2. Anthony Stark ou du cœur brisé
… il en était là.
Ouvrant les yeux, Tony trouva la pièce sombre autour de lui, un silence de plomb, et il eu un instant l'impression que dés qu'il pousserait la porte qui le séparait du reste de la maison, il trouverait Maria et Howard Stark en la compagnie probable d'Obadiah Stane. Dans l'obscurité totale, un halo bleu pâle se dessina, faisant apparaître un bureau, une armoire et un tas de pièce en métal. Baissant les yeux vers sa poitrine, il trouva un cercle qui émanait d'une lumière intense. Ce mini générateur qu'il haïssait tant. Se redressant, il posa une main sur son cœur de métal et se leva. Il traversa la chambre en quelques enjambés avant de pousser la porte et de pénétrer dans un salon ovale en cohabitation avec une cuisine américaine. Dans celle ci, un homme à la peau aussi noire que les vêtements parcourait des yeux l'écran d'un ordinateur.
Haussant le sourcil qui surmontait le seul œil valide, l'homme le salua :
-Bonjour monsieur Stark.
-Hum… Bonjour monsieur Fury.
Le général en chef du SHIELD jeta un regard au jeune homme qui s'avança vers la cuisine pour sortir du frigo une mixture verdâtre ressemblant à une soupe. Avalant la moitié du flacon en grimaçant, le génie jeta un regard à Fury qui ne le quittait pas d'un œil. Ce n'était pas la première fois qu'il posait sur lui un regard aussi suspicieux, aussi s'enquit il :
-Qu'est ce qu'il y a ?
-Il y a que vous êtes maigre, monsieur Stark.
-Ah c'est juste ça… Soupira Tony… Allez passé deux mois dans une grotte Afghane, nous en reparlerons après.
-Votre cynisme est sans égale, commenta l'homme fermant l'ordinateur.
-Tout comme votre sérieux. Franchement monsieur, si je puis me permettre, vous devriez vous détendre un peu plus.
-Et vous vous devriez manger un peu plus.
-Comment je m'alimente ne vous regarde pas, déclara Tony finissant sa mixture.
Se levant, l'homme calla l'ordinateur sous son bras et se dirigea vers le bar où il glissa l'objet dans une house noir frappé d'un aigle. Posant sur le lycéen un regard presque meurtrier, il se redressa et vint se planter devant lui. Il l'avait vu quatre mois plus tôt, lors d'une conférence organisée par Howard, et le garçon à la tignasse bouclée n'avait plus rien à voir avec le jeune homme brun aux cheveux courts dont les yeux décidés ne laissaient aucun doute sur la souffrance qu'il ressentait. Sa silhouette autrefois souple et guillerette était devenue malingre et sèche, ses muscles travaillés étaient à présent naturel, et il aurait pus passer pour un lycéen normal si il n'avait pas eu ce cercle de lumière bleu qui irradiait dans sa poitrine. Lorsque Nick Fury avait accepter de s'occuper du dernier Stark, il n'avait pas réalisé à quel point le fossé qui les séparaient serait profond. Comment passer cette limite invisible qui les murait dans un sinistre vouvoiement ? Décidant qu'il y réfléchirait plus tard, le général déclara :
-Il se trouve que si : vous êtes sous ma responsabilité et si vous ne vous nourrissez pas suffisamment ce sera moi sur qui les associations de maltraitance de l'enfance retomberont.
-Maltraitance ? Fit le lycéen avec un sourire dépité.
Tapotant sur le réacteur qu'il avait dans la poitrine, il posa sur l'agent un regard où se mêlait douleur et un certain amusement avant de murmurer :
-Parlez lui de maltraitance à lui, il s'y connaît.
-Fort bien, conclut l'homme désemparé devant cette technologie inconnue sur laquelle personne ne connaissait rien excepté son concepteur qui venait de fêter ses seize ans dans une grotte Afghane, Mais prenez au moins vos médicaments contre l'arsenic : Stane a bien faillis vous avoir.
-Oui maman.
Sans rien prononcer de plus Tony saisit une boite de pilule qu'il ouvrit avant d'en tirer deux et de les avaler avec un peu d'eau. Rinçant le récipient qui avait contenu le mélange verdâtre il entendit Fury demander, tentant encore une fois d'établir un contact, quelconque soit il :
-Vous êtes heureux de retourner au lycée après trois mois d'absence ?
-Si je suis content de me rendre dans un bâtiment fermé avec un cœur artificiel où l'infirmière ne sait pas différencier un mal de tête d'une plaie au genoux, où chaque personne va me poser des questions sur ce qui s'est passé pendant trois mois et où la vu de chacun d'eux me rappellera mes parents et le temps ou j'avais un cœur normal ? Laissez moi réfléchir deux minutes… Non.
-C'est vrai que vu sous cet angle ça ne parait pas attrayant, mais pensez que vous allez retrouver votre meilleur ami et une vie relativement normale.
-Une vie normale ? Je vous suis reconnaissant d'essayer de me remonter le moral monsieur Fury mais on m'a arraché ma vie « normale » le jour où on m'a enlevé mes parents.
-Ne soyez pas aussi pessimiste, soupira le général.
-Je me trouvais plutôt objectif, avoua Tony rangeant le verre dans un placard. Mais après les points de vu peuvent diverger…
Fermant sa sacoche, désemparé de l'énergie que le garçon mettait à l'empêcher de construire un pont pour enjamber le fossé qui les séparaient, l'agent se fit la réflexion qu'il avait peut être visé un peu trop loin en se donnant cette mission. Chargeant sa mallette sur son épaule, il se tourna vers le lycéen qui se dirigeait vers sa chambre et déclara alors qu'il y entrait :
-Essayez tout de même de passer une bonne journée.
-Oui… Murmura Tony qui n'en avait aucune envie. Bien sure.
-Je ne rentrerai pas avant minuit si vous voulez inviter des gens, faites juste attention à ne pas mettre trop de bazar.
-Ne vous en faites pas pour le bazar.
Il entendit la porte d'entrer être claquée et son réveil sonner, signe non pas qu'il fallait qu'il se lève mais qu'il était temps de passer un rapide entre vu avec le docteur Hubble, le meilleur cardiologue du monde qui se trouvait en ce moment même à une conférence à Zurich. S'asseillant à son bureau, le jeune homme ouvrit son ordinateur et demanda à haute voix :
-JARVIS, appel le docteur Hubble.
-Vos désirs sont des ordres monsieur. Vous vous sentez mal ?
-C'est plus compliqué que cela, disons que j'ai besoin d'un docteur depuis mon… ma…
Comment pouvait il appeler la transplantation du générateur entre ses parois intercostal ? Il avait déjà penser à plusieurs noms plus étranges les un que les autres, mais aucun ne convenait, aussi à chaque fois qu'il en parlait se contentait il de laisser un blanc, ce que les gens autour de lui comprenaient plus que bien. Seulement il n'était pas certain que ses professeurs et ses camarades comprennent ses silences. Il ne finit pas sa phrase, mais JARVIS n'en tint pas compte et après avoir allumé l'ordinateur appela le cardiologue. Quelques secondes plus tard, un homme d'une cinquantaine d'année apparut, portant des cheveux grisonnants et de petites lunettes. Avec un grand sourire, il demanda :
-Bonjour Tony, ça va ?
-Bonjour docteur, je vais plutôt bien merci.
-Tu as l'air fatigué, fit l'homme s'approchant de sa webcam.
-Rien d'étonnant : je reprend les cours aujourd'hui.
