Bonne lecture
Chapitre 1
Woodford
Harry Potter aurait pu être l'Auror le plus célèbre du monde Sorcier. Dès sa sortie de Poudlard, alors que beaucoup de ses amis réfléchissaient à leurs futures études, le directeur du bureau de la protection du territoire, sur les conseils du ministre, avait convoqué le jeune homme pour un entretien.
Selon l'ensemble des hauts dignitaires du ministère Harry devait devenir Auror. Peu importait qu'il n'ait pas les diplômes et les connaissances théoriques nécessaires au métier, ses actions avaient parlé d'elles mêmes. Il était fait pour ce métier.
Bien entendu, comme cela était souvent le cas dans ce genre de situation, personne n'avait pensé à demander son avis au premier concerné, aussi lorsqu'Harry répondit sans une once d'hésitation qu'il ne signerait pas de contrat le liant au ministère, beaucoup avaient pensé à une plaisanterie, puis à un caprice avant de finalement comprendre que leur sauveur n'avait pas une âme de guerrier.
Ainsi, à la fin de sa septième année à Poudlard Harry n'avait pas intégré l'école des Aurors. Il avait acheté une petite maison dans un coin perdu loin de Londres où il avait emménagé avec ses deux meilleurs amis.
Ron et Hermione, à l'époque couple phare de Poudlard, avaient en effet décidé de suivre le sauveur tout en continuant leurs études, dans une école de journalisme pour l'un et à la faculté des Runes Antiques pour l'autre.
La vie du sauveur aurait pu être parfaite, mais depuis cette époque les choses avaient bien changé, et c'est exactement ce à quoi Harry pensait en ce lundi matin allongé seul dans son lit.
Ron ne vivait plus ici, lui et Hermione étaient séparés depuis bientôt cinq ans pour des raisons auxquelles Harry n'aimait pas penser.
La jolie maison qu'il avait acheté et que tout le monde appelait la villa Potter, était devenue le nouveau quartier général de l'Ordre du Phénix… Au final, la vie paisible dont il avait rêvé était loin, inaccessible, tant que Voldemort vivrait.
La seule victoire à laquelle Harry pouvait se raccrocher, était liée à ses amis. Malgré tous ses efforts, le Lord Noir n'avait jamais réussi à les blesser, et il semblait pour le moment avoir abandonné l'idée de les attaquer. Cependant Harry n'était pas dupe, il savait que l'accalmie qui régnait depuis bientôt six mois ne durerait pas et il craignait que Voldemort ne trouve bientôt un nouveau moyen pour le torturer.
L'Élu soupira et ferma les yeux. Il n'aimait pas le matin, quand il se retrouvait seul et qu'il ne pouvait empêcher son esprit d'imaginer les pires catastrophes. Son avenir lui semblait si sombre que chaque fois qu'il y pensait il se demandait à quoi bon continuer. Il aurait été si simple de tout abandonner, de disparaitre laissant aux autres le soin de s'occuper du mage noir.
Le calme de sa chambre fut soudain troublé par des bruits de pieds nus sur le parquet mais Harry n'ouvrit pas les yeux pour autant. Voilà la raison pour laquelle il n'abandonnait pas, la seule et unique chose qui lui permettait de se lever chaque matin avec l'espoir illusoire qu'il finirait détruire Voldemort ramenant la paix dans le monde sorcier.
Liam Potter vêtu d'un pyjama noir et jaune à l'effigie des Frelons de Wimbourne, son équipe de Quidditch préférée, regarda son père dormir une seconde avant de bondir sur le lit.
- Debout papa!, s'exclama-t-il.
Le père en question ouvrit un œil sur son fils qui sautait à genoux sur le matelas. Il le referma comme si de rien n'était et Liam sauta de plus belle.
- Paaapaaa, j'ai bien vu que tu dormais plus…
Un sourire se dessina sur le visage du Survivant. Il ouvrit les yeux en grands et attrapa l'enfant qu'il plaqua sur le matelas avant de l'accabler de chatouilles.
Liam éclata de rire en suppliant son père d'arrêter mais Harry n'en tint pas compte.
- Alors ça t'amuse de réveiller ton papa…, demanda le jeune homme.
Liam se tortilla sans arrêter de rire. Il chercha comme il put à échapper aux mains de son père.
- Stop papa…. Stooop.
Harry libéra son fils qui sauta hors du lit.
- T'as encore triché, se plaignit l'enfant, je le dirais à Hermione…
Liam disparut dans le couloir mais après quelques secondes il passa de nouveau la tête dans l'embrassure de la porte.
- J'ai faim, dit-il avant de disparaître à nouveau.
Le Sauveur eut un sourire indulgent, et une fois de plus il se demanda comment il était possible d'aimer une personne avec autant de force. Liam était tout pour lui, une partie de son âme, sa seule et unique raison de vivre.
Il jeta un coup d'œil à sa montre avant de se laisser retomber sur le lit. Sept heures. Il avait depuis longtemps abandonné l'idée d'une bonne grâce matinée. Liam était un « lève tôt » qui semblait croire que lorsqu'il était réveillé ce devait être le cas de tout le monde et de son père en particulier.
Lorsque le jeune homme entra dans la cuisine, Liam était debout sur une chaise cherchant à attraper un bol dans le placard.
- Liam ! Qu'est ce que je t'ai dit à propos de ta manie de monter sur les meubles ?, demanda-t-il en attrapant son fils pour le reposer par terre.
- Que c'est pas bien et que c'est dangereux, récita l'enfant.
Harry croisa les bras sur son torse et fixa Liam.
- Alors pourquoi étais-tu debout sur cette chaise.
- J'ai faim, expliqua l'enfant.
Le jeune père sortit un bol et une tasse qu'il posa sur la table.
- C'est à se demander si tu n'as pas récupéré les gènes de Ron par je ne sais quel moyen, marmonna-t-il en continuant de préparer le petit déjeuner.
- Pourquoi marmonnes-tu de si bon matin ?
Harry se retourna et sourit en apercevant Hermione sur le pas de la porte. La jeune femme s'avança et embrassa Liam sur le front avant de déposer une bise sur sa joue.
- Mes hommes ont-ils bien dormi?, demanda-t-elle en s'installant à table.
