.

.

.

.

Disclaimer : Rookies ne m'appartiens toujours pas !

Couple : Kouichi Kawato et Rie Mayumi.

.

.

.

ROOKIES

.

.

Heart of a Woman

.

Chapitre 2 :

Permission

.

.

.

- Rie ! Cria le Principal en regardant sa nièce fermer son manteau beige. Comptes-tu vraiment passer la soirée avec Kawato-sensei ?!

- Oui mon oncle, répondit la jeune femme en prenant son sac sur la petite table de l'entrée.

- Comment ?! Et je te demanderais de me regarder quand je te parle !

Mayumi-sensei se tourna alors vers son oncle, son expression totalement déterminée et ne laissant aucune place à la discussion.

- Oui, répondit-elle calmement, j'ai l'intention de passer la soirée avec Kawato-sensei. Nous irons au théâtre et je rentrerais probablement un peu tard, ajouta-t-elle en ouvrant la porte d'entrée.

- Rie...

Le Principal ne put que regarder sa nièce sortir de la maison et refermer la porte derrière elle. Elle s'appuya une seconde dos à la porte et poussa un soupir. Il fallait bien qu'un jour son oncle se rende compte qu'elle n'était plus une enfant...

Puis Mayumi releva la tête, repérant dans la pénombre, la silhouette d'un homme qui l'attendait devant le portail. Ses yeux s'adoucirent et elle descendit rapidement les marches qui la mèneraient jusqu'à l'entrée du jardin puis à Kawato.

Le Principal posa la main sur son estomac, plus par habitude qu'autre chose car il ne ressentit aucune douleur.

C'était dans l'ordre des choses.

Ce n'était plus la petite fille renfermée qu'il avait reccueilli à la mort de son frère et de sa belle-soeur, dans un terrible accident de voiture. Elle avait grandi, elle avait changé.

C'était une femme maintenant.

Et amoureuse par dessus le marché.

Le Principal marcha jusque dans le salon pour s'assoir sur son fauteuil en cuir. Il soupira en regardant le plafond.

- De cet homme-là ? Demanda-t-il dans le silence de l'immense pièce, sachant pertinamment que c'était bien le cas.

...

- Ah, fit Kawato en voyant sa collègue s'approcher, Mayumi-sensei.

La jeune femme se dépêcha de le rejoindre et ouvrit le portail pour sortir.

- Bonsoir Kawato-sensei, dit-elle en souriant, détaillant le costume bleu marine qu'il avait enfilé pour l'occasion, ses cheveux soigneusement peignés en arrière.

Il était très élégant.

- B-bonsoir, répondit-il en farfouillant dans la poche de sa veste.

Mayumi le vit sortir un petit paquet cadeau et le lui tendre. Elle leva des yeux interrogateurs vers le visage de son collègue. Il rougissait, son regard posé sur le trottoir.

- Ce... c'est pour vous, dit-il, de toute évidence peu habitué à ce genre de chose.

- Pour moi ? S'étonna-t-elle en prenant délicatement le petit paquet.

- O-oui, répondit Kawato sans la regarder. Vous avez eu la gentillesse de m'inviter alors... alors je voulais vous remercier...

Mayumi rougit légèrement, elle n'avait jamais reçu de cadeau de la part d'un homme autre que son oncle.

- Vous n'étiez pas obligé, murmura-t-elle avec la même douceur qui l'avait surpris le jour où elle l'avait invité.

- J'en avais envie, dit-il en levant enfin les yeux sur elle.

Il se sentit son coeur battre plus vite en voyant son expression et il la regarda défaire le noeud qui refermait une petite boite dorée. Mayumi souleva le couvercle avec délicatesse et ouvrit de grands yeux en découvrant ce qu'il y avait à l'intérieur.

C'était un pendantif.

Une jolie pierre rosée taillée en forme de goutte décorée de fines branches dorées et retenue à une petite chaîne de la même couleur.

- Kawato-sensei, souffla Mayumi, incroyablement touchée. C'est très joli...

- Mais non, répondit Kawato en rougissant. Ce n'est rien du tout.

- Tout de même, reprit la jeune femme, c'est vous qui l'avez choisi ?

- Oui oui, dit-il en détournant le regard. Merci Yagi...

- Merci beaucoup, dit-elle en lui souriant.

