Ce que les gens auraient pu retenir de ce soir-là, c'est d'un géant avec une chevelure impressionnante, sanglotant en fouillant les ruines de la partie droite d'une maison, encore fumante. Cela dura une dizaine de minute avant d'entendre un cri déchirant de bébé. Hagrid se figea et s'y précipita, souleva un morceau de toiture, et cria, fou de joie
Par Merlin, oh merci !
Effectivement, un petite fille d'un an tout juste était là, avec aucune blessure apparente, si ce n'est une grande plaie en forme d'éclair sur le front. Hagrid la prit avec une étonnante douceur comparé à sa grande force. Hagrid fouilla encore un peu et avec chagrin, découvrit pas loin le corps de sa mère, une expression d'horreur absolue se reflétant encore dans ses grands yeux verts. Il se mit à hoqueter en voyant que le corps avait une petite protubérance dans le bas du ventre. Lily... Dans la partie intacte, il y trouva le corps de James Potter, une expression déterminée figée sur son visage...
Quand Hagrid sortit, il vit arriver sur sa moto, Sirius Black, plus pâle que d'habitude, et sanglotant devant le triste spectacle. Il le supplia de lui passer sa filleule, mais Hagrid le réconforta, et partit avec Louise Lily Jane Potter dans la nuit avec la moto de son parrain. Parrain qui fut arrêté quelques jours plus tard, pour complicité de meurtres à l'égard de James et Lily Potter, et pour le meurtre de Peter Petigrew... Louise, fut quant à elle, confier à une tante plus que réticente, mais bon...
C'est ainsi que dix longues années s'écoulèrent, les jours passant sous les coups de son cousin, les punitions et les remarques humiliantes, ainsi qu'un nombre saisissant de corvées pour son âge. Il y avait aussi toutes les bizarreries qu'elle pouvait faire : faire changer de couleur la perruque du prof, faire un saut pour atterrir sur le toit de l'école, avoir une coupe de cheveux atroce au raz des oreilles avec une frange pour cacher l'abominable cicatrice et réussir à faire repousser ses cheveux en une nuit, faire enfermer son cousin dans une cage avec un python... jusqu'au jour où elle reçut une lettre de Poudlard, et après de nombreuses tentatives de son oncle, elle apprit par un géant aussi terrifiant que bizarre, qu'elle était une sorcière, et que ses parents, morts dans un accident, l'étaient, eux aussi. Mais là, elle apprit que ses parents avaient été assassinés. Une bouffée de haine envers l'assassin inconnu la prit : elle avait été privée de ses parents, d'une éducation magique, d'une enfance heureuse ! Au lieu de ça, elle avait été obligée de vivre avec ses crétins d'oncle et tante, et son abruti de cousin Dudley ! C'est sans hésiter qu'elle prit ses rares affaires et partit, vers un autre monde, peut-être meilleur...
C'était le jour j, elle était là à la gare King Cross, se faisant envoyer bouler par le contrôleur. Elle commençaient à désespérer lorsqu'elle vit une famille de rouquins se diriger droit vers un mur et passer à travers ! Aussitôt elle se précipita vers eux.
Euh excusez-moi, je ne voulais pas vous gêner mais pourriez-vous avoir la grande gentillesse de me montrer comment on...
Molly Weasley se tourna, étonnée d'entendre une voix aussi enfantine parler avec une telle politesse. Elle se retrouva en face d'un fille du même âge que son dernier fils, Ron. Les cheveux noirs de jais, un visage d'ange pâle, hélas caché pars des lunettes rondes trop grande rafistolée grâce à des bouts de papier collant, appelé scotch, selon son mari, une silhouette petite et mince, presque maigre. Pour finir, elle avait de grands yeux verts, remplis de tristesse, de douleur contenue, et d'une très grande sagesse. D'une trop grande sagesse, pour un si jeune âge pensa Molly. Elle avait dû souffrir pour être ainsi.
