Kingston Tanner était à l'hôpital depuis le jour du drame, sous haute surveillance. Il avait perdu beaucoup de sang mais l'entaille n'était pas profonde, heureusement pour lui. Preston ne s'en éloignait pas une seconde. Il était effrayé à l'idée qu'on ne lui fasse du mal depuis la prise de la cathédrale par la secte de Joe Carroll. "Ce type est un monstre, comment il peut forcer un père et son fils à s'entretuer comme des bêtes? J'aurai du lui lancer mon couteau. Et le pire c'est qu'il est de nouveau dans la nature" pensa le jeune homme. Admiratifs, les fidèles du pasteur ne cessaient d'affluer devant l'hôpital pour manifester leur soutien et écrivaient même des lettres exprimant leur joie. Preston s'était endormi la tête posée sur le lit de son père lorsqu'il sentit une main lui caresser les cheveux. Son père était réveillé et l'observait. Preston lui saisit la main et la serra contre son visage.

- Papa, comment tu te sens?" s'empressa t-il.

- Ça va, mais j'ai connu des jours meilleurs" répondit son père avec un faible sourire.

- Papa je suis tellement désolé" pleura le plus jeune.

Le pasteur fronça les sourcils et leva les yeux au plafond, sachant parfaitement où il voulait en venir. De plus une élocution de Joe Carroll lui revenait en tête. Il lui avait chuchotée aux oreilles pour que seuls eux deux puissent l'entendre : "Je sais ce que vous ressentez pour votre fils. Je n'irai pas jusqu'à dire que ça me plait, mais je m'y connais en sentiments difficiles et à sens unique". Ce fut le seul moment où le tueur put brièvement faire preuve de compassion envers Kingston, qui était resté tétanisé par cet aveu.

- Pour l'instant je suis heureux que tu n'aies rien, Preston.

- La police et la famille ont décidé de ne pas me poursuivre, je crois que c'est parce qu'ils font partie de tes fidèles.

- Alors que ressens-tu?

- J'ai tellement honte si tu savais. Je suis allé leur parler hier et je leur ai tout dit, ils m'ont même pardonné... mais pas moi.

- Ce sont de bonnes personnes. Mais concernant cette fille, est-ce que tu as réfléchi avant d'agir?

- Oui, même si j'ai pris la mauvaise décision. Au départ j'ai refusé mais quand Carroll a menacé de nous tuer tous les deux j'ai eu si peur...

Ses larmes doublèrent.

- Preston! il y a divers moyens de se faire pardonner dans la vie, tu le sais non?

- Oui je sais.

- Nous en avons tous besoin un jour ou l'autre" avoua Kingston.

- Non pas toi, tu es un homme très bien.

- Oh non fiston, crois-moi j'ai mes défauts.

Preston crut voir le regard de son père s'assombrir. Il le scruta un instant.

- Papa, qu'est-ce qu'il y a?

Voyant son père détourner le regard sans répondre il poursuivit :

- Étant donné que tu es un pasteur tu ne dois pas mentir. Alors j'éviterai de te poser des questions qui pourraient te faire du mal. Je veux juste savoir si tu as quelque chose à cacher, ou à te reprocher.

Kingston braqua vers lui son regard pénétrant et répondit simplement :

- Oui.

Alors même le célèbre pasteur télévangéliste Kingston Tanner avait un poids sur la conscience? Preston en fut très surpris.

- Attends, tu veux dire que tu as fais quelque chose de mal?

Les yeux à nouveau fixés sur le plafond, Kingston ne pouvait se résoudre à soutenir le regard ahuri de son fils.

- Papa...

- Preston je t'en prie" le coupa t-il.

- D'accord, calme-toi je n'insiste pas. Je voulais juste que tu te vides un peu l'esprit.

- Je n'ai rien "fait" de mal, Preston. C'est juste une chose me concernant dont j'ai honte.

Le fils sembla pensif puis fronça les sourcils.

