Non, non, vous ne revez pas, il s'agit bien de la suite de double que vous n'espériez oeut être plus. C'est quand le sadique semble s'être définitivement éteint qu'ilm revient en force.
je suis vraiment désolée pour cet immense retard. tant que j'y suis, je remercie les reviewteurs qui m'ont laissé des commentaires, et je tiens à préciser-parce qu'on en a fait la remarque-qu'il s'agit ici d'un UA, (ou univers alternatif) car même avec beaucoup d'imagination, je doute sincèrement qu'un laboratoire de recherches s'organise réellement ainsi.
Et puis, quand on voit celui qui le dirige, on comprend rapidement que tout ceci n'a rien de plausible dans le monde où nous vivons! Mais sans vouloir casser le suspence plus que cela, je vous laisse lire tranquillement.
Chapitre 1 : pluvieuse journée
6 ans plus tard, au 12ème étage d'un immeuble de centre ville.
BIP BIP BIP !!
Sonnerie infernale idéale pour faire hurler des meutes de loups ou réveiller les morts les plus durs de la feuille. Ou bien encore une petite blondinette au caractère bien trempé, qui envoya littéralement voler l'engin maléfique à travers la pièce. La formidable mécanique partit s'écraser sur le mur d'en face, crachant tout ses circuits, et abandonnant définitivement l'idée de donner l'heure pour le restant de ses jours.
Une tête émergea péniblement des couvertures, les cheveux ressemblant d'avantage à un champ de mines qu'à quelque chose de décent, et les yeux encore tout collés par le sommeil. Un bras, puis un deuxième, jaillirent à la suite de cette tête à faire peur, repoussant les couvertures, ce qui eut pour effet de faire frissonner violement leur propriétaire.
_ Bordel de merde de réveil à la con, grommela t elle d'une voix enrouée, alors que le corps de la blonde au bois dormant sortait enfin de son lit.
Elle se redressa, posant ses pieds nus sur la moquette, et s'étira comme un chat, baillant aux corneilles. Elle se tourna vers son lit si douillet qui semblait l'appeler.
Viens avec moi, mets moi sur tes épaules murmurait la couette épaisse et moelleuse.
Pose ta tête sur nous et laisse nous veiller sur ton sommeil renchérissaient les cousins blancs.
_ Mais fermez la, lança la blonde sans grande conviction. Ce serait si doux, de retourner se coucher, tout était plus simple dans ses draps. Tout était toujours plus simple.
Elle se détourna néanmoins de ce paradis sur pied qui lui tendait les bras et sortit de sa chambre, direction la salle de bain. Son GPS n'étant pas encore tout à fait opérationnel, elle resta plusieurs minutes plantée devant le placard à balais du bout du couloir avant de se rendre compte qu'il ne s'agissait pas de sa destination initiale et qu'elle aurait dû tourner à droite au premier carrefour. Faisant volte face, elle poussa la bonne porte et se glissa plus que rapidement sous la douche.
Elle se lava aussi vite qu'elle le put, tentant de ne pas confondre le gel douche et le shampoing, et sortit de la pièce dans un nuage de vapeur, emmitouflée dans un peignoir éponge plus au moins bien mit.
Se dirigeant d'un pas un peu plus vif vers la cuisine, elle se prépara un bon café serré, histoire de bien se réveiller et de parfaire son petit rituel matinal.
La tasse à la main, elle gagna le salon de son appartement et s'installa sur son canapé, virant sans ménagement son chat qui dormait là.
_ Pousse toi sac à puces.
Douces paroles dont le félidé ne s'offusqua pas, sachant sa maîtresse pas forcement très bien lunée au saut du lit. Il sauta du canapé avec légèreté et alla se poser sur le fauteuil en face, prés à piquer un nouveau roupillon. La jeune fille poussa un soupir et ses yeux encore fatigués errèrent sur le salon. Une pièce toute simple, dans les tons ocre qui conférait une certaine chaleur à l'atmosphère plutôt glaciale de l'appartement. Des cadres de paysages étaient accrochés aux murs afin de les habiller quelque peu, et des étagères étaient montées un peu partout, regorgeant de livres et feuilles de papiers. Une télévision était posée sur un meuble bas en bois clair, devant le canapé orangé, séparant la pièce à vivre du coin bureau, lequel disparaissait sous les tonnes de dossiers et de feuilles inconnues au bataillon, laissant apparaître un morceau de l'ordinateur fixe de la demoiselle. Prés du bureau, sur une autre étagère, ce tenait un cadre photo un peu poussiéreux, entouré de bougies vieillottes et de fleurs séchées.
La jeune femme fit un petit signe de tête à la photo.
_ Bonjour à vous, famille de mon cœur. Comment ça va ?
Silence de la part de la photo.
_ Aujourd'hui je commence mon premier jour de stage dans ton labo grand frère, et… Elle se figea.
Pas de panique, surtout pas de panique. Elle se tourna lentement, trééés lentement vers là dernière pendule encore en état de marche. Pas de panique, pas de panique. Le hurlement qu'elle poussa en constatant la position non favorable des aiguilles, fit sursauter son chat, déjà reparti dans ses rêves de chasse à la sourie, et réveilla sans doute la totalité de l'immeuble.
Sans plus perdre de temps, la jeune fille bondit tel le fauve hors de son canapé, renversant au passage sa tasse de café et tachant rudement bien la moquette. Elle se précipita vers sa chambre, se prenant les pieds dans de magazines qui traînaient dans le couloir et manquant de se manger proprement le mur. Grâce à un formidable rattrapage de dernière minute, elle parvint à se rétablir, coinçant un bout de son peignoir dans la porte de la salle de bains. Le malheureux vêtement se retrouva arraché à sa douce propriétaire et resta à pendouiller tristement sur la poignée de la porte. C'est donc totalement nue que la jeune blonde entra dans sa chambre, se plantant les débris de son réveil dans le gros orteil, et se jeta sur sa penderie comme une hystérique.
