Voici, à la demande de quelques reviewers que je ne saurais décevoir, la suite de cette fic. Vous aurez été prévenus, hein ! lol
Mh, je ne sais pas si le terme 'surnaturel' convient vraiment pour classer cette histoire, mais je ne vois pas de mot adéquat dans la liste pour le thème que je souhaite aborder, (mais je crois que ce mot-là est le plus proche de mon idée… si on le triture un peu… lol)
Pourtant, cela a bien un terme (que je me refuse pour l'instant à dire… lol Vous penseriez que j'ai fumé… pensée : Ce qui n'est pas faux… oups, trop d'information lol…). Nan sérieusement, je préfère vous laisser deviner… Et je vous demande pardon à l'avance pour mon pétage de câble… lol
En avant pour la fic !
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Lumière du Nord
Au Paradis Céleste,
Kanzeon bâilla avec une certaine mauvaise humeur.
C'était le matin au paradis céleste, et comme d'habitude, le soleil était au beau fixe, immuable.
Ce qui la mettait de mauvaise humeur de si bon matin ? Une convocation expresse par l'empereur au palais au saut du lit. Elle maugréa.
Que pouvait lui vouloir ce vieillard décrépi ? Elle avait mieux à faire. Notamment observer son groupe de cobayes de retour vers l'est avec à sa tête son neveu têtu. Surtout que celui-ci s'était finalement un peu décoincé la veille, embrassant en-fin son « animal de compagnie », donnant ainsi l'occasion à la déesse de déboucher une bouteille d'alcool à toute pompe sous l'œil atterré de Jirôshin qui ne savait plus où se mettre, fêtant ainsi un événement qu'elle espérait depuis pas mal de temps à présent.
Quand elle arriva à la porte des appartements privés de l'empereur, des serviteurs se précipitèrent pour lui ouvrir la porte et lui montrer le chemin, se courbant à n'en plus finir. Ils la prièrent finalement de s'asseoir pour attendre l'empereur, ce qu'elle fit en soupirant. C'est alors que l'empereur entra dans la pièce, faisant quelques signes autoritaires vers ses serviteurs pour leur indiquer de les laisser seuls. Quand ceux-ci s'exécutèrent, refermant les portes derrière eux, Kanzeon jeta un coup d'œil méfiant vers l'empereur.
Que signifiait tout ce cinéma ? Le fait d'être convoquée dans les appartements privés de l'empereur et non dans une salle de réception officielle en public était étrange, surtout que le vieil homme ne la portait pas vraiment en son cœur. Ils avaient eu en effet plusieurs différends qui ne dataient pas d'hier. Elle ne bougea pas d'un cil mais fixa l'homme âgé qui semblait agité malgré un air impassible.
Kanzeon – Que me vaut cette convocation secrète de bon matin?
Empereur – J'ai un nouveau service à vous demander.
Kanzeon haussa imperceptiblement un sourcil.
Le dernier service que lui avait demandé l'empereur avait bien sûr été d'empêcher la résurrection de Gyûmaô. Les autorités du paradis céleste n'avaient bien sûr pas voulu se mouiller et faire le sale boulot dont ils n'avaient déjà pas osé se charger 500 ans auparavant, laissant Nataku seul face au monstre.
La seule raison pour laquelle elle avait accepté cette mission était qu'elle savait qu'elle serait bénéfique pour son neveu et le petit groupe de compagnons qu'elle lui avait 'imposé'… Elle avait eu confiance en eux, et avait bien eu raison de le faire. Le Sanzô ikkou avait acquis une grande force ainsi qu'une grande renommée. Et puis ce voyage, de son point de vue du moins, avait bien été divertissant… Mais une autre mission à présent ?
Kanzeon (méfiante) – Quel genre de service ?
L'empereur prit une grande inspiration avant de la regarder, la jugeant du regard, comme ne sachant s'il pouvait lui faire confiance.
Empereur – Vous connaissez l'oracle ?
