Chapitre 2 : Danger

Des murmures réveillèrent la jeune fille. Elle entrouvrit ses yeux bleus, et la lumière l'éblouit Où était elle ?? Dieu, qu'est ce qu'elle avait mal au crâne. Marie força ses yeux à regarder autour d'elle.

La pièce était circulaire, il y avait plusieurs lits, des coffres, des armoires et un poêle trônait en son centre. Soudain, elle entendit une voix féminine dire : « elle est réveillée ». Et aussitôt quatre paires d'yeux observèrent notre héroïne, qui ne trouva rien d'autre à prononcer qu'un timide « Bonjour ? »

-Tu es Marie, c'est ça ? Demanda une jeune fille blonde que Marie reconnut comme étant Lavande.

-Oui… Que s'est-il passé ?

-Tu as fait un malaise, et le professeur Dumbledore a préféré t'amener ici plutôt qu'à l'infirmerie pour que tu n'ais pas à subir les visites des nombreux curieux, lui répondit une autre des filles.

-Tu es Hermione, c'est ça ?

-Oui, mais comment connais-tu mon prénom ?

-Secret de Moldu.

-Bon, il va être l'heure de descendre manger, tu te sens d'attaque à rencontrer tout Poudlard ?

-Ai-je vraiment le choix ?

Marie repoussa ses couvertures. Elle enfila ses ballerines et se tourna vers ses nouvelles camarades. Elle resta figée en découvrant l'air éberlué de Parvati, l'expression choquée de Lavande, les yeux exorbités de Ginny, et le visage gêné d'Hermione.

-Un problème ? demanda Marie.

-Tu n'envisages tout de même pas de descendre dîner habillée comme … ça ? Balbutia Lavande.

-Euh, si pourquoi ?

-Mais… ce … pull, il n'est pas…

-Bon, on va peut être descendre avant d'être en retard non ? Coupa Hermione. Marie est assez grande pour savoir comment elle doit s'habiller.

-Oui, mais là quand même, intervint Parvati.

-Non, désolée, mais Parvati et moi, nous n'avons pas le tact d'Hermione, nous préférons être franches, mais ton pull est vraiment… vraiment très laid.

Un silence de mort régna dans la pièce. Marie foudroya Lavande du regard. Si bien qu'une goutte de sueur perla sur le front de la sorcière qui crût que sa dernière heure était arrivée.

Alors Marie lui lança son ultime réplique :

-Je t'emmerde !!

Lavande et Parvati restèrent figées. Notre jeune moldue tourna les talons et se dirigea vers la sortie du dortoir, suivie d'Hermione, qui dit à l'attention de Lavande : « Tu l'as méritée celle-là »

Mais à vrai dire, Lavande et Parvati n'avaient pas totalement tort, Marie regretta presque de ne pas avoir changé de haut pour enfiler un vêtement plus féminin lorsqu'elle poussa la porte de la grande salle.

Les filles étaient effectivement en retard, la majorité des élèves étaient déjà installés et s'attaquaient à leur entrée, quand Marie pénétra dans la grande salle. Au moment même où la ballerine de la jeune fille franchit la porte, le silence se fit dans la salle. Toutes les têtes, tous les visages, tous les yeux étaient tournés vers la nouvelle venue, qui eut immédiatement l'envie de devenir une petite souris. Marie serait restée figée là, si Hermione ne l'avait pas attrapée par le bras pour la conduire jusqu'à la table des Gryffondors, entre Harry et Ron. Les conversations reprirent une fois que Marie eut posé ses délicates fesses sur le banc en bois.

La jeune fille n'osait rien dire, elle était à la fois intimidée par les deux héros qui se trouvaient à ses côtés, et gênée, à cause de la réaction des élèves. Soudain, Ron se pencha vers elle, et souffla doucement à son oreille : « Joli Pull ».

Alors que Marie, rougissante s'apprêtait à remercier le jeune homme, Hermione la coupa dans son élan en sermonnant Ron. Harry se pencha à son tour vers la jeune moldue.

-Excuse-le, il a parfois un humour douteux.

-Ah ? Oui ? Ah bon, bah, c'est pas grave.

Harry sourit devant l'embarras de la jeune femme. Et notre héroïne rougit de plus belle. Elle préféra alors porter son attention sur son assiette qui lui sembla très intéressante et également très appétissante. L'atmosphère était un peu embarrassante, aucun d'entre eux ne parlait. Hermione avait terminé d'enguirlander Ron, tandis que celui-ci n'avait plus envie de se moquer du pull de leur invitée.

Et plus les minutes passaient, et plus Marie se sentait mal à l'aise. Pourtant ses compatriotes de table étaient en pleine conversation depuis que Lavande et Parvati les avaient rejoints. Il y avait quelque chose qui clochait. Marie avait l'impression que quelque chose, ou plutôt que quelqu'un la fixait intensément. Elle jeta un coup d'œil par-dessus son épaule, espérant juste être en proie à une quelconque paranoïa.

