Bonjour, voici le chapitre 2 de cette histoire. Je pense réussir à publier un chapitre par semaine. Le troisième chapitre sera donc publié dans le courant de la semaine prochaine. Merci pour les reviews à BJungleJulia, Celia123 et LauXelle (à qui je vais de ce pas répondre en privé). J'espère que vous prendrez autant de plaisir à lire ce chapitre que j'ai pris à l'écrire.

Bonne lecture !


CHAPITRE 2 - « Touched the sound of silence »

POV Hannah

Le lendemain de la nouvelle de l'agression, je me rendis en avance à mon premier cours de la journée dans les cachots de Poudlard. Plus rien ne semblait avoir troublé la vie paisible que nous menions. Nous n'en savions pas plus sur ce qui s'était passé, le personnel enseignant ne laissant rien filtrer. Dumbledore avait simplement appelé au calme la veille au soir pour apaiser les inquiétudes.

J'avançais, perdue dans mes pensées lorsqu'une silhouette adossée à un mur attira mon attention. Les cheveux longs et la cravate vert et argent de son uniforme ne pouvaient me tromper : l'objet de mes fantasmes. Il se tourna vers moi lorsqu'il entendit le bruit de mes pas. Il semblait m'attendre. Une chaleur soudaine s'empara de mon corps et je me sentis rougir légèrement lorsque son visage ne fut plus qu'à quelques centimètres du mien.

« Je te cherchais, Hannah... »

Il avait murmuré ces quelques mots insistant sur les dernières syllabes. Il était si proche que je sentais son souffle chaud sur ma joue. Mon cœur battait la chamade. Cette intimité soudaine entre nous me perturbait.

« Ah oui ? dis-je d'une toute petite voix.

_ J'organise une petite soirée samedi. Pour fêter ta victoire. »

Mon cerveau fonctionnant au ralenti, je mis un certain temps à me souvenir du match Serpentard contre Gryffondor à venir. Je n'eus pas le temps de répondre car déjà Evan me contournait pour reprendre sa route un petit sourire victorieux sur les lèvres. Je restai seule, frissonnant.

Je n'avais pas vu Regulus s'approcher de moi tandis que je restais plantée devant la salle de classe. Il me jeta un regard d'avertissement. J'en déduisis qu'il avait dû surprendre mon tête à tête mais je décidai de l'ignorer. Je n'avais aucune envie de me disputer avec lui à ce sujet.

Bientôt, notre professeur de potion arriva et nous fit entrer dans sa classe. Je pris place à côté de mon binôme qui n'était autre que ma plus proche amie, Sixtine Bowman, élève de Serdaigle. Elle releva ses cheveux blonds en un chignon négligé me laissant voir les traits de son visage. Elle était apparemment contrariée.

« Un problème ? lui demandai-je vaguement inquiète.

_ Je t'ai vu avec l'autre serpentard. »

Il n'y avait aucune note de reproche dans sa façon de s'adresser à moi. Elle avait dit cela d'un ton neutre comme une constatation. Elle avait cette capacité à dire des choses importantes comme elle m'aurait demandé de lui passer le pot contenant les veracrasses. Pour autant, je me sentis coupable et désireuse de me défendre.

« Pas toi, Sixtine. Je croyais que tu ne te souciais pas de ce genre de choses.

_ Je ne voudrais pas qu'il t'arrive du mal, c'est tout. Pourquoi un garçon comme Rosier s'intéresserait à une fille comme toi ? »

Mon amie continua de découper ses ingrédients sans me regarder. J'étais vexée par sa remarque même si une petite voix dans ma tête se posait la même question. Mon ascendance et mon absence d'engagement dans la cause du Seigneur des Ténèbres auraient dû être des repoussoirs. De plus, il paraissait tellement insensible que la probabilité qu'il ait un faible pour moi semblait invraisemblable.

« Tu as peur que ce soit une sorte de pari pour se moquer de moi ? »

Elle ne répondit pas mais elle se tendit légèrement et je compris que j'avais touché juste. Sixtine avait un caractère insaisissable. Elle était plutôt solitaire mais nous avions trouvé un point d'entente sur le sujet des potions, notre passion commune. Malgré nos maisons respectives, notre complicité s'était renforcée au cours des années et je savais qu'elle avait souvent de bonnes intuitions.

