Хорошие поцелуи России

Bons baisers de Russie, chapitre 2

Auteur: Saad Maia

Disclaimer: L'histoire de Harry Potter et ses personnages ne sont pas à moi, mais l'idée développée dans cette fanfiction m'appartient bel et bien, ainsi que le personnage de Lyov qui, je l'espère, ne vous dérangera pas trop, je sais combien les intrusions intempestives des auteurs malades mentales peuvent être gênantes parfois.

Musique:

uprising de Muse

United States of Eurasia de Muse

Moonlight Sonata in C sharp minor op27 no2 dago sostenuto de Beethoven

Sound of the sun de Silverstein

Petite note:

Bonjour!

Après m'être juré de devenir une auteuz consiencieuse qui publierai réglièrement afin de satisfaire pleinement son lectorat, j'ai été contrainte de trahir ma promesse et pour cela je m'excuse platement. Cependant j'ai une excuse! Mes deux ordinateurs, dont l'un s'appelle Toutankhamon et à juste titre, m'ont lâchés à une semaine d'intervale, ce qui a grandement condamné mes chances de vous proposer un chapitre avant aujourd'hui.

Dans tous les cas, l'un d'entre eux, malheureusement pas Toutankhamon, qui nous a tragiquement quitté dans un dernier soupir sur le profil de Mistycal, m'est revenu. Mais c'était sur l'autre que se trouvaient mes chapitres d'avance de Хорошие поцелуи России. Il m'a donc fallu retrouver le chemin du bloc note et du stylo...

Mais voici maintenant pour vous et pour me faire pardonner un chapitre 2 un peu plus long que prévus afin de vous laisser quelque chose si mon bébé devait m'abandonner à nouveau...mais ne parlons pas de choses qui fachent.

Je vous souhaite bonne lecture, et vous pose la question qui tue:

Suite ou pas suite?


Хорошие поцелуи России

Bons baisers de Russie

Chapitre 2: Bise légère

Легкий поцелуй

Harry reposa son bras sur l'accoudoir tout en observant le passage d'une hôtesse blonde. L'image même de l'hôtesse de l'air. Désintéressé, il reporta son regard sur le hublot à côté de son voisin, qui, maintenant, s'était mis à ronfler. Jusqu'à l'embarquement, il avait espérer qu'on lui donnerait une place côté hublot, mais la guigne qui le poursuivait depuis quelques jours déjà semblait lui coller aux basques. Depuis qu'il avait vu Hermione en fait.

Déjà, son chef de service lui avait fait des remontrances sur la façon dont il accordait un peu trop de temps à chaque dans un service – les urgences- où on manquait cruellement de personnel. Et puis, il y avait eu cette convocation chez le directeur, alors qu'il aurait dû utiliser ce temps pour réviser une procédure. Et tout cela pour lui annoncer qu'il partait en séminaire à la place de Neville qui s'était désisté.

En Russie.

Là où il faisait moins quarante degrés Celsius les jours de beaux temps, où il ne pourrait pas toucher au moindre scalpel pendant une semaine, ni même assister à la moindre opération, et surtout, où il ne connaîtrait personne.

Bien que cette dernière contrariété n'en soit pas vraiment une pour l'ours qu'il était devenu. Harry sortit un livre de son bagage à main. De l'implication de la magie dans les brûlures sous-cutanées, par Andraseï Vonstov. Harry doutait de trouver son bonheur dans cette lecture, mais quitte à s'occuper, autant le faire de manière à ne pas passer pour un ignorant lors du colloque.

Parce que le séminaire durerait plusieurs jours, bien sûr. Avec visite d'un complexe médical spécialisé dans le traitement des brûlures internes, des conférences à n'en plus finir et une pose touristique dans les musés de la ville. Belle semaine en perspective. Une enveloppe tomba de la première de couverture.