-Hum… Je comprends mieux. Mais si tu veux mon conseil attend d'y être pour te fatiguer. Enfin, tu as travaillé sur le nouveau générateur ?
-Pas vraiment, avoua le lycéen, mais je compte m'y consacrer dés que j'aurai repris un rythme de vie à peu près ordinaire.
-Je te comprends mon garçon, mais tu ne dois pas oublier que ton cœur ne pourra pas attendre éternellement.
-Ne vous en faites pas, je n'oubli rien. Seulement vous pensez que j'ai une semaine ?
L'homme sembla hésiter un instant avant se rajuster ses lunettes sur son nez et de froncer ses broussailleux sourcils. Une grimace tordit ses lèvres avant qu'il ne pousse un soupir :
-Je ne suis sure de rien mais je pense que tu peux disposer de cinq jours. Après c'est trop risqué. Tu n'es pas malade ?
-J'ai continuellement la nausée si ça répond à votre question.
-Il faut que tu manges si tu veux te rétablir.
-Je fais ce que je peux et ce n'est pas simple, se défendit le lycéen.
-Je sais, excuse moi. Parfois j'oubli que tu n'as que seize ans : tu n'as plus rien à voir avec le garçon que j'ai rencontré il y a six mois lors de la fêtes organisé par Obadiah. Comment se porte il d'ailleurs ?
-Les journaux vous répondront sans doute mieux que moi.
-Je vois… Alors tu te souviens des trois piliers quand on a un problème cardiaque classique ?
-Je rêve, soupira Tony légèrement ironique, je n'ai pas encore passé la porte du lycée et vous voulez déjà me faire réciter mes leçons ?
-Tout a fait. Alors ? J'attends.
-Pas de sport intense, pas d'émotion trop forte et… euh…
-DU REPOS ! Hurla le médecin, Ce n'est pourtant pas très compliqué, si ?
Le repos était bien la seule chose que le lycéen n'était pas arrivé à trouver lors de sa convalescence. Enfin il avait trouvé un tueur, on ne pouvait pas tout avoir, songeait il. Faisant mine d'avoir oublié ce point, le génie murmura :
-Hum… Ça me rappel vaguement quelque chose.
-Ça a plutôt intérêt ! Je suis sérieux Tony : si tu ne te reposes pas, personne ne sait ce qui se passera.
-Ne vous en faites pas.
-Ne pas m'en faire, ne pas m'en faire ! C'est plus facile à dire qu'à faire ! Bon, changeons de sujet : comment ça se passe avec le général Fury ?
-Et bien notre relation est pour l'instant… platonique.
-Tu ne lui as pas encore fait de blagues idiotes ? Mais c'est un miracle ! Ironisa l'homme.
-Oh j'ai bien essayé mais il a peu près autant d'humour qu'un crapaud.
-Que sais tu de l'humour des crapauds, je te le demande ! Je suis désolé Tony mais j'ai une conférence dans dix minutes et je n'ai pas encore préparé mes affaires.
-Je vois… Bonne journée !
-Toi aussi essayes de ne pas mourir le premier jour.
-Je ne promet rien, fit il avec un petit rire.
Le médecin ferma son ordinateur en même temps que le lycéen. Celui ci attendait quelques minutes, fixant la coque bleu de l'objet et songeant à tout ce qui allait pouvoir lui arriver durant cette journée. Se levant il finit par sortir de ses pensées, quitta sa chambre et se dirigea vers la salle de bain où il se déshabilla et prit une douche glacée. L'eau glacée d'une douche avait été la première chose qu'il avait demandé une fois sortit de sa grotte, et jamais il ne s'était sentit si bien que frissonnant sous ces larmes de givre. Une fois sortit il enfila son jean et allait se saisir de son tee shirt lorsque son regard rencontra l'immense miroir qui couvrait un mur entier de la salle de bain. Sans buée, sa surface plane reflétait à merveille sa poitrine déchiquetée par les balles au centre de laquelle brillait le mini générateur ARK. Il se revit quelques mois plutôt, il avait alors une tignasse trempée par l'eau chaude, une joie de vivre comparable à nul autre, une insouciance sans limite et une poitrine « normale ». Comme les choses pouvaient changer en trois mois…
Enfilant un tee-shirt noir, un pull de même couleur et un sweet semblable, seul moyen qu'il ait trouvé pour cacher le cercle de lumière qui parfois jouait les lampes torches, il poussa un soupir. Il avait décidé qu'il ferait tout son possible pour cacher à ses amis et aux autres l'existence de cet élément en palladium, mais à par grâce au camouflage et à des mensonges, il n'avait aucune idée de comment s'y prendre. Il fourra dans son sac un thermos plein de la mixture verdâtre qu'il devait avaler tous les jours pour prévenir la mini explosion qui pourrait avoir lieu dans le réacteur et un paquet de cookies sans réellement penser qu'il le mangerait.
Il quitta la maison quelques secondes plus tard et prit le car dans lequel il n'était pas monté depuis trois mois. Le conducteur, un homme plus large que grand qui portait une chemise grise et une casquette et qui s'appelait Donald Greyson le regarda, haussant un sourcil :
-Bonjour, murmura il.
-Bonjour, fit Tony se dirigeant vers le fond du bus.
-On peut savoir qui tu es ? Demanda le chauffeur.
Un sourire se dessina sur les lèvres du jeune homme alors qu'il s'arrêtait. Alors en trois mois il avait autant changé que cela ? Il savait ne plus avoir grand chose à voir avec le Tony du avant l'accident, mais il ne savait pas être méconnaissable à ce point. Lorsqu'il montait dans le bus, Ronald le reconnaissait toujours mais apparemment cela avait changé. Fixant l'homme, il demanda :
-Vous ne me reconnaissez pas ?
-Je devrais ?
-Et bien oui. Monsieur Greyson, vous ne me reconnaissez vraiment pas ?
-Puis ce que je te dis que…
Fixant les yeux bleus du garçon où se dessinait une lueur de génie, la mâchoire de l'homme tomba et il le fixa, hébété. Rêvait il ? Hallucinait il ? Si oui il aurait préféré rêvait de femmes nues plutôt que d'un élève qu'il croyait mort depuis plus de trois mois :
-T… Tony ? S'enquit il.
-Ça vous surprend à ce point ?
-Mais c'est que je te pensais mort ! Ça alors !
Se levant d'un bond il sauta par dessus la barrière qui le séparait des élèves et prit le lycéen par les épaules. Il lui parut maigre comme un épouvantail, mais il n'y fit pas attention et se tourna vers le reste du bus composé de jeunes filles qui pouffaient entre elles et des garçons à peine moins nombreux qui devaient fantasmer sur une prof ou une actrice porno.
-Eh ! S'exclama il, Regardez un peu par ici !
Oh non, songea Tony, pas ça. D'ordinaire il adorait se donner en spectacle mais dés son premier jour, il n'était pas certain que ce soit une bonne idée. Un étrange élancement lui secoua la poitrine avant qu'il ne pose une main sur son cœur et ne rencontre… le générateur. Rageant il se fit la réflexion que si ce générateur était humain il l'aurait étranglé sans demander son reste alors que le bus se taisait et que tous le fixaient. Il devina que les filles se demandaient qui il était, les pimbêches si il était célibataire, et les garçons devaient déjà avoir envie de l'attacher à un poteau du terrain de foot pour le bourrer de coup. Ce n'était pas par ce qu'ils ne le tenaient pas en estime, mais c'était une tradition infligée à tout les nouveau et bien qu'il n'en soit pas un, le fait qu'il ait tant changer en trois mois ne l'en préservait pas. Au contraire, les méprises seraient grandes et il risquait de rentrer avec des bleus.
