Hello !

Alors voila la suite de cette petite histoire. C'est avec ce chapitre qu'elle prend fin.
Merci à tous de l'avoir suivi, reviewer, ajouté au favoris et lue !

Je vous souhaite une bonne lecture !


Les rayons du soleil vinrent chatouiller la peau de Akaashi. La lumière filtrant à travers les rideaux lui fit papillonner les paupières. Et c'est dans cette douce atmosphère qu'il s'éveilla. Il ouvrit lentement les yeux, puis il tourna la tête afin de vérifier si Kuroo était là. Vide. Il était plus dans la chambre. Akaashi bailla et s'assit sur le bord du lit. Et soudainement il se souvint de la veille. Les souvenirs de ses révélations affluaient dans son esprit. Pourquoi s'était-il confié aussi facilement à Kuroo ?

Il secoua la tête afin d'oublier ces pensées parasites. Il parcourut la chambre du regard, quand il vit une pile de vêtements propres. Non, rectification. Des vêtements propres que Kuroo avait probablement laissé pour Akaashi. Keiji soupira. Ce chat lui donnait trop. Ca le mettait de plus en plus mal à l'aise.

Akaashi envisagea un instant, de revêtir ses habits de la veille. Mais il ne les trouva pas. Il eut l'impression que Kuroo avait prévu le coup et s'était emparé de ses vêtements pour l'obliger à enfiler ceux qui se trouvaient sous son nez. Mais c'était juste une impression.

Ce chat était vraiment trop malin. Et il commençait un peu trop bien à prévoir les réactions d'Akaashi.

Alors qu'il s'habillait avec les vêtements propres, (il n'avait pas le choix de toute façon), il aperçu un journal roulé en boule dans la corbeille à papier. Il s'en saisit et commença à le déplier soigneusement. Il datait d'aujourd'hui. Et en première page, se trouvait un article sur les cambrioleurs de la banque centrale. Mais ce n'était pas tout, la police semblait avoir fait appel à un expert, afin de dessiner les portraits robots des coupables. Et lorsque Akaashi les vit, son coeur se serra. Ses soupçons venaient de se confirmer . Maintenant il en était sûr.

Il froissa le journal et le remit là où il l'avait trouvé, dans la poubelle. Il décida d'ignorer ça pour l'instant. Kuroo devait probablement l'attendre, et il n'avait pas envie qu'il s'impatiente.

Alors Akaashi sorti de la chambre, récupérant les quelques affaires y traînant encore. Et lorsqu'il arriva à la réception, l'homme d'hier lui offrit un grand sourire.

- Kuroo est à côté , il mange son petit déjeuner, informa-t-il Akaashi.

- Merci.

Il lui fit un signe de tête et passa dans la salle voisine. Et quand il aperçut le dos de Kuroo, il se figea quelques secondes. Rien que le fait de voir la silhouette du chat, lui fit naître un étrange phénomène dans sa poitrine. Mais il ne s'en formalisa pas, il s'avança d'un pas décidé et rejoignit Kuroo à sa table.

Lorsqu'il s'assit en face du chat, ce dernier leva immédiatement les yeux sur lui avec un sourire. Ce sourire si magnifique qui fit sourire Akaashi en retour.

- Bien dormi princesse ?

Le sourire du brun s'évanouit.

- Je t'ai déjà dit de-

-Ne pas t'appeler princesse sous peine de mort. Tu radotes Akaashi, le coupa joyeusement Kuroo.

- Si tu arrêtais, je n'aurais pas à le faire, répondit froidement Akaashi en se servant un verre de jus d'orange. Bien sûr, le ton froid était juste là pour embêter Kuroo. Parce que malgré ce qu'il pouvait dire, Akaashi s'amusait des surnoms que lui donnait le chat.

- Tu n'es pas drôle, fit Kuroo avec une mine faussement boudeuse, qui arracha un léger rire à Akaashi.

Cela faisait quelques minutes que aucun des deux n'avaient prononcé un mot. Akaashi observait Kuroo, cela était presque devenue une habitude. Mais il ne se lassait pas d'observer les traits du visage se trouvant face à lui. Et durant son observation il constata que Kuroo avait aujourd'hui de légères cernes sous les yeux.

- Tu es réveillé depuis longtemps ? Demanda-t-il à Kuroo.

- Quelques heures.

- Tu aurais dû me réveiller ! Ça t'aurais éviter d'attendre.

Kuroo sourit à nouveau et secoua légèrement la tête.

- Ne t'en fais pas pour moi. Puis tu étais vraiment trop adorable tout endormi , j'en aurais jamais eu le courage !

Akaashi soupira mais ne put réprimer un léger sourire et quelques rougeurs sur ses joues.

Ils quittèrent l'hôtel une fois leur petit déjeuner fini. La voiture ne mit pas longtemps à s'éloigner du village. Le silence régnait dans le véhicule et Akaashi regardait les quelques flocons tombant du ciel. Il était rare de voir de la neige à cette époque de l'année, généralement elle n'arrivait que dans plusieurs mois. Mais ça ne le dérangeait pas. Ces paysages blancs et purs reflétant le calme, la sérénité et l'innocence, l'avaient toujours fasciné.

- J'adore la neige, murmura Akaashi en dessinant sur la buée de la vitre.

Kuroo ne répondit rien, mais cela n'empêcha Akaashi de continuer, se perdant dans ses souvenirs.

- Quand j'étais petit dès que j'apercevais le premier flocon de l'année, je courais réveiller mes parents. Puis on passait toute la journée sous la neige, même si elle tenait pas. On a jamais été du genre à construire des igloos ou faire des batailles de boules de neige. On aimait juste observer les flocons rejoindre le sol. Et le soir, on s'asseyait tous les trois sur le canapé, et on se remplissait le ventre de chocolat chaud.

Akaashi ne sut pas vraiment pourquoi il avait dit tout ça à Kuroo. Ce dernier devait pas vraiment s'intéresser aux souvenirs d'enfance de son passager. Mais il s'était tellement senti à l'aise, qu'il n'avait pas pensé à ce qu'il disait.

Akaashi allait retourner à sa contemplation, lorsque que Kuroo arrêta la voiture sur le bord de la route. Ils étaient au milieu de la compagne, et le brun ne comprit pas la raison soudaine de cet arrêt.

