était gênée car elle sentait que cette fille la fixait beaucoup trop intensément à son goût, et elle ne put s'empêcher de penser à Sid qui avait disparu et à Ambrosia qui se pavanait. Ils étaient vraiment bizarres ces Serdaigles.
- Elle nous bassine depuis le début de l'année avec ce stage de Quidditch qu'elle a fait cet été, dit Pénélope en désignant Ambrosia de la tête.
- Ah, je vois. Amélia ne savait pas trop quoi dire, elle trouvait que Démétra avait raison, cette fille était impressionnante, il y avait quelque chose dans son regard.
Au bout de quelques instants, Pénélope se leva et s'apprêtait à partir lorsque d'un coup elle se ravisa.
- Au fait, je m'appelle Pénélope Price.
- Moi c'est Amélia Delprés, dit-elle étonnée.
- Enchantée, et bienvenue parmi nous.
Amélia n'eut même pas le temps de lui dire merci qu'elle était déjà partie.
Elle avait fini son petit déjeuner et toujours pas de trace de Sid. Se demandant où il pouvait bien être, elle se leva et sortit de la Grande Salle. C'est alors qu'elle remarqua quatre grands sabliers de verre remplis de pierres précieuses, en bas du grand escalier. Chacun correspondait à une maison. Elle s'approcha et ne put retenir un cri lorsqu'elle vit que Serdaigle était avant dernière, avec simplement une vingtaine de points devant Poufsouffle.
- Eh oui, tu peux crier !
- Ah, Sid, tu es là, dit-elle au jeune homme qui venait la rejoindre. Je t'ai cherché depuis que je me suis levée !
- Ah, j'étais avec des amis, dit-il d'un ton évasif.
- Ah, d'accord. Alors, comment ça se fait qu'on soit si en retard ?
- Bah je ne sais pas trop… Bon, les Serpentard trichent et sont favorisés par leur directeur de maison, Rogue, c'est bien connu… Donc normal qu'ils soient en tête. Après, pourquoi Gryffondor est devant nous...
- Gryffondor? Ceux qui sont réputés être braves?
- Oui, ceux qui aiment tout le monde, et qui sont tout le temps plein de bons sentiments... Qu'est-ce qu'ils sont niais !
- Quel portrait ! dit Amélia en riant. Certainement qu'on leur attribut des points parce qu'ils sont courageux, parce qu'ils n'ont pas eu peur de faire un câlin à un Botruc, ou une autre bestiole encore plus dangereuse. Pfff, franchement, ça sert à quoi à part risquer de devenir borgne?
Sid rigola, et Amélia avec lui, tandis qu'une jeune fille, celle-là même qui avait répondu à l'énigme la veille, vint se poster à côté d'eux. Elle se mit à admirer les sabliers.
Amélia cessa de rire et se mit à regarder la jeune fille. Sid toujours dans son élan s'arrêta et se retourna de manière à voir ce que regardait son amie. La nouvelle venue, toujours perdue dans sa contemplation des sabliers, fronça les sourcils et émit un grognement.Amélia s'approcha alors de l'élève à l'air rêveur :
- Je sais, ce n'est pas beau à voir.
- Oui, je suis sûre que ces pierres ont été taillées par des elfes de maison ! Mais quand abolirons nous l'esclavage ? répondit la jeune fille avec une pointe de colère.
- Elfes de maison ? Esclavage ? C'est à ça que tu penses en regardant les points de Serdaigle ? Mais regarde le retard de Serdaigle dans les sabliers ! C'est ça qui est inadmissible !s'écria Amélia totalement interloquée.
- Ah, oui, oui c'est vrai que notre sablier est moins rempli. Elle haussa les épaules et partit en direction des escaliers
- Salut Sophia, dit Sid, légèrement amusé par la situation. Celle-ci lui répondit d'un sourire distrait.
Le garçon s'approcha de son amie toujours la bouche ouverte par la stupeur de la réaction de l'élève.
