Et voilà la suite ! Le retour tant attendu de notre Sherlock préféré…

Chapitre #2 – I'm going slightly mad

Watson ne savait plus où donner de la tête. Cinq grippes, deux bronchites, et il avait si faim… J'aurais dû garder les gâteaux de Sherlock pour moi… Recevoir des dizaines de patients par jour lui permettait de penser à autre chose, ce qui n'était pas plus mal. Il détestait être isolé des autres, car il n'était même pas seul dans sa propre tête.

Je vis avec un fantôme.

Rien n'était plus facile que travailler : il aimait tellement se débarrasser de son double invisible…

Soudain, un homme en blouse blanche entra sans prévenir dans le bureau de Watson, qui fit une moue désapprobatrice.

« Jusqu'à nouvel ordre, on frappe avant d'entrer, monsieur. » dit-il d'un ton ferme.

« Excusez-moi, Docteur, mais on vient de vous demander à l'accueil. »

« Oui, eh bien ça attendra la fin de ma consultation, chacun son tour. »

« Il dit que c'est extrêmement urgent ! »

« Qu'il aille voir un autre médecin de l'hôpital, alors ! » s'exclama Watson, irrité.

« Il a aussi dit que vous réagiriez comme ça, et que je devais vous lire cette liste de six mots…, dit l'homme en sortant un papier de sa poche. Rose, Chine, piscine, Irene, limier… »

Non, dites-moi que c'est une blague…

« … et chute. »

Sans un mot, Watson se leva. Il n'y avait qu'une seule personne, une seule, qui pouvait lui dire ce genre de choses.

« Allez chercher le docteur Eisenhower en remplacement, je vais à l'accueil. »

« Pour combien de temps ? »

« Toute la journée. » répondit-il en quittant son bureau en trombe, son sac sous l'épaule.

Il n'aimait vraiment pas ça.

Lorsqu'il parvint à l'accueil, la réceptionniste lui indiqua d'un geste de la main qu'il devait aller dans le couloir à gauche, puis ouvrit la porte du fond. Il la remercia du menton et courut presque vers la poignée en entendant ce que lui précisa la réceptionniste. Son « ami » était parti par là… Du moins, il s'était présenté comme un « ami en détresse ». Impossible, impossible… Sherlock était mort. Il ouvrit la porte et se retrouva dans le local-poubelles, seul. C'est son style de se cacher, c'est son style ! Il était plein d'espoir, furetant entre les déchets en croyant à chaque fois y voir son ami. Sherlock, Sherlock…

Une minute, deux minutes, cinq minutes, trente minutes… Il n'y avait absolument personne. Effondré contre une poubelle, Watson était terrassé. J'ai encore été pris pour un con.

Il soupira. Personne n'était caché derrière les poubelles, il était totalement seul. Il tourna les talons, reniflant d'irritation et de tristesse. Comment avait-il pu y croire une seule seconde ? Ridicule. Il voulut reprendre son poste et accueillir d'autres patients, mais le docteur Eisenhower était déjà installé dans son bureau et ne voulait plus en bouger. Dépité, Watson prit le chemin du 221b Baker Street. Quelle superbe journée, vraiment ! Il salua Mrs Hudson avec un sourire lointain et alla s'écrouler dans son fauteuil. Il était encore temps de déjeuner, mais Watson n'en avait pas le courage. Tant d'espoir pour rien, finalement… Mais qui avait pu lui laisser cette liste de mots ? Une mauvaise blague ? Qui pouvait connaître toutes leurs aventures ? N'importe qui, tout est sur mon blog…

Il se frotta les yeux, les ferma et se força à se détendre. Cela ne servait à rien de s'énerver comme ça : sa vie était ainsi depuis deux ans, un grand néant qu'il ne pouvait pas combler. Pourquoi n'était-il pas capable de s'en remettre ?

Un léger bruit dans la cuisine.

Watson soupira. C'était son délire du moment il entendait des bruits sourds, des voix, des coups, des bruissements, comme si Sherlock était là. Généralement, il finissait par ne plus y faire attention, ou il allait voir de quoi il en retournait. Evidemment, il n'y avait absolument personne, et il retournait s'effondrer pesamment dans son fauteuil pour le reste de la journée. Il avait en cet instant l'impression d'entendre quelqu'un ouvrit le réfrigérateur, ce qui l'agaça immédiatement. Il allait encore devoir se lever pour aller vérifier, car il ne pouvait pas voir la cuisine de son fauteuil. Il décida de ne même pas y penser, et recommença à fixer la télévision éteinte.

Mais le bruit s'accentua, et il crut entendre quelqu'un refermer le frigo. N'y pense pas, n'y pense pas, c'est juste ton cerveau malade… Il était à présent sûr que quelqu'un s'approchait de son fauteuil, un bruit de pas un peu chaloupé et caractéristique, et c'était pire que tout. Il n'y a personne, personne, concentre-toi sur la télé ! Il serra les lèvres et les poings, désespéré d'être si faible mentalement. Soudain, il vit apparaître devant lui une silhouette fluette, très grande, reconnaissable entre toutes. Des cheveux en bataille cachaient à moitié son visage, mais il savait très bien qui était devant lui. Du moins, qui il pensait voir devant lui.

« J'ai pris la liberté de prendre un peu de limonade, John. »

Watson écarquillait les yeux sans fin. Comment, comment… Il était totalement impossible que Sherlock se trouve devant lui et lui parle, il le savait, mais il avait l'air si réel ! Comme s'il pouvait le toucher…

« Je suis fou. » murmura le médecin en secouant la tête.

« John, je sais que ça doit t'étonner, je comprends presque pourquoi, mais il faut que je te dise ce que je fais ici. Je t'avais donné rendez-vous dans le local-poubelles de l'hôpital, mais le service de sécurité m'a expulsé et je n'ai pas pu m'arranger pour revenir quand tu y étais encore… Enfin, tout ça, c'est du passé ! Je suis là et j'ai une affaire qui pourrait t'intéresser. En fait – »

« Tais-toi, le coupa John Watson, tu parles dans ma tête. »

« John, sérieusement, je suis – »

« Stop ! Sors de ma tête ! » cria le médecin en détournant les yeux.

Il était au stade terminal des hallucinations…

« Je t'ai dit que c'était moi, John ! Je ne suis pas réellement mort, j'ai simulé mon suicide. Je ne pouvais pas te mettre dans la confidence, sinon Moriarty t'aurait tué. Lui aussi est mort, d'ailleurs… Ne fais pas cette tête, c'est moi. »

Watson ferma les yeux et murmura :

« Cette mauvaise blague a été le coup final, vraiment. Je suis fou, j'ai perdu la tête, Seigneur ! » gémit-il en enfouissant son visage dans ses mains.

« Je peux comprendre que tu sois un peu surpris, mais ne réagis pas mal : je n'avais pas le choix. »

Watson ouvrit les yeux et tomba sur le sourire presque rassurant de Sherlock, ce qui lui donna le vertige. C'était fau, tout était faux, il inventait mentalement un Sherlock en vie devant lui. Le médecin se leva lentement, contourna soigneusement le détective consultant – ou du moins son fantôme – et sortit sans un mot. Tandis qu'il marchait à grands pas, il entendit la voix de Sherlock :

« John ! Attends, John ! »

Le médecin ne réagit pas et héla un taxi. S'engouffrant à l'intérieur en claquant la portière au nez de Sherlock, il annonça :

« A l'hôpital, s'il-vous-plaît. »

...

...

Ok, ce n'était pas spécialement plus long xD La suite arrive !