« Je ferai attention, ne t'inquiète pas... Par contre, juste pour info, l'oeil gauche de Lovegood te fixe depuis tout à l'heure. »

J'avais décidé de faire dévier la conversation sur son cas. Je la vis, avec surprise, rougir lorsqu'elle leva la tête et croisa effectivement le regard d'un de nos camarades. Xenophilius était véritablement un phénomène. Avec son léger strabisme et ses bizarreries, il était l'objet de nombreuses moqueries mais il se montrait toujours sympathique et les gens l'appréciaient malgré tout. Skeeter s'était vue contrainte de lui laisser une colonne dans le journal de l'école où il se laissait aller à ses délires et à ses soi-disants découvertes. Lui aussi à Serdaigle, j'avais vite compris en l'observant qu'il vouait une vénération sans borne à Sixtine. Jusqu'à présent j'avais cru qu'elle était imperméable à son charme.

« Sérieusement, Sixt', pas Lovegood ! » murmurai-je perplexe.

Ses yeux papillonnèrent et elle répondit d'un ton rêveur : « Il est gentil ». Je n'insistai pas, après tout cela ne me regardait pas vraiment et elle pouvait bien s'enticher de qui elle voulait.

Quelques heures plus tard je rejoignis la Grande Salle pour le déjeuner, avec soulagement. Je mourais de faim. J'étais tranquillement installée à côté de Regulus qui boudait lorsqu'une chouette que je connaissais bien me tendit sa patte en lorgnant du côté de mon assiette. Noah l'avait vraiment mal élevée. Je jetai un coup d'oeil vers la table des Gryffondor mais mon frère n'y était pas. Je me demandai ce qu'il voulait. Ce devait être urgent pour qu'il n'attende pas de me voir. C'est pourquoi je saisis rapidement le bout de parchemin tout en proposant à manger à l'animal affamé.

Retrouve moi ce soir au septième étage à 20 heures. Ne pose pas trop de questions, je t'expliquerai tout une fois sur place. C'est important, ne sois pas en retard. N'en parle à personne.

Noah

PS : J'ai entendu des rumeurs selon lesquelles il se passerait quelque chose entre Rosier et toi. Je ne doute pas qu'elles sont infondées.

Je reconnaissais bien là le style lapidaire et quelque peu autoritaire que savait prendre mon frère. Je me demandai ce qu'il pouvait bien me vouloir et m'inquiétai quelque peu. Quant à son allusion à Rosier, je n'étais pas dupe : il se doutait qu'il y avait un fond de vérité et voulait que cela cesse. Comment avait-il pu en avoir vent d'ailleurs ? Je fus tout à coup prise d'un doute. J'attrapai le journal du matin qui traînait encore sur la table et l'ouvris à la page « actu people ». Une petite colonne m'y était consacrée. Ou plutôt une petite colonne était consacrée à Evan et j'étais citée. J'aurais dû m'en douter : il était une personnalité dans l'école et tous ses faits et gestes étaient scrutés. Je parcourus rapidement la page : on y parlait beaucoup des Maraudeurs et j'espérais qu'à côté, mon cas était passé inaperçu. Les remarques et les questions de mes camarades au cours de l'après-midi auraient vite fait de me détromper...


POV Remus

J'étais anxieux en songeant à ce qui allait se passer le soir même. Une personne de plus serait au courant de ma situation et elle détiendrait mon avenir entre ses mains. James était allé parler à Noah dans la matinée lui expliquant le problème. Celui-ci s'était d'abord montré réticent, peu désireux de mêler sa sœur à une telle histoire, ce que je pouvais aisément comprendre. Sirius s'était alors allié à James pour le convaincre, lui faisant ses yeux de chien battu. Je ne sais par quel miracle cela avait fonctionné et Noah avait promis qu'il jouerait les intermédiaires. A ma grande surprise, il paraissait ne pas douter de sa réaction alors que moi-même il me paraissait incroyable que cette fille qui me connaissait à peine ne me fuit pas à toute jambe.

