Chapitre 2 : L'Université de l'Invisible
Rorschach finit par émerger au bout de quelques heures, il se leva et nota qu'il y avait un miroir face à lui. Il pouvait y constater les dégâts provoqué par le troll lorsque que ce dernier l'avait giflé, l'œil gauche au beurre noir, quelques bosses et plaies. Des yeux ? L'homme dans le miroir était Walter Kovacs pas Rorschach, où était donc passé son visage ? Et… il portait une robe ! Couverte d'étoiles et de symboles étranges en plus.
Il sortit, furieux de la salle et se retrouva dans ce qui ressemblait au couloir d'un château, il trouva là un petit homme efflanqué portant une robe semblable à la sienne et un chapeau pointu, il avait aussi un large sourire sur sa barbe et son regard montrait qu'il regardait un point situé à des années lumière d'ici. Il s'approcha de l'homme et cria :
« Rendez-moi mon visage ! »
« Fleur rose, fraicheur des bois. »
Un fou… le seul qui pouvait le renseigner était un fou.
« ECONOOOME ! » résonna soudain une voie de ténor.
D'autres hommes vêtus eux aussi de robes et de chapeaux pointus arrivèrent alors.
« Ah, l'étranger s'est enfin réveillé et on a retrouvé l'Econome, parfait, se tourne vers les autres : dépêchez vous de lui donner ses pilules ! Je me présente, Archichancelier Ridculle, monsieur ? »
« Rorschach. »
L'imposant mage lui saisit la main et la secoua vigoureusement, faisant vaciller Rorschach.
« Jeune homme, vous pouvez me lâcher vous savez. »
« J'essaye », répondit le roux qui essayait de dégager sa main qui était coincée dans celle de l'Archichancelier comme dans un piège à loup, piège qui finit par s'ouvrir.
« Où sont mes vêtements ? Marre de cette robe ridicule. »
« Eh, restez poli ! Cette robe ridicule comme vous dites était une de mes plus belles robes quand j'avais votre âge », rugit le Doyen.
Ça expliquait la largeur de la robe dans laquelle on aurait pu mettre au moins dix Walter.
« Qui m'a déshabillé ? »
« Et lavé. »
« Pardon ? »
« Vous avez été aussi lavé, désolé de vous le dire mais vous sentiez encore plus mauvais que le compost de Modo quand vous êtes arrivé. »
Les cheveux et le visage de Rorschach se confondirent alors, quelqu'un avait osé le déshabiller et en plus le laver
« Mes vêtements ! »
« Très bien, très bien, MADAME PANARIS ! » rugit l'Archichancelier.
« Oui monheusieur ? » demanda une femme forte, notreuh hôte s'est réveillé à ce que jeheu vois, bien leheu bonjour, jeheu vois que mon savon à la fraise des bois de Lancre (1) a eu raison deheu cette horrible odeur. »
Le visage du vigilant, qui tremblait, se mit à rougir encore davantage
« C'est… c'est elle qui m'a… »
« Déshabillé et lavé ? Eh oui c'est cette brave madame Panaris qui l'a fait », dit le Major de Promo qui ajouta plus bas en donnant une tape dans le dos de Rorschach et en lui faisant un clin d'œil : « petit veinard ! »
« MES VETEMENTS ! »
« Très bien, très bien, neheu vous énervez pas, jeheu vais les chercher mais ils ne sont pas encore tout à fait secs. »
Rorschach ne s'était jamais senti aussi humilié de toute sa vie : une femme l'avait déshabillé et lavé, il était en robe et… il sentait la fraise ! Un vigilant sentant la fraise, inconcevable. Il n'aurait jamais cru avant cet instant être soulagé que le Comédien soit mort.
Elle revint.
« Les voilà monheusieur. »
Rorschach les lui reprit sèchement des mains, elle repartit aussitôt, et rentra dans la chambre en claquant la porte. Ses vêtements sentaient eux aussi la fraise !
« Un jeune homme assez nerveux. »
« Il aurait peut être besoin des pilules de grenouille séchées de l'Econome. »
La porte se rouvrit brusquement.
« Où est mon visage ? Rendez-moi mon visage », hurla t il en prenant le Major de Promo par le col.
« Votre visage ? Mais vous l'avez sur vous comme tout le monde ! »
« C'est le visage de Walter Kovacs pas celui de Rorschach ! »
Des problèmes de double personnalité pour couronner le tout ! Décidément le Guet leur avait confié un homme à problèmes.