Kanzeon cligna des yeux. Il y a de ça quelques dizaines d'années (ce qui équivalait à peu de temps pour les immortels du monde céleste…), ils avaient trouvé un vieux fou sur Terre qui possédait de grands pouvoirs de prédiction. Ses facultés étaient immenses, et c'est à ce titre que les oligarques et chefs de clans, ainsi que l'empereur en premier, avaient voulu l'emmener au paradis céleste, le rendant immortel, pour user de son pouvoir à leur profit bien sûr. En effet, le monde céleste, comme le monde terrestre, était toujours en proie à des guerres entre puissants chefs de clans guerriers, ceux-ci étant constamment en quête de toujours plus de pouvoir et de puissance.
Cependant… qu'est-ce que venait faire cet oracle dans l'histoire ?
Cet homme était complètement fou. A part quelques moments de lucidité étrange, il passait le plus clair de son temps à chanter, danser et à cueillir des fleurs, et tenait des propos incohérents.
Kanzeon haussa un sourcil.
Kanzeon – Oui. Mais je ne vois pas pourquoi…
Empereur (la coupant) – Je sais que le groupe du haut-moine Genjô Sanzô a terminé sa mission. Il faut à présent qu'ils se rendent vers le nord. L'oracle a eu une vision concernant un nouveau Sage qui fera son apparition d'ici quelques mois dans les montagnes de cette région.
C'était donc ça.
Il voulait l'envoyer récupérer un hypothétique successeur de Nataku. En effet, le dieu aux yeux dorés était dans son coma depuis 500 ans, quant à Gokû, il avait été banni du monde céleste et était donc 'inutilisable'.
Sans 'pantin', les dieux se trouvaient donc démunis pour faire régner l'ordre sur Terre, comme cela avait été le cas pour la résurrection manquée de Gyûmaô.
Nan car bien sûr, ils étaient bien trop occupés à faire la guéguerre dans leurs territoires célestes.
Inutile d'ajouter que mettre la main sur un monstre qui pourrait faire leur sale besogne sur Terre et au monde céleste avec une efficacité incomparable était un bonheur inespéré pour leur avidité de pouvoir.
Cela faisait tellement de temps qu'ils espéraient qu'un nouvel être aux yeux dorés fasse son apparition. Kanzeon retint un rire amer.
Kanzeon – Et vous voulez donc que j'aille le chercher pour vous ?
Empereur (embarrassé) – Voyez-vous, j'aimerais que vous le trouviez et que vous le rameniez avant que quelqu'un d'autre ne réussisse.
Kanzeon soupira légèrement. Apparemment, l'information de cette apparition était déjà connue et la chasse au monstre était ouverte, les dieux faisant office de chasseurs. Elle se leva, s'apprêtant à partir.
Kanzeon – Je ne vois pas pourquoi je m'en chargerai.
L'empereur sembla soudainement préoccupé.
Empereur – Selon l'oracle, pour une raison inconnue, cet être qui devrait apparaître aurait une force inimaginable… potentiellement bien plus importante que celle de Son Gokû. Je sais bien que vous pensez que je pourrais vouloir moi aussi me servir de ce monstre, mais ce n'est pas mon intention, et le fait est que cette chose représentera un danger si elle tombe dans de mauvaises mains.
Kanzeon qui avait la main sur la poignée de la porte s'était immobilisée. Un être plus fort que Son Gokû ?
De tous les êtres 'maudits' aux yeux dorés qui avaient pu exister, il était sans nul doute le plus fort.
Si c'était vrai, malgré leur avidité, aucun dieu ne pourrait venir à bout de cet être… ou pire, ils arriveraient à le capturer et l'instrumentaliseraient. C'est pourquoi même l'empereur craignait à présent pour sa propre position.