- Kuroo ? Pourquoi tu t'arrêtes ?

- Tu n'as jamais fait de bonhomme de neige ?

Akaashi fut légèrement surpris par la question et surtout par le fait que Kuroo venait d'écouter son récit d'antan.

- Non, jamais. Mais-

- Je vais remédier à ça ! Viens ! Cria Kuroo en sortant précipitamment de la voiture.

Akaashi l'observa un instant, interdit. Puis finalement, il décida de le suivre, et le rejoignit dehors.

Les flocons tombaient toujours, et ils avaient commencé à parsemer les cheveux noirs de Kuroo. Akaashi regarda le chat, debout sous la neige, souriant et lui faisant de grands signes.

- Kuroo, je ne suis pas sûr que ça soit le bon moment. On risque de prendre du retard et ton am-

- Elsa ! Je voudrais un bonhomme de neige, chantonna Kuroo.

- Si tu chantes la Reine des Neiges, je ferais en sorte qu'on ne reconnaisse pas ton cadavre qu-

- Ne sois pas rabat-joie Akaashi ! Ramène tes fesses ici et tout de suite ! Tu as des lacunes dans ton enfance que je vais m'empresser de combler ! Le coupa Kuroo, commençant à former une boule et la faisant rouler dans la neige.

Akaashi attendit quelques instants avant de l'imiter. Et lorsque la neige entra en contact avec ses mains, il frissonna. C'était froid. Quelle idée de faire ça sans gants !

- Occupe toi de la tête ! Je fais le corps !

Akaashi acquiesça.

Après une dizaine de minutes à rouler leur boule, ils formèrent le bonhomme de neige. Malheureusement ils n'avaient pas de caillou ou de carotte pour ornementer leur œuvre. Mais lorsque Akaashi vit ce qu'ils avaient créé, il comprit pourquoi les gens aimaient tant faire des bonhommes de neiges. Avec quelques accessoires cela aurait été parfait. De plus il s'était bien amusé. Il sourit légèrement. Il tourna la tête vers Kuroo, et vit des étoiles briller dans ses yeux. Cependant une ombre triste se peignait sur le visage du chat.

- J'avais l'habitude d'en faire avec Kenma, murmura-t-il si faiblement que Akaashi cru avoir rêvé ces mots.

- Kenma, c'est celui que tu vas rejoindre ?

- Oui. On peut dire ça, fit Kuroo avec un demi sourire.

Akaashi senti qu'il abordait un sujet inconfortable pour Kuroo alors il se tût. De toute façon, maintenant tout ce qu'il voulait c'était retrouver la chaleur de la voiture. Ses mains commençaient à prendre une teinte bleue qui l'inquiétait. Il souffla dessus, tentant de les réchauffer, mais ce ne fut pas très fructueux. Et pendant qu'il s'évertuait à leurs faire reprendre une couleur normale, deux mains se saisirent des siennes. Il leva la tête d'un coup, et il se noya dans le regard du chat qui tenait fermement ses mains. Les mains de Kuroo étaient étrangement chaudes, pour quelqu'un qui venait de passer du temps dans la neige, et permirent à celles d'Akaashi de regagner une température acceptable.

Ils restèrent un moment ainsi à se regarder, Kuroo serrant les mains du plus jeune. Akaashi avait maintenant chaud. Très chaud, et pas seulement au niveau des mains. Ses joues semblaient brûler mais à aucun moment il eut envie de détourner le regard des prunelles de Kuroo.

C'est ce dernier qui rompit le contact.

- Retournons dans la voiture, ça serait dommage que tu t'enrhumes princesse !

Et Akaashi le regarda s'éloigner, ressentant encore la douce chaleur provoquée par Kuroo, avant de le rejoindre.

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La voiture roulait toujours sur cette route en pleine compagne. Akaashi ne fit pas la remarque, mais il savait que Kuroo évitait les grands axes. Après tout, pour un fugitif ce n'était pas sûr d'emprunter les autoroutes.

Akaashi avait énormément de mal à ne pas penser à Kuroo. Beaucoup trop de choses chez lui l'intriguait. Et surtout il sentait qu'il commençait un peu trop s'attacher au chat. Il se doutait de ce qui était entrain de se produire. Kuroo l'avait sauvé et du coup il craque pour lui. De plus il était un fugitif plutôt sexy. Normal, que Akaashi commence à ressentir des papillons. Après tout, cette situation possédait toutes les caractéristiques d'une comédie romantique. Mais malheureusement, sa vie tenait davantage de la tragédie.

Alors Akaashi tenta par tous les moyens de sortir Kuroo de ses pensées. Il avait essayé de dormir, d'écouter de la musique, de compter les voitures rouges, d'élaborer des théories sur le fait que là où ils se trouvaient actuellement, il n'y avait pas une trace de neige, puis il avait essayé de dormir à nouveau. Mais ce fut sans réel succès.

Il fut tout de même interrompu dans ses tentatives par un son strident, rappelant fortement les sirènes si caractéristiques de la police. Et Akaashi tourna immédiatement la tête en direction de Kuroo. Il vit les muscles du chat se tendre, tandis qu'une légère lueur de panique teintait ses yeux.

- Détends toi, tu n'es pas en excès de vitesse, fit Akaashi, essayant de le rassurer, même si il savait pertinemment que Kuroo avait d'autres raisons de se méfier des forces de l'ordre.

Kuroo ne répondit rien, il observa du coin l'oeil la voiture de police passer à toute allure à leur gauche, déglutissant avec difficulté. Un comportement qui n'échappa au passager. Akaahi le fixait. Il ne savait pas si il avait le droit de questionner Kuroo. Enfin il avait surtout peur que le chat se braque. Mais quand cela concernait Kuroo, Akaashi faisait preuve d'une curiosité insatiable. Il fut alors pousser par une audace qu'il ne se connaissait pas.

- Kuroo, qu'est ce que tu fuis ?

Akaashi venait de poser la question qui lui brûlait les lèvres depuis un certain moment. Bien sûr, il connaissait la réponse. Mais ce fut le seul moyen qu'il avait trouvé pour amener la conversation.

La réponse de Kuroo mit du temps avant d'arriver. Akaashi eut l'impression qu'il hésitait, qu'il cherchait ses mots. Des mots qui faisaient barrage et devaient être incroyablement durs à dire. Akaashi senti qu'il avait peut être dépassé quelques limites.