Oui bien sûr ! Tu viens pour ta première année ? Ron aussi. Bon alors, il faut que tu cours droit vers le mur, mais si tu as peur, le mieux c'est de marcher très vite !
Bonne chance lui souffla la petite fille rousse, la dernière sans doute.
Louise ferma les yeux, et fonça avec sa valise, ainsi que sa chouette Edwige, cadeau de Hagrid, vers le mur, attendant le choc qui ne vint pas. Elle ouvrit les yeux et se retrouva sur un quai inondé de vapeur provenant d'une énorme locomotive rouge et noir. Le quai était rempli de parents anxieux et d'enfants heureux de retrouver leurs amis. Ils se connaissaient tous, et même si Hagrid lui avait expliqué le pourquoi du comment de sa célébrité, elle se sentit de trop, et attendit que quelqu'un vienne la voir pour lui dire qu'il y avait eu erreur et qu'on la reconduise à Privet Drive chez tante Pétunia, et qu'elle soit envoyée chez saint-Rufus maison de correction pour jeunes délinquants, ce qu'elle n'était pas : elle n'avait pas d'amis, était toujours punie pour des raisons dérisoires et donc ne pouvait pas sortir. De plus, elle dormait dans le placard à chaussure sous l'escalier, qui se fermait de l'extérieur. Mais personne ne vint la voir, et alors qu'elle montait dans les trains, les jumeaux rouquins lui tapotèrent sur l'épaule :
Hey, au fait, on ne t'a pas demandé ton nom ! Moi c'est George Weasley, et lui Fred. Et toi ?
Louise ne voulait pas se présenter, car elle ne voulait pas qu'ils aient la même réaction que Tom, le barman du chaudron baveur, qui s'était mis à hurler, jetant un silence dans la salle : ''Mon dieu, mais oui ! C'est Louise Potter !''. Tout le monde s'était jeté sur elle pour lui serrer la main ou au moins lui parler. Elle y avait aussi rencontré son professeur des défenses contre les forces du mal, le bégayant professeur Quirell, qui avait refusé de lui toucher la main. Étrange. Toujours est-il qu'elle était dans le pétrin, et d'un geste nerveux passa la main dans ses cheveux, soulevant sa mèche, qui cachait sa cicatrice. Les jumeaux, souriant, suivirent le mouvement de la main et écarquillèrent les yeux devant la cicatrice. Fred, commença :
Tu es...
Il faut que j'y aille, le coupa précipitamment Louise, en sautant d'un bond sur la marche et courant dans le couloir.
Elle s'installa dans le compartiment du fond et appuya sa tête contre la vitre. Elle était la première à monter dans le train, n'ayant à dire au revoir ou bonjour à personne. Elle regarda une fille de son âge, aux cheveux très épais, serrer très fort ses parents contre elle, qui la regardaient avec adoration, et sa mère lui posa un baiser tendre sur son front. Sa gorge se serra, et ses yeux picotèrent : personne ne l'avait serrée dans ses bras et encore moins embrasser son front. Non elle, tout ce qu'elle avait eu, c'est une fichue cicatrice, qui, à chaque fois qu'elle la voyait, lui rappelait cruellement ce qu'elle lui avait coûté : une enfance heureuse. Mais elle ne pleura pas, elle se reprit fermement, en claquant la mâchoire et en inspirant profondément. Elle n'avait pas pleurer depuis l'âge de sept ans, où elle avait eu le courage de demander pourquoi est-ce qu'elle n'avait pas de parents. Pétunia, lui avait répondu, nettoyant les vitres :
Parce que comme d'habitude, ton père avait bu et était soûl. Ta mère ne pouvait pas conduire, elle était enceinte. Tu étais à l'arrière, et tu as survécu à l'impact. Eux non.
Elle lui aurait annoncer la météo de la semaine, le ton n'aurait pas été différent. Une larme, une, coula le long de sa joue pour se perdre sur ses lèvres. Ce fut la dernière de son existence se promit-elle. Désormais, elle n'aimerait qu'elle, ne vivrait que pour elle. A quoi bon aimer, pour ensuite souffrir.
