Disclamer: Je ne possède pas Harry Potter qui appartient entièrement à JK Rowling, cette histoire a uniquement pour but de distraire, je ne touche aucune rétribution quelle qu'elle soit.
Beta: Blues-moon.
Des cris, des larmes, des peurs, du sang et de la sueur.
Voilà à quoi ressemblait la vie de Severus, depuis que l'âme damnée qui lui servait d'ex-petite amie lui avait refourgué le fruit de ses amours alcoolisés avec ce foutu James Potter. Il y a trois heures maintenant.
Les trois plus longues heures que le potionniste n'ait jamais vécues...
Comme les sept années passées à Poudlard : ce petit m'as-tu-vu s'amusait sans réfléchir et l'ancien Serpentard payait les pots cassés en passant pour le méchant de l'histoire !
- Il faut croire que certaines choses ne changeront jamais... Soupira-t-il en secouant le cosy dans l'espoir de calmer le nouveau-né.
Enfin, s'il fallait être tout à fait honnête, tout n'était pas entièrement de la faute d'Harry : les cris, c'était surtout le jeune homme qui les avait poussés en se rendant compte de la situation dans laquelle Lily l'avait mis. La peur, c'était la sienne aussi. Peur du chamboulement qu'allait apporter ce bébé dans sa petite vie bien rangée de célibataire, peur de mal faire, ou de blesser, aussi ce petit être si fragile.
C'est ce grand choc mêlé de stress qui avait ensuite déclenché un violent saignement de nez chez le jeune adulte, expliquant les quelques traînées carmines sur le dallage blanc de la cuisine.
Et maintenant, il était en sueur après avoir balancé le cosy pendant dix bonnes minutes, espérant tarir les larmes qui ne cessaient de couler des yeux émeraude de l'enfant.
- Mais par Merlin, pourquoi tu pleures ? Gémit-il pour la cinquième fois au moins. Pourquoi, pourquoi, pourquoi...
Il fut brutalement interrompu dans ses lamentations par des coups frappés à sa porte.
Paniqué à l'idée que ce soit de nouveau Lily (ou pire : Potter !) lui ramenant un jumeau d'Harry qu'elle aurait oublié de déposer à son premier passage, Severus préféra ne pas bouger d'où il était.
Que ce visiteur impromptu décline d'abord son identité, il aviserait ensuite...
- Qu'est-ce que c'est ?
- Euh, c'est Héphaïstos, répondit une voix hésitante derrière le panneau de bois, Héphaïstos Logan. Votre nouveau gardien d'immeuble... Vous vous souvenez ?
Le sorcier roula des yeux en se dirigent vers l'entrée : bien sûr qu'il se souvenait, il n'était pas encore sénile. Et puis, même s'il l'avait voulu il aurait eu du mal, c'était plutôt difficile d'oublier qui que ce soit avec un prénom pareil...
Le jeune gardien avait pris ses fonctions le mois dernier et s'était présenté à tous les locataires lors d'un pot de bienvenue qui s'était déroulé dans la petite cour de la résidence.
Le potionniste n'y était resté qu'une dizaine de minutes, mais il en avait assez vu et entendu pour savoir que le jeune Héphaïstos était son antithèse parfaite. Les cheveux courts et châtain clair, les yeux bleus lagon, la peau hâlée, le sourire sympathique et engageant, tout ceci avait fait qu'il s'était très bien intégré à la population de l'immeuble. Contrairement à Severus que certains voisins continuaient à regarder avec une suspicion non dissimulée.
Seulement le brun trouvait, pour sa part, que le jeune éphèbe était trop actif, trop envahissant et parlait trop de sa famille, extrêmement nombreuse.
C'est en se faisait cette réflexion, qu'il eut soudainement une illumination qui le poussa à ouvrir la porte avec force et à se jeter sur son jeune visiteur.
Ce dernier, pas du tout préparé à cette entrée fracassante, poussa un cri de frayeur très peu viril, lâcha le courrier qu'il tenait dans ses mains et s'écroula sur le sol, emporté par le poids du potionniste.
- Vous vous y connaissez en bébé ? Demanda l'ancien Serpentard de but en blanc, le visage à deux centimètres du jeune homme.
- Pa...pardon ?
Le concierge ne savait absolument par comment se comporter avec le brun. Pour tout dire, il lui faisait un peu peur.
Pas qu'il soit repoussant ou qu'il ait tenté de l'agresser un soir de pleine lune, mais il avait un regard froid et une personnalité très réservée qui n'incitait pas au contact. Pourtant, ayant à peu de choses près le même âge, il avait espéré s'en faire un ami, mais avait un peu laissé tomber l'idée en se disant que le locataire faisait partie de ces gens voulant rester seuls.
