Désolée, le début est difficile a mettre en place, alors je met énormément de temps à poster… Et ça ne va pas s'arranger, je vais partir pendant trois semaines dans une contrée inconnue et sans connexion Internet (je n'aurai que mon portable, dur dur).
Merci à mes reviews : Malfoy Funambule, Cuzon, Diloule et surtout Seamrag qui m'a aidée pour ce chapitre (c'est une maniaque des virgules, faites attention !)
Tout n'est qu'une histoire de temps
- Toi.
Si le regard d'Hermione exprimait à la perfection ce qu'elle pensait de la réaction de l'endormie, cette dernière ne put voir que le sourire suintant de mépris. D'un geste plein de suffisance, Hermione rabattit encore plus la capuche sur son visage, voulant éviter à tout prix que l'endormie ne la reconnaisse. Elle voulait conserver son ascendant, sa position de force. Car elle, elle connaissait l'identité de l'Empoisonneuse. Satisfaction.
D'un pas léger elle contourna dédaigneusement la jeune femme abasourdie qui lui faisait face et avança dans le couloir mal éclairé. Ses yeux mémorisèrent tout, le moindre détail de cette maison. N'importe quel point de pression serait le bienvenu afin de forcer l'Empoisonneuse à accepter ce qu'elle lui demanderait. Des photos, toutes animées, montraient la joie de vivre d'une jolie petite famille. Deux adultes et un petit garçon blond comme les blés. Elle arriva devant la porte du salon. Tout était propre, bien rangé. Tout avait changé depuis la dernière fois qu'elle était venue. D'après ses souvenirs, la pièce était beaucoup moins chaleureuse que lorsqu'elle y passait en temps de guerre. Alors qu'elle s'approchait du fauteuil, elle entendit son hôte la rejoindre, enfin remise de ses émotions. Hermione s'assit lentement sur le fauteuil, royalement. Elle entraperçut la jeune femme secouer la tête comme pour se réveiller de ce cauchemar. Puis abandonner et se laisser tomber sur le canapé. Reddition.
- Je ne touche plus à tout ça. J'ai arrêté. La guerre est finie à présent. L'Empoisonneuse est définitivement morte.
Hermione laissa échapper un petit rire ironique, elle fit jouer ses doigts dans les airs, encore une fois. Magie.
- Personne ne nous entendra ainsi. Tu as plutôt bien réussi pour une ancienne Poufsouffle. Tu as une grande maison, une famille qui m'a l'air heureuse. Mais vous vivez un peu trop aisément par rapport à ce que vous gagnez. N'oublie jamais d'où te viennent tes économies l'Empoisonneuse, je pourrais m'en vexer.
La voix d'Hermione magiquement transformée, modulait à la perfection les syllabes pour que celles-ci laissent planer le spectre d'une menace dans la petite pièce. La jeune femme en face d'elle frissonna et tenta camoufler son regard incertain. Mensonge.
- J'ai perdu mes contacts avec le milieu. J'ai tout laissé tomber. Pour ma famille. Je ne vous serai d'aucune utilité Madame.
La jeune femme se tordait les doigts. Anxiété. Quand elle osa enfin lever les yeux, elle ne vit que le mince sourire qui s'était formé à ses mots. Sourire suffisant. Comme toujours. Habitude.
- Pourtant, ce n'est pas ce qu'il se dit dans le milieu justement. Et je sais très bien où est l'entrée de ton atelier secret.
Le sourire, ou plutôt le rictus, s'accentua alors qu'Hermione se levait afin de s'approcher à pas de velours d'une ancienne commode ouvragée. Elle avança sa fine main blanche, remerciant les cours de Drago qui avaient fait d'elle une parfaite Legilimens. Elle se concentra pour reproduire exactement les mêmes gestes que ceux qui venaient de défiler à toute allure dans l'esprit de l'Empoisonneuse à l'instant même. Puis elle s'arrêta en percevant les émotions contradictoires de la jeune femme et sa panique qui à présent envahissait tout. Grand sourire sarcastique. Elle aimait cette sensation de toute puissance. Sensation tout à fait grisante. L'Empoisonneuse s'était interposée entre sa main et la commode. Oubliant pour quelques instants sa frayeur, et l'aura mauvaise qui entourait sa visiteuse. Révolte.
