Bonjour à tous, voilà un nouvel épisode de cette nouvelle fanfiction. Dans ce chapitre est introduit un personnage déjà utilisé dans ma précédente fanfiction : Benjamin. Il sagit en réalité de l'Assassin à la hache dans les trailers de Unity, exclu de son contexte. En espérant que ce chapitre vous plaira.
Chapitre II
-Ton père ne va pas être content mon grand, la nuit va bientôt tomber.
Benjamin regarda par la fenêtre de sa maison les derniers rayons du soleil raser le sol de Paris. Chayton était assis face à la table de la cuisine, renfrogné.
-Il sait très bien que je ne suis pas loin, répliqua-t-il, et quand bien même…
-Eh bien je ne sais pas ce qu'il t'a fait pour te rendre aussi colérique, dit Benjamin en revenant s'asseoir devant lui, mais ça n'a pas l'air joyeux. Tu es sûr de ne pas vouloir m'en parler ?
Il lui sourit amicalement. Chayton regarda ses mains. Il se sentait un peu honteux de son comportement. Partir de chez lui à la tombée de la nuit par la fenêtre de sa chambre, c'était digne d'une canaille. Mais Benjamin ne le jugeait pas. Il avait ouvert sa porte et accueillit le garçon avec son amical sourire, avec un air grave certe, mais sans questions. Il avait tout de suite compris que quelque chose n'allait pas.
Benjamin habitait aux abords de Paris, il était le plus près géographiquement de la maison de Chayton, une vingtaine de minutes avaient suffi pour faire le trajet. C'était un grand homme avec une allure de viking. Il était né en Bretagne et avait rejoint Paris pour ses frères Assassins. Il avait une barbe brune hirsute, des yeux verts qui riaient tout le temps et un corps de bucheron. Aux premiers abords, il pouvait sembler être un homme bourru, écervelé qui cherchait toujours la bagarre, mais en réalité, Benjamin était un cœur tendre et savait toujours trouver les mots pour réconforter les gens. Chayton l'adorait. Tout comme il adorait Alexandre et Maxime, ses autres oncles de cœur. S'il avait dû choisir qui était son préféré, Chayton n'aurait su trouver de réponse.
-Eh, dit Benjamin, le tirant de ses pensées, ne me dit pas que tu as fait tout ce chemin pour être muet comme une tombe !
Chayton sourit.
-Non, au contraire. En venant, tous mes questionnements et mes frustrations se bousculaient dans ma tête, mais ils semblent m'avoir abandonné sur le pas de la porte…
Benjamin rit.
-Allons. Je sais que les premiers mots sont compliqués, mais après ça coule tout seul. Tu m'as dit que c'était à propos de ton père.
-Oui, répondit Chayton en haussant les épaules, mais cela me semble stupide…
-Il n'y a pas de questionnements stupides mon grand.
-… c'est par rapport à l'ordre.
Il se tut. Sa gorge commença à se serrer. Il se rappela que son père et ses amis ne discutaient jamais de l'ordre ou du crédo lorsqu'ils se retrouvaient.
-C'est au contraire un sujet très sérieux, dit Benjamin d'un ton grave, quels sont tes craintes ?
-J'ai peur que… enfin… Tous les Templiers sont tombés aujourd'hui, alors…
Il déglutit difficilement. Des larmes commencèrent à lui brouiller la vue, il secoua un peu la tête pour chasser ce sentiment détestable et leva les yeux vers Benjamin.
-Son tour viendra aussi, je le sais…
Benjamin secoua négativement la tête, pensif.
-Non mon grand. Tu sais, ton père n'a plus tellement d'affinité avec les Templiers depuis la mort de monsieur De La Serre…
Chayton sembla surprit.
-Comment cela ?
-Eh bien, vois-tu. L'ordre des Templiers a beaucoup aidé ton père lorsqu'il est arrivé en France, à s'installer, à apprendre la langue, à s'instruire… Mais c'est surtout avec monsieur De La Serre qu'il a eu le plus d'affinité. Tu dois le comprendre, une autre nationalité, une autre couleur de peau, une autre religion, c'est difficilement accepté ici. De La Serre a vu en ton père un homme, avec beaucoup de qualités, là où les autres ont vu un étranger. Ton père n'a jamais beaucoup apprécié ces frères de l'ordre, il s'en méfiait. Lorsqu'il a su que monsieur De La Serre était mort, il n'est plus allé à la réunion, il n'a d'ailleurs reçu aucune mission de leur part. En quelque sorte, ton père est un Templier à la retraite…
Chayton le regarda, hébété. Quelque part, savoir que son père n'était guère apprécié et n'appréciait guère les autres Templiers ne le surprenait pas, mais savoir qu'il avait quitté l'ordre depuis cinq ans…
-Comment sais-tu cela ? demanda-t-il.