Harry n'aimait pas lorsqu' Hermione les appelait ainsi. Au départ il avait trouvé cela mignon, mais avec le temps il avait compris les intentions de la jeune femme et il n'appréciait plus cette marque d'affection si semblable à ce qu'une femme pourrait avoir envers son fils et son mari.
- J'ai réveillé Papa, répondit fièrement Liam.
Hermione jeta un regard entendu à son ami. Elle savait très bien qu'Harry dormait peu, trop préoccupé par ce que l'avenir leur réservait pour profiter réellement du sommeil.
- Vraiment?, répondit-elle. C'est pour ça qu'il a l'air si grognon alors.
- Il m'a chatouillé, dénonça l'enfant en souriant.
Harry croisa les bras sur son torse et regarda son fils et son amie, peut-être était-il trop égoïste…
S'il se mettait en couple avec la jeune femme comme elle semblait le désirer, Liam pourrait avoir une véritable vie de famille. Et surtout si Voldemort réussissait à le vaincre, l'enfant ne finirait pas, comme lui, dans une famille qui ne le désirait pas.
Hermione ferait une mère parfaite, elle aimait Liam c'était une certitude, mais Harry ne voulait pas sacrifier son bonheur s'il pouvait encore espérer y avoir droit.
Il savait qu'il lui faudrait tôt ou tard se décider à confier la garde de son fils à l'un de ses amis en cas de décès, mais il avait encore le temps d'y penser, du moins c'est ce qu'il se répétait chaque matin espérant, en regardant les premières lueurs du soleil, que Voldemort lui accorderait encore une journée avant de se décider à en finir avec lui.
Harry vivait avec cette peur permanente depuis presque cinq ans, depuis la naissance de Liam pour être plus précis car c'est à partir de ce jour là qu'il avait réellement craint pour sa vie. Avant cela il ne s'était jamais posé la question de savoir ce qu'il adviendrait après sa mort, mais à présent il y avait une personne qui comptait sur lui et qui avait besoin de lui.
Liam en venant au monde avait rendu Harry plus heureux que personne mais en même temps il l'avait précipité dans une terreur sans nom, Harry avait peur de mourir à présent et tant que son fils ne serait pas en sécurité cette peur ne le quitterait pas.
- N'oublie pas la réunion, annonça soudain Hermione.
Harry sortit de ses sombres pensées et acquiesça avant de sourire à la jeune femme. Un sourire de simple politesse car il n'offrait plus que cela à ses amis, seul Liam, un être à part dans l'esprit d'Harry, avait droit à de véritables sourires.
Il sortit comme chaque matin de quoi préparer des gaufres et s'activa pour cuisiner un petit déjeuner digne de ce nom pour son fils . Il regarda l'enfant manger tout en avalant une tasse de café.
- Liam, si tu as fini de déjeuner file prendre ta douche, dit-il une fois que Liam eut terminé. Neville ne devrait plus tarder.
Depuis un peu plus d'un an, Neville donnait des cours particulier à Liam car il était trop dangereux pour l'enfant d'aller dans une école primaire normale.
Le Mage Noir et ses espions avaient toujours un œil sur le fils d'Harry guettant le moment propice pour le kidnapper et si jusqu'ici le jeune père était parvenu à sauver l'enfant de tous les attentats qui l'avaient visé il ne voulait pas tenter Salazar.
Neville s'était immédiatement proposé pour donner des cours à Liam au grand soulagement d'Harry. Le sauveur savait que son ami souffrait de sa solitude depuis que sa grand-mère était morte et il était content de l'aider à sa façon et surtout à celle de Liam.
OoOoO
Harry était installé dans l'un des fauteuils de la bibliothèque, il observait les membres de l'Ordre présents sans faire attention à leurs conversations. Cela faisait longtemps que plus rien ne l'intéressait si ce n'était les informations sur les plans Voldemort.
Le jeune Sauveur laissa son regard se perdre sur ses amis.
Ron et Luna avaient de la chance de s'être trouvés, ils vivaient en couple depuis quelques mois sur le chemin de traverse et au regard que la jeune femme jetait fréquemment à Liam, Harry savait que le jeune couple ne tarderait pas à fonder une famille.
Blaise et Ginny eux étaient encore dans leur période insouciance, ils s'isolaient dès qu'ils le pouvaient et depuis leur récent mariage cela arrivait de plus en plus souvent.
Harry ne pouvait s'empêcher d'envier les deux couples. Ils semblaient si insouciants, comme si la vie était simple, comme si Voldemort n'était pas là faisant planer une menace sur eux.
Des images de la mère de Liam lui revinrent en mémoire, cela arrivait chaque fois qu'il s'attardait trop longtemps sur les amoureux. A l'époque il avait l'impression d'être heureux, il croyait qu'il finirait sa vie avec la jeune femme et leur fils mais elle était partie sans prévenir et surtout sans se soucier du mal qu'elle pouvait faire.
Harry secoua la tête, il fallait absolument qu'il arrête les séances de torture personnelle qu'il s'infligeait en repensant au passé...
Le jeune homme reprit son observation et s'arrêta sur le professeur McGonagall qui discutait avec Remus. Depuis la mort de Dumbledore, elle était la nouvelle directrice de Poudlard. L'Ordre s'inquiétait pour l'école, craignant une attaque de Voldemort mais Harry savait que le château ne risquait rien. Le Mage Noir n'avait plus aucune raison de s'en prendre à l'école depuis qu'il n'en faisait plus parti.
Milicent Bulstrode s'installa dans un fauteuil près de lui. Elle avait longtemps était une espionne pour l'Ordre mais Pansy Parkinson avait découvert qu'elle trahissait Voldemort et s'était donnée un malin plaisir à dénoncer. Depuis la jeune fille se cachait comme elle le pouvait mais elle continuait de venir à certaines réunions afin de savoir comment évoluaient les choses.
Harry aimait la compagnie de la jeune femme, elle était intelligente, perspicace et avait toujours le mot pour rire ce qui était agréable surtout lors des réunions de l'Ordre où les discussions n'étaient jamais plaisantes.
- Mes parents ont enfin trouvé une nouvelle maison, dit-elle après quelques instants de silence. Ils sont à l'abri à Norwich
Harry lui sourit, il savait que la jeune femme craignait pour sa famille qui était Moldu et bien trop faible pour pouvoir se défendre. Il était heureux de savoir que les Bulstrode n'étaient plus exposés au danger.
