La Meute des Maraudeurs / Les pouvoirs d'une meute
Remus Lupin sentit son loup remuer dangereusement à l'intérieur de lui.
Sa meute était en danger !
Moony, sa partie loup, montra des dents. Il accusait clairement sa partie Humaine d'avoir fait confiance à la mauvaise personne ! Pourtant, même s'il lui avait permis de maîtriser sa magie en intégrant Hogwarts, Albus Dumbledore ne faisait que lui mentir depuis le tout début ! Et là, sa meute était en danger alors qu'il avait promis de la protéger !
Quand la magie se mit du côté de son loup, Remus se redressa. Il ne pouvait ignorer l'appel de détresse et il était temps qu'il fasse enfin confiance en son instinct.
Se concentrant, il transplana vers le domicile des Potter, la dernière adresse qu'il connaissait de ses amis.
Et fit face à un spectacle horrible.
La maison était totalement détruite.
Il renifla les airs et comprit que cela ne datait d'à peine vingt-quatre heures. Il dénombra plusieurs présences, dont deux morts et un enfant. L'odeur de Rubeus Hagrid était aisément reconnaissable, tout comme celle de Lily, James, Harry et Sirius. Moony montra les crocs quand il reconnut celle de Dumbledore.
Mais aucune autre. Comme si les Aurors ne s'étaient pas déplacés. Après, comme ils étaient en temps de guerre, ils n'avaient peut-être pas le temps …
Comme l'odeur de la mort enveloppait celles de Lily et de James, il comprit que le couple venait de mourir. Mais ce qui l'intriguait, c'était que celle d'Harry ne s'était pas mêlée à celle de Sirius mais à celle d'Hagrid. Or, en cas de décès du couple Potter, la personne désignée pour s'occuper d'Harry était Sirius. Alors, que s'était-il passé ? Ne voulant pas faire de conclusions trop hâtives, Remus décida de se renseigner.
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Quand il avait compris que le chagrin était en train de terrasser Remus, Moony avait pris les commandes.
Il fallait absolument qu'il rassemble le reste de sa meute. Il avait eu la confirmation de la mort de Lily et de James mais également de l'emprisonnement de Sirius qui avait soi-disant livré le couple Potter à Voldemort. Moony avait compris que quelque chose clochait car il n'avait pas senti d'autres odeurs dans la maison des Potter et encore moins de magie de mort. La réalité était donc autre que ce qu'on racontait.
Moony puisa dans les connaissances de son humain pour trouver une solution pour sortir son frère Sirius de sa prison. Le mieux était d'agir pendant la pleine lune, comme cela, il ne serait pas embêté par les scrupules de Remus. Comme les Détraqueurs, gardiens de la prison, ne se focalisaient que sur les Sorciers, il aurait une chance de sortir le jeune homme de là sous sa forme canine.
Mais en attendant la pleine lune, il lui fallait trouver le petit Harry qui était devenu en une nuit le Survivant au lieu d'un rescapé du massacre de ses parents, tout cela parce qu'il avait soi-disant vaincu Voldemort, à la poursuite de la famille Potter depuis quelques temps. Comme il s'agissait d'un louveteau de sa meute, Moony coupla le lien de la meute avec la magie pour retrouver l'enfant. Il transplana donc pour se retrouver dans une banlieue que Remus connaissait.
Et là, Moony gronda.
Il se souvenait parfaitement de la « chose » qui avait osé insulter sa sœur Lily, parce qu'elle était une Sorcière. Moony l'avait directement cataloguée comme ennemie de la meute et y avait rapidement inclus son compagnon et son enfant qui avait frappé Harry sans raison. Il se souvenait également que Remus avait entendu que Lily refusait que son fils soit placé auprès de sa sœur de sang s'il lui arrivait quelque chose et qu'elle et son compagnon l'avaient indiqué dans un … « testament », si le loup se souvenait bien, là où se trouvait les dernières volontés de quelqu'un.
Alors pourquoi n'avaient-elles pas été respectées ?!
Moony se rapprocha de la maison et sentit la magie l'entourer. Mais une seule présence, trop jeune pour être laissée seule. Sentant les protections encore instables, Moony trouva une fenêtre mal fermée qui lui permit d'entrer et utilisa son odorat pour le conduire à Harry. Celui-ci le mena directement à la porte du placard sous l'escalier fermée de l'extérieur par un loquet qu'il ouvrit pour découvrir un nourrisson de quinze mois couvert de sang et de crasse, une couche visiblement pleine, sans aucun vêtement et surtout, en larmes et affamé. Moony se pencha pour que l'enfant le reconnaisse.