-Tu n'es pas le seul à venir me parler le soir. répondit Benjamin avec un clin d'œil.
Chayton resta silencieux une minute.
-Alors il a quitté l'ordre ? demanda-t-il en sachant très bien qu'elle serait la réponse.
-Non mon grand. Ton père n'a pas seulement rejoint cette cause car il était seul, il l'a rejoint car il partageait les mêmes idéaux. Il n'est pas enchaîné à eux, il n'a nulle dette, nul compte à leur rendre. Son cœur ne leur appartient pas.
-À qui appartient-il ?
-À lui-même. À ta mère. À toi…
-Ma mère…
Chayton regarda par la fenêtre. La nuit était tombée, les étoiles s'illuminaient une à une dans un ciel dégagé.
-C'est un sujet que tu évites n'est-ce pas ?
-Ce n'est pas que je n'aime pas en parler, je n'aime pas la manière les autres en parlent…
-C'est-à-dire ?
Chayton tourna la tête pour regarder Benjamin.
-Comme l'élue. Comme une héroïne, une personne formidable que je devrais admirer. Une personne sur laquelle on ne peut pas dire de mal car personne ne peut la comprendre encore aujourd'hui.
Chayton marqua une pause. Une certaine colère montait en lui. Il essaya de se calmer et fixa la table d'un air las, passant son doigt dans les petites coupures qu'avait subi le bois au fil des années.
-Je comprends… murmura Benjamin.
Les larmes montèrent aux yeux de Chayton en un instant, comme si la phrase de Benjamin avait été la pire chose qu'il ait entendu de sa vie. Il porta sa main à ses yeux et écrasa ses larmes alors que celle-ci coulaient déjà sur ces joues.
-Non, tu ne peux pas comprendre… murmura-t-il dans un sanglot incontrôlé.
Benjamin parut surpris pas la situation. Pendant un instant, il ne bougea pas et regarda le jeune garçon tenter de retenir ses larmes alors que celle-ci coulaient à flot.
-Chayton… murmura-t-il.
Il fit le tour de la table et le pris par les épaules. Ce geste de réconfort accabla encore plus Chayton qui prit sa tête dans ses mains. Benjamin le serra fort, sans un mot, car parfois les mots ne sont d'aucune utilité. Après quelques minutes, Chayton releva la tête, le visage ruisselant. Il regarda droit devant lui, incapable de lever les yeux sur Benjamin. Ses mains tremblaient et il eut du mal à retrouver ses esprits.
-Pourquoi m'a-t-elle abandonnée ? souffla-t-il, la respiration courte.
-Ta mère a eu une vie très difficile Chayton. Une grande responsabilité lui a été donnée alors qu'elle n'était qu'un tout petit bébé… Elle a essayé de vivre malgré cela, elle a été très forte, elle s'est battue et c'est grâce à cela qu'elle t'a eu. Mais malheureusement son devoir l'a rattrapé. Si elle avait pu faire autrement Chayton, je te jure qu'elle l'aurait fait.
Chayton ne dit rien. La tête toujours entre ses mains, ses sanglots s'étaient arrêtés. Sa respiration était brève mais profonde. Il retrouva peu à peu son calme.
-Je ne comprends toujours pas. murmura-t-il.
-C'est tellement dur de comprendre. Il y a beaucoup de chose encore que je ne comprenne pas aujourd'hui. Mais la seule chose qu'il faut que tu retiennes mon grand, c'est que ta mère t'aimait et qu'elle t'aime encore de là où elle est. Il te faudra du temps encore, beaucoup de temps. Tes questions trouveront des réponses. Je comprends que tu lui en veuilles, c'est tout à fait normal, mais tu comprendras plus tard que son intention n'a jamais été de t'abandonner.
Chayton hocha la tête. Il était apaisé, bien que la douleur provoquée par les souvenirs soit encore puissante dans son cœur. Il se leva et essuya ses joues d'un revers de manche.
-Mon Dieu, tu as vu l'heure ? Ton père doit te chercher de partout ! dit soudain Benjamin, affolé.
-Je vais rentrer.
-Je te raccompagne.
-Non, ça va aller.
-Tu es fou ? Avec tous ces aliénés dans Paris en ce moment, hors de question. Et puis comme cela, j'expliquerai tout à ton père, ce sera mieux ainsi.
Chayton acquiesça et ils sortirent de la maison.
Malgré la tombée de la nuit, Paris avait encore ses rues pleines de monde, mais les marchands et les passants avaient fait place aux hommes saouls et aux sans culottes. Des révolutionnaires extrêmes, qui arpentaient les rues toutes la journée à la recherche de personnes au comportement ou à l'habit étrange. Ils n'hésitaient pas à les arrêter, à leur poser des questions, la première étant « Tu es pour la révolution ? ». Malheur à celui qui ne répondait pas assez vite à leur goût.