- Ça a un rapport avec Carroll, ce qu'il t'a chuchoté dans la cathédrale?

Tanner attendit que sa bouche soit à nouveau capable de formuler un mot. Son fils était bien curieux.

- Oui, cette chose il l'a devinée.

- Papa écoute, je sais que je t'en ai fait voir beaucoup ces derniers temps, mais tu peux me faire confiance tu sais. Ça concerne maman? L'université?

Le pasteur soupira d'exaspération devant cet acharnement destiné intérieurement à le détruire.

- Ou moi?" demanda enfin Preston.

Il vit son père déglutir et regarder vers la fenêtre. "Apparemment j'ai tapé dans le mille" pensa t-il.

La nuit commençait à tomber et les gardes du corps du pasteur se relayèrent. Preston embrassa son père et se leva en s'excusant pour toutes ses questions.

La fatigue le saisissait, il alla donc se chercher un café au distributeur pour rester un peu éveillé le temps que son père ne réussisse à se rendormir. Une infirmière, elle même fidèle du pasteur et tout à fait aimable, lui autorisa à dormir dans le deuxième lit de la chambre. La remerciant, il pénétra dans la chambre et s'aperçut que son père s'était rendormi. Encore quelques jours et le pasteur pourrait à nouveau provoquer en direct le tueur en série qui faisait trembler la ville. Enfin, Preston espérait que non, il était hors de question que son père ne remette sa vie en danger pour les fantasmes d'un psychopathe.

Le lendemain l'infirmière apporta un petit déjeuner au jeune homme pendant que son père terminait son sommeil, puis il se mit à feuilleter les lettres de ses fidèles. Ce n'était pas très honnête mais en cas de menace il ne voulait pas que son père ne tombe dessus. Puis l'une d'elle attira son attention, signée J.C. qu'il ne tarda pas à ouvrir. Une écriture très élégante.

Kingston,

Comment allez vous mon cher? J'espère que votre rétablissement va bon train, après tout je suis en partie responsable de votre état. Suite à ces derniers événements, j'ai pris le temps de réfléchir sur mes actions, en général comme à votre encontre. Je n'ai jamais été un homme bien, je le sais. Je me suis servi d'un grand nombre de personnes afin de répandre une panique totale. Bien que je n'en tirais aucune réelle satisfaction en fait, je ne cherchais qu'à vous atteindre. Ma soif de sang n'était assouvie qu'une fois que je tuais quelqu'un à ma façon. Cependant pour vous atteindre, votre fils a été mon outil le plus précieux. Croyez-le bien, ces derniers jours j'ai éprouvé des regrets pour cela. Non pas que je sois devenu totalement gentil, mais notre ami commun Ryan Hardy m'a beaucoup inspiré (il est plus émotif qu'il ne le semble) pour vous écrire.

Parlons un peu de votre fils. Ce brave Preston vous a déçu, semble t-il. Mais bon encore une fois je suis responsable. Ne lui en voulez pas, j'étais un peu trop jaloux de vous deux. Effectivement je n'ai jamais eu cette proximité avec mon fils Joey, comme quoi j'ai fichu ma vie en l'air. Quant à votre secret, j'ai vu la peur dans vos yeux mais il sera bien gardé avec moi, à condition que vous cessiez de me provoquer publiquement. De toute façon je crois que vous avez dépassé cela, non? Preston se doute t-il de quelque chose?

C'est sûrement la seule et unique lettre que je vous enverrai car je ne souhaite pas attirer l'attention. Libre à vous de la faire passer par le F.B.I. si vous avez peur. Alors je ne peux que vous souhaiter une belle lutte contre les forces du mal et si je puis me permettre, allez y doucement avec Preston. Aucun fils n'est préparé à ce genre de choses mais si vous ne lui dîtes rien vous souffrirez bien plus. J'en sais quelque chose. Je vous dit ceci car malgré nos différents, je ne voudrais pas que l'on reste en froid, tous les deux.

Dîtes-le lui Kingston. Bon rétablissement.