- Bien, bien, je le reconnais. Mais qui êtes vous pour savoir des choses dont je n'ai jamais parlé à personne ? Pour connaitre des gestes que je n'ai effectués que trois fois dans ma vie, à chaque fois seule et protégée des regards indiscrets ? Peu importe, j'ai bien conscience que nous ne sommes pas du même niveau. Que me voulez vous cette fois-ci ?
Voir la Poufsouffle devenir aussi courageuse qu'un Gryffondor amusa profondément Hermione. Le Choixpeau avait dû se tromper en la plaçant dans cette maison parce que, assurément, l'Empoisonneuse aurait eu sa place à Gryffondor. Le visage de Ron se matérialisa dans ses pensées, et confuse elle se dit qu'elle-même aurait eu sa place à Serpentard pour tout ce qu'elle avait fait et tout ce qu'elle allait faire. Devant le regard intrigué de la Poufsouffle, qui n'osait tout de même pas s'approcher plus d'elle, et le long silence, Hermione reprit ses esprits et se dirigea vers une table pour y faire apparaître un mince parchemin. Elle s'assit ensuite sur un autre fauteuil, dos à la cheminée, à l'abri de l'ombre. L'Empoisonneuse avança d'un pas hésitant avant de se raviser et de rester devant sa précieuse commode, invoquant le parchemin à l'aide de sa baguette. Accio.
Hermione restait de marbre tandis que les yeux affolés relisaient la courte liste. Impossible.
- Ce n'est pas possible, jamais je ne parviendrai à réunir tout cela !
Hermione n'effectua aucun mouvement. Les yeux, paniqués, relisaient pour la cinquième fois la dizaine de mots, inscrits à l'encre rouge sang. Incompréhension.
- Ce n'est pas possible. Des larmes de Dragon ! Et pas n'importe lequel, des larmes de Norvégien à Crète. Un des plus rares ! Des cheveux de Fée, passe encore, il suffit de les flatter, elles et leur égo insupportable. Mais où pourrais je trouver les perles opalescentes de l'Au Delà et la poudre de Révélation ? Ce ne sont presque que des légendes, des mythes transmis par le bouche à oreille ! Tout comme vous ne verrez jamais de cape d'invisibilité de votre vie, il va falloir que vous abandonniez ce projet fou !
Dans sa véhémence la Pouffsoufle s'était approchée d'Hermione qui ne bougeait toujours pas un seul doigt. Aveuglée par sa rage, son envie qu'elle comprenne, cette inconnue qui se permettait de la réveiller au beau milieu de la nuit pour lui faire part de demandes absurdes, l'Empoisonneuse esquissa un geste afin de relever ce capuchon, cette saleté de capuchon qui la séparait de la vérité depuis tant d'années. Elle ne supportait plus de ne pas savoir à qui elle avait affaire. Emportement.
Malheureusement, Hermione était dans son esprit et anticipa son geste. Ses doigts glacés s'enroulèrent autour du poignet de l'Empoisonneuse, bloquant son envie, sa curiosité insatiable. Ce contact sembla brûler cette dernière qui s'échappa et s'éloigna d'un pas vif. Le parchemin toujours serré dans son poing. Tension.
- Ce n'est pas pour rien que je fais appel à toi, si j'avais besoin d'ingrédients courants, je serais allée me servir seule. Tu as un budget illimité et un mois. Comme d'habitude.