- Je suis content pour eux, répondit-il. Tu sais, tu devrais peut-être les rejoindre, tu risques gros en restant à Londres.
- Je sais, répondit Milicent en regardant Hermione s'approcher. Mais je ne peux pas fuir, je me suis investie dans cette guerre. J'ai vu de l'intérieur de quoi Voldemort était capable et je ne peux pas oublier ce qu'il a fait à toutes ses familles Moldu.
- La réunion va commencer, lança Hermione lorsqu'elle fut assez proche. Marcus, ne reste pas dans ton coin, ajouta-t-elle à l'intention d'un jeune Serdaigle qui se trouvait près d'eux.
Harry se retourna vers le jeune homme qu'il n'avait pas remarqué. Ce dernier lui sourit et suivit rapidement Hermione qui rejoignait les membres installaient autour de la table au centre de la pièce.
- Marcus est sympa, annonça Milicent, dommage qu'il soit si effacé.
- C'est vrai, sa timidité est effrayante, mais il est doué en sort de dissimulation, du jamais vu.
La jeune femme s'installa près de Fred et George et fit un clin d'œil complice à Blaise, la réunion pouvait enfin commencer.
Au milieu de la séance, Harry remarqua que le mari de Ginny recevait un message sur son miroir personnel, chacun de membres de l'ordre en possédait un et ils leurs permettaient de communiquer de manière totalement sécurisée.
Le sauveur regarda son ami se lever et quitter la pièce conscient que quelque chose de grave était arrivé.
Lorsque la réunion prit fin Harry partit directement à la recherche de Blaise qui n'était pas revenu. Il trouva le jeune homme dans la cuisine fixant le jardin d'un regard inquiet.
- Il y a un souci, demanda le sauveur faisant sursauter son ami.
- Non, non rien d'important…
Depuis quelques temps Harry avait le sentiment que Blaise lui cachait quelque chose. Il avait essayé de lui en parler mais le jeune homme restait muet.
- C'était Severus?, demanda le sauveur, espérant une fois de plus glaner quelques informations.
- Oui, mais c'était une fausse alerte, rien de bien grave.
Harry savait qu'il mentait. Il ne savait pas pourquoi lui et Severus ne voulait rien lui dire sur les agissements de Voldemort mais il était certain que les deux hommes savaient pour quelle raison le Mage Noir restait inactif.
- Comment était la fin de la réunion?, demanda Blaise.
- Tu n'as rien manqué, répondit Harry, Voldemort est trop calme pour que ça présage quelque chose de bon mais on ne peut rien faire pour le moment si ce n'est attendre qu'il se manifeste.
Blaise regarda de nouveau dehors avant de passer une main dans ses cheveux. Chacun de ses mouvements trahissait sa gêne.
- Tu sais que tu peux tout me dire…
Blaise eut un sourire d'excuse.
- Je viens d'avoir des nouvelles de Draco, avoua-t-il.
Harry haussa un sourcil perplexe, il n'avait pas entendu parler de Malefoy depuis des années. Aux dernières nouvelles il était au Etats-Unis dans l'une des plus grandes facultés de Chimicomagie.
- Il est rentré il y a un peu plus d'un mois, continua l'ancien Serpentard, et il a été intronisé Mangemort.
Harry grimaça, il avait toujours su que Draco finirait Mangemort mais il était toujours déroutant d'apprendre que les rangs du Mage Noir grossissaient encore
- Il y a trois jours Draco a… sauvé le Mage Noir lors d'un rituel et il vient de gagner en importance pour le Lord, acheva le jeune homme.
- Blaise, je sais que Draco était ton meilleur ami, mais il a choisi son camp. Ne sois pas désolé pour lui, il fait ce qu'il a toujours rêvé de faire…
L'Ancien Serpentard croisa les bras sur son torse. Il ne disait pas toute la vérité à son ami mais Severus avait été clair, Harry avait assez de soucis avec la protection de Liam sans en plus devoir s'inquiéter de la dernière lubie de Voldemort.
- J'aimerais vraiment aider Draco, il ne sait pas ce qu'il fait, c'est un gamin.
Le sauveur laissa échapper un éclat de rire.
- Draco sait parfaitement ce qu'il fait, répondit-il. Il est arriviste et imbu de lui-même. Toute sa vie il a écrasé les autres et aujourd'hui Voldemort lui offre la possibilité d'en faire son métier, tu m'étonnes qu'il ait accepté.
- Tu ne le connais pas comme je le connais, si j'avais été un peu plus… J'aurais pu le faire changer d'avis.
Harry soupira, il ne voulait pas se disputer avec le jeune homme et Draco semblait être un sujet sensible.
D'aussi loin qu'il se souvenait, Harry avait toujours eu droit à de la haine ou du mépris de la part du prince des Serpentards. Durant sept ans leurs disputes avaient alimenté les ragots de Poudlard et l'Elu ne s'en était jamais plein. Draco était un exutoire pour lui, lorsque la pression de sa destiné devenait trop pesante il s'en prenait au Serpentard. C'était si facile de trouver une excuse pour s'en prendre Malefoy, il était le bouc émissaire parfait, son arrogance et sa méchanceté n'incitaient pas à la gentillesse.
Pourquoi faillait-il qu'il soit revenu en Angleterre? Après six ans au Etats-Unis il aurait pu trouver une gentille petite blonde avec qui il aurait fondé une famille au lieu de venir signer son arrêt de mort en épousant la cause du Mage Noir.
- Harry?
Le Sauveur sursauta.
- Tu avais l'air totalement perdu dans tes pensées, expliqua Blaise.
Harry lui sourit sans grande conviction, le passé était loin derrière lui. Si Blaise croyait qu'il pouvait encore sauver Draco, lui, comme il en avait convenu avec le prince des Serpentards de nombreuses années plus tôt lors qu'une rencontre nocturne dans les couloirs de Poudlard, n'hésiterait pas à le tuer s'il le croisait lors d'une bataille.
OoOoO
Harry frappa doucement à la porte de la chambre de son fils avant d'entrer. L'enfant était penché sur un abécédaire lisant les lettres que Neville lui montrait avec une application impressionnante pour un enfant de son age.