- Haha, si tu voyais ta tête ! Commença t-il en se moquant.
Amélia restait sans voix.
- Tu apprendras à la connaître, elle n'est pas méchante mais elle est un peu spéciale, elle te sort toujours des trucs auxquels tu ne t'attendais pas. Remet toi ma vieille, lui dit-il en lui tapant dans le dos. Et puis pourquoi être si choquée par l'état des sabliers hein ? On s'en fout un peu.
Amélia sortit de sa torpeur.
- Je ne m'en fous pas moi ! Je ne veux pas être dernière !
- Mais ce n'est pas toi qui es dernière, c'est Serdaigle.
- C'est pareil ! Maintenant j'appartiens à cette maudite maison remplie de gens plus bizarres les uns que les autres, donc cette maison doit être première, ou minimum deuxième à très peu de points du premier. C'est une question de principe !
- Haha, tu es une mauvaise perdante, j'ai compris ! Sid riait de bon cœur.
- Oui, bon on ferait mieux d'aller en cours, lança Amélia, un brin agacée.
- Oui, dit Sid toujours un peu amusé.
Et les deux jeunes partirent.
Arrivés devant la salle de métamorphose, Amélia et Sid aperçurent Ambrosia en compagnie de Cassandra et Christy, qui se tenait légèrement en retrait derrière les deux jeunes filles. Ambrosia et Cassie se parlaient à voix basse et ricanaient en lançant des regards à un groupe de garçons qui ne cessait de les regarder.
- Pfff, regarde moi ces deux-là ! Toujours en train de faire les belles, lança Sid en les désignant à Amélia.
- Ah oui ? Mais elles sont gentilles quand même.
- Gentilles ? Ce sont des petites pestes prétentieuses !
Amélia les regarda à nouveau. Ambrosia l'aperçut et lui fit un signe de la main avec un grand sourire. Elle se retourna vers Sid pour lui dire qu'elle les aimait bien, mais elle vit avec surprise qu'il était parti. Il avait rejoint un garçon et une fille, avec lesquels il se mit à discuter à voix basse. Amélia n'en revenait pas, il était parti sans la prévenir, sans un mot. La porte de la classe s'ouvrit, et le professeur fit entrer les élèves. Le professeur McGonagall était une femme âgée à l'air sévère. Amélia perdit Sid de vue, et commença à paniquer. Où allait-elle se mettre ? Et surtout, avec qui ? Elle entra dans la classe, et chercha Sid. Elle le vit s'installer sans même un regard pour elle avec les deux jeunes gens pour lesquels il l'avait laissée. Elle fut déçue, et se sentit sur le point de se mettre en colère lorsqu'une voix l'interpella.
- Eh ! Amélia ! Viens t'asseoir avec nous !
Amélia se retourna et vit Ambrosia qui l'appelait pour s'asseoir avec elle et Christy. Ne sachant de toutes façons où aller, elle accepta, et s'assit avec les deux jeunes filles, Ambrosia au milieu d'elles.
- Et Cassie ? demanda Amélia.
- Oh, Cassie ? Elle est allée s'asseoir avec Mathew Broderick, de Serdaigle, dit-elle en ricanant. C'est son grand admirateur qui cherche à exaucer ses moindres désirs. Il faut bien qu'elle lui fasse plaisir de temps en temps, rajouta-t-elle en ricanant de plus belle. Et s'asseoir à côté de lui, c'est déjà pas mal !
Amélia scruta un peu la salle de cours. Elle vit Cassie en train de minauder avec le garçon de derrière, alors que le pauvre Mathew lui ouvrait son encrier en cherchant son regard. Elle vit également Sid, plongé dans une conversation avec son voisin. Amélia se retourna vers Ambrosia.
- Qui sont les autres élèves ?
- Des Serpentards, répondit-elle avec dédain.
- Et qui sont assis avec Sid ?
- Sid ? Tu t'intéresses toujours à lui ? Bah, il doit être avec Matt Cryers et Jamina Powell. Deux Serpentards, qui sont loin d'être fréquentables… En plus, Jamina est ma rivale.
