Voila le chapitre deux de ma fic. Bonne lecture !

Je suis encore dans cette ruelle, en train de marcher tranquillement. Comme la nuit précédente, je me mets à courir à en perdre halène. Seulement cette fois ci, le loup ne me suis pas, la menace est invisible et plane sur moi, prête à me fondre dessus comme l'aigle sur sa proie. La lumière devant moi semble s'éloigner de plus en plus malgré le fait que je précipite sur elle. Puis, subitement, elle disparaît.

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Je me réveillai en sursaut, comme la veille, mais sans hurler cette fois, ce qui me rassura un peu dans un sens. Cependant, mon rêve me semblait encore plus effrayant, ne sachant pas la nature de la menace qui me guettait. Il était bientôt 7h00 et je me levai. Sous la douche, le contact avec l'eau brûlante me calma et détendit mes muscles tendus comme des arcs. Perdu dans mes réflexion et ne faisant pas attention à mes gestes, je dérapai sur le carrelage de la salle de bain et m'écrasai lourdement. Quand je me relevai, je me mis à pester contre cette p de vie et m'habillai avant de descendre. Kartz prenait déjà son café et Annette me servit une tasse. Je commençai à boire quand la voix de la femme m'interrompit :

« - C'est quoi ça ? »

Je baissai les yeux pour apercevoir un filet de sang sur la table en bois. Cherchant sa provenance, je vis une profonde entaille à mon poignet droit.

« - J'ai dû me faire ça quand je suis tombé tout à l'heure, je me suis râpé contre le robinet sans doute.

Je vais soigner ça. »

Elle partit quelques minutes pour revenir avec des cotons, une lotion et des bandes blanches. Elle désinfecta la blessure, sous mes gémissements de douleur, et mis un bandage dessus. Je la remerciai et me remis à manger un gâteau présent dans une boite sur la table. Mon poignet me faisait un peu mal, comme des centaines de petites aiguilles transperçant ma peau hâlée. Je gardai les yeux baissés, si bien que le contact de la main de mon ami sur mon épaule me fit sursauter.

« - Et ben, calme toi Marco, qu'est-ce qui t'arrive ce matin ? Tu as l'air ailleurs.

C'est…c'est rien ne t'en fais pas.

Si tu le dis. On y va sinon on va être en retard en cours.

Hum. »

Je mis mon écharpe et mon bonnet, pris mes affaires et sortis dans la rue animée. Il neigeait dru ce jour là et le vent glacial frappait mes joues rougies. Dans notre salle, il y avait déjà la moitié des élèves présent, assis en groupe en train de discuter ou de faire leurs devoirs à la dernière minute. Je m'assis à ma place et saluai le goal et le Kaiser avant de me plonger dans mon cahier de partition sans participer à leur conversation qui, comme d'habitude, traitait de football. J'avais un peu de mal à écrire, mais ce n'était qu'une simple gêne sans plus, comme si j'avais des fourmis dans le bras. Je n'avais pas dis un seul mot à part un léger « bonjour » quand le professeur de mathématique entra. Le silence se fit et le cours débuta. Je ne suivais pas grand-chose, pour ne pas dire pas du tout, trop plongé dans mes pensées pour pouvoir résoudre des équations ou trouver combien de fraises avait mangé Adeline en deux jours (en plus tout le monde s'en fiche, elle en mange autant qu'elle veut cette gourdasse qu'est-ce qu'elle vient nous les péter là !). A la pause de dix heures, je ne prononçai pas plus de mots qu'à huit heures et les trois autres en étaient très surpris. Mais, au moment où ils allaient me demander ce qui me prenait, une femme assez âgée entra et le cours d'anglais commença. Comme je n'étais pas de tout doué dans cette matière, je fus obligé de prendre des notes, mais de là à répondre aux questions posées, il y avait de la marge ! A midi, nous restâmes dans la salle tous les quatre avec des repas fait maison mais je continuai de me taire. En enlevant mon pull, Karl-Heinz et Genzo purent voir mon bandage et le premier poussa un grand cri en prenant délicatement mon poignet entre ses doigts fins.

« - Mais qu'est-ce qui t'es arrivé ! Tu…tu n'as pas fais ce que je pense !

