Voici le second chapitre et son invité. Faites honneur au seul, l'unique, Mukuro ! Réjouissez-vous, ou tremblez, car la suite est arrivée.

Chapitre 2 : The Weight of the World

« Des amis liés par un bracelet d'acier

Que l'on a séparé d'un brusque coup d'épée

Errent maintenant dans la cité du crépuscule,

Regardant l'espoir qui les sépare devenir minuscule.»

La journée commence plutôt bien. J'ai droit à un petit-déjeuner dans les normes : croissants beurrés, confitures, omelettes au jambon, jus d'orange, café serré et Nutella. Je mange lentement en contemplant mes rudimentaires bandages d'un air morose. De nouvelles cicatrices en perspective. Je secoue la tête et termine d'avaler mon jus d'orange avant de pousser le plateau sur le côté. Je décide de m'habiller après un rapide passage à la douche. Je noue ma cravate en observant mon reflet dans le miroir. Je tente de sourire. La grimace qui se peint sur mon visage est affreuse alors je reprends ce visage de marbre que j'ai appris à porter. Il est temps d'y aller.

Le long couloir peint d'un blanc ivoire s'étend sur plusieurs mètres de long avant de déboucher sur une grande salle, celle des réunions de la famille. Des chandeliers sont disposés sur les rebords des immenses fenêtres donnant vue sur le jardin japonais d'Hibari-san. Le tapis rouge s'étale jusqu'à une vingtaine de centimètres de la cheminée de marbre blanc. Juste au-dessus, il y a l'immense symbole de la famille Vongola qui avale le mur. Il y a aussi de nombreux fauteuils disposés en arc de cercle afin de faire face à un siège imposant, luxueux, aux dessins complexes : le mien. Je m'y dirige sans un mot tandis que les autres personnes présentes dans la pièce se tournent vers moi. Lorsque je suis installé, tous m'imitent et je me retrouve face à mes gardiens : Gokudera, Yamamoto, Ryohei, Hibari, Lambo, et Chrome. Reborn fait son apparition tardive et va se poser contre le mur. Ils attendent tous.

Je prends une grande inspiration. Je n'aime vraiment pas ce genre de situation.

-« Bonjour à tous. »

Une salve de réponses fuse, très différentes en fonction de la personne qui me répond. Je remarque notamment l'air agacé d'Hibari-san bien que ça ne change pas vraiment de ces habitudes.

-« Comme d'habitude, nous tenons cette réunion hebdomadaire afin de faire un récapitulatif des événements qui se sont produits avec tout ceux qui n'étaient pas forcément présents. »

Je soupire lorsque je vois que Gokudera lancer un regard menaçant en direction de Yamamoto qui était parti chez les Varias pendant presque un mois. Il m'entend et se dépêche de reprendre un air attentif.

-« Je sais que nous n'avons pas beaucoup de temps, alors je vais tâcher d'être bref, » dis-je en voyant Ryohei s'impatienter. « Durant ce mois, nous avons eu affaire à des menaces de la famille Pelloni auquel j'ai répondu. Nous avons également eu des problèmes avec une bande yakuza du coin qui tentait de découvrir les entrées de notre base souterraine. Après discussion, ils ont voulu nous attaquer. J'ai mis fin à leurs activités. De son côté, Hibari-san a récolté des informations sur la famille Pelloni qui ne devrait plus tarder à nous attaquer vu leurs derniers déplacements. Yamamoto s'est vu charger la garde de la fille de l'empereur qui avait été kidnappée il y a deux mois. Il a mis hors d'état de nuire un groupuscule aux idées anti-impérialiste et remplit sa mission. Gokudera-kun a découvert le traître qui donnait des informations aux autres familles. Il s'agissait de d'Alberto Delambre qui s'est suicidé lorsque nous avons voulu l'arrêter. Pour finir, Chrome et Mukuro ont récoltés ce que le traître avait dévoilé aux autres familles et brouillés les pistes. Il n'y a donc aucune inquiétude à avoir concernant les derniers messages qu'il a envoyés. Le seul problème, c'est de savoir s'il en a envoyé beaucoup ou non, ce sur quoi nous enquêtons en ce moment même. Shoichi nous préviendra quand il en saura plus. »

Je me tais enfin en souhaitant pouvoir prendre une grande inspiration. Je ferme les paupières un instant avant de reprendre :

-« Avez-vous des questions ? »

Ryohei lève aussitôt la main.