Hurlant des malédictions et des jurons colorés dans toutes les langues qu'elle maîtrisait, autant dire un paquet, elle perdit quelques précieuses minutes supplémentaires à s'acharner comme une furie sur son chemisier blanc. Elle finit par comprendre que sa tête ne passerait pas par sa manche droite et réussit à retrouver le haut du bas.
La jeune et si douce demoiselle crut arracher sa porte d'entrée de fureur alors que la clé refusait catégoriquement de tourner dans sa serrure. Lorsqu'elle parvint enfin à refermer la porte, se fut pour trouver une note de son propriétaire sur le paillasson, stipulant qu'il l'expulserait à la fin de la semaine, faute d'avoir payé son loyer. Hurlant contre ce « véritable tortionnaire sans cœur qui ne comprenait pas la détresse des jeunes femmes célibataires dans son genre », elle dévala les escaliers manquant de se rompre le cou. Ce ne fut qu'une fois arrivé au rez-de-chaussée, bien évidement, qu'elle s'aperçut qu'elle avait oublié son sac. Comme si son cerveau, qu'elle semblait avoir laissé sur la poignée de la salle de bains avec son peignoir, avait fait exprès de se souvenir que maintenant. Ce qui était le cas. Hurlant à pleins poumons en cette heure matinale, la charmante demoiselle remonta quatre à quatre les douze étages qui la séparaient de son appartement.
_ Journée de merde, jura t elle entre ses dents serrées alors qu'elle sortait enfin dans la rue. Pour se rendre compte qu'il pleuvait des cordes, et qu'elle n'avait pas le matériel adéquat, bien entendu.
_ Bordel mais quelle journée de merde !!
Plusieurs passants se retournèrent vers elle, choqués que tant de grossièreté soit l'œuvre d'une si jolie jeune fille, et la fureur de ladite jeune fille augmenta d'un cran, si tant soit peu que cela fusse possible, lorsqu'elle croisa le regard d'un des hommes présents sur le trottoir.
_ Tu veux ma photo espèce de vieux débris !?! Hurla t elle, très remontée. Vous n'avez jamais vu une fille en retard et sans parapluie ou quoi ? A moins que ça vous excite de la voir en chemisier trempé ?
_ Pour tout vous dire, je trouve que la vue n'est pas si mauvaise que cela. Mais je ne crois pas que c'est comme cela que vous allez arriver à l'heure mademoiselle.
La blonde se retourna vivement, façon : « qui es tu ô espèce de crétin sans cervelle pour oser m'adresser la parole ? » Les mots bien venimeux qu'elle avait prévu de sortir à l'impudent qui avait prit le risque de lui parler, restèrent coincés dans sa gorge lorsqu'elle dévisagea l'impudent en question. Parce que même en étant très très en colère, on insulte pas un homme de quarante ans aussi mignon. Profitant de cette diversion inespérée, le passant agressé en profita pour fuir cette diablesse, désormais figée sur place.
Ok, on avait sans doute fait mieux en matière de sex-symbol, quoi que le point de vue puisse se défendre, mais le type, pardon, l'homme qu'elle avait devant elle était tout de même une bombe. Plus très jeune, certes, mais craquant tout plein avec ses cheveux, mi longs qui retombaient sur ses épaules en mèches noir corbeau d'où s'échappaient quelques fils gris, mais rien de bien méchant, et ses grands yeux noisettes.
Il lui souriait gentiment, lui tendant un parapluie gris clair pour qu'elle puisse s'abriter quelque peu de l'averse. Le profil type du parfait gentleman comme on en croise plus de nos jours.
_ Vous feriez mieux de vous mettre un peu plus sous le parapluie si vous ne voulez pas être d'avantage trempée. Dit il d'une voix douce, et plaisante. Ce genre de voix qui fait qu'on se sentait automatiquement à l'aise.
_ Euh oui. Merci.
Elle s'avança un peu sous la protection de toile, et resta plantée là, ne sachant plus que faire. Plusieurs idées lui passèrent par la tête.
Premièrement, en foutre une à ce parfait inconnu. Parce que si sa remarque concernant la sois disant « belle vue » était relativement flatteuse, ce n'en était pas moins déplacé, et la jeune fille était tout à fait en droit de protester. Quoiqu'elle avait tout de même un peu tendu la perche sur ce coup ci.
Deuxièmement, lui demander ce qu'il lui voulait. Pas simplement la protéger de la pluie, penser ça était se montrer vraiment trop naïve. Manquait plus qu'il lui demande si elle voulait venir boire un café. Elle avait bien envie de le plaquer là et de partir, parce qu'après tout, elle n'avait aucun compte à lui rendre, et elle était censée être très énervée.
Sauf que ce mec devait avoir un effet calmant, parce qu'elle ne voyait plus l'intérêt de se mettre en colère pour si peu.
Et la troisième option qui se présentait à elle était de le remercier chaleureusement. Ce qu'elle fit.
_ Je ne sais pas vraiment quoi dire… commença t elle.
_ Bah, il ne s'agit qu'un parapluie après tout, lança l'inconnu avec un grand sourire mille volts sur le visage. Mais je peux tout de même faire quelque chose pour vous, dites moi où vous vous rendez et je pourrez peut être vous déposer.
Le miracle ! Un type adorable lui proposait de l'emmener au boulot ? Quelle chance finalement, cela limiterait fortement son temps de retard. D'un coup, elle retrouva toute sa vitalité et une pseudo bonne humeur.
_ Ce serait vraiment gentil ! S'écria t elle si fort que l'homme se recula un peu suite à l'attaque de décibels. Je vais au Laboratoire Sanada, vous pourriez m'emmener ?
L'homme eu un immense sourire.
_ Aaah ! Vous aussi vous travaillez là bas ! Dit il, visiblement ravi. Mais quelle coïncidence dites moi, c'est fantastique !