Kawato sentit son coeur faire un bond dans sa poitrine. Elle était vraiment très jolie quand elle souriait. Son expression de plaisir totalement innocent était sans doute sa plus grande arme.

- Je suis content que ça vous plaise, dit Kawato.

Mayumi rit doucement en sortant le pendantif de sa boîte avant d'ouvrir le fermoir de la chaine et de la passer autour de son cou. Kawato aurait bien voulu le faire lui-même mais il s'était dit que ce serait peut-être trop familier pour elle.

Mayumi baissa les yeux sur la petite pierre qui reposait sur sa gorge et la prit doucement entre ses doigts. C'est vrai qu'il était très joli ce pendantif, il avait vraiment bon goût. Son oncle en aurait été surpris lui-même.

Kawato remarqua l'expression de la jeune femme s'assombrir et il se demanda si il avait bien fait finalement.

- Mm je... commença-t-il, j'espère que ce n'était pas mal venu de ma part...

Mayumi releva la tête, surprise par son commentaire.

- Pourquoi pensez-vous cela ? Demanda-t-elle doucement.

- Ah je... je ne sais pas, répondit-il en haussant les épaules, un petit sourire gêné sur les lèvres.

- Ne vous en faites pas pour cela Kawato-sensei, dit Mayumi avec un sourire sincère, je suis très touchée par votre geste.

Kawato sentit une nouvelle fois son coeur battre plus fort. Décidément, il s'était bien trompé sur le compte de la jeune femme. Kakefu-sensei avait raison de dire qu'il était stupide...

- Et bien, s'étonna Mayumi en regardant sa montre, nous devrions nous dépêcher pour ne pas rater le début de la pièce.

- Ah oui, bien sûr, acquiesça Kawato. Je suis venu en taxi.

En effet, un taxi attendait un peut plus loin le long du trottoir. Les deux collègues entrèrent l'un à côté de l'autre sur la banquette arrière et Mayumi donna le nom du théâtre où ils devaient se rendre.

Ils arrivèrent au bout d'une vingtaine de minutes et virent plusieurs personnes entrer à l'intérieur de la salle.

- Nous sommes en avance, remarqua Mayumi en descendant du taxi.

Alors qu'elle mettait la main dans son sac pour payer sa part de la course, Kawato saisit gentiment son poignet en secouant la tête. Il lui sourit alors qu'elle allait protester et tendit quelques billets au chauffeur.

- Passez une bonne soirée, dit ce dernier avant de démarrer et de repartir au volant de son taxi.

- Merci, fit Kawato en saluant l'homme.

- Vous n'étiez pas obligé de payer Kawato-sensei, dit Mayumi en fronçant légèrement les sourcils.

- C'est la moindre des choses, répondit le jeune homme, après tout vous m'invitez déjà au théâtre.

- Oh mais, dit-elle en rougissant, ces places n'étaient pas chères du tout.

- C'est le geste qui est important, répondit son collègue en lui faisant un sourire en coin.

Mayumi sentit ses joues chauffer un peu plus. Elle aimait beaucoup cette expression bien à lui.

Et alors qu'ils pénètraient dans la petite salle pour prendre place sur l'un des strapontins rouges qui faisaient face à la scène. C'était un cadre intimiste, qui ajouta encore au sentiment de rendez-vous galant que ressentaient les deux collègues depuis le début de la soirée.

La pièce commença et Kawato observa la succession d'actes à l'occidentale avec des yeux émerveillés. Mayumi ne perdit pas une miette de ses expressions tantôt amusées, tantôt émues et surtout de petit garçon curieux.

Lorsqu'ils ressortirent à la fin de la pièce, Kawato ne cessait de répéter les répliques qui lui avait le plus plu à grand renforts de gestes et d'imitations des comédiens. Mayumi devait avouer qu'il avait une mémoire incroyable, et il était tellement passionné. D'ailleurs c'était la qualité qu'elle préfèrait chez lui.

Elle se surprit même à rire à certaines de ses reprises.

- Oh c'était formidable, s'exclama Kawato en se tournant vers sa collègue. Toute cette passion ! Ces drames ! Et le jeu des acteurs !

- C'est vrai, répliqua Mayumi en souriant. C'était très bien joué, et très bien écrit.

- Akio Kawakimura-sensei, reprit son collègue avec excitation, je vais me renseigner sur toutes ses autres oeuvres.

