bonsoir tout le monde

alors, j'avais pas forcément prévu un suite pour ce texte des visites nocturnes, mais j'en ai écris une sur un coup d'inspiration dans un moment où j'avais le temps d'écrire.

Alors, c'est pas plus joyeux que la première partie, voire même, c'est pire... enfin, vous vous ferrez une idée vous-même.

J'ai écouté une mélodie en écrivant, il s'agit de celle-ci sur youtube :

Emotional Music - A Nostalgic Dream sur la chaîne de Peter Gundry Composer

J'espère que vous aimerez ce texte... je suis désolée pour le sujet très dur que je traite ici.

Texte qui n'est passé chez ma bêta

Bonne lecture.


J'aimerais t'en parler, Dean. J'aimerais qu'on puisse discuter de tout ça, mais je sais que tu vas me rembarrer. Je sais que parler, c'est pas ton truc. Alors j'attends, j'attends qu'un jour tu fasses le pas. Qu'un jour tout cela sorte de toi. Je suis persuadé que ça te ferait du bien.

J'aimerais pouvoir te dire que j'ai envoyé notre père en Enfer pour que son âme soit torturée par les démons de Crowley des plus horribles façons qui se puisse. J'aimerais te dire qu'il va récolter ce qu'il mérite.

J'en reviens même pas qu'il était au Paradis. Comment se fait-il qu'il y ait eu droit ? Je ne comprends pas. Est-ce que la justice divine n'existe pas ?


oo00oo

Tu arrives dans la cuisine du bunker et tu jettes le journal ouvert sur la table. Je le prends et jette un œil à l'article en première page. Une affaire de meurtre.

Je lis attentivement et un frisson me remonte le long du dos. Un frisson d'horreur.

- Un enfant de huit ans a tué son père ?

- Il ne s'est pas contenté de le tuer, il l'a mangé. Si ça, c'est pas notre genre d'affaires.

- C'est notre genre d'affaires. Tu penses à quoi ? Une possession démoniaque ?

- Je crois pas. Ils sont pas du genre à posséder des gamins.

- Un spectre, alors ?

- Ouais, p'tête bien. Hé Sammy, Castiel était au bunker la nuit dernière ?

- Pourquoi cette question ?

Ton regard fuit vers la droite subitement. Tu te racles la gorge et réponds un peu rapidement :

- Nan, pour rien, oublie ça !

Et tu avales ton café lentement.

Aurais-tu senti la présence de Castiel cette nuit ? Aurais-tu senti qu'il a apaisé tes songes ? Apaisé ton âme torturée par les images horribles que tu revoyais ? J'ouvre la bouche, parce que je veux t'en parler, et puis, je me maudis d'être lâche, parce que je ne dis rien, je referme la bouche et termine mon café en silence.

Je ne sais pas comment t'en parler. Quels mots utiliser ? Comment faire pour aborder ce sujet sensible et douloureux pour toi ? Je ne peux pas me mettre à ta place, Dean, et je ne le pourrai jamais parce que je n'ai pas connu ça. Notre père ne m'a jamais touché. Je n'ai jamais subis. Je ne crois même pas l'avoir un jour vu nu de ma vie, et toi…. À toi, il t'a imposé bien plus que la vision de lui sortant d'une douche.


oo00oo

Nous partons pour nous rendre sur l'affaire vue dans le journal. Tu conduis avec le sourire, tu fredonnes tes chansons préférées.

- Ça va, Sammy ?

Je sursaute. J'étais dans mes pensées. Je ne cesse de l'être depuis cette nuit. Depuis que je sais.

- Euh… J'étais en train de réfléchir à l'affaire. Tu te rends compte, le gamin, il a quand même mangé son père. Faut sacrément avoir un problème avec lui pour en arriver là, et pour le tuer aussi, bien sûr.

- Mouais. Mais c'est sûrement un monstre. Ce gosse n'était sans aucun doute plus humain.

- Tu sais, ça m'est déjà arrivé d'avoir envie de frapper papa. Et toi, tu y a déjà penser ?

- Des fois, quand j'étais jeune. Papa a été plus souple avec toi qu'avec moi.