Nous avions décidé de nous réunir dans la Salle sur demande pour ne pas être dérangés. Je m'assis dans un fauteuil pour patienter. La salle avait pris l'apparence d'un salon au confort intime en adéquation avec l'idée que je me faisais d'une réunion secrète. Sirius, Peter et James discutaient tous les trois des derniers résultats de Quidditch tandis que Lily restait silencieuse. Je remarquai que son regard revenait régulièrement sur James ce qui me fit froncer les sourcils et je me mis à l'observer plus attentivement. Elle s'aperçut rapidement que je la regardai ce qui lui fit baisser les yeux, rougissante. Se pouvait-il qu'elle éprouve quelque chose pour le garçon qu'elle avait repoussé sans ménagement durant notre cinquième année ? J'espérais me tromper. James était très amoureux de sa petite amie et je n'avais pas envie de voir Lily souffrir. Son attitude tendait toutefois à m'indiquer que mon intuition était juste.

Je fus interrompu dans mes pensées par l'arrivée de Noah qui précédait sa sœur. Je ne pus m'empêcher de la détailler en songeant à ce qu'elle allait bientôt apprendre. Ses cheveux bruns ondulaient sur ses épaules retenus par une simple barrette. Elle ne devait pas avoir eu le temps de se changer car elle portait encore son uniforme. Son regard se fit interrogateur, indécis en découvrant notre présence. Nous lui avions laissé une place de libre face à moi, une table basse nous séparant. La disposition avait été définie de façon stratégique par Lily. Ainsi, cette dernière se tenait à côté de moi pour signifier à Hannah qu'elle ne me craignait pas. Noah était à côté de sa sœur pour l'apaiser. Il avait passé un bras par dessus le dossier du canapé dans lequel ils étaient assis. Les trois autres garçons fermaient le cercle.

« Noah, si tu pouvais m'expliquer ce qu'il se passe... »

Elle s'était exprimée d'un ton qui dénotait une certaine curiosité mais aussi une grande perplexité. Je la sentais perdue mais pas inquiète.

« Nous allons te révéler quelque chose ce soir que tu ne devras répéter à personne.

_ Pourquoi ?

_ Parce que nous avons besoin de ton aide, déclara Lily.

_ Tu vas devoir signer un parchemin ensorcelé pour que nous puissions être assurés de ton silence », ajouta Sirius dans la voix duquel je sentais de l'impatience.

Lily lui jeta un regard d'avertissement. Elle nous avait recommandé à plusieurs reprises de ne pas la brusquer. Mais Sirius n'en avait que faire et il présenta un parchemin et une plume à la jeune fille de façon péremptoire. Celle-ci n'esquissa pas le moindre geste pour les saisir.

« Signe et nous pourrons parler, appuya Sirius.

_ Non. »

Sa voix avait résonné dans la pièce silencieuse et elle nous regardait à présent avec une certaine défiance.

« Je ne vais pas signer ce bout de papier sans connaître les conditions exactes de l'accord.

_ Le Choixpeau ne s'est pas trompé lors de la répartition Whitmore, s'amusa James. Ce que Padfood essayait de te dire avec sa délicatesse habituelle, c'est que si tu signes ce papier tu ne pourras rien dire de ce dont nous allons parler ce soir à moins de vouloir subir un sort peu enviable. Nous ne pouvons rien te dire sans avoir cette assurance.

_ Ne me dites pas que vous avez tué quelqu'un et que vous voulez que je vous aide à cacher le corps ! »

Je peinais à discerner les sentiments qui l'habitaient, entre l'amusement, la curiosité mais aussi un certain agacement.

« Ce n'était pas une bonne idée finalement », déclarai-je.

Je commençai à esquisser un geste pour récupérer le parchemin lorsque sa main se posa sur la mienne pour l'arrêter. Je me perdis pour la première fois dans son regard d'un bleu si sombre qu'il en était presque noir. Elle avait penché la tête pour m'observer comme si elle réfléchissait. Je retins mon souffle, attendant que quelque chose se passe.

« Je vais le faire. »

Nous la vîmes apposer sa signature, le visage impassible. Elle releva la tête et sourit avant de demander : « alors ? » Nous nous étions mis d'accord pour que ce soit Lily qui se charge des explications.

« D'abord, il ne faut pas t'affoler quand nous allons te faire cette révélation. Il n'y a absolument rien à craindre. »

J'aurais presque eu envie de sourire devant le haussement de sourcil d'Hannah, si la situation n'avait pas été si tendue. Les phrases sibyllines de Lily ne devaient pas aider à la compréhension de toute cette histoire.

« Et si tu allais droit au but ?

_ Tu connais les loup-garous n'est-ce pas ? »

Hannah se redressa. Par cette simple question, Lily avait capté toute son attention. Elle hocha la tête.