Du papier brun usé, Harry sortit des feuillets qu'il ne put s'empêcher de relire. Ses directives à l'arrivée, et son billet de retour. Tout cela pour lui dire qu'un inconnu l'attendrait à l'aéroport pour le guider pendant son séjour, et chez son hôte. Parce qu'apparemment l'hôtel coûtait trop cher pour Sainte Mangouste.

Harry replia les feuillets qu'il glissa dans le livre, et ouvrit celui-ci d'un mouvement sec. Désespérément, il se plongea dans sa lecture, comme s'il espérait que le monde autour de lui pourrait disparaître. Et sans vraiment qu'il y fasse attention, un mot vint sans cesse frapper aux confins de sa mémoire. Un mot inscrit sur le second feuillet de l'enveloppe brune. Le seul qu'il ne pouvait comprendre, en fait.

Драко Малфоий

Lorsqu'il sortit du terminal, son bagage à main sur l'épaule et son sac de voyage en travers du dos, Harry était toujours d'humeur morose. Le léger malaise qu'il avait ressentit au décollage de l'avion n'y était surement pas pour rien, après tout, c'était la première fois qu'il montait dans l'appareil moldu. Il n'avait d'ailleurs pas très bien compris comment un organisme tel que Sainte-Mangouste pouvait envoyer ses médicomages à l'étranger en passant par la classe affaire d'une grande compagnie de vol britannique.

Le jeune homme pénétra dans le hall bondé, où des gens se bousculaient dans tout les sens sous la lumière crue des néons. Des enfants se hélaient, des hommes parlaient forts dans leurs téléphones portables, leurs attachés-cases sous le bras, tandis que des femmes courraient après leur progéniture, grimpés sur des échasses vernies. Des hôtesses blondes s'efforçaient de renseigner leurs clients. Le tout dans une langue qu'Harry ne comprenait absolument pas. Le choc le fit perdre un peu pied, et il se demanda un instant comment il allait pouvoir tenir une semaine en compagnie de gens avec lesquels il ne pourrait pas communiquer. Puis un autre problème vint remplacer celui-ci dans sa liste des priorités. Qui, parmi tout ce beau monde, était son guide, et accessoirement, son traducteur ? En vain, il chercha des yeux quelqu'un qui dénoterait, qui trahirait sa culture sorcière comme ils le faisaient à chaque fois.

Soudain, il l'entrevit. Le petit homme maigrichon, assez jeune apparemment, presque un adolescent, vêtu d'une veste de cuir noir et d'un jean bon marché, les cheveux blonds longs laissés libres sur ses épaules. Harry lui ne lui donna pas plus de dix-neuf ans. Le garçon portait entre ses mains blanches un morceaux de cartons sur lequel était écrit le nom d'Harry. Celui-ci se dirigea vers le jeune homme, un air un peu plus sociable qu'auparavant plaqué sur le visage, et quand l'autre le vit, un sourire avenant vint éclairer son visage.

« Lyov Serevsky », fit-il en tendant une main qu'Harry serra.

« Harry Potter » répondit-il en souriant.

« Bienvenue en Russie ! » répondit l'autre en se saisissant du sac d'Harry.

Puis il l'entrainât hors de l'aéroport, vers un parking plus ou moins vide en ce dimanche soir, où il chargea les bagages d'Harry dans le coffre d'une vieille Datsun noire, tout en parlant de tout et de rien. Harry aurait très bien pu ne pas lui répondre que l'autre aurait continué sa discussion tout seul, dans un anglais nourrit d'un très faible accent qui impressionna Harry.

Enfin, Lyov l'invita à prendre place dans la voiture.

« On va où maintenant ? » interrogea Harry tandis que le jeune russe faisait ronfler le moteur de la voiture

« Où tu veux ! » répondit l'autre tout sourire.