En entendant la porte s'ouvrir les deux hommes tournèrent leurs regards vers Harry.
- Je dérange?, demanda l'Elu en souriant.
- Non, pas du tout nous…
- Mais qu'est ce qui t'es arrivé, coupa Harry en apercevant le visage de son ami.
Liam étouffa un éclat de rire alors que Neville rougissait, du moins c'est ce que supposa Harry compte tenu de la couleur bleu pastel des joues du jeune homme.
- C'est… Euh… Fred et George qui…
Harry soupira.
- Neville je t'ai dit des millions de fois de ne pas te laisser prendre au piège de ces deux fous furieux. Ce n'est pas la première fois qu'ils te font le coup… Ne goûte plus leurs potions
Liam posa une main sur celle de son percepteur et le regarda en souriant.
- Moi je trouve que ça lui va bien… On dirait le schtroumpf gourmand.
Neville éclata de rire alors qu'Harry était gêné par l'insinuation de son fils sur l'embonpoint du jeune homme.
- Comment s'est passé le cours ?, demanda Harry pour changer de sujet.
- Très bien, Liam est un véritable petit génie.
Harry s'approcha de son fils et le souleva pour le caler contre l'une de ses hanches.
- Alors tu es un petit génie, répéta-t-il en lui ébouriffant les cheveux.
- Comment était la réunion?, demanda Neville.
- Comme d'habitude, répondit Harry, pas de nouvelle des Mangemorts, à croire qu'ils ont disparu, c'est assez inquiétant.
Neville hocha la tête avec résignation. Voldemort préparait quelque chose tous les membres de l'Ordre en avaient conscience mais personne ne pouvait rien faire pour le moment.
- J'ai un cadeau pour toi, dit-il soudain à Liam.
Le percepteur de l'enfant sortit de son sac un petit pot rempli de terre.
- C'est une Emeria, expliqua-t-il. Une plante très rare, d'ici quelques jours elle devrait commencer à pousser.
Liam remercia le jeune homme et secoua son cadeau sous le nez de son père.
Neville offrait régulièrement des plantes à son fils et Harry se voyait obligé de s'en occuper mais il savait que son ami faisait cela dans le but d'inculquer à Liam les rudiments de la botanique. Neville était un passionné et il ne changerait surement jamais.
- Qu'est ce que tu as appris de beau aujourd'hui?, demanda Harry en déposant le pot près des autres plantes de la chambre.
- Tonton Neville il m'a appris des nouveaux mots, tu veux voir?
Harry accepta et Liam sortit un livre d'image d'une pile d'ouvrage. Il l'ouvrit à une page représentant une maison et une famille. Il pointa son doigt sur le mot "maison"
- M. A. I. S. O. N, récita-t-il. Maison.
Neville eut un sourire attendri.
Liam pointa ensuite son doigt sur la représentation d'un homme barbu.
- Facile celui là, dit-il. P.A.P.A, papa. C'est toi.
Harry lui ébouriffa les cheveux.
- Il est prêt pour un concours d'orthographe, plaisanta-t-il en fixant Neville.
Lentement l'enfant laissa glisser sa main sur la représentation d'une femme.
- Maman, murmura-t-il.
Harry perdit son sourire, il savait que son fils souffrait de l'absence de sa mère mais en avoir le témoignage sous les yeux lui brisa le cœur. Il fit un signe discret à Neville qui quitta silencieusement la pièce.
Liam continuait de fixer le dessin sans oser relever la tête. Harry ressentait la tristesse de son fils mais il ne savait pas quoi dire pour l'apaiser.
- A quoi elle ressemblait maman?, demanda-t-il.
Le Sauveur referma le livre que son fils ne semblait plus vouloir quitter des yeux et serra l'enfant contre lui.
Il avait redouté cet instant depuis que la mère de Liam était partie et même s'il avait longtemps espéré que son fils ne lui poserait jamais de questions au sujet de la jeune femme, au fond de lui il avait toujours su que ce jour arriverait.
- Elle était magnifique dit-il, elle avait les cheveux de la même couleur que les tiens, on aurait dit de l'ambre, mais ils étaient longs et retombaient en boucles sur ses épaules. Au soleil, elle avait l'air d'un ange.
Harry eut un sourire nostalgique, il glissa ses doigts dans les mèches rebelles de son fils.
- Elle était gentille alors?
- Oui, elle l'est…
L'enfant fixa son père avec un sérieux étonnant.
- Alors pourquoi elle est partie?
- Ta maman a suivi ce que sa raison lui dictait, elle voulait faire plaisir à ses parents alors elle a choisi un autre camp.
Liam fronça les sourcils, et s'éloigna lentement de son père.
Il était petit, c'est ce que tout le monde lui disait, souvent les grands parlaient en sa présence imaginant qu'il ne comprenait rien à leurs discussions et si la plupart du temps cela était vrai, Liam avait quand même compris des choses depuis toutes ses années où il voyait son père s'activer contre un ennemi dont les gens craignaient de prononcer le nom…
- L'autre camp, répéta-t-il, avec Volbedort?
-Voldemort, corrigea Harry.
- Alors elle fait du mal aux Moldus, affirma Liam, elle est méchante et je veux pas d'une maman méchante…
Harry resta silencieux quelques secondes cherchant ses mots.
- Ta maman n'est pas méchante, expliqua-t-il lentement. Elle obéit à ce qu'elle croit juste. A une autorité supérieure à laquelle elle ne peut pas dire non.
Liam secoua la tête et s'éloigna de son père pour s'installer sur son lit.
- Moi je dis que quand on fait du mal, on est méchant, c'est tout.
Harry s'installa sur le lit près de son fils.
- Tu sais ce que c'est un Mangemort ?
- Oui, répondit fièrement l'enfant en bombant le torse. C'est un méchant qui obéit à Voldebort.
- Voldemort, corrigea de nouveau Harry. Tu as raison, ce sont des méchants qui obéissent à leur maître, mais est ce que tu sais à quoi on les reconnait ?
Liam secoua négativement la tête.
- Ils portent de longues robes de sorciers noires. La plupart du temps un capuchon cache leurs cheveux mais pour être sûr de ne pas être reconnus, ils mettent un masque argenté sur leur visage.
Liam écoutait religieusement son père.
