Rêve, Cauchemar… ou Réalité ?

Auteur : Moi, alias Rubis01

Anime : One Piece

Genre : Horreur, angoisse, drame

Crédits : Le monde de One Piece ainsi que ses personnages appartiennent à Maître Oda. Je ne fais que les emprunter (pourtant c'est pas faute d'avoir essayé de les obtenir XD). Par contre it's my scénario. :)

Le petit mot de l'auteur : Surtout prenez plaisir à lire ! J'essaie de respecter le caractère des personnages le plus possible ainsi que leur univers. Et n'hésitez pas à commenter, les reviews, qu'elles soient négatives (essayez d'être constructifs par contre dans ce cas, que je puisse cerner ce qui va ou pas ^^) ou positives, ne peuvent que m'aider ! Bonne lecture !


Réveil

Je me réveillai en sursaut. Je respirais difficilement, par saccades. La main pressée sur mon cœur qui tambourinait à une allure folle dans ma poitrine, les yeux encore écarquillés d'horreur et d'épouvante, je tentai de reprendre mes esprits. Je me passai fébrilement une main tremblante sur le front. Celui-ci était poisseux de sueur. Je repoussai les quelques mèches brunes collées à ma peau humide et me redressai. Mon dieu, quel affreux cauchemar ! Mais ce n'était qu'un rêve. Le rythme effréné de mon cœur se calma peu à peu et retrouva une vitesse normale. Je soupirai de soulagement. Non, je n'étais pas enfermée dans une cellule sombre et obscure, à pleurer toutes les larmes de mon corps. Non, je n'avais pas tué ma meilleure amie. Non, mon corps n'avait pas été contrôlé par quelqu'un d'autre que moi. Non, grâce au ciel, ce n'était qu'un lointain songe, détaché de toute rationalité et qui – fort heureusement – ne se produirait jamais dans la réalité. Je me trouvais toujours dans la chambre que notre navigatrice et moi-même occupions sur le Thousand Sunny, bien emmitouflée dans les chaudes couvertures qui recouvraient mon lit. Ma compagne rousse était toujours plongée dans un profond sommeil, sereine. Tout était calme, rien ne nous menaçait.

Je fermai les yeux et laissai retomber ma tête sur l'oreiller. Je restai savourer quelques instants encore la tranquillité bienfaisante de ce moment magique et éphémère où le temps est comme figé, où le ciel hésite entre la nuit et le jour, les ténèbres et la lumière. Puis, filtrant à travers les rideaux, les premiers rayons du soleil levant vinrent caresser ma peau, me faisant ouvrir les paupières. Le chant des oiseaux émergeant de leur torpeur nocturne raisonna agréablement à mes oreilles. J'entendis des pas dans le couloir et une porte s'ouvrir doucement. Je devinai notre cuisinier traversant le pont et se dirigeant vers la cuisine pour préparer le petit-déjeuner. J'esquissai un léger sourire puis décidai de me lever. Je repoussai donc les couvertures et posai mes pieds nus sur le sol froid. Je retins un infime frisson dû à la fraîcheur de la pièce. Faisant éclore des bras pour me frictionner les épaules afin de me réchauffer, je m'avançai vers mon armoire et ouvris les battants de bois verni le plus silencieusement possible. Je fouillai dans les piles de vêtements et choisis finalement une jupe courte et noire, toute simple mais bien coupée, ainsi qu'un bustier violet foncé à lacets. Je les enfilai rapidement, laissant tomber ma nuisette sur le parquet, après m'être au préalable habillée d'un ensemble de lingerie à dentelle noire. Tandis que je chaussais mes longues bottes en cuir, une main munie d'une brosse coiffait ma chevelure d'ébène et une autre ramassait mes affaires de nuit, les pliait et les rangeait ensuite dans le placard. Il fallait avouer que mon pouvoir était également très pratique au quotidien.

