Hello,

Merci à gaellezjey et pompei pour leurs reviews. J'espère ne pas vous décevoir. Pour information, cette fiction ne contiendra que quatre chapitres. Vous êtes donc actuellement à la moitié de l'histoire.

Bonne lecture !


Volterra, 10 juillet 2015

Aro n'en pouvait plus ! Dix jours ! Cela faisait dix longues journées que cette maudite mendiante chantait sous sa fenêtre ! Et toujours la même chanson en plus ! Ne possédait-elle donc rien d'autre à son répertoire ? Il est vrai qu'elle avait une jolie voix mais cela ne faisait pas tout ! Sa chanson était stupide et elle la chantait du matin au soir, tous les jours, depuis dix jours ! Aro décida alors que sa patience avait des limites et il téléphona à la police pour faire partir cette indésirable. Pendant quelques heures, il eut la paix, mais très vite, il entendit à nouveau la voix de la mendiante ! Et à chaque fois que la police l'emmenait, elle revenait. Excédé, Aro envoya Démétri et Félix auprès de la mendiante afin de l'effrayer. Mais la mendiante, nullement intimidée, continua de chanter comme si de rien n'était. En revanche, les deux gardes supplièrent Aro de ne pas les renvoyer auprès d'elle tant l'odeur était insoutenable. Aro décida alors d'envoyer Jane. La douleur que sa garde préférée infligerait à cette mendiante serait non seulement suffisante pour la faire taire mais aussi, pour l'inciter à partir. Malheureusement pour Aro, Marcus intervint :

- Aro ! Tu n'as pas honte ? Cette pauvre enfant ne t'a rien fait ! Pourquoi t'en prends-tu autant à elle ?

- Marcus, mon frère. Ne trouves-tu pas cette chanson LEGEREMENT agaçante ? lui répondit Aro en insistant bien sur le "légèrement".

- Non... Au contraire, j'aime beaucoup ! Je suis bien content qu'elle nous honore de sa voix du matin au soir. Nous sommes très chanceux et tu devrais te réjouir comme moi plutôt que de faire ton Caius ! répliqua Marcus avec un enthousiasme que le clan ne lui avait pas connu depuis des siècles.

- Eh ! Je n'ai rien fait moi ! Et puis d'abord, qu'est-ce que ça veut dire, faire son Caius ? intervint Caius qui se sentait insulté, à juste titre

Aro se frotta les tempes pour réfléchir. Marcus semblait, pour une raison qui lui échappait, sous le charme de cette fille puante qui chantait du matin au soir la même chanson et pile sous sa fenêtre ! Une chance pour Aro qu'il occupe les étages supérieurs sinon, il aurait eu droit à l'odeur en plus du son et cela, il ne l'aurait pas toléré aussi longtemps. Caius, qui commençait à s'embrouiller avec Marcus, donna à Aro un bon prétexte pour clore cette histoire stupide.

- Mes frères, dit Aro de son ton solennel habituel. Ne nous disputons pas. Je propose un vote. Nous allons décider ensemble de ce qu'il adviendra à cette mendiante. Personnellement, je vote pour qu'elle parte immédiatement. Marcus ?

- Elle reste ! affirma Marcus d'un ton particulièrement déterminé et tranchant

- Soit. Caius ? demanda Aro, certain que son frère colérique serait de son côté.

- ... Elle reste ! dit-il après un temps de réflexion

- Bien, commença Aro avant de réaliser la signification de la phrase de Caius. Attends... QUOI ?!

- Elle reste ! annonça Caius, souriant de toutes ses dents

Aro regarda Marcus pour essayer de comprendre mais ce dernier était si heureux de savoir que sa petite mendiante restait qu'il applaudissait en poussant des petits cris de joie. La raison qui avait poussé Caius à se prononcer ainsi ne l'intéressait guère. Le principal, c'était qu'il pourrait continuer d'entendre cette chanson et cette voix qui réchauffaient son pauvre coeur, éteint depuis trop longtemps. En revanche, Aro ne l'entendait pas de cette manière !

- Caius, te rends-tu compte de ce que tu dis ? demanda Aro en grinçant des dents et en prenant son air le plus menaçant

- Oui ! répondit Caius fier de lui.

