Voici le 2ème chapitre! Un poil guimauve, peut-être, mais imaginer Regina s'occuper d'une toute petite Emma me plaît trop!

David installa délicatement Blanche-Neige sur le divan. Il déposa ensuite un tendre baiser sur les lèvres de sa bien-aimée. Derrière lui, Regina et Henry retinrent leur souffle. Mais David leur lança un regard navré.

- J'ai déjà essayé là-bas, mais le baiser d'amour véritable n'est apparemment pas suffisant.

Sa voix brisée trahissait son émotion, et Henry s'avança pour poser une main sur l'épaule de son grand-père. David lui sourit tristement.

- Le feu du dragon est extrêmement puissant, intervint Regina. Il est généralement fatal, Snow a eu beaucoup de chance. Sans l'intervention d'Emma….

A ces mots David se tourna vers la petite fille toujours endormie dans les bras de la Reine. Il l'observa longuement, le visage indéchiffrable.

- Je ferai des recherches, nous trouverons un remède David, offrit encore Regina.

Henry eût pour sa mère un regard reconnaissant.

- Maman est la meilleure. Elle trouvera j'en suis certain.

Le Prince hocha la tête sans mot dire, et se pencha à nouveau vers son épouse, jusqu'à ce que leurs fronts se touchent.

C'est à ce moment-là que la petite Emma se mit à pleurer. Regina la berça légèrement, ce qui l'apaisa aussitôt.

- J'ai besoin de courage, mon amour, chuchota David à l'oreille de Blanche-Neige. Reste avec moi, je t'en prie.

Il resta longtemps immobile, et finit par se relever avec l'impression que son cœur était lourd comme du plomb. Il passa une main fatiguée sur son visage avant de prendre place sur une chaise près de Regina et d'Henry.

- David… dit doucement Regina, Emma va finir par se réveiller. Elle aura besoin de…

Elle s'interrompit devant le regard affolé de David qui s'était relevé d'un bond.

- Mon Dieu, mais nous n'avons rien ici ! Il faut tellement de temps pour préparer l'arrivée d'un bébé ! Mary Margaret a passé des jours entiers à rassembler tous les habits, les peluches, les… tout quoi ! Monter le berceau m'a pris des heures, et encore Emma…

Il jeta un coup d'œil au bébé avant de poursuivre d'une voix un peu éteinte :

- Emma m'avait donné un sérieux coup de main. Ce ne sera pas le cas aujourd'hui, ajouta-t-il avec un rire sans joie.

Regina posa une main apaisante sur son avant-bras.

- Je suis là, et Henry aussi. Nous allons t'aider, promit-elle tandis qu'Henry hochait vigoureusement la tête.

Si David acquiesça, il semblait toujours aussi perdu.

- Peut-être pouvons-nous commencer par l'habiller ? suggéra la Reine. Vous avez sans doute gardé les anciens vêtements de Neal ?

A nouveau, le Prince lui jeta un regard paniqué.

- Mon Dieu, Neal ! Il est avec Belle, je… je dois aller le chercher !

Il enfila rapidement sa veste et se précipitait vers la porte lorsque Regina l'arrêta :

- David je conçois que toute cette situation soit étrange et bouleversante, mais tu dois garder ton sang-froid ! dit-elle d'une voix ferme. Ce dont Emma a besoin à présent, c'est de vêtements et de lait. Je m'occupe de l'habiller, tu vas à la pharmacie chercher du lait et des biberons. Neal peut très bien rester encore un peu avec Belle. Quant à Mary Margaret, elle est en sécurité ici.

Le ton clair et directif de la Reine parut rasséréner quelque peu David.

- D'accord, dit-il. Henry, tu montreras à ta mère où se trouvent les vêtements dans la chambre de Neal si tu veux bien. Je serai de retour rapidement.

Restés seuls, Regina et Henry entreprirent de trouver de quoi vêtir la petite Emma, ce qui s'avéra plus ardu que prévu.

- Et ça ? proposa Henry en sortant d'un tiroir un pyjama rayé.

Pour la troisième fois la Reine secoua la tête.

- C'est beaucoup trop grand, dit-elle. Il nous faudrait des habits de nouveau-né.

Henry chercha encore un peu dans la commode mais finit par s'avouer vaincu.

- Je ne trouve pas, apparemment tous ces vêtements sont ceux que Neal porte actuellement, il n'y en a pas de plus petits.

- Snow a dû les stocker ailleurs, devina Regina. Tiens, prends un peu Emma dans tes bras, je vais regarder.

Le jeune homme blanchit légèrement à l'idée de saisir le minuscule bébé.

- Tu es sûre ? demanda-t-il.

- Evidemment ! Assieds-toi sur ce fauteuil. Tu as l'habitude de porter Neal non ?

- Oui mais il est beaucoup plus grand !

- Il ne l'a pas toujours été, sourit la Reine en déposant Emma dans les bras d'Henry.

Ce dernier ne semblait pas très rassuré.