-Vous ne le reconnaissez pas ? S'enquit il. C'est Tony Stark !
Le bus éclata de rire alors qu'une voix du fond qu'il reconnu comme celle de Max Macadams, un jeune homme sans QI mais aux muscles d'airain, s'exclamait :
-Mais il est mort !
-Mais non ! Regardez, mais regardez !
-C'est bon monsieur Greyson, murmura le génie grimaçant, laissez.
Se dégageant de l'étreinte du chauffeur, il baissa la tête jusqu'à la rangé du fond où il tenta de trouver une place, sans succès. Max et sa bande y avait semble il élu domicile et il ne voulait pas tenter le diable en leur demandant de lui faire une place. Il alla donc prendre place un peu plus en avant à côté d'une vitre. Il colla son visage à celle ci, le bus s'ébranla et il regarda les rues de New York défilées, songeur. Lorsqu'ils passèrent près de la Toure Stark, il pensa à Obadiah Stane qui croupissait dans une prison du SHIELD, et il n'était pas mécontent que l'assistante de son père, Rowena Cups, ait été nommée présidente en attendant qu'il puisse gérer l'entreprise.
Rowena était une femme d'une trentaine d'année aux cheveux brun qui était toujours tirée à quatre épingles et qui donnerait bientôt le jour à une petite fille. Lorsqu'Howard l'avait su, il avait organisé une grande fête dans la Toure, ce que ses concurrents avaient eu un peu de mal à comprendre. A vrai dire, jamais aucun autre milliardaire n'avait comprit pourquoi Howard Stark était aussi attaché à ses employés, ni pourquoi dés que quelque chose leur arrivait il en était autant affecté.
Le bus dus s'arrêter trois ou quatre fois avant d'être plein, sinon la place à côté de lui. Il réfléchissait à un projet auquel il n'avait pas pensé depuis son évasion lorsqu'il entendit une voix demander :
-Euh… Je peux m'asseoir ici ?
Se retournant, il trouva une jeune fille de son âge aux cheveux roux et aux bleus qui portait un jean et un tee shirt blanc. Il n'avait pas souvenir de l'avoir déjà vu, aussi fut il surprit qu'elle lui parle. Qui parlerait à un nouveau tout de noir vêtu avec une tête de cadavre ? Un autre nouveau tout de noir vêtu avec une tête de cadavre, mais cette fille n'avait ni l'air d'une déterrée ni d'une gothique. Elle devait être nouvelle :
-Bien sure, si je ne te fais pas peur.
-Je ne t'ai jamais vu, déclara elle prenant place, d'où tu viens ?
-Et bien… C'est compliqué.
-Tu es nouveau ?
-C'est compliqué aussi.
-Et si tu fais la tête, il y a une raison simple ou bien c'est compliqué ?
-C'est…
Un sourire étira ses lèvres. C'était rare qu'il sourit ou qu'il rit depuis trois mois, mais la situation ne manquait pas de comique. Il faudrait qu'il trouve une autre réponse que « c'est compliqué » à donner aux gens quand ils lui poseraient des questions. La rousse eu un sourire elle aussi avant de déclarer :
-Moi, je suis arrivé de Virginie le mois dernier.
-Je revenais d'Afghanistan… Susurra il avec un sourire.
-Qu'est ce que tu dis ?
-Euh… rien. Pourquoi tu as quitté la Virginie ?
-Ma sœur, avoua elle haussant les épaules, elle voulait faire des études de design et la meilleure école est à New York, donc on a déménagé. Et toi ? Pourquoi tu as quitté le « C'est compliqué » ?
-Et bien… pareil.
La jeune fille éclata de rire alors qu'un sourire se dessinait sur les lèvres du génie. Elle ne semblait pas prendre en compte le fait qu'il refusait de parler de lui, elle semblait au contraire s'en accommoder :
-Tu n'es pas un grand bavard, remarqua elle.
-C'est compliqué.
-Tu sais dire autre chose que « c'est compliqué » ?
-C'est…
-Si tu me dis encore une fois « C'est compliqué » je te pette la gueule.
-Oh j'ai peur, ironisa il.
-Tu devrais, lui assura elle avec un sourire, je vois à ton insouciance que tu n'as jamais tâter du talon aiguille !
-J'ai tâté pire, lui assura il songeant aux balles.
-Hum… Je ne serai pas aussi sure si j'étais toi.
Avec un sourire, le jeune homme se tourna vers elle et planta ses yeux bleus dans les siens. Etrangement elle n'en parut pas impressionner du tout, ce qui le surprit. Il se fit la réflexion qu'elle était plutôt jolie, même si elle n'avait ni la poitrine des jumelles Nerd ni leur blondeur. Et elle paraissait plus intelligente. Il aurait aimé dire quelque chose ais elle le devança :
-Comment tu t'appels ?
-Anthony Stark. Et toi ?
-Pepper Potts. Tu es LE Stark que tout le monde croit mort ?
-Et bien… Oui.
-C'est cool, conclut elle. Tu savais que le prof de sport était malade et qu'il était remplacé par une femme ?
Agréablement surprit qu'elle ne s'occupe pas davantage de son nom de famille que si il s'appelait Duchnoc, le jeune homme eu un léger sourire avant de déclarer :
-On est peut être pas dans la même classe, tu sais.
-Si : tous les matins les profs t'appellent sans que tu répondes. J'ai finis par croire que tu étais mort moi aussi.
-Déçu ? S'enquit il ironique.
-Et bien je préfère savoir que tu es en vie plutôt que de laisser mon imagination te donner tout un tas de fin tragique.
-Quels étaient les scénarios que tu préférais ? Demanda il.
La lycéenne réfléchit un moment, choisissant ses pensées avec autant de soin que ses mots. Tony se demandait si elle-un élément issu d'un groupe donc qui devait penser la même chose que les autres- l'avait tuer d'une overdose de crack, d'une explosion terroriste ou bien d'un accident de voiture. Cette seule pensée lui envoya une décharge électrique dans la poitrine, venant du générateur ARK. Il grimaça, étouffant un gémissement, posa sa main sur sa poitrine et se répéta ce que le docteur Hubble lui avait dit quelques semaines plus tôt : il devait penser le moins possible à ses parents car cela déclenchait une accélération de ses pulsations cardiaques qui brouillaient le générateur. Pepper, voyant que quelque chose se passait chez son voisin demanda :
-Ça va ?
-O… Oui.
-Bon, dans ce cas j'aimais bien t'imaginer te noyant comme Léonardo DiCaprio dans Titanic, mais les autres te voyaient plus périssant dans le crash du jet de ton père. Sinon il y avait l'hypothèse que des gros bras t'avaient tabassé à mort, mais les autres préféraient celle que tu tétais fais péter tout seul avec une de tes inventions.
-Et après ? On ne m'a pas vu mort d'une overdose de crack ?
-Pas que je sache. Certain disaient que tu étais trop petit pour te droguer, mais de ce que je vois tu n'as pas l'air trop petit pour quoi que ce soit…
-Euh… Ça aussi c'est compliqué. Tout le monde me condamnait ?
-Tout le monde sauf James Rhodes, avoua elle. Lui il croyait dure comme fer que tu étais encore en vie. C'est ton meilleur ami, non ?