Aro n'en revenait pas ! Son frère était-il devenu fou ? Caius avait toujours été, des trois frères, le plus irritable. La moindre petite contrariété et il explosait. Or, là, il déclarait purement et simplement que d'entendre cette chanson déprimante du matin au soir ne l'énervait pas ? Aro sentit une rage bouillir en lui. Si cela continuait, il ne parviendrait pas à contenir la déferlante de haine et de colère qui se déchainaient en lui. Il serra fortement les poings ainsi que les yeux et se força à respirer lentement. Les gardes étaient dans l'expectative, sentant le drame arrivé, tandis que Marcus continuait d'applaudir et Caius de sourire fièrement. Après quelques minutes, Aro parvint à retrouver de sa superbe et, redressant la tête, il dit d'une voix doucereuse mais menaçante :

- Caius, mon très cher frère. Je dois t'avouer que je suis très surpris par ta réaction. Entendre cette chanson du matin au soir ne te gêne donc pas ?

- Si...

- Ah !

- Mais je tiens quand même à ce qu'elle reste et qu'elle continue à chanter !

- ... Mais... Mais pourquoi ?

- Parce que cela te met hors de toi et que cela me fait beaucoup rire ! déclara Caius avec un sourire provoquant

Aro en resta sans voix. Son frère, si capricieux, était prêt à continuer à se faire torturer juste pour le voir s'énerver ? Il attrapa prestement la main de Caius pour vérifier que ses oreilles avaient bien entendu et son don lui confirma la triste réalité : Caius en avait assez qu'Aro lui demande en permanence de se calmer et avait la ferme intention de se venger de cette manière. Aro en resta pantois. Quelle vengeance... sournoise ! Si Aro avait agi ainsi pendant des siècles, c'était pour le bien du clan. Il n'avait jamais pris un quelconque plaisir à tenir Caius en laisse. Aro, s'il avait encore eu un coeur, aurait très certainement fait une crise d'hyperventilation. Instinctivement, il se vautra dans son fauteuil en se tenant le coeur et en tentant de respirer, cherchant de l'aide du regard. Jane, en brave soldate, se précipita près de son maître et tenta de le réconforter en lui annonçant que la mendiante partirait très certainement en même temps que les touristes, soit courant septembre. Etait-ce une plaisanterie ? Pensait-elle vraiment le rassurer en lui déclarant qu'il devrait entendre cette maudite fille pendant encore au moins deux mois ?

Aro, fou de rage, se redressa subitement et jeta son trône au milieu de la salle.

- Allons, allons, Aro. Calme-toi, le supplia Marcus

- Ne me dis pas de me calmer Marcus alors que tu es contre moi ! hurla Aro

- Hahahahahha ! Tu vois comme c'est énervant quand on nous dit de nous calmer alors qu'on est en colère ? jubilait Caius

Aro se précipita sur Caius afin de l'étrangler et il fallut l'intervention des gardes pour l'empêcher de démembrer un Caius qui, derrière ses gardes, continuait de rire. Marcus intervint pour les séparer mais toutes ses tentatives ne faisaient qu'envenimer davantage la situation. Finalement, Alec usa de son pouvoir sur Aro qui put enfin ne plus entendre ni les moqueries de Caius, ni les "calme toi Aro" de Marcus, ni la voix de la mendiante qui continuait inlassablement de chanter. Mais, malheureusement pour Aro, au bout de quelques secondes, la voix de celle qui l'obsédait tant vint résonner dans sa tête. Pourtant, le don d'Alec était toujours actif mais cela faisait dix jours qu'il entendait cette chanson du matin au soir. Il était donc normal que son cerveau continue de la faire tourner en boucle, même lorsqu'il était privé de son ouïe. Aro se mit alors à crier de toutes ses forces et à frapper tout et n'importe quoi, si bien qu'Alec lui rendit ses sens, constatant que son pouvoir avait empiré les choses. Tous les gardes, ainsi que Marcus, demandaient à Aro de se calmer mais cela ne faisait que l'énerver encore plus. Pourquoi était-il le seul à souffrir de cette maudite chanson ?

Désespéré, il décida de quitter Volterra pour ne revenir qu'en octobre, lorsqu'elle serait partie.


Prochain chapitre : demain même heure (vers 14h30 en France)