Mais, malheureusement, elle s'aperçut que non, elle n'était ni parano, ni hystérique. De l'autre côté de la salle, deux magnifiques yeux semblables à des saphirs la regardaient. Marie soutient le regard du jeune homme noir à qui ils appartenaient, pensant que celui-ci, ainsi démasqué allait, comme tout être humain sensé, détourner son regard. Mais celui-ci continua à la fixer. Ses yeux transpercèrent le cœur de Marie qui sentit aussitôt son visage s'enflammer.

Le jeune sorcier eut un sourire malsain. Et aussitôt la jeune fille eut le terrible pressentiment de s'être engagée dans un jeu dangereux duquel elle ne sortirait pas indemne. En effet, le jeune homme n'était pas un être humain normalement constitué. Marie s'en aperçut dès qu'elle réussit à détacher ses yeux du divin regard du sorcier. Il portait une cravate aux couleurs verte et argent. Un Serpentard. Alors, qu'elle relevait les yeux, elle vit qu'effectivement le voisin de table du garçon noir, n'était autre que Draco Malefoy, qui l'observait lui-aussi, avec un air narquois.

Marie se retourna aussitôt. Elle avait chaud, terriblement chaud, elle était sûre que son visage devait être cramoisi. Hermione la regarda avec un air inquiet. Puis elle jeta un coup d'œil à la table des serpentards.

-Qu'est ce que Malefoy et Zabini mijotent encore ?

Aussitôt Marie blêmit. Le changement de couleur dut être très impressionnant, puisque même Ron arrêta de manger.

-Tu te sens bien Marie ? demanda Harry, tu es très pâle.

-A vrai dire, maintenant que tu le dis, non je ne me sens pas bien.

Elle sentait que les deux serpentards l'observaient toujours. Leurs regards lui brûlaient le dos. Elle avait un mauvais pressentiment, comme s'ils attendaient qu'elle fasse preuve de la moindre faiblesse pour l'attaquer. Marie n'osait donc pas sortir de la grande salle, malgré son cœur qui lui hurlait de s'enfuir le plus vite possible de ce lieu maudit. Mais sortir, ce serait mourir (non ?), ce serait admettre sa défaite face à ces deux sang-purs si sûrs d'eux, et ça, Marie ne pouvait l'accepter.

La jeune fille attrapa le verre devant elle et ingurgita l'eau fraîche qu'il contenait afin de retrouver ses esprits. Puis elle sourit à ses nouveaux amis, et enfonça une fourchette de carottes râpées dans sa bouche, (Miam) en faisant des réserves alimentaires dans ses joues au cas où elle devrait finalement partir précipitamment.

Blaise Zabini était en train d'écouter Pansy Parkinson déblatérer des conneries tout en dégustant une bouteille de vin que Draco Malefoy et lui avaient fait entrer illégalement dans la grande salle, lorsque la lourde porte en bois de celle-ci s'ouvrit.

Instantanément le silence se fit. Blaise fronça les sourcils et tourna lui aussi la tête vers les nouveaux venus. La porte l'empêchait de voir ce qui intéressait tous les sorciers. En réalité, il distinguait uniquement un pied.

-Je suis sûre que c'est cette vulgaire moldue , murmura Parkinson.

Et en effet, Blaise vit apparaître une fille qu'il n'avait jamais vu, et tout dans son accoutrement indiquait qu'elle n'était pas des leurs.

- En plus d'être des imbéciles, les moldus ne savent pas s'habiller !! critiqua la jeune serpentarde.

Ce fut à peine si Blaise entendit ce qu'elle venait de dire. Il suivit la moldue du regard et continua de l'observer après qu'elle se fut installée à la table des Gryffondors.

-Je propose qu'on l'attire dans un coin et qu'on lui brûle son pull, ajouta Parkinson.

Alors que Blaise avait toujours ses yeux braqués sur le dos de la Moldue, celle-ci se retourna, comme si quelque chose lui avait piqué la nuque et qu'elle cherchait qui en était l'auteur. Et elle le regarda. Blaise eut un sourire mauvais. Il put alors lire de la peur et de l'embarras dans les yeux clairs de la jeune fille. Zabini se tourna vers Malefoy :

-Finalement l'année ne sera peut être pas si ennuyante que cela.

-Oui, je suis ravi que le vieux fou ait enfin pensé à ramener un peu de divertissement à nous autres, pauvres Serpentards.

-Et un nouveau jouet de taille… Une moldue.

-On va lui offrir de beaux souvenirs de Poudlard, qu'elle n'oubliera pas de si tôt.