-« On est pas à l'école, tête de gazon ! » s'écrie Gokudera dans un accès de colère assez typique.

-« La ferme, tête de pieuvre ! Je pose ma question à l'extrême ! Sawada ! »

Ryohei me lance un regard ardent, et bien que je sache déjà quelle sera sa question, je ne peux m'empêcher de penser que j'aimerais quitter cette pièce dans l'instant.

-« Je veux savoir si on a trouvé son assassin ! » dit-il d'un air sérieux. « Est-ce que tu sais qui l'a tuée ?! »

Il me dévisage et je me rends compte que je serre les poings. Je décide d'agripper le rebord de ma chaise à la place et réponds d'une voix neutre :

-« Non, pas encore…Mais je continue de chercher. Je trouverais. »

-« Je sais, » réplique Ryohei. « J'ai confiance en toi, Sawada. »

Je me dis que je me passerais bien de cette confiance. Je n'ai pas besoin de ce poids en plus. C'est alors que je demande si c'est tout et que Reborn toussote telle une vieille grand-mère. Je me retiens de jurer : aucun doute, il va dire tout haut ce qu'il pensait hier tout bas. Je hoche la tête et il attaque aussitôt:

-« Moi je voudrais savoir pourquoi Tsuna était seul lors du combat contre les yakuzas et pourquoi personne n'a vérifié qu'il ne faisait pas n'importe quoi. »

A ces mots, il se tourne vers Hibari qui détourne le regard avec impertinence.

-« Je te l'avais pourtant demandé Hibari, » dit-il pour enfoncer le clou. « Je suis aussi très déçu du gardien de la Tempête… »

Gokudera manque de s'étouffer. Je l'ignore complètement pour lancer un regard de braise au tueur à gage qui fait semblant de ne rien voir. Finalement, Chrome décide de s'excuser alors qu'elle n'y est pour rien, Ryohei grogne tout haut, et Yamamoto me demande des explications. Cette fois, je me laisse aller à la colère :

-« Je n'avais pas besoin d'aide pour battre de ridicules yakuzas ! Je peux me débrouiller tout seul ! Alors Reborn, arrête de leur demander de me chaperonner ! »

-« Tu ne manges pas beaucoup ces derniers temps, Boss … » remarque Chrome à qui je dédie un visage menaçant.

-« Et tu affrontes souvent seul le danger, » reprend Lambo avant de tenter de disparaître sur place lorsqu'il me regarde.

-« C'est vrai Tsuna, » poursuit Yamamoto. « Tu n'agis plus comme avant. »

Mes ongles grincent sur les bras du fauteuil dans un hurlement d'épouvante. Je serre les dents en essayant de ne pas me laisser aller à la colère qui monte dangereusement.

-« Juudaime, je ne veux pas paraître offensant, mais ils ont raison, bien que nous savons tous ce que vous ressentez, vous devez… »

-« Vous savez ce que je ressens, hein… ? » je lance d'un ton caustique.

-« Moi je sais, » réplique Ryohei. « Et les autres aussi. Pourtant nous allons de l'avant. Tu devrais faire pareil Sawada. Tu devrais arrêter de… »

-« Arrêter quoi ?! » je crie en explosant enfin. « Arrêter de penser à elle ?! Faire comme si de rien n'était ?! Ne pas chercher à comprendre ?! Ne pas culpabiliser ?! Pourquoi ne pas l'oublier complètement tant qu'à faire ?! »

Leurs visages s'allongent et deviennent douloureux. C'est plus fort que moi, je ne peux pas empêcher cette rage de s'écouler, pas plus que je ne peux empêcher une rivière de poursuivre son chemin.

-« On ne te demande rien de tout ça, imbécile. Ta famille s'inquiète pour toi, c'est tout » réplique Reborn.

-« Et bien qu'elle s'occupe de ses affaires ! »

Hibari se redresse et quitte la salle en claquant la porte. Les autres se lancent des regards en se demandant s'ils doivent partir ou non. Finalement, Lambo prétexte un rendez-vous urgent, suivis de près par Ryohei et Chrome. Gokudera gigote sur place, partagé entre le désir de rester à mes côtés et de fuir le plus loin possible. La salle devient silencieuse et je me calme enfin. Je reprends un visage de marbre, officiel, bien qu'il ne reste plus que mes amis les plus fidèles.