Joe Carroll

Preston n'en revenait pas. Cette ordure avait osé écrire à son père après s'en être pris à eux. En plus il mentionnait ce secret que son père gardait bien au fond de lui. Mais quel était-il? Preston se demanda s'il devait déchirer cette lettre où la laisser au dessus du tas comme si de rien n'était et observer la réaction de son père. Il opta pour la seconde option. Quel secret un père peut-il avoir du mal à avouer à son fils. Était-il un enfant adopté ou bien Kingston n'était-il pas son véritable père? Réfléchir à ces possibilités l'enragea et il préféra finir son petit déjeuner.

Son père se réveilla environ une heure plus tard et une fois l'infirmière arrivée, elle dut presque le menacer de le faire manger de force s'il n'avalait rien de son plein gré. Preston rigolait devant son père qui se faisait remonter les bretelles par une infirmière.

- Ne vous-en faites pas, même chez nous ma mère doit le forcer" se moqua le fils.

Une fois la séance "crise au petit déj" passée, Preston mit le tas de lettres sous le nez du pasteur et fit mine d'aller dans la salle de bain à côté pour se nettoyer. Il laissa la porte entrouverte et observa Kingston. La première lettre le fit sourire et était plutôt longue, la deuxième passa vite et il resta neutre. La troisième lui fit serrer les mâchoires et semblait interminable. Preston tira l'eau du robinet et regarda à nouveau son père qui, une fois la lettre entièrement lue, commença à pleurer. Preston attendit que son père se calme avant de sortir de la salle de bain et n'aborda pas le sujet. Ni les jours suivants d'ailleurs.

Kingston ne fut réellement heureux que le jour où ils eurent le droit de rentrer chez eux. Tout était calme, la mère de Preston était au travail et tous les environs furent surveillés. Kingston remercia ses gardes du corps de le laisser respirer un peu et s'éloigner. Il n'aspirait qu'à un peu de calme. Pourtant en étant seul chez lui avec son fils, il n'arriverait pas à lui dire quoi que ce soit. Mais il avait peur de le voir partir en cas de dispute ou autre... il y avait de quoi devenir paranoïaque.

Kingston sortit sur la terrasse et aperçut une jeune fille à l'entrée de la propriété. Il pensa "une amie de mon fils?" mais se rétracta à l'idée qu'une fille aussi tatouée et percée au visage ne puisse être admise dans une université. Plus que méfiant, il lui fit signe d'approcher et attendit qu'elle s'exprime. Elle semblait désagréable à première vue.

- Je voudrai voir Preston.

Eh bien déjà la politesse n'était pas son domaine. Kingston ne lui en tint pas rigueur mais répondit assez froidement et sur ses gardes :

- Et vous êtes?

- Brenda!

- D'accord on s'est mal compris, qui est vous pour mon fils?

- Une amie, c'est tout.

- Ah oui, c'est tout? Vous me pardonnerez si je ne vous fais pas du tout confiance mais vos manières me déplaisent.

La jeune fille soupira et menaça Kingston du regard, qu'il lui rendit royalement.

- Mon fils ne sortira pas d'ici surtout en une telle compagnie" lança t-il.

Sans attendre plus Brenda passa à côté de lui sans demander son reste. Répondant à une pulsion soudaine, le pasteur la saisit par les épaules et la plaqua violemment contre le mur.

- Hors de question que tu approches mon fils" lança t-il.

- Lâchez-moi, curé.

- Je suis pasteur, si tu n'arrives pas à capter la différence autant te taire.

La jeune fille tenta de se dégager et par là même donna un coup de pied dans la rotule de Kingston. Celui-ci vacilla et réagissant au quart de tour, la cogna contre le mur et manqua de la gifler mais ayant entendu leur dispute, Preston s'était précipité vers son père et l'avait éloigné avant qu'il ne fasse une bêtise.

- Papa, doucement" tenta t-il pour le calmer.

Il l'observa puis se tourna et son regard devint mauvais en apercevant cette déplaisante visiteuse.