« Nous essayons de trouver une potion qui permettrait de faciliter la vie de ces hommes. »

Je remerciai silencieusement mon amie d'employer des termes qui insistaient sur l'humanité des lycanthropes.

« Vous voulez faire cela pour celui qui rôde dans la Forêt interdite ?

_ Comment sais-tu qu'il y en a un ? questionna Peter, surpris.

_ Il faut être stupide pour ne pas le savoir », répondit Hannah d'un air dédaigneux.

Je jetai un regard vers Noah qui levait les yeux au ciel. Cela avait peut-être un lien avec le fait qu'il était persuadé que tout se passerait bien. En effet, la jeune fille ne semblait pas vraiment perturbée par notre conversation.

« Ma petite sœur est une élève assidue en cours de soin aux créatures magiques. Je suppose qu'elle sait repérer les signes.

_ Vous connaissez un loup-garou ? » demanda Hannah.

Je sentis dans sa voix une excitation inattendue, dénuée de crainte. Tout à coup, ses yeux se posèrent sur moi. Elle se redressa légèrement et s'avança vers moi. Elle me scrutait alors que ses lèvres s'étiraient en un sourire timide. Au moment où je comprenais que j'étais percée à jour, je pris conscience qu'il n'y avait aucun dégoût dans le regard qu'elle portait sur moi mais au contraire une certaine fascination.

« Par Merlin ! » s'écria t-elle tapant dans ses mains comme une enfant devant des sucreries. L'idée d'être considéré comme un bonbon était relativement nouvelle pour moi et me mettait quelque peu mal à l'aise. Elle dut s'en apercevoir car elle se rassit, tentant de se calmer.

« Je suis désolée, je ne veux pas me montrer malpolie. Tu ne dois pas avoir envie d'être observé comme une bête curieuse.

_ C'était inespéré que tu comprennes aussi vite et que tu le prennes aussi bien, déclara James reflétant ma propre pensée.

_ Je vous l'avais dit les gars, ajouta Noah. Hannah a des lubies et les loup-garous en font partis.

_ Arrête de parler de moi comme si je n'étais pas là. J'ai juste étudié beaucoup de choses sur eux.

_ Tu serais prête à nous aider ? demanda Lily qui ne perdait pas de vue le but de cette réunion.

_ Pourquoi moi ?

_ Tu dois bien t'en douter. Tu es extrêmement douée en potions et comme on connaissait déjà ton frère...

_ Je n'arrive pas à croire que tu ais su une chose pareille et que tu ne m'aies rien dit ! s'agaça Hannah.

_ Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, c'était un peu classé confidentiel défense. Si on en revenait plutôt à nos moutons, intervint Sirius, ce qui lui valut un coup d'oeil soulagé de la part de Noah qui n'avait visiblement aucune envie d'affronter sa sœur.

_ Je veux bien vous aider. Ça a l'air amusant mais vous avez conscience de ce que cela implique ? »

Lily acquiesça, répétant ce qu'elle nous avait déjà dit sur la difficulté d'inventer une telle potion.

« Oui, mais cela veut aussi dire qu'il va falloir manipuler des ingrédients extrêmement dangereux et donc aussi probablement les voler. »

Je vis Lily afficher une mine gênée. Elle avait déjà dû réfléchir à tout cela. Sirius et James affirmèrent tous les deux en même temps qu'ils s'occuperaient de ce genre de détails. Pendant tout le temps de la conversation, Hannah continuait de me regarder sans dissimuler sa curiosité. Toutefois, elle le faisait avec un tel naturel que je ne parvenais pas à lui en vouloir et la laissai faire. Je n'avais pas de mal à saisir comment elle avait deviné. De tous ceux qui étaient dans la pièce, j'étais sans doute le seul à pouvoir correspondre aux critères.

Notre projet tenait de l'irréalisable. C'était un projet fou que Sirius avait eu et dans lequel nous l'avions suivi. Hannah passa le reste de l'heure à nous exposer tous les obstacles qui se présenteraient à nous. Malgré tout, elle semblait déterminée. Les deux filles discutaient avec vivacité, se répartissant leurs rôles respectifs, établissant un plan d'attaque. Elles allaient essayer de m'aider, et même si elles ne s'engageaient pas quant à la réussite de ce projet, je me sentais rassuré pour la première fois depuis très longtemps.