Hermione s'évanouit, disparaissant sous les yeux de la Poufsouffle. Ne restaient plus comme traces de son passage qu'une bourse allègrement rebondie, avance sur son paiement, et le fin parchemin, toujours entre ses doigts. La jeune femme passa une main lasse sur son visage, desserra l'étreinte de ses doigts, laissant le parchemin voleter jusqu'à son riche tapis. Elle contempla d'un air désabusé l'encre rouge mat qui avait décolorée, laissant sa main comme ensanglantée. Peu importe, de toute façon elle la connaissait par cœur cette liste à présent. Désillusion.
oOo
Deux grands yeux chocolat suivirent le pauvre fou qui s'avançait inéluctablement vers une grande tour lisse et sans la moindre fenêtre. Ils le jaugeaient, sans inquiétude, admirant sa démarche assurée, son port de tête altier, son corps trop parfait. Contre toute attente, ce fut la tour qui s'effondra sous les coups du fou. Les deux iris marron clair se plissèrent sous le rire de la jeune fille qui battait des mains. Pour la cinquième fois de la journée, Liana avait réussi à mettre sa mère échec et mat. Hermione avait l'esprit entièrement tourné vers le plateau, analysant ses moindres faits et gestes. Comment une enfant de cinq ans pouvait-elle la battre elle, femme adulte et pas trop bête ? Hermione ne resta pas éternellement plongée dans ses pensées, le rire franc et clair de sa fille la fit éclater de rire rapidement.
- Si j'avais su qu'il fallait te faire perdre aux échecs pour que tu retrouves le sourire, je l'aurais fait depuis longtemps !
La jeune femme calma son rire avant de jeter un coup d'œil faussement méprisant vers la porte de la chambre d'enfant.
- Pour cela, il faudrait déjà que tu sois plus fort que moi aux échecs ! J'ai eu un très bon professeur…
Voyant ses yeux se voiler de tristesse, Drago se dépêcha de changer de sujet.
- Je te montre ma supériorité quand tu veux chérie. Tu as un colis qui t'attend sur la table du salon bleu. Liana vient ici, il faut absolument que tu m'apprennes à jouer correctement aux échecs ! Tu ne voudrais pas que je perde la face en jouant contre ta mère n'est-ce pas ?
Ignorant la moue moqueuse de sa mère, la petite blonde se leva et se jeta en courant dans les bras grands ouverts de son père.
- Oui, oui, faut que tu gagnes maman !
Hermione eut un soupir désespéré devant le regard victorieux de Drago.
- Liana, on doit dire "il faut que tu battes maman" ou bien "il faut que tu écrases maman" ou alors "il faut que tu infliges une défaite cuisante à maman", d'accord ma chérie ?
La jeune femme brune eut un nouveau soupir désespéré en voyant sa fille écouter et retenir attentivement tout ce que disait son père.
- Liana je t'en prie n'écoute rien de ce que peut te dire ton père, il raconte n'importe quoi, je suis certaine qu'il a prit un coup sur la tête ce matin !
Drago fit un grand sourire et plaqua un baiser sonore sur la joue de sa fille, lovée dans ses bras.
- N'écoute pas ta mère mon trésor, elle ne sait plus ce qu'elle dit quand elle me voit. Allez, on va commencer cette leçon tout de suite. Faudrait que je pense à t'acheter un balai Liana, si tu es aussi douée aux échecs, j'ai hâte de voir ce que tu vaux sur un balai !
- Ah non ! On a dit qu'on attendait qu'elle ait six ans ! Drago, je te préviens, si tu en achète un, je l'utilise pour nettoyer la maison !
Drago sortit avec un sourire moqueur et un clin d'œil.
- Un colis t'attend au salon Madame Je-dénigre-tout-ce-qui-à-trait-au-Quiddich.
Intriguée, Hermione décroisa élégamment ses longues jambes puis se redressa d'un bond. Elle épousseta sa robe jaune et jeta un œil au plateau de jeu. Elle aurait dû mieux écouter les leçons de Ron, lui aussi était très doué. Mais elle n'écoutait pas vraiment ses conseils, préférant le regarder lui. Du moins au début. Rapidement, ses pensées étaient tournées vers une autre personne, pas rousse mais blonde cette fois-ci.