- Elle a toujours été désagréable. Je peux savoir ce que tu fiches ici?" agressa t-il.

- Pauvre idiot, je te rappelle que bien avant que tu disparaisses, t'avais pas payé ta dernière dose.

Ainsi c'était ça, cette fille était dealer ou bien à la botte d'un dealer. Preston bafouilla "je reviens" avant de revenir avec cent dollars pendant que Kingston la foudroyait du regard. Preston n'avait pas prévu sa visite, semblait-il. Une fois servie, la junkie se retira dans un inaudible "c'fut un plaisir". Le jeune homme la suivit jusqu'à l'entrée de la cours et se rapprocha d'elle, la menaçant verbalement :

- Ne le touche plus jamais et ne reviens jamais ici.

Preston s'en retourna vers son père qui dévisageait encore cette fille et s'excusa.

- J'ai arrêté c'est promis papa, depuis longtemps. Mais j'avais des problèmes d'argent et je n'ai pas pu la payer à temps après avoir été kidnappé.

Kingston analysa cette excuse et marmonna "très bien". Celui-ci semblait perdu suite à sa propre conduite, se demandant à quoi elle était réellement due. Il posa la main sur le bandage de sa gorge qui commençait à cicatriser.

- Tu devrais aller t'allonger papa" proposa le jeune homme.

Kingston ferma les yeux et hocha négativement la tête.

- Non, je ne fais que ça depuis des jours.

- Tu vas arrêter, rassure-moi.

- Arrêter?

- De le défier à la télé.

- Oui j'arrête, je n'en peux plus de tout ça. Quand il m'a téléphoné pour me dire qu'ils t'avaient enlevé, je n'ai jamais eu aussi peur de ma vie" avoua Kingston.

Il observa le ciel un instant et se retourna vers son fils.

- Pourquoi tu m'a demandé ça?

Coincé, Preston ne put que lui avouer qu'il avait vu et lu la lettre de Joe Carroll. Son père devint blanc comme un linge, prévoyant que son fils ne remette le sujet gênant sur le tapis. Et ce qui devait arriver arriva, légèrement gêné, Preston rassembla son courage et parla franchement au pasteur.

- Papa, quel secret tu peux avoir de si terrible pour ne pas me le dire alors qu'un tueur en série l'a deviné? Maman est au courant aussi?

Celui-ci le fixa intensément, la peur se lisant dans ses yeux, et secoua la tête avant de s'en retourner vers le ciel.

- Non, sûrement pas. D'ailleurs si c'était le cas on ne serait probablement plus mariés.

- Alors c'est ça, tu ne l'aimes plus comme avant?" demanda le jeune homme.

- Si, bien sûr.

- Tu as une maîtresse alors?

- Non!

- Tu sais papa on pourrait continuer comme ça longtemps si tu ne me dis rien, mais je vais finir par arrêter de jouer aux devinettes. Il faut que tu me le dises, libère ta conscience. C'est le genre de choses que tu conseilles à tes fidèles, non?

- Oui!

- Eh bien un "oui" de temps en temps ça change.

Preston sourit et reprit :

- Tu as fait du mal à quelqu'un? Tu aimes quelqu'un d'autre que maman?

Kingston se braqua à cette question et fit volte-face. Il avait tout à coup du mal à respirer, son fils avait deviné la moitié de ce qu'il avait en tête. Comme pour lui sauver la mise le téléphone sonna et il fonça répondre. Preston l'observa de loin puis réfléchit un instant à cette personne qui occupait tant les pensées de son père.

POV PRESTON

Alors qui est-ce? Peut être une de ses fidèles... Non il ne les approche que rarement et personne parmi eux ne met les pieds à la maison. Je ne vois vraiment pas qui mais ce qui est sûr c'est qu'il souffre d'aimer cette personne. Je dois m'en occuper, que maman ne s'aperçoive jamais de rien, en plus son comportement a changé depuis sa tentative de suicide. Il a manqué de frapper une personne tout à l'heure, même si elle l'avait mérité. Je dois le surveiller, cette expérience a du le traumatiser et il ne faut pas qu'il s'écarte de son chemin. La religion c'est tout pour lui.