La jeune fille le regarda, bouche bée, et un peu suspicieuse. Ce pourrait il que cet homme travaille réellement avec elle ? Ce ne serait pas si mal après tout…
Il lui prit gentiment le bras et la tira derrière lui, la protégeant toujours de son parapluie.
_ Venez, ma voiture est juste là.
En effet, ils arrivèrent rapidement devant une petite voiture blanche, qui virait d'avantage au gris, et paraissant relativement ancienne. La peinture s'écaillait par endroit, l'une des portières était légèrement enfoncée, le coffre ne semblait tenir que par miracle, les vitres étaient sales et les feux arrière étaient en piteux état. Appelée en d'autres termes, cette voiture avait d'avantage l'allure d'un « tas de boue ».
L'homme se glissa coté conducteur avec aisance, et la jeune fille hésita un court instant avant de monter dans ce cercueil sur roulettes. Parce que bon, ce n'était pas l'aspect de la sois disant voiture qui la gênait -à dire vrai, elle avait voyagé dans des épaves pires que cela- mais c'était plutôt le fait qu'un parfait inconnu lui proposait de la prendre dans ladite voiture. Bien entendu, c'était le b.a BA de toutes les petites filles modèles de ne pas monter dans la voiture d'un inconnu. Certes, ce gars là semblait décidément trop sexy pour être un psychopathe en fuite, mais c'était tout de même un peu louche.
Elle ne put réfléchir plus longtemps, car le beau brun se pencha de son coté avec un grand sourire avenant, et elle se décida finalement en grimpant du coté passager. Elle referma la porte et le bruit de la pluie crépitante sur le bitume ne fut plus qu'un doux murmure alors que le conducteur enclenchait le contact.
La voiture rouspéta un peu et se mit lentement en marche, sortant de sa zone de stationnement. La jeune femme profita un peu de la glace intérieur pour remettre de l'ordre dans ses cheveux en pagaille et se tenue trempée. Elle remarqua alors l'adolescent qui se tenait sur la banquette arrière, concentré sur l'ordinateur portable qui trônait sur ses genoux. L'hypothèse vaseuse du psychopathe en fuite s'effaça automatiquement de l'esprit de la blonde. S'il y avait un gosse à l'arrière… enfin, il y avait toujours la théorie du complot, le gamin n'était qu'un leurre pour attirer les cruches et il y avait bien un monstre dévoreur de jeunes filles au volant. Un peu tiré par les cheveux tout de même, et de toute façon, il était trop tard pour faire machine arrière.
_ Mon fils, Sasuke. Indiqua la chauffeur qui avait suivit son regard.
_ Bonjour, dit elle gentiment.
_ S'lut. Marmonna le gamin sans lever les yeux de son écran. Le chauffeur eut un petit sourire d'excuses envers sa passagère.
_ Il n'est pas très sociable…
_ Et ma main dans ta tête, tu penses qu'elle sera sociable elle aussi ?
La jeune fille sursauta alors que l'adolescent levait les yeux vers son père, le contemplant durement dans le rétro. Ce dernier sourit.
_ Mais moi aussi je t'aime fiston !
Le « fiston » poussa un grognement désabusé qui n'échappa pas à la jeune fille, déjà outrée du manque de politesse et de respect qu'il avait fait preuve envers le paternel. Sans ce rappeler qu'elle n'avait pas fait mieux il y avait de cela quelques minutes.
Elle leva les yeux dans le rétro et détailla un peu l'adolescent ronchon de la banquette arrière. Petit, plutôt maigrichon, il devait avoir une douzaine d'années, peut être un peu plus. Il avait le teint très pale, presque maladif, et seuls ses yeux noisette clair semblaient réellement vivant au milieu de ce visage blanc et creusé par ce qui semblait être de la fatigue. Il portait des vêtements sombres, inconscient de la mode qui les voulait colorés, et ses cheveux blancs encadraient son visage de mèches folles.
L'adolescent toussa un peu, et resserra son manteau, comme s'il avait froid, toujours concentré sur son écran. Il se redressa un peu, et croisa le regard de la jeune fille qui fut figée sur place tant celui-ci dégageait de froideur.
_ On va être en retard. Dit il simplement, en continuant de la fixer.
Le chauffeur leva le nez vers le rétro.
_ Mais non ! Affirma t il avec ce grand sourire freedent. Tu verras, on sera à l'heure au lycée, comme d'habitude.
La blonde tiqua. Ce pouvait il réellement que ce petit gosse soit au lycée ?
Ce dernier secoua la tête, visiblement navré, et recommença à tousser. La voiture ralenti à cause d'un feu rouge particulièrement pénible.
_ Y a des embouteillages, lança t il, visiblement las, en désignant la file de véhicules qui attendait que ce maudit feu passe au vert. Tu n'as que me déposer ici, je continuerai à pieds.
_ Voyons Sasuke c'est ridicule, nous ne sommes même pas à cinq minutes en voiture. Je reconnais que le trafic est quelque peu encombré mais…
Il n'acheva pas sa phrase car son fils avait ouvert la portière et s'était extirpé du véhicule, emportant son sac et son ordinateur avec lui. Il se retrouva bien vite trempé au milieu de la file de voitures immobilisées. Le conducteur eu un air stupéfait et ouvrit sa fenêtre pour ordonner à son fils de revenir dans la voiture.
Etant sans doute considéré par la populace comme étant le feu tricolore le plus sadique de la ville, celui-ci vira au vert, forçant le brun à avancer sous risque de se faire gentiment casser la figure par le conducteur du 4x4 tout terrains qui se trouvait derrière lui. La vieille voiture s'ébranla, et suivit le mouvement des autres, laissant l'adolescent dehors. Ce dernier gagna rapidement le trottoir et l'abri d'un auvent. La jeune blondinette se retourna sur son siège pour tenter de l'apercevoir à travers le rideau épais que formait la pluie, et reprit sa position après avoir échouer. Son chauffeur avait perdu le masque de gentillesse qu'il arborait il y avait quelques instants et ne cessait de jeter des coups d'œil inquiets dans le rétroviseur pour voir où se trouvait maintenant son rejeton.
