Chapitre 2 - Gentils et Méchants

J'observe l'averse à laquelle je viens d'échapper de peu derrière les carreaux en soupirant. Je regrette d'être aller la voir. Aujourd'hui encore plus que les autres jours. Et ma mauvaise humeur grimpe encore d'un cran lorsque mon téléphone me rappelle à l'ordre avec un vrombissement aussi agaçant qu'insupportable. Encore le patron. Cette fois je me décide à décrocher tandis que la pluie tambourine à ma fenêtre avec une persévérance digne du déluge. Comme si Dieu ou une connerie dans le genre voulait tout à coup nettoyer la merde du quartier. Seulement pour ça, il faudrait au moins un raz de marée.

"Ouais ?", je marmonne à peine intelligible. "Et ben, j'ai faillis attendre!" Ironise t-il, preuve que sa jauge de patience est à la limite de l'implosion. "J'étais occupée." Il rétorque qu'il n'en a rien à carrer et qu'il a un travail pour moi. Je me retiens de lui sortir un "Sans déconner?!" sarcastique et me permet un soupir discret à la place. Il me raconte qu'un type vient d'arriver en ville. Un taré maquillé qui aurait braqué trois banques en une semaine et fait plus d'une vingtaine de morts. Je lui demande ce que ça peut lui foutre à lui, chef de la mafia, qu'un type dévalise les riches. C'est pas comme s'il s'était attaqué à la banque appartenant à la pègre. "Le problème, c'est que Gotham est ma ville! Si quelqu'un veut voler quelque chose, il doit s'adresser à moi avant et m'offrir une collaboration. Comment crois-tu que la Famille Falcone est encore debout? Si je laissais tout le monde faire ce qu'il veut, bonjour le bordel. Alors tu va me trouver tout ce qu'i savoir sur cet enfoiré. S'il avait un chihuahua quand il était gosse, je veux être au courant, c'est clair?!". Et voila, la jauge a explosée. Et moi je me prend tout dans la gueule, comme d'habitude. J'intériorise ma colère et capitule, consciente que Maroni n'est pas mon pote et que si je lui manque de respect, je finirais bientôt en hachis parmentier. "Ça va, j'ai capté. Je te rappelle dès que j'ai du nouveau". Il me raccroche brutalement au nez avec un espèce de grognement sourd et je marmonne un chapelet de juron en larguant mon portable au milieu des coussins de mon canapé.

Celui-ci me tend vainement les bras et je jurerais qu'il me supplie de venir m'affaler contre lui pour pioncer tout le reste de l'aprèm. Mais comme le Grand Manitou m'a donné du taf, je me grouille de faire ce qu'il veut. Question de survie. Je grille une cigarette en m'apercevant avec consternation que le paquet est déjà presque vide. C'est fou à la vitesse ou ça descend, ces machins-là. Je parcours les 40 m² de mon petit domicile, ce qui n'est pas si petit que ça en comparaison avec le reste de l'immeuble, à la recherche de Morley oubliées dans un coin. Recherche infructueuse puisque j'ai fais du rangement le matin même. Si cigarettes il y avait, maintenant, elle doivent être à la déchetterie. Fais chier. J'attrape mes clés, ma veste et mon porte feuille puis sors de l'appartement avant de dévaler les escaliers. C'est pas que l'ascenseur est trop lent pour moi mais, légèrement claustrophobe, je refuse de m'enfermer dans une boite de métal simplement retenue par des câbles qui l'empêche de tomber dans le vide. Cette fois, je n'échappe pas à la pluie torrentielle et j'arrive trempée jusqu'aux os à ma voiture. Décidément, il y a des jours ou je ferais mieux de ne pas me lever. Après cinq minutes de route, je gare mon tas de ferraille sur le parking d'une station service qui me fait étrangement penser à celle dans La colline à des yeux. Derrière les pompes à essence, un petit commerce normalement réservé aux touristes de passage. Ce qui est assez marrant quand on sait que, justement, les touristes évitent soigneusement Gotham City et préfèrent faire un long détour.

