Chapitre 2

Bonjour à toutes et merci pour vos commentaires et vos lectures sur le premier chapitre, Allylicity, Aphrodite161701, Hm, olicity-love, Delicity-Unicorn, olicity1990, Ally84. Ainsi que pour vos mis en favoris.

Hm: merci pour ton commentaire, j'espère que la suite te plaira.

Olicity-love: contente que ce début te plaise, voici la suite. Merci de ton commentaire

Ally84: merci beaucoup pour le commentaire, voici la suite.

Un dernier merci à Delicity ma beta en or irremplaçable. Je t'embrasse fort.

Je suis heureuse de cet accueil que vous avez réservé à cette nouvelle histoire et je vous livre la suite sans attendre.


Loin des bruits du restaurant qui les entourent, absorbé par le vue qui s'offre à lui, Oliver est silencieux. Il prend le temps d'observer la femme assise face à lui, le seul plaisir qu'il a pour l'instant, mais ça va changer. Il a envie d'elle pour s'amuser, il est impatient mais il cherche ses mots, les choisit précautionneusement.

- « Je pense qu'on peut s'entendre sur un plan plus personnel. »

Il la voit froncer les sourcils mais elle ne dit rien. C'est étonnant maintenant qu'il commence un peu à la connaître. Il prend une profonde inspiration et se lance.

- « J'ai préparé un contrat pour que tu sois ma soumise. »

Il s'accoude sur la table pour se rapprocher d'elle alors que Felicity est muette de stupeur. Surprise et écartelée. Sa tête la met en garde alors que son ventre se contracte. Elle sent son visage blanchir en comprenant ce qu'il lui dit et où il veut en venir avant de rougir. La même émotion qu'elle a ressentie dans son bureau s'invite à nouveau dans son corps. Cette impression d'avoir trouvé celui qu'il lui faut, ce serait dû à ça…

- « J'ai dû mal comprendre… Tu ne me le demandes pas ? », d'une voix hésitante.

Elle le tutoie sans vraiment sans rendre compte au début et quand elle s'en aperçoit, elle est fière d'elle, ça lui permet de lui montrer qu'il ne l'impressionne pas. En tout cas pas trop.

- « Je n'ai pas besoin de demander, j'ordonne et j'obtiens ce que je veux. »

Et là, à cet instant précis ce qu'il veut c'est elle. Elle grimace intérieurement à cette façon de la traiter comme un morceau de viande. Elle devrait se lever, lui jeter son verre à la figure et partir. Mais elle reste là, immobile et muette. Elle a baissé la tête pour ne pas supporter son regard qui la sonde et la met à nu, mais finit par la relever pour ne pas se comporter comme la soumise qu'il attend. Elle a sa fierté et ce n'est pas un homme qu'elle ne connait pas qui va faire ce qu'il veut d'elle.

- « Pourquoi moi ? », lui demande-t-elle en essayant de contrôler le timbre de sa voix.

- « Parce que j'en ai envie depuis que tu t'ais agenouillé devant moi.

- Ce n'était pas pour ça… », en voulant se défendre.

- « Non mais tu étais parfaite dans cette position et j'ai eu envie de te voir plus souvent ainsi. » Il sourit en se délectant du rouge qui chauffe ses joues. « Et parce que j'ai senti dans mon bureau que c'est ce dont tu avais besoin. »

Il l'a senti lui aussi. Quand elle s'est retrouvée dans son bureau et qu'elle a plongé pour la première fois dans son regard, elle a senti une boule au fond de son ventre qui s'est réveillée. Quelque chose en elle qui n'avait jamais pu éclore et qui commençait à vibrer. Elle change de sujet pour essayer d'être plus à l'aise, comme si elle pouvait l'être en parlant de soumission.

- « Et ce contrat ? » Elle ne veut pas lui montrer qu'elle est gênée et tente de faire comme si la situation était tout à fait normale.

- « Un simple contrat de non divulgation. Tu n'auras pas le droit de parler de notre relation. Si tu en parles tu seras poursuivi par mon avocat.