- Tu n'es pas obligé de me le dire, fini par murmurer Akaashi.

Keiji tourna la tête et reporta son attention sur le paysage qui s'offrait à lui. De nombreux arbres bordaient la route, perdant leurs dernières feuilles , ce qui contrastait avec le paysage enneigé qu'ils venaient de quitter. Le temps ne semblait pas s'écouler de la même façon. Ici tout semblait plus lent, en retard.

Le spectacle du feuillage doré recouvrant le sol hypnotisait Akaashi. Il observait attentivement la feuille mourante se faire décrocher par le vent puis virevoltant dans les airs pour se déposer délicatement parmi ses semblables.

- Je suis recherché par la police.

Ces quelques mots firent sortir Akaashi de son état de pseudo-transe. Mais il ne posa pas de question, ne voulant pas interrompre Kuroo dans son élan. Il sentait que de nouvelles explications n'allaient pas tarder à arriver. Et de toute façon Akaashi savait ce que l'autre allait lui avouer. Il l'encouragea juste à poursuivre de son regard.

- La semaine dernière, une banque a été cambriolée. J'étais le chauffeur lors du braquage.

Akaashi resta silencieux quelques instant encore, le visage impassible sans quitter Kuroo des yeux. Puis un sourire imperceptible vint couvrir les lèvres du brun.

- Tu ne dis rien ? Tu n'as pas peur ?

L'inquiétude que Akaashi perçu dans la voix de Kuroo le fit tressaillir.

- J'ai pas de raisons d'avoir peur.

- Je viens juste de te dire que j'étais un-

- Kuroo, je le savais. Quand je t'ai suivi ton visage me semblait familier, mais c'est à l'hôtel que j'ai vraiment compris pourquoi. D'ailleurs ce n'était pas très malin de laisser le journal dans la chambre.

Akaashi eut à peine le temps de finir que Kuroo arrêta brusquement la voiture au milieu de la route. Et il se tourna immédiatement vers son passager, les yeux remplis de surprise.

- Attends, tu veux dire que tu savais que j'étais un criminel potentiellement dangereux et tu es tout de même resté tout ce temps, seul avec moi dans ma voiture ?

- Oui, répondit Akaashi d'un ton totalement neutre, comme si c'était une évidence.

- Pourquoi ?

Akaashi sourit à Kuroo.

- Parce que je sais que tu es quelqu'un de bien.

Les deux restèrent silencieux un instant, toujours au milieu de la route. Akaashi observait le visage de Kuroo. Un expression indescriptible avait pris possession de son visage. Et ses prunelles noires reflétaient une légère inquiétude. Akaashi savait que Kuroo n'en dirait pas plus tant qu'il ne posait pas de question. Il y en avait d'ailleurs une qui l'obsédait depuis qu'ils avaient quitté l'hôtel.

- Pourquoi tu m'es venu en aide sur ce pont ? Tu as mis en danger ta liberté, en t'arrêtant pour un total inconnu, pourquoi ?

Le visage de Kuroo se peignit d'un sourire triste. Puis il détourna le regard d'Akaashi pour fixer un point dans l'horizon que seul lui semblait voir. Keiji lui avait toujours les yeux ancrés sur le visage de Kuroo. Il patienterait le temps qu'il faudra pour que Kuroo réponde.

- C'est à cause de Kenma.

- Kenma, c'est ton ami c'est ça ? Demanda doucement Akaashi, comme s'il essayait d'apprivoiser un animal sauvage.

- Il est bien plus que ça. Il est le petit frère que je n'ai jamais eu. Il est tout pour moi. Je ferais absolument tout pour lui.

La tristesse qu'il pouvait maintenant lire dans les prunelles du chat lui tordirent les entrailles. Il avait envie de réconforter Kuroo, de le prendre dans ses bras. Mais il savait pertinemment que ce n'était pas la réaction qu'attendait Kuroo. Puis si il faisait ne serait-ce qu'un mouvement, il risquait d'interrompre le récit.

- Le braquage de banque, moi qui t'aide sur ce pont, ce voyage… Tout est lié à Kenma.

- Comment ça ? Ne put s'empêcher de questionner Akaashi.

Akaashi avait toujours les yeux sur Kuroo regardant dans le vide. Et une empreinte de détermination vint se mêler à la tristesse du chat présente sur son visage.

- Il y a trois mois, Kenma a fait une tentative de suicide. Il s'est jeté du toit de son immeuble.

Akaashi senti son coeur s'arrêter. Ces mots furent un choc. Il n'avait pas imaginé quelque chose d'aussi grave, d'aussi terrible. De si tragique. Et ce qui fut le plus dur pour le brun, fut d'entendre le ton faussement détaché de Kuroo. Il essayait de faire croire qu'il allait bien, mais Akaashi sentait à quel point il souffrait.

- La chute ne fut pas mortelle, continua Kuroo. Il fut immédiatement emmené à l'hôpital. Actuellement il est toujours dans le coma et les médecins pensent qu'il y a très peu de chances qu'il se réveille. Mais évidemment c'est coûteux de maintenir une personne dans le coma en vie. Ses parents n'ont pas les moyens, mon salaire ne suffisait pas, alors j'ai décidé d'agir… il s'interrompit quelques instants. Tout ça c'est de ma faute Akaashi !

La colère présente dans la voix de Kuroo fit trembler Akaashi. Et lorsque Kuroo se tourna brusquement vers lui, pour établir le contact visuel, il en retint sa respiration.

- Je suis la personne la plus proche de Kenma ! J'aurais dû sentir qu 'il allait mal ! J'aurais dû le voir. J'aurais pu tout empêcher !

Akaashi eut envie de lui hurler qu'il n'y était pour rien, que personne ne peut prédire ce qui va se passer. Mais il ne dit rien. Parce que Kuroo n'avait pas besoin d'entendre ça. Il avait besoin d'un soutien silencieux et que quelqu'un l'écoute.

- Alors quand je t'ai vu sur ce pont… J'ai eu l'impression de voir Kenma. Je me refuse de laisser quelque chose comme ça arriver aux autres, la voix de Kuroo était plus calme. Il n'y avait plus de colère, juste de la résolution.