- Elle est vraiment très légère, dit-il. Elle a l'air si… fragile.

- Tu t'en sors parfaitement, le rassura Regina.

Elle se mit ensuite en devoir d'inspecter les différentes boîtes empilées à côté de la commode.

- Voilà ! s'exclama-t-elle soudain en soulevant une boîte recouverte de tissu bleu ciel. J'ai trouvé !

Comme Henry ne réagissait pas, elle se tourna vers lui. Elle marqua une pause devant le tableau qui s'offrait à ses yeux : la petite main du bébé était posée sur la poitrine du garçon, à l'emplacement du cœur, et Henry semblait lui sourire de toute son âme. L'émotion dans l'air était si forte qu'elle en devenait presque palpable, et à sa grande surprise Regina sentit ses yeux s'embuer.

A l'étage inférieur, la porte claqua, faisant sursauter tout le monde, y compris la petite Emma qui se mit à pleurer.

- Je suis de retour, annonça David.

- Nous sommes en haut, lança Regina d'une voix mal assurée.

- Tout va bien ? s'enquit David en montant les marches.

Regina regarda son fils qui essayait tant bien que mal de calmer le bébé. Le moment était passé. Elle tendit au Prince la boîte qu'elle tenait dans les mains.

- Oui, nous avons juste eu un peu de mal à trouver des vêtements à la bonne taille, mais je pense que ceux-ci irons.

- Très bien, approuva David. J'ai trouvé du lait 1er âge et des tétines adaptées. J'ai également acheté des couches plus petites que celles de Neal à la pharmacie.

- Euh, maman ? Grand-père ? interrompit Henry. Elle gigote drôlement là…

En effet, on devinait que les petits pieds du bébé s'agitaient furieusement sous la couverture couleur d'or.

- Elle doit avoir faim, supposa David. Je vais préparer un biberon.

Regina récupéra l'enfant et prit la suite de David dans les escaliers.

- On ne l'habille plus ? demanda Henry.

- Je crois que le plus urgent est de la nourrir, estima Regina.

Henry eût un sourire amusé :

- Oh oui, maman est toujours de très mauvaise humeur quand elle a faim !

Un sourire étira les lèvres de la Reine. Elle secoua la tête, impressionnée par la facilité avec laquelle Henry semblait s'adapter à la situation.

David prépara rapidement un biberon et le mit à dans le chauffe-biberon.

- Ce sera prêt dans deux minutes, annonça-t-il.

Il s'adossa au plan de travail de la cuisine et posa son regard sur son épouse. Il était si absorbé dans sa contemplation et si perdu dans ses pensées qu'il n'entendit pas le signal émanant de l'appareil. Il ne semblait pas non plus entendre les hurlements de sa fille, que Regina avait basculée en position verticale contre son épaule et promenait à travers le loft pour tenter de la faire patienter. Elle réalisa soudain que David était immobile comme une statue.

- David… appela-t-elle, elle a faim.

- Oui, bien sûr ! s'exclama le Prince. Il s'empressa de tendre le biberon à Regina.

Cette dernière marqua un temps d'arrêt.

- Tu ne veux pas le lui donner ? s'étonna-t-elle.

David se décomposa à ces mots.

- Ce que je voudrais vraiment, dit-il d'une voix nouée, c'est que sa mère puisse le lui donner. Malheureusement elle…

Il prit une profonde inspiration et tenta de réguler son souffle soudain saccadé.

- David… commença Regina.

Les pleurs de la petite Emma redoublèrent soudain. Une chose à la fois, songea alors la Reine.

- Chut chut chut, voilà, c'est prêt, dit-elle gentiment au bébé.

Elle s'installa sur l'un des tabourets du bar et introduisit la tétine dans la petite bouche ouverte. Bientôt l'on entendit plus qu'un léger bruit de succion.

Emma plongea son regard dans celui de Regina, qui fut saisie par l'intensité émanant des iris verts. Cela ne dura cependant qu'un instant, car la fillette referma rapidement les paupières, si bien que la Reine se dit qu'il s'agissait sans doute de son imagination. La situation était si étrange… donner le biberon à une personne qui était encore adulte le matin même… il était tout à fait normal d'être un peu déboussolée.

Le corps de la fillette se détendait au fur et à mesure qu'elle buvait, et Regina se retrouva plongée plusieurs années en arrière, lorsque c'est Henry qu'elle tenait contre elle de la sorte. Une vague de tendresse inattendue la submergea. Elle leva la tête pour reprendre contenance et croisa le regard attentif d'Henry.

- Tout va bien maman ?

Regina acquiesça en souriant.

- Ça me rappelle des souvenirs, expliqua-t-elle.

- Oh, s'exclama le jeune garçon.

Apparemment content de cette explication, il se rapprocha de sa mère et se pencha vers le bébé.

- Elle est mignonne tu ne trouves pas ?

Regina détailla le petit visage, le petit nez froncé, les quelques cheveux blonds, la minuscule bouche qui tétait avec ferveur.

- Adorable, assura-t-elle.