Une fois prête, je sortis dehors, la brise matinale agitant mes cheveux. Je demeurai une dizaine de minutes, accoudée au bastingage, à fixer l'astre solaire et les magnifiques couleurs orangées et roses qui illuminaient l'horizon et se reflétaient sur l'étendue bleue sur laquelle nous naviguions. Une alléchante odeur de tartines grillées et de café brûlant me tira de ma contemplation. Le capitaine et les autres n'allaient pas tarder à se réveiller. Je décidai donc d'aller m'installer dans la cuisine pour profiter du quart d'heure de sérénité qu'il me restait. Lorsque je poussai la porte qui donnait sur la salle à manger du navire, notre talentueux – mais collant – cuisinier m'accueillit les bras ouverts et des cœurs dans les yeux en se précipitant vers moi la bave et son sempiternel « Bonjour, ma Robin d'amourrrr ! » aux lèvres. J'esquivai sans regrets cette effrayante démonstration de dévotion. Sanji alla donc embrasser le mur. Je ne m'en inquiétai nullement, notre gentleman était très résistant. D'ailleurs, à peine assise, il se relevait déjà sans même une égratignure et me demandait galamment ce que je désirais.

« Des croissants et du café suffiront, lui répondis-je, en souriant.

– A tes ordres Robin d'amour ! » s'exclama-t-il en courant vers les fourneaux.

Je remerciai mon « chevalier servant » et ouvris le journal que la mouette postale avait jeté sur le pont. Alors que je débutais ma lecture, les gongs de la porte grincèrent et trois personnes entrèrent, bientôt rejointes par une quatrième. Usopp, Chopper et Franky, suivis de notre navigatrice, s'assirent à mes côtés en saluant. Je leur fis un signe affirmatif de la tête en guise de réponse et me replongeai dans les nouvelles du jour, un croissant doré à la main et écoutant d'une oreille la conversation.

« Luffy n'est pas encore arrivé ? Ca m'étonne, d'habitude il est toujours un des premiers, ce goinfre ! fit remarquer Nami.

– Cet imbécile s'est emmêlé dans les couvertures de son lit, mais le « Grand Capitaine Usopp » que je suis l'a vaillamment secouru en entendant ses hurlements désespérés.

– Oui, Usopp a été génial ! » s'émerveilla le petit renne.

Je retins un rire. La naïveté et l'innocence de notre médecin rendaient infiniment attachante cette petite boule de poils.

« Pourquoi n'est-il pas avec vous alors ? reprit la jeune fille rousse, guère impressionnée par le soit-disant « courage » de notre sniper.

– Et bien, tu le connais. Je l'avais délivré avec succès, résistant avec ténacité à l'atroce faim qui menaçait de me faire périr à tout instant, et…

– Abrège, le coupa son interlocutrice, agacée.

– Seulement voilà. Tu sais que cet idiot dort avec son chapeau bien entendu ? obéit notre tireur, sans doutes apeuré par le ton menaçant de la cartographe.

– Oui, et alors ? acquiesça celle-ci, sans comprendre.

– Et bien, il ne le trouvait plus à son réveil. Et donc il s'est mis à courir comme un forcené dans toutes les chambres du quartier masculin en le cherchant partout. Et malheureusement pour lui, il a fait irruption dans la chambre de Zoro, encore dans la douce torpeur qu'est le sommeil. »

Douce torpeur ? Pas toujours, me dis-je en mon fort intérieur, en me remémorant le désagréable cauchemar qui avait gâché en grande partie ma nuit. Je me re-concentrai sur la discussion.

« D'après ce que j'ai compris, il a voulu regarder si son chapeau n'était pas sous Zoro, alors il a violemment éjecté ce dernier. Et celui-ci s'est brutalement réveillé en s'écrasant le nez par terre. Il s'est mis à poursuivre Luffy qui a pris la fuite en voyant le regard meurtrier de Zoro.

– Ouais, c'était SUPERRRRR terrifiant, commenta Franky, en passant une main dans sa banane bleue.