- Pourtant dans la vie de tous les jours, les Mangemorts sont comme toi et moi…
Liam grimaça de terreur.
- Pareil que nous ?, paniqua-t-il, mais ils sont partout alors.
- Il y a un moyen de les reconnaître, affirma Harry avec sérieux. Quand tu fixes l'un d'entre eux droit dans les yeux, il y a toujours une petite lueur, qui fait peur, qui brille… C'est comme ça que je sais à qui je dois faire confiance. Et bien ta maman, elle avait les yeux les plus bleus et limpides qui existent.
- Sans la lueur ? demanda Liam
- Sans la lueur, confirma Harry.
L'enfant sourit à son père, mais au fond de lui Harry savait que Liam était toujours triste… Parce que quoi qu'il puisse dire à son fils, cela ne lui rendrait ce dont sa mère l'avait privé.
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Harry venait de border son fils après lui avoir raconté une histoire et il était seul à présent, installé dans l'un des fauteuils de la bibliothèque, le regard rivé sur la cheminée éteinte.
Il ferma les yeux quelques secondes, la journée touchait enfin à sa fin. Une journée de plus… Et elle se terminait exactement comme elle avait commencé, dans la solitude. Il se demandait souvent comment il pouvait avoir des sentiments aussi contradictoires entre le matin et le soir. Alors que chaque matin il craignait de vivre sa dernière journée, chaque soir il était heureux de la voir enfin terminée.
Lentement sans s'en rendre compte le jeune homme s'endormit, un sommeil sans rêve, comme sa vie.
Un bruit de pas à quelques centimètres de lui le fit sursauter et lorsqu'il ouvrit les yeux attrapant en même temps sa baguette par réflexe, il se trouva nez à nez avec Severus Rogue. L'homme comme à son habitude était vêtu d'une longue robe de sorcier noire mais son regard était plus sombre de d'habitude.
- Je vous entraîne depuis votre cinquième année. Je suis en droit d'espérer que vous réagissiez lorsqu'un intrus pénètre dans votre maison.
Harry ne répondit rien, lorsque son ancien professeur le vouvoyait cela ne signifiait rien de bon. Pourtant l'homme avait raison Harry n'avait pas fait attention et si Severus avait été un Mangemort, ce que dans un sens il était, le résultat aurait pu être dramatique.
- Je savais que c'était toi, expliqua Harry.
Severus n'eut même pas un sourire face à cette évidente mauvaise fois.
- Je ne suis pas venu pour rien, dit-il en s'installant à son tour dans un fauteuil.
- Qu'est ce qui se passe ?
- La famille de Milicent… Ils sont tous morts.
Harry se figea d'horreur.
- Malefoy, Nott, Rookwood et Dolohov ont été envoyé chez les Bulstrode en début de soirée, Nott a fait son rapport il y a dix minutes… Aucun survivant.
Harry se leva et alla s'appuyer contre le montant de la cheminée.
- Tu n'aurais pas pu venir plus tôt ? Faire quelque chose ? Ca fait presque un mois que tu n'es pas venu…
- Excuse-moi Potter mais la vie au Manoir Malefoy n'est pas une partie de plaisir. Je ne fais pas ce que je veux quand je le veux, gronda Rogue.
- Oui j'oublie parfois que tu dois obéir à ton maître, répliqua méchamment Harry.
L'ancien professeur de Poudlard, se leva et s'approcha du jeune homme.
- J'ai essayé de prévenir l'Ordre…
- Lucius est décidemment le dernier des connards, coupa Harry qui ne voulait pas entendre les explications de Severus.
- Ce n'était pas Lucius mais Draco…
Harry se retourna et fixa Rogue.
- Il fait des prouesses ses derniers temps… Le parfait petit Mangemort, ironisa-t-il.
Severus ne releva pas. Il retourna lentement s'installer dans le fauteuil, être trop proche d'Harry, surtout lorsqu'ils étaient seuls, était parfois difficile pour lui.
- Il faudra que tu préviennes le ministère, mais attends demain matin, Voldemort ne doit pas savoir que les corps ont été découverts trop tôt.
- Je vais aussi devoir prévenir Milicent, murmura Harry.
Parfois Harry regrettait d'avoir une place aussi importante au sein de l'Ordre et ce soir il le ressentait encore plus que d'habitude. Milicent était une amie et il savait qu'il allait la faire souffrir en lui annonçant que sa famille avait été exterminée par un groupe de Mangemorts.
Il détestait sa vie…
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Harry avait toujours détesté le ministère, d'aussi longtemps qu'il se souvenait les lieux ne lui avaient apporté que malheurs et souffrances, d'abord avec son jugement pour usage abusif de la magie, puis durant la bataille contre les Mangemorts au département des mystères et enfin avec la mort de Sirius dont il était le principal responsable.
Il avait essayé de fuir le vieux bâtiment enterré aussi souvent qu'il avait pu, mais aujourd'hui il ne pouvait pas se défiler, trois Moldus étaient morts et Millicent allait avoir besoin de lui.
Après avoir longé de nombreux couloirs, il arriva assez rapidement à la salle où il avait rendez-vous. L'ancienne Serpentard attendait déjà, accompagnée d'un Auror qu'Harry ne connaissait pas.
Le sauveur prit une profonde respiration et entra dans la pièce. C'était l'une des salles d'interrogatoire du département des Aurors. Totalement froide et impersonnelle, elle ne ressemblait en rien à l'endroit que l'on pouvait imaginer pour annoncer à une amie la mort de sa famille. Mais existait-il réellement un lieu propice à une telle nouvelle?
Harry était mal à l'aise et cette gêne s'accentua lorsque Millicent leva les yeux vers lui en souriant.
- Harry qu'est ce que tu fais là ?, s'exclama la jeune femme.
- Surement la même chose que toi.
Le jeune homme s'installa près de son amie qui se pencha discrètement vers lui.
- Il est pas très bavard, murmura-t-elle.
Harry jeta un rapide coup d'œil à l'homme qui se tenait près de l'entrée et qui en effet ne semblait pas enclin à la conversation.
- Vous pourriez nous laisser, demanda-t-il.
Sans un mot l'homme quitta la pièce et Harry se détendit un peu. Pendant un seconde, il avait eu le sentiment d'être un criminel avant une déposition.