Il se passa plusieurs minutes dans un silence pesant, pendant lesquelles le regard du brun naviguait entre la route et l'écran de son téléphone portable posé sur le tableau de bord. Enfin, une jolie musique jaillit de l'appareil qui se mit à vibrer furieusement, et l'homme poussa un petit soupir de soulagement en saisissant la petite merveille de technologie. Il brancha le kit main libre avec une aisance forçant le respect et témoignant de son habitude.
_ Allo ?
_ C'est moi…
La jeune fille put aisément deviner qu'il s'agissait de son fils, lequel semblait avoir une petite voix éreintée.
_ J'avais remarqué. Fit le père, un peu sèchement, sans doute guère satisfait de la conduite de l'adolescent. Mais après tout, c'était l'age de la rébellion. Je peux savoir pourquoi tu es parti comme ça ? J'aurai très bien pu…
_ Je ne pouvais pas me permettre d'arriver en retard. Rétorqua son interlocuteur, tout aussi sec, et la jeune fille se dit qu'elle allait assister à une dispute père/fils en direct.
_ Tu ne l'aurais pas été…
Il engagea la voiture dans une rue latérale.
_ Ça, ça reste encore à prouver.
_ Bon, bon, concéda l'homme en klaxonnant un groupe de jolies minettes qui traversaient la rue. Tu n'as pas eu de problème ?
_ Je suis en entier si c'est ça qui t'inquiètes, bien qu'un peu mouillé mais tout va bien.
_ Tu es vraiment stupide !
_ Je tiens ça de qui à ton avis ?
Question rhétorique qui fit sourire le père. Un toussotement retentit soudain dans l'appareil et il fronça les sourcils.
_ Tu tousses, fit il remarquer.
_ C'est rien ! Juste un malheureux rhume. Tu stresses vraiment pour des bêtises parfois !
_ Saizo est pire que moi au niveau stress !
_ Tu le vaut largement ! Je te laisse, je ne vais pas tarder à rentrer en cours. Et puis il me semble que tu as une passagère…
À ces mots, le conducteur tourna la tête vers ladite passagère qui se mit à rougir, et lui adressa un clin d'œil. Le jour où elle recroiserait ce Sasuke…
_ Au fait, lança le gamin. Inutile de passer me chercher ce soir, je termine plus tôt, je serai sans doute rendu avant toi à la maison.
_ Très bien, à ce soir dans ce cas.
_ Bonne journée p'pa.
Le brun s'apprêta à raccrocher et la voix de son fils s'éleva encore.
_ Et bon courage pour votre premier jour de boulot mademoiselle.
L'homme sourit et raccrocha avant de se tourner vers la demoiselle en question. Elle baissa un peu les yeux. En fait il était bien gentil ce garçon…
_ Et bien dites moi, lança le conducteur. On peut dire que vous avez pas mal d'influence, Sasuke n'est pas si ouvert avec les étrangers d'habitude ! On dirait bien que vous lui avez tapé dans l'œil.
_ Que… quoi ?! La jeune fille manqua de s'étouffer de gêne et se mit à rougir comme une pivoine. Non mais pour qui se prenait il ?
Il rigola doucement.
_ Ne faites pas cette tête jolie demoiselle, c'était de l'humour.
La jeune fille ne savait plus où se fourrer et elle reporta toute son attention sur le paysage qu'elle ne pouvait pas voir à travers la vitre dégoulinante d'eau. Nouveau sourire de la part du chauffeur.
_ Comment vous appelez vous ?
_ Moi ? Euh,… Yuya, Yuya Shiina.8
_ Et que venez vous donc faire dans notre cher laboratoire Mlle Shiina ?
_ Je suis stagiaire, mon frère travaillait chez vous avant son accident. Peut être que vous l'avez connu…
_ Effectivement, il y avait bien un Shiina dans nos employés. Mais j'ignorais qu'il avait une si jolie petite sœur.
Paf, coup d'œil aguicheur, sourire ravageur, et la jeune Yuya se remit à rougir. Décidément ce mec était trop fort dans l'art de mettre la honte. Elle respira un grand coup pour reprendre contenance.
_ C'est vraiment gentil à vous de m'emmener, dit elle, reconnaissante, ce qui était une première en soit car la jeune fille était extrêmement fière.
_ Entre collègues il faut bien s'entre aider non ? Sinon comment vaincre la tyrannie des patrons ?
_ Euh…
_ Mais vous verrez, M. Sanada est très sympathique, je suis certain que vous lui plairez.
_ A quoi ressemble t il ?
Elle était curieuse de connaître l'opinion de cet homme sur le grand sachem du Laboratoire Sanada. Après tout, elle voulait se faire une petite idée de son employeur avant de le rencontrer. Histoire de faire meilleure impression. Et en espérant qu'il ne tienne pas compte de ce retard.
Le chauffeur eu un petit sourire.
_ Il n'est pas très à cheval sur les règlements, si c'est ça qui vous inquiète. Il ne vous tiendra certainement pas rigueur de votre léger retard, parce que lui-même l'est souvent.
Soupir imperceptible de la part de la blonde.
_ C'est quelqu'un de très gentil, continua l'homme, désormais intarissable. C'est le genre grand brun séducteur, doué avec les femmes, doté de nombreuses qualités. Il est drôle, intelligent, il sait se montrer magnanime…
Et s'en suivit une longue liste de ce que tout le grand patron était capable de faire et Yuya dut se faire violence pour ne pas décrocher et écouter attentivement son collègue en songeant que ce n'était pas vraiment la modestie qui l'étouffait au patron !
Ils finirent pas s'engager dans un parking à moitié plein, et il se gara sur une place réservée.
_ Et voila ! S'exclama t il, guilleret. Nous voici arrivés à bon port.
_ Merci beaucoup monsieur. Fit Yuya. Monsieur… ?
_ Yukimura, se présenta t il en lui tendant la main. Yukimura Sanada.