« A vrai dire, je ne sais pas vraiment. Là où je dois loger ? Ou à l'hôpital ? D'ailleurs, où se passent les conférences ? On t'a briefé ? »

« T'as l'air vachement au courant, pour un mec qui va rencontrer une bande de vieux poussiéreux hauts placés, se moqua gentiment Lyov. Tu vas te faire coller si tu continue comme cela. »

« J'ai appris mon départ il y a moins d'une semaine !se justifia Harry, et en plus je ne voulais pas venir ici ! »

« Je te comprends, fit Lyov, les yeux à présent fixés sur l'asphalte qui défilait sous les pneus de la Datsun noire. C'est vrai que rencontrer le gratin de la médicomagie mondiale, faire les yeux doux à une bande de vieux grincheux, éventuellement s'en taper un ou deux, le tout pour un brin d'avancement, c'est trop pourri ! »

Harry ne releva pas la remarque sur ses prétendus penchants dont Lyov ignorait tout au demeurant, mais s'attarda sur la bile que cachait à peine l'humour particulier de Lyov.

« Où as-tu appris à parler comme ça ? demanda-t-il. »

« Mon père était anglais. Un éminent cardio-mage, précisa-t-il. »

« Tu parles au passé. Est-ce qu'il est… »

« Il nous a abandonné, ma mère et moi, il ya plusieurs années », fit-il d'une voix indifférente qui ne trompa pas Harry.

« Sujet clos », pensa-t-il. Il reporta son attention sur la route, ne sachant toujours pas où Lyov avait décidé de l'emmener. « Peut-être chez lui ? Peut-être que c'est lui, mon hôte ? » se mit à espérer Harry. Et même si le jeune homme ne semblait pas porter les médicomages dans son cœur, au moins il avait une conversation.

Mais quand la voiture noire s'arrêta, ce fut sur un parking face à une grande pelouse recouverte de neige que surplombait un bâtiment dont l'architecture n'était pas sans rappeler celle des palais des tsars.

« L'Université » fit sommairement Lyov. « Ou du moins le bâtiment qui nous intéresse. Les amphithéâtres sont à l'intérieur dans l'aile Ouest. Je t'emmènerai demain. »

A gauche du parking, longeant les bâtiments universitaires se trouvait une forêt aux allures de jardin public.

« Le jardin botanique, l'hôpital se trouve juste derrière. »reprit Lyov.

Puis le jeune homme se pencha sur le côté et ouvrit d'une main la boîte à gants pour en sortir une enveloppe.

Jusqu'au dernier moment, Harry s'était sérieusement demandé où l'autre voulait mettre sa main. Il n'était vraiment pas habituer à ces voitures montées à l'envers.

De l'enveloppe, Lyov sortit un parchemin rédigé en russe à l'encre verte. Harry réalisa alors que c'était la première trace de magie qu'il voyait depuis son départ d'Angleterre.

« Ton programme, fit Lyov en lui tendant le parchemin. Prononce ton nom en tapant avec ta baguette, il devrait se traduire tout seul. »

En effet, le sort eut pour effet de modifier les lettres afin qu'un liste de rendez-vous et d'horaires apparaissent en anglais sur le page.

« Je t'emmènerai, poursuivi Lyov en montrant quelques points du programme. En voiture, précisa-t-il. »

Harry se retourna vers lui, de plus en plus intrigué. Le doute s'insinua dans son esprit.

« Je crois que je n'ai jamais vu un sorcier utiliser si peu la magie. Tu es Cracmol c'est cela ? » demanda-t-il à son vis-à-vis.

Lyov se mit à rire.

« Non, non, juste original, répondit-il. Tu vois je suis un sorcier de part mes deux parents, et pourtant j'aime les moldus, tout comme je suis un étudiant en médicomagie qui déteste la brochette de médecins et les hôpitaux dans lesquels ils officient ! Par pur esprit de contradiction. »

Tout en disant cela il tourna ses grands yeux bleus vers Harry, faisant par la même bouger ses longs cheveux blonds. Son sourire s'accentua.