– Oui, Zoro faisait peur ! renchérit le mignon tanuki assis à ma droite, encore frissonnant.

– Et donc ? demanda notre amoureuse de l'argent, voulant connaître le fin mot de l'histoire.

– La dernière vision de Luffy que j'ai eue, c'est lorsque Zoro le secouait comme on secoue un prunier et l'étranglait. Il était tout violet. Nous avons donc décidé, d'un commun accord, Chopper, Franky et moi-même de ne pas intervenir et de laisser Luffy accomplir sa destinée. Il n'aurait pas voulu qu'on l'aide. Il aurait voulu mourir glorieusement.

– Ah, répondit nonchalamment Nami avant de boire une gorgée de café. Je vois. »

Les commissures de ma bouche se redressèrent. Ils avaient plutôt eu peur, oui ! Quoique, je pouvais le comprendre, notre très cher sabreur pouvait être terrifiant quelques fois. Juste à ce moment-là – quand on parle du loup –, l'épéiste entra, l'air furieux.

« File-moi du rhum, Ero-cook ! réclama-t-il en se laissant tomber lourdement sur un tabouret.

– On se bourre la gueule dès le matin ? Fidèle à toi-même Tête de cactus, riposta pour la forme Sanji en lui lançant néanmoins une bouteille que le vert attrapa au vol.

– J't'emmerde cuistot de mes deux, répliqua Zoro avant de boire – très élégamment – au goulot.

– Répète un peu, stupide Marimo, que j'aie une bonne raison de mettre ma semelle dans ta sale gueule de géranium !

– Tu veux te battre ? J'te découpe quand tu veux, Sourcil en vrille, menaça l'escrimeur, une main sur le fourreau de ses sabres.

– La ferme ! J'aimerais déjeuner en paix ! » les assomma – autant par le poing que par la parole – Nami, coupant court à leur duel naissant.

Les deux victimes de la force de notre furie rousse s'écrasèrent lourdement au sol. Elle avait tout de même de la puissance, cette fine jeune femme que l'on aurait pu croire faible. Je souris. Parfois, je me demandais quelle serait l'ambiance sur le bateau sans elle. Luffy aurait sans doutes rendu notre cuisinier fou sans notre avare nationale pour empêcher ce morfal de vider la réserve. Dans l'hypothèse où Zoro et Sanji ne se seraient pas déjà entretués avant. Les aurais-je arrêtés ? Je ne savais pas. Cela aurait pu être distrayant, mais j'aurais fini par les stopper grâce à mon pouvoir, pensai-je.

« En fait, il y a quelque chose d'intéressant dans le journal ? m'interrogea mon amie.

– Un sondage sur « Lequel vous fait le plus fantasmer ? Le sombre et mystérieux Mihawk ou le rebelle et moqueurDoflamingo ? », une pétition pour que le Gouvernement Mondial supprime la taxe sur les pommes de terre importées de Marie-Joie, l'interview d'un homme qui prétend avoir couché avec Boa Hancock, le suicide d'un membre de la Marine, la promotion du vice-amiral Sangorin, répondis-je négligemment.

– Depuis quand mettent-ils des trucs aussi stupides ? critiqua notre vénale camarade. C'est pour les magazines people tout ça ! On s'en tape de qui couche avec qui !

– Je te l'accorde, lui concédai-je.

– Ca veut dire quoi coucher ? questionna innocemment notre docteur.

– Heu… et bien… tenta d'éluder Usopp.

– C'est SUPERRRR compliqué en fait, mentit notre mécanicien.

– En tous cas moi, je suis complètement d'accord, les patates de Marie-Joie ne devraient pas être taxées. Le prix pour la qualité d'accord, mais là ce sont seulement des raisons géographiques et politiques.

– Ta gueule Baka-cook ! grommela notre épéiste.

– Qu'est-ce qu'elle a dit la tronche de concombre ? lui répliqua son interlocuteur.

– T'es sourd maintenant, Tordu du sourcil ? » ricana Zoro.