Or, même s'il s'agissait d'un monstre, ce ne serait certainement qu'un enfant, comme Gokû ou Nataku… Elle soupira. Les habitants célestes n'avaient vraiment aucune humanité en eux. Ce n'était que des dieux aigris par leur immortalité. Elle réfléchit encore. Une seule solution s'imposait : après tout, imposer un nouvel être à Konzen comme elle l'avait fait jadis avec Gokû ne pouvait être qu'une bonne chose, non ?
Un sourire sadique se forma légèrement sur son visage en imaginant la tête que ferait son neveu avant qu'elle ne lâche la poignée et se retourne vers l'empereur, croisant les bras.
Kanzeon – D'accord, mais à une seule condition…
Ce n'était pas encore demain la veille que le Sanzô ikkou rentrerait chez lui.
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Sur Terre,
Gojô mit sa tête en arrière, s'appuyant sur le dos du siège de la banquette arrière tout en fermant les yeux.
Ils filaient à vive allure depuis le matin. Le silence régnait dans la voiture comme depuis le premier jour de leur voyage vers l'est. Bref, l'atmosphère étrange habituelle. Sauf que quelque chose d'autre semblait encore plus étrange ce matin-là. Gokû.
Déjà la veille, lorsque le singe était revenu dans sa chambre et que Gojô avait fait semblant de dormir (anticipant toute attaque en vue de conserver son lit alors que le singe devait à défaut se contenter du matelas sur le sol, ce genre de situation routinière étant source de chamailleries et batailles entre le singe et le kappa lol), il avait été étonné de ne pas avoir à négocier le lit contre le matelas. Gokû s'était contenté de se glisser dans son matelas. Gojô avait trouvé ce comportement inhabituel mais peut-être que le jeune homme était tout simplement trop fatigué pour penser à leurs chamailleries habituelles.
Sauf que ce matin aussi, le singe avait eu un comportement bizarre. Déjà en sortant de leur chambre, il avait bredouillé plus qu'autre chose un 'bonjour' timide à l'adresse de Hakkai et Sanzô sortant eux aussi de leur chambre, ce à quoi seul Hakkai avait répondu comme à son habitude alors que Sanzô n'avait rien dit ne regardant que d'un rapide coup d'œil le jeune homme.
Ce silence avait perduré pendant le déjeuner, mais il faut dire que cela était devenu la norme depuis qu'ils avaient entamé leur retour, et donc Gojô ne s'était pas formalisé quand Gokû n'avait pas réagi à ses petites provocations de nature culinaires lors du repas, le jeune homme, une fois n'est pas coutume, préférant jeter quelques regards à la dérobée au jeune blond assis en face de lui plutôt que surveiller les plats se vidant de leur contenu grâce au coup de baguettes habile du demi-youkai.
Et quand juste avant de monter en voiture il avait parlé de ses observations à Hakkai, celui-ci avait dit avoir eu les mêmes impressions, ajoutant qu'il pensait que les deux avaient dû se disputer pour une raison ou une autre et que ça s'arrangerait certainement rapidement.
Cela n'avait pas convaincu Gojô, mais c'était possible après tout, surtout que le même manège continuait à présent dans la voiture, l'un et l'autre jetant de temps à l'autre un regard dans le rétro, l'air apparemment impassible, comme attendant un signe.
En fait, qu'ils se soient disputés ou pas, là n'était pas le problème. Ce qui énervait l'homme aux cheveux rouges, c'était ce silence oppressant depuis qu'ils avaient pris le chemin du retour. A croire que leur mission, si ennuyeuse aux dires du moine, leur manquait ! Il en était presque au point d'en vouloir une autre…
A cette pensée, Gojô fronça les sourcils un instant puis les relâcha, souriant et laissant échapper un léger rire pour se moquer de lui-même.
Une autre mission ? Pfff… Nan mais quelle idée…
C'est à ce moment que Gojô se sentit projeté en avant. Hakkai venait de freiner brutalement, surprenant les 3 autres passagers qui étaient plongés dans leurs pensées.