« Attendez, je crois qu'il parle de son masque. »
« On ferait mieux de le trouver assez rapidement Archichancelier, il semble plus énervé qu'avant. »
« En effet. »
« Monsieur, on va retrouver votre visage dans les plus brefs délais. »
« Messieurs, trouvez moi où a pu atterrir le « visage » de ce cinglé (2). »
« Stibon pourrait l'avoir Archichancelier, il a parlé de l'étudier plus en détail. »
« Très bien, on va le chercher dans ce cas. »
Ils se rendirent alors en vitesse au bâtiment de magie des Hautes énergies suivis de près par Rorschach.
« MONSIEUR STIBONNNNNNNN ! »
« Oui Archichancelier ? » répondit un jeune homme pâlot à lunettes
Rorschach s'interposa avant que Ridculle n'ait le temps de parler :
« Mon visage ! »
« Pardon ? »
« Il veut son masque, donnez-lui tout de suite qu'il se calme. »
« Il semble y tenir beaucoup, » ajouta le Major de Promo
« Il est vrai que j'aurais aimé l'étudier mais je ne l'ai pas. »
« QUOI ! »
« Mais pourriez vous me le confier que je puisse l'étudier une fois que vous l'aurez récupéré ? Et pourrez vous répondre à quelques questions concernant votre monde ? », demanda Stibon avec enthousiasme
Enthousiasme qui refroidit considérablement lorsque Rorschach se rapprocha davantage en poussant un grognement menaçant et en serrant les poings, l'instinct de survie de Stibon avait triomphé de sa curiosité.
« Heu… oubliez ce que j'ai dit. »
« Archichancelier », intervint le Major de Promo, « peut être que le masque est resté à la buanderie, Madame Panaris l'y a sans doute mis à sécher. »
« Bonne idée Major de Promo, tous à la buanderie ! »
Une fois arrivé à la buanderie, Rorschach voulut ouvrir la porte mais Ridculle le retint au dernier moment.
« Héla ! C'est le terrain de Madame Panaris, il faut son autorisation pour entrer. »
« Vous êtes archichancelier. Vous dirigez tout ici, non ? »
« Tout sauf cette pièce. »
L'Archichancelier toqua, Madame Panaris ouvrit :
« Oui, monheusieur ? »
« Excusez nous Madame Panaris mais monsieur Kovacs… »
« Rorschach ! »
« Si vous voulez, bref il aimerait récupérer son masque, l'auriez vous vu par hasard ? »
« Oui j'ai voulu leheu laver mais ces maudites tâches ne partaient pas, rien à faire, il est en train de sécher là-bas. »
Rorschach fonça vers son masque et esquissa rapidement un sourire en constatant qu'il n'avait rien puis le remit immédiatement.
« Monheusieur vous allez attraper la mort, il est trempé. »
Il émit en réponse un grognement qui pouvait se traduire par « rien à foutre ».
« En plus jeheu ne comprends pas pourquoi vous cachez votre visage comme ça, vous n'êtes pas laid et vous neheu sentez plus mauvais, essayez de sourire un peu et vous trouverez peut-être unheu bonne amie. »
Il quitta alors la buanderie rapidement bien décidé à quitter cet asile de fou, et surtout cette femme, mais il fut coupé dans son élan par Ridculle qui referma le piège à loup qui lui servait de main autour de son bras.
« Héla pas si vite, vous êtes sous notre responsabilité, et on va voir le patricien à présent pour discuter de votre cas. »
« Le patricien ? »
« Vétérini, il dirige cette ville. »
·][·
« Madame Panaris ! » dit l'une des servantes
« Oui ? »
« Il y a un problème avec les draps. »
En effet les draps blancs étaient couverts de tâches principalement noires mais aussi quelques autres rouges et bleues qui dansaient sur le tissu sans jamais cependant se mêler
« C'est pas convenable des draps comme ça, jetez les. »
Et un gamin des rues de Morpok le visage caché par une large casquette trouva un de ces draps et, fasciné par les tâches dansantes décida de l'emporter, ne tenant pas compte du fait qu'il ne faut pas toucher à quoi que ce soit sorti de l'UI.
(1) Marque déposée Nounou Ogg
(2) Ridculle avait une capacité stupéfiante à ne pas tenir compte des gens dont il parlait même lorsqu'il s'agissait de psychopathes sur le point d'exploser
Voilà la suite, j'ai fait du mieux que j'ai pu concernant la diction de Madame Panaris. Je vais essayer de poster la suite le plus tôt possible