Le samedi suivant je me rendis tôt à la bibliothèque pour travailler. Les garçons préféraient faire la grâce mat', je savais donc que je ne serais pas dérangé durant un moment. Leur facilité à réussir sans travailler – du moins pour James et Sirius – m'étonnait toujours. Pour ma part, je n'avais aucune envie de prendre du retard sur mes devoirs. La perspective des Aspics à la fin de l'année ne laissait guère de répit et mes absences mensuelles rendait ma scolarité compliquée.

Je longeai les étagères cherchant une table de libre lorsque mon regard se posa sur Whitmore. Je ne lui avais pas reparlé depuis l'épisode dans la Salle sur demande. Lily et elle s'étaient mises d'accord sur la marche à suivre et bien qu'étant le principal concerné je n'étais pour le moment pas sollicité.

Ce jour-là elle semblait particulièrement occupée. Des piles de livres s'entassaient devant elle et elle écrivait avec précipitation sur des feuilles volantes, visiblement très concentrée. Elle avait relevé ses cheveux en une queue de cheval et elle portait des lunettes qui lui donnaient un petit air sérieux. Je m'en voulus de la détailler autant mais ne pus m'empêcher de m'approcher pour lui parler.

« Salut Hannah ! »

Elle releva la tête surprise, ne m'ayant pas entendu arriver. Elle me sourit avec chaleur.

« Tiens, salut Lupin. C'est marrant que tu sois là, j'étais justement en train de faire des recherches pour tu-sais-quoi », dit-elle en désignant les livres étalés autour d'elle.

Je m'emparai de quelques ouvrages pour voir de quoi il retournait : des livres de potions, de mythologie, de botanique puis d'autres ouvrages que je peinais à déchiffrer. Ils étaient écrits en runes anciennes, une matière que j'avais abandonnée depuis mes Buses. Hannah dut percevoir mon incompréhension.

« Ces livres sont des mines d'or. Nos ancêtres étaient bien plus évolués qu'on ne le croit et ils avaient découvert des choses qu'on a oubliées depuis. Ils étaient terrifiés par les créatures de la nuit et avaient trouvé de nombreuses astuces pour s'en protéger.

_ On ne peut dire que de ce point de vue là ça ait beaucoup changé, répondis-je amer.

_ Les vieilles habitudes sont souvent bien ancrées. Les gens ont peur de ce qu'ils ne connaissent ou ne comprennent pas... » déclara-t-elle en secouant la tête.

Je m'aperçus que je trouvais cette fille sympathique. Mes amis avaient accepté mon état de lycanthrope mais ils me connaissaient déjà. Avec elle, c'était différent. C'était étrange d'intéresser quelqu'un, non pas malgré ma situation, mais au contraire à cause de cette même situation. Et cet intérêt, je le sentais ainsi du moins, était respectueux.

« Alors comme ça, tu lis les runes anciennes ?

_ Oui, enfin je suis encore lente pour déchiffrer mais je me débrouille assez pour pouvoir utiliser ces livres.

_ Je peux t'aider ? C'est vraiment très gentil de prendre du temps pour moi, je ne voudrais pas que tu prennes du retard dans tes cours. »

Elle émit un petit rire amusé et aussi un peu gêné me sembla-t-il.

« Je préfère être honnête Lupin. Je crois que je fais surtout ça pour moi. J'occupe mon temps à quelque chose d'intéressant et c'est un véritable défi. Ça me passionne. »

Elle me jeta un regard en biais comme pour être sûre qu'elle ne m'avait pas vexée mais ce n'était pas le cas. J'aimais sa franchise, c'était rafraîchissant. Je souris tout de même en songeant qu'elle n'était pas à Serpentard pour rien. Elle accepta que je lui donne un coup de main. Elle me confia les livres écrits en anglais me demandant de rechercher ceux qui pouvaient être intéressants. Je m'acquittai de ma tâche avec entrain, heureux d'être utile. Nous restâmes ainsi côte à côte, travaillant en silence. Un silence agréable, paisible, troublé uniquement par quelques questions de ma part pour m'assurer que j'allais dans la bonne voie. Mes sens de lycanthrope s'enivraient de son parfum floral et légèrement sucré.

C'est alors qu'un hurlement se fit entendre suivi de bruits de pas précipités. Je ne compris que des bribes de phrase : « Il y a du sang partout », « une autre agression », « je crois qu'elle est morte ! ». Nos regards se croisèrent, reflétant le même sentiment : l'horreur.