Un Luffy affamé – et avec quelques marques de strangulation soit dit en passant – les interrompit encore une fois en faisant irruption dans la cuisine et en beuglant « Sanjiiii, de la viandeeeeee ! ». Le blond se détourna alors pour servir son capitaine en promettant néanmoins une mort certaine, lente et douloureuse au « Marimo », comme il se plaisait à l'appeler. Brook choisit cet instant pour entrer et s'asseoir à nos côtés.

« Excusez-moi chers amis, mais je n'ai pas pu résister à la tentatrice idée d'accompagner de mon violon le magnifique chant des oiseaux qui berçaient mes oreilles de leur délicate mélodie. Mais YOHOHOHO ! Je n'ai plus d'oreilles ! Skeleton joke ! » rit-il, son instrument encore à la main.

Notre cuisinier posa devant lui une tasse de lait tandis que Luffy dévorait avidement les morceaux de viande entassés dans son assiette.

« Ah, ils parlent de nous aussi, fis-je savoir d'une voix neutre, en buvant une gorgée de café qui me réchauffa agréablement la gorge.

– Quoi ? s'exclamèrent mes compatriotes. Et tu l'as pas dit ?

– Que racontent-ils ? questionna Nami.

– Ce n'est qu'un article de quelques lignes, mais il fait référence à la défaite de Moria, les éclairai-je, en levant les yeux. Je cite : « Et encore une victoire pour l'équipage de Monkey D. Luffy ! Celui-ci a encore vaincu un Capitaine Corsaire ! Après un combat acharné auquel nous n'avons malheureusement pas pu assister, il s'avère que Thriller Bark est complètement ravagée. L'équipage au Chapeau de Paille a réussi, une fois de plus, à échapper au gouvernement, et ce malgré la présence du célèbre Capitaine Corsaire Bartholomew Kuma. Mais que font le Gouvernement Mondial et la Marine ? ». Voilà.

– C'est étonnant, cela fait à peine deux semaines que nous avons quitté Thriller Bark, et déjà l'information circule, s'étonna ma compagne féminine.

– Une semaine et trois jours, trouva utile de préciser notre tireur d'élite.

– Sans compter que je pensais que le gouvernement garderait cette information confidentielle, comme il l'avait fait pour Alabasta, renchérit Sanji.

– Il faut croire qu'il y a des fouineurs partout. » conclus-je.

Après avoir terminé de manger, la plupart de mes compagnons se levèrent et quittèrent la pièce, ayant au préalable – sauf un – complimenté la qualité de la nourriture. C'est ainsi que notre gentleman blond resta faire la vaisselle, notre capitaine, lui, alla se poster sur son siège favori, Usopp et Franky regagnèrent leurs ateliers respectifs, Zoro monta dans la vigie afin de s'entraîner, notre médecin de bord s'enferma dans l'infirmerie pour concocter de nouveaux médicaments, notre musicien dégaina son archer et entama une chanson sur le pont du Thousand Sunny et notre cartographe partit dessiner des cartes. Pour ma part, je m'allongeai confortablement sur un transat, un livre – que mes mains m'avaient apporté – sur les genoux. Je laissai les rayons du soleil me chauffer la peau et la mélodie de Brook me bercer. Je restai songer un petit moment, le sourire aux lèvres. Je songeai à quel point j'aimais cet équipage et la vie que, désormais, je menais. Oui, j'aimais leur compagnie, leur joie de vivre, leurs caractères. La vie était bien douce à leurs côtés. Je me plaisais ici. Ils avaient su, tels l'astre solaire, ensoleiller ma morne et ennuyeuse existence. Je voulais que tout continue ainsi, jusqu'à la fin des temps si possible. Après ces joyeuses réflexions, j'ouvris mon recueil sur les légendes antiques. J'en étais arrivée à la cinquantième page lorsque que le haut-parleur de la vigie se mit en marche et annonça, avec la voix de Zoro :

« Marine en vue ! »