-Oui. On se connaît depuis la maternelle, on en a fait de belles ensembles. Madame Armington en sait quelque chose.
Un sourire se dessina sur ses lèvres lorsqu'il eu finit sa phrase. Le fait qu'il parle semblait lui faire plaisir. Elle ne fit pourtant aucun commentaire, se contentant de froncer les sourcils et de murmurer :
-C'est étrange certain t'ont décris comme un garçon un peu petit pour son âge avec une tignasse de boucle, une joie de vivre incomparable, infatigable, bourreau des cœurs et surtout comme un génie. Pourtant de ce que je vois tu es grand, tu as les cheveux courts, tu m'as l'air aussi heureux de vivre qu'un dépressif, aussi fatigué que quelqu'un qui a la grippe, qui ne pourrait même pas faire de l'œil à une morte tellement il a une sale tête et je ne vois pas grand chose du génie.
-Et bien…
Il allait dire « c'est compliqué » mais se retint. Il trouvait Pepper sympathique et ne voulait pas paraitre imbécile à toujours répondre les mêmes choses. Il fit donc un effort pour trouver une réponse convenable :
-… Disons que depuis trois mois ma vie a été mouvementée et quant au génie… Il n'a pas assez bien travaillé et il va avoir du pain sur la planche.
-Si je peux t'aider n'hésite pas surtout !
-C'est gentil mais je ne crois pas que tu servirais à grands chose.
-Ne me sous estime pas, déclara elle, je suis certaine que je pourrai t'apporter mon aide !
-Tu t'y connais en énergie thermonucléaire ? Demanda il.
-Et bien… Non.
-Et en balistique ?
-Non plus.
-En cardiologie ?
-J'ai bien peur que non.
-Dans ce cas tu ne me seras d'aucun secours, mais merci quand même.
La lycéenne sembla déçue mais cela ne mit pas de véto à sa bonne humeur pour autant. Elle reprit avec autant d'entrain qu'avant :
-Tu penses bien te réintégrer au lycée ?
-Et bien ça dépend… Tu t'es bien intégrer toi ?
-Non, avoua elle, J'ai essayé de rentrer dans l'option théâtre mais on m'a dit que j'étais trop moche, même si je pense qu'elles sont juste jalouses de mes cheveux. Ensuite j'ai essayé le club de chimie mais là encore ça n'allait pas et quand je suis allé voir le club de lecture où j'ai été accepté, un grand dadet binoclard avec un appareil dentaire qui bavait a commencé à me faire de l'œil. Ensuite un certain « Max » carré comme un frigo mais bête comme un moineau est venu me parler alors que m'inscrivais en cour de biologie et depuis toutes les filles me détestent. Quand j'ai intégré le club de math par ce que tout les autres étaient soit plein soit dirigés des filles qui me haïssaient, la mort dans l'âme, je me suis faite une raison et j'ai sympathisé avec le seul élève qui avait l'air d'autant s'embêter que moi…
-… Laisse moi deviner : James Rhodes.
-Comment tu le sais ? Demanda elle ébahi.
-Rhodey a horreur des maths mais il s'y ait pris un peu trop tard en début d'année et il n'y avait plus le choix qu'entre maths et théâtre, les autres sections étant pleine. Et comme j'étais en maths il m'a suivi.
-Les inséparables, soupira elle avec un sourire, Tu fais quoi toi ?
-Mathématiques, astrologie extra-système solaire et nanotechnologie. Mais quand je m'ennui je vais en cour d'astronomie, de mécanique, de robotique et de physique quantique. Quoi que je crois que je vais devoir ajouté la biologie à cette liste.
Ecarquillant les yeux, la rousse fixa son voisin comme si il avait un ovni. Est- ce qu'il se fichait d'elle ? Si oui c'était un sacré acteur tant il semblait sincère. Elle décida de s'en assurer :
-Alors pendant que moi j'affronte vaillamment mes options auxquelles je ne comprends pas grand chose, toi tu en prends en supplément ?
-Il m'arrive souvent de corriger les profs, avoua Tony. Je suis un génie.
-Un génie très modeste à ce que je vois, ironisa elle.
-Si tu veux je te donnerai un coup de main en math il m'arrive d'en donner un à Rhodey.
Ses yeux s'allumèrent, mais il ne su si c'était de la reconnaissance ou une envie de meurtre. Il avait déjà vu la lueur de la soif de mort dans les yeux de certain des Afghans qui l'avaient gardé prisonnier et dans ceux de Stane, mais il ne ressentait pas le même malaise à la vue des yeux de Pepper. En repensant aux simples yeux des geôliers et de son ancien protecteur, une nouvelle décharge le fit frissonner :
-Argh !
-Tout va bien? Demanda la jeune fille perdant son expression.
-Oui, très bien, mentit il.
-Tu es sure que…
-Oui.
-Mais c'est la deuxième fois que ça t'arrive.
-Je te dis que ça va !
Devant la sécheresse de son ton la jeune fille préféra changer de sujet, n'ayant aucune envie de se fâcher avec ce jeune homme et reprit :
-En tout cas si tu peux me donner un coup de pouce en math ce serait vraiment, vraiment, vraiment sympa. Merci Anthony.
-Pas de souci, sauf une chose peut être.
-Quoi ? Je suis prête à te payer si il n'y a que ça !
Le garçon éclata de rire à la surprise de sa voisine. Qu'avait elle dit de drôle ? Rarement il avait rie comme cela depuis que ses parents étaient morts. Reprenant son souffle il se tourna vers sa voisine qui le regardait avec de grands yeux et s'exclama :
-Je suis milliardaire alors garde ton argent. Non, le souci c'est si tu m'appels Anthony… Seul les profs m'appel comme ça : et encore ils préfèrent hurler « Monsieur Stark ! ». Alors appel moi Tony, c'est plus court.
-D'accord… Tony.
Au même moment le bus s'immobilisa devant un bâtiment de briques rouges où un écriteau « Welcome to Blues Pell High » accueillit les élèves. Le car se vida en un brouhaha comparable à celui d'un troupeau de mammouth en migration, laissant les deux lycéens sur leurs sièges. Se levant, ils sortirent les derniers d'un pas rapide alors que Pepper demandait :
-On a quoi comme cours ce matin ?
-Comment dire… Je n'ai pas jeté un seul coup d'œil à mon emploie du temps depuis trois mois alors je n'en ai pas la moindre idée, avoua il.
Posant ses mains sur ses hanches, la jeune fille le suivit alors qu'il remontait l'allée dallée qui menait à la porte du lycée. Avec un sourire ironique, elle déclara :
-Je croyais que tu étais un génie !
-Et bien le génie a été occupé autre chose pendant trois mois… Bref, je suppose que tu le sais toi, non ?
Haussant les épaules, ils entrèrent dans le lycée où les va et viens des élèves étaient déjà intempestifs. Tony avait oublié le chahut du lycée, son odeur d'activité, ses murs d'un vieux blanc, ses casiers en acier, son terrain de football où tant de gens avaient été ridiculisé et tout les souvenirs qui allaient avec lui revinrent, le forçant à s'appuyer sur un casier, grimaçant sous la décharge. Frictionnant son cœur en métal, il se fit la réflexion qu'il n'avait pas cinq jours pour échafauder un nouveau réacteur alors que la rousse déclarait :
-Je suis nouvelle je te rappel !
-J'ai jeté mon emploie tu temps en début d'année.