-« Tu fais partie de la famille » commence lentement Reborn. « Pire, tu en es le chef. C'est toi que tout le monde observe chaque jour. C'est donc normal qu'on s'inquiète de te voir dans cet état. »

Je soupire et desserre ma prise sur le fauteuil pour croiser mes bras et m'enfoncer sur le dossier.

-« Je le sais bien … » dis-je. « Je suis désolé. »

-« C'est déjà ça. »

Il émet un reniflement de satisfaction et je vois Gokudera avoir un sourire radieux. Celui-là, il est heureux pour un rien… Yamamoto ne parait pas aussi convaincu par contre. Reborn leur demande alors de nous laisser tous les deux et ils obéissent sans demander leur reste en saluant au moins une fois chacun. Dès qu'ils sont hors de vue, Reborn se fait un joyeux plaisir de se lever et de me coller une claque sur le crâne, faisant résonner mon cerveau tout entier. C'est qu'il n'y va pas de la main morte ! A son deuxième tentative, je pare du plat de la main.

-« Tu as enfin une bonne réaction, idiot de Tsuna ! » dit-il.

C'est probablement parce qu'il tentait de me frapper au beau milieu de mon visage. Dans tout les cas, il parait plus détendu, et je me rends compte que moi aussi. Il y a moins de monde, moins de pression autour de moi, et ça fait un bien fou. Je me laisse aller à un pâle sourire qui ravis mon ancien professeur.

-« De mieux en mieux ! Dans dix secondes tu danseras la gigue en chantant ! »

-« Je ne crois pas, non… »

Nous observons un instant de silence durant lequel il vient s'asseoir dans un siège avant de me regarder fixement. Je finis par lui demander ce qu'il me veut.

-« Ecoute Tsuna, ce n'est plus possible que tu continues ainsi, alors on va mettre les choses au point. Part à la recherche de son assassin en compagnie d'un de tes gardiens, laisse Gokudera et Yamamoto s'occuper de la base Vongola, et reviens quand tu l'auras trouvé. Si c'est le seul moyen pour que tu te calmes enfin, je ne te retiendrais pas. Venge-la si tu y tiens tant. Tu en as le droit. »

Je le regarde sans sourciller, redevenu aussi sérieux qu'à mon entrée dans la pièce. Reborn m'avait interdis de partir pour chercher le tueur et maintenant il me l'ordonnait. Je me demande où est le piège et ouvre la bouche sans avoir le temps de dire quoi que ce soit :

-« J'aurais fait pareil à ta place » dit-il soudain. « Ne porte pas le poids de sa mort en plus de tout le reste. Tes épaules de ringard ne sont pas assez larges pour ça. »

Curieusement, je le crois. Je souris et hoche la tête en acquiesçant. Il me rend mon sourire et se redresse pour quitter la salle. Je me retrouve à regarder la fenêtre et son ciel bleu. En réalité, comme toujours, Reborn avait percé à jour le cœur du problème. Il avait lu en moi avec une facilité déconcertante et trouver une solution expéditive. Car mon attention était, depuis ce jour, focalisé sur un seul et unique but : la vengeance. Il me fallait trouver le meurtrier, le salopard qui avait tué celle que j'aimais. Ma poitrine se sert en sachant que c'est par ma faute qu'elle a été blessée. Si seulement… Si seulement…

Je serre les dents. Ce n'est pas avec des « si » qu'on refait l'histoire. Je me détourne de la fenêtre et quitte la salle. Je me promène un peu dans les bâtiments en me demandant quel gardien je devrais choisir pour m'accompagner. L'idée ne m'enchante guère, mais Reborn y a mis sa condition et si je ne la respecte pas, il ne me laissera pas partir. J'arrive dans le grand hall d'entrée avec ses escaliers en demi-cercle qui longent les murs. C'est une grande salle, immense même, avec pour seule décoration, un tapis rouge et l'emblème de la famille Vongola. Je me rappelle qu'au début de notre installation ici, ils voulaient mettre mon portait sur le mur du fond pour que les gens qui pénètrent dans cette place forte soient conscients que c'était moi qui y régnait. Bien sûr, je les en ai empêché. Voir mon visage tous les jours agrandit à l'échelle 1/60, très peu pour moi.

Je descends les escaliers et aperçoit une figure familière qui se tient dans l'encadrement des portes principales. Elle se retourne et me fait un léger sourire. Je m'empresse de la rejoindre. Chrome semble prête à partir, vêtue dans une tenue élégante, elle tient son arme dans ses mains ainsi qu'un sac noire. Ses longs cheveux ondulent gaiement au vent.