J'entre dans la boutique en me reprenant une saucée et me dirige aussitôt vers le comptoir derrière lequel un jeune homme, pas beaucoup plus âgé que moi est en train de lire un magasine. Je suis obligée de me racler la gorge pour l'arracher enfin à sa contemplation d'une nana dont les sous vêtements ne laissent plus de place à l'imagination et il sursaute violemment sur sa chaise. Je souris intérieurement de voir ses joues rougir et lui demande deux paquets de clopes. Il se retourne pour chercher la bonne marque au milieu du tabac mal rangé sur les étagères et mon regard se pose sur la pile de journaux déposée sur un étal. Le titre en gras de la première page retient aussitôt mon attention. A la sortie, il a finalement arrêté de pleuvoir et les rayons d'un soleil déclinant transperce la couche de nuage qui obscurcit le ciel de Gotham.

Il est cinq heures passé quand je rentre enfin chez moi. Je m'installe sur la table de la cuisine et feuillette le journal. "Nouveau braquage à Midtown". J'avais vu juste, il est bien question du type dont me parlait Maroni. Le criminel a déjà un nom de scène. Le Joker. Original. Je dois être la dernière personne de la ville à être au courant de son existence. Regarder les infos à la télé, ça m'emmerde. "Harvey Dent, élu procureur de Gotham City". "Un justicier masqué traque les malfrats pour les remettre aux mains de la police". "Le célèbre milliardaire Bruce Wayne achète le restaurant le plus luxueux de la ville". Qu'est-ce que j'en ai à cirer, moi ? Ça change rien à ma petite vie ennuyeuse et morne. En lisant l'article, le Joker est presque décrit comme un artiste. En passant de la mise en scène théâtrale de ses crimes à homme très intelligent. "Batman a du soucis à se faire". La réflexion est sarcastique et moqueuse. Ça les fait vraiment marrer de voir un type se défoncer pour sauver leurs culs? Ou peut-être qu'ils sont tout simplement fascinés par le personnage du Joker.

Aucune photo ne vient illustrer le texte. Tout le monde en parle, mais personne ne la jamais vu, en somme. Et la police dans tout ça? Je ne peux m'empêcher de sourire. Les flics sont bien trop occupés à être dépassés par la situation. Ils doivent déguster un donut trempé dans un café dans le bar à pochtron qu'ils ont l'habitude de fréquenter, attendant sagement que la chauve souris s'y colle. Bon, j'admet que le nouveau procureur y met du sien. En quelques semaines, il a fait arrêté pas mal de petits dealers, des voleurs, tueurs à gages. Des gens dont Maroni se contrefout complètement, mais c'est un début. Sauf que les agents de police sont de grosses brutes épaisses avec de l'eau tiède dans la boite crânienne. Oups, vice de procédure. Les avocats ont compris le truc. Deux jours plus tard, les petits malfrats ressortent et Dent doit s'arracher les cheveux. Gotham n'est pas gâtée. Côté flics, y'a les corrompus ou les abrutis. Côté judiciaire, y'a les corrompus ou les incompétents. Côtés civils y'a les méchants, ceux qui s'en fichent du moment qu'on les laissent tranquilles, et ceux qui manifestent pour tout et n'importe quoi. Finalement, qu'on habite à Uptown, Midtown ou Downton, on est tous plus ou moins cinglé.

