Note de l'auteur : Cette histoire est basée sur les personnages et l'œuvre de J. K. Rowling. Je ne détiens aucuns droits et ne fait aucun profit. Cette histoire aborde également de sujets sensibles, comme la maltraitance infantile, la violence, le viol... Il est donc prié aux personnes trop jeunes ou sensibles de s'abstenir de la lire.
Le texte a été modifié le 11 mars 2017, pour en supprimer certaines fautes nuisant à la clarté du récit.
Chapitre 2 : Errance…
Harry sentait les brumes d'un sommeil profond, et long comme il ne se souvenait pas d'en avoir déjà eu, se dissiper lentement. Il avait dormi trop longtemps… Et personne ne l'avait réveillé en lui hurlant dessus ou en le frappant. Peut-être qu'il n'y avait personne pour le faire… Alors ce serait le paradis. Cette réalisation frappa Harry. Peut-être qu'il était mort comme tous ces SDF dont on parlait aux informations. Il n'avait plus froid, mais une chaleur confortable l'environnait. Ou peut-être qu'il n'était pas mort mais qu'on l'avait à nouveau enfermé dans son placard… ou pire. Au sous-sol. Harry préféra ne pas s'attarder sur cette pensée. Il voulait juste oublier.
Il ouvrit difficilement ses paupières, cligna un moment des yeux… puis il paniqua. Il ne voyait plus rien ! Seules les ténèbres l'enveloppaient. La chaleur se fit soudain oppressante, il sentait une masse l'enserrer comme dans un étau. C'était supportable avant, mais plus maintenant, plus depuis qu'il en était conscient. Harry se débattit comme il put, faisant fi de sa douleur. Après ce qui lui sembla une éternité, il put enfin voir le ciel gris et se glissa à travers ce trou dans la masse. Il se retrouva à l'air libre… et dans le froid. À peine eu-t-il fait cela, que la porte s'ouvrit en grand et que son oncle sortit. La matinée de ce samedi devait être bien avancée. Harry s'avança dans la neige, mais quelque chose n'allait pas. La neige était beaucoup trop haute et son oncle beaucoup trop grand. Enfin, disons que c'était encore pire que d'habitude.
Il se tenait tête basse devant son oncle qui l'ignorait royalement.
« -Où il est passé ce petit monstre ? »
Harry se dit qu'il ne l'avait peut-être pas vu.
« Bah ce n'est pas plus mal s'il s'est enfuit. Une fugue ou un enlèvement sera toujours plus facile à expliquer que son cadavre froid devant notre porte. »
Harry était glacé d'horreur. Il voulut s'excuser, lui expliquer qu'il ne recommencerait plus, qu'il voulait vraiment être un bon garçon redevable à tous ce qu'ils faisaient pour lui, mais le seul son qu'il produisit fut étrange… Il ressemblait vraiment à une sorte de miaulement ?
« -Qu'est-ce que tu as toi ? Allé file, vermine ! »
Harry émit un nouveau son faible et plaintif, mais se résolut à fuir plutôt qu'à se prendre l'immense pied avec lequel Vernon menaçait son petit corps. Pour une fois qu'on lui donnait le choix. Il détala à toute vitesse, pensant au cadavre froid qu'avait évoqué son oncle, et ne s'arrêta de courir qu'après le bout de la rue et le panneau « Privet Drive ».
Quelque chose n'allait pas… Harry s'écroula par terre. Il avait froid ! Si froid… Comme s'il y avait tellement de neige qu'il pourrait se noyer dedans. Il avait toujours mal, mais maintenant il avait faim en plus, et soif. Il avait rouvert ses blessures et laissé quelques minuscules gouttes de sang derrière lui dans la neige. Comment allait-il faire maintenant qu'il avait été chassé par sa famille ? Il n'en était pas tellement malheureux, surtout paniqué, mais… quelque chose n'allait pas, quelque…
Harry se précipita vers une flaque d'eau boueuse, il ne voyait pas très clair à la base, mais le reflet dans l'eau trouble l'aidait encore moins. Cependant il parvint à distinguer un petit museau rose et deux grands yeux verts sur une tête sombre, surmonté de deux petits triangles. Il baissa un peu la tête pour découvrir deux petites pattes recouvert de poils noirs… Il était un chat ? Un chaton ? Merci la magie, t'es toujours une vraie amie. C'est vrai, quoi de mieux qu'une transformation en chaton pour survivre à tous les dangers ? Il y avait plus de dragons en stock ?