« J'aime la médecine, poursuivit-il, mais je rêve de grands espaces d'horizons mouvants, de pays où il ne neige jamais et où le soleil se lève même en hiver. De pays où la mer ne glace pas et où les gens souffrent en silence et ne croient qu'en la joie de vivre, au lieu de se plaindre à tout va comme le font les gens, ici. Je rêve de ces endroits où… »

Quand il parlait, ses yeux se nourrissaient des éclats du soleil se couchant sur ces contrées lointaines. Harry était subjugué par le charisme du jeune homme, et il se dit qu'il n'avait pas rencontré de personnes ayant cette beauté si naturelle qu'elle en paraissait irréelle depuis… Depuis cette personne. Mais il n'avait d'égal que sa cruauté et Harry le chassa de ses pensées.

Lyov cessa soudain de parler.

« Je dois te saouler avec mes délires, en remettant le contact sur la Datsun. Où dors-tu ? »

La question ramena Harry à la réalité. De sa poche il sortit l'enveloppe brune et montra à Lyov l'adresse indéchiffrable inscrite sur le feuillet. Un court instant, celui-ci sembla réfléchir, puis dit finalement :

« Je pense pouvoir trouver. »

Il démarra alors sur les chapeaux de roues. Harry serra les dents et laissa son regard le porter par les rues de Saint Petersburg. Après quelques minutes à ce régime, après avoir traverser divers ponts dont Harry ne put lire le nom sur les pancartes, ils entrèrent dans des quartiers plus résidentiels, et de moins en moins bien entretenus. Finalement, la Datsun s'arrêta dans un quartier aux immeubles bas, face à une palissade en tôle tagguée de toute part.

« C'est ici. » fit Lyov en montant la palissade.

Harry arqua ses sourcils en une mimique interrogative.

« Lui aussi doit être original, commenta Lyov. Mais tu ne devrais pas avoir trop de mal à communiquer, il a un nom à consonance assez « British ».»

Cette dernière remarque soulagea vaguement Harry, mais il n'eut pas le temps de poser d'autres questions. Lyov sortit de la Datsun en s'exclamant :

« Allez, en scène doc' ! Je te prends demain à huit heures tapantes, n'oublie pas ! »

Un « oui, maman » vint vaguement titiller la langue de Harry, mais Lyov lui avait déjà fourré son sac dans les mains, et claquer la portière de la voiture sans aucune douceur. Ses dents impeccablement blanches apparurent une dernière fois derrière la vitre, avant que le moteur ne tousse. L'instant d'après, la Datsun était au coin de la rue et disparaissait dans un nuage de gaz d'échappement définitivement condamné par les accords de Tokyo.

Harry se rendit alors compte qu'il était seul face à un portail peu avenant fermé par un cadenas gros comme son point. Un dernier « enfoiré » lui vint à la bouche, et une bourrasque de vent s'engouffra dans la rue, qui ébouriffa un peu plus ses cheveux et lui rosit les joues.

o0o

Lorsque Pansy était entrée dans le studio, Draco était à l'étage, occupé à accrocher un rideau entre son lit et celui qu'il destinait à son invité. Son envahisseur, comme il se plaisait à l'appeler.

Pansy était venue, une semaine auparavant, lui annoncer la venue 'un Anglais à Saint Petersburg. Draco avait acquiescé sans rien demander de plus, bien décidé à repousser son visiteur au plus profond de son esprit. Du moins selon Pansy. Pourtant, depuis, lors, il s'activait désespérément pour faire de son domaine de vieux célibataire un lieu lus neutre qui lui permettrait un peu d'intimité.

La salle de bain avait été entièrement fermée par des rideaux, comme celui que Draco installai à l'instant. Il rechignait à faire pousser des murs qui serait ensuite plus difficiles à enlever, au grand désespoir de Pansy, qui, elle, n'ignorait en rien l'identité du visiteur que Draco s'apprêtait à recevoir. Et elle redoutait, avec un sentiment d'anxiété croissante mêlé à une certaine impatience, l'instant où le brun passerait le pas de la porte. N'avait-elle pas été trop loin dans la thérapie cette fois ? N'avait-elle pas négligé l'amitié qui la liait au blond au profit d'un hypothétique résultat ? Ces questions ne cessaient de revenir en force dans sa mémoire.