Elle la lui serra avec chaleur avant de se figer, la bouche à demi ouverte. Sanada ? Comme dans Laboratoire Sanada ?
_ Attendez ! Vous êtes…
Il sortit de la voiture sous la pluie battante et se pencha vers elle, toujours dans l'habitacle.
_ Dépêchez vous Mlle Shiina, j'ai quelques doutes quant à l'étanchéité de ma voiture. Et nous serons mieux à discuter à l'intérieur.
Trop choquée pour prononcer le moindre son, elle sortit à son tour et ils se précipitèrent tout deux en courant jusqu'au hall du Laboratoire. Ils s'engouffrèrent comme deux tornades dans le petit bâtiment administratif et Yuya secoua la tête pour se débarrasser de l'eau qui lui tombait dans les yeux avant de se tourner vers celui qui avait joué son chauffeur pendant vingt minutes et qui n'était autre que son patron.
_ Vous êtes le dirigeant du Laboratoire ! S'écria t elle, encore sous le choc. Son patron l'avait prise en stop dans sa voiture. Heureusement qu'elle n'avait pas dit d'âneries. Elle n'avait pas dit d'âneries n'est ce pas ?
Le patron se redressa en secouant son parapluie gris et lui offrit un immense sourire.
_ ça vous étonne tant que ça ? On dirait que je vous impressionne, votre frère a du vous raconter des choses extraordinaire à mon sujet !
Yuya en resta pantoise, alors que le big boss riait comme un gamin. Alors que son patron semblait ne jamais devoir réussir à reprendre son souffle, elle entreprit une rapide inspection des lieux.
Ils se trouvaient dans un hall spacieux, et entièrement blanc d'où partaient plusieurs porte en bois clair, dont une plus grande que les autres et vitrée. Des plantes vertes en pots trônaient de part et d'autre des portes coulissantes de l'entrée, et des peintures vives et stylisées décoraient agréablement les murs. Au fond de la pièce se tenait un comptoir en bois blanc, couvert de paperasses et de dossiers colorés qui s'empilaient en une improbable tour de ère, une jeune fille de son age, un casque de standardiste vissé aux oreilles, mâchonnant avec nonchalance un chewing-gum à la menthe. Ses cheveux courts encadraient son visage fin d'une aura de mèches folles et blondes. Elle étudiait attentivement ses ongles, jetant distraitement son coupe-papier en forme de couteau sur son bureau, le plantant sèchement dans le bois et semblant profondément blasée.
La jeune stagiaire prit un air pincé, choquée de cette attitude pour le moins guère professionnelle. Le patron, qui avait finalement réussi à se reprendre, ne parut pas s'en formaliser, et c'est avec un immense sourire dont on ne pouvait apparemment pas le défaire, qu'il salua la jeune fille. Elle répondit par un vague grommellement et jeta un coup d'œil à Yuya.
_ C'est la stagiaire ? Demanda t elle.
_ Très bonne observation ma charmante Tokito ! S'exclama le patron. Tu lui fais signer les papiers s'il te plait.
_ Tsss. Ce qu'il ne faut pas faire dans cette boite. Siffla la jeune fille en sortant un dossier rose d'un tiroir. Et cesse de dire "ma charmante Tokito", ça me gave.
Yuya faillit s'étouffer de stupéfaction en entendant ces mots. Cette fille osait tutoyer son supérieur hiérarchique, aîné de surcroît, et faisait preuve d'une impolitesse la plus totale envers celui qui lui fournissait son gagne pain. C'était à peine croyable, elle n'en revenait pas. Et le pire, c'était que le supérieur hiérarchique en question ne semblait même pas en tenir compte. Il surenchérissait même.
_ Alors, peut être que je devrai dire mon adorable Tokito ? Suggéra t il. Quoique ça ne plaira sans doute pas à ce charmant Akira. Tu en penses quoi ma petite Tokito ?
La « petite Tokito » poussa un grognement et manqua de lui balancer son coupe-papier à la figure alors qu'elle se mettait à rougir furieusement. Elle tendit les papiers à Yuya qui signa sans émettre le moindre son, trop choquée, et la jeune secrétaire rangea rapidement le tout, non sans balancer un regard meurtrier au brun qui souriait de toutes ses dents.
_ A toute à l'heure ma mignonne Tokito ! Lança t il en attrapant familièrement Yuya par le bras, l'entraînant derrière lui. Venez Mlle Shiina, il reste encore deux trois choses à régler, nous serons mieux dans mon bureau.
Ils sortirent par les doubles portes qui menaient dans les profondeurs du bâtiment et marchèrent d'un bon pas dans le couloir entièrement vitré qui donnait vue sur les bureaux de l'autre côté des parois translucide. Bureaux quasiment vide, contenant une à deux personnes. Ce qui étonna fortement Yuya. Elle pointa la petite brunette aux épaisses lunettes qui tapait furieusement sur le clavier de son ordinateur.
_ Pourquoi il y a-t-il si peu de monde ? Demanda t elle. Ils ne sont pas tous en congés quand même.
Le patron eu un petit sourire triste.
_ Si seulement, dit il. Ça fait partie des deux trois petites choses dont je dois vous parler, mais ne vous inquiétez pas de ça pour le moment, les explications viendront bien assez vite.
Ils arrivèrent à un ascenseur, et y entèrent. Ou du moins, voulurent y entrer, car sitôt la porte ouverte, un jeune homme blond s'écroula à leur pieds. Yuya poussa une petite exclamation de stupeur avant de se rendre compte de l'état du jeune homme étalé sur le carrelage, et paniqua.
_ Vite ! Il faut…
_ Calmez vous, il n'a rien.? Affirma Yukimura avec un immense sourire.
La blonde le regarda comme s'il était fou, ce qui était sans doute le cas en fin de compte, et elle fit un geste vers le « blessé ».
_ Mais il ne va pas bien.
_ Vous savez, ça lui arrive régulièrement, il ne faut pas s'en faire pour si peu.
