CHAP2 - 'En joue…'

Ils arrivèrent dans une auberge classique ; la brebis n'est jamais aussi bien cachée que dans la tanière du loup. Après avoir passer l'entrée, le vestiaire, et être arrivé dans la pièce du bar, le seul groupe présent applaudit à leur arrivé, ils étaient donc attendus impatiemment. La confrérie qu'Envy infiltrait n'était pas celle qu'il ciblait, mais il continua à jouer le rôle de l'arlequine. Ce tas d'humains-là lui apprendra quelque chose, peut-être. Attablés, chaque hommes et femmes commanda une boisson, toutes différentes et dans un agencement apparemment aléatoire. Pourtant, personne ne se coupait la parole, tous coordonnaient leurs propos parfaitement : il régnait une harmonie dans leur désordre. Inévitablement, un silence se fit, et l'arlequine fut la cible de regards suspicieux. Envy, déboussolé face à leur code, se contenta d'un « comme d'habitude ! ». Il n'eut pas le temps de se forcer à glousser qu'il était déjà immobilisé, plaqué brutalement sur la table et tenu par plusieurs personnes. Celle lui retenant les poignets était très puissante, l'homonculus ne pouvait remuer les épaules. Sa tête fut violemment soulevée de la table. Ils le suspectaient d'être un espion. Lui ? Comme si…

« - 'Lapin'. » L'homme qui semblait être le chef se rapprocha du visage de l'usurpateur et lui souleva le menton du majeur. « Tu es piégé par le premier appât. Pitoyable…

Ledit chef révéla le visage de l'arlequine en retirant le masque, mais ne le fit pas tomber. Tous eurent le souffle coupé, il s'agissait de leur partenaire à l'identique. Envy mit son ego de côté, que ces chiens-là étaient méprisables – ils n'étaient pas d'Ishbal, pourtant.

- Bouh ? » tenta-t-il , plein de malice. La salle rit et il fût relâché. Il s'approcha alors du chef et lui murmura : « 'Coyote' plutôt, c'est beaucoup plus sournois et trompeur. »

En reculant son visage, l'arlequine remarqua la mine inquiète de l'homme. Elle se força à s'esclaffer et lui tapota légèrement le dos. Humour !

Le patron tomba dans le piège et rit avec elle. L'idiot, il aurait pu stopper cette machine à tuer dès le début. Avant que l'homonculus ne signe leur arrêt de mort. La tension descendit, et la réunion put alors commencer. Le chef demanda alors à tous de donner leur contrat terminé, afin qu'il les archive dans son bureau. Cette information alerta Envy ; trouver ces documents le mèneront à l'organisation terroriste. L'arlequine se leva de sa chaise, pretextant avoir laissé son contrat dans sa sacoche, déposée au vestiaire, à l'entrée.

Il sortit du bâtiment, dans l'intention de retourner auprès de Père. Son échappé ne passa pas inaperçu, et à peine avait-il franchi quelque mètre du péron, qu'un mercenaire l'interpella? Envy se contenta de lui faire un grand sourire qui se voulait rassurant. Le plus compliqué dans sa capacité à être polymorphe finalement, c'était le fait d'insuffler de bons sentiments à ses sourires… Mais cela convaincu le camarade de l'arlequine qui lui fit un signe de la main, symbole de confiance et qu'il la couvriraient aux yeux des autres puis rentra dans l'auberge.

Envy était exaspéré, voilà la dernière chance qu'ils avaient pour l'empêcher de les anéantir et ils n'ont rien fait. C'est à croire que ces humains cherchent leur propre destruction. L'homonculus se senti fière de ne pas faire parti de cette race qui ne comprenaient jamais rien correctement. Leur sort était à présent scellé…
Il s'éloigna en pressant le pas : il changera d'attitude et d'apparence loin d'ici, toute précaution ne serait de trop. Empruntant des rues peu peuplées par désir de discrétion, il croisa ce qui semblait être une connaissance de l'arlequine, encore. Envy regretta à ce moment d'être resté trop longtemps dans la peau du personnage. Le torse bombé, l'homme s'approcha bien trop brusquement de l'homonculus.