- J'ai cru que tu allais me faire cocher une liste de choses que j'accepte ou non de faire », en essayant de rire pour cacher son malaise encore plus présent.

- « Non, je n'ai pas besoin de liste. Je testerai de nombreuses choses avec toi et j'apprendrai à connaitre tes limites et à les repousser ».

Felicity a chaud, elle sent ses joues rougir alors que son patron la regarde sérieusement en lui expliquant qu'il va la prendre comme soumise et qu'il a une liste en tête de ce qu'il va faire avec elle.

- « Tu parles comme si j'avais déjà accepté », dit-elle toujours sur la défensive pour lui tenir tête comme elle peut.

Son air sûr de lui la déstabilise, l'irrite et l'excite en même temps. Comment peut-il savoir tout ça sur elle alors qu'elle en était à peine consciente ?

- « Si ce n'était pas le cas, tu serais déjà parti. »

Une nouvelle fois son ventre se contracte, tout son corps lui dit qu'elle a envie de tester ce qu'il lui promet. Mais elle veut être sûre qu'elle puisse arrêter sans effets négatifs. Elle sert les dents et déglutit, est-elle vraiment en train de penser à accepter ?

- « Si je refuse, je perdrai mon travail… ?

- Tu ne refuseras pas », sûr de lui.

- « Si je refuse…

- Non, tu garderas ton travail, même si tu mets fin à notre relation à tout moment.

- Je peux arrêter quand je veux?

- Bien sûr, la soumission est basée sur l'acceptation de s'offrir à un dominant. Si tu me refuses ce plaisir… m'obéir… je ne peux rien y faire », alors que son regard s'approfondit encore plus et devient noir de désir.

- Je… je croyais… qu'il y avait des… corrections ? », en osant à peine prononcer ce mot alors que la voix d'Oliver fait vibrer ce qui se trouve au fond de son ventre.

- « Oui si tu ne suis pas les règles que je t'imposerai, je ne suis pas particulièrement un adepte des punitions pour le plaisir. À part si tu me supplies ».

Son cœur s'emballe alors que son excitation est à son comble. Elle ne sait pas comment elle ose parler de telles choses avec cet homme alors qu'elle le connaît à peine mais son corps réagit favorablement à tout ça.

- « Comment tu peux savoir si je désobéis ou si je refuse car tu atteins les limites?

- J'utilise toujours un code couleur de sécurité avec mes soumises ».

Elle n'est pas la première, elle ne devrait pas être surprise vu son niveau de maîtrise du sujet.

- « Tu veux me poser des questions sur mes anciennes soumises ? »

Elle commence à secouer la tête négativement avant de s'arrêter et de le regarder dans les yeux.

- « Tu en as plusieurs en même temps?

- Non. A part si ça peut être un de tes fantasmes pour une scène », précise-t-il.

- « Une scène?

- Oui, un jeu de rôle, une mise en situation, un fantasme plus précis que celui d'être soumise ».

Il aime ce moment où il voit l'envie gagner les yeux de ses futures soumises et il est exactement dans cette situation avec Felicity. Il sait déjà qu'elle a accepté et qu'elle veut être sûre de ne pas courir de risque. Il prend le temps de répondre à ses questions, de la tranquilliser. Elle doit tout savoir pour prendre sa décision.

- « Tu as d'autres questions? »

Elle secoue la tête mais il sait que des dizaines de questions se battent derrière son front. A lui d'apprendre à mieux la connaitre.

- « C'est ta première fois ? », lui demande-t-il légèrement étonné de ses questions. Elle ne ressemble pas aux femmes avec lesquelles il joue d'habitude mais il sent qu'ils pourraient s'accorder.

- « Oui…», Oliver sourit un peu plus, une novice à former ça peut être très intéressant.

- « Tu n'as jamais eu ce genre d'envie? » Il la voit hésiter et reprend. « Ce contrat de non divulgation marche dans les deux sens, je n'ai pas le droit moi non plus de parler de ce qui se passera entre nous, ni de ce que tu me diras.

- Il n'est pas signé pour l'instant…

- Non tu as raison », en souriant en coin et Felicity reprend.