S'il en jugeait aux pleurs venant du logement, il avait dû se tromper.
Severus soupira avant de se relever et de planter son regard dans celui de son acolyte.
- La dernière fois, vous avez dit avoir six cousines plus jeunes que vous, alors ma question est : est-ce que vous vous y connaissez en bébé ?
- Euh, oui, un peu, marmonna l'autre tout en se mettant debout à son tour.
- Parfait ! "Un peu" c'est toujours plus que rien du tout ! De nous deux, c'est donc vous le plus expérimenté !
Et avant que le jeune moldu n'ait le temps de réagir, une main pâle et ferme l'attrapa par le col de sa chemise pour l'attirer à l'intérieur de l'appartement.
- Faites le taire, ordonna le brun en indiquant l'enfant qui continuait de s'égosiller.
Le châtain soupira en levant les yeux au ciel avant de prendre le bébé dans ses bras pour le bercer.
- Ça ne marche pas comme ça, il n'y a pas de bouton volume sur un nourrisson, vous savez ?
- Bien sûr que je sais ! J'attends simplement de vous que vous trouviez la raison de ces hurlements et, si possible, que vous trouviez une solution pour les faire cesser une bonne fois pour toutes.
- Mais je ne sais pas, il a peut-être des coliques, ou besoins d'être changé ou alors il a tout simplement faim. Quand a-t-il mangé pour la dernière fois ?
Le Sorcier ne put que regarder son camarade avec des yeux ronds (il n'avait pensé à rien de tout cela!) avant de marmonner un petit "Je sais pas" coupable.
- Et bien on va peut-être commencer par ça ! S'exclama Héphaïstos, choqué.
Sainte Mère de Dieu! Depuis combien de temps ce bébé mourait-il de faim, se demanda-t-il en passant une main dans ses cheveux. À qui était-t-il d'ailleurs ? C'était la première fois qu'il le voyait, et il n'avait jamais vu Rogue en compagnie de qui que ce soit.
Le jeune gardien s'était dit que ce célibat était très certainement dû au caractère peu avenant du locataire, mais visiblement une femme avait dû passer outre.
- Bon, vous vous décidez ? S'écria-t-il de nouveau en voyant que Severus ne bougeait pas d'un pouce.
- C'est que, je ne sais pas ce que je dois faire !
L'ancien Serpentard ne l'admettrait pour rien au monde, mais il était totalement paniqué.
Tremblant des pieds à la tête, coincé entre les hurlements d'un nourrisson et les ordres de son "sauveur", il voulait tout à la fois aider, se boucher les oreilles et trouver ce qu'on lui demandait le plus vite possible, ce qui entraînait chez lui une sorte de court-circuit le figeant bêtement au milieu de la pièce.
- Et bien, mettez de l'eau dans un biberon, faites chauffer et mettez du lait en poudre dedans ! Je ne vois pas ce qu'il y a de compliqué !
- Mais je n'ai pas de biberon, moi ! Hurla le brun au bord de la crise de nerfs.
À cette révélation, le châtain poussa un énorme cri d'exaspération, avant de mettre d'autorité l'enfant dans les bras du potionniste, et de sortir de l'appartement en courant.
Le jeune homme resta figé quelques instants, choqué de se faire planter là.
Choqué aussi de tenir Harry (un nourrisson !) pour la première fois. Depuis qu'il était arrivé, il n'avait pas osé le sortir du couffin.
D'une part, car ça ne lui avait même pas effleuré l'esprit, mais aussi, et surtout, car il ne savait pas le moins du monde comment on tenait un bébé.
- S'il te plait, ne casse pas, s'il te plait ne casse pas... Répéta-t-il en portant le nourrisson à bout de bras pour le remettre dans son cosy. S'il te plait, ne casse pas...
- Ne pensez même pas à poser cet enfant ! S'exclama le gardien en revenant avec un biberon dans la main. Et vous avez de la chance que ma tante ait oublié des affaires la dernière fois qu'elle est venue !
Un instant, Severus eut envie de le remercier pour ne pas l'avoir abandonné, mais il n'eut pas le temps d'ouvrir la bouche que le châtain le poussa sur une chaise.
- Assis ! Ordonna-t-il tout en lui mettant correctement l'enfant dans les bras. Pas bouger !
- Mais je...
- Chut! Laissez-moi faire sinon demain nous y sommes encore !