-Mo'ny ? balbutia Harry
Délicatement, le loup garou attrapa l'enfant, l'enroula dans sa couverture aux vifs d'or avant de quitter la maison non sans couvrir ses traces. Il fallait absolument qu'il s'éloigne pour protéger son louveteau. Se rappelant que la magie pouvait être tracée, il emmaillota l'enfant dans ses vêtements, le calant le plus confortablement possible avant de commencer à courir. Il ne fit des pauses que pour nourrir Harry et le changer mais il ne s'arrêta pas un seul instant avant de se trouver au bord de la mer, à l'endroit même où Azkaban sortait des flots au loin. Il trouva une maison abandonnée à quelques kilomètres de là et s'y installa avec Harry. Moony savait que ce n'était que temporaire puisque la pleine lune n'était que dans une semaine. Il puisa dans les souvenirs de Remus et trouva tout ce qu'il fallait pour occuper et s'occuper du louveteau pendant l'attente.
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-Moony ?!
Sirius Black crut réellement qu'il devenait fou.
Alors qu'Albus Dumbledore avait instauré le nouveau Gardien du Secret de Lily et James quelques jours auparavant, il avait voulu s'assurer que Peter Pettigrow prenait bien son nouveau rôle. Mais quand il était arrivé chez son ami, la maison était vide et surtout, il n'y avait pas de traces de lutte. Inquiet, il s'était rendu chez les Potter et avait découvert la maison éventrée.
Cela étant, ses souvenirs étaient flous. L'instant suivant, il se voyait confier Harry pleurant à Hagrid puis se transformer en chien pour suivre la trace de Peter. L'instant d'après, il entendait Peter hurler dans la rue qu'il avait tué Lily et James et il était parti dans un grand fou rire.
Ensuite, il s'était retrouvé à Azkaban.
Depuis une dizaine de jours qu'il était là, il luttait sans cesse contre la dépression qui l'envahissait, surtout quand les Détraqueurs faisaient leur ronde. De nombreuses fois, il avait cru avoir des hallucinations.
Alors quand Moony était entré dans sa cellule, il avait cru que c'était encore le cas.
Jusqu'à ce qu'il le jette violemment contre un mur.
Reprenant difficilement ses esprits, Sirius se transforma en chien pour mieux comprendre le loup. Quand celui-ci lui ordonna de le suivre, Sirius n'hésita pas un seul instant. Ils esquivèrent adroitement les Détraqueurs comme les Aurors avant de plonger dans la mer agitée. Sirius crut qu'il allait se noyer mais Moony l'avait attrapé par la peau du cou pour le remonter à la surface jusqu'à ce qu'il puisse nager tout seul. Une fois sur la plage, le loup continua sa route jusqu'à une petite maison. Ils se faufilèrent jusqu'à une chambre où un tas de chiffons avait été jeté par terre …
Et où un enfant dormait comme un bienheureux.
Sirius fut rempli d'effroi quand il reconnut son filleul Harry. Fébrilement, il l'examina pour trouver une trace de morsure mais quand il s'aperçut que ce n'était pas le cas, toute la tension accumulée redescendit et apporta encore plus de questions. Moony le poussa à s'allonger près de l'enfant et après s'être fait tirer l'oreille, il capitula et s'endormit.
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-Ça va être un travail de très longue haleine, déclara l'Alpha.
Après sa libération et un temps de repos conséquent, Sirius, sous sa forme de chien, avait suivi Moony qui semblait avoir pris les commandes du corps de Remus. Pour ne pas attirer l'attention, ils avaient voyagé de nuit en rase campagne et au matin, ils se réfugiaient dans les bois ou les dépendances des maisons isolées.
Ils avaient traversé ainsi la Grande Bretagne d'ouest en est, jusqu'à revenir vers Londres où ils avaient pris le ferry vers la France. Ils avaient pris la direction du Massif Central jusqu'à finir par tomber sur une communauté isolée. Sirius, le seul à pouvoir parler, avait voulu expliquer le peu qu'il savait de leur situation mais le chef l'avait arrêté et avait regardé droit dans les yeux Moony.
-Nous allons commencer par le début, fit l'homme. Je suis Castor Lupin et celui qui vous a amené ici est mon neveu.
-Ses parents sont John et Charlène Lupin, fronça des sourcils Sirius. Et ils ont toujours dit qu'ils étaient enfants uniques et qu'ils n'avaient plus de famille.
-En réalité, ils sont les grands cousins de Remus, corrigea Castor. Vous êtes dans le clan Gévaudan, l'une des plus importantes communautés de Lycan de France et la représentante des Lycan et des loups garous devant le Congrès Magique.
-Il n'y a pas de créatures dans le gouvernement français, fit Sirius.
-C'est que vous êtes plus stupide que je ne le pensais, rétorqua Castor. En même temps, vous êtes Anglais …
Sirius ne prit même pas la peine d'être offusqué. En ce moment, il éprouvait pour son pays que du dégoût.