- « Je crois que je n'étais pas consciente de ce qu'il me manquait. Et je sens que ce que tu me proposes pourrait m'apporter des réponses… », en évitant son regard et elle se demande comment elle est capable de lui avouer ça alors que son corps lui échappe.

Il est heureux qu'elle se sente assez en confiance pour se livrer. Elle a besoin que quelqu'un l'écoute et il se souvient que John lui a dit qu'elle n'avait pas de famille.

- « Je serai heureux de pouvoir t'apporter les réponses qu'il te manque. Il y plusieurs niveaux de soumission et comme c'est ta première fois, je vais t'apprendre doucement. La première règle, et la plus simple, est de montrer du respect envers ton dominant. » Il fait une pause pour ménager son effet « Je veux » en insistant sur le mot « que tu m'appelles monsieur et que tu me vouvoies durant le reste du repas ».

Il sait qu'il ne s'est pas trompé mais il doit la mettre à l'épreuve, lui montrer et lui faire comprendre que c'est ce qu'elle attend pour accepter de signer son contrat et pouvoir l'emmener chez lui.

- « Je dois savoir si tu es ce que j'attends aussi. Pour ça tu vas aller dans les toilettes pour te donner du plaisir et tu reviendras à ta place ». Il la voit se tortiller légèrement sur sa chaise. Leur discussion a dû l'exciter et son ordre n'arrange rien. « Maintenant », ajoute-t-il d'un ton ferme.

Felicity l'observe sans rien dire, elle n'a jamais été aussi muette de sa vie. Il lui demande de lui montrer du respect et vient de lui donner un ordre. Son entrejambe pulse encore plus, sa gorge se serre et elle n'arrive plus à respirer. Son excitation se mélange à la gêne qu'elle ressent. Elle baisse les yeux en se sentant honteuse de ce qu'elle a envie de faire. Elle a envie de lui montrer qu'elle peut faire ce qu'il lui demande, lui obéir.

Elle pose sa serviette sur la table et elle sent son regard la brûler. Elle réfléchit encore un instant, elle est dans un lieu public, il n'y a pas de danger. Elle se lève et elle sent ses jambes trembler, elle est maintenant dos à lui et elle sent son regard la suivre. Elle trouve les toilettes et entre. Elle se place face à un lavabo et se lave les mains, encore un moment pour réfléchir. Elle pourrait très bien lui faire croire qu'elle a fait ce qu'il lui a demandé, ordonné. Mais si elle n'obéit pas, il n'y a plus de jeu et plus d'excitation. Les toilettes sont vides, elle se retourne vers les cabines et entre dans celle qui est la plus éloignée de la porte et referme derrière elle. Elle est excitée mais est-ce qu'elle va vraiment être capable de faire ça dans ce lieu.

Elle s'adosse contre le mur et relève sa jupe avant de faire glisser sa main dans son sous vêtement. Elle ferme les yeux, dirige son doigt vers son entrée et appuie légèrement pour le faire glisser entre ses lèvres. Elle est humide et elle pense à tout ce que son patron vient de lui expliquer. Il la veut pour lui, il veut une soumise obéissante qui lui donnera du plaisir quand il en aura envie. Ses doigts ont commencé à aller et venir entre ses lèvres et se font plus pressant. Elle s'imagine l'appeler monsieur, à genoux devant lui, en train de recevoir une punition ou en train de subir ses coups de rein. Ses doigts se sont concentrés sur son clitoris et elle jouit. Son corps se contracte et son souffle se coince dans sa gorge en pensant qu'elle a déjà accepté. Elle finit par ouvrir les yeux, elle a obéit à son premier ordre et elle est détendue pour la première fois de la journée, mais bien vite ses doutes réapparaissent. Elle ne se sent pas anormale d'avoir ce genre de pulsion mais elle n'est pas vraiment à l'aise, ne comprenant pas pourquoi elle a obéi. Elle se rhabille, sort de la cabine, se lave les mains et se retrouve dans le couloir alors qu'elle est perdue dans ses pensées et ses sensations. Elle se fige, il est là et l'attend.