FIN POV

Preston redescendit sur terre et s'aperçut que son père n'était plus au téléphone. Étant donné la manière dont il avait foncé pour échapper à la situation, il avait du en profiter pour s'éclipser. Preston rentra et ferma la porte à clé, avant de se mettre à la recherche de son paternel. Il n'eut pas à chercher longtemps après avoir entendu du bruit dans sa chambre. La porte à peine fermée laissait entrevoir, si ce n'est des meubles de toute beauté et toutes sortes d'objets religieux, un homme bouleversé agenouillé au pied de son lit et la tête enfouie dessus. Il pleurait. Preston voulait entrer pour lui parler mais attendit derrière la porte qu'il s'apaise. Lui estimait avoir bien fait de repousser la religion et toutes ses contraintes, tout en se comportant le plus normalement possible ou presque. Il se décida tout de même à pénétrer dans la chambre de son père après l'avoir entendu murmurer "désolé". Il s'abaissa derrière lui et lui posa les mains sur les épaules.

- Papa! je t'en prie il faut que ça sorte, sinon tu vas pleurer encore et encore et je ne veux pas te voir comme ça, ça me fait mal.

Kingston à genoux, son fils passa devant et s'assit sur le lit devant lui, attendant qu'il ne relève la tête. Le pasteur se décida enfin à le regarder dans les yeux.

- J'ignore de quelle façon ça m'a pris, Preston.

Preston ne dit rien au début, mais commença à comprendre dès lors que son père se mit à sa hauteur et le regarda droit dans les yeux. Il laissa son visage approcher du sien, se laisser aller et sa respiration atteindre son cou. Preston en fit de même et susurra à l'adresse de Kingston :

- Alors c'était moi?

- Pardon je suis vraiment désolé" pleurait son père.

Preston posa les mains sur la tête de son père, analysa et réfléchit à la nouvelle durant une bonne minute.

- Écoute papa, si tu veux qu'on soit sur un pied d'égalité au niveau "impureté" comme tu dirais, je suis gay.

Kingston ne releva pas la tête mais son fils put sentir un tremblement entre ses mains.

- Tu dois m'en vouloir, c'est sûrement de ma faute...

- Non papa! non. Je n'ai jamais été gêné d'être homo. Mais jamais non plus je n'ai cherché de copain de peur que tu ne le découvres car j'avais peur de vous faire du mal, à toi et à maman.

- Je serai malavisé de t'en vouloir, avec les pensées impures que j'ai en tête.

- Allez calme-toi, regarde je ne m'en suis pas formalisé. C'est même plutôt flatteur et il n'y a rien d'impur dans le fait d'aimer. En plus ne le prends pas mal, mais tu es un très bel homme... et j'ai toujours adoré tes yeux.

- Ne dis pas ça, Preston.

- Je n'ai pas peur. S'il te plait, regarde-moi.

Après un brusque sursaut aux épaules, Kingston se décida enfin à hausser le regard, laissant à loisir son fils savourer la vue de ses yeux.

- Tu sais papa... je suis vierge. J'imagine que tu n'en savais rien mais je ne connais rien à "ça". Alors si comme on dit la première fois doit être importante et pas avec n'importe qui, je voudrai que ce soit avec toi.

Kingston, effaré, posa ses mains sur son visage et respira un grand coup.

- Preston, tu te rends compte de ce que tu me dis?" demanda t-il.

Pour toute réponse, son fils approcha son visage du sien et l'embrassa doucement. C'était un baiser timide et nerveux, mais doux auquel Kingston répondit instantanément. Le mélange de suavité et d'ardeur dont il faisait preuve témoignait au plus jeune de la passion qu'il lui portait. Le pasteur posa les mains sur les hanches de son fils et après avoir mis fin à leur baiser, glissa ses lèvres dans son cou, écoutant Preston gémir de plaisir. Allongeant doucement son fils, Kingston reprit possession de ses lèvres et commença à balader ses mains sur son corps. Le jeune homme en fit autant en glissant une main sous son pull, caressant sa peau et lui murmurant aux oreilles :

- J'aime que tu sois si près de moi papa" gémit-il.