- Qu'est-ce qui se passe Harry?, s'étonna Milli. Personne n'a rien voulu me dire quand je suis arrivée mais à la façon dont tout le monde m'a regardé, j'ai compris qu'un truc n'allait pas.
Le jeune homme prit les mains de Millicent dans les siennes, il savait que quoi qu'il dise il ne trouverait pas les mots pour la soulager mais il fallait qu'il le fasse avant que l'un de ses fonctionnaires sans cœur ne le devance.
- Hier soir, la maison où ta famille se cachait a été attaquée par quatre Mangemorts, dit-il doucement.
Millicent se figea et Harry serra plus fermement les mains de la jeune fille dans les siennes dans un geste illusoire de réconfort.
- Selon le rapport qui a été fait à Voldemort, il n'y a aucun survivant… je suis désolé.
L'ancienne Serpentard dégagea ses mains et se leva brusquement.
- Ma sœur… Ma sœur, gémit-elle, c'est une enfant, un bébé, ils n'ont pas pu la tuer elle aussi… Harry dit moi que…
Le jeune homme se leva à son tour et secoua négativement la tête, il n'arrivait pas a prononcer les mots qui lui venaient à l'esprit. Les Mangemorts n'ont aucun état d'âme quel que soit l'âge ou le sexe de leur victime ils tuent sans réfléchir, sans remords, parce qu'ils n'ont pas de cœur.
Harry aurait pu lui dire tout cela mais Millicent n'avait pas besoin de l'entendre, elle le savait déjà. Il attrapa de force son amie et la serra contre lui. Elle se débattit quelques secondes refusant probablement de se laisser aller car ce serait admettre qu'elle acceptait la vérité.
- Milli…, chuchota Harry en la maintenant de force contre son torse. Milli, je sais ce que tu ressens crois moi. Je sais que c'est dur et je ne vais pas te dire que ça va passer parce que c'est faux…
- Ils ne sont pas mort, s'énerva-t-elle en se débattant. Personne ne sait ou il se cache, c'est une erreur… Dis-moi que c'est une erreur…
Harry l'empêcha de se dégager de son étreinte, il était nettement plus fort qu'elle et il n'eut aucune peine à la retenir.
- Milli… Tu sais que je dis vrai… Je tiens mes informations de Severus…
La jeune fille craqua et explosa en sanglots. Elle passa les bras autour de la taille de son ami et se serra contre lui avant d'enfouir son visage dans son cou.
Harry passa une main réconfortante dans le dos secoué de spasme de Millicent, il sentait les larmes chaudes imprégner sa chemise mais son regard restait sec, avec les années il avait appris à faire face à la souffrance et plus rien ne semblait le toucher.
Après plusieurs minutes durant lesquelles le couple d'ami resta enlacé, le ministre entra dans la pièce. Il regarda la scène d'un œil neutre une seconde avant de rompre le silence.
- Merci d'être venu.
Millicent se sépara d'Harry et sécha rapidement ses larmes du dos de la main.
- Je ne suis pas venu seul, continua l'homme en s'écartant de l'entrée.
Une femme d'une cinquantaine d'année entra accompagnée d'une fillette blonde. La plus âgée avait les yeux rougis et cernés, ses cheveux en désordre laissaient entendre qu'elle n'avait pas eu le temps de se préparer pour sortir ce qui paraissait étonnant car il se dégager d'elle une élégance non calculée. L'enfant, dans ses bras, ne pleurait pas, ne comprenant surement pas ce qui était arrivé.
- Maman ?
Millicent se jeta dans les bras de sa mère mêlant ses larmes aux siennes
- Ma chérie…
La scène était touchante pour quiconque avait un cœur mais le ministre semblait s'en désintéresser. Harry s'approcha de lui, il ne comprenait pas comment Severus avait pu se tromper, il n'aurait pas donné une information aussi importante s'il n'en avait pas été sur.
- Il ne devait y avoir aucun survivant, murmura-t-il au politicien.
- L'escadron d'Aurors les a retrouvées, cachées dans un placard totalement terrifiées, répondit l'homme sans se soucier d'être entendu.
- Il nous a sauvées.
Harry et le ministre se tournèrent vers la mère de Millicent qui venait de s'exprimer.
- Qui vous à sauver ?, demanda sa fille qui tenait à présent sa sœur dans les bras.
- Un Mangemort… Il nous a dit que ton père était mort et que nous devions nous cacher dans le placard. Je suis sortie quelques secondes et je l'ai entendu dire aux autres que le boulot était fait.
Les yeux de Millicent s'embuèrent de nouveau à l'énonciation de la mort de son père.
- Selon les informations que j'ai eues ils étaient quatre, Rookwood, Nott, Malefoy Jr et Dolohov. Ils sont tous fidèles à leur maître, expliqua Harry septique.
- Ils portaient tous un masque, raconta Mme Bulstrode, mais celui qui nous a aidées agissait différemment des autres comme s'il n'avait pas réellement envie de se trouver là. Je ne pourrais pas vous le décrire, il était blond, c'est tout ce que je peux dire.
- C'était Malefoy, affirma Millicent.
Harry croisa les bras sur son torse et s'éloigna du groupe.
- Alors ça, ça m'étonnerait, murmura-t-il.
Malefoy ne pouvait pas avoir sauvé la famille Bulstrode, il venait tout juste de sauver la vie pitoyable de son maître pourquoi se serait-il encombré de pauvres Moldus.
Draco était la personne la plus arrogante, manipulatrice, arriviste et insensible qu'Harry n'ait jamais rencontrée et il ne comprenait pas comment Blaise ou Millicent pouvaient encore croire ou espérer sa rédemption.
- Mr Potter, j'aimerais un rapport détaillé de toute cette affaire pour demain. Pour le moment, je dois me rendre à une réunion. Mesdames, Mademoiselle, je vous souhaite une bonne fin de journée.
Harry regarda le politicien quitter la pièce, comment pouvait-on être aussi insensible, souhaiter une bonne journée à une famille qui venait de perdre l'un de ses membres.
Le jeune homme avait le sentiment que le ministre le prenait de plus en plus souvent pour l'un de ses employés et il n'avait aucunement l'intention de lui rendre un rapport. Un jour ou l'autre il faudrait qu'il lui rappelle qu'il ne lui appartenait pas et qu'il ne le craignait pas.
