Wakfu: New Adventure !
Chapitre 2
Après une marche brève durant laquelle ils échangèrent sur la présence dans les bois du masqué, ils arrivèrent au village, ils furent surpris par la rudesse de l'accueil; nombre de vieillards et d'adultes les épiaient d'un œil mauvais, sans aucune raison apparente, guettant le moindre danger. Des gens méfiants, vivant dans un village perdu au milieu d'un vaste territoire inhospitalier, au cœur de la Forêt Interdite. Il y avait une certaine logique. Néanmoins, Latissa était un chevalier, une personne digne de confiance, il n'y avait pas de quoi s'inquiéter. Soudain, un balle de boufbowl surgit de nulle part et frappa brusquement la Iop à la tête. Nasyap explosa de rire tandis que Latissa reprenait ses esprits. Deux petits enfants déboulèrent de derrière une maison mais restèrent cependant loin en retrait. Mordan ramassa la balle et la leur envoya.
- Hé les p'tits ! Faites attention.
Immédiatement, une bonne grosse femme sortit de sa cahute et commença à houspiller les deux jeunes étrangers, comme quoi il ne fallait pas parler comme ça à leurs enfants, ils étaient bizarres, pas de la même classe donc rien à faire ensemble, et qu'une femme ne devait pas porter d'arme et encore moi lorsque celles-ci sont démoniaques. Alors que Latissa commençait à s'échauffer, serrant les dents, prête à en découdre avec ses paysans arriérés, Mordan lui posa une main sur l'épaule et s'excusa cent fois.
- Nous ne faisons que passer. Nous venons voir l'Eniripsa et nous partirons ensuite…
- Non, on partira pas ! On compte bien dormir dans l'auberge là-bas, renchérit la Iop, folle de colère.
- On dit à l'auberge, la reprit Nasyap, levant son unique œil au ciel, chez le coiffeur et à l'auberge, cervelle de Iop…
- Toi on t'a pas sonné, S'écria-t-elle.
Mordan avait mal aux joues tant il se forçait à sourire –bien qu'en réalité personne n'en vit rien. Il entraîna vite Latissa plus loin, lui intimant de moins se faire remarquer, car déjà un attroupement s'était formé autour d'eux. Ils se hâtèrent de disparaître dans la cabane de la fée soignante. Cette dernière, bien jolie malgré son air "porte de donjon", guérit les blessures de Latissa, bien plus nombreuses qu'elle ne s'y était attendu, pendant que Mordan patientait à l'extérieur, tête basse, évitant avec soin le regard des villageois.
La fée Eniripsa passa la tête par la porte et lui conseilla d'aller réserver les chambres car la consultation risquait de perdurer. Derrière elle, Mordan pouvait entendre les vociférations de la jeune Iop qui disait être suffisamment guérie, mais d'après l'Eniripsa, elle avait plusieurs fractures. Esquissant un sourire, Mordan saisit le Shushu et se dirigea vers l'auberge.
Le gérant de l'auberge, un gros bonhomme à la mine patibulaire, lisait un journal au titre peu engageant, tout en fumant un cigare nauséabond.
- Je voudrais deux chambres, s'il vout plait.
- Et alors ? Il dit pas bonjour le p'tiot ? rétorqua l'homme, désagréable.
Mordan ne réagit pas, réitérant sa demande, avec un bonjour en entrée, aussi fade que le reste de sa phrase.
- On a une chambre avec deux lits séparés. Il faut économiser quand on est jeune.
Mordan hocha la tête et tendit une main ouverte sur le comptoir.
- Et bien ! La jeunesse de nos jours est bien mal polie.
- Je ne suis poli qu'avec les gens qui le sont. Maintenant, donnez-moi ma clef de chambre.
Tout en maugréant, le gérant s'exécuta, marmonnant que les étrangers étaient malvenus dans le village, et encore plus les aventuriers qui étaient envahissant, enquiquineurs, etc.
- Ça lui fera trente kamas la nuit.
- Vous osez escroquer les voyageurs avec un taudis pareil ? Je vous donne quinze kamas et soyez content, je suis votre conseil : je fais des économies en choisissant votre établissement.
Mordan jeta une petite bourse en tissu sur le comptoir et ôta la clef de la main du gérant, encore outré de la réaction du Zobal, qui grimpa l'escalier grinçant jusqu'au premier. Arrivé à l'étage, il eut du mal à trouver la chambre, dû au fait que les nombres sur les portes étaient en partie effacés. Il finit, après un bon quart d'heure par trouver sa chambre.
Il se trouva surpris par la "propreté" de la chambre (enfin, il y a des draps sans tache et la salle de bain ne présentait rien de suspect) et il prit la décision de déposer ses affaires pour visiter le village. C'était toujours mieux d'être à l'extérieur plutôt que d'être enfermé dans ce cloaque à l'odeur de renfermé.