Pour toute réponse il vit Kingston se redresser et le regarder dans les yeux. "Bon sang que j'aime ce regard" pensa le plus jeune. Le pasteur lui caressa les lèvres inférieures du bout des doigts avant d'ajouter :

- Moi aussi, mon fils.

Preston n'avait jamais été si heureux qu'à cet instant, il saisit le visage de son père et l'embrassa de manière plus poussée. Il laissa sa langue parcourir les lèvres de son père et chercher sa jumelle. Savourant cet échange, le pasteur sentait une envie en lui s'attiser de plus en plus, de même qu'il commençait à sentir l'excitation de Preston contre la sienne. Le plus jeune avait beau être seulement en train de découvrir l'acte charnel, mais il avait l'impression d'en connaître plus qu'il ne le croyait. Ce qui était sûrement dû au fait que cela se passe avec son propre père mais le fait était là, il l'aimait. Ils s'aimaient. Il encouragea son aîné à enlever son pull, découvrant avec volupté un corps parfaitement constitué, qu'il ne tarda pas à explorer de ses mains et ses lèvres. Jamais il n'aurait cru avant avoir un jour autant envie de Kingston. Ce dernier se chargea d'ôter le pull et le t-shirt de Preston pendant que celui-ci détachait le bouton de son pantalon. Chacun des deux commençait à être à l'étroit dans leurs derniers vêtements restants. Leur respiration s'accélérait en même temps. Kingston déposa les vêtements sur le côté du lit avant d'embrasser les abdominaux de Preston et d'inverser leur position. Le plus jeune d'un côté se réjouit de constater la possessivité de son père, qui l'excitait au plus haut point. Mais il se délecta aussi de sa nouvelle position lui laissant toute la liberté de découvrir le corps de Kingston à son rythme. "Je dois bien l'avouer mon père a un corps plus qu'attirant" se réjouit Preston.

Ajoutant à cela le fait qu'il ait toujours admiré sa sagesse et sa foi, il avait toujours considéré son père comme une âme des plus pures du monde. Mais qu'il risquait de souiller désormais, lui qui avait suffisamment souffert.

- Je sais à quoi tu penses Preston" le coupa t-il dans ses pensées.

- Ah?

- Cela ne va en rien me salir, je fais ça de mon plein gré souviens-toi.

Preston posa les mains sur son buste, lui caressa et remonta jusqu'à son visage. Kingston ferma les yeux et se lécha la lèvre inférieure, cette simple vision fit défaillir Preston qui fondit sur ses lèvres, lui léchant en l'embrassant jusqu'à se que sa langue ne danse avec sa jumelle. La main droite de Kingston se détacha du corps de son fils pour ouvrir le tiroir de la table de nuit, et se saisir d'un tube de lubrifiant. Il gémit tout en sentant son fils s'attaquer à son pantalon et son boxer, avant de se retrouver à nu devant son fils qui en fit autant avec les siens. Après avoir parcouru du regard chaque parcelle du corps de Preston, Kingston jeta un œil dans la chambre. Heureusement que lui et son épouse n'étaient pas du genre à poser des portraits de famille sur les meubles... Tout était humble, sans prétention avec seulement quelques objets de décoration : vase, statuettes, ou ornements religieux. Il se redressa et accueillit de nouveau son fils dans ses bras, reprenant le dessus au grand plaisir du plus jeune. Les yeux brillants de désir, ils se regardèrent et Kingston respira l'odeur du cou de Preston, l'embrassant de manière très sensuelle et de plus en plus sauvage.