Louise, ayant très chaud, ouvrit la fenêtre, et se rendit compte que les Weasley se tenaient juste devant. Par réflexe, elle sauta à terre, comme lorsque Dudley veut lui en mettre une. Heureusement, car les jumeaux arrivèrent en criant :
Maman, tu ne devineras jamais ! Tu sais la petite fille que tu as aidé tout à l'heure, et bien c'est Louise Potter !
Oh vraiment ? Pauvre petite, je comprends mieux pourquoi elle avait l'air aussi triste.
Tu viens George, on va lui demander ce que ça fait de se recevoir un sort de mort dans la figure !
Louise eut soudainement le coeur aux lèvres : un animal de foire, voilà ce qu'elle était !
Hors de question ! Laissez cette enfant tranquille ! Elle doit être complètement traumatisée !
Traumatisée. C'était le mot qui convenait. Car depuis qu'elle savait la vérité, elle rêvait d'une lumière verte, suivit d'un rire froid, cruel, dénué du moindre humour. Voldemort. Elle refusait de dire tu-sais-qui ou elle ne sait quoi. Il avait tué ses parents, et aussi son petit frère, ou sa petite soeur ou peut-être même les deux, avec le peu de chance qu'elle avait...
C'est sur ses sombres pensées qu'elle se redressa, sachant que toute la famille était partie, mais n'avait pas pensé que la mère et la petite soeur pouvaient être encore là. Effectivement, Mme Weasley, la regardait, horrifiée, la main sur la bouche. Louise lui dit :
Ne vous inquiétez pas, j'ai l'habitude.
Pour conclure, elle lui fit un sourire qu'elle espérait pas trop amer. Il devait l'être car Molly lui attrapa le bras et l'obligea à se pencher, et la serra contre elle à l'en étouffer et la petite lui tapota le bras. Elle ressentit alors un mélange de bien-être et de douleur. Bien-être car elle avait l'impression de se soulager un peu de son chagrin par ce contact, et douleur, car ça aurait dû être sa mère, et non une totale inconnue. Sur un au revoir poli et gêné, Louise se rassit, le train ayant démarré. Une dizaine de minutes plus tard, Ron se présenta, gêné et lui demanda si il pouvait s'asseoir. Puis Louise acheta plus de la moitié du chariot de friandises. Le voyage se passa sans encombre, si ce n'est la fameuse fille câlinée par ses parents, Hermione Granger, qui vint se vanter sous leur nez et modifier les lunettes avant de changer d'avis et de modifier la vue de Louise, qui désormais, n'en avait plus besoin. Louise eut l'impression de trouver un ami en Ron. Ils arrivèrent et Louise salua Hagrid, qui impressionna Ron. Ils prirent une barque et arrivèrent au château. Louise se sentit immédiatement comme chez elle. Une femme à l'air sévère arriva,et expliqua le rôle du choixpeau magique. Louise se mit à paniquer : et si le choixpeau, une fois sur sa tête, en disait, rien , la renverrait-on à Privet Drive ? Non ! Elle aimait ce monde étrange, plus qu'autre chose ! MacGonagall s'éloigna quelques instants. On entendit soudain une voix arrogante et provocante :
C'était donc vrai, ce que l'on racontait dans le train ! Louise Potter serait donc élève à Poudlard !
Des murmures se faisait entendre, et Louise se tassa encore plus sur elle-même, espérant que le garçon blond ne vienne pas la voir. Trop tard. Il s'avança, suivit de deux garçons, aux regards idiots, et aussi grand que large.
Lui c'est Crabbe, et lui Goyle. Dit-il en désignant d'un coup de menton les deux abrutis. Mon nom est Malefoy. Dago Malefoy, dit-il comme si c'était une évidence, avec un petit sourire prétentieux.
Ron pouffa devant le ridicule du nom. Drago se tourna vers lui, haineux :
Mon nom te fait rire ? Inutile de te demander le tien ! Un rouquin, et une robe de seconde main, tu es forcément un Weasley ! Mon père m'a dit que vous aviez des taches de rousseur et beaucoup trop d'enfants à nourrir !