-Qu'est ce que tu as pus faire pendant trois mois pour oublier ton emploi du temps ? Demanda la rousse sortant le sien de son sac en bandoulière. Tu as rejoins un clan de hippie et tu étais trop shooté pour te rappeler de ton prénom? Ou alors tu étais coincé dans un monastère au Tibet où on t'a appris tous les livres sacrés ?
-Ça ne te regarde pas, trancha il se redressant.
-Et ces décharges électriques, c'est dus aux moines aussi ?
-Non ! S'exclama il, Enfin oui ! Argh !
Pas d'émotion forte avait dit Hubble. Fermant les yeux il se força à prendre une grande inspiration et à se détendre. Il ne fallait pas qu'il permette à la balle qu'il avait logée entre les poumons d'atteindre son cœur, ni de laisser le générateur jouer les taser quand ça le chantait. Il était maitre de lui même, mais il y avait un élément sur lequel il n'avait aucune emprise : ce maudit ARK. Bien qu'il lui ait sauvé la vie, Tony regrettait parfois de ne pas pouvoir le débrancher sans se tuer. Il sentit Pepper poser sa main sur son épaule et l'entendit murmurer :
-On a biologie.
-Merci, murmura il.
Se redressant il rouvrit les yeux et posa ceux ci sur la jeune fille qui semblait s'en vouloir. Décidant de ne pas la tenir responsable de ses spasmes, il remonta son sac sur son épaule et déclara seulement :
-Allons y.
-Je… je suis désolé, murmura elle.
-Ce n'est pas grave.
-Tu ne devrais pas aller voir l'infirmière ? Hausa elle demander alors qu'il partait vers la salle de science.
-Oh non… Je t'en supplie ne commence pas. Je pense que les gens vont suffisamment me le conseiller.
Pepper fit « oui » de la tête avant que le duo ne parte vers la salle de science. Montant un escalier ils pénétrèrent dans une pièce entièrement carrelé aux murs bleu pâle. La classe presque au complet était assise autour de table en porcelaine en face d'un grand tableau numérique. Au fond de la classe se trouvait un jeune homme à la peau colorée dont le visage semblait triste. Il portait un jean et une chemise blanche qui se faisait ressortir l'éclat de ses dents. Pepper, qui décidément ne semblait pas timide, s'exclama :
-Salut Rhodey !
-Tiens, fit le garçon levant la tête, Salut Pepper, qui est avec to…
Il ne put finir sa phrase, ses yeux s'écarquillant avant. Il se leva d'un bond et fixa le duo, incrédule, avant de s'exclamer :
-Tony ?
-Salut Rhodey, le salua il.
Il aurait aimé dire certaines choses pour s'assurer que son meilleur ami n'allait pas s'évanouir, mais il n'en eu pas le temps, le jeune homme se précipitant sur lui et le serrant dans ses bras. Le génie crut un instant qu'il allait étouffer mais le simple fait de savoir que son meilleur ami n'avait pas pris compte de son absence pour le remplacer fit frémir son cœur de métal. Il le serra lui aussi sous les yeux ébahis de Pepper qui n'aurait pas crus un instant que deux garçons étaient capable de se témoigner autant de tendresse. Tony sentit son cœur s'accélérer et la décharge le faire trembler mais il ignora sa douleur, se contentant de prêter attention à la joie qui l'ébranlait.
-Je suis tellement content… Murmura Rhodey. Tout le monde te disait mort mais je ne l'ai jamais cru… Je ne l'ai jamais cru !
-Je sais, quelqu'un me la dit ce matin.
Se séparant, le duo eu un sourire entendu. Aucun des deux ne réussissait réellement à comprendre que l'autre était en face de lui et se demandaient si ils ne rêvaient pas. Une voix résonna, mettant fin au moment magique et dont les deux avaient rêvés cent fois qu'était leurs retrouvailles :
-Monsieur Rhodes, mademoiselle Potts, allez vous asseoir avec le nouveau je vous prie.
Se retournant, les trois trouvèrent une petite femme au regard perçant qui portait un tailleur aussi serré qu'un corset. Cette femme était madame Wild, leur professeur de biologie qui avait la patience d'un tigre en colère et une humeur digne d'un chien, aussi obéirent ils sans grandes convictions. Assis l'un à côté de l'autre, Pepper à un bout de la table et Rhodey à l'autre, ils n'attendirent pas longtemps avant de commencer leur conversation. Ce fut James qui fut le premier à déclarer, dévisageant son meilleur ami de haut en bas :
-Et bah… Je t'aurais croisé dans la rue je ne suis pas certain que je t'aurais reconnu ! Quelle métamorphose.
-Il a changé à ce point ? S'enquit Pepper.
-Oh oui, mais tu n'as pas l'air en forme.
-Et bien… Commença Tony.
-C'est compliqué, répondit Pepper à sa place.
-Tu lis dans mes pensées Pepper. Je te raconterai plus tard Rhodey.
-Tu n'es pas trempé dans une sale affaire j'espère.
Pour être une sale affaire s'en était une, une affaire sale de sang, d'argent, de sable, d'arsenic et de palladium, mais il ne pouvait tout expliquer dans le fond d'une classe de biologie. Il ferait en sorte d'en parler à son meilleur ami pendant la pause déjeuner, ou mieux que de lui parler : il lui montrerait. Mais avant il fallait qu'il s'assure qu'il ne tombe pas dans les pommes par ce que si l'infirmière lui demandait ce qui lui avait créer un tel choc, il n'aurait plus qu'à révéler son secret à tous. Et c'était hors de question.
-Je te dirai tout à la pause déjeuner, en attendant ne me pose aucune question sur ce qui s'est passé pendant mon absence.
-D'accord.
-Mais moi je ne suis pas d'accord ! S'exclama Pepper a mis voix. Je peux savoir aussi ?
-Pepper, c'est…
-… compliqué, je sais, je sais, je sais. Et si tu t'es embarqué sur le Titanic et que tu ne veux pas en parler je le conçois mais s'il te plait, si ce n'est pas ça, dit le moi !
-Pepper, je peux t'assurer que ni Titanic ni Leonardo DiCaprio n'ont à voir là dedans.
-Ouf ! Tant mieux ! J'aurai été déçu sinon, ce film n'est vraiment bon que pour les petites filles, vous devriez voir ma sœur quand elle le regarde : une vraie fontaine.
-Mademoiselle Potts ! Hurla le professeur saisissant son cahier d'appel, Veuillez vous taire.
La jeune fille aurait pus répondre une réplique d'Hamlet ou quelque chose du même genre mais elle se retint, désirant en savoir le plus possible sur son nouveau camarade de classe. Elle tourna la tête vers Tony et Rhodey qui reprirent là où ils en étaient avant l'interlude « Titanic » :
-Tu vas bien au moins ?
-Tu sauras tout ce midi.
-J'ai lus que tes parents étaient mort, ça va ? Comment tu as réagi ?
-Je n'ai pas eu le temps de réagir, avoua il grimaçant.
-Comment ça ? Demanda le jeune homme fronça les sourcils.
-Tu sauras tout plus tard.
-Bon, dans ce cas pourquoi tu n'es pas venu dormir chez moi le soir où tu as appris que tu étais orphelin ?
-Sur le moment je n'y ai pas pensé, j'avais surtout en tête le voya…
Il se tut, juste à temps. Il ne pouvait vraiment pas se permettre de tout révéler à Rhodey ici, bien que l'un comme l'autre ils mourraient d'envie d'évoquer le sujet. Pepper, haussant un sourcil, demanda :
-Le voya…ge, peut être ? Quel voyage ?
