Finalement, après relecture, je me suis dit, ça ne peut pas se finir ainsi ! Du coup, me revoilà pour une suite. Après plusieurs réécritures et modifications, je suis satisfaite du résultat. J'espère que vous aimerez aussi.
Je ne touche rien en écrivant, seulement la satisfaction d'écrire.
Hope you enjoy !
LoveJEW
Elle a roulé une bonne partie de la nuit, profitant du calme que l'obscurité a apportée à la circulation. Il est 8 h 23, et il lui reste encore une centaine de kilomètres à parcourir. Soit encore une bonne heure de route si tout va bien. Elle jette un coup d'œil rapide dans son rétroviseur pour observer le petit ange endormi dans son siège auto. Ce petit être est ce qu'elle a de mieux réussi dans sa vie, ce qu'elle a de plus cher à ses yeux. C'est un peu eux deux contre le monde... Elle sourit et reporte rapidement son attention sur la route. La radio se met à diffuser Heartbeats de José Gonzalez et elle augmente un peu le volume. Elle aime beaucoup cette chanson.
"One night to be confused
One night to speed up truth..."
"Une nuit pour être confus" C'est exactement ce qui lui était arrivée. Il n'avait fallu qu'une seule nuit pour que toute sa vie prenne une nouvelle direction. Pas la plus joyeuse des direction, certes, seulement, à cette époque, elle ne le savait pas encore. Elle s'était bien sûr doutée que ce ne serait pas facile, elle s'engageait dans quelque chose de complètement démentiel, mais elle avait tout de même espéré ne pas souffrir de trop. Erreur... Mais aujourd'hui, toute cette douleur n'est plus que poussière comparée à la joie que lui apporte sa fille. A neuf mois, elle porte un regard éveillé sur le monde qui l'entoure. Elle s'extasie devant les jeux musicaux que sa mère lui a acheté, grimpe partout où elle peut, commence à gazouiller quelques syllabes, parfois un ou deux mots... Elle aime aussi particulièrement jouer avec les téléphones portable...
"We had a promise made
We were in love..."
"Nous étions amoureux..."Oh oui, ils l'étaient. Mais apparemment, elle plus que lui. Mais qu'importe, de leur relation est née Savannah, et ça, ça dépasse tout.
9 h 32. Elles sont enfin arrivées. Elle n'a pas remis les pieds ici depuis bientôt un an et demi. En fait, depuis qu'elle est "décédée". Lorsqu'elle a appris sa grossesse il y a presque 18 mois, elle n'avait pas vu d'autre solution que de se faire passer pour morte. Elle était seule, lui étant déjà avec quelqu'un. Leur relation ne pouvait et ne devait exister, mais le fait est qu'elle existait bel et bien. Elle se retrouvait donc dans le rôle de la maîtresse, la fille un peu naïve et utopiste. Celle qui croit que l'homme qu'elle aime quittera sa compagne pour qu'ils puissent vivre leur relation au grand jour, qu'ils puissent enfin être heureux... Mais rien ne se passe réellement ainsi dans la vraie vie. Ce serait trop facile. L'infidèle trompe sa femme avec la maîtresse, promet qu'il quittera sa compagne bientôt, mais ne fait jamais le quart de ce qu'il dit. Un homme infidèle ne quitte jamais sa femme, il se sent trop coupable pour ça... Et dans l'histoire, c'était elle la maîtresse, la fille seule, la naïve, l'utopiste...
Elle n'avait donc vu que les problèmes s'accumuler : elle était jeune, seule, en danger à chaque secondes de sa vie, amoureuse d'un homme dont elle n'aurait jamais du l'être, et par dessus tout, elle était maintenant enceinte. Alors, oui, elle avait choisit la facilité en fuyant. Personne n'aurait compris sa grossesse de toute façon. Personne n'aurait compris ce qui la liait avec son amant. La morale même était contre elle, contre eux. Alors, pas la peine de perdre du temps en tentant de s'expliquer. C'est donc ainsi que Claire Bennet venait de décéder de façon très soudaine et surtout très inattendue.
Comme d'habitude, la porte est ouverte. Lyle est au lycée, et sa mère vient de partir elle aussi, au toiletteur certainement, il y a quelque minutes. Tous deux en auront pour toute la matinée, ce qui lui laisse quelques heures devant elle. Lorsqu'elle pousse la porte d'entrée, un flux de souvenir la submerge. Le simple fait de passer le pas de la porte lui rappelle à quel point elle a été heureuse dans cette maison. Le plaisir simple de sentir l'odeur des cookies chauds tous les matins, d'entendre sa mère chantonner un air de Jeff Buckley, les pseudo disputes avec Lyle, ou les discussions avec son père. Tout ça lui manque tellement... Combien de fois a t-elle composé le numéro de téléphone de son père ?, avant de raccrocher brusquement...
L'intérieur n'a pas changé. Toutes les photos sont là, peut-être même un peu plus qu'avant... Le vieux fauteuil de cuir qu'elle affectionnait tant ce trouve toujours face à la cheminé, sans oublier toute la panoplie des trophées en tout genre de ce cher MrMuggles, soigneusement rangés dans la vitrine disposée à cet effet à l'entrée. Mais l'atmosphère si chaleureuse qui habitait autrefois cette maison a disparue...
Elle referme délicatement la porte, essayant de ne pas faire trop de bruit. Savannah ne dit rien, elle se contente simplement d'observer avec attention le milieu qui l'entoure. Et comme si elle aussi avait senti tous les souvenirs, elle colle sa petite tête blonde un peu plus contre le corps de sa maman tout en suçant son pouce. Elle avance vers le bureau de son père, et le vois assis, dos à elle, en train de pianoter sur son clavier. Son cœur se met alors à battre plus vite.
« - Bonjour Papa...