Mais le procureur semble confiant. Il croit pouvoir nous purger, nous affaiblir. J'aimerais qu'il ai raison. Mais Dent est un fils de bourges aux idées utopiques et naïves. Gotham City ne connaîtra jamais la paix. Je peux cependant comprendre qu'on ai voté pour lui. Silhouette grande et athlétique, apparence soignée grâce aux costards Armani dont je ne pourrais même pas acheter la cravate, yeux bleus, cheveux blonds, teint halé. Une vraie gueule d'ange. Un ken qui attend seulement la Barbie de ses rêves en construisant un monde meilleur ou les bisounours blancs copulent avec les bisounours noirs. Tout le monde est beau, tout le monde est gentil, le ciel est bleu, les oiseaux chantent, des bon-becs poussent dans les arbres et autres trucs de ce genre. Un vrai délire hallucinatoire que seuls les consommateurs d'herbe connaissent. Mais je doute que le Prince Charmant fume des cigarette qui font rigoler à ses heures perdues. Nan, je crois juste qu'il a trop regardé la télé et que ses parents ont légèrement exagérés le sens de "La vie est belle". Pourtant, Batman semble apprécier le blondinet, car un énorme projecteur a été installé sur le toit du commissariat de police. La première fois que j'ai vu le halo de lumière en forme de chauve souris déchirer le ciel étoilé, j'ai cru à une hallucination. Les gens l'appelle le "Bat signal". En tout cas, grâce à la subtilité légendaire de Jim Gordon et de ses gorilles décérébrés, il n'y a plus aucun doute, les services de police collaborent bien avec le justicier. Pourtant le maire de la ville continue de clamer haut et fort que l'enquête visant à stopper les agissements du Batman est toujours en cours. Les grands de ce monde nous prennent vraiment pour des débiles mentaux.

L'article de journal conclut froidement par "Une chose est sure, Le Joker n'a pas finit de faire entendre parler de lui". Non, je pense qu'on parlera de lui pendant encore très longtemps. Contrairement à ses victimes dont les noms n'apparaissent même pas. C'est toujours comme ça. On se rappelle des meurtriers. De leur visage, leur mode opératoire, leur personnalité. Et on épluche leur autobiographie avec avidité, cherchant le moindre indice qui pourrait permettre de comprendre pourquoi il en est arrivé là. Les criminels sont des êtres à part. Et il est si fascinant de les étudier. Et c'est aussi rassurant de trouver des réponses. Un homme qui massacre des gosses à coups de pelle car son père le frappait lorsqu'il était enfant, c'est moins effrayant qu'un type né dans un environnement sain qui tue des petits chiots sans défense juste pour le plaisir. On se dit que le premier a choisit le mauvais numéro à la naissance et que ça lui a cramé les neurones. Il y a une explication logique et pas la peine d'aller chercher plus loin. Le deuxième cas, c'est plus complexe. Il n'y a rien a expliquer. Parfois la folie n'a pas de sens, pas de déclencheur. Et c'est flippant parce qu'on comprend alors qu'on est aussi vulnérable que n'importe qui. Alors les dommages collatéraux que sont les victimes sont oubliées. Parce que la fascination pour le monstre est cent fois plus grande que l'empathie envers les morts.

Je balance le journal qui ne m'a servit à rien et me reporte sur mon outil de prédilection. L'ordinateur. J'en ai deux. Un PC et un fixe, généreusement offerts par Salvatore Maroni après maintes négociations. Je les allument et patiente en observant les dizaines de visages cloués au mur, juste au-dessus du bureau. Tous des hommes entre 24 et 47 ans. Grands, athlétiques, et surtout fortunés. Mais leur point commun principal c'est d'être suspectés de se déguiser en chauve souris la nuit pour jouer au petit justicier. La question à 100 000 dollars : Qui est Batman? Maroni m'a promis une jolie somme pour y répondre. Alors depuis huit mois, je me prend pour un détective privé. J'ai d'abord embauché un flic contre une liasse verte à l'odeur alléchante et lui ai confié une clé USB. Il n'avait qu'à la brancher et ouvrir les fichiers. Mon logiciel espion a fait le reste. J'ai donc pu fouiller tout les dossiers de la base de donnée informatique de la police sans bouger de chez moi. La première chose que j'ai noté c'est que les flics n'ont absolument aucune foutue idée de qui peut bien être l'homme chauve souris. Je crois qu'ils ne cherchent même pas, finalement. Trop contents qu'on fasse leur job à leur place. En revanche, j'ai trouvé le répertoire d'identification des personnes physique de Gotham. Une très longue liste avec des milliers de noms, de photos, d'adresse, dates de naissance. Plus de 15 millions de personnes vivent à Gotham. J'ai commencé par supprimer les femmes, les enfants et les vieillards. Puis les personnes handicapées physiques et mentales ainsi que les malades chroniques. Ensuite les populations afro-américaine et hispanique. Pour finir par les taulards et les patients d'Arkham. Et j'ai découvert qu'il y avait environ 3 millions d'individus âgés entre 20 et 50 ans, en pleine forme et libres comme l'air. Après une courte période de déprime et de pédalage dans la semoule, un autre paramètre m'a sauté aux yeux. Riche. Le Batman doit obligatoirement être extrêmement riche pour avoir tout ce matériel. L'énorme bagnole indestructible, les gadgets, le costume. Après l'élimination des hommes dont le salaire était inférieur à 50 000 dollars par mois, il ne restait que 367 personnes. Parmi eux, plus d'une centaine d'âmes corrompues par la mafia. Détournement de fonds, arnaque à l'assurance, recel de drogue, blanchiment d'argent, chantage. Autant de délits qui ne correspondait pas aux valeurs et au code d'honneur du justicier. Au final, 236 hommes dont l'un est Batman. La liste s'est considérablement réduite mais j'ai toujours l'impression de chercher une putain d'aiguille dans une meule de foin de plusieurs kilomètres de large. Comme je n'ai pas plus d'indices en ce qui concerne ce foutu rongeur masqué, je me suis attelée à un véritable travail de souris. M'introduire chez eux, planquer des micros, des caméras. Les prendre en filature. Surveiller leurs allées et venues. En un mois, je n'ai réussi qu'à barrer quatre noms. A ce train là, si mes calculs sont exacts, j'aurais trouvé son identité dans environ cinq ans. Le problème, c'est que si d'ici quelques mois, je n'ai pas de résultats probants, Maroni m'arrachera la tête.