-Rien. Je pensais à un voyage que j'ai fais par la suite.
-Un voyage ? S'enquit Rhodey surprit, Mais de quoi tu parles ?
-J'ai trouvé ! S'exclama Pepper ironique, tu es parti en Afrique et tu as contracté la malaria !
Tony éclata de rire, rien à faire cette fille avait un don pour l'amuser. La malaria ? Et puis quoi encore ? Il fut réprimandé par son professeur sous le nom de « monsieur qui rigolez au dernier rang » et se reprit, mais ça n'avait rien d'important. Il n'avait jamais cru que le simple fait de retourner au lycée lui changerait à ce point les idées, lui sortant en grande partie Obadiah Stane, les Afghans et ses parents de la tête. Il sentit le générateur le lancer à nouveau et il dut serrer les poings pour ne pas tomber de son tabouret. Reprenant son sourire, il déclara :
-Non Pepper, je n'ai pas attrapé la malaria.
-Ah ? Dommage, encore raté.
-Tu ne trouveras jamais toute seule, lui assura il. Enfin pour en revenir à ce voyage,-c'est là que c'est passé un des élément capital de mon absence-, je ne peux pas parler de ça maintenant.
-C'était bien au moins ? Demanda la rousse.
Bien que cette question le surprenne, Tony ne voyait pas ce qu'il perdait à y répondre. C'était assez étrange de demander à quelqu'un si il avait fait bon voyage avant même de savoir où, mais il se décida finalement et répondit :
-C'était mémorable.
-Et le retour ? Pas trop dure de quitter le pays ?
-J'ai jamais été aussi heureux de rentrer de voyage, avoua il.
A cette phrase, des centaines de questions en plus germèrent dans l'esprit de ses deux compagnons. Content de rentrer de voyage ? Alors que Pepper se demandait si il était parti s'enterrer chez sa grand-mère en Irlande et James si ses parents avaient été mis en terre ailleurs qu'aux Etats Unis, madame Wild appela depuis son bureau :
-Pepper Potts ?
-Présente, fit la lycéenne plaignant mentalement le génie si il était parti manger du haddock bouillis et du haggis.
Le professeur reprit l'appel alors que Tony remarquait l'ébahissement de ses compagnons. Ils n'avaient pas l'air serein, aussi tenta il de les rassurer :
-Mais il ne s'est rien passé de grave ! Enfin si, mais… Grrr. J'en ai marre. Vous avez fait quoi vous pendant ce temps là ?
-Travaillé, déclara Rhodey sortant de sa torpeur.
-James Rhodes ?
-Présent madame !
-Moi j'ai déménagé, fit la rousse, mais on aimerait savoir ce que toi tu as fais pendant ce temps là !
-Anthony Stark ? Absent je suppose… Grommela le professeur.
-Présent, la reprit Tony sans prêter attention au silence de plomb qui s'abattit sur la classe et à son professeur qui manqua de tomber de sa chaise. Je t'ai déjà dis que vous sauriez plus tard.
-Tu me le diras, hein ?
Le génie poussa un soupir, n'ayant aucune envie de faire des promesses qu'il ne tiendrait peut être pas à une fille comme Pepper. Mais devant ses deux grands yeux bleus qui le fixaient, suppliant, il ne put que murmurer :
-D'accord, je te le dirai.
-Oh merci !
-Monsieur Stark, reprit le professeur de biologie, vous n'êtes pas mort ?
-Et bien non, c'est la surprise!
Madame Wild se dressa sur ses petites jambes et traversa la pièce jusqu'au dernier rang où elle s'arrêta pour fusiller Tony du regard. Depuis qu'il la connaissait, il avait toujours pensé que les regards de son professeur étaient la pire chose qui pourrait lui arriver, mais à présent qu'il savait d'expérience que non, il ne baissa pas le regard lorsqu'elle s'exclama :
-Très drôle jeune homme : je sais reconnaître mes élèves et vous n'êtes pas Anthony Stark !
-Imaginez moi avec vingt centimètres de moins, une tignasse de boucle, un peu plus de chaire sur les os et des couleurs sur le visage, je ne vous rappel personne ?
La femme laissa échapper un hurlement avant de poser sa main sur ses lèvres devant les yeux ahuris du reste de la classe. Tony savait exactement quelles questions hurlaient dans son crâne : est-ce un rêve ? Est-ce réel ? Pourquoi a-t-il autant changé ? Il est beau gosse maintenant, mais il a mauvaise mine… Il est malade ? Pourquoi je n'ai pas été averti de son retour ? Et tout un tas d'interrogation similaires. Elle finit par hurler :
-Monsieur Stark ?!
-Oui madame c'est moi. Je sais que cela vous surprend et que vous n'avez pas été prévenu mais…
-On peut savoir où vous étiez pendant ces trois mois ?! Vous avez manqué six contrôles !
-Oh c'est compliqué madame, le devança Pepper.
-Je ne vous demandais rien mademoiselle Potts !
-Elle a raison madame, déclara le génie.
Cela ne sembla pas suffire au petit corps trapu de madame Wild qui le fixa avec deux fois plus d'animosité avant de s'exclamer :
-Votre explication n'est pas suffisante ! Comment puis-je être sure que vous n'étiez pas en train de vous la couler douce dehors, hein ?
-Vous aurez certainement une lettre de mon tuteur.
-Votre tuteur ? Qui est il ? Une tante acariâtre, ou cette femme qui a reprit la direction de Stark entreprise ? Vous pourrez autant berner l'une que l'autre !
-Ni l'un ni l'autre, et ce sera difficile de le berner étant donner que, même si il n'a qu'un œil, il se trouve que c'est le général en chef du SHIELD : Nick Fury.
Alors que la classe écarquillait les yeux de surprise, madame Wild leur lança un dernier regard suspicieux avant de retourner à son bureau avec l'allure d'une musaraigne, remuant son petit nez rond. Le fusillant à son tour du regard, Rhodey s'exclama :
-Ton tuteur est Nick Fury ?!
-Chut ! Pas si fort. Oui, mon tuteur est Nick Fury. J'aurai préféré que ce soit quelqu'un d'autre, mais non.
-Et tu m'expliqueras plus tard, c'est ça ?
-Oui, c'est ça.
-Heureux de reprendre les cours ? Demanda Pepper sachant pertinemment qu'elle n'aurait aucun détail et que sa curiosité le supporterait mal.
-Ça dépend. Je suis a peu près certain de me faire taper par Max et sa bande, mais sinon je pense que tout va bien se passer… Enfin j'espère.
-Qu'ils essayent de toucher à un seul de tes cheveux : je leur ferai ravaler leurs dents !
-Si j'étais toi je ne serai pas aussi optimiste, déclara Pepper. Le dernier qui a essayé de contrarier a finit avec un plâtre.
Un silence plana dans la salle pendant quelques secondes, comme en suspension au dessus du sol avant que madame Wild qui avait commencé son cour sur l'anatomie d'une sourie se retourne et, fusillant Tony du regard, ne demande :
-Monsieur Stark, vous êtes sure que c'est vous ?
-Madame, je n'ai pas beaucoup de certitude en ce moment mais si j'en ai bien une c'est celle là.
-Je suis navré, fit elle sans sincérité, mais vous devez me dire ce que vous avez fait pendant trois mois.
-Madame, avec tout le respect que je vous dois je ne vous dirai rien.