Noah Bennet arrête toute activité lorsqu'il entend cette voix. Douce, chaleureuse, mais avec ce grain de tristesse. Pour lui il n'y a aucun doute, c'est bien celle là, celle de sa petite fille, sa Claire Bear... Il croit d'abord à une hallucination, avant de se rendre compte en se retournant qu'il s'agit bien de sa fille, debout devant lui, et bien vivante. Dix-huit mois. Cinq cent quarante neuf jours qu'il espérait la revoir passer le pas de la porte, souriante. Il n'y avait jamais vraiment cru, même si l'image de sa fille inanimée et les yeux clos le hantait tous les jours. Il avait tout de même gardé cet espoir. Celui que le déni nous offre... Cruelle petite parcelle de paradis pour une vie qui sombre dans les ténèbres que sont la perte d'un enfant... Il se lève alors de son fauteuil, et sans même s'en rendre compte, se dirige vers la jeune femme.
Claire avait imaginé des milliers de scénarios possibles, des milliers de phrases qu'elle aurait pu, même qu'elle aurait dû lui dire, pour pouvoir lui expliquer. Lui dire pourquoi. Pourquoi elle avait disparue en se faisant passer pour morte... Mais en le voyant pour la première fois depuis longtemps, la seule chose dont elle a envie, c'est de le prendre dans ses bras et le serrer le plus fort possible... Elle sort rapidement de sa réflexion en sentant deux bras l'entourer, et, sans aucune hésitation, elle se blottie contre lui, oubliant l'espace de quelques secondes les derniers mois... Comme si elle n'était jamais partie.
- Mama, Mama...
Noah se détache doucement de sa fille de façon à voir d'où vient cette petite voix. Trop surpris ou trop heureux, voir même pour les deux raisons, il n'avait même pas fait attention à la petite blottie contre Claire... Il regarde sa fille, puis la petite fille. Et soudain, c'est comme si une lumière venait éclairer la fin d'un long couloir. Tout est plus clair, limpide et parfaitement logique. Il y avait d'ailleurs pensé, mais avait vite oublié cette hypothèse trop improbable. Pas tant que ça il faut croire...
- Elle lui ressemble beaucoup, lance t-il souriant. Les mêmes yeux...
Claire le regarde, peu sure de ce qu'elle vient d'entendre. Mais ce qu'elle lit dans le regard de son père la surprend et ne laisse aucun doute. C'est impossible, il ne peut pas savoir. Ils avaient été discrets, prenant garde de ne pas faire un geste trop explicite, gardant toujours un ton qui se voulait fraternel. Comme un chef d'orchestre contrôlerait ses musiciens, leurs apparitions publiques étaient calculées minutieusement. En dehors de leur rendez-vous à deux, ils jouaient à un jeu. Et la musique avait parfaitement fonctionné, puisque leur manège a duré près d'un an.
- Je crois qu'il faut qu'on parle.
- Je suis ici pour ça, répond-elle simplement.
Il lui lance un regard protecteur et ils se dirigent dans le salon.
- Quel âge a t-elle ?
- Neuf mois, dix le 24 prochain, lui répond-elle tout en regardant sa fille. Tu veux la prendre ?
- Hum, je ne suis pas sur ma Claire Bear...
- Papa, c'est un bébé, elle ne va pas te manger, lui dit-elle en riant.
Claire se lève et lui tend sa fille. Il sourit et la prend délicatement. Elle les regarde tous les deux et se rend compte de tout ce qu'elle a perdu en partant comme une voleuse il y a plus d'un an. Mais à cette époque, cela paraissait être la meilleure des solutions, et ça l'est toujours. Sortir de l'anonymat serait trop dangereux, pour elle et pour Savannah. Sylar, la compagnie, sa famille biologique. Trop d'obstacles viendraient interférer dans sa vie, et ça, elle était sur de ne pouvoir le supporter. Non, c'est la meilleure des solutions.
- Savannah... Savannah Sandra Bennet Petrelli, lui dit Claire.
- Bienvenue ma petite fille... Tu ressembles à ta maman sweetie...
- Siiiiiti, siiiiti !
Claire rit en entendant sa fille. Cette petite est un vrai phénomène. Elle est terriblement fière d'avoir réussit à faire ce petit bout de chou. Une des choses qu'elle a le mieux réussit dans sa vie, sans aucun doute. Elle s'assied dans le fauteuil face à son père et les observe quelques instants, histoire de garder ces images gravées à jamais dans son esprit. Elle sort son portable et en profite pour faire une photographie. 9 h 50. Elle doit faire vite. Il faut qu'elles soient reparties avant 11h 45.
- Papa j'ai un problème...»
Trois léger coups contre la porte se font entendre et quelques secondes après, celle ci s'ouvre puis se referme. Instinctivement, Claire porte un regard à sa fille qui joue au pied du canapé, avant de se lever et rassembler ses affaires. Son père la regarde et lève les sourcils en signe de surprise. Apparemment, il n'a aucune idée de qui ça peut être. Il lui fait signe de rester où elle est et de ne faire aucun bruit.
« - Mr Bennet ? lance une voix masculine.
- J'arrive !
- Je suis entré sans frapper comme vous me l'avez dit la dernière fois, reprend l'homme. J'espère que je ne vous dérange pas !?
- Absolument pas, répond-il tout en le rejoignant. Que me vaut le plaisir ?
- Je suis venu pour les photos. Vous m'avez dit de passer hier, vous ne vous rappelez pas ? demande t-il quelque peu surpris.
- Oui, effectivement. Excusez moi je suis un peu surmené ce matin... Vous n'avez qu'à commencer à monter, je...
Il fut intérompu par des bruits venant du salon, puis quelques secondes après, par une petite frimousse blonde marchant à quatre pattes...»