Il dévia la trajectoire de la voiture sous les 'kyûu' aigus de Jeep avant de parvenir à s'arrêter quelques mètres plus loin, dans le fossé bordant la route tout'droite et tout'tranquille en ce beau jour ensoleillé de fin d'été.
Tous les quatre se retinrent comme ils le purent pour ne pas être éjectés de la voiture. Reprenant leurs esprits, tous se retournèrent vers Hakkai.
Gojô – Oï Hakkai, qu'est-ce qu'il t'a pris ?
Hakkai – Gomen, mais il y avait un obstacle sur la route.
Sanzô (s'énervant tout d'un coup et fusillant du regard l'ex-humain) – Quel genre d'obstacle ?
Hakkai pour toute réponse tourna la tête vers la route, suivi par les trois autres. Un instant de silence religieux passa avant qu'une veine fasse son apparition sur le front du moine.
Sanzô – Je n'appelle pas ça un 'obstacle', mais un 'boulet'.
A quelques mètres d'eux, se tenait dans une posture nonchalante Kanzeon, les regardant avec un sourire sur les lèvres, les mains posées sur la taille.
Enervé, Sanzô sortit de la Jeep, suivi par les autres. Dès qu'ils eurent mis pied à terre, Hakuryû repris sa forme normale, légèrement étourdi, et vint se nicher dans les bras de Hakkai. Celui-ci le caressa en murmurant un 'pardon' au petit dragon qui après avoir accepté les quelques caresses de réconfort se retourna pour regarder d'un air légèrement courroucé la déesse qui l'avait fait dévier dans le fossé.
Sanzô (agacé) – Qu'est-ce que tu fous ici ?
Kanzeon (souriant un peu plus) – Très heureuse de te revoir aussi cher Konzen.
Sanzô – Je t'ai dem…
Kanzeon (innocemment) – Je suis venue vous aider, c'est tout.
Sanzô (croisant les bras) – En essayant de nous tuer ?
Kanzeon – En vous indiquant le bon chemin.
A ces mots, les 4 hommes tournèrent leur regard vers la route qui était sans contestation possible droite, filant vers l'est sur des dizaines de kilomètres d'après le plan de route d'Hakkai. Ce dernier cligna des yeux.
Hakkai – Ano… Je ne vous suis pas.
Kanzeon sortit une carte, imperturbable, et lui montra une route du doigt.
Kanzeon - C'est très simple, il faut que vous reveniez sur vos pas pour prendre ce chemin et après vous devez pr…
Gojô (la coupant, levant les mains devant lui pour l'arrêter) – Hey, stop ! C'est quoi ces conneries ? On est sur la bonne route !
Kanzeon (soupirant) – Pas pour aller vers le nord.
Gojô – Mais on va ver... attendez… quoi ?
Sanzô dont la patience était déjà épuisée depuis belle lurette leva son petit Smith & Wesson qu'il n'avait pourtant pas utilisé une seule fois depuis des jours et des jours. Il parla d'une voix redevenue soudainement calme mais qui ne demandait qu'à exploser. Il avait un mauvais pressentiment.
Sanzô – Je t'ai demandé ce que tu foutais ici.
Kanzeon l'observa une seconde avant de répondre.
Kanzeon – On vous a confié une nouvelle mission qui ne peut attendre.
Sanzô – Ca ne nous intéresse pas.
Kanzeon redevint extrêmement sérieuse.
Kanzeon – Si justement…
Sanzô la garda en joue quelques secondes avant de rabaisser son arme en émettant un « tch » sonore. Kanzeon sourit légèrement avant de poursuivre.
Kanzeon – Vous devez trouver et ramener le nouveau Sage qui apparaîtra dans un an environ dans les montagnes du nord, au-delà des plateaux rocheux et des grandes plaines. (1)
Gojô – Un… Sage ?
Kanzeon – Un être aux yeux dorés, ni homme, ni dieu, ni monstre. (se tournant vers Gokû) Comme toi.
Gokû sentant les regards posés sur lui détourna le regard. Kanzeon l'observa encore un peu.