Akaashi approcha sa main de Kuroo et la posa délicatement sur sa joue. Il put lire la surprise dans les yeux du chat, ce qui malgré la situation, l'amusa légèrement.

- Tu vois, je te l'avais dit. Tu es quelqu'un de bien Kuroo, sourit Akaashi.

Akaashi fixa Kuroo un long moment, sans se dévêtir de son sourire. Il voulait lui montrer qu'il le soutenait. Il voulait qu'il sache qu'il était là pour lui. Puis Akaashi retira sa main de la joue de Kuroo. Laissant l'autre figé quelques instants. Et lorsqu'il sembla reprendre ses esprits, un faible sourire naquit sur son visage.

-Je vais finir par croire que tu m'apprécies Kei-chan.

Akaashi fut content d'entendre à nouveau le ton joueur de Kuroo.

- Dans tes rêves, sale chat, répliqua aussitôt Akaashi.

Kuroo rit légèrement en réponse à la pic du plus jeune.

- Merci Akaashi.

Akaashi hocha légèrement la tête. Il observa ensuite Kuroo redémarrer la voiture et s'éloigner. Un silence apaisant régnait et aucun des deux n'osa l'interrompre.

Akaashi pensait à quel point Kuroo était incroyable. A quel point il était fort et déterminé. Très peu de gens irait jusqu'à braquer une banque pour quelqu'un qu'ils aiment. Toute personne ayant Kuroo dans sa vie était extrêmement chanceux. Et Akaashi était plus qu'heureux de l'avoir rencontré. Et même si ce n'est le temps que d'un voyage, jamais il ne l'oublierait.

« En plus d'être sexy, il agit comme un justicier » pensa Akaashi en regardant Kuroo concentré sur la route.

Akaashi soupira, s'enfonça davantage dans son siège, ferma les yeux et se laissa bercer par les mouvement réguliers de la voiture sur la route.

Après une petite heure, Kuroo alluma la radio, augmentant le son au maximum. Akaashi ouvrit un œil, dérangé dans sa somnolence, mais lorsqu'il vit Kuroo avec un léger sourire sur les lèvres, il n'eut pas le coeur à faire la moindre remarque. Au contraire, il se redressa et fixa un Kuroo commençant à chanter. Akaashi remarqua bien vite les coups d'oeil de temps à autre de la part du chat, afin de l'inciter à ce joindre à lui dans son karaoké improvisé.

Akaashi soupira et leva les yeux ciel avec un petit sourire amusé, feignant l'exaspération. Il ne pouvait pas laisser paraître à quel point il était en train de craquer devant cette scène. Puis il tenta d'ignorer les regards insistants de Kuroo, en regardant droit devant lui. Il ne tint que quelques minutes.

- Tu vas arrêté de me regarder comme ça ? Cria Akaashi pour couvrir le son de la radio.

- Pourquoi ? Ca te met mal à l'aise ? Demanda l'autre.

- Oui.

- Dommage, j'aime beaucoup te regarder, sourit Kuroo satisfait.

Akaashi sentit son coeur rater un battement et ses joues chauffer. Il avait les yeux posés sur le conducteur, qui, malgré la remarque, n'avait pas cessé ses regards. Et c'est en fixant Kuroo, qu'il réalisa que le voyage allait bientôt prendre fin. Et il n'en avait pas du tout envie. En vérité Akaashi appréhendait le moment où ils atteindraient la destination. Cela voudra dire qu'ils allaient se quitter et partir chacun de leurs côtés. Après tout ils étaient juste deux inconnus fuyant leurs problèmes et s'étant retrouvé par hasard dans la même voiture.

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- On est arrivé ! Annonça Kuroo avec un léger sourire en arrêtant la voiture.

Akaashi sentie sa poitrine se comprimée à l'entente de ces mots. Et lorsque Akaashi descendit du véhicule il remarqua qu'ils étaient sur le parking d'un hôpital. Il sut tout de suite pourquoi ils étaient là, et il se senti encore plus mal, se remémorant les aveux de Kuroo.

Une légère boule d'angoisse se forma au creux de son estomac. Voilà, l'heure tant redoutée était arrivée. Ils allaient se quitter. Même si lui voulait rester avec le chat, qu'est ce qui disait que Kuroo en avait envie ?

Akaashi n'était pas aveugle, il savait bien que le chat l'appréciait. Mais il était en fuite. Il ne voudrait certainement pas d'un boulet.

- Merci Kuroo, j'imagine que nos chemins se séparent ici, sourit tristement Keiji, tendant sa main, dans un geste d'adieu.

Mais lorsqu'il vit l'air ébahis de Kuroo, il ramena sa main vers lui. Akaashi allait s'éloigner mais Kuroo éclata de rire. Ce qui le coupa dans son élan.

- Ma compagnie était si déplaisante ? Je suis vexé que tu veuilles me quitter si vite, fit Kuroo avec une mine boudeuse.

- Tu devais juste m'emmener loin d'ici et je ne pensais pas que tu voudrais rester-

- Dis pas de bêtises Akaashi ! Tu viens avec moi, je veux te présenter Kenma ! s'exclama le chat en attrapant la main du brun et le tirant en direction de l'hôpital.

Lorsque Akaashi senti la chaleur de la main de Kuroo, il bugua. Il fut légèrement déstabilisé par la réaction de Kuroo, mais au fond de lui, il ressenti une joie immense. Même s'il ne réalisait pas vraiment ce qui était en train de se passer. Il suivait Kuroo, reprenant peu à peu contenance lorsque quelque chose attira son regard. Akaashi s'arrêta net, coupant Kuroo dans son élan.

- Hé ! Mais qu'est ce que tu fiches ? Tu viens ?

- Kuroo, regarde, finit par souffler Akaashi, si doucement que cela aurait pu être le murmure du vent en lâchant la main de Kuroo afin de pointer quelque chose du doigt.

Il tourna la tête vers Kuroo. Et Akaashi ne manqua pas l'éclair de panique qui traversa les yeux du chat. Mais très vite, le visage de Kuroo fut vide d'expressions. Comme si il s'y attendait. Comme si il savait que ça allait arriver.

Face à eux se trouvait une affiche, « Recherché : Kuroo Tetsuro. Motif : Braquage de Banque. Toute information permettant de localiser le suspect sera récompensée. »

- Je croyais qu'ils avaient seulement ta description, murmura Akaashi pour lui même.