_ Comment ça ? Vous voulez dire qu'il s'évanoui souvent de la sorte ? Mais ce n'est pas normal !
_ Qui a dit qu'il était évanoui ? S'étonna le brun. Il dort.
_ Il dort ?
Yuya se tourna vers le blond, toujours étendu et se pencha un peu en avant. Elle constata avec stupeur que le patron avait raison ! Ce mec s'était tout bonnement endormit contre la porte de l'ascenseur, c'était proprement incroyable. Evidemment, quand on sait de quel blond il s'agit, ça n'a vraiment rien d'extraordinaire, mais la jeune stagiaire étant nouvelle dans le coin, il ne faut pas trop lui tenir rigueur de cette panique irrationnelle. Yukimura poussa le jeune homme du bout du pied pour le caler contre le mur et entra dans l'ascenseur.
_ Vous n'allez pas le laisser ici tout de même ?
_ Bien sûr que si, de toute façon, il finira par recommencer, indiqua le brun. Et son frère ne devrait pas tarder à venir le chercher. Allons, venez, que je puisse vous faire visiter le Labo avant le déjeuné !
Yuya s'avança, enjamba le pauvre garçon et pénétra dans l'ascenseur. Le patron lui lança un immense sourire que la blonde préféra ne pas remarquer, plus préoccupée par le cas de ce pauvre jeune homme encore étendu sur le carrelage. Les portes se refermèrent avec un chuintement et Yuya se tourna vers Yukimura, soucieuse.
_ Ce garçon…
_ Son frère va être ravi que quelqu'un s'inquiète autant pour lui ! Fit l'homme avec un petit éclat de rire. Shinrei ne cesse de se plaindre qu'il est le seul à se soucier un tant soit peu du cas de son petit frère. Mais vraiment ne vous en faites pas, il est toujours comme ça.
_Avachi sur le carrelage du couloir ? Vlan, une jolie pointe de sarcasme dans la voix et le regard qui va avec. Mais le brun ne s'en formalisa pas outre mesure et continua son pseudo monologue.
_ Luciole est affreusement distrait, indiqua t il. Mais c'est aussi un très bon élément. Il a une capacité de réflexion assez réduite certes, mais il est très habile de ses mains. Dans tout les sens du terme, bien entendu. Et paf (ça fait des chocapics !^^ pardon mais il fallait vraiment que je le mette, ça me démangeait trop), immense sourire et grand regard candide, Yuya se sentit rougir une fois encore. Elle qui avait voulu jouer à la plus maligne, elle s'était fait avoir. Ce patron était diabolique.
Ils arrivèrent au dernier étage du laboratoire, qui ne comprenait que trois étages, sans compter les deux sous sols, et les portes s'ouvrirent, accompagnées d'un petit « ting » sonore comme dans les films. Ils sortirent dans le couloir et marchèrent d'un bon pas jusqu'au bureau du grand patron. Ils ne croisèrent pas âmes qui vivent dans les couloirs étroits du dernier étage.
De la moquette rouge avait remplacée le carrelage blanc du rez-de-chaussée, et les mêmes toiles colorées étaient disposées sur les murs. Ils arrivèrent enfin au bureau sacré et Yukimura poussa la porte, invitant Yuya à entrer la première.
' Et là normalement, si ça se passe comme dans les films, le patron est un vieux vicieux qui pousse la jeune nouvelle à l'intérieur, et puis se jette sur elle et…'
Yuya préféra s'arrêter là, et si le brun ne la jeta pas à terre une fois à l'intérieur, elle avait tout de même touché d'un bout de doigt la vérité en disant que ce dernier était un vicieux. Bien que dans le domaine, il y avait pire et elle ne tarderait pas à le rencontrer.
Le bureau était simple, spacieux et fonctionnel. Il y avait bien sûr le traditionnel bureau en bois brut qui trônait au milieu de la pièce, accompagné par son non moins célèbre fauteuil en cuir noir, et les deux chaises toutes simples pour les visiteurs. Derrière le bureau, les murs avaient laissé place à une grande baie vitrée qui s'ouvrait sur un petit balcon gris, offrant une vue imprenable sur le bâtiment d'en face, deux fois plus grand. A droite se tenait une bibliothèque de taille respectable, et à gauche, un petit coin détente pourvu de canapé blanc crème, et d'une table basse en verre. Elle remarqua aussi un charmant petit bar dont la porte vitrée laissait entrevoir son contenu ; bien garni.
Et partout sur les murs, ces grandes toiles de toutes les couleurs, et de toutes le formes, représentant des paysages flous, des étangs plongés dans les brumes, ou des personnages éthérés. Visiblement, son patron semblait raffoler de ces peintures modernes et abstraites pour la plupart. Yuya s'en approcha alors que le brun s'asseyait à son bureau, réorganisant un peu les dossiers et les pots à crayons.
_ C'est joli, dit elle en contemplant un champ de blé battu par les vents. Le mouvement des végétaux étant magnifique et incroyablement dur à réaliser. L'homme releva la tête d'un dossier rose et jeta un coup d'œil à la peinture. Un sourire tendre se dessina sur ses lèvres.
_ La plupart sont des œuvres de ma femme, informa t il. Et certaines, de mon fils. Il pointa du pouce la toile sur sa droite représentant un lac noyé dans les brumes matinales. Sublime.
Yuya se tourna vers lui. De son fils ? Ce jeune garçon qu'elle avait brièvement croisé était à l'origine de cette merveille ?
_ C'est vraiment magnifique, souffla t elle. Votre fils à un don.
_ Sa mère lui a apprit beaucoup de choses en ce qui concerne l'art de la peinture. Ne restez pas debout Yuya, venait vous asseoir.
La jeune fille obéit et prit place sur une des chaises en face du bureau. Yukimura était toujours plongé dans son dossier rose et releva la tête.
_ Je vérifie une dernière fois que nous n'ayons pas fait d'erreurs dans votre dossier. Dit il. Vous appelez bien Yuya Shiina ?