- Ta rivale ?
- Oui, elle joue au poste d'attrapeur dans l'équipe des Serpentards. C'est une bonne joueuse, mais bon, elle emploie les méthodes des Serpentards, donc elle triche, et fait tout pour me déstabiliser. J'ai toujours beaucoup de mal à la battre…
Elle avait dit ça très sérieusement, et avec une pointe d'amertume. Amélia était étonnée, elle pensait qu'Ambrosia était le genre de fille à ne jamais avoir de soucis.
- Qu'est ce que tu as contre Sid au juste ?
- Et bien, il est toujours désagréable avec moi… et avec tout le monde en fait, c'est un mauvais élève qui fait perdre des points à Serdaigle, il disparaît des périodes entières on ne sait trop où pour faire on ne sait trop quoi, il traine avec les serpentards et il collectionne les petites amies. D'ailleurs en ce moment je suis inquiète car il est avec une de mes amies de Poufsouffle. Je suis sûre que ça va mal se terminer pour elle. L'année dernière, non seulement il a largué une fille de Gryffondor, mais en plus, il a tout fait pour l'humilier. Qu'il la quitte c'est une chose, mais il n'était pas obligé d'étaler ça dans toute l'école.
Amélia était de plus en plus étonnée. Elle pensait que son animosité envers Sid n'était pas justifiée, que ce n'était qu'une simple question de popularité.
- Bien, silence mesdemoiselles, s'il vous plait, le cours va commencer. Bien, aujourd'hui nous allons apprendre à transformer une plume en oiseau. Miss Woolington, veuillez prendre cette boite et distribuer les plumes à chaque élève.
- Observe bien Sid. Si McGonagall l'interroge on va s'amuser, c'est moi qui te le dis, dit Ambrosia avec un sourire au coin des lèvres.
- Bien, je vais vous apprendre le geste puis la formule.
Pendant que le professeur McGonagall expliquait ce qu'il fallait faire, Ambrosia se tourna vers Amélia et lui demanda :
- Tu ne serais pas un peu attirée par Sid toi ?
- Hein ? Mais non, c'est juste que c'est la première personne à m'avoir accueillie gentiment. Il est très gentil avec moi.
- Ah, tu parles. C'est à côté de lui que tu es assise là ?
Ambrosia lui lança un regard en coin. Amélia était interloquée. Elle devait bien admettre qu'Ambrosia avait raison, mais elle fut détournée de ses pensées lorsqu'elle entendit le professeur McGonagall prononcer le nom de Sid.
- Mr Taylor, essayez de métamorphoser votre plume. Et tachez d'obtenir un résultat décent cette fois.
Amélia pensa que si Sid avait été blessé, il n'en avait rien laissé paraître. Sid prit sa baguette, imita le mouvement du professeur McGonagall, et prononça la formule. Il y eut un faisceau de lumière bleu, et la plume s'agita. Soudain, un bec et deux ailes miniatures apparurent sur la plume. Il y eut un éclat de rire général dans la classe. Amélia vit qu'à part Matt et Jamina, personne ne s'était retenu de rire de Sid. Lorsque le bec poussa un cri aigu, salué par de nouveaux éclats de rire, le professeur s'approcha de Sid et le regarda avec sévérité.
- Mr Taylor, dit-elle d'une voix lasse, vous êtes en cinquième année. Vous passez vos BUSEs dans moins d'un an. Je vous conseille de sérieusement vous y mettre si vous voulez poursuivre vos études, et cela est valable pour toutes les matières si j'en crois mes collègues. Si Miss Walken daigne arrêter de rire, elle pourrait nous faire part de ses talents pour la métamorphose, dit McGonagall en interpellant Cassandra.
- Haha, je te l'avais bien dit qu'on s'amuserait, pouffa Ambrosia. Et encore si tu l'avais vu la dernière fois, quand il fallait métamorphoser un bol en tortue. Ah, ce n'est pas comme Bill.