OoOoO
Harry et Ron étaient installés dans la cuisine de la Villa Potter. Le meilleur ami du Survivant travaillait sur un article pour QuidMag, le magazine où il travaillait depuis bientôt deux ans. Il aimait avoir l'avis d'Harry pour certains des balais qu'il devait tester et il savait que son ami adorait essayer le matériel de quidditch dernier cris.
D'un œil Harry surveillait Liam qui jouait dans le jardin, l'enfant faisait une boule de neige et de manière assez surprenante il la jeta en direction d'un arbre. Le jeune père chercha des yeux ce qu'il avait visé et découvrit Pattenrond perché sur une branche. La pauvre bête avait vraiment de la constance de supporter Liam. L'enfant était réellement une terreur quand il s'y mettait.
- Tu crois que l'éclair de feu peut-être relégué au rang d'archive?, demanda soudain Ron en relevant la tête de son parchemin.
- J'espère bien que non, ça me filerait un sacré coup de vieux quand on pense qu'il était le summum du balai de course lorsque nous étions à Poudlard.
Ron esquissa un sourire.
- Ok alors on va dire que l'éclair de feu mérite une bonne retraite maintenant que l'AirSpeed est sur le marché.
Harry grimaça, l'idée ne l'enchantait pas plus, mais Ron avait raison l'éclair de feu n'était plus ce qu'il était. Il jeta à nouveau un regard pour vérifier ce que faisait Liam, mais l'enfant avait disparu, soudain inquiet il se précipita hors de la cuisine et sortit sur le perron.
- Liam…
- Papa…
L'enfant se tenait près du portail mais il se précipita vers lui dès qu'il l'aperçut. Il lui sauta dans les bras et Harry le serra contre lui en souriant.
- Y avait papi James avec un ami, dit-il en passant ses petits bras autour du cou de son père.
Harry lui ébouriffa les cheveux et le reposa au sol.
- Ah vraiment ? Moi je crois surtout qu'il y avait un garnement qui jetait des boules de neige sur un chat.
L'enfant fit une moue adorable à laquelle Harry n'arrivait jamais à résister.
- Oui c'est vrai, avoua l'enfant, mais n'empêche y avait papi James et son ami blond au regard triste
Harry fronça les sourcils, il n'aimait pas entendre son fils parler ainsi. Liam ne mentait que très rarement et il ne persistait jamais lorsque cela lui arrivait. Son fils était donc certain de ce qu'il disait.
Hermione sortit de la maison à ce moment là et s'approcha de Liam
- Qu'est ce que vous faites?, demanda-t-elle.
- Rien… Amène Liam à l'intérieur s'il te plait.
Le jeune homme chercha du regard l'individu blond que son fils avait vu mais il ne distingua que Blaise qui arrivait. Son ami se figea une seconde et Harry se demanda ce qu'il avait vu, soudain, l'ancien Serpentard sortit sa baguette et se précipita vers l'arbre en face de la maison.
Après quelques secondes l'ancien Serpentard entra dans le jardin.
- Qu'est ce qui se passe?, demanda Harry.
- Draco était devant la maison, il vient de transplaner.
- Quoi? Mais qu'est ce qu'il faisait là?
Blaise secoua négativement la tête.
- Aucune idée mais ça ne me dit rien qui vaille.
Blaise entraîna Harry à l'intérieur de la maison l'empêchant ainsi de continuer de scruter la rue.
- Il est partit maintenant, expliqua-t-il.
- Il n'était pas la pour rien, gronda Harry. Et il a parlé à Liam…
Hermione qui attendait dans le couloir s'approcha des deux amis un peu paniqué.
- Liam affirme qu'il a vu ton père, expliqua-t-elle à Harry.
- C'est Malefoy qu'il a vu, répondit Harry avec hargne. Je ne sais pas ce que ce salaud lui a fait mais si je le croise je le tue…
Harry partit rejoindre son fils qui attendait dans la cuisine avec Ron. L'enfant racontait pour la troisième fois où et comment il avait vu son grand père.
Ron jeta un regard étonné à son ami qui lui fit signe de ne pas faire de commentaires.
- Tu crois que papi James va revenir, demanda Liam en voyant son père.
Le survivant se força à sourire.
- Tu sais mon chéri, ton papi est décédé il y a de nombreuses années… On en a déjà parlé, tu t'en souviens?
Liam pencha la tête sur le côté comme s'il semblait réfléchir.
- Oui je m'en souviens, mais il était là… Je ne mens pas, y avait même un monsieur blond.
Harry serra les points et tenta de garder son sang froid.
- Si tu revois ce monsieur tu ne dois pas l'approcher d'accord?
Liam se tourna pour présenter son dos à Harry. Quand l'enfant commençait à bouder personne ne pouvait rien en tirer pas même lui. Il soupira, son fils était une véritable tête de mule.
- Demain je passe la journée avec Severus, expliqua-t-il à Ron, est-ce que Fred et George pourraient venir passer la journée ici pour surveiller Liam?
- Pas de problème, répondit le jeune homme.
- J'ai pas besoin d'être surveillé, grogna Liam en quittant la cuisine le nez en l'air et les bras croisés que son torse.
Ron ne put s'empêcher de sourire.
- Pendant une seconde j'ai cru que Rogue était parmi nous, dit-il lorsque l'enfant eut disparu.
- Ron merci de garder tes commentaires toi.
Loin de se vexer de la réflexion le plus jeune des fils Weasley lança à son ami un second sourire qui cette fois était clairement narquois.
Liam n'accepta d'adresser la parole à Harry qu'en fin de journée, à l'heure du couché. Il ne boudait jamais très longtemps car il était incapable de s'endormir tant que son père ne lui racontait pas une histoire.
A présent qu'il était seul Harry ne pouvait s'empêcher de penser à Malefoy, pourquoi était-il venu et surtout comment avait-il réussir à faire croire à Liam que James était avec lui? Un sort mental était impossible Liam n'en présentait pas les effets alors comment avait-il fait et surtout dans quel but?
Sans savoir pourquoi Harry se demanda si Malefoy voyait Daphné au quartier général de Voldemort. Il ne pensait que très rarement à la jeune femme mais récemment avec les questions de Liam et le retour de Draco elle lui revenait en mémoire ainsi que leur ancienne histoire.