« Faites que tout ce passe bien ! »implora-t-elle encore une fois.

Et pensant ce temps, Draco pestait contre la tringle à laquelle il s'évertuait à accrocher le tissu blanc. Il aurait pu utiliser la magie, mais, au fil du temps, il s'était rendu compte qu'il en usait de moins en moins. Il aimait faire les choses par lui-même. Et plus le travail était difficile, plus la fierté qu'il en retirait était importante. C'était son petit secret, sa bouée de sauvetage, cette fierté qui illuminait le peu d'âme malfoyenne qui logeait encore au fond de lui. Et en cet instant, il était plutôt fier de lui. Il avait réussi à séparer sa chambre en deux, comme au temps où Pansy vivait encore avec lui, sans que tout ce qu'il avait amassé depuis en bibelot en tout genre ne lui pose réellement problème. Certes, un bon nombre d'entre eux avaient disparus, cachés au fond des tiroirs que recelait sa partie de chambre, et le lit ainsi que les meubles qu'il avait installés étaient de la récupération un peu transformé, mais l'ensemble ne rendait pas trop mal, et le clic-clac qui trônait fièrement de l'autre côté du rideau semblait avoir gagné une seconde jeunesse. Draco espérait juste que les ressorts ne seraient pas trop durs dans le dos de son visiteur. Jamais on irait dire qu'un Malfoy ne savait pas recevoir !... Pour peu que l'autre accepte de rester étant donné qui l'hébergeait. Sa réputation dans la Bonne Société Sorcière de Grande-Bretagne ne devait plus être à faire…

Un coup d'œil à Pansy, assise dans son fauteuil devant le feu, tournant et retournant sa petite cuiller dans la même tasse de café froid depuis une demi-heure le ramena sur Terre, et un sourire tendre s'étala sur son visage. En quelques foulées, il la rejoignit au rez-de-chaussée.

« Ça ne vas pas ? » demanda –t-il à brûle pourpoint.

Son amie lui répondit de son regard tourmenté en reposant sa tasse sur l'accoudoir du fauteuil avec un sourire qui n'atteignait pas ses yeux.

« Tu vas me tuer…dit-elle. Je commence à douter du bien fondé de la thérapie que je te fais suivre… »

Un ange passa. Puis Draco se mit à rire en s'affaissent sur un fauteuil face à Pansy.

« Pansy, dit-il enfin devant l'air interrogatif de la jeune femme. Tu es ma psy personnelle depuis près de cinq ans maintenant, et je ne connais personne à ce jour qui ait eu à se plaindre de tes services, surtout pas moi. Je te fais confiance. Je veux dire, si toi tu as réussi à dépasser tout cela, pourquoi pas moi ? J'y arriverai, même si je dois réfréner toutes les pulsions du monde ! »

Draco secoua la tête un instant puis reprit :

« Sérieusement j'y ai beaucoup réfléchi ces derniers jours. Il n'est peut-être pas trop tard pour moi. Si j'arrive à me départir de ma rancœur, peut-être que je pourrais m'ouvrir à nouveau, et qui sait, peut-être rencontrer quelqu'un, comme toi. »

Pansy eut un petit sourire à l'écoute du discours optimiste de son ai, d'habitude si négatif.

« Ça fait beaucoup de peut-être, tu ne trouve pas ? » finit-elle par dire.

« Peut-être ! répondit Draco avec humour. Mais je veux prendre le risque. N'est ce pas ce que nous faisons depuis le début. Au pire, si l'idée ne fonctionne pas, je le mettrai à la porte et tout sera fini. »

Pansy sourit encore un peu, plus sincèrement, en imaginant un Malfoy mettre son invité à la porte dans le pur style « dispute de couple » avant d'être interrompue par la question de Draco :

« Au fait, tu connais son nom ? Je ne te l'ai même pas demandé ? On l'a déjà rencontré ? Pourquoi vient-il, tourisme ? »

Pansy retint un rire devant l'anxiété qui se dévoilait enfin chez son ami. Il lui donnait l'impression d'être un petit garçon la veille de Noël, cherchant à savoir quel cadeau il allait recevoir.