- Je dois aller voir Kenma, fit Kuroo d'une voix grave.

Akaashi ne bougea pas d'un poil, regardant Kuroo se diriger vers le bâtiment. Le chat se retourna et tenta un sourire.

- Tu viens ?

Akaashi, avec un pincement au cœur, hocha la tête et rejoint rapidement Kuroo.

Akaashi n'osa pas lui dire que c'était très certainement une mauvaise idée d'aller voir Kenma, alors que la police savait dorénavant qui il était.

Lorsqu'ils passèrent les portes de l'hôpital, ils se dirigèrent vers l'accueil.

- Bonjour, en quoi puis-je vous aider ? demanda l'infirmière.

- Nous venons rendre visite à Kozume Kenma, répondit Kuroo.

- Très bien. Puis-je avoir vos nom s'il vous plaît ?

- Bien sûr ! Je suis Ku-

- Keiji Akaashi et lui c'est Tobio Kageyama, le coupa soudainement le brun sous le regard interrogateur de Kuroo.

- Parfait. Vous pouvez y aller, c'est la chambre 306.

Akaashi se saisit immédiatement de la main du chat, avant de l'entraîner dans le couloir.

- Tu peux pas te permettre de donner ton nom. La police risquerait de te trouver, dit calmement Akaashi sans même poser ses yeux sur Kuroo, avançant d'un pas rapide.

- Oh tu t'inquiètes pour moi ? C'est mignon ! Se moqua gentiment le chat.

Akaashi s'arrêta brusquement et plongea son regard dans celui de Kuroo. Le ton moqueur l'avait légèrement blessé. Est-ce que Kuroo se rendait compte à quel point Akaashi tenait à lui ? A quel point il l'appréciait ?

- Bien sûr que je m'inquiète pour toi. Maintenant dépêche toi. Tu dois aller voir Kenma.

La voix autoritaire d'Akaashi imposa le silence entre les deux jeunes hommes.

Quelques minutes plus tard, ils furent devant la chambre de Kenma. Kuroo déglutit avec difficulté.

- Tu veux que je t'attende ici ? Demanda Akaashi calmement.

- Non. Je veux que tu viennes avec moi.

Kuroo poussa la porte et Akaashi le suivit dans la chambre. Les yeux du brun se posèrent immédiatement sur le lit se trouvant au milieu de la pièce. Dedans, un garçon blond, allongé, les yeux fermés, un air paisible sur le visage. Et s'il n'y avait pas eu tous ces bips et ces énormes machines qui l'entouraient, Akaashi aurait pu croire qu'il dormait juste.

Akaashi alla s'asseoir sur une chaise dans un coin de la chambre, et il regarda Kuroo s'approcher du lit. Kuroo s'assit sur le fauteuil, ébouriffa doucement les cheveux de Kenma, avec un sourire empli de tristesse, puis il pris sa main dans la sienne.

Akaashi senti son coeur se serrer devant ce spectacle chargé d'émotions. Il fixa le visage de Kuroo alors que ce dernier parlait à son ami d'enfance. Akaashi n'écouta pas ce qu'il disait, il voulait juste observer les émotions du chat. Au cours du ce que disait Kuroo, Akaashi pu voir une multitude de sentiments passés à travers son visage. De la tristesse, du regret, de la détermination et même de temps en temps un soupçon de joie. Mais Akaashi savait que ce faible sourire peint sur les lèvres de Kuroo était là pour camoufler la souffrance.

Pendant plusieurs minutes Akaashi se surprit à espérer voir Kenma se réveiller, Kuroo en pleurerait de joie et tout irait pour le mieux. Malheureusement rien de tout cela ne se passa.

- Et puis j'ai rencontré Akaashi ! Il est ici avec moi d'ailleurs ! J'en suis sûr que vous vous entendrez bien. Réveille-toi vite que je puisse te le présenter.

Lorsqu'il entendit son nom, Akaashi recommença à prêter attention à la conversation, avec un léger sourire. Puis Kuroo embrassa délicatement le front de Kenma, avant de se relever et de rejoindre Akaashi.

- Je dois aller payer pour son traitement, il faut bien que tout ce que j'ai fait serve à quelque chose.

Akaashi hocha la tête et ils sortirent de la chambre. Avant que la porte ne se referme Kuroo murmura quelques mots destinés à Kenma, mais ils s'évaporèrent dans l'air. Akaashi n'en comprit pas le sens, mais il sut néanmoins que c'était important.

Akaashi n'osa prononcé un mot. Il ne savait pas quoi dire, jamais il n'avait vécu une telle situation et il ignorait le bon comportement à avoir. Il n'avait su s'y prendre en relations humaines. Surtout quand il s'agissait de remonter le moral. Le seul avec qu'il arrivait à interagir c'était Bokuto. En même temps, personne n'avait du mal avec Bokuto. Il était tellement… Bokuto.

Bokuto ! Mince ! Il avait promis de le rappeler aujourd'hui.

- Kuroo je dois passer un appel important, ça te dérange si je t'attends en dehors de l'hôpital ?

- Pas de soucis ! Dépêche-toi Bokuto va s'inquiéter, sourit Kuroo.

Akaashi lui sourit en guise de remerciement et se dirigea vers la sortie de l'hôpital. Une fois dehors, il marcha mécaniquement jusqu'à la voiture. Il s'y adossa et sorti son portable. Il composa rapidement le numéro de Bokuto, qui répondit à une vitesse impressionnante.

- Désolé de t'avoir inquiété Bokuto-san… Calme toi ! Non je ne me suis pas fais dévorer par une meute de loups… Je vais bien, il tourna la tête vers l'hôpital voyant Kuroo s'approcher, très bien même. Je suis en sécurité. Un ami m'a aidé… Bokuto-san tu ne peux pas être mon seul ami ! … Je te le présenterais. Quand ? … Très bien. On fait comme ça ! … J'ai hâte de te revoir aussi Bokuto-san. A demain Bokuto-san.

Il rangea son portable et sourit légèrement à Kuroo.

- Et maintenant, tu comptes faire quoi ? Demanda Akaashi.

- Il y a un endroit où tu aimerais aller ?

- Tu me proposes de fuir avec toi mon chat ?