Oliver la voir sortir des toilettes le rouge au joues, cette couleur lui va à ravir. Il sourit alors qu'il se rend compte de son état plus détendu avant qu'elle ne le voit et qu'elle ne se crispe à nouveau. Il aime beaucoup l'effet qu'il lui fait.

- « Tu as obéis ? » Elle ne répond pas, gênée de ce qu'elle vient de faire alors qu'il l'attendait ici. Elle voit son regard se durcir à nouveau, il attend une réponse.

- « Oui », souffle-t-elle dans un murmure. Il soupire de contrariété.

- « Monsieur… oui monsieur », d'un ton bas.

- « Oui… oui monsieur », en baissant la tête. Elle a déjà oublié la première règle, le respect.

Il lui attrape la main et porte ses doigts à ses lèvres. C'est la première fois qu'il pose la main sur elle. Oliver sent un mélange de parfums, de savon et d'elle. Il dépose un baiser dans sa paume et au contact de ses lèvres sur sa peau Felicity est saisie d'une ligne de frissons qui traverse son corps. Il sourit, il est content qu'elle ait obéit. Il entoure sa main de la sienne et l'entraîne à nouveau à table.

- « Finis ton assiette ».

Son ton est plus léger, il est rassuré et il lui donne déjà un nouvel ordre, il ne peut plus arrêter maintenant. Il la regarde prendre ses couverts et se mettre à manger. Il ne la touchera pas avant que le contrat soit signé et lui laissera le temps de réfléchir. Cette soirée permettra à Felicity d'avoir au moins un repas correct et une nuit dans un lit même si elle n'accepte pas son offre. Mais il espère le contraire, il lui laissera le temps qu'il lui faut. Il la veut et il sera patient.

Ils mangent en silence, rompu par Felicity au bout d'un moment.

- « Je peux te… vous poser des questions ?

- Je t'écoute. »

Elle regarde autour d'elle, cherche comment formuler sa première question et laquelle aborder surtout, elle en a tellement. Il vaut mieux aborder la sécurité peut-être pour commencer.

- « Le système du code de sécurité, comment ça fonctionne ? », en levant vers lui un regard gêné.

Il lui sourit pour la détendre, ce n'est pas encore naturel pour elle mais ça va venir. Elle veut être sure de sa sécurité et elle a raison de faire attention. D'autres que lui ne serait pas aussi inquiet de son ressentit et de son état. Elle ne parait plus aussi sur la défensive que précédemment et ça le rassure et elle manifeste même de la curiosité.

- « C'est simple, trois couleur. Vert quand tout va bien, jaune si quelque chose te met mal à l'aise et rouge si c'est impossible. Si tu prononces le mot jaune, j'arrête et tu m'expliques ce qu'il se passe. Si tu prononces le mot rouge, le jeu s'arrête immédiatement. Mais en principe mes soumises n'ont jamais eu à utiliser le code rouge.

- Vous en avez eu beaucoup ?

- Quelques-unes. Cinq », précise-t-il en sentant son regard insistant. Elle soulève discrètement les sourcils. « Tu pensais à plus ?

- Oui », en hochant la tête.

- « J'en ai gardé certaines longtemps, puis elles ont choisi de partir ou je me suis séparé d'elles. D'autres femmes n'ont été que des… moyens… d'assouvir mes besoins quand je n'avais pas de soumise. »

Il la regarde frotter la table du bout de son index, une question lui brûle les lèvres.

- « Tu les as aimés… celles qui sont restés avec toi ? »

Elle est repassée au tutoiement et ne semble pas s'en être rendu compte. Elle est trop obnubilée par ce qu'il lui livre et ce qu'elle découvre. Il réfléchit à sa question sérieusement.

- « Je ne pense pas. J'ai aimé ce que j'ai partagé avec elle mais je ne les ai pas aimées.

- C'est pour ça que tu les as laissé partir. C'est difficile sinon… » Il la voit se perdre dans ses souvenirs.