Ron, Ron, Ron… Pourquoi tout me ramène toujours à lui ? Pourquoi est-ce que je n'arrive que très rarement à profiter de l'instant présent ?
Elle secoua la tête, faisant voltiger ses boucles brunes, et se décida à descendre ouvrir ce fameux colis. L'Empoisonneuse avait été rapide, pourvu que ce ne soit pas pour lui dire qu'elle avait échoué dans ses recherches. Impossible, l'Empoisonneuse la craignait trop pour lui annoncer une telle nouvelle.
Alors que la porte allait se refermer derrière elle, Hermione fit rapidement demi tour, glissant sa main dans la petite ouverture, elle ordonna aux pièces de se ranger toutes seules. De même, par un mouvement impérieux du poignet, elle obligea le plateau à se ranger dans une ancienne armoire en acajou, le tapis à se remettre correctement, et la fenêtre à se fermer ainsi que la porte.
Ayant envie de bouger après tout ce temps passé à rester assise, elle dévala les escaliers quatre à quatre, appréciant la sensation de vitesse incontrôlable. Afin de ne pas tomber, elle sauta les deux dernières marches et atterri légèrement en riant. Elle se dirigea vers le couloir de gauche, ses pieds nus s'enfonçant dans l'épais tapis. Alors qu'elle s'approchait d'une lourde porte ouvragée, celle-ci s'ouvrit pour la laisser entrer avant de se refermer dans son dos, sans un bruit.
Un claquement de doigts. Le paquet s'ouvrit. Dévoilant un coffret précieux. Le même que d'habitude. Hermione eut un sourire, mais celui-ci était franchement inquiétant. Elle saisit une fiole fragile entre ses longs doigts, l'éleva afin de l'examiner à la lueur du soleil. De fins volutes irisés se formèrent à l'intérieur du liquide opalescent. Son sourire s'agrandit. Elle murmura pour elle-même :
- Elle n'a pas perdu ses contacts, ça c'est sûr !
- Des larmes de dragons ? Où as-tu réussi à trouver cela ?
Surprise, la jeune femme se retourna rapidement, refermant le coffret. Mais Drago fut plus rapide et le saisit, examinant attentivement son contenu. L'esprit d'Hermione se mit en marche pour trouver une bonne excuse le plus rapidement possible. Déjà le blond se tournait vers elle avec un air ahuri.
- Tu as ici des ingrédients très rares. Comment les as-tu obtenus ? A quoi vont-ils te servir ?
Hermione masqua ses émotions, espérant qu'il ne se rendrait pas compte de ses mensonges.
- J'ai fait jouer mes anciens contacts. Tu sais, je me suis dit que je voulais continuer mes recherches pour trouver un remède pour les Loups Garou. J'étais si proche du but avant…
Déstabilisé, Drago passa une main dans ses cheveux. Il souffla.
- Avant la mort de Lupin, oui, je sais. Désolée ma chérie. Décidemment je ne fais que te rappeler de mauvais souvenirs. Mais la Poudre de Révélation n'a jamais été employée pour faire de la Magie pure, j'en ai surtout entendu parler dans la Magie Noire, alors je me suis inquiété. Mais je ne te dérangerai plus maintenant, j'espère que tu réussiras.
Il tourna les talons et sortit de la pièce. S'il s'était retourné, il serait peut être revenu sur ses dernières paroles en voyant l'éclair de culpabilité dans les yeux d'Hermione, et ses larmes couler.
Feindre de croire un mensonge est un mensonge exquis. Maurice Chapelan
Je n'ai pas respecter mes engagements : vous ne pouvez pas encore comprendre le titre… Je comptais mettre cette scène dans ce chapitre mais elle est beaucoup trop longue. Donc au prochain !
Toujours pas d'idées sur l'identité de l'Empoisonneuse? J'avoue ce n'est pas facile =)
Sur ce, je vous souhaite un agréable week end, et je retourne à mes révisions (oral de français…). Croisez les doigts pour moi !