- En fait, il a surtout écrit des essais et des romans, répondit Mayumi. J'ai plusieurs de ses ouvrages, je vous les prêterais si vous voulez.

- C'est vrai ?! S'exclama Kawato, des étoiles plein les yeux.

Mayumi ne put s'empêcher de rire à l'enthousiasme de son collègue.

- Bien sûr, répondit-elle en souriant.

Kawato rougit en se disant encore une fois qu'elle était très jolie quand elle souriait.

La jeune femme rechercha ensuite des yeux un taxi afin de les raccompagner, mais alors qu'elle levait la main pour en appeler un, Kawato lui prit le bras délicatement en lui faisant un sourire espiègle.

- Kawato-sensei ? S'étonna Mayumi alors qu'il l'entraînait derrière lui.

- Je vous emmène dîner, lui dit-il. Je connais un petit restaurant pas très loin, je suis sûr que vous adorerez leur cuisine.

Toute protestation fut balayée d'un revers de main du jeune homme. Il avait hâte de l'emmener goûter au plus délicieuses grillades et nouilles sautées qu'il avait jamais mangé.

- Kawato-san ! S'exclama le patron du petit restaurant dans lequel les deux collègues avaient pénétré.

- Bonsoir Toyama-san, répondit Kawato en le saluant chaleureusement.

- Bonsoir, salua presque timidement Mayumi en suivant son collègue.

- Bonsoir mademoiselle, répondit le patron en jetant un coup d'oeil à Kawato qui ne le remarqua pas.

Il tira une chaise au comptoir afin que Mayumi puisse s'assoir et il prit place à côté d'elle.

- C'est bien la première fois que je vous vois en bonne compagnie, dit le cuisinier à Kawato.

Il rougit, ainsi que Mayumi, en précisant qu'ils étaient collègues. L'homme ne releva pas, sentant bien qu'il y avait quelque chose de plus entre ces deux-là.

- Alors Mademoiselle, qu'est-ce qui vous ferait envie ? Demanda le cuisinier.

- Oh et bien, commença Mayumi en regardant les petites ardoises sur les murs, j'aimerais bien manger quelques beignets de légumes et des brochettes de poulet mariné.

- Et faites-lui aussi les nouilles sautées aux légumes que je commande toujours, dit Kawato. Je vous assure, ajouta-t-il en se tournant vers Mayumi, elles sont absoluments merveilleuses.

- Et bien d'accord, dit Mayumi en souriant au cuisinier. Va pour les nouilles en plus.

- C'est parti, dit-il en commençant à préparer les brochettes. Et vous Kawato-san ?

- Les nouilles bien sûr, répondit-il, et aussi vos grillades de boeuf aux oignons.

- Très bien, je vous prépare ça, dit le cuisinier qui se mit à faire sauter les nouilles pendant que la viande grillait.

Il les servit au bout de plusieurs minutes et Mayumi dégusta les plats les plus délicieux qu'elle avait mangé depuis bien longtemps. Kawato ne lui avait pas menti, c'était une cuisine exceptionnelle malgré la simplicité de leur préparation et des ingrédients.

Ils passèrent une bonne soirée en discutant avec le cuisinier et les clients présents au comptoir. Certains d'entre eux s'amusèrent à taquiner Kawato sur son rendez-vous de la soirée rien que pour le voir rougir et se perdre en explications plus ou moins farfelues. Mayumi ne put retenir ses sourires et éclata de rire plusieurs fois, s'attirant les regards et les flatteries des hommes présents, pendant que Kawato ne cessait de l'admirer.

Il la découvrait encore ce soir-là.

Il ne l'avait jamais vu sourire comme ça, ni rire d'ailleurs, c'était la toute première fois et ça lui plaisait. Le Principal en serait vert de les voir ensemble mais, ça vallait le coup...

Mayumi regarda sa montre et se rendit compte qu'il était assez tard pour inquiéter son oncle.

- Je devrais y aller, dit-elle en s'essuyant les mains avec une serviette chaude.

- Je vous raccompagne, dit Kawato en faisant de même avant de mettre sa veste.

- Merci, répondit Mayumi en enfilant son manteau.

Kawato déposa quelques billets et pièces sur le comptoir et salua les clients ainsi que le patron, imité par Mayumi. Elle avait déjà protesté plus tôt, mais Kawato avait insisté pour l'inviter.