- Ouais je sais. J'étais quatre ans plus jeune que toi, alors je m'en rendais pas compte. J'ai jamais osé lui en coller une, pourtant, lui, il ne s'est pas vraiment gêné, parfois.

- T'as vu la vie qu'il menait ? Ça devait pas être facile. Il nous a élevé seul. Il a fais ce qu'il a pu.

- Mais il aurait pu… boire moins. Combien de fois t'as pris des roustes, hein ?

- Je le mettais beaucoup en colère. Je lui désobéissais souvent. Je devais te surveiller, et je ne le faisais pas toujours comme il fallait.

- Tu étais juste un enfant, Dean.

- Mon rôle était de veiller sur toi. Tu étais petit, tu ne pouvais pas le faire tout seul.

Oh Dean, je réalise en t'entendant parler à quel point papa ne t'as pas élevé comme un fils. Je vois seulement à quel point il t'a dressé comme un soldat. T'as pas eu le droit d'être un enfant, ni un ado. T'as juste dû obéir et te taire et subir des choses horribles quand il n'était pas content de toi.

- Dean…

Et puis, je finis par te dire, 'non rien'. J'ai pas le courage. Je sais pas quoi dire et ton air fermé ne m'aide pas. Je sens bien que tu ne veux plus que l'on parle de papa, pas là, pas maintenant. Peut-être que c'est parce que tu sais de quoi tu as rêvé cette nuit ? Peut-être que c'est tellement douloureux pour toi que tu fais juste comme si cela n'avait jamais existé ? J'ai lu quelque chose sur ce sujet il y a quelques temps. Certains victimes d'abus enferment ces souvenirs si profondément dans leur mémoire qu'ils sont persuadés que ce n'est jamais arrivé. Chacun semble avoir sa façon de gérer ce passé douloureux. Comment le gères-tu exactement, toi ? Avec l'alcool ? Avec les femmes ? En tuant des monstres ? Je ne sais pas et je sens que ce n'est pas aujourd'hui que tu vas me le dire.


oo00oo

Tu es perturbé. Je le sens, je le vois. Tu m'a demandé de prendre le volant et ça, c'est un signe que quelque chose ne va pas chez toi. Je le sais, je te connais depuis le temps que je suis avec toi sur les routes. Faut vraiment que tu sois mal pour me demander de prendre 'Baby' en mains. Parfois j'insiste et tu me la laisse, mais tu ne me la confies presque jamais de toi-même. Cette affaire sur laquelle on a travaillé ces trois derniers jours t'a remué, je le vois bien et je sais pourquoi. Au final, c'était pas le gamin qui avait tué et mangé son père, c'était un chien de l'Enfer. Le gosse avait passé un pacte avec un démon. Il voulait seulement que son père arrête de lui faire du mal et le démon était venu à lui avec un plan tout trouvé. J'ai vu ton expression changer dès que le gamin a avoué que son père abusait de lui. Je ne pouvais pas rater ça. Est-ce que je l'ai vue parce que je sais ou est-ce que je l'aurais vu de toute façon ?

Il a avoué, et tu t'es détourné de lui. Tu m'as laissé prendre en charge ce gosse paumé, terrifié, terrorisé, traumatisé. J'ai fais du mieux que j'ai pu.


- Sam…

Tu veux me dire quelque chose, je l'entends au son de ta voix. Je te jette un regard que je tente de faire le plus doux possible pour que tu n'aies pas peur de te lancer mais un bruissement d'ailes nous fait sursauter tous les deux. Castiel est là, je le vois dans le rétro. Tu te retournes brusquement et croche ton regarde dans le sien.

- Crowley n'y est pour rien, annonce Castiel et je fronce les sourcils.

De quoi il parle ?

- Quoi ?

Tu poses la question à ma place et Castiel ne regarde plus que toi. Il y a toi et lui dans cette voiture et plus personne d'autre. J'ai ce sentiment gênant de ne soudain plus exister, ni pour toi, ni pour Castiel.

- Ce n'est pas lui qui a dit au démon de contacter cet enfant. Il n'y est pour rien. Il est très énervé et l'Enfer tremble de partout en ce moment même.

- Heu… ok, mais pourquoi tu débarques maintenant pour me dire ça ?

- Crowley m'a demandé de vous le dire. Il voulait que vous le sachiez.