Kanzeon – D'après la prophétie, cet être est extrêmement puissant, ou du moins, il le sera potentiellement, car il aura certainement l'apparence d'un enfant… Il sera même peut-être plus fort que Seiten Taisei. Mais, il y a cependant une bizarrerie dans cette prédiction.
Gokû la regarda à nouveau.
Gokû - Une bizarrerie ?
Kanzeon – A la différence de ses prédécesseurs, nés de la Terre elle-même, le prophète a dit qu'il s'agirait d'un « enfant de lumière, né du feu et de la terre ». C'est pour cette raison apparemment qu'il serait plus puissant.
Elle sentit les regards se figer sur elle. Gokû la regarda avec un certain étonnement.
Un enfant… de lumière ?
Sanzô serra les dents.
Sanzô – Qu'est-ce que c'est que ce charabia de fou ?
Kanzeon (pensant à l'oracle et murmurant) – Tu ne crois pas si bien dire…
Sanzô (haussant les sourcils) – Qu'est-ce qu'il faut comprendre ? Il faut le 'ramener' mais il se peut qu'il soit dangereux ?
Kanzeon – Je n'ai pas dit que ça serait facile. Mais il est impératif que ça soit vous qui le trouviez en premier.
Hakkai (fronçant les sourcils) – Les premiers ?
Kanzeon – Tous les dieux se sont mis à sa recherche. Ils veulent s'en emparer pour sa puissance, pour en faire un véritable dieu de la guerre. L'empereur craint que l'un d'eux y parvienne et ne le renverse. Mais si on le trouve en premier, l'empereur sera en position d'empêcher quiconque de s'en approprier.
Hakkai (préoccupé) – Cela signifie qu'on aurait des dieux contre nous sur notre chemin ?
Gokû qui n'avait encore rien dit parla d'une voix incertaine.
Gokû – Et qu'est-ce qu'il deviendra après ?
Après tout, autant qu'il puisse sans souvenir, s'ils arrivaient à trouver un tel être, ça serait la première fois qu'il rencontrerait quelqu'un comme lui. Les trois autres le regardèrent. Gokû évita du mieux qu'il put leur regard, surtout celui de Sanzô, préférant fixer la déesse en quête d'une réponse.
Kanzeon sourit d'un air satisfait qui ne fit qu'accentuer le mauvais pressentiment du moine.
Kanzeon – Comme j'ai obtenu le droit de regard sur la vie de cet être (2), j'ai décidé que la responsabilité de cette charge reviendrait finalement à Konzen… je veux dire Sanzô.
Kanzeon fixa celui-ci avec amusement. Sanzô cligna des yeux en réalisant ce qu'elle venait de dire avant de la fusiller du regard.
Le… garder ? Et puis quoi encore !
Mais avant qu'il puisse dire quelque chose, Kanzeon enchaîna en souriant à son assemblée.
Kanzeon – Alors ? Qui est partant pour le nord ?
Sanzô la regarda d'un air incrédule comme si elle se foutait ouvertement de sa gueule.
Sanzô (ironique) – Je récapitule. Il faudrait qu'on parte vers le nord alors qu'on en a enfin terminé avec cette fichue mission vers l'ouest pour attraper un marmot hypothétiquement hyper dangereux qui devrait apparaître on ne sait où ni exactement quand et qui sera recherché par des dieux prêts à tout pour mettre la main dessus avant nous ?
Kanzeon (souriant) – C'est ça !
Sanzô s'apprêtait à dire un non cinglant quand il fut coupé.
Gojô (levant nonchalant la main) – Je suis pour.
Hakkai (souriant) – Moi aussi !
Gokû acquiesça lui aussi quand Kanzeon posa les yeux sur lui. Tous se retournèrent vers Sanzô qui les regardait comme s'ils étaient subitement devenus fous. Kanzeon se rapprocha du blond, le narguant presque d'un sourire amusé de la trahison de ses compagnons. Sanzô se retint de l'étrangler.