A cet instant, une sonnerie retentit dans le studio, traduisant la présence de quelqu'un devant la barrière, qui cherchait à entrer. Son invité, devina Draco.

D'un mouvement de baguette, il commanda l'ouverture du cadenas et se leva pour aller accueillir son invité sur le perron. Mais au moment d'ouvrir la porte, la voix de Pansy le rappela. Son visage exprimait un trouble encore plus grand, et un doute s'immisça dans son esprit. Une mauvaise surprise l'attendait-elle derrière la porte ? Il n'eut pas le loisir de pousser sa réflexion plus avant, par réflexe, sa main s'anima sur la poignée et le visage de son invité apparu à la lumière de la pièce, et le sourire timide de celui-ci se transforma en une grimace de pure horreur. Potter. Draco se figea, sa baguette serrée dans son point fermé, et il sentit son propre esprit lui échapper.

Draco se vit replonger sept ans plus tôt, entre ces murs de pierres qui l'étouffaient, coincé dans la Salle sur Demande, là où le Trésor de Maître des Ténèbres était caché. Il sentit la morsure du souvenir de la Marque sur son bras, et la haine, dévastatrice, qu'il éprouvait à l'égard de Potter. Potter qui se trouvait maintenant en son pouvoir, Potter qu'il allait enfin pouvoir tuer. Sa vengeance à portée de baguette.

Alors qu'il s'apprêtait à lever l'instrument, prisonnier du souvenir de la chaleur des flammes ronflant autour de lui, il sentit une pression sur son bras qui le ramena à la réalité. Pansy lui parlait mais il ne comprenait pas très bien ce qu'elle lui disait. Potter se tenait face à lui, en position de défense. Mais Potter avait vieilli, et lui aussi. Il s'était probablement rouillé, après tout ce temps passé dans ses salles de classes. Ils étaient bien loin de l'Angleterre de leur enfance. Loin de tout, et pourtant si près d'en finir.

Ses souvenirs n'avaient envahi son esprit qu'une poignée de seconde, juste le temps pour Pansy de faire rouler son fauteuil jusqu'à lui et de retenir son bras. Elle ouvrit la porte en grand et invita Potter à entrer. Celui-ci eu un temps d'hésitation, alors la jeune handicapée saisit la baguette de Draco et la lui tendit, tandis que son propriétaire peinait encore à reprendre pied. Potter sembla penser que Pansy ne représentait pas un grand danger puisqu'il ne lui demanda pas sa baguette, et avança dans le salon, suivit par l'étrange couple. Derrière eux, Draco referma la porte d'une poussée, et invita Potter à prendre un fauteuil en pinçant les lèvres. Ils en découdraient plus tard, pour l'instant, il avait un autre compte à régler.

« Tu savais ! » cria-t-il à l' intention de Pansy dans le russe qu'ils utilisaient couramment entre eux. Ce n'était pas une question mais bien une constatation. « Tu ne m'a rien demandé ! » se défendit Pansy dans la même langue.

« Garce ! continua-t-il. J'ai changé d'avis, je ne suis pas prêt. Je ne le serais jamais. Je peux tout remettre en cause, depuis mes idéaux jusqu'à a naissance, mais jamais, jamais je ne cohabiterais avec ce monstre. C'est à cause de lui que tout est arrivé ! »

Draco se redressa dans un geste nerveux, et s'approcha de Pansy.

« Tu le prends avec toi, où je ne réponds plus de rien ! » finit-il en anglais cette fois.

Pendant ce temps, Harry n'avait cessé de lorgner sur les deux autres, une baguette pointée vers chacun d'eux.