- Peut être bien, fit Kuroo avec un sourire qui arrêta le coeur de Akaashi.

- Bokuto-san, m'a invité à un de ses matchs de sélection pour les Jeux Olympiques. Je dois y être demain dans l'après-midi. Et Bokuto-san veut te rencontrer, annonça Akaashi d'un ton neutre.

- Parfait ! Nous avons donc une destination, s'exclama Kuroo avec enthousiasme.

La voiture démarra et quitta le parking de l'hôpital. Ils avaient reprit la route depuis seulement quelques minutes lorsque Kuroo se tourna vers Akaashi.

- Comment tu l'as rencontré ?

- Qui ?

- Bokuto.

- Au lycée on faisait parti du même club de volley. Il était notre As et moi j'étais passeur, dit Akaashi les yeux dans le vide se remémorant les souvenirs de cette époque.

- J'ai fait du volley aussi.

Akaashi tourna brusquement la tête, surprit.

- Vraiment ?

- J'étais bloqueur et plutôt doué ! Il marqua une pause. Kenma aussi était passeur.

Akaashi sourit au chat. Puis le silence retomba dans le véhicule. Ce qui permit à Keiji de s'évader dans ses pensées. Kuroo avait fait tomber ses barrières en seulement une journée. Même Bokuto n'avait pas réussit cette exploit. D'ailleurs il était impatient de présenter Kuroo à son meilleur ami. C'est sûr qu'ils allaient s'entendre à merveille. Et c'est comme ça que Akaashi se retrouva encore à fixer Kuroo. Ce visage gracieux, ces yeux remplis de malice, ce sourire moqueur, ces cheveux désordonnés et ce corps athlétique. Il ne s'en lassait pas. Comment pouvait-il craquer autant pour une personne dont il ne connaissait rien la veille même ?

« You think I'm pretty, Without any make-up on »

Akaashi sorti de ses pensées lorsqu'il entendit les premières paroles de la chanson de Katy Perry. Il avait horreur de cette chanson. Elle était si niaise et si… niaise. Akaashi ne supportait pas le niais. Mais Kuroo ne sembla pas partager cet avis, au vu du sourire qui se peignit sur son visage et le volume de l'auto-radio qui augmenta fortement. Un peu trop au goût d'Akaashi.

- Let's go all the way tonight
No regrets, just love
We can dance until we die
You and I, we'll be young forever

Keiji observa Kuroo chanter. Le chat secouait la tête dans tous les sens et n'arrêtait pas de sourire de toutes ses dents. Il semblait vivre la musique. Et étrangement, à la vue de ce spectacle, Akaashi commença à apprécier la chanson.

- You make me feel
Like I'm livin'
A teenage dream
The way you turn me on
I can't sleep
Let's run away and don't ever look back,
Don't ever look back

Kuroo tourna la tête, continuant de chanter et fixant Akaashi. Le brun ne put que plonger ses yeux dans ceux du chanteur amateur. Qui pourrait passer pro vu comme sa voix était mélodieuse.

- My heart stops
When you look at me
Just one touch
Now, baby, I believe
This is real
So take a chance and don't ever look back,
Don't ever look back

Akaashi ne put détacher son regard du conducteur. Il sentait une étrange chaleur au creux de sa poitrine. Ce moment avait quelque chose, de magique. L'attitude de Kuroo le déstabilisait, il eut l'impression que Kuroo chantait cette chanson pour lui. Mais ce n'était qu'un rêve n'est ce pas ? Juste une impression, non ?

Malheureusement pour Akaashi, Kuroo reporta son attention sur la route, rompant ainsi le contact visuel qui s'était établi entre eux. Mais il ne cessa pas de chanter en souriant. Akaashi quant à lui l'observait toujours, son cerveau ayant été court-circuité. La magie du moment toujours bien présente.

-x-x-x-x-x-

La nuit était tombée depuis un moment et ils n'étaient toujours pas arrivés à destination. En effet, ils avaient perdus un temps monstrueux parce que Kuroo voulait à tout prix utiliser les petites routes de montagnes, espérant croiser des animaux sauvages. Akaashi n'avait pu qu'accepter, ce comportement lui rappelait tellement celui de Bokuto-san. Pendant leurs camps d'entraînements, lorsqu'ils étaient au lycée, ce dernier avait l'habitude de venir réveiller Akaashi pour aller voir si il y avait des hiboux. Akaashi avait beau eu lui expliquer que les hiboux ne vivaient pas en ville, Bokuto-san ne voulait rien entendre. Cela fit sourire Akaashi. Kuroo s'était comporté exactement pareil.

Le problème, c'est que maintenant, ils étaient au milieu de nul part, que la nuit noircissait et que tout les deux commençaient à fatiguer.

- Kuroo arrête toi. Je préfère éviter d'avoir un accident, fit Akaashi remarquant la peine qu'avait le conducteur à garder les yeux ouverts.

- Dommage, j'aurais aimé mourir à tes côtés, Kei-chan.

« Je préférerais que tu vives à mes côtés, sale chat» se surprit à penser Akaashi. Mais il ne le dit pas. C'était un peu tôt pour balancer ce genre de phrases.

- Crétin de chat, réplique Akaashi.

Kuroo ne répondit rien mais Keiji pu voir le rictus qui se formait sur les lèvres du chat.

Le véhicule emprunta un petit chemin de terre, et alla se garer loin de le route. Une voiture arrêtée au milieu la campagne en pleine nuit, tout cela ressemblait à un début de film d'horreur. Il ne manquait plus que la pleine lune et les cris au loin. Akaashi soupira légèrement à cette pensée. Quel cliché.

- Rassure-moi Kuroo, tu ne m'as pas amené ici pour me violer puis démembrer ? Demanda-t-il.

- Non, juste pour te violer mon petit Kei-chan, se moqua Kuroo.

- Merci, maintenant je vais pouvoir dormir sereinement.

Ils sortirent tous les deux de la voiture afin de se dégourdir les ne distinguaient rien au alentours. La nuit était vraiment noire et épaisse.

Après avoir mangé ce qui traînait dans le coffre de la voiture, ils abaissèrent les sièges au maximum, créant ainsi deux lits, à peine séparés. Et inconfortables.

Enfin c'était toujours mieux que dormir dehors, selon Akaashi.