-C'est un ordre monsieur Stark, pas une demande. Le proviseur m'a dit que vous aviez perdu vos parents et que vous serez absent quelques jours et vous revenez trois mois plus tard avec une mine de cancéreux, avouez qu'il y a de quoi se poser des questions !
Une décharge plus forte que les précédentes secoua sa poitrine, le forçant à contenir un gémissement. Ne pas penser à ses parents ni aux yeux des Afghans et se concentrer sur autre chose. Il sentit Rhodey poser une main sur son épaule et souffler :
-Ça va ?
-Hum… Hésita il… Oui, ça va aller.
Se redressant il posa sur le professeur un regard qui aurait fait frémir quiconque tant il était dure avant de demander le minimum pour que son cœur arrête de le lancer et qu'il ne meure pas pendant le premier cours de la journée :
-Madame, je vous serai gré de ne plus parler de mes parents.
-Je parle de ce que bon me semble monsieur Stark, aussi ce sujet me paraît capital, reprit elle. Où étiez vous ?
-En voyage, ne mentit il qu'à moitié.
-Où en voyage ? Et pourquoi n'ai-je reçu aucun mot du proviseure me prévenant de votre absence prolongée ?
Par ce qu'il avait prévu de partir trois jours avec Obadiah, pas de rester prisonnier deux mois dans cette grotte ni de s'y faire blesser. Il grimaça, sentant le pincement électrique lui parcourir la poitrine. Il fallait vraiment qu'il cesse de penser à ses parents et son voyage. Durant ces trois mois il avait remarqué à maintes reprises que dés qu'il s'agissait de sa blessure le générateur restait en veille et ne lui infligeait aucune décharge électrique. Il se força à se souvenir du moment où il s'était levé et avait regardé dans le morceau de miroir que lui avait donné le médecin qui l'avait sauvé, un certain Yinsen. Il avait posé le morceau sur une table, adossé à un verre et avait ouvert sa veste pour voir ce qui pouvait bien lui faire aussi mal. Il avait vu la boucherie à travers les bandelettes trop fines qui lui ceignait la poitrine, mais ses yeux étaient restés fixé sur l'électro aimant qu'on lui avait implanté. Il s'était demandé un instant si il s'agissait d'une bombe avant de réaliser que c'était bien pire que cela.
-Monsieur Stark, vous m'écoutez ?
-Pardon ? S'enquit il sortant de ses pensées.
-Je vous demandais si il était question du travail de votre…
-Arrêtez ! La supplia il refusant de frémir à nouveau sous une décharge, Non, ça n'avait rien à voir avec les investigations de Stark Industrie.
-Avec quoi dans ce cas ?
-Madame, je suis au regret de vous dire que si vous m'interrogez d'avantage je serai contraint de quitter la classe.
-Ah vraiment ? Dans ce cas monsieur Stark, veuillez sortir dés maintenant : je ferai un rapport au proviseur et peut être alors que vous voudrez bien faire part de votre voyage à un enseignant.
-Dans ce cas, fit le génie se levant et jetant son sac sur son épaule, je m'en vais.
-C'était de l'ironie monsieur Stark ! Où est donc passé votre sens de l'humour ?
-J'ai peut être une idée, déclara une voix féminine.
Se retournant, la classe entière trouva près de la porte une jeune femme brune aux yeux verts qui portait une blouse blanche. Sa silhouette élancée fit fantasmer plus d'un garçon, tout comme ses trais fins et la prestance qui s'échappait de son corps tout entier. Cette femme n'était autre qu'Ondine Dust, l'infirmière du lycée qui, malgré son physique avantageux, n'avait pas un niveau de médecine supérieur à celui de Tony. La seule différence était qu'elle avait suivit des études :
-Bonjour, fit elle seulement, Tony, ton tuteur et le professeur Hubble m'ont raconté tout ce qui s'était passé et m'ont demandé de leur téléphoner si quoi que ce soit se passait en rapport avec… avec… avec ça. Tu vois de quoi je parle ?
Qui ne l'aurait pas deviné ? Il s'agissait du réacteur ARK, ou il n'était plus Anthony Stark. Baissant les yeux vers son sweet il dévisagea longtemps sa poitrine avant de relever la tête et de murmurer :
-Je pense que même ceux qui ne savent rien ont deviné.
-Tant mieux. N'hésite surtout pas à venir me voir, même si ça a un rapport avec l'arse…
-D'accord madame, la coupa il. Je n'hésiterai pas.
-Même si il n'est question que de tes bless…
-Oui madame, même si il est question de vous savez quoi, maintenant je vous en pris, ne dites plus rien.
Pourquoi Fury avait il tout raconté à cette infirmière sans cervelle qui, dés que le moment se présenterait, s'empresserait de tout dévoiler à n'importe qui ? La brune qui, bien qu'elle ne soit pas futé avait un grand cœur, eu un sourire et quitta la pièce, laissant la classe avec madame Wild qui était tout son contraire. Fusillant du regard Tony plus que d'ordinaire, elle demanda :
-De l'arsequoi ? Des blessquoi ? Et quel est cet objet ?
-Madame, je ne vous dirai rien.
-Et pourquoi donc ? Par ce que je suis votre professeur ?
-Par ce que ça ne vous regarde pas !
Le jeune homme sentit la rage monter en lui. Pourquoi cette vieille folle ne le laissait pas tranquille ? Il aurait pus ouvrir son sweet, retirer son pull et son tee-shirt et montrer à toute la classe les séquelles de ses aventures, mais il ne céda pas à son trouble et se contenta de pousser un soupir lorsqu'elle insista :
-Il me semble que justement je suis votre professeur, que le motif de vos absences me concerne, et à moins que vous ayez été très malade je serai intransigeante !
-Si j'avais su, ironisa il, Je vous aurai dis plus tôt que j'avais été enlevé par un groupe d'Afghans qui m'ont séquestré pendant deux mois !
-Votre blague n'a rien de drôle monsieur Stark, déclara la vieille femme, vous feriez mieux de penser aux otages américains qui sont retenu à travers le monde plutôt que de singer leur situations !
Sans qu'il l'ait désiré la classe éclata de rire. Qui avait il de drôle ? Il allait envoyer tous ces ânes prendre sa place, ils allaient comprendre ce qu'avoir un réacteur à la place du cœur faisait. Wild s'exclama, hors d'elle :
-Il n'y a vraiment rien de drôle !
-A se faire séquestré ? A non, je confirme ça n'a rien d'agréable.
-Si vous continuez comme cela je vous envoi chez le proviseur !
-Si vous croyez qu'il me fait peur…
-Monsieur Stark !
-Mais quoi ? Qu'est ce que j'ai fais encore ?
Il s'amusait. C'était affreux de songer cela mais il s'amusait beaucoup, rebondissant sur les remarques de son professeur comme une balle de tennis sur un mur. Cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas autant sentit vivant, sauf sous sa première douche glacée. Madame Wild reprit :
-Monsieur Stark : j'étais jusque là plutôt bien disposer envers vous mais ce n'est plus le cas !
-Ah ? Dommage.
-Vous mériteriez…
-… d'être envoyer chez le proviseur ? Je sais.
Le professeur allait reprendre lorsque la porte fut ouverte sur un surveillant que tous reconnurent comme le messager du directeur. Celui ci rajusta sa cravate, entra sans demander son reste et, se plantant devant le tableau, déclara :
-Monsieur Stark, veuillez me suivre je vous prie.
-Vous êtes là pour le punir ? S'enquit Wild, Tant mieux !
-Désolé de vous décevoir madame mais il s'agit de ses deux prochaines heures de cours que je me dois de surveiller.