Le PC s'allume en premier tandis que l'autre traîne un peu. Je m'arrache à la contemplation de mes principaux suspects et active mon logiciel espion. Soulagée de voir qu'il n'a toujours pas été détecté, et donc détruit, j'entre dans les bases de donnée policière et me met en quête d'informations sur le Joker. Pendant une demie heure, je ne fais qu'essuyer des échecs cuisants. Le seul dossier qui parle un peu de lui ne m'apprend rien de plus que le journal. Les flics n'ont rien. Pour changer. A part une photo, prise par une caméra de surveillance sur l'une des scènes de crime. Mais évidemment, l'image est en noir et blanc et de très mauvaise qualité. On ne distingue qu'une silhouette, prise en plongée presque totale. Il tient d'une main un sac en bandoulière et de l'autre ce qui semble être un fusil à canon scié. Derrière lui, un autre type. Masqué et armé. Des complices. Ça, c'était pas précisé dans le journal. Pourtant, c'est une information importante car si les flics n'ont rien sur le Joker, peut-être que c'est le cas pour ses sbires. Si le Joker est trop malin pour être trouvé, je doute que ce soit le cas de ses sous-fifres. Je parcours les dossiers des personnes arrêtées récemment mais aucune informations ne me permet de les relier au Joker. Ce type est un vrai fantôme. Il ne laisse pas d'empreintes, pas de témoins et semble s'amuser de voir les flics tourner en rond. S'amuser est un bel euphémisme. En fait, je commence à penser que l'argent n'est pas sa véritable motivation. Braquer trois banque en une semaine, c'est complètement stupide. Et puis, les cartes "Joker" qu'il sème un peu partout, le nombre de cadavre et son soit disant maquillage me laisse croire qu'il désire simplement attirer l'attention. Avec un soupir d'agacement, je ferme les fichiers.