- J'espère que ça te conviendra princesse !

Encore ce surnom. Et sans réfléchir, Akaashi se saisit d'une canette qui traînait sur le sol du véhicule, et la jeta sur la tête de Kuroo. Qui l'évita avec une rapidité incroyable.

- Tu sais, c'est pas avec ça que tu parviendras à me tuer.

- Au moins j'aurais essayé, se défendit Akaashi.

Une fois leurs 'lits' de fortune installés, Kuroo sorti une large couverture de son coffre. Et sous le regard interrogateur de Keiji, le chat se contenta d'un faible sourire.

- C'est pas la première fois que je dors dans cette voiture. Je suis un fugitif je te rappelle.

- Ça m'était totalement sorti de la tête, ironisa Akaashi.

Et c'est en riant légèrement qu'ils s'enfermèrent dans la voiture, enroulés dans la couverture. Akaashi n'était pas super bien installé, mais après s'être retournés plusieurs fois, il trouva finalement une position confortable. Il leva les yeux et tomba nez à nez avec Kuroo. Dans le sens littéral du terme. Seul quelques centimètres les séparaient. Tous les deux se fixèrent un instant, sans gêne, avant qu'un sourire vienne se greffer sur leurs lèvres. Et le coeur d'Akaashi fit un bond énorme au vu du sourire du chat.

- Bonne nuit Akaashi, murmura Kuroo.

- Bonne nuit Kuroo.

Ils étaient si proche qu'ils pouvaient sentir le souffle de l'autre. Kuroo ferma les yeux, s'apprêtant à dormir tandis que Akaashi l'observait toujours. Il n'avait jamais vu le visage de Kuroo si détendu. Il était encore plus beau que d'habitude. Il aurait pu passer des heures à le contempler. Mais le sommeil arrivait à grands pas.

Au bout de quelques minutes, il ferma à son tour les yeux.

Akaashi avait froid. Cela devait faire environ dix minutes qu'il tremblait comme une feuille, essayant de se réchauffer avec la couverture qu'il partageait avec Kuroo. Mais en vain, les frissons ne cessaient pas.

- Akaashi si tu claques des dents, je ne vais pas pouvoir dormir, grinça Kuroo.

- J'y peux rien, j'ai froid.

Akaashi crut entendre un soupir venant de Kuroo.

- Décale toi.

- Quoi ? Pourquoi ?

- Tu as froid, non ? Alors décale toi et ne discute pas.

Il ne comprenait pas bien où voulait en venir le chat, mais il fit tout de même ce qu'il lui demandait. Finalement, après plusieurs minutes, il se retrouva le nez collé à la portière, dos à Kuroo. Il allait demander à Kuroo, une nouvelle fois, quand il senti l'autre bouger. Puis sans s'y attendre un corps chaud se colla à son dos. Et même avec sa veste il pu sentir la chaleur. Il ne put réprimer un sursaut. Puis il senti un bras l'enlacer. Heureusement qu'il était dos à Kuroo car sinon celui-ci aurait sans aucun doute remarqué le visage rouge du plus jeune. Maintenant Akaashi avait trop chaud. Vraiment trop chaud.

- Tu n'as plus froid ? Demanda Kuroo.

- No.. Non c'est bon, répondit Akaashi la voix tremblante. Merci Kuroo.

Akaashi mit quelques minutes à se détendre dans les bras de Kuroo. Les bras de Kuroo étaient agréables. Puis il s'endormit presque instantanément, une fois qu'il fut à l'aise. Et jamais il n'eut été aussi bien.

-x-x-x-x-x-

Akaashi se réveilla avant Kuroo. Il n'osa bouger de peur de déranger le chat. Il sentait contre son dos le torse de Kuroo qui bougeait dans un rythme régulier et paisible. Une respiration calme. Il aurait pu rester des heures dans cette position. Bien qu'au début il eut été gêné, mais il s'était très vite habitué à l'étreinte de Kuroo.

- Tu es réveillé princesse ?

Le souffle chaud dans son cou, fit frissonner Akaashi.

- Oui.

Soudainement Akaashi eut froid. La chaleur de l'autre corps s'étant éloigné de lui, à son plus grand regret.

Ils n'avaient pas mis longtemps à reprendre la route. Il ne restait plus que deux heures avant d'atteindre la ville où Bokuto se trouvait.

Akaashi regardait par la fenêtre. Il se remémorait ses souvenirs avec Bokuto. Il avait hâte de le retrouver.

- Quand tu as appris pour moi, pourquoi tu n'as appelé la police ?

Akaashi posa les yeux, surprit, sur Kuroo. Et si l'autre n'était pas entrain de conduire, il l'aurait certainement secoué comme un prunier. Kuroo n'avait toujours pas comprit ?

- Parce que tu es mon ami et que je t'apprécie énormément Kuroo. Et même si tu es un criminel, je m'en fiche. Je veux que tu sois présent dans ma vie, parce je t'ai…..parce que tu es important pour moi.

Akaashi fixait Kuroo, d'un regard brûlant. Il voulait que Kuroo comprenne qu'il était entrain de tomber amoureux de lui. Et lorsque Kuroo croisa son regard quelques instant, la souffrance qu'il y lu, lui forma une boule au travers de la gorge. Quelque chose n'allait pas.

Les deux avaient arrêté de parler. Le silence envahi la voiture durant de longues minutes. Un silence qui mit affreusement mal à l'aise Akaashi. Mais il ne lâcha pas des yeux Kuroo.

- Quand je t'aurais déposé, j'irais me rendre.

La voix de Kuroo brisa la silence et atteignit Akaashi en plein coeur. Coeur qui se brisa. Finalement il préférait le silence. Au début il crut qu'il avait mal entendu.

- Co-..Comment ?

- Je ne peux pas vivre en fuyant éternellement.

Non ce n'était pas possible. Il comptait vraiment le faire ? L'air résigné sur le visage de Kuroo lui confirma que peut être même que Kuroo avait décidé de faire ça dès le début. Akaashi au début voulu s'y opposer, lui crier qu'ils pourraient fuir ensemble. Mais il savait que c'était totalement irréaliste et égoïste. Et puis peu à peu il comprit la décision de Kuroo. Si il se rendait, le juge lui réservera la peine minimale. Puis fuir durant toute sa vie, n'était pas une vie. Kuroo avait raison. Et Akaashi l'avait compris.