-Pour revenir à mon histoire, repris Castor, Remus est le fils de mon frère jumeau Pollux et j'ai moi-même un fils, Romulus. Ils sont nés tous les deux le même jour de la même année et étaient destinés à vivre comme des frères de la même portée. Mais alors que je m'occupais des affaires du clan, ma femme, qui gardait notre fils et son cousin, s'est faite tuée, Romulus a été laissé pour mort et Remus kidnappé. Nous l'avons cherché pendant des années jusqu'à ce que son lié ne le retrouve en Angleterre. Il l'a observé pendant des jours avant de se rendre compte que s'il ne prenait pas sa forme sauvage dans les plus brefs délais, il allait mourir. Il l'a donc mordu une nuit de pleine lune. Remus avait six ans.
-Une minute, interrompit Sirius. Vous êtes en train de me dire que Fenrir Greyback est le compagnon de Remus ? Ce monstre ?!
-Vous ne connaissez qu'une partie de l'histoire, gronda Castor. Veuillez vous taire au lieu de nous jeter au visage les mensonges sucrés qu'on vous a patiemment inculqués.
Se rappelant qu'il se trouvait au milieu de Lycan, Sirius obéit.
-Remus est né Lycan, rappela Castor. La morsure de Greyback n'avait que pour but d'activer sa nature profonde. Nous ne savions pas que sa mission avait été un succès jusqu'à ce que le gouvernement français ne reçoive une demande d'autorisation d'entrée sur le territoire d'un certain Remus Lupin, dix-sept ans.
-C'est Lily qui l'avait convaincu de se trouver une meute pour apprendre à contrôler le loup, murmura Sirius. Mais il n'a jamais eu de réponse.
-La France a accepté, assura Castor.
-D'accord, fit Sirius. Mais qui sont les personnes qui ont élevé Remus ?
-Des cousins non Lycan, répondit Castor. Ils avaient fait le choix de quitter le clan mais je ne pensais pas qu'ils iraient jusqu'à le trahir en me cachant la présence de mon neveu auprès d'eux. J'ai essayé de me rendre en Angleterre pour lui parler mais ça m'a toujours été refusé. J'ai donc pris les transports non magiques mais une fois sur place, aucune trace de lui.
-Remus a vécu avec moi à la sortie d'Hogwarts, avoua Sirius. Je suis … enfin j'étais un héritier Sang Pur et la maison que nous habitions avaient des hautes protections, à cause de la guerre. Il est parti peu de temps avant que je ne me retrouve en prison pour chercher du travail à l'extérieur du pays.
-Cela explique pourquoi nous avons perdu sa trace, songea Castor.
-Je comprends ce que vous dites, fit Sirius. Mais comment pouvez-vous m'expliquer ce qui est en train de se passer ?
-Si je me fie à ce que vous me dites, Remus doit vous considérer comme faisant partie de sa meute et ce, depuis très longtemps, hésita Castor. Quand il a senti que l'un d'entre vous était en danger, il s'est précipité à son secours. Quel peut être à votre avis cet événement ?
-La mort de Lily et James, blanchit Sirius. Je comprends mieux pourquoi il est allé récupérer Harry …
-Ces noms ne me sont pas inconnus, fronça des sourcils Castor.
Sirius soupira.
-Lily et James Potter étaient des amis très proches, révéla Sirius. Il y a un peu moins d'un mois, ils se sont fait tuer par Voldemort et leur fils Harry ici présent a été désigné comme le Survivant puisqu'il a soi-disant résisté à un sort de mort et qu'il a vaincu Voldemort. Je suis Sirius Black et d'après ce que j'ai compris, j'ai été emprisonné sans procès pour avoir livré mon propre frère de sang à un Sorcier que j'abhorre.
-Sans procès, dites-vous ? sursauta Castor
-C'est cela, confirma Sirius. Sans Moony, je serais resté de longues années enfermé dans ce trou à rat alors que le véritable coupable aurait vécu sans problème.
Castor garda le silence quelques instants.
-Nous allons procéder dans l'ordre, déclara Castor. Tout d'abord, vous allez vous reposer tous les trois. Le louveteau sera confié à des louves qui s'en occuperont pendant que vous dormirez. Ensuite, nous allons faire en sorte que la partie loup de Remus accepte de rendre sa place à sa partie Sorcière et enfin, nous allons régler cette histoire de kidnapping de mon neveu et d'absence de procès pour vous. J'ai le sentiment que ces deux histoires sont liées et que celle avec ce petit Potter aussi.
-Merci, souffla Sirius.
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Albus Dumbledore était inquiet.
Le retour du Survivant dans le monde Sorcier arrivait et une fois n'est pas coutume, il attendait avec impatience de voir ce qu'il était devenu durant ses dix années.
Après que le sort qui indiquait que la lettre d'invitation à la première année à Hogwarts ait montré que cette dernière n'avait toujours pas été lue au bout de trois jours, il avait fait en sorte que d'autres arrivent pour qu'au moins l'une d'entre elles le soit. Mais après la deux centième, il avait commencé à se poser des questions et avait envoyé Rubeus Hagrid au cas où. Lorsque ce dernier était revenu en affirmant que la maison était vide, le