Que faisait-il là ? Pourquoi avait-l accepté d'entrer ? Que faisait Malfoy ici, qui parlait russe ? Etait-il passé dans la quatrième dimension avant, ou après l'atterrissage de l'avion. Il aurait parié sur avant s'il avait eu le cœur à parier, mais être en face de Malfoy et se souvenir de tout ce qu'il y aurait toujours entre eux deux, lui ôtait tout cœur à quoi que ce soit. Dans quel panier à serpent avait-il encore mis les pieds ?

Puis il vit Malfoy se redresser et marcher vers sa compagne. Harry ne put s'empêcher de remarquer combien la beauté et le charisme qui s'échappait de son corps était toujours présents. Il n'avait presque pas changé si ce n'était ses cheveux un peu plus long laissés libres sur ses épaules plus larges. Il n'en était que plus désirable encore… Harry chassa avec force cette idée de sa tête, il était totalement incongru d'avoir de telles pensées dans un moment pareil. Il aurait rougi s'il n'avait pas été coupé dans sa réflexion par Malfoy hurlant en anglais sur la femme en fauteuil roulant.

Un sourire féroce et complètement inattendu apparu alors sur le visage de la jeune femme, qui ne semblait pas le moins du monde apeuré par la présence de Draco devant elle.

« Au contraire Draco, dit-elle, tu réagis parfaitement bien. Tu vois, j'avais peur que tu ne cherche à le tuer dès le départ, mais si tu lui donne une chance de s'en tirer en demandant à ce qu'il parte, c'est que tu n'as pas vraiment l'intention de lui faire du mal. Du moins pas fatalement. Je propose donc que Potter reste, ici. S'il le souhaite toutefois. Et je suis sure que s'il accepte nous aurons des résultats prometteurs ! »

« Pansy…menaça Malfoy de sa voix traînante et glaciale qui fit froid dans le dos de Harry. Je te rappelle que je ne suis PAS ton sujet d'expérience ! »

Harry prit alors conscience de l'identité de la jeune femme dans le fauteuil. Il ne l'aurait jamais reconnue sans cela… Sans ses airs de pékinois à truffe écrasée. Pansy Parkinson. Le temps avait fait des merveilles sur son visage auparavant si disgracieux. Mais depuis quand avait-elle perdue sa mobilité ? Et depuis quand cherchait-elle à étudier Malfoy au lieu de le suivre bêtement comme le bon toutou qu'elle était ?

« De toute façon, il n'acceptera jamais de rester », continua Malfoy.

« Bien sûr que non ! s'exclama Harry, ouvrant la bouche pour la première fois. Je ne suis pas assez fou pour rester avec un serpent pareil. »

Les mots étaient sortis tous seuls de sa bouche, comme à l'époque.

« En effet oui, répondit Malfoy du tac-au-tac, tu aurais bien trop peur que je ne te tue dans ton sommeil. »

Harry se mordit les lèvres. Il savait très bien ce qu'il était sur le point de dire, il e pourrait pas s'en empêcher. D'un bon, il se leva, droit devant Malfoy, et lança d'un air colérique.

« Très bien, puisque c'est comme ça, je reste ! »

Malfoy afficha un air à la fois surpris et paniqué, avant de se caché derrière son masque de glace, tandis que Pansy arborait un sourire plus grand que jamais. Elle était sure d'elle à présent. Son intuition avait été la bonne.

« Puisque c'est ainsi, je vais vous laisser en tête à tête ! » fit-elle d'un air enjoué en faisant rouler son fauteuil vers la sortie.

Les deux jeunes hommes n'avaient pas bougé, concentré l'un sur l'autre, se testant du regard. L'un comme l'autre était encore étonnés des propos de Harry, mais auraient préférés se damner plutôt que de l'avouer. La tension entre eux n était presque palpable.