Chayton était soulagé d'avoir Benjamin à ses côtés. Il sentait bien les regards sur sa veste confortable et son allure soignée, mais les hommes qui l'épiaient en coin n'osaient s'approcher. Benjamin se tenait à sa droite, le dos droit, sûr de lui. Il n'accordait aucun regard à ses hommes, tel un garde du corps en mission. Chayton se détendit un peu, il était tout de même heureux de vivre à l'écart de la ville.
Tous deux furent silencieux sur le chemin du retour. Après avoir franchi les lisières de la ville, Benjamin se détendit. Il levait la tête par moment, pour regarder les constellations.
Chayton était épuisé lorsqu'ils arrivèrent à sa maison, non pas que le chemin du retour ait été fatiguant, mais tous ces événements l'avaient vidé de son énergie. Son père était dehors, son visage affichait une expression d'immense soulagement. Il se dirigea vers eux, parlant à toute allure, ne sachant pas à qui s'adresser en premier.
-Enfin tu es là ! Mais qu'est-ce qu'il t'a pris, j'étais mort d'inquiétude. Je suis désolé du dérangement Benjamin, il n'aurait pas dû… Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
Chayton ne répondit pas, il regardait les lumières chanceler à l'intérieur de la maison. Il avait envie de dormir… Il se rendit alors compte que la jument de son père était attelée.
-Pourquoi Madène est-elle dehors ? demanda-t-il d'un ton las, coupant son père dans ses questions.
Adel jeta un regard derrière lui avant de se tourner vers son fils.
-Eh bien j'allais partir à ta recherche. Ça a l'air de te surprendre ! Tu ne crois quand même pas que j'allais attendre les bras croisés, alors que je ne savais même pas où tu étais ! Où étais-tu d'ailleurs ?
-Chez moi. répondit Benjamin. Ne t'en fait pas, ton fils n'est pas allé faire le héros dans tout Paris, il ne lui ai rien arrivé, il avait juste besoin de parler un peu…
Il regarda le jeune garçon d'un œil bienveillant et passa son bras autour de ses épaules.
-Vous ferez mieux d'en parler demain, les mots seront plus simples à tête reposée…
Chayton hocha la tête, puis il leva les yeux sur son père, sans aucune émotion, pour obtenir la permission d'aller se coucher.
Adel ne semblait pas en colère, mais une profonde inquiétude avait tendu ses traits. Il regarda son fils puis lui dit qu'il pouvait rentrer, il posa sa main sur son épaule et la pressa doucement lorsqu'il passa à côté de lui, pour lui faire comprendre qu'il n'était pas fâché.
-Repose-toi mon grand, lui dit Benjamin derrière son dos, tout sera plus clair demain.
Chayton hocha la tête lentement. Adel et son ami restèrent dehors.
Les premiers rayons du soleil apparurent tôt ce matin-là. Chayton fut réveillé par la lueur de l'aube qui entrait pas la fenêtre de sa chambre. Il s'assit sur son lit et prit sa tête dans ses mains. Il soupira puis se leva, s'habilla en vitesse et sortit de sa chambre.
Lorsqu'il arriva dans la cuisine, son père était déjà là, une tasse de café à la main. Il lui sourit, Chayton remarqua alors les légers cernes sous ses yeux, et les deux verres sales posés derrière lui.
-Bonjour père. dit-il poliment. Vous êtes restés éveillés tard hier ?
Adel posa un regard sur les verres que fixa son fils avant de se retourner vers lui avec un sourire amusé.
-Œil de links… Oui, la compagnie de Benjamin m'a été un bon appui hier, plus que je ne pouvais le penser…
-Je suis heureux pour toi.
Chayton s'assit en silence. Adel regardait le fond de sa tasse vide avec un sourire rieur, l'air songeur. Son fils prit le pain et le beurre posés sur la table et commença à manger sans un mot. Adel leva alors les yeux vers lui.
-Que dirais-tu d'aller à Paris aujourd'hui ? Toi et moi ?
-Pour y faire quoi ? demanda Chayton en relevant la tête.
-Pour se changer les idées pardi ! Et puis pour passer un moment ensemble, tous les deux.
Chayton eut un sourire timide et réfléchit à sa proposition. Se changer les idées, certes, mais il ne voulait pas que leur conversation de la veille soit oubliée. Comme pour le convaincre, ou bien avait-il lu dans ses pensées, Adel ajouta.
-On pourra discuter ensemble, et je répondrai à tes questions…
-D'accord. dit Chayton avec détermination. Alors, ne nous attardons pas.
Il se leva, son père sourit. Tandis que Chayton monta dans sa chambre pour changer de tenue, son père partit vers l'écurie pour préparer leurs chevaux.