Ron perdit le sourire, et regarda ses pieds. Malefoy se retourna et regardant déclara :
Tu remarqueras vite que des gens valent plus que d'autres, Potter. Evite de choisir parmis des gens douteux termina-t-il en fusillant Ron des yeux. Je peux te conseiller et être ton ami. Continua-t-il en me tendant sa main.
A ces paroles Louise sentit son coeur battre très vite. Trop vite. Le dégoût, sûrement. Elle repoussa sa main et dit sèchement
Je sais qui sont les gens douteux je n'ai pas besoin de conseils !
A ce moment-là arriva MacGonagall, et ils purent commencer. Granger fut envoyée à Gryffondor, et une fois de plus, Louise l'envia : elle avait une folle envie d'y aller. Malefoy fut envoyé à Serpentard, Londubat à Gryffondor après un certain nombre de bourdes, Ron à Gryffondor, ce qui lui donna une raison de plus de vouloir y aller. Louise fut appelée et un grand nombre de murmure s'éleva dans la salle et vis le directeur, Dumbledore, se redresser, intéressé. Après un certain nombre d'hésitation avec Serpentard, à sa plus grande horreur, elle fut heureusement envoyée à Gryffondor et reçut une grande salvation ''Potter est avec nous !''. Le repas arriva, profusion de trésors culinaires. Louise ne mangea que très peu, n'étant pas habituée à être nourrie aussi régulièrement. Ron le lui dit :
Hey ça va ? Tu n'as même pas fini ta cuisse de poulet !
Et là, Louise fit une grosse bourde :
Oui ça va, c'est juste que l'on ne m'a toujours donné qu'une fois à manger dans la journée alors...
Elle se rendit compte de ce qu'elle a dit que quand Ron lâcha un petit :
Quoi ?
Non rien oublie !
Ron n'insista pas, mais n'oublia pas... A la fin du repas, Louise ressentit alors un picotement douloureux le long de sa cicatrice et tourna sa tête vers la droite, et rencontra un regard haineux. Un professeur, habillé en noir, les cheveux noirs gras, et les yeux noirs, et un énorme nez bombé. La chauve-souris par excellence. A côté était assis le professeur Quirell, avec, comme d'habitude, son énorme ruban autour de la tête. Ne comprenant pas cette hostilité, Louise se leva avec les autres vers leur salle commune. Arrivée là-bas, une valise y était posé en plein milieu. La sienne. Aussitôt elle paniqua : ça y est, elle doit partir ! MacGonagall arriva, irrité, suivie de la chauve-souris, qui arborait un sourire mauvais précédant... Dumbledore ! MacGonagall aboya :
Potter, on a un problème : étant donné que je suis la sous-directrice de cette école, je n'avais pas le temps de m'assurer du nombre des lits, et j'ai confié la tâche au professeur Rogue, votre maître des potions, en désignant la chauve-souris.
Ravie de vous connaître, professeur. Salua-t-elle respectueusement.
Salut auquel il ne répondit pas, me regardant haineusement. MacGonagall haussa un sourcil, et après un moment, continua :
Toujours est-il qu'il n'y a plus de places chez les filles, alors soit vous dormez chez les garçons, il y a de la place dans la chambre de Ronald Weasley, ou bien dans une chambre seule. Réfléchissez bien, c'est pour toute votre scolarité.
Elle réfléchit deux secondes par principe, et déclara préférer aller chez les garçons, à la plus grande stupeur de tous.
Vous... Vous êtes sûre ? Beaucoup d'élèves apprécierait d'être avantagé de la sorte !
Je prône l'égalité. Et puis je m'entends bien avec Ron. Bonne nuit professeurs.
Louise prit sa valise et monta les escaliers.
Les professeurs, eux, repartirent de leurs côté, et Dumbledore, le regard pétillant, murmura :
Les années à venir vont être intéressantes...
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