Sur le pas de la porte, Pansy lança un « Dasvidania » ironique avant de disparaître. Alors Draco s'assit calmement dans son fauteuil, à côté du feu toujours ronflant, et lança avec son air sur de lui :

« Tu me rends ma baguette ? »

Harry grogna et la lui tendit, la sienne toujours fixée sur l'homme en face de lui. Draco eut alors un geste qui surprit Harry. Il rangea sa baguette dans la poche de son jean et tourna son regard vers le feu.

« Qu'est-ce que tu fais ? » interrogea Harry sans réfléchir.

« Comme tu peux le voir, je range ma baguette. »répondit Draco.

Le jeune homme blond se sentait mieux, il avait reprit le contrôle de ses souvenirs. Tout n'était que du passé, il avait fait un trait sur sa vie d'avant, avait reniés ses idéaux d'alors, et s'était reconstruit lui-même à la force de ses poignets. Et même si Potter était à l'origine de tout le désastre qui l'avait poussé à cette extrémité, Draco savait que s'abaisser à le tuer serait la pire chose qu'il pourrait faire. Ce serait admettre que Potter avait de l'importance dans sa vie, qu'il pouvait tout remettre en question. Ce serait s'avouer que tout ce qu'il avait construit n'était qu'un leurre. Et Drcao s'y refusait ! Il savait également que s'il n'attaquait pas, Saint-Potty ne répondrait pas. Il s'énerverait tout seul, comme un gamin gâté à qui l'on refuse un caprice, mais il ne ferait pas le premier pas, ce serait contraire à ses principes de Sainte Nitouche. Et lui, Draco, serait plus fort que cela, il serait plus fort que tout. Ce serait sa fierté !

Alors pour calmer le jeu, pour désamorcer la bombe qu'il venait de lancer, il poursuivit :

« Je ne vais pas te lancer de sort. Ni maintenant, ni plus tard. Ce serait contre mes principes. »

« Tes principes ? répondit Harry. Tu n'as jamais eu de principes ! »

Harry ne savait pas pourquoi, mais toute la douceur et le calme paisible qui l'habitait depuis quelques années et fiait tellement de bien à ses patients venait de se faire la malle, et il se retrouvait dans la peau de l'adolescent irréfléchi, impétueux et torturés qu'il avait été par le passé. L'homme en face de lui avait le don de détruire ce qu'il y avait de bon en lui. Et il ne l'en haïssait que plus pour cela.

« Insulter son hôte sous on propre toit ! Quelle impolitesse Potter. Tes manières ne se sont pas améliorées, à ce que je vois ! » répliqua Draco, sans pouvoir s'en empêcher. Il y avait des limites à ne pas dépasser tout de même.

Pendant que Harry ruminait sa colère, Draco se leva et se dirigea vers la cuisine, plus que sensible au regard meurtrier que l'autre braquait sur son dos. Un instant, il craint un sort par derrière, mais se souvint que ce n'était pas le genre de Potter. En digne Griffondor, jamais il n'attaquerait autrement que par devant.

« Un thé ? »proposa Draco, histoire de jouir encore un peu de son effet.

Un grognement lui répondit. En temps normal, il aurait surement fait une remarque bien sentie sur l'élocution désastreuse du jeune homme brun, mais s'il voulait gagner contre Potter, il devrait se retenir, il en avait conscience. La semaine s'annonçait difficile.

Il pointa sa baguette sur la bouilloire et servit l'eau chaude dans deux tasses qu'il amena dans le salon, puis rapporta celle de Pansy qu'elle n'avait pas touchée.

Pendant ce temps, Harry ne cessait de ruminer les évènements de cette soirée. Il s'apprêtait à boire un thé en compagnie de Malfoy, en Russie, à Saint-Pétersbourg, alors qu'il allait suivre un séminaire ronflant sur les brûlures internes dues à la magie, et l'Homme qui l'hébergeait et qui était accessoirement son pire cauchemar, semblait décidé à le garder chez lui, sans le tuer. Dieu, c'était bien la quatrième dimension !


*До свидания, pour celles et ceux que ça intéresse.

Alors, verdict?

Suite ou pas suite? Une seule réponse:review

A très bientôt!