Titre: Can't Get It Right Today

Genre: Romance

Paring: HP/DM

Rating: M progressif

Disclamer: Tout à JKR.

Note : Et voilà donc, le deuxième chapitre de 'Can't get it right today'. J'espère que vous aimerez, je vous souhaite une bonne lecture ! :)

Can't Get It Right Today

Chapitre 2

Il était 18h. Thomas venait de s'en aller, ils s'étaient entraîner toute la journée. Draco avait l'impression désagréable qu'il faisait fausse route, que ce qu'il se préparait à faire ne valait pas la peine et qu'au final c'est lui qui paierait.

Comme une litanie sans fin, cette ritournelle le faisait cogiter et tourner en rond, mais Draco se connaissait bien. Pourquoi tenter de se battre contre soi-même en sachant déjà que ce sera en vain ?

Draco n'avait peut-être pas un caractère courageux mais il lui arrivait d'être téméraire, quand la raison le lâchait et que son cœur s'emballait. Ce n'était pas la première fois. Il se présentera à cette audition avec son élève. Dit, c'est dit. Facile à dire, oui, bien sûr.

Après une énième tasse de café, il abandonna ses pensées et alla se réfugié auprès de la musique sur l'air de Bella Notte*1.

Un samedi matin, après trois jours d'entraînement intensif avec Thomas, Draco se fit réveiller par la sonnerie stridente de son téléphone. Hermione. Mais c'est super !

« -Après notre dernière rencontre, j'ai cru que tu m'appellerais. J'attends toujours.

-Bonjour à toi aussi, Hermione. Comment vas-tu ?

-Ca va… Mais et toi ?

-Ça va.

-… C'est tout ?

-Qu'est-ce que tu voudrais que je dise d'autres ?

-Draco Malfoy, je n'ai appris que depuis quelques jours que tu allais te présenter au plus grand concours de musique d'Angleterre et de surcroît, je l'ai appris dans les journaux. Toi, Draco, celui qui ne s'est plus affiché depuis je ne sais combien de siècles derrière son piano, qui vit comme un reclus, sans amis et sans amour depuis tant de temps. Il y aura des centaines de personnes ce soir-là, tu t'en rends compte au moins ?

-A ton avis ?

-Et il sera là. Harry sera présent. Mais bien sûr, ça aussi tu le sais déjà… Puisque c'est sans doute pour cette même raison que tu as subitement pris l'initiative de te tuer en public.

-Hermione, tu doutes à ce point de mon talent ? « Me tuer »… Je ne compte pas vous briser les oreilles tu sais.

-Je ne doute pas de ton talent. Je doute de ta capacité à tenir devant lui. Draco, bon dieu, je sais l'effet qu'il te fait. Tout ce qu'il t'a déjà fait. C'est peut-être mon meilleur ami, mais tu es l'un de mes proches également et ce n'est pas ta souffrance que je veux voir dans tes yeux.

-Hermione.

-Tu sais très bien que j'ai raison. Il serait peut-être temps de passer à autre chose.

-Tais-toi. C'est ma vie. Je la mène comme je veux. Si tu as un problème avec ça, rien ne t'empêche de t'en aller, toi aussi.

-Mais et lui ?

-Je m'en contre-fous.

-Tu mens. Tu ne veux jamais parler de lui, Draco. Même pas à moi… Mais tu crois que je ne t'observe pas ? Dès qu'on le sous-entend au détour d'une conversation tu te crispes, tu ne sais même pas prononcer son nom sans t'écorcher les lèvres. Quand tu ouvres un journal, je vois tes yeux le parcourir jusqu'à trouver un détail qui se rattache à lui. A chaque fois. Tu ne t'en contre-fous pas du tout, il fait toujours partie de ta vie. Tu n'as jamais réussi à t'en débarrasser. Mais ce n'est plus ta bouée de sauvetage, Draco…

-Je n'avais pas besoin de ça, Hermione. Tu devrais t'occuper d'autre chose à présent. Au revoir. »

Et ne lui laissant pas l'opportunité de répondre, Draco raccrocha calmement. Son cœur battait la chamade, ses mains étaient moites et il sentait qu'il commençait doucement mais sûrement à perdre le contrôle de lui-même.

Deuxième coup de téléphone. Draco ne veut pas répondre. Si c'est encore Hermione, il n'est pas sûr de pouvoir se retenir d'hurler. Les sonneries résonnent dans la pièce, stridente et dérangeante. Merde, c'est Thomas.

« -Allo ?

-Professeur, je… j'ai un problème. Je ne sais pas quoi faire, je… »

Sa voix tremble, il semble paniqué. Il ne manquait plus que ça.

« -Si tu commençais par me dire ce qu'il se passe ?