-« Chrome, » dis-je alors sans lui laisser le temps de parler. « Je suis désolé pour tout à l'heure. Je n'aurais pas dû réagir ainsi, je sais que tout le monde s'inquiète pour moi. »

Interloquée, elle ouvre de grands yeux avant de sourire gentiment en rougissant un peu. Elle secoue la tête de droite à gauche.

-« Ne vous en faites pas, vous n'avez pas à vous excuser, boss. »

-« Si, je le pense vraiment, » dis-je d'un ton convaincu.

J'avais tout de même exagéré tout à l'heure. Je n'étais pas encore devenu borné comme Xanxus au point de ne pas le remarquer. Je lui fais alors remarquer qu'elle semble sur le point de partir et elle hoche la tête. Elle n'ajoute rien de plus cela dit, j'insiste encore car je ne me rappelle lui avoir donné une mission, ou un voyage à faire.

-« Et bien, ne vous mettez pas en colère, boss… Mais c'est Reborn qui m'a demandé de vous accompagner. Il m'a dit que je devais vous suivre tout de suite et que vous alliez probablement vouloir partir aujourd'hui. C'est pour cette raison que je vous attendais. »

Je la dévisage un instant, incrédule. Visiblement, on ne m'avait pas laissé le choix. Ce n'est pas la peine de lui demander des explications il faut me rendre à l'évidence, Reborn tire ses ficelles dans mon dos. Avec un soupir, je lui demande de m'attendre un peu. Je remonte jusque dans ma chambre afin de prendre ma cape, mes gants, mon petit porte-bonheur usé par le temps, et un revolver que j'étais supposé emporter partout avec moi. Lorsque je retourne dans le hall, à ma grande surprise, ce n'est plus la petite Chrome qui se tient sur le seuil. Je fais une grimace de circonstance et rejoint cette personne.

-« Il parait que tu as besoin d'un de tes gardiens, Tsunayoshi-kun. »

Exaspéré, je décide de continuer ma route en descendant à nouveau des marches, blanches cette fois, et menant vers l'allée où était garée l'une de mes voitures. Quoique « limousine » serait peut-être le terme le plus approprié. Je m'attends à moitié à devoir attendre après l'autre lorsque je constate qu'il m'a très vite rejoint. Suspicieux, je lui demande :

-« Ce n'était pas Chrome qui devait m'accompagner ? »

Il me lance un coup d'œil qui ferait pâlir n'importe qui sauf Reborn, Hibari-san, et moi-même. Peut-être deux, trois autres aussi. A mon avis, le fait qu'il ait les yeux vairons doit y être pour quelque chose, surtout avec un œil rouge. Ajoutez à cela son aura meurtrière, et vous aurez un beau portrait du personnage.

-« Kufufu…Que ce soit elle ou moi, quelle importance ? » réplique-t-il avec un demi-sourire.

Je lève les yeux au ciel avant de m'engouffrer dans la voiture. Assis à l'arrière, je demande au chauffeur de bien vouloir démarrer pour m'amener au centre-ville. L'homme s'est installé de l'autre côté de la banquette et il garde cette moitié de sourire collée au visage. Mauvais présage ça.

La voiture démarre silencieusement et tourne devant la grande bâtisse des Vongola avant de s'engager sur la route qui mène à la sortie du domaine. Je pianote de mes doigts sur ma cuise en observant le paysage défilé lentement : de grands arbres bordent l'allée de la maison tandis qu'autour, il y a des parterres de fleurs entretenus par de discrets jardiniers. Un peu plus loin on peut apercevoir le grand portail en fer forgé long de trois mètres de haut qui semble être fait de lierres peints en noir. Une fois passé, le chauffeur s'engage enfin sur la route et accélère. Nous quittons la base pour rejoindre via une petite route la nationale qui mène directement au centre de la ville. Je fais un signe discret en voyant quelques mafieux en train de surveiller les allées et venues de tous. Ils répondent d'un bref salut, leurs regards ne quittant pas plus de quelques secondes les lieux qu'ils surveillent assidûment.

Le voyage se fait en silence et je regrette que le chauffeur ne mette pas la radio ou un CD. Il plane une ambiance austère dans cette voiture. Je n'ose pas desserrer les dents, ni même regarder dans la direction de l'homme qui se tient à ma droite. Impossible de lui faire confiance à celui-là. Autant il se déclare mon gardien, autant il peut retourner sa veste et me tuer quand il le souhaite. Je ne comprends toujours pas les raisons qui ont poussé Reborn à en faire le gardien de la Brume. Il est aussi traître qu'Alberto Delambre.