- Bill ? demanda Amélia pour changer de sujet. Même si Sid l'avait laissé tomber, elle n'aimait pas entendre Ambrosia se moquer de lui.
- Oui, Bill Weasley, c'est un préfet de Gryffondor. Il est tellement sympa et mignon, dit-elle en pouffant de nouveau. En plus, il est très apprécié des professeurs. Je le vois bien devenir préfet en chef dans deux ans. Enfin, il est dans notre année, tu auras l'occasion de juger par toi-même.
- Je vois, répondit Amélia.
- Bien ! dit McGonagall, captant l'attention d'Amélia. Cinq points pour Serdaigle et Miss Walken pour sa métamorphose exemplaire. A présent je veux voir des oiseaux voler. Reprenez vos baguettes.
- Sid ! Sid !
Le cours était fini. Amélia avait aperçu Sid sortir dans les premiers, et tentait de le rattraper dans les couloirs. Sid se retourna et attendit qu'Amélia le rejoigne.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il.
- Pour la plume, ça avait l'air difficile. Et les autres...
- Oh ça, répondit-il d'un air dégagé. Aucune importance. Je parlais avec Matt et je n'ai rien écouté à ce que McGonagall racontait. Je crois qu'elle n'a pas apprécié, dit-il avec un sourire.
- Ah oui... Matt et Jamina. Tu les connais depuis longtemps ?
- Oui. Je m'entends mieux avec eux qu'avec tous les Serdaigles réunis.
- Ah, je vois. Et c'est pour ça que tu m'as laissée tomber devant la salle ?
- Laissée tomber ? Qu'est-ce que tu veux dire ?
- On se parlait, et avant d'avoir le temps de me retourner tu étais parti.
- T'avais peur de ne pas trouver le chemin de la salle ?
Amélia fut surprise par sa réaction. Elle s'attendait à des excuses. Pas à une montagne d'excuses, mais tout de même à des excuses simples.
- Tu pourrais au moins t'excuser d'être parti comme ça, reprit-elle. Si tu préfères être avec tes amis je comprends, mais...
- ... Mais je dois te demander de me signer un mot avant, c'est ça ? dit-il d'un ton terriblement sarcastique.
Amélia sentit la colère remonter. Elle ne comprenait pas ce qu'il se passait.
- Mais... Pourquoi tu me parles comme ça, c'est juste une remarque, je me suis d'un coup retrouvée seule et...
- Oh... Pauvre petite chérie.
C'en était trop pour les nerfs d'Amélia.
- Je... Je commence à comprendre pourquoi les autres t'évitent ! dit-elle en haussant le ton. Je commence à comprendre pourquoi ils n'aiment pas être avec toi !
- Parfait ! répondit Sid, apparemment touché cette fois. Parfait ! Ca te fait un point commun avec Miss Quidditch ! Continue comme ça et tu pourras rejoindre sa cour !
- Tu n'es qu'un idiot ! Je voulais seulement...
Mais une voix l'interrompit derrière elle.
- Heu, excuse moi.
Amélia se retourna et vit un élève plus jeune lui tendre un morceau de parchemin.
- Heu, le professeur Ephistas veut te voir, dit timidement le jeune garçon. Il m'a demandé... enfin, une lettre pour... toi.
Amélia prit le mot que le garçon lui tendait et lut.
Amélia, j'aimerais te parler s'il te plaît. Viens me voir dans mon bureau ce soir après ton dernier cours. Rez-de-chaussée, couloir sud, 6ème porte sur la gauche. Attention aux escaliers, ils n'en font qu'à leur tête.
Gordon Ephistas, professeur de Défense Contre les Forces du Mal
Amélia se tourna vers Sid. Mais celui-ci avait de nouveau disparu. Elle le chercha du regard, mais dû se résoudre à prendre la direction de sa prochaine salle de classe, fulminant de colère. Elle ne revit pas Sid de toute la journée.