Le brun était outré de la façon dont lui parlait son acolyte, seulement il n'osa pas piper un mot de plus, de peur que ce dernier ne prenne la mouche et ne décide lâchement l'abandonner à son sort.
Heureusement, le châtain avait l'air de savoir ce qu'il faisait et moins de dix minutes plus tard il tendit le biberon au potionniste pour que celui-ci puisse nourrir l'enfant.
Ce dernier ne se fit pas prier et commença immédiatement à téter avec force.
Après quelques secondes, pleines d'appréhension, Severus s'autorisa à pousser un profond soupir de soulagement.
- Alors... euh... comme ça vous faites du baby-sitting ? Tenta le concierge, après une dizaine de minutes.
Il se doutait bien que sa réflexion était profondément stupide, mais, dans l'espoir de briser le lourd silence qui s'était installé, il avait dit la première chose lui passant par la tête.
Surpris, le brun le regarda avec des yeux ronds avant que, brusquement, et de manière totalement inattendue, ses nerfs ne lâchent pour de bon, et qu'il se laisse aller au plus grand fou rire qu'il n'ait jamais eu.
Ce n'était pas un rire de joie, mais tout simplement une manière de se libérer de tout le stress qui s'était accumulé en quelques heures.
La remarque de son comparse n'avait été que la goutte d'eau faisant déborder le vase.
- Non, non, je...je ne fais pas...pas de baby-sitting... Hoqueta-t-il entre deux éclats de rire, les larmes aux yeux. C'est sensé...être le... mien.
Comprenant que c'était une manière comme une autre de relâcher la pression, Héphaïstos le laissa s'esclaffer de tout son soul.
Mais quand, trois minutes plus tard, le fou rire se transforma en véritable crise d'hystérie, le jeune homme n'eut d'autre choix que de gifler son camarade sous les yeux ébahis du nourrisson tirant toujours sur la tétine.
Le choc ne fit pas particulièrement de dégât sur le visage d'albâtre, excepté une joue un peu plus rouge qu'habituellement, mais fut assez rude pour remettre les pieds sur Terre au jeune sorcier.
- Qu'est-ce que je vais faire? Demanda-t-il après s'être calmé. Je ne suis pas prêt à être papa, moi...
- Tout va bien se passer.
- Comment pouvez-vous en être sur ?
Le jeune moldu haussa les épaules avant de s'exclamer:
- Je n'en suis pas sûr, mais c'est tout ce que je peux vous dire pour l'instant. Et puis, le faite même que vous ayez peur de mal faire, prouve que vous vous inquiétez du bien-être de votre fils et c'est le plus important.
"Mon fils" pensa Severus pendant quelques secondes avant de secouer la tête. Non, il n'était pas encore prêt à désigner le nourrisson ainsi malgré les papiers certifiant sa paternité aux yeux de la loi. Pas après si peu de temps du moins.
Pour l'instant, il restait le fils de Lily. Le fils de Potter aussi, même s'il faisait de son mieux pour ignorer ce fait.
Bref, c'était "Harry", mais pas encore "mon enfant". Un jour peut-être.
Oui, un jour surement... Quand il sera prêt...
- En attendant, reprit le moldu, il nous faut faire des courses pour pouvoir élever ce petit. Beaucoup de courses.
Un quart d'heure plus tard, le biberon fut fini et il expliqua patiemment au potionniste comment et pourquoi ce dernier devait faire faire un rot au bébé.
- C'est absolument indispensable ? Demanda le brun en positionnant le poupon sur son épaule sans cacher son air dégoutté.
- En effet, oui. Sauf si vous voulez qu'il souffre inutilement et donc pleure tout l'après-midi.
- Il ne va pas me vomir dessus au moins ?
- Maiiis nooon, ne vous en faites pas.
Quelque peu rassuré par l'assurance de son camarade, Severus s'appliqua à mettre ses conseils en pratique et l'attente ne fut pas longue avant que l'éructation de l'enfant ne se fasse entendre.
Accompagné d'un léger bruit suspect...
- Il ne m'a pas vomi dessus, n'est-ce pas ? Questionna le sorcier en montrant son dos a son camarade.
Celui-ci hésita un moment, le petit rejet de lait blanc semblant le narguer sur le polo noir du jeune père, mais fini par répondre d'un ton un peu trop enjoué en ce levant d'un bond de sa chaise :
- Non ! Rien du tout ! Comme je vous l'avais dit ! Bon, si vous êtes prêt, je propose qu'on y aille, une longue journée nous attend !
L'ancien Serpentard regarda, avec étonnement, son acolyte s'éloigner, avant de hausser les épaules d'un air blasé et de le suivre docilement.