Non, je n'ai pas essayé de me trancher les veines si c'est ce que tu veux dire, je suis juste tombé ce matin et je me suis pris le robinet. Je ne suis pas dépressif à ce point quand même !

Alors dis nous pourquoi tu restes aussi silencieux depuis que tu es venu dans la cuisine pour déjeuner, m'ordonna Kartz.

Je…j'ai encore fait un cauchemar.

Comme la dernière fois ?

Oui, ou plutôt non. Ce n'était pas exactement le même et je me demande ce qu'il représente.

Raconte. »

Je leur expliquai mes deux rêves et ils me regardèrent un peu de travers.

« - T'es certain de pas être dépressif ? demanda le goal. Par-ce que là t'es bon pour la camisole sans vouloir te vexer.

Genzo ! s'exclama le capitaine. Dis pas ça, c'est pas sympa ! Je ne pense pas que tu devrais t'en faire pour ça, ça passera, c'est juste ton arrivée ici qui t'as un peu chamboulé.

Peut-être que tu as raison Schneider. Je devrais arrêter de m'inventer des problèmes. »

En réalité, j'avais peur, très peur, vous savez, ce genre de peur qui vous dévore de l'intérieur, qui vous brûle le corps, qui vous consume, qui fait que vous ne pensez plus à rien d'autre qu'à fuir, fuir très loin, cette peur qui faisait que mon cœur battait contre mes tempes à cet instant même, alors que j'étais entouré de mes amis.

« - Marco ? Ça va ? Qu'est-ce qui t'arrive ? »

La voix et la main de Genzo posée sur mon épaule me firent me rendre compte que je m'étais mis à trembler comme une feuille.

« - Tu veux que je t'amène à l'infirmerie ?

Pas besoin de poser la question Karl, bien sûr que tu vas l'accompagner. Suis le Marco et c'est un ordre non discutable, on préviendra les profs avec Genzo. »

Le blond m'aida à me lever et m'entraîna dans les couloirs déserts, ses doigts enlaçant les miens. Je me laissai guider sans rien dire, j'avais l'esprit totalement ailleurs. Il me fit ensuite m'allonger sur un lit dans une pièce blanche, parla un moment avec l'infirmière puis, après m'avoir ébouriffé les cheveux, me salua et repartit. La jeune femme vint prendre ma température et ma tension avant de me conseiller de dormir un peu.

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« - Alors, notre petit musicien va mieux ? demanda Kartz avec un grand sourire quand il vint me voir à 16h00 avec les deux autres sur ses talons.

Oui, je vais bien. »

Je me levai et pris mes affaires pour les suivre dans la cours sous le préau le temps de la récréation. La neige tombait toujours, mais plus calmement que dans la matinée. J'avais retrouvé ma bonne humeur et plaisantai avec le joueur japonais tandis que les allemands parlaient de leur entraînement et des exercices à faire, comme par exemple, d'après ce que j'entendis, des tirs au but. Quand la sonnerie retentie, je me dirigeai vers la salle de musique avec entrain, impatient de montrer à mes camarades et surtout à Sandra mes progrès. Elle m'attendait d'ailleurs à la porte et me fit un grand sourire en me voyant arriver. Je le lui rendis et nous entrâmes. Les deux jumelles, Sarah et Lucie, étaient là et me saluèrent avant de reprendre la première son violon et la deuxième son violoncelle pour laisser s'en échapper une douce mélodie. Je m'assis sur une chaise et la rouquine me demanda si je m'en sortais avec le morceau.

« - Oui, plus ou moins. Je dois avouer qu'il est très compliqué.

Je te comprends, j'ai mis quatre jours avant de le jouer à peu près correctement. »

Elle me demanda ensuite de lui parler de mon pays et je lui racontai des souvenirs d'enfance jusqu'à l'arrivée de notre professeur, suivie de Anne-Lise et Grégoire. Quand tout le monde fut en place, nous commençâmes à jouer tous ensembles avant de passer chacun notre tour pour que l'on puisse entendre les erreurs des autres et les aider à les corriger. A mon tour, je fis une présentation aussi ridicule que la veille, mais tout le monde m'encourageait et je recommençai deux ou trois fois dans un rythme un peu plus lent avant de réussir à en jouer la moitié sans une seule faute. Le cours se termina avec un petit duo entre Sandra et Grégoire. Le mélange des notes du piano et du saxophone résonnait dans mes oreilles comme le chant d'un ange. C'était tellement beau ! Et ce morceau me prouva qu'ils étaient tous les deux beaucoup plus expérimentés que moi. A 18h00, je rejoignis mon colocataire et nous repartîmes en compagnie du Kaiser, qui venait dormir à la maison ce soir. Je me dis donc que je devais marquer le coup et pris Annette à part dans la cuisine tandis que les deux lycéens parlaient foot dans la chambre de Kartz.