-Le sport ?... Murmura Pepper incrédule, Pourquoi ?
-Cela ne vous regard en rien et je ne le sais même pas moi même. Monsieur Stark, venez je vous prie.
-J'arrive, murmura le lycéen.
Jetant son sac sur son épaule il se leva et suivit l'homme en lançant à Rhodey et Pepper un sourire en coin. Suivant l'homme avec qui il sortit de la salle, il en profita pour écarter de peu son tee shirt et son sweet pour jeter un œil au générateur dont le halo bleu était devenu verdâtre. Quelque chose n'allait pas.
-Monsieur Stark, l'appela le surveillant qui avait déjà parcouru quelques mètres, Vous venez ?
-Euh… Oui, fit il lâchant ses vêtements et rejoignant l'homme. Mais monsieur, qu'est ce que je vais faire pendant deux heures ?
-Je ne sais pas mais le proviseur a reçu une lettre qu'il m'a chargé de vous donner.
Sortant une lettre de sa poche, il la tendit au génie qui la saisit et l'ouvrit. Sur celle ci s'étalait une écriture fine semblable à des pattes de mouches. La première fois qu'il avait vu ces lettres qu'il avait d'abord prit pour des hiéroglyphes, Tony rentrait d'Afghanistan. Stane n'avait jamais pris garde à son cœur de métal qui semblait l'affaiblir de jour en jour, aussi Fury avait il pris sur lui de contacter le meilleur cardiologue du monde. Le docteur Hubble avait mis quelques jours à répondre qu'il était très occupé, mais le général avait tout de même trouver le moyen de lui avoir un rendez vous. Le médecin lui avait alors écrit une lettre où il lui demandait de bien vouloir venir le voir. Il se souvenait de ce jour comme si c'était hier : il était entré dans le cabinet du médecin où son corps entier semblait vouloir faire corps avec le dossier qu'il inspectait. Levant un sourcil à son entrée, il avait murmuré :
-Tiens, c'est vous ?
-Et bien oui.
-Très bien ne perdons pas de temps, j'ai un emploi du temps très chargé. Retire son sweet je vais te faire une échographie.
-Euh… Avait il murmuré… Docteur vous feriez peut être mieux de m'écouter avant vous risquez d'être… surpris.
-La semaine dernière j'ai vu un bébé dont le cœur sortait de la poitrine, crois moi j'ai connu pire !
Fury étant resté dehors, le médecin ne l'avait pas écouté et il avait retiré ses vêtements pendant que l'autre enfilait des gants en plastique. Se retournant, il avait semblé ennuyé et contraint avant que ses yeux ne rencontrent le générateur. Sa mâchoire s'était distendue, ses yeux s'étaient vidés de toute substance et il avait eu le temps d'emmètre un bref « UN ALIEN ! » avant de s'évanouir. Il était revenu à lui quelques minutes plus tard, avait bousculé les trois infirmières qui s'étaient penchées pour l'aider et fixé l'adolescent avant de s'exclamer, les yeux luisant comme si il avait vu un miracle :
-Demandez à ma secrétaire d'annuler tout mes rendez vous et emmenez ce petit en radiologie immédiatement… ou en cardiologie plutôt… Quoi qu'il serait peut être mieux en réa… ou moi en psychiatrie…
Depuis ce jour le docteur Hubble le suivait comme son ombre le réacteur par lequel il semblait fasciné, cette passion n'étant pas la même que la malsaine que Stane avait manifesté. Tony aurait adoré lui en donner les plans, il avait fait tellement pour lui, mais il n'avait dessiné aucun plan durant l'élaboration, et la fièvre lui avait en partie fait oublier comment il l'avait construit.
Se concentrant sur la lettre, il lut :
Monsieur Smith, proviseur du lycée Blues Pelle, New York.
Monsieur, il semblerait qu'un de vos élèves, Monsieur Anthony Edward Stark, ait eu un accident qui aurait dus lui être mortel mais dont il a rescapé grâce à une nouvelle technologie qu'il s'est lui même implanté pour protéger son cœur des balles encore logées dans sa cage thoracique. Etant donné que l'opération pour enlever celles ci ne peut être pratiquée à cause de la profondeur où sont logés les projectiles et que le seul fait de lui retirer cette technologie lui laisserait un cratère dans la poitrine, il est essentiel qu'il conserve le générateur. Mais celui ci n'est pas au point et de toutes les tentatives faites pour restructuré l'objet se sont avérées veine, je vous demande qu'il puisse retravailler sur celui ci lui même. C'est certainement le seul à pouvoir arriver à l'améliorer.
Cordialement,
Dr. J. Hubble.
Un sourire éclaira le lèvres du garçon : c'était bon d'avoir un ange gardien, même si en l'occurrence il arrivait un peu tard. Repliant la lettre, il leva les yeux vers le surveillant :
-Et vous allez rester avec moi pendant deux heures ?
-Ce sont les ordres du proviseur.
-Mais vous ne savez même pas ce que je suis sensé faire !
-Le proviseur m'a dit que ce serait surprenant, déclara il en se stoppant devant une salle et en ouvrant la porte.
Ils s'y engouffrèrent. La pièce semblait plus vaste à cause du vide qui y était présent et seul les pupitres, fantomatiques restes d'une scolarité perdue, perduraient. S'asseillant, Tony sortit de son sac des feuilles blanches et un portemine et se mit à dessiner sans grandes convictions. Qu'avait il a faire pour que ces décharges cessent ? C'était certainement un problème de fil dénudé ou de plaque conductrice, mais il ne devait pas avoir de doute. Il prit une grande inspiration et déclara, mal à l'aise :
-Monsieur, je vais faire quelque chose, vous allez trouvé ça gore.
-J'ai vu « massacre à la tronçonneuse ».
-Ça tiendrait plus d'Alien en fait mais… Si j'étais vous je ne regarderai pas.
-Ça ne met pas ta vie en jeu au moins ?
-Non, pas si je ne fais que vérifier deux ou trois choses.
-Dans ce cas je ne vois pas pourquoi je te laisserai.
Tony murmura un bref « comme vous voudrez » avant d'ouvrir son sweet et de retirer son pull et son tee-shirt. Le réacteur luisait à nouveau d'un pâle halo bleuté. Le surveillant dut écarquiller les yeux ou s'évanouir, mais il ne s'en occupa pas, se contentant de faire pivoter deux fois le générateur à droite et une fois à gauche. Le cercle lumineux émit un bref « clic » avant de lui tomber dans la main. Il tira un peu sur les fils de cuivre et de plastique qui attachaient le générateur à sa poitrine avant de jeter un coup d'œil à l'architecture métallique. Il le replaça ensuite dans le cercle de métal et le fit pivoter à nouveau avant de reprendre son crayon. Il semblait que le problème venait de la base en palladium. Il la redessina comme il put, sans pour autant être certain que cela changerait quoi que ce soit.
Il tenta ensuite de reproduire les méandres complexes des circuits conducteurs avant que la cloche ne retentisse, réveillant le surveillant. Levant les yeux vers la pendule il réalisa qu'il n'avait pas vu le temps passer avant de sortir de son sac une pochette plastique dans laquelle il déposa les dizaines de feuilles qu'il avait noircit avant de trouver le paquet de cookies qu'il avait prit en guise de déjeuner. Sentant un goût de bile lui envahir la bouche, il conclut qu'il ne mangerait pas avant de jeter son sac sur ses épaules et de quitter la pièce.