- « Tu as déjà été amoureuse ? »

Cette fois c'est lui qui pose une question, elle l'intéresse et il veut comprendre ce qu'il se passe dans sa tête pour accepter sa proposition. Ce point est nouveau pour lui, d'habitude les femmes qu'il a eu étaient connaisseuses de ces pratiques. Là, il doit tout lui apprendre. Il va être son professeur et il sent son excitation se réveiller au creux de son ventre à cette pensée.

- « Oui… mais il ne m'a pas apporté ce dont j'avais besoin.

- Ce que je te propose ?

- Peut-être… »

Elle ne le regarde plus dans les yeux et il pense que ça lui manque. Il voudrait plonger en eux et pouvoir lire ce qu'elle lui cache.

- « Vous n'avez pas peur de me dire tout ça alors que le contrat n'est pas signé ? »

Il sourit au souci qu'elle se fait pour lui. Elle est repassée au vouvoiement en abordant les aspects plus contractuels de leur relation. Possible relation pour l'instant.

- « Je veux te laisser le temps de faire ton choix et pour ça tu dois avoir les réponses aux questions que tu te poses.

- Je ne dirai rien.

- Je le sais. »

Elle boit une gorgée de son verre de vin et il ne la lâche pas des yeux. Il a tellement envie de goûter à son corps. Il se languit de la voir signer son contrat. Il sait déjà qu'il pourra prendre du plaisir avec elle mais il ne sait pas encore ce qu'elle a pu ressentir en lui obéissant et il lui pose la question.

- « Pourquoi tu as obéit en allant te donner du plaisir aux toilettes ? »

Felicity vire au rouge et baisse la tête pour cacher la honte qui la submerge. Elle ne comprend pas qu'il puisse dire des choses aussi directes de façon aussi naturelle. Son souffle se fait encore plus difficile quand il passe un doigt sous son menton pour lui relever la tête. Elle se fait violence pour le regarder et sa honte s'intensifie bien que le regard de son patron soit doux.

- « Qu'est-ce qui t'a fait obéir Felicity ? »

Elle pourrait dire qu'elle ne sait pas, un moment de folie qui ne se reproduira plus mais à cette pensée elle sent un grand vide se former dans son ventre.

- « Quand vous avez commencé à me parler de soumission,… j'ai senti mon corps… répondre favorablement à…

- Ça t'a excité ? » Felicity ferme les yeux pour se cacher. Elle ne peut pas avouer une telle chose. « Tu as le droit d'être excité par cette idée. C'est une pulsion rependu selon un degré plus ou moins important. Certaines femmes dominent, d'autres trouvent un équilibre entre les deux et d'autres se soumettent. Toutes les relations sexuelles sont soumises à ces deux tendances qui s'équilibrent quand on trouve le bon partenaire.

- J'ai pris du plaisir à vous obéir », avoue Felicity d'une voix tremblante. Oliver soupire de plaisir et retire son doigt en caressant son menton.

- « Tu as retiré du plaisir de ton obéissance et tu m'en as procuré aussi. C'est cet équilibre qui est parfois difficile à trouver… et je sens que nous pourrions nous entendre à merveille.

- Mais je ne sais rien sur tout ça, comment vous pouvez le savoir ?

- Je le sens… et je t'apprendrai. Tu as d'autres questions ? » Elle regarde encore une fois autour d'eux, le restaurant est presque vide.

- « On ne devrait pas partir ?

- Tu es impatiente de te retrouver chez moi ? », en plaisantant.

- « Non, ce n'est pas ça », en secouant la tête et en lui jetant un regard inquiet. « Je ne voulais pas dire…

- Je plaisantais. A moitié. Je ne te toucherai pas ce soir mais tu rentreras avec moi, tu ne peux pas dormir dans ta voiture. Ce n'est pas prudent.

- Je… comment tu sais ?

- Je me suis renseigné sur toi. Je voulais savoir qui m'avait fait autant d'effet en se jetant à mes pieds. »

Son sourire devient plus carnassier. Il veut qu'elle sache qu'elle lui fait envie mais qu'il se conduira bien. Il suit des règles lui aussi. Il ne devrait peut-être pas la ramener chez lui mais il veut la mettre à l'abri, ce n'est pas sûr pour elle de dormir dans sa voiture et il craint aussi qu'en la laissant s'éloigner ils perdent cette connexion qu'ils ont en ce moment. Il ne veut que rien ne puisse se mettre entre lui et cette femme.