Harry n'avait plus rien à faire ici, il avait aimé son oncle et sa tante comme il aurait aimé ses parents. Jusqu'à ce qu'il prenne conscience du sentiment d'injustice qui l'animait et qu'il comprenne. Dudley. Son oncle et sa tante ne l'aimaient pas, ils aimaient Dudley. Et Harry, ne pouvait s'empêcher d'être déçu. Néanmoins, ils avaient tous les deux pris soin de lui jusque-là, c'est vrai : Qui voudrai d'une charge inutile comme lui ? D'un poids encombrant, d'un ingrat qui ne se rendait pas compte de toutes les concessions que faisait une respectable famille pour lui ? Qui voudrait d'un petit monstre passant son temps à faire ses trucs de monstre bizarres ? Les Dursley avaient étés gentils avec lui.
Harry avait faim, il partit à travers les rues au gré de ses pas. Il ne marchait pas trop vite pour ne pas avoir trop mal, ni trop dans la neige pour ne pas avoir trop froid. Le monde entier lui semblait maintenant tellement grand ! Et il ne parvenait pas à trouver de la nourriture, les poubelles étaient trop hautes pour lui, et puis il n'y avait rien d'intéressant dedans même si sa tante l'avait parfois habitué à pire. Ses sens étaient totalement étouffés par la neige et froid, ses vibrisses* traînaient dans la neige (même si c'était plus ou moins ce qui se produisait pour le reste de son corps), les sons étaient étouffés par la neige, comme le peu d'odeurs qui lui parvenaient. Il se rendait bien compte qu'il faisait nettement plus attention à celles-ci maintenant, sou cette forme.
Harry se retrouva en fin de journée totalement exténué. Chaque pas lui semblait encore plus douloureux que le précédent et il sentait une puissante fatigue l'envahir. Il lui fallait trouver de la nourriture, ou un endroit au chaud, et très rapidement sinon il ne donnerait pas cher de sa peau. Un endroit chaud ne serait en réalité qu'une manière d'attendre la mort, alors il suivait depuis un moment un chemin de campagne qui longeait une sorte de bois. Il ne savait pas comment se changer à nouveau en humain, et se mettait en danger en restant près des bois sous cette forme. Mais peut-être qu'une souris passerait gentiment devant ses pattes, pensait son esprit de chat…
Il y avait un bon moment que la nuit tombait, et qu'Harry était coincé entre un haut muré à sa gauche et les bois à sa droite. Soudain, il vit devant lui une poubelle renversée devant une grille. Il avait enfin sa chance. Il accourut jusqu'à elle, mais n'arriva pas à l'atteindre. Il sembla se heurter à du verre, un verre qui ne serait pas tout à fait du verre. Il ne pouvait pas avancer, mais ne semblait pas rencontrer de matière. Il réessaya encore et encore…
.oOo.
Severus Snape rentrait chez lui, les vacances de Noël allaient se terminer dans quelques malheureux jours. Il rentrait de Poudlard où il avait dû discuter avec le Directeur Dumbledore de la possibilité d'alléger la charge de travail des élèves après les fêtes pour ne pas trop les fatiguer, les pauvres petits... Si Voldemort revenait vraiment un jour, il se demandait bien lequel des deux aurait sa peau en premier. Il fut tiré de ses pensées par un miaulement indigné, un tout petit chaton tout mignon se tenait devant lui, grelottant dans la neige. Il essayait d'atteindre la poubelle, mais les protections magique l'en empêchait. Severus s'abaissa à sa hauteur, et la boule de poil s'aperçut enfin de sa présence. Il émit un petit glapissement en s'éloignant rapidement de quelques bonds.