- Et puis je ne veux pas te rendre complice de ma fuite, Akaashi.

- Pourtant je le suis déjà. Je sais qui tu es et je ne t'ai pas dénoncé c'est-

- Je sais Akaashi ! Je sais que par ma faute tu pourrais avoir des ennuis ! Je m'en veux assez comme ça. Alors s'il te plaît, arrête. N'en dis pas plus.

Akaashi se tût. Le ton froid et emprunt de colère de Kuroo lui fit comprendre à quel point cela devait être dur pour lui. Il allait finir en prison. Cela avait dû lui demander un courage énorme, de prendre une telle décision. Et plus Akaashi observait l'air sombre qu'arborait le visage de Kuroo, plus son coeur saignait. Il voulait lui dire une centaine de choses, mais rien ne sorti de sa bouche durant plusieurs instants. Puis finalement quelques mots passèrent la barrière de ses lèvres.

- Tu es la meilleure personne que j'ai rencontré Kuroo et c'est pour ça que je t'ai-

- Akaashi, si tu finis ta phrase je te laisse sur le bord de la route, l'interrompit Kuroo.

Akaashi ne finit pas sa phrase. Pour l'instant. Il la finirait un jour, promis. Mais tout de suite, ce n'était pas le bon moment. Ça aurait vraiment trop fait comédie romantique.

Tout le reste du voyage se passa dans le silence. Akaashi n'avait pas cesser de lancer des regards à Kuroo. La détermination, n'avait pas une seule fois quittée son visage. Et plus ils s'approchaient de la destination, plus Akaashi souhaitait que le temps s'arrête. Mais finalement ce fut la voiture qui s'arrêta.

Ils étaient arrivés. Et Akaashi ne bougea pas. Il ne voulait pas descendre de la voiture. Il fixait Kuroo, sans rien dire.

- Akaashi, tu es arrivé. Descends. Bokuto t'attend.

- Kuroo, je v -, fit Akaashi en approchant sa main du visage du chat.

- Akaashi s'il te plait, répondit Kuroo en s'éloignant du brun.

Akaashi n'abandonna pas, il s'approcha davantage et posa sa main contre la joue de Kuroo. Il ne pouvait peut être rien dire, mais il pouvait lui montrer. Il n'allait pas le laisser partir sans n'avoir rien fait. Il allait lui dire au revoir proprement. Sinon il le regretterait, il le savait.

Alors que sa main caressait délicatement la joue de Kuroo, Akaashi avança son visage jusqu'à ce que ses lèvres effleurent celles de Kuroo. Il y déposa un délicat et chaste baiser. Puis il se recula plongeant ses yeux dans ceux de Kuroo. Ils se fixaient, et Kuroo vint attraper la main posée sur sa joue. Il la serra dans la sienne.

- Je te déteste Akaashi. J'ai plus envie de te lâcher maintenant, murmura Kuroo entre ses dents.

- Je t'attendrais Kuroo.

Kuroo lui sourit tendrement, puis il amena la main d'Akaashi à ses lèvres et l'embrassa. Ce contact fit frissonner Akaashi. Une douce chaleur lui parcourut le corps. Et alors que ses pensées commençaient à s'égarer, le contact se rompit. Kuroo relâcha sa main. Akaashi ne dit rien de plus. Il sorti de la voiture et se dirigea vers le bâtiment qui lui faisait face sans regarder derrière lui. Parce que si il l'avait fait, il serait retourné dans la voiture et jamais il n'aurait laissé Kuroo partir.

-x-x-x-x-x- Deux ans plus tard -x-x-x-x-x-x-

Akaashi était assit sur un banc, fixant le bâtiment qui se trouvait devant lui. Son estomac était noué, il était si impatient. Alors qu'il attendait, son téléphone vibra, annonçant un nouveau message.

De Kenma à Akaashi :

Alors ?

De Akaashi à Kenma :

J'attends toujours. Mais on se trouve comme prévu ?

De Kenma à Akaashi :

Oui.

Akaashi rangea son portable. Lors des deux années écoulée, Akaashi était allé voir Kenma tous les week-ends, juste après ses visites au parloir. Puis il y a deux mois, les médecins l'avaient appelé. Le jeune blond s'était réveillé. Akaashi s'était immédiatement rendu à l'hôpital. Ils s'étaient très vite bien entendu. Akaashi appréciait la sérénité dont faisait preuve le blond. Aujourd'hui Kenma était toujours à l'hôpital. Dans deux mois, lorsque que sa rééducation serait finie, il pourra sortir et rentrer chez lui.

Akaashi observa les larges grilles, et esquissa un sourire lorsqu'elles s'ouvrirent. Il était si heureux. Ce jour était enfin arrivé.

Les gardes laissèrent passer un jeune homme aux cheveux noirs totalement indisciplinés, aux yeux magnifiquement sombres, à la démarche gracieuse et féline et au sourire éclatant. Kuroo était vraiment magnifique. Le coeur de Akaashi tambourinait dans sa poitrine. Depuis le temps qu'il attendait ce moment. Il se leva immédiatement et attendit que Kuroo arrive à son niveau. Leurs regards s'accrochèrent et ne se lâchèrent plus.

- Tu attends quelque chose ?

- Oui, ça fait deux ans que j'attends quelqu'un, répondit Akaashi en passant ses bras autour du cou de Kuroo.

- Il en a de la chance, j'en serais presque jaloux.

- Fais attention où je vais finir par croire que tu m'aimes bien Kuroo.

- Dans tes rêves princesse, ricana ce dernier en caressant la joue d'Akaashi.

Une décharge électrifia Akaashi suite à ce contact. Les yeux plongés dans ceux de Kuroo, il approcha lentement son visage. Et c'est avec un baiser passionné qu'ils scellèrent leurs retrouvailles.


Et voilà ! J'espère que ça vous aura plu !

L'intrigue est terminée mais je compte écrire les deux chapitres du POV de Kuroo. Je les posterais à la suite de celui-ci ^^

Alors leur date de sortie est totalement inconnu. Ils arriveront sûrement après que j'ai publié le prochain chapitre de Deux Faces d'une même Pièce.

Je vous remercie et à la prochaine !

Coeur sur vous !