Gokû – Sanzô ?
Quand ses yeux se posèrent sur le jeune homme, Sanzô le regretta aussitôt, car il eut beau les détourner quelques secondes plus tard, il avait compris à quel point il pouvait être important pour Gokû que de trouver cette 'chose' qui pouvait lui être si semblable.
Sanzô serra les dents. Il s'adressa à la déesse en contenant sa rage, murmurant à peine.
Sanzô – D'accord, mais il est hors de question qu'on ramène cette chose avec nous. On la trouve, c'est tout.
Kanzeon se contenta de sourire. Avant de s'éclipser, elle lâcha encore quelques mots mystérieux.
Kanzeon – Entendu. Enfin on verra bien quel sera ton avis sur la question d'ici quelques mois.
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Vers le Nord,
La voiture filait à toute vitesse vers le Nord. Sur leur route se dressaient des montagnes auxquelles succèderaient un immense désert avant d'enfin arriver aux plateaux et aux montagnes du nord, situées aux limites géographiques du pays. Globalement, la route était plus courte que pour aller à l'Ouest, mais il serait tout aussi long de revenir à Chang'An.
Sanzô maudit la déesse.
Malgré qu'il ne tienne pas plus que ça à retourner dans son temple et revoir tous ces moines ennuyeux qui n'arrêteraient pas sans nul doute de l'exaspérer dès qu'il aurait passé l'entrée, il en avait tout simplement par-dessus la tête de ce voyage à rallonge… rallonge probablement d'un an ou un an et demi de route…
Qu'est-ce qui avait bien pu passer par la tête des 3 autres idiots pour qu'ils le mettent dans cette situation impossible ?
En plus, Gojô et Gokû semblaient avoir retrouvé leur goût pour leurs chamailleries et faisaient à présent un vacarme épouvantable, comme si la lourde ambiance de ces derniers jours s'était évaporée à l'annonce de leur nouvelle mission.
Le sourire tranquille de Hakkai qui conduisait à côté de lui, semblant apprécier le brouhaha derrière eux comme un fin mélomane, confirma son impression.
Sanzô se massa les tempes d'une main. Il n'avait pas pu refuser la mission, et de toutes façons, la déesse aurait trouvé un moyen ou un autre pour l'obliger à accepter. Donc même si cela ne l'enchantait guère, il irait trouver cette 'chose'. Kanzeon se débrouillerait bien avec ensuite. Il était juste hors de question de la garder. Il avait déjà assez à faire avec Gokû…
Gokû.
En pensant au jeune homme, Sanzô jeta un bref coup d'œil dans le rétro reflétant Gokû et Gojô qui se disputaient encore avec entrain. Il se perdit dans ses pensées, revivant le moment de la veille.
Ignorant l'accélération du sang dans ses veines, il détourna son regard pour le poser vers le Nord.
Il avait la sensation que la déesse leur avait omis un détail concernant cette mission. Ce n'était qu'un pressentiment, mais il n'arrivait pas à s'en défaire.
Derrière lui, le brouhaha s'intensifia. L'irritation envahissant ses traits, Sanzô sortit le petit Smith & Wesson qui brilla tel un éclair sous les rayons du soleil avant de retentir sur le singe et le kappa.
Hakkai sourit tout en accélérant.
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Ils arrivèrent dans un petit village et cherchèrent rapidement une auberge pour manger et dormir. Cette journée de trajet dérouté avait été harassante. Ils avaient roulé des heures pour prendre la bonne direction et trouver un endroit où passer la nuit. De plus, Gojô et Gokû n'avaient pas arrêté de se chamailler, comme pour rattraper le silence des derniers jours, obligeant Sanzô à ressortir son éventail et son flingue à de nombreuses reprises.
Le repas se passa tranquillement, mis à part le fait que Gokû était redevenu calme, et jetait à nouveau des regards à la dérobée vers Sanzô. Le blond en était bien conscient, mais il n'était pas sûr de savoir comment se comporter avec lui.