-Je… On m'a agressé. Dans la rue.

-Merde. Comment tu te sens ?

-Je vais bien. Mais… Mon violon. Ils ont pris mon violon, je n'ai plus rien, je… ! Qu'est-ce que je vais faire…»

Sa phrase se coupe sous le coup de l'émotion. Pour un musicien, perdre son instrument c'est comme perdre une partie de soi. Qui vole, au gré du vent, avec détachement.

« -Calme-toi, explique-moi ce qu'il s'est passé. Tu es où pour commencer ?

-Je suis rentré chez moi. Je revenais de chez une amie, des hommes m'ont coincés dans un cul de sac, je n'ai rien vu venir. Ils m'ont dépouillé. Je n'ai plus de téléphone portable, ni de portefeuille, et plus de violon… Je… Je n'ai pas les moyens de m'en offrir un nouveau, c'est… Impossible pour le moment. Mon dieu, qu'est-ce que…

-Où est-ce que tu habites ? Je viens. Ne t'en fais pas.

-Au 39, Avenue des Glycines. »

Draco arriva chez Thomas en moins d'un quart d'heure. Il n'avait pas spécialement eu envie d'arriver rapidement, mais son élève habitait bien plus près de chez lui qu'il ne l'aurait pensé. Il se gara en face de l'immeuble, sortit de sa voiture et leva la tête vers le ciel. Quelques gouttes de pluies tombaient sur son visage.

Thomas ouvra la porte dès les premiers coups de son professeur contre celle-ci. Visiblement, il l'attendait impatiemment.

« -Professeur.

-Tu as un pansement sur la joue.

-L'un des agresseurs m'a touché légèrement avec la lame d'un couteau. Rien de très grave a priori.

-Heureusement que tu as laissé entendre que tu n'avais rien…

-Bref. Entrez. »

Son élève avait repris ses esprits. Sa voix était ferme et de nouveau teinté d'un léger agacement quand il s'adressait à son professeur. Draco en était secrètement soulagé. Sinon, comment réagir face au désarroi de quelqu'un d'autre ?

La maison de Thomas était petite, mais confortable. A la vue des photos dans le salon, il vivait seul avec sa mère. Pas d'autre homme à l'horizon. Il y avait des fleurs sur la table et des bougies près des fenêtres qui donnaient un air rassurant à l'ensemble. Ce devait être agréable, de vivre dans un endroit comme celui-ci…

« -Vous voulez peut-être prendre des photos pour garder un souvenir ? »

Le ton sarcastique ramena Draco sur terre. Ce devait peut-être être agréable, mais tout dépendait de qui habitait avec soi.

« -Prends tes affaires, Thomas. On sort.

-Et on va où ?

-Tu verras. Et arrête de poser des questions…

-Oui chef. »

Plus son élève était arrogant et fier, plus Draco l'appréciait.

Ils roulèrent pendant près d'une heure. Le paysage defilait, et une pluie légère mais constante commença à se déverser sur les routes. Ils finirent par sortir de Londres, et arrivèrent quelques instants plus tard.

C'était un vieil immeuble avec de très vieilles briques. En le regardant, Thomas avait l'impression qu'il allait s'effondrer d'une seconde à l'autre. Qu'est-ce qu'il foutait là ? Dans la rue, il n'y avait pas grand monde, juste des passants qui bravaient la pluie pour aller faire quelques courses.

Il leva une nouvelle fois les yeux vers le tas de ruine et tomba cette fois sur l'écriteau au-dessus de la porte principale. 'Oltremare'*2.

« -Oh putain. »

'Oltremare' était le nom d'un des plus célèbres vendeurs d'instruments au monde. La qualité de ses instruments n'avait d'égale que leurs grandeurs. Ce qui en résultait une réputation mondialement connue.

« -Mais…

-Entre. Je t'attends ici. Entre, et choisi un violon. Ton violon. Prends tout ton temps, ne va pas trop vite. Quand tu en auras trouvé un tu viendras me chercher et je te l'achèterai.

-Non. Je…

-Je sais. Mais ne t'inquiète pas, ce n'est ni par bonté de cœur, ni par pitié, ni même parce que l'absence d'un violon met en péril notre présence au Grand Concours. Si je fais ça, c'est parce qu'aucun musicien digne de ce nom ne mérite d'être séparé de son instrument contre son gré. Allez, va.

-… Merci. Merci, Professeur. »

Thomas entra sur la pointe des pieds, intrigué, timide et euphorique. Trop de choses se passaient en une seule journée, il avait du mal à canaliser ses émotions. Une fois à l'intérieur il regarda par la fenêtre et il vit son professeur, assis sur un banc. Les arbres ne le protégeaient que très peu de la pluie mais ça n'avait pas l'air de le déranger. Il avait la tête levée et les yeux fermés, s'offrant au vent.