- Bien.

Je dis juste ça et le regard de Castiel rencontre le mien dans le rétro. Il pose une main sur mon épaule et dit :

- Crowley fait correctement le travail qu'on lui a confié. La souffrance qu'il lui inflige est à la auteur du crime commis.

Et 'pfiou' Castiel disparaît sans crier gare. Tu sursautes, moi aussi, et tu te retournes pour regarder la route devant nous.

- De quoi est-ce qu'il parle ? tu demandes en grinçant.

Je le sais moi. Castiel parle de la torture que Crowley inflige à papa, mais j'ose pas te répondre.

- Sam !

Tu insistes et plante un regard noir sur moi. Je peux pas Dean… Je peux pas te le dire. C'est pas à moi de le faire, c'est trop dur, tu comprends ?

Non, tu comprends pas parce que si tu comprenais, tu ne m'obligerais pas à arrêter la voiture sur le bord de la route comme tu es en train de le faire. Je capitule, un peu faible face à toi qui est mon aîné.

Je m'arrête et serre le volant des deux mains aussi fortement que je le peux.

- Tu vas cracher la pastille ?

Je ne peux pas.

- Je-je ne peux pas…

Je murmure à peine, espérant que tu ne comprennes pas, mais y a pas un bruit autour de nous, alors forcément, tu as entendu.

- Sam, de quoi tu parles ?

Tu me regardes, inquiet et énervé. C'était pas le bon jour, je le sens tout de suite.

- Écoute Dean… J'aurais dû te réveiller avant de… avant d'entendre, mais je pouvais pas. Je devais savoir.

- Tu devais savoir quoi ?

Ton visage est fermé, ton regard est dur, tu croises même les bras sur ton torse.

- Je devais savoir jusqu'où papa était allé.

Tes yeux s'arrondissent, ta bouche s'ouvre…. Tu sembles ne pas comprendre et puis je la vois, la lumière, se faire dans tes pensées. Ton expression change. Tu passes de l'incompréhension à la panique. Tu dis rien, je pense que tu ne sais pas quoi dire et que tu préfères te taire, espérant certainement que cette conversation soit oubliée très rapidement et pour toujours. Mais je suis lancé, Dean, alors je lâche tout.

- La nuit dernière, tu as crié dans ton sommeil. Je suis venu voir et tu paniquais. Tu as… tu as dis des choses à propos de papa, de ses coups et de… Dean…

Je pose ma main sur ton épaule mais tu la repousses violemment. Tu sors de la voiture, tu inspires l'air de la nuit, tu titubes un peu et tu te passes la main frénétiquement dans les cheveux. Je sors de l'Impala, je te rejoins, mais tu me repousses.

- Dean, papa… il te faisait du mal, beaucoup de mal…

C'est pas une question, mais c'est pas non plus totalement une affirmation. J'attends, quelque part, sûrement, que tu démentes ce que j'ai entendu. Que tu me dises que j'ai fabulé. Que j'ai rêvé…

Tu te mords le poing. Tu tentes de garder ton souffle le plus naturel possible mais t'as du mal. Tu te plies en deux, t'es mal et je le vois bien. T'es pris de vertiges, soudain, et tu appuies ton dos contre 'Baby'.

- Je suis désolé.

Je suis vraiment désolé. Pour la vie que tu as eu. Pour tout ce que je ne savais pas. Pour t'avoir entendu, pour avoir compris. Je suis désolé de te mettre en face de ton passé de cette façon.

Tu t'éloignes de moi, tu ouvres les bras en croix et tu hurles le nom de Castiel. Tu le traites d'enfoiré, de salopard. Il apparaît à côté de moi et dès que je vois son air étonné, j'ai envie de lui coller un pain. C'est de sa faute, il devait se taire, au moins encore un peu.

- Dean, que se passe-t-il ?

Tu arrives vers lui et TU lui colles un pain dans la joue.

- Je savais que t'avais été là. Je l'ai senti, Castiel. Quand est-ce que je t'ai permis de te glisser dans mes rêves ou même dans ma chambre ? QUAND ?

- Jamais, mais c'était nécessaire, Dean. Pardon… j'aurais dû t'en parler.