Nous arrivons enfin au centre et j'indique l'adresse au chauffeur qui entre les coordonnées dans le GPS. En entendant le nom de notre destination, l'autre émet un rire étrange sans rien dire. Il l'aurait fait, je me serais probablement énervé, et ce n'est pas le moment d'engager un combat avec lui, pas en pleine ville. Nous passons entre de grands immeubles d'acier, puis nous débouchons sur un parc à l'abandon. Le chauffeur gare la voiture et je le remercie en descendant de voiture. Je lui signale aussi qu'il ne doit pas nous attendre. Je regarde la limousine noire s'éloignée puis disparaître au coin d'un tournant.

Je lance un regard à l'autre homme qui observe avec curiosité les alentours avant de me mettre en route. Je m'avance dans ce petit parc ravagé. Les arbres sont pliés comme sous la puissance de violentes bourrasques, ou alors ils sont déracinés. Les manèges sont roussis, fracassés, parfois arrachés de leurs bases. Ils sont dans le désordre le plus complet. Je suis obligé de faire quelques détours à cause des cratères creusés là comme si une bombe y était tombée. Finalement, j'arrive sur une petite cours pavée. Mon cœur se serre en entendant mes pas résonner sur ce qu'il reste de cette place. D'une démarche mesurée, assurée, je m'avance jusqu'au deuxième banc, le seul encore intact, miraculeusement épargné. Je me penche et effleure doucement le bois teinté de sombre.

J'entends un bruit dans mon dos et me retourne vivement pour voir l'homme me regarder. Il sourit. En y mettant toute ma colère, je lui lance :

-« N'approche pas ! Je n'ai pas besoin d'aide ! »

Une lueur amusée brille dans ses yeux, ce qui a le don de m'énerver encore plus.

-« Je n'en n'avais pas l'intention… » répond-t-il d'une voix amical qui ne colle pas avec son visage. « Alors, c'est ici qu'elle est morte ? Sur ce banc je présume ? »

Je ne réponds pas. En voyant mes poings serrés, son sourire s'élargit un peu plus.

-« Je me suis toujours demandé comment cela se faisait-il que le grand Vongola Decimo n'ait pas su protéger celle qu'il aimait tant. La petite Kyo… »

En moins de deux, je me retrouve en face de lui, le saisissant par le col de sa chemise avec une force pleine de fureur. Peu m'importe qu'il soit plus grand que moi, ou qu'il soit l'un des gardiens ! Je l'agrippe fermement et le tire à ma hauteur en secouant énergiquement.

-« Ne joue pas à ce jeu-là avec moi Mukuro ! » je gronde. « Ajoute un mot de plus, et c'est toi qui périra ! C'est clair ?! »

Je le repousse en arrière d'une main agressive. Visiblement très surpris au départ, il reprend contenance en souriant. Quel détestable personnage…

-« C'est compris » dit-il. « Sauf que tu ne pourras me tuer, Tsunayoshi-kun…Sais-tu pourquoi ? »

-« Ca ne m'intéresse pas » dis-je en lui tournant le dos pour repartir.

Je fais quelques pas pour continuer ma traversée du parc lorsqu'il ajoute d'une voix suave :

-« Ah ? Tu ne veux vraiment pas savoir qui a tué ta bien-aimée ? »

Je m'arrête brusquement. Après un instant, je me retourne pour le voir avec ce large sourire ravi peint sur la figure.

-« Je sais qui l'a tuée…Mais je veux une contrepartie. »

-« De quoi ?! » je hurle en perdant tout sang-froid. « Tu vas me dire son nom et tout de suite si tu ne veux pas que je te fasse cracher tes dents ! »

-« Kufufu…Si tu fais ça, je ne te le dirais jamais… »

Remplis d'aversion et de fureur, je me retiens à grand peine de ne pas lui mettre mon poing dans la figure. Finalement, je crache avec dégoût :

-« Que veux-tu en contrepartie ?! »

A cet instant, son sourire disparaît et il devient sérieux. Le vent soulève doucement ses longs cheveux, sa cape flotte lentement, et du bout des lèvres, il me répond :

-« Donne-moi ton corps. »

To be continued in « Break »…