Chapitre 2:

Il en avait marre de vivre ici. Il avait grandi à la cour d'Angleterre avec son parrain pour lui apprendre les bonnes manières et il avait aimé cette vie faite d'hypocrisie et de faux-semblants. Il pouvait laisser à son esprit reptilien toute la liberté qu'il souhaitait. Il s'était tant amusé avec son ami Blaise ainsi qu'avec la cousine de celui-ci, Pansy. Mais son père avait insisté pour qu'il vienne le rejoindre en Lousiane. Pourquoi devait-il absolument s'occupé avec lui de cette fichue plantation, il n'en avait cure. Lui préférait courir le jupon plutôt que donner des coups de fouet.

Son temps était partagé entre les cours de politique et d'économie, la pratique assidue de l'escrime et de l'équitation et les visites régulières des champs.

Et de cette vie insipide, il en avait ras le bol. Son père ne lui accordait que peu d'attention et sa mère tentait sans grand succés d'entretenir une vie de cour. En résumé, il était seul et ça le minait. Son tempérament sombrait chaque jour un peu plus au point qu'il en ressembla lentement à son père. Il était devenu froid, snob, imperturbable... Son humeur devenait massacrante et les serviteurs, hommes ou elfes le fuyaient dès qu'ils le voyaient...

Ses 2 ans passés ici l'avait changé à un point que même ses amis ne le reconnaîtraient pas.

Sa vie filait entre ses doigts fins sans qu'il ne puisse rien y faire et il se laissait doucement aller vers une aigreur peu commune chez un jeune homme de 19 ans.

Mais les serviteurs virent son humeur changer un jour d'été.

Il rentrait d'une de ses rondes dans les champs et il avait l'air absent. Il ignora les personnes à son service oubliant de leur donner ses ordres ou de plus généralement, les rabaisser plus bas que terre.

Depuis ce jour, souvent, le soir, ils entendirent des pleurs venir de sa chambre. Aucun d'eux ne dit rien comme si cette pièce enfermait en son sein le plus lourd des secrets...

La vie de Draco Malfoy fut entièrement boulversé par sa rencontre avec un esclave. Il l'avait juste croisé, son corps luisant de sueur sous le soleil de plomb. Le jeune homme se souvenait parfaitement de tous les détails de cet instant. Les puissants muscles jouaient son la peau mordorée de l'esclave. Ses longs cheveux noirs tressés battaient ses reins au rythme de la machette qui s'abattait régulièrement sur les pieds de cannes. Son coeur avait raté un battement quand il s'était redressé. Bien qu'il fut à cheval, l'esclave lui arrivait pratiquement à la poitrine. Draco avait soudain eu l'envie brutale d'être serré contre cette large poitrine. Il n'avait jamais ressenti ça pour un homme et il prit peur. Il avait talonné son cheval et avait tout simplement fui mais le destin l'avait fait croisé l'envoûtant regard émeuraude du jeune homme. Il n'en avait fouté son cheval que plus fort. L'esclave avait éveillé en lui un volcan que Draco croyait éteint. L'espace d'une seconde, il s'était senti dans la peau d'une antilope face à un jeune lion.

Et depuis, il ne cessait de voir ce regard partout où il posait les yeux. Il sortait le soir très tard pour espionner le village esclave... Il le vit souvent faire de la capoera ou même de la magie.

Ces sorties étaient petit à petit devenu une drogue pour lui mais comme toutes les substances narcotiques, il y avait un effet pervers. Plus il le voyait et plus il le voulait mais jamais son père n'accepterait qu'il se souille avec un esclave. Le fait qu'il soit homme ne posait aucun problème puisque le grand Slytherin lui-même avait aimé un homme, d'ailleurs, il soupçonnait son père de faire des infidélités à sa mère avec quelque jeune homme rencontré dans des bordels qui pululaient dans les quartiers glauques de la Nouvelle-Orléans. Mais un esclave, il ne l'accepterait jamais...

Son coeur sombra définitivement quand un des gardiens vint le prévenir qu'un esclave avait frappé un des leurs et qu'il s'était enfui. La description que lui fit le maton ressemblait trop à son obsession pour que cela fusse un autre... Etant chargé des esclaves et de leur travail, il ne dit rien à son père et mit en marche les recherches. Pour sa propre santé mentale, il devait retrouver le jeune homme...Mais il devrait en referé au moins à sa mère s'il voulait lui sauver la tête. Avec un peu de chance, si elle le trouvait à son goût, il aurait peut-être la vie sauve...

On vint le prévenir quelques jours plutard que le fugitif avait été pris et qu'il serait au manoir dans 2 jours...