Avec ce qu'il venait de lui dire et en le voyant si… humain, Thomas eut la gorge serrée. Mais c'était un mal pour un bien, car durant cette minute-là il se sentait heureux. Vraiment heureux.

Draco attendis pendant plus d'une heure, assis sur son banc. Cette attente, loin de l'exaspérer, lui permis de prendre du recul après sa conversation avec Hermione. Il se rappela de ses dires et prit soins de les placer mentalement dans un tiroir secret de sa tête.

Et puis Thomas arriva enfin, des étoiles plein les yeux. Il en avait trouvé un. Voir ce bonheur si éloquent provoqua un pincement de jalousie chez son professeur, bien vite remplacé par de la satisfaction d'avoir acquis quelque chose qu'il pensait réellement important.

Cette fois, ils entrèrent tous les deux dans l'immeuble et Draco paya le violon. Une fois dehors, il encercla les épaules de son élève et lui tendis son nouveau bien avec un sourire en coin.

« -Je n'arrive toujours pas à y croire…

-Tu y croiras davantage quand tu devras t'entraîner comme un forcené, et ce dès demain.

-Alors, le rêve est fini ?

-Bel et bien.

-C'est un peu faux. Faire de la musique, c'est entretenir le rêve… »

Draco ne répondit pas et se figea soudainement, stoppant Thomas également, puisque son bras était toujours sur ses épaules.

« -Tiens, qui voilà.

-Potter. »

Thomas sentait que son professeur était tendu. Sa mâchoire était crispé et ses yeux brillait d'un éclat qu'il ne lui avait jusqu'alors jamais connu. En une fraction de seconde, son professeur était devenu froid et impassible. Il dégageait une aura mauvaise, qui lui fit presque reculer.

Harry regarda la personne qui se tenait près de Malfoy et un sourire arrogant se dessina sur son visage.

« -Alors Malfoy, tu les prends au berceau maintenant ?

-Dégage de mon chemin, Potter.

-J'ai entendu dire que tu participas au Grand Concours… Je t'avoue que j'ai trouvé ça étonnant. Moi qui croyais dur comme fer que tu étais allergique au bain de foule. »

Malfoy n'avait pas quitté une seule seconde les yeux de son vis-à-vis. Il sentait que tout son corps s'était mis en alerte face à sa présence. Ca faisait combien de temps qu'il ne s'était pas retrouvé si près de lui ?

Il ne s'y était pas attendu, il ne s'était pas préparé. Pas tout de suite. Qu'est-ce qu'il venait de dire ? Des bourdonnements sourds résonnaient dans ses oreilles, c'était les battements effrénés de son cœur qui se répercutaient contre les parois de son corps.

Et puis Thomas se dégagea subitement du bras de son professeur, mal à l'aise, et se mit à parler. Qu'est-ce qu'il disait ?

« -Je suis l'élève du Professeur Malfoy. C'est moi qui serai présent le jour du concours.

-Qu'est-ce que vous allez jouer ? »

Thomas regarda son professeur qui avait l'air d'avoir refait surface. Il regardait toujours son vis-à-vis avec la même intensité mais n'avait pas l'air de vouloir répondre. Il le fit à sa place.

« -Nous allons jouer « Nocturne for violin and piano » de Chopin. Je serai au violon et Monsieur Malfoy sera…

-Au piano, oui je sais. »

Draco prit son élève par le bras et contourna Potter pour continuer leur route. En passant à proximité de lui, Draco ferma douloureusement les yeux et balança en même temps par-dessus son épaule

« -Toujours un déplaisir de voir ta sale gueule, Potter. A la prochaine. »

Je n'étais pas prêt à te revoir, Potter. Tu m'as eu par surprise, bien joué. Tu n'as pas tellement changé. Tes cheveux sont plus longs que ce que j'ai connu, je n'aime pas du tout.

Les mots que tu m'as adressé ont sonné âcre et amer au son de ta voix, autrefois si douce. Je suis heureux de savoir que je te procure de tels sentiments.

A cause de toi, je doute encore plus de moi et j'ai horreur de ça. Vais-je y arriver ? Comment ? Pourquoi ? Je déteste me poser toutes ces questions.

Je déteste me les poser à cause de toi.

Je te déteste.

Hermione a raison, toute ma foutue vie tourne autour de toi. Tout le temps. Mais ça va changer, tu verras.

Ça va changer.

A suivre...


*1 et *2 : « Bella Notte » et « Oltremare » sont des titres de morceaux composés et interprétés par Ludovico Einaudi.