Je me réveille en hurlant comme toujours, mais en ouvrant les yeux ce que je vis semblait être tout simplement un autre rêve. Tout était dessiné : les immeubles, les poubelles et le sans-abri non loin de moi qui me regardait avec un air inquiet.
-Ça va? me demande-t-il d'une voix rauque et inquiète.
Je me redresse lentement en essayant de me souvenir comment j'étais arrivée dans cette triste ruelle, mais c'était comme si j'étais atteinte d'amnésie.
-Ça va? me redemande le sans-abri encore plus inquiet devant mon air paniqué et perdu.
-Je...je ne sais plus comment je suis arrivée ici. Je prenais l'Avion pour venir au Japon et je me suis endormie dans l'appareil. Je me réveille ensuite dans une ruelle et tout est dessiné. Tout est comme des dessins. On dirait que nous sommes dans un énorme cahier de dessins. lui dis-je apeurée.
Le sans-abri approche son visage du mien jusqu'à ce que je sente sans problème son haleine fétide contre mon visage. Il me regarde dans les yeux et d'un coup il semble amusé.
-Pupilles normales. Tu n'es pas droguée. On dirait que tu es juste folle. me dit-il d'un ton joyeux en se reculant pour s'asseoir face à moi.
-Je ne suis pas folle. Je vous le jure. répliquais-je légèrement énervée.
-Tous les fous disent qu'ils ne sont pas fous, mais ils sont fous. lance le sans-abri en ricanant.
Je lève les yeux au ciel avant de les fermer. À vrai dire, il a raison. C'est tout simplement fou de tout voir en dessin.
-Bon je suis peut-être folle, mais ça ne change pas le fait que je suis perdue. Je ne sais même pas ce qui s'est passé du moment où je me suis endormie dans l'avion et celui-ci. Pouvez-vous m'aider? lui demandais-je avec un peu de désespoir.
-Vous aider? Vous m'Avez vu non? Je ne suis même pas capable de m'occuper de moi. Désolé, mais vous allez devoir vous aidez toute seule. dit-il en regardant l'intérieur de son verre de café qui doit contenir quelques pièces.
Je me lève et il m'imite lentement. Je me rends compte que j'ai mon sac à dos. Être dans un lieu inconnu est stressant, mais avoir au moins des choses qui m'appartiennent me calme un peu. Je regarde le sans-abri qui commence à s'éloigner.
-Hey vous pouvez au moins me dire où je suis! lui dis-je en le rejoignant.
-Bien sur. Vous êtes à Tokyo. me répondit-il avec un sourire en coin.
-Merci. lui dis-je en soupirant.
-Il y a plein d'aventures qui vous attendent dans cette ville. ajoute t-il en me faisant un clin d'œil malicieux et amusé.
Je le regarde s'éloigner en pensant que ce sans-abri est peut-être plus fou que moi. Je pars dans la même direction que lui. Il arrive au bout de la ruelle qui rejoint une grande rue. Je le cherche des yeux, mais il a disparu dans la foule. Je me force à penser à autre chose comme une cabine téléphonique afin d'appeler ma tante, mais je n'en vois aucune. Je pars à la recherche d'une cabine et après 10 minutes de marche je finis par en trouver une. Par chance, j'ai mémoriser le numéro de ma tante alors je vais pouvoir arrêter de me sentir comme Stitch ( Lilo&Stitch, le film de Disney ). Les gens parles une langue que je ne comprends pas, je ne connais pas cette ville et tous les noms de rue se confondent. Je me sens sur une planète de martiens. J'entre dans la cabine avec soulagement, mais j'avais oublier un petit détail. Je n'ai pas d'argent japonais. Je sors aussitôt de la cabine et je regarde autour de moi à la recherche d'une solution. Je finis par m'approcher d'une fille de mon âge et je lui demande, dans un anglais de base, si je peux lui emprunter son cellulaire. Au début elle refuse, mais je lui explique ma situation au bord des larmes, en évitant de lui dire que je vois tout en dessin, et elle finit par me prêter son téléphone. Soulagée, je compose le numéro de ma tante. Au bout de 4 tonalités un homme répondit, je lui demande, en anglais, si ma tante est là et il me dit des trucs en japonais avant de raccrocher. Croyant m'être tromper je recompose le numéro, mais c'est le même homme qui répondit. Je raccroche avec un sentiment d'abandon et je remercie la jeune fille avant de m'éloigner pour ne pas qu'elle ne voie les larmes de désespoir sur mes joues. Je prends place sur un banc à côté d'un homme portant une mallette noire. Je suis perdue, ma tante m'a donnée le mauvais numéro...Est-ce qu'elle m'a abandonnée? Je sais qu'elle ne me voulait pas chez elle, mais elle n'aurait jamais fait ça...Enfin je crois. Je reste sur le banc et sans m'en être rendu compte la nuit tomba. Je reste là encore un moment avant de me lever. Je ne sais pas où aller, donc je prends une direction au hasard et je marche. Les heures passaient et ma fatigue grandissait. Je finis par m'asseoir sur un morceau de trottoir là où personne ne me piétinerait et je m'endors...