La conversation tourna bien entendu sur leur nouvelle mission, Sanzô paraissant cependant plus que bougon et narquois. C'étaient eux qui avaient voulu de cette mission, pas lui. Il se demanda intérieurement une énième fois pourquoi il avait accepté et soupira avec agacement.
Et pour ajouter à son agacement, c'est après le repas, alors que la nuit était déjà avancée, que la situation empira quand ils arrivèrent à l'accueil des chambres de l'auberge.
Gojô – Quoi ? Comment ça il ne vous reste que deux chambres doubles ?
La jeune femme tenant l'auberge se confondit en excuses, alarmée par l'homme aux cheveux rouges qui semblait au bord de la crise cardiaque.
Aubergiste – Je suis désolée, mais je n'ai que ça à vous proposer.
Gojô (désespéré) – Mais vous avez bien des matelas supplémentaires, non ?
Aubergiste – Malheureusement non, nous n'en avons plus. J'en suis vraiment désolée.
Hakkai (souriant) – Voilà qui est gênant. Mais nous ferons avec.
Avant qu'un Sanzô hyper contrarié et de mauvaise humeur après cette sale journée pleine de mauvaises nouvelles ait pu dire quoi que ce soit pour envoyer l'aubergiste au diable et obtenir sa chambre individuelle, Gojô continua, ferme.
Gojô – Il est simplement HORS de question que je partage un lit avec le saru ! J'ai une ligne de conduite à tenir et une réputation auprès de la gent féminine à préserver, moi. Aucun homme dans mon lit !
A ce moment-là, Hakkai toussa pour avoir l'attention de tous. Il s'adressa à Gojô.
Hakkai – Aucun ?
Gojô se retourna vers lui. Hakkai haussa un sourcil. Sous l'œil interrogateur de Sanzô et Gokû passant de Hakkai à Gojô, ce dernier répondit, main levée, sur la défensive.
Gojô – Tu étais blessé, nuance. Et c'était il y a longtemps. Mais ça ne veut pas dire qu…
Hakkai (le coupant et s'adressant à l'aubergiste) – Alors c'est décidé, nous prenons ces deux chambres.
Sous l'œil abasourdi des trois autres, Hakkai prit les deux clés et en tendit une à Sanzô qui la prit mécaniquement.
Hakkai – Gojô et moi prenons la première. Bonne nuit ! On se rejoint pour le petit déjeuner à l'aube, c'est ça Sanzô ? Reposez-vous bien, la route sera longue demain. Gojô, on y va ?
Sans ajouter un seul mot, Hakkai partit vers sa chambre, suivi d'un Gojô qui semblait avoir perdu sa langue vu l'enchaînement des événements mais qui ne contesta pas. Ce n'est que quand Hakkai fut sur le point de passer le pas de sa porte que Sanzô revint à ses esprits et lança un 'Oï Hakkai !' en fusillant du regard l'ancien humain.
Trop tard. Hakkai et Gojô avaient maintenant passé et refermé leur porte. Et l'aubergiste semblait avoir pris la poudre d'escampette.
Un soupçon de panique traversa les yeux de Sanzô quand ses yeux semblèrent découvrir la clé entre ses doigts avant de se poser sur d'autres yeux, couleur d'or, qui venaient eux aussi de réaliser avec la même panique leur présente situation.
Sans dire un mot, un Sanzô visiblement très agacé détourna la tête, cachant ainsi le plus léger des rougissements, et se dirigea dans le couloir, cherchant des yeux le numéro de la chambre.
Gokû derrière lui n'avait pu qu'ouvrir la bouche avec étonnement quand Hakkai leur avait laissé la clé et depuis la tension n'avait cessé de monter dans ses veines. Il n'avait même pas eu le temps de réagir. Même Sanzô n'avait pas eu le temps de réagir.