- « Tu devrais commencer à me vouvoyer et à me montrer des marques de respect. Tu risques d'avoir de nombreuses fessées si tu ne prends pas cette bonne habitude. » Il la voit se contracter à cette mise en garde.

- « Des marques de respects ?

- Le vouvoiement et m'appeler monsieur comme je te l'ai déjà expliqué mais aussi ne pas me regarder dans les yeux. A un autre niveau je t'apprendrai à te tenir en ma présence. Tu devras adopter une certaine position », précise-t-il pour être plus clair.

- « Je devrais rester à genoux devant vous… monsieur ? »

Oliver sent son ventre se contracter de plaisir et il approfondit sa respiration pour se délecter de ce qu'elle éveille en lui. Son air innocent est bien trop excitant. Il hoche la tête et s'empêche de grogner de frustration. Elle ne peut pas le regarder dans les yeux, toujours gênée de parler de soumission mais sa curiosité est attisée. Il la voit se mordiller la lèvre.

- « Oui par moment… et si tu désobéis je te corrige.

- Les punitions… sont douloureuses ?... monsieur.

- Je suis dominant, je ne suis pas sadique. J'ai recours aux corrections corporelles pour te dresser, te punir, te faire obéir… et te donner du plaisir si c'est ce que tu aimes. La violence dont je pourrai faire preuve n'est jamais gratuite. Je retire du plaisir de ton obéissance pas de la douleur que je pourrai t'infliger. » Il voit un frisson la parcourir mais il ne sait pas s'il est dû à un soulagement ou à la possibilité de retirer du plaisir de la douleur. « On explorera ça ensemble, si tu te poses la question.»

Oliver se comporte comme si elle avait déjà accepté d'être sa soumise et Felicity hoche la tête sans rien dire, adoptant déjà le comportement qu'il veut, et la voix profonde d'Oliver résonne.

- « Utilise des mots. » L'ordre est couvert mais elle le sent retentir dans sa voix et son ventre se crispe un peu plus.

- « Oui monsieur », se force-t-elle à articuler.

A chaque fois, son ventre se contracte de plaisir alors qu'une anxiété a élu domicile dans sa poitrine. Ses sentiments sont contradictoires pour l'instant et il a raison, elle a besoin de réfléchir. Il lui a donné toutes les explications d'une voix calme et profonde, rien qu'à l'entendre, elle se sentait hypnotisée par elle. Il a essayé de la mettre en confiance en lui donnant le plus d'informations possibles en répondant à ses questions. Ça la rassure de le sentir si confiant et posé. Elle ne peut plus nier maintenant que ce genre de pratique pourrait répondre à ses besoins et lui donner du plaisir mais elle a besoin de temps, de savoir si elle peut lui faire confiance et lui confier son éducation.

- « Bien, on va rentrer. »

Il fait signe au serveur pour payer l'addition et se lève une fois que c'est fait. Felicity reste sans bouger quelques instants avant de suivre le mouvement. Elle ne sait pas si elle doit attendre un ordre pour tout. Elle le suit dehors, attend à côté de lui que la voiture arrive. Là aussi, est-ce qu'elle fait bien ? Elle monte en voiture quand le portier lui ouvre la portière alors qu'Oliver monte de l'autre côté. Elle s'installe et serre ses mains entre ses cuisses. Elle se rend compte à cet instant qu'après une seule soirée, elle a déjà intégrée un comportement de soumission en se posant des questions sur toutes ses façons de se tenir et de réagir.

La voiture part lentement sur la route et Oliver glisse une main sur son bras et retire une de ses mains pour la poser sur le cuir de la voiture avant de poser la sienne dessus et de la caresser de son pouce.

- « Tu n'es pas obligée de m'obéir ce soir », précise-t-il d'une voix douce. « Rien n'est signé ». Elle jette un regard devant, une vitre noire les sépare du chauffeur. « Il ne peut rien voir, ni entendre… ne t'inquiète pas », en glissant son pouce dans sa paume.