Kingston réagit soudain en sentant la main de son fils sur son membre, l'enduisant de lubrifiant. Sa respiration devint saccadée, il n'avait plus qu'une envie. Celle-là même qu'il pouvait sentir venant de Preston. Il se saisit aussi du tube et en enduit deux de ses doigts avant d'en plonger un le plus doucement possible dans l'intimité de Preston, qui se cambra sous la surprise. Il attendit qu'il soit totalement à l'aise et en ajouta un deuxième, écoutant les gémissements répétés de son fils au rythme de ses mouvements en lui. Preston le regarda tout à coup et avec un sourire tout à fait divin, souffla à Kingston :

- Tu peux y aller, papa.

Kingston hésita un instant, mais finit par obéir. En quelques secondes, Preston sentit les doigts de son père être remplacés par quelque chose de plus imposant. Il regretta les première secondes de lui avoir forcé la main, mais ne le regretta plus lorsqu'il sentit en même temps Kingston l'embrasser dans le cou.

- Je vais y aller doucement ne t'en fais pas" susurra t-il.

Ces paroles rassurèrent Preston, qui pensait avoir poussé son père à bousculer les choses. Le pasteur commença de lents va-et-vient, savourant en même temps les caresses de son fils dans son dos. Le plus jeune ferma les yeux et savoura ces contacts entre leurs corps. Une petite question commençait à le démanger, mais il attendrait que ce moment paradisiaque ne s'estompe. Il ne voulait pas couper Kingston dans son élan étant donné le bien qu'il lui faisait. Son aîné commençait à accélérer ses mouvements, guidé par les gémissements de Preston indiquant qu'il atteignait sa prostate à chaque fois et de plus en plus puissamment. Preston enfonçait doucement ses ongles dans le dos de son père, chacun sentant que l'autre était proche de la délivrance. Preston embrassa et son père et ajouta :

- Je voudrais... juste une fois... Kingston.

La simple entente de son prénom dans la bouche de son fils enflamma encore plus le désir du pasteur. Celui-ci le souleva par les cuisses et le plaqua doucement contre le mur, écoutant les grognements de plaisir qu'il lui provoquait. Il accéléra ses coups de reins, de manière plus brutale en écoutant son fils gémir puis dans un dernier assaut, il éjacula en lui. Se délectant cet orgasme, Preston sentit en même temps la semence de Kingston lui parcourir les entrailles et vint à son tour. La respiration haletante et le corps en sueur, ils restèrent ainsi une longue minute. Preston enlaça son père, l'embrassa et lui murmura :

- Merci papa.

Ce dernier le regarda dans les yeux avec ce regard que son fils aimait tant, puis lui caressa les cheveux et le visage avant de dire :

- Je t'aime Preston.

Son fils ne perdit pas de temps avant de répondre aussi :

- Je t'aime aussi, papa.

Ils s'embrassèrent passionnément pendant plusieurs minutes, avant que Kingston ne se retire enfin du corps de son fils et ne l'allonge, se posant à ses côtés. Preston enfouit sa tête dans le cou du plus vieux et posa une main sur sa poitrine. Ils s'écoutaient respirer et se lançaient des sourires. Preston jeta un coup d'œil à la cicatrice naissante sur la gorge de son père. Il devait être en train de changer son bandage tout à l'heure avant de pleurer. Preston la caressa, non sans rencontrer une faible résistance au début. Kingston en était bel et bien traumatisé, comme n'importe qui d'autre le serait. Attristé, son fils lui avoua :

- Plus jamais je ne laisserai quelqu'un te faire du mal ou te forcer à t'en faire, même pour moi.

Le pasteur se releva, son regard perçant et intimidant posé sur son fils.

- Je préférerai me tuer mille fois plutôt que te faire le moindre mal, Preston" dit-il le plus sérieusement du monde.

Preston en eut les larmes aux yeux et prit son père dans ses bras.

- Je t'aime papa et je resterai toujours avec toi s'il le faut.

Savourant ces derniers mots, Kingston serra bien fort Preston et s'endormit contre lui.

À suivre...