Il allait se retrouver seul avec le moine. C'était une situation qu'il aurait dû espérer, mais dans le cas présent, il était clair pour le jeune homme qu'il allait passer la nuit sur une couverture par terre, complètement ignoré par le moine, malgré ce qu'il s'était passé entre eux la veille. Il ne pouvait s'empêcher néanmoins d'être nerveux et tendu. Il inspira et soupira avant de ramasser leurs affaires et de se diriger vers Sanzô qui venait de s'arrêter devant une porte.
Gokû – Hey Sanzô ! Attends-moi.
Arrivé derrière lui, Gokû jeta avec un regard inquiet sur Sanzô qui venait de mettre la clé dans la serrure sans la tourner, immobile.
Gokû – Sanzô ?
Sans répondre et sans le regarder, ce dernier tourna enfin la clé et entra dans la pièce plongée dans le noir. Gokû le suivit, à distance, et une fois entré posa les affaires sur le sol puis se mit à tâtonner pour trouver l'interrupteur de la lumière.
Il entendit la porte se refermer à clé, obstruant ainsi la seule source de lumière, les volets de la chambre étant fermés. Ses yeux perçants à la vue développée se firent très vite à l'obscurité, voyant de plus en plus de détails mais ne lui permettant pas encore de remarquer l'interrupteur.
C'est alors qu'il sentit une main se poser sur son épaule, glissant avec hésitation vers son cou et son visage. Surpris et sentant son cœur se remettre à battre à tout rompre, Gokû leva légèrement la tête, murmurant un 'Sanzô ?'.
Probablement guidé par les vibrations de son nom, les lèvres du blond s'abattirent sur celles de Gokû alors qu'une main gantée s'engouffra dans les mèches sombres.
Gokû ouvrit grand les yeux de surprise avant de les refermer et de savourer l'instant, répondant avec intensité au baiser et en agrippant désespérément de ses bras et de ses mains le corps de l'homme.
Plusieurs minutes plus tard, c'est à force de baisers, de caresses et de mains errantes légèrement tremblantes, que toujours dans la pénombre silencieuse, ils finirent dévêtus dans les draps, trouvés à tâtons, sentant et embrassant les moindres recoins de la peau s'offrant à leurs doigts et à leurs lèvres avec douceur et sans précipitation, comme pour dompter leurs pouls qui s'affolaient, tandis que les mèches de cheveux humides tombant devant leurs yeux étaient repoussées avec une tendre attention. Ils explorèrent lentement et à tâtonnement les nouvelles sensations et frémissements de leurs corps, et c'est dans ce lot de frissons de leur étreinte que les caresses les plus téméraires eurent raison de leur désir dans la chaleur de leur toucher.
Dans le silence de la nuit consécutif au bruit saccadé de leurs souffles courts, des caresses plus sages mais tout aussi tendres les accompagnèrent enlacés dans le sommeil.
A suivre…
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Voilà !
Bon alors, vous voulez toujours une suite ? Bah, j'ai été gentille dans ce chapitre qui ne fait que lancer l'intrigue… C'est après que vous allez penser que j'ai pété un plomb…
Mes excuses par avance… 'sifflote'
Je fais dans l'OOC complet pour cette fic. Enfin tant pis ! Bien sûr, Kanzeon est de la partie (eh, ça serait moins drôle sans elle, nan ? lol)
Reviews ?
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(1) Oui pour l'occasion je refais la géographie de la Chine, personne ne m'en veut, hein ? Leur point d'arrivée de leur voyage vers l'Ouest est quelque part dans le nord de l'Inde si je ne me trompe (si quelqu'un connaît mieux la légende, ne pas hésiter à informer l'inculte que je suis). Bref, je les fais remonter vers le nord, donc plus vers la Russie/Mongolie… Mh… Après tout, qui s'intéresse à ces points de détails, huh ? lol
(2) Ben vi, c'était la condition sine qua non de la déesse pour qu'elle accepte de s'occuper de la mission de l'empereur… ;-)