_ Bien sûr.
_ Et vous êtes née le…17 avril, et vous avez 21 ans, je me trompe ?
_ Non, non, c'est bien cela.
_ Votre famille est décédée il y a peu je crois.
Sa voix s'était soudain adoucie. Yuya serra les dents et lutta pour offrir un petit sourire crispé.
_ En effet.
Yukimura hocha la tête, compréhensif.
_ Si jamais vous avez besoin d'en parler, n'hésitez pas ; ma porte reste ouverte.
_ Merci.
Mais elle n'avait aucune envie d'en parler, même avec cet homme si aimable et attentionné. Tout ce qu'elle voulait, c'était oublier. Rien que cela, oublier. Et ne plus jamais revoir les images de leur mort. Plonger dans l'oubli le cadavre de cette voiture sur cette route de campagne, à une heure avancée de la nuit. Juste oublier.
_ Vous vivez seule ?
La question la tira de ses pensées et elle dû se secouer un peu afin d'y répondre.
_ Effectivement. Répondit elle, un brin surprise par cette question. Qu'est ce que ça pouvait lui faire qu'elle vive seule ou non ?
_ Je vous ai donné mon numéro de portable ?
Ah, d'accord, elle comprenait soudain l'intérêt de l'interrogation. Ce qui ne l'empêcha pas de virer au rouge et de se lever à demi, autant en colère que gênée.
_ Dites donc… !
_ Calmez vous, c'était uniquement pour demander, l'apaisa le brun inquiet par la couleur qu'avait pris son visage. Vous savez, une jeune fille seule dans un appartement de nos jours. Et ce n'était pas très sain de ressasser de vieilles histoires, je me demandais simplement si vous arriviez à gérer le fait d'avoir perdu vos proches.
Yuya se sentit soudain très bête. Mais qu'avait elle encore imaginé ? Et après elle osait dire que son patron avait des idées tordues alors que c'était elle qui pensait des choses ! Quelle honte ! Elle se calma aussitôt et s'excusa. Yukimura sourit, sachant très bien que sa question était tout de même destinée à vois si cette jolie minette était bien célibataire et se félicita intérieurement pour avoir rattraper le coup comme un chef.
Il rangea le dossier.
_ Et bien tout est en ordre. Annonça t il. Alors autant vous en dire un peu plus sur notre travail ici, sur ce que vous allez faire chez nous, et surtout parler des conditions que j'impose à toute l'équipe.
Yuya hocha la tête, guère rassurée. Qu'est ce que ce patron farfelu allait il imposer comme directives ?
_ D'abord, je tiens à ce qu'on se tutoie, c'est plus conviviale et c'est tellement moins protocolaire. A moins que cela pose un problème ?
La jeune fille ouvrit grande la bouche.
_ Euh, et bien non, ça me va.
_ Parfait ! Approuva le brun avec son immense sourire. Et bien c'est à peu prés tout.
_ Quoi ? S'écria la blonde. Seulement ça ? Vous ne, euh… tu n'attends rien d'autre de nous ?
_ Je tiens à ce que tout le monde s'entende relativement bien, c'est très important l'esprit d'équipe. Et puis, tout est déjà marqué sur les panneaux d'informations et de sécurité dans les couloirs!
_ Oui, mais moi je parle du niveau boulot.
_ Chacun fait ce qu'il a à faire. Pour cela il n'y a aucun problème. Je veux juste de la rigueur et de la motivation. Les gens d'ici n'ont pas besoin qu'ont les poussent pour faire leur travail, ils savent parfaitement que ce qu'ils font est extrêmement important et qu'ils n'ont pas le droit à l'erreur. Ils sont très professionnels et je leur fais entièrement confiance.
_ Vous savez… tu sais que très peu de patrons sont aussi peu stricts. Surtout pour ce genre de structure.
_ Je suis strict, tout subit un contrôle régulier et très pointu, mais le fait d'entretenir de relations amicales avec ses employés fait que chacun ici se respecte et fait son travail sans aucun problème.
_ Il n'y a jamais de bavures ?
_ On se connaît tous ici, nous sommes tous devenus amis, c'est comme une grande maison. On ne pénalise pas ses frères et sœurs.
_ Mais l'erreur est humaine.
_ Je ne dis pas qu'on a jamais eu de problème jusqu'à maintenant, mais ça c'est toujours très bien terminé, grâce à l'intervention de notre merveilleux patron !
Il se pencha un peu pour se mettre sous son meilleur profil. Yuya pouffa un peu et il sourit.
_ Tu vois que tu es déjà beaucoup plus à l'aise que tout à l'heure. Dit il d'une voix douce.
Yuya lui renvoya son sourire, devenu éblouissant, et il frappa dans ses mains.
_ Bien ! S'exclama t il. Maintenant que nous sommes d'accord, j'aimerai te parler un peu plus en détail de ton travail ici. C'est la première fois que tu viens en stage dans ce genre d'entreprise ?
_ Oui. J'ai eu pas mal de petits boulots dans des pharmacies, ou d'autres boutiques de charlatans, mais jamais dans une société aussi grosse.
Yukimura étouffa un éclat de rire.
_ Nous ne sommes pas une grosse société Yuya. Dit il. En fait, nous avons de gros problèmes d'effectifs, c'est pourquoi tu as vu si peu de monde en bas et que nous avons cruellement besoins de nouveaux bras. Enfin, je vais te montrer un peu les bâtiments. Pour le moment, tu travailleras avec Kyôshirô. Il s'occupe de classer les médicaments, et des archives du laboratoire.
_ Très bien.
L'homme se leva et l'invita à la suivre. Ils repartirent dans le couloir, et descendirent de nouveau par l'ascenseur. Alors qu'ils atteignaient le rez-de-chaussée, Yuya se prit à interroger son patron, non pas sur le travail, mais sur sa vie.
_ Ta femme travaille t elle ici aussi ?