« - Ce soir, c'est moi qui cuisine d'accord ?

Avec plaisir Marc-Antoine, je n'ai pas le courage aujourd'hui. Tu as besoin de quelque chose ? »

Je lui énonçai les ingrédients nécessaires pour faire un poulet basquaise aux poivrons verts, recette que ma grand-mère m'avait apprise quand j'avais 13 ans. Elle me fournit le tout et je lui dis de ne rien dire aux autres, pour que ce soit une surprise avant de me mettre aux fourneaux. A 21h00 enfin, tout le monde dégustait mon plat avec plaisir et les compliments fusaient, me faisant rougir comme une fille.

« - Quel chance tu as d'avoir un cordon bleu comme lui chez toi Kartz ! s'exclama Karl-Heinz.

Je suis bien d'accord avec toi capitaine ! Merci pour ce repas Marco.

Pas de quoi, ça me fait plaisir.

Alors, comment ça s'est passé en musique ?

Aussi mal que hier. Il faut encore que je répète mais je vais vous l'épargner ce soir, je pense que vous en avez assez de mes crises de nerf.

Toi, avoir des crises de nerf ?! s'étonna notre invité. C'est surprenant.

Tu aurais dû le voir hier soir, il a complètement pété les plombs.

Kartz !

Quoi, c'est vrai non ! Tu sais que tu fais peur quand tu t'énerves en français. En plus c'est frustrant de ne pas savoir ce que tu dis.

Crois moi, tu ne vas pas en mourir, » rigolai-je.

Après le dîner, je me mis au travail avec ma guitare dans le salon, entouré de Kartz, de ses parents et du capitaine allemand. Je jouai toujours le même morceau quand Fréïa entra et me demanda et jouer autre chose en me disant que ça me détendrait.

« - Si tu veux. Prend mon cahier dans mon sac et choisi la partition que tu veux. »

Elle revint en me tendant une partition que j'avais écrit le jour de mon anniversaire de l'année dernière et que je n'avais pas joué depuis. Je pris un immense plaisir à la redécouvrir et la petite inventa des paroles au fur et à mesure des notes qui résonnaient. Puis, une chose en entraînant une autre, elle me chanta des chansons françaises qu'elle avait apprises à l'école, et dieu seul sais combien elles étaient nombreuses pour son jeune âge. Vers minuit, je montai me coucher après avoir salué tout le monde. Mes deux amis étaient déjà dans la chambre de mon colocataire et vu le boucan qui y régnait, ils ne dormaient sans doute pas. Je frappai à la porte puis entrai. C'était le bazar complet sous mes yeux : les couvertures étaient au sol ainsi que les livres de cours et la chaise en bois et les adolescents étaient en train de faire une bataille de polochon.

« - Et vous ne m'invitez même pas ! boudai-je en tournant le dos.

Tu étais tellement occupé avec ma sœur, on n'a pas voulu te déranger mais tu peux te joindre à nous maintenant si tu veux. »

Sans rien dire de plus, je saisis un oreiller et me jetai sur le lit afin de me joindre à eux. Notre petit jeu dura jusqu'à tard dans la nuit et je m'assoupi entre mes amis sur le matelas maintenant bien défoncé à force de sauter dessus comme des possédés.

Marco : tu pensais vraiment que j'avais essayé de me suicider ?

Schneider : bah je sais pas moi

Marco : merci pour ta confiance franchement !

Schneider : c'est bon je pouvais pas savoir

Manga 1804 : #s'éloigne de la bagarre entre les deux garçons# excusez les, la joie d'être au centre de ma fic vous comprenez. Bref, une petite review ?

Dans le prochain chapitre :

« - Wakabayashi ! T'es malade j'ai failli avoir une crise cardiaque !

Je peux savoir ce que tu fais ici tout seul et à cette heure là de la nuit ! »