Il est dix-neuf heures passée, et mon estomac proteste. De toute façon, je suis dans une impasse, alors je me lève et me dirige vers la cuisine. Le frigo me présente un reste de pizza, des nouilles trop cuites parce que j'oublie toujours de les retirer du feu, des haricots verts, une saucisse et demie, et une pile de yaourt aux abricots parce que j'aime tous les autres parfums sauf celui-ci. J'enfourne la part de pizza dans le micro ondes et allume une cigarette. Par la fenêtre, j'observe vaguement le suicide du soleil qui s'empale dans l'horizon. Le ciel et les nuages prennent une teinte écarlate tandis qu'un croissant de lune naissant semble sourire de son infortune. Le micro ondes me tire de ma rêverie avec un son strident et j'extirpe le morceau de pizza mou et dégoulinant de fromage. Je déteste manger les restes. Mais je déteste encore plus aller faire les courses. Rester une demie heure plantée devant un rayon avec deux cent cinquante marques de céréales sous les yeux. Comparer le prix, puis se souvenir que c'est celui au kilos, le plus important. Après plusieurs calculs mentaux, prendre le moins cher. Rentrer, puis revenir acheter une autre boite parce que le bas de gamme c'est vraiment imbouffable. Choisir la caisse qui semble la plus rapide, et puis lorsque commence la queue, la caisse enregistreuse rend soudain l'âme. Pendant que la caissière se tire pour crier au secours à son patron, un vieille folle se met à débiter toute sa vie et il n'y a rien d'autre à faire que de l'écouter. Au final, je préfère arrêter les céréales, c'est plus rapide.

Je m'installe sur une chaise et mastique la pâte caoutchouteuse tout en réfléchissant au Joker. Comment a t-il pu embaucher ses complices? Comme me l'a fait remarquer Maroni, les criminels doivent passer par lui pour entreprendre leurs petites activités illégales. Et personne ne serait assez fou pour trahir le chef de la pègre en se joignant à un étranger. J'en déduis donc qu'ils n'étaient pas au service de Maroni. Cependant, les seuls citoyens qui ne trempent pas dans la criminalité, sont les braves gens de Uptown et de Midtown. Et je vois mal le Joker passer d'hôtel en hôtel pour des entretiens d'embauches. Soudain, une petite lumière s'allume dans mon crâne et éclaire des réponses. Je me lève brusquement et abandonne la pizza. Je débarque dans le salon comme une furie et attrape le journal froissé.

Je me rappelle d'un article, quelques pages avant celui du Joker. Il n'y a pas que les citoyens honnêtes qui ne bossent pas pour le compte de la pègre. Il y a les taulards aussi. Cependant, si peu de chose fonctionnent bien à Gotham, le système carcéral est en revanche très performant. Pas une seule évasion en 36 ans. Par contre, on ne peut pas en dire autant de l'asile. Je retrouve enfin l'article et émet un petit rire de victoire. "Un autre patient d'Arkham s'échappe". Depuis que je suis née, je lis les mêmes articles. Tous les mois au moins, un type s'évade de l'hôpital psychiatrique. Mais d'après la journaliste Charlie Mc Voy, c'est de pire en pire. La semaine passée, pas moins de cinq évasions. Un seul type a été retrouvé, par les flics pour une fois, et ramené à l'asile. Malheureusement, son nom n'est pas mentionné. Je me reporte alors vers mon ordinateur et me reconnecte au système informatique des flics. Je mets à peine dix minutes pour retrouver le fichier des arrestations et cinq autres pour trouver le bon type. Brian Stevenson, 26 ans. Un pyromane, déclaré inapte à la vie en société à l'age de treize ans. Il a été envoyé à Arkham après avoir mis le feu au gymnase de son lycée en prenant soins d'y enfermer ses camarades de classes. Quatre morts, onze blessés. Les psychologues le décrivent comme psychotique, antisocial et narcissique. Il s'est enfuit mercredi dernier avec quatre autres patients et a été interpellé il y a deux jours avant d'être raccompagné à l'asile. Joli CV.

Le Joker ne cible pas les moins atteints, visiblement. C'est plutôt intelligent de sa part, d'ailleurs. Ce Brian aurait pu dire n'importe quoi au flics. Le prénom du Joker, ses intentions, ou est-ce qu'il se cache. Mais qui croirait un fou? Je ne serais pas surprise que personne n'ai prit le temps de l'interroger. Satisfaite de cette trouvaille, je ferme mon ordinateur et allume une autre cigarette pour enfin succomber à l'appel lancinant de mon canapé. Je m'y affale mollement et attrape la télécommande. 20 minutes d'une émission de télé réalité merdique suffisent pour m'assommer et j'accepte volontiers de m'évanouir dans les bras de Morphée.