Note de l'Auteur : Yééé, me revoilà avec un second chapitre :D Il n'est pas très long j'en suis bien consciente mais ça me permet d'enchaîner plus rapidement. J'espère que ça vous plaira :D

Chapitre 2

Claquement de porte. Bruits de pas précipités. Respiration haletante…

« Que s'est-il passé ? » hurla Charlie en pénétrant telle une tornade dans le bureau du FBI.

A son entrée, Megan, David et Colby qui se trouvaient dans un coin, la mine morose, levèrent la tête. Ils n'eurent pas besoin de plus d'explications pour comprendre immédiatement de quoi parlait le plus jeune des Eppes.

« Charlie ? s'étonna Megan en se levant pour venir à sa rencontre.

- Que s'est-il passé… » répéta le jeune Eppes, « Qui était-ce ? Pourquoi…. »

Son regard glissa sur les visages tournés vers lui. Les collègues de Don paraissaient ne pas savoir par quel bout prendre les choses. Ce fut finalement David qui prit la parole.

« Peter Johnson. Ancien détenu. Il s'agit d'un dangereux criminel qui s'est rendu coupable d'une douzaine de meurtres… Don s'est occupé de l'affaire, il y a quelques années. Il l'a finalement attrapé et mit en prison…

- Alors que faisait-il dans ce parking ? demanda Charlie.

- Il s'est évadé lors d'un transfert… » lui indiqua Megan. « On pense qu'il a voulu se venger… »

Le visage de Charlie se tordit en une grimace désespérée. Il se laissa tomber sur la chaise qui se trouvait près de lui et enfuit son visage dans ses mains, les épaules secouées de sanglots. Megan s'approcha et posa une main réconfortante sur son dos.

« Comment va t-il ? » demanda t-elle la voix anxieuse.

Charlie garda le silence. Il n'avait pas la force de parler… Pas la force de leur dire qu'il risquait de perdre son grand frère… Il resta de longues minutes ainsi, abattu par la fatalité qui semblait peser sur sa vie. Quand il se redressa ce fut pour affronter les yeux graves des coéquipiers de Don. Il déglutit, tentant de refouler son envie de vomir…

« Il ne va pas bien… Pas bien du tout », finit-il par avouer.

Megan, David et Colby échangèrent un regard inquiet. Finalement, Colby trouva le courage de poser la question qui obsédait tout le monde.

« Il va s'en sortir ?

- Je ne sais pas… murmura Charlie, je ne sais pas… »

.oO+Oo.

Un tunnel noir… Pas de bruits. Pas de lumière. Pas d'espoir. Où est-il ? Que fait-il là ? Il appelle… Seul l'écho lui répond. Pourquoi Charlie n'est-il pas là ? Pourquoi son père ne vient-il pas lui expliquer où il se trouve. L'impression de flottement qu'il ressent depuis un moment n'est pas naturel, il le sait. Mais que lui est-il arrivé ? Pourquoi ses souvenirs restent si inaccessibles…

Il lui semble entendre la voix de son petit frère au loin… Charlie où es-tu ? Pourquoi ne viens-tu pas… ? Pourquoi ce noir ? Il tente d'avancer dans l'atmosphère cotonneuse où il est enlisé mais ne parvient pas à atteindre l'origine de la voix. Déjà celle-ci se fait plus basse, telle un chuchotement. Elle s'en va, le laissant seule et démuni. Charlie ? Ne m'abandonne pas petit frère…

J'ai besoin de toi…

.oO+Oo.

Le feutre crissait sur le tableau. Mais ce bruit, qui aurait pu paraître désagréable aux oreilles, apaisait l'esprit torturé de Charlie. Inlassablement, le jeune mathématicien remplissait d'algorithmes l'ensemble du tableau, puis une fois arrivé en bas, il s'arrêtait, relisait ce qu'il avait marqué et se saisissait d'un chiffon pour tout effacer, avant de reprendre la rédaction de ses équations. Ce manège pour le moins singulier se poursuivait depuis près d'une heure.

« Je vais le retrouver… Je vais le retrouver… » murmurait-il par instant, la voix rauque.

Megan l'observait, immobile derrière la vitre qui la séparait de la petite pièce. La mine soucieuse, elle aurait voulu entrer et dire à Charlie d'arrêter. Cela ne menait à rien, il n'y avait pas de données particulières à inclure dans tous ses calculs. Rien de bien concrets. Rien qui ne les mènerait à Johnson. Du moins pour l'instant.

Elle secoua la tête, attristée. Elle avait envie d'aller voir son ami à l'Hôpital mais hésitait à laisser Charlie seul. De plus, ce dernier leur avait dit que la chambre était interdit pour les personnes extérieur à la famille. Megan s'était donc décidée à rester au bureau, soutenant de son mieux l'équipe.

Toute à ses pensées elle n'entendit pas David approcher, et sursauta lorsque celui-ci lui posa une main sur le bras pour lui signaler sa présence.

« Désolé, marmonna l'agent.

- Pas grave, lui répondit la jeune femme en tournant son regard vers lui. Du nouveau ?

- Peter Johnson, 38 ans. Il habitait à Los Angeles. Il va falloir qu'on aille voir à son ancienne adresse. On a aussi le nom d'une ancienne petite amie ; Colby est à sa recherche, elle pourrait nous aider…

- Parfait », approuva Megan.

Les deux agents se tournèrent d'un même mouvement vers la vitre. David réalisa une grimace.

« On devrait le faire participer, cela lui donnerait l'impression d'être actif.

- Je suis d'accord… Mais j'ignore comment il réagira lorsqu'on lui dira que ses maths ne sont pas utiles cette fois. »

Le soupir que poussa David répondit à la question de Megan. Celle-ci secoua légèrement la tête avant de s'approcher de la porte, David sur ses talons.

« Charlie ? appela t'elle une fois à l'intérieur.

Ce dernier ne répondit pas, ne semblant pas s'apercevoir de leur présence. Megan du se saisir de son bras pour qu'il se tourne vers eux, hagard.

« Charlie, tu veux bien nous écouter un peu ? »

Le bras du mathématicien retomba le long de son corps. Il semblait près à leur accorder un minimum d'attention, et Megan en profita.

« Tu sais que tu n'arriveras pas à définir un algorithme capable de nous aider, n'est-ce pas ? »

Charlie passa une main dans ses cheveux bouclés, jetant un coup d'œil à son tableau.

« Je… C'est juste que je… Je crois que… » tenta t-il d'expliquer maladroitement.

Megan lui adressa un léger sourire.

« Tu ne peux pas parce que il n'y a rien à mettre la dedans… » fit-elle en indiquant les calculs d'un geste de la main.

Charlie observa un instant ce qu'il venait d'écrire et baissa la tête, les poings serrés dans une attitude de frustration intense.

« Je voudrais tellement mettre la main sur l'ordure qui lui a fait ça !! » lança t'il la gorge serrée.

Prit d'une pulsion soudaine, il effaça d'un geste rageur toutes ses équations. Megan en le voyant réagir ainsi lui saisit le bras, l'obligeant à s'arrêter.

« Charlie, t'énerver n'aidera pas ton frère…

- Je sais, mais ça me soulage, répondit l'interpellé une note grondante dans la voix.

- On a prévu d'aller voir chez lui, lui indiqua David, même s'il ne s'y trouve pas, on peut apprendre des choses utiles sur ces petites habitudes… Tu viens avec nous ? »

Charlie se saisit de sa veste posée sur la chaise à côté du bureau pour toute réponse. Il sortit de la pièce, suivit de près par Megan et David.