- C'fait longtemps qu't'es pas v'nu... T'fais la pute ailleurs, c'est ça?!

Envy le repoussa violemment, ce qui ne fit qu'amuser l'humain. La demoiselle voulait contrôler la situation maintenant! Depuis quand choisissait-elle ces clients? Il la plaqua au mur, une main agrippant violemment ses cheveux, l'autre profitant de cette poitrine qui lui plaisait tant.

- Ce soir, c'est gratos, fallait pas partir. »

Il libéra sa chevelure et tenta de caresser le ventre de la jeune femme – siège de sensualité - et d'ironiquement lui susurrer à l'oreille, mais il n'en eut le temps. Envy répondit d'un mineur, selon lui, coup de genou dans le ventre de l'humain.

Ce dernier se plia en deux, quelle force elle avait, cette gamine ! Il se redressa, elle n'avait pas bougé et se contentait de le fixer, une main vissée sur la hanche, l'autre pendant le long du corps. L'air perplexe ; l'homonculus observa cet homme soumis à de si bas instinct animal. L'homme voulut la soulever par le col, et prouver ainsi sa supériorité. Il n'y arriva pas. Envy emplit l'air de son rire cynique, que penserait ce mortel s'il connaissait la vraie forme de son interlocutrice, ce monstre hideux et énorme? Il n'allait pas laisser ce déchet-là sans dommages après qu'il l'ai touché, c'était lui l'espèce dominante.

L'usurpateur fit trébucher le pervers, l'étalant sur le dos au milieu de la rue, se mit à califourchon sur lui et l'étrangla, pour se délecter dans la lente mort du condamné. Une véritable scène de crime vertueuse : plus sa cible agonise, plus Envy se sent vivant. Oui, chaque pouls perçus à travers l'étreinte de ces mains gradue son plaisir. Quoi de mieux que de sentir la résistance d'un humain s'affaiblir au fur à mesure que la vie le quitte? A cet instant, son souffle s'affaiblit, son visage se déforme sous la douleur, la peur. Et par le désespoir d'être incapable de se défendre. Seule la strangulation permet à la mort de faire face à sa victime. Et Envy aimait tellement jouer ce rôle là.

Le polymorphe se releva et constata son œuvre inerte au sol. Il ne put s'empêcher d'esquisser un sourire : même si l'homme aurait réussi à le dénuder, il aurait était stupéfait : envieux d'un sexe comme de l'autre, l'homonculus ne s'était décidé à en garder un. D'où son apparence androgyne… ?

Déambulant dans les sous-sol de Central, Envy triturait ses longs cheveux verts séparés en une multitude de mèches relevées d'un bandeau, faisant mine de se recoiffer. Lust lui avait indéfiniment répété que ce geste trahissait son impatience. Et alors !? L'humanité n'était pas assez développée pour le comprendre, de toute façon.

Il arriva chez Père, ce dernier toujours sur sa chaise entravé d'une multitude de tuyaux. Le nouvel arrivant sourit, son créateur allait lui en vouloir légèrement d'ici peu, mais qu'importe. Il vit dans un coin Gluttony se bavant sur les doigts. Malheureux être qu'il était, d'avoir perdu celle qu'il considérait comme sa mère. Envy se pencha sur lui, non par compassion, elle lui était inconnue, mais par intérêt, véritable convoitise : il avait juste besoin de main d'œuvre.

« - Gluttony, j'ai des amis à te présenter… De bons amis, » se reprit-il.

L'interpellé le regarda dans les yeux, captivé. Son interlocuteur savait comment attirer son attention.

- Y'en aura à la dizaine, tu peux me faire confiance ! » L'envie personnifiée baissa légèrement le ton et poursuivit : « Je ne vais pas t'entuber, un seul dans la famille, c'est suffisant. »

Envy surveilla furtivement Père à la fin de sa phrase. Il feignait n'avoir rien entendu. Le polymorphe soupira de lassitude, personne n'était d'humeur à rire ce soir.