_ Nous ne sommes pas mariés, rectifia Yukimura alors qu'ils passaient devant Luciole, toujours avachi sur le carrelage froid. Mais c'est tout comme. Et non, elle ne travaille plus ici.
_ Oh, et que fait elle ?
_ Et bien, il parut hésiter. Rien, pour le moment, c'est une longue histoire.
Yuya n'insista pas et ils passèrent de nouveau devant les bureaux vitrés où s'affairait toujours la petite brune et son ordinateur.
_ Santéra est une de nos secrétaires les plus actives. La pauvre a énormément de travail, mais Tokito est là pour l'aider. indiqua Yukimura.
_ Elles ne sont pas que toutes les deux quand même !
_ Il y a également Kosuke, et Angélica, mais ce n'est pas assez. Soupira le patron.
Il poussa la double porte et ils se retrouvèrent dans le hall. Après un bref salut de la main à Tokito, qui crayonnait à toute vitesse en discutant avec le client au bout du fil, ils s'engagèrent dans un autre couloir par une nouvelle porte.
_ Ce bâtiment ci rassemble tout ce qui est du domaine de l'administratif et des salles de repos et de réunions. Expliqua le patron en désignant le bâtiment qu'ils venaient de quitter. On va maintenant du coté de la recherche en elle-même. Les sous sols contiennent les chambres froides pour la conservation des travaux en cours et la partie archive et stockage. La dernière aile, c'est là où se trouvent les machines pour la production de masse.
Yuya hochait la tête, attentive, alors qu'ils s'engageaient dans un couloir, vitré à partir de la moitié et qui laissait entrevoir des pièces entièrement éclairées aux néons, où s'agitaient plusieurs personnes en blouse blanche, façon savant fou. Des appareils de mesure, des microscopes, des tubes et des ustensiles métalliques couvraient les paillasses de travail, des armoires réfrigérantes contenaient des extraits de médicaments et des produits, les ordinateurs clignotaient et affichaient des programmes complexes et des suites de chiffres interminables.
Yuya découvrit alors, non sans une pointe de d'horreur, un petit échantillon des dégénérés qui hantaient les lieux.
Dans une pièce, une femme brune aux cheveux extravagants hurlait après son ordinateur récalcitrant. Yuya ne saisit pas grand-chose au milieu des 'bordel', 'enfoiré', 'putain de merde', et autres joyeusetés de la sorte. Dans ce qui semblait être les toilettes, ils croisèrent l'homme d'entretien, un chapeau de cow-boy vissé sur le crâne. Il lança un clin d'œil qui se voulait séducteur, à la jeune fille, qui ne put qu'admirer l'audace dont il faisait preuve pour la draguer tout en passant la serpillière. Ils saluèrent un beau brun ténébreux prénommé Hishigi, que Yukimura présenta comme étant le chef du service de recherches, et un des meilleurs scientifiques du laboratoire, et arrivèrent rapidement dans la partie production. Les différents bâtiments communiquaient entre eux par de courtes galeries en plexiglas, et cette partie était de loin la plus grande de toutes, composée de plusieurs salles qui s'apparentaient d'avantage à des hangars. Les machines faisaient un bruit d'enfer à tel point que la jeune fille n'entendit que très vaguement son chef lui dire que tout ce qui passait dans ces machines était soigneusement contrôlé, et vérifié à chaque étape de fabrication selon un code bien précis. Les machines tournant pour la plupart de façon autonome, nécessitant la présence de très peu de personnes, qui naviguaient d'un endroit à un autre afin de vérifier si tout allait bien.
Prenant un escalier qui s'enfonçait dans les sous sols du laboratoire, ils atteignirent les derniers niveaux, les chambres froides et les archives. Un jeune homme brun les accueillit devant la porte d'un bureau qui semblait être le sien, accompagné d'une jeune demoiselle brune également, sa frange étant si longue qu'on ne distinguait pas ses yeux.
_ Tu es Yuya Shiina c'est ça ? Demanda le jeune homme en lui serrant la main.
_ Je suppose que tu es Kyôshirô. Répondit elle avec un grand sourire.
_ Effectivement, le grand patron t'aurait il déjà parlé de moi ? Que je suis flatté !
La jeune femme brune toussota, comme pour rappeler sa présence. Kyôshirô se tourna vers elle.
_ Quel impoli je suis ! S'écria t il. Yuya, je te présente Sakuya, qui travaille avec moi.
_ Et qui est également sa fiancée. Compléta Yukimura avec un petit air malicieux, ce qui eu pour effet de faire légèrement rougir la brunette.
_ Félicitation ! S'exclama Yuya.
_ Merci…
Yukimura consulta sa montre, et frappa dans ses mains.
_ Ce n'est pas que je m'ennuie les amis, mais j'ai encore beaucoup de choses à faire, dit il. Kyôshirô, je te confie notre nouvelle collègue. Je dois retrouver Akari pour les derniers contrats à l'étranger. Nous nous retrouvons à midi.
_ Bien chef ! lança le jeune homme en se mettant au garde à vous. J'ai mis le rapport d'hier sur mon bureau, et le dernier inventaire des stocks.
_ Bien.
Il parti avec un petit signe de main, les laissant tout trois au milieu de la pièce. Kyôshirô s'excusa et reparti superviser le déchargement des dernières commandes, laissant le soin à Sakuya de faire visiter les locaux à Yuya et de lui expliquer ce qu'elle allait devoir faire.
Alors que la brune expliquait à la plus jeune le fonctionnement des chambres froides, Yuya se dit que la journée, qui pourtant avait si mal commencé, n'allait peut être pas être si dure que cela.
voila, je vous l'accorde, il ne se passe pas grand chose alors que je vous ai fait attendre pendant des semaines. Mais il me faut un peu de temps pour tout mettre en place.
Je suis réellement désolée, mais cette fic sera décidement trés longue à être terminée. Mais elle le sera! En attendant, merci d'avoir lu et à la prochaine.