Ils sortirent et marchèrent un peu pour trouver un taxi. Kawato en appela un qui s'arrêta plus loin. Les deux collègues se dépêchèrent de s'y engouffrer et le véhicule fit route en direction du quartier de la jeune femme.

Le taxi s'arrêta devant la grande maison où elle vivait avec son oncle. Le chauffeur siffla en regardant le portail et la taille du jardin en plus de celle de la maison.

- Vous vivez dans un bel endroit, dit-il.

- Merci, dit Mayumi en mettant la main dans son sac.

- Laissez ça, fit Kawato en lui prenant encore une fois le poignet. Vous voulez bien attendre un peu ? Demanda-t-il en se tournant vers le chauffeur.

- Oui bien sûr, répondit l'homme, mais pas trop longtemps.

- J'en ai pour une minute, répliqua Kawato en ouvrant la portière de son côté avant de descendre.

Il fit le tour de la voiture pour ouvrir la porte du côté de Mayumi.

- Ca c'est un homme galant, remarqua le chauffeur en regardant la jeune femme.

- Oui, très, répondit Mayumi en souriant.

L'homme s'attendrit de cette expression et lui fit un signe de tête avant qu'elle ne sorte à son tour du taxi. Kawato la raccompagna devant le portail et hésita quelques secondes avant de prendre la parole.

- Euh j'ai... j'ai passé une très bonne soirée, dit-il en regardant le sol.

- Moi aussi Kawato-sensei, répondit Mayumi avec un sourire timide. C'était très agréable.

- Oui, rit-il en se grattant la nuque. Je suis vraiment content d'être sorti avec vous ce soir.

Mayumi rougit et Kawato releva alors la tête, remarquant ses joues rosies par la gêne mais aussi les yeux brillants de plaisir.

Elle était si jolie...

- K-Kawato-sensei, murmura tout à coup Mayumi.

Le jeune homme reprit ses esprits à la seconde, remarquant qu'il s'était approché très près du visage de sa collègue. Kawato se redressa immédiatement en s'éloignant d'elle.

- Je je suis désolé ! S'exclama-t-il en rougissant violamment. Je vais rentrer aussi ! Euh bonne fin de soirée à-à lundi !

Et le jeune homme courut vers le taxi avant de disparaître à l'intérieur.

- Eh bien, fit le conducteur, vous êtes du genre maladroit hein ?

Kawato s'enfonça dans son siège, le visage brûlant d'embarras. La voiture démarra et s'éloigna dans la rue éclairée par des lampadaires.

Mayumi observa le véhicule un instant, se demandant si Kawato avait bien essayé de...

- Non non non, murmura Mayumi en secouant la tête, les mains sur ses joues rouges.

Bien sûr que non !

A l'étage, l'oncle de la jeune femme n'avait pas perdu une miette du spectacle. Il posa sa main sur son estomac, sentant déjà une douleur sourde monter en lui.

Ce sale petit pervers...

Il entendit la porte claquer en bas. Mayumi était rentrée. Elle monta les escaliers pour se rendre dans sa chambre, mais son oncle sortit dans le couloir, l'arrêtant d'un regard.

- Mon oncle, souffla la jeune femme en restant immobile.

- Tu t'es bien amusée ? Demanda le vieil homme, le regard glacial.

- Oui, très, répondit sa nièce en le regardant droit dans les yeux.

Son oncle fut pris à dépourvu par cette réponse. Elle était presque insolente.

- Parfait, dit-il en se détournant. Va te coucher maintenant, il est tard.

- Oui mon oncle, répondit Mayumi en s'éloignant vers sa chambre.

Elle referma la porte derrière elle en entrant et son oncle poussa un soupir résigné.

- Quoi que j'en dise, elle n'en fera qu'à sa tête, dit-il en rentrant dans sa propre chambre.

Elle était comme son père.

Il s'était toujours attiré les foudres de leurs parents contrairement à lui, en faisant les études qui lui plaisait, en se mariant par amour et en refusant un mariage arrangé... Un esprit libre, entier et passionné.

Comme Kawato.

- Ah, soupira le veil homme, c'est vrai qu'ils se ressemblent beaucoup...

Puis il partit se coucher, pensant que sa nièce allait lui causer bien plus de soucis dans un avenir proche.

.

.

A suivre...

.

.