Elle se mord les lèvres et réfléchit à sa réponse. Elle a déjà expérimenté l'obéissance à ses ordres lors du repas, elle a envie de tester la soumission dans son comportement.

- « Ça m'aidera à prendre ma décision, savoir si ça me plait. Monsieur », ajoute-t-elle après une pause.

Oliver sourit en coin. Cette femme ne connait rien aux relations dominant/soumis mais cette envie est bien présente chez elle et elle se prête déjà au jeu même si ses réactions ne sont pas encore totalement spontanées.

- « Très bien. Je dois te dire que, de mon côté, ça me plait beaucoup… et j'ai hâte que ce contrat soit signé », en se penchant pour lui parler à l'oreille.

Son souffle si proche de sa peau fait naître une ligne de frissons sur son corps. Le reste du trajet se fait en silence jusqu'à ce que la voiture se gare et que sa portière s'ouvre. Elle sort et découvre le lieu avec un regard ébahie avant de se retourner alors qu'Oliver l'appelle. Il lui tend la main et elle glisse la sienne dedans. Ses doigts se referment sur sa peau et elle sent sa chaleur l'envahir alors que le fond de l'air s'est fait plus frais.

Oliver la fait entrer dans le manoir, il lui indique où se trouve la cuisine avant de la conduire au premier étage et Felicity ouvre de grand yeux face à tout ce qu'elle découvre. Ce lieu est immense et elle se sent encore un peu plus perdue. Ils remontent un long couloir et il s'arrête devant une porte qu'il ouvre en grand avant de poser sa main dans le dos de Felicity pour la faire entrer. Elle franchit le seuil et découvre un grande chambre et elle ressent un plaisir en voyant le lit. Elle va pouvoir passer une nuit sur un matelas. Oliver la dépasse et ouvre une porte attenante, une salle de bain pour elle. Cette fois Felicity sent sa gorge se nouer en pensant qu'elle va avoir droit à une douche chaude. Il fait alors demi-tour et lui dit de profiter de sa nuit, de se reposer et qu'ils se verront demain.

Ils sont sur le seuil de la chambre, elle à l'intérieur, lui à l'extérieur. Elle a la tête baissée et il touche du bout des doigts les mèches de ses cheveux, comme s'il craignait qu'elle ne soit qu'un rêve. Elle lève la tête, leurs regards se trouvent et ils se perdent l'un dans l'autre pendant quelques instants. Il pose sa main sur sa joue doucement et caresse sa pommette en détaillant son visage. Elle pourrait être celle qu'il attend depuis plusieurs mois, celle qui pourrait lui apporter ce qui lui a manqué avec les autres. Elle pourrait être entièrement à lui, à un niveau de soumission qu'il n'a jamais trouvé jusqu'à maintenant.

Felicity ressent toute l'envie qu'il a pour elle dans ses gestes et son regard. Elle ne parvient plus à soutenir le regard qu'ils partagent et elle baisse les yeux. Un geste de soumission et de protection. Elle ne veut pas qu'il soit capable de lire entièrement en elle, ça lui fait encore peur même si c'est ce qu'elle devra accepter en se soumettant à cet homme. Elle devra s'offrir entièrement à lui. Elle relève la tête quand elle le sent s'approcher un peu plus et il dépose un baiser sur sa tempe.

- « Dors bien », en soupirant. Il se retourne et traverse le couloir pour ouvrir la porte de sa chambre.

- « Bonne nuit Oliver », alors qu'il est dos à elle.

C'est la première fois qu'elle utilise son prénom et l'entendre de sa bouche lui donne une autre saveur. C'est presque aussi doux qu'un « monsieur » susurré en pleine extase. Il referme la porte sur lui et se dirige dans sa salle de bain pour prendre une douche froide. Il a besoin de ça s'il veut dormir cette nuit.


Felicity sait maintenant ce qu'Oliver attend d'elle... Les choses commencent à se préciser...

Je vous embrasse, à la semaine prochaine.