- Bien sûr que tu aurais dû m'en parler. Et toi aussi !

Tu cries en me pointant du doigt.

- Dean… On devrait en parler calmement.

Mais t'as pas l'air de pouvoir te calmer, ni même d'en avoir envie.

- C'est mon passé, vous n'avez pas à savoir. Vous n'aviez pas à savoir. Ça me regarde, c'est ma vie et j'ai toujours mérité les punitions de papa. J'étais pas le bon fils qu'il voulait.

Alors c'est ça que tu penses vraiment ? Tu penses que tu méritais le mal que papa t'a fait ?

- Dean, personne ne mérite ça. Tu ne le méritais pas.

- Je méritais les roustes que j'ai reçues de papa, toutes. Parce que certains de mes actes ou de mes choix ont faillis te coûter la vie. C'était justifié !

- Tu méritais pas ça. Tu étais un enfant. Un gosse.

- Non. J'ai pas eu l'occasion d'en être un. J'avais pas le droit de me comporter comme un enfant.

- Je sais.

Mon Dieu, Dean, si tu savais comme je le sais que tu n'as pas eu l'occasion d'être l'enfant que tu aurais dû être. Tu as seulement dû être Dean le protecteur, le responsable, le chasseur, le grand frère.

Castiel pose une main sur ton épaule, et étrangement, tu sembles te détendre un peu. Tu ne le repousses pas.

- Les coups étaient mérités.

Tu souffles, sûr de toi, résigné.

Tu crois en ce que tu dis et ça me fait mal de l'entendre.

- Non. Non Dean, ils n'étaient pas mérités. Ni ça, ni le reste.

Tu recules d'un pas comme si je t'avais frappé.

- Quel reste ? De quoi tu parles ?

Le fais-tu exprès ? Est-ce que tu espères que je le dise pour toi ? Que je fasse le pas à ta place ?

- Je parle du fait que papa… abusait sexuellement de toi, Dean.

Je l'ai dit. Je sais pas comment j'ai fait, mais je l'ai dit. Tu vacilles, tu te retiens à Castiel pour ne pas tomber. Le coup est rude et je suis désolé qu'il vienne de moi.

- Papa n'a… jamais…

- Si tu me dis qu'il ne t'a jamais touché, je t'étrangle. Ne me fais pas croire ça. Sois honnête ! Tu l'as dit la vérité, Dean, je l'ai entendue. Ne te voiles pas la face. Pas maintenant. Je te tends une perche, saisis-la, sors de ça avec mon aide et celle de Castiel.

- Tu as peut-être du mal à t'en souvenir parce que tu as enfouis ça trop loin au fond de toi pour ne pas en souffrir quand tu es conscient.

Castiel te parle doucement puis il pose deux doigts sur ton front et tu fermes les yeux le plus fortement que tu puisses tout en serrant dans ton poing un pan du trench-coat beige de notre ami l'ange. Tu rouvres les yeux, tu me regardes et puis tu plonges dans le regard de Castiel. Tu déglutis.

- Je voulais pas me souvenir de ça… Pourquoi ?

- Parce que c'est important, Dean, répond doucement Castiel, le regard ancré dans le tien. Dis-le, Dean.

Tu ne quittes pas Castiel du regard. Je m'approche un peu et pose doucement ma main sur ton épaule. Je te prends dans mes bras, tu ne résistes pas. Tu te laisse aller contre moi.

- Dis-le, Dean.

Je murmure doucement. Tes bras sont autour de moi et je sens des larmes couler sur mes joues et dans mon cou… Les miennes, les tiennes, j'en sais rien et c'est pas vraiment important.

- Dis-le, Dean.

Tu ouvres la bouche, tu me sers à m'en faire craquer les os

- Sa-m-… Papa, il…

Mais tu ne termines pas ta phrase, elle s'évanouit dans la nuit quand tu te mets à pleurer dans mes bras.

- Je suis là, Dean.

Castiel pose une main sur ton dos et murmure:

- Nous sommes là, Dean.


à ce stade, vous vous en doutez sûrement, il y aura une suite.

mais je sais pas quand.. sûrement quand j'aurai un coup d'inspiration fulgurant comme celui d'aujourd'hui.

Bonne soirée

à bientôt

KitsuneA