Lorsqu'elle les avait quittés, Harry s'était souvent demandé comment Daphné Greengrass avait pu devenir la mère de son fils?
Depuis son penchant d'adolescent pour Cho Chang, Harry n'avait jamais plus ressenti d'attirance pour une femme, il avait longtemps mis cette absence de désir sur le compte de la guerre et de sa mission qui lui prenait trop de temps mais un jour il avait du se rendre à l'évidence. Il ne désirait pas les femmes parce qu'il ne le regardait pas. Etait-il pour autant attiré par les hommes? Cette question l'avait privé de sommeil pendant de nombreuses nuits.
Il s'était déjà mis en tête que les femmes ne l'intéressaient pas lorsque Daphné était entrée dans sa vie et c'est surement pour cette raison qu'il ne s'était pas méfié.
Harry se souvenait avec une netteté effrayante de tout ce qui s'était passé et surtout de comment tout cela avait commencé.
C'était un matin du mois de septembre, il avait emménagé avec Ron et Hermione depuis déjà deux mois lorsqu'ils furent troublés dans leur quotidien.
Daphné était venue frapper à leur porte comme une vieille connaissance aurait pu le faire et en ouvrant la porte, Harry s'était dans un premier temps demandé qui elle était.
En effet à Poudlard Daphné n'était pas très présente malgré sa beauté qui faisait tourné plus d'une tête. Elle n'avait ni l'exubérance de Parkinson, ni le charme de Blaise et encore moins la prestance de Malefoy, elle passait donc plus ou moins inaperçue parmi les Serpentards.
Lorsqu'elle s'était présentée Harry avait immédiatement fait le lien et il avait été dans un premier temps plutôt méfiant. A l'époque la maison n'était pas surprotégée comme elle l'était actuellement et le jeune homme ne pouvait pas détecter si elle appartenait aux Mangemorts ou si elle était réellement en fuite.
Daphné avait été franche des le début, elle avait choisi de ne pas lui mentir et de lui montré la marque qui salissait son bras. Selon elle, ses parents l'avaient obligée à se plier à Voldemort mais elle n'adhérait pas à l'idéologie du Mage Noir. En voyant ses yeux si sincères et emplis de larmes Harry l'avait laissé entrer.
Malheureusement pour lui ni Ron ni Hermione n'étaient présents ce matin là, sinon ils auraient peut-être réussi à le dissuader de lui faire confiance.
Quand ses deux amis étaient arrivés, la première dispute au sujet de Daphné avait explosé et elle n'avait pas été la dernière. Hermione était tellement braquée contre l'ancienne Serpentard qu'elle passait ses journées à lui faire ressentir qu'elle n'était pas des leurs et qu'elle devait partir.
Durant cette période, Severus disparut totalement de la maison, ni revenant que très tard la nuit et en de rares occasions. Les membres de l'Ordre se firent eux aussi moins présents et Harry ne pouvait que s'en féliciter, Merlin seul savait ce que Daphné avait raconté à son maître lorsqu'elle l'avait rejoint. Elle les aurait surement tous dénoncé.
Durant sa présence à la villa Potter, Daphné souffrit énormément de cette exclusion. Un soir alors qu'elle n'était pas descendue pour le dîner Harry lui avait monté un plateau. Il s'était inquiété pour elle et il l'avait découverte en train de faire ses valises.
- Daphné? Qu'est ce que tu fais?, s'était-il étonné.
- Je pars, avait-elle répondu un sanglot dans la voix. Personne ne veut de moi ici, j'ai beau tout faire pour me faire apprécier, Hermione a monté tout le monde contre moi…
Harry avait déposé le plateau sur une petite table de la chambre et s'était approché d'elle.
- Tu te fais des idées. Hermione est parfois un peu… Sèche et mesquine, mais ça ne veut pas dire qu'elle ne t'aime pas. Laisse-lui un peu de temps de s'habituer à toi.
La jeune femme s'était jetée dans ses bras et il n'avait pas su comment réagir.
- Ils me détestent tous!, avait-elle crié en pleurant de plus belle.
Harry avait toujours été sensible au désarroi et à la tristesse des autres même si aujourd'hui cela ne semblait plus être le cas. Il avait serré maladroitement Daphné contre lui avant de lui murmurer des paroles de réconfort.
- Moi je ne te déteste pas et je veux vraiment que tu restes, que tu te sentes ici comme chez toi.
L'ancienne Serpentard s'était détachée de lui et l'avait fixé avec intensité.
- Tu es si gentil avec moi…
Elle s'était lentement mise sur la pointe des pieds et avait déposé un léger baiser sur ses lèvres.
Dans un premier temps Harry avait reculé, mais la jeune femme était si belle, si fragile qu'il s'était approché de nouveau et cette fois c'était lui qui l'avait embrassé.
Daphné avait passé la nuit chastement blotti contre lui mais il n'avait pas pu trouver le sommeil. Il avait fixé le plafond pendant de longues heures, se demandant pourquoi sa vie ne pouvait pas être plus simple pour une fois.
Il n'arrivait pas à savoir s'il aimait Daphné. Il la trouvait belle, gentille, il avait le sentiment qu'elle avait besoin d'être protégé mais cela faisait plus d'un an qu'il s'était mis en tête qu'il n'aimait pas les femmes en réalité il avait même fini par croire qu'il n'aimait pas les hommes non plus puisqu'aucun ne l'attirait réellement.
Peut-être qu'il était simplement destiné à une personne qu'elle soit un homme ou une femme et pourquoi cette personne ne serait-elle pas Daphné? Elle pouvait le rendre heureux s'il lui en laissait l'occasion
Pourtant aujourd'hui alors qu'il repensait à cette période il n'arrivait pas à se rappeler exactement ce qu'il avait ressenti pour la jeune femme. Seule la souffrance liée à son départ lui restait en mémoire.
Il n'avait pas souffert de la perdre elle. Il avait souffert de perdre son amour. De se rendre compte qu'elle ne l'aimait pas réellement comme elle le disait pourtant si souvent.
Au final il ne l'avait aimé que parce qu'elle disait l'aimer…
A suivre...
Merci de suivre cette fic à bientôt pour la suite.
Sao