Severus se mit alors à parler lentement et gentiment. Il répétait les mêmes mots rassurant en boucle telle une incantation. Harry avait eu peur de ce grand homme tout de noir vêtu, en plus il n'avait pas l'air franchement commode, il était encore plus effrayant qu'oncle Vernon complètement saoul. Mais il était rare que les gens lui parlent gentiment. En fait il ne sortait quasiment jamais de chez les Dursley qui ne le laissaient pas toujours aller à l'école. Ils avaient expliqués qu'Harry était un enfant maladif, rendu faible par les négligences de ses alcooliques de parents, qu'il était souvent malade et qu'ils prenaient soin de lui comme ils pouvaient. Et puis, ils avaient expliqués qu'Harry était un enfant difficile, qu'il était turbulent et effronté et qu'ils avaient peur qu'il entraîne leur Dudley chéri sur une mauvaise pente. Même si c'était lui qui collait toutes ses bêtises sur le dos d'Harry, et que ça ne l'avait pas aidé, mais alors pas du tout, la facilité avec laquelle il réussissait à manipuler à la fois ses parents et leurs maîtres. Ni les chasses aux Harry qu'il organisait avec ses amis…
Sinon il lui arrivait d'aller jusqu'à l'épicerie deux rues plus loin pour faire les courses que lui donnait tante Pétunia, mais que ce soit les parents de Piers quand ils venaient chez les Dursley, ou bien l'épicière qui était une vrai commère et une bonne amie de Pétunia, tous le considéraient comme un moins que rien, un poids morts pour leurs chers amis…
Mais ce « grand » là était bien un des premiers à ne pas lui parler méchamment (Mrs Figg mise à part. Et encore, il préférait éviter de lui parler pour ne pas trop énerver son oncle et sa tante, qu'ils disent encore qu'il ne faisait pas son travail et le punissent… et elle puait le choux et les chats.) Il ne pouvait étrangement pas comprendre ce qu'il disait, peut-être parce qu'il était un chat… ou qu'il avait de la neige dans les oreilles, mais il ressentait toute la tendresse et la gentillesse dans son ton. Petit à petit, la méfiance d'Harry se fit moins forte. Il se rapprocha lentement de l'homme qui le prit dans ses bras comme s'il était… bah ce qu'il était : une petite chose fragile.
Severus Snape se dépêcha de filer vers le manoir : personne ne devait savoir que la terreur des cachots pouvait avoir un cœur pour ces pauvres petites choses que sont les chatons abandonnés. Il serrait précautionneusement la petite boule de poils contre son torse, elle devait être frigorifiée et affamée. Une fois à l'intérieur, il s'installa dans un bon fauteuil en face d'une cheminée crépitante.
Harry ne se rendit même pas compte de tout ce qui se passait autour de lui. Il avait fermé les yeux de contentement et enfoui son nez dans les robes de l'homme. Il était bien, au chaud, et les mains de l'homme le caressaient. Il n'avait pas aimé cela tout d'abord, trop de mauvais souvenirs à l'idée d'un contact physique avec quelqu'un. Mais il ne pouvait plus s'empêcher de ronronner à présent que son esprit de chat avait été convaincu par quelques gratouilles. L'homme continuait de lui parler avec toute cette tendresse, il s'était roulé en boule sur ses jambes, le visage toujours enfoui dans ses vêtements, ses petites pattes pétrissant le corps chaud en dessous de lui.
Severus se perdait dans ses pensées, entraîné par le puissant ronronnement qui envahissait la pièce. Il regarda la petite boule de poil, elle était mal en point. Il pouvait sentir ses côtes de manière inhabituelle, et devinait de nombreuses blessures sous ses doigts. La petite bête avait de la chance d'être toujours en vie… mais pour combien de temps encore ? Il se saisit de sa baguette et la pointa vers la forme endormie. Il jeta un sort de diagnostic et sursauta à ce qu'il vit. Il se raidit aussitôt, soupçonneux.
Ce n'était pas un chaton endormi sur ses genoux…
Il lui lança le sort pour forcer un animagus à reprendre sa forme originelle et attendit. De longues secondes s'écoulèrent avant que le chaton ne se mette à grandir et à grossir de plus en plus. Jusqu'à ce qu'un enfant se tienne assis sur ses genoux, la tête enfouie contre son torse et ses petites mains serrées sur ses robes.
*Les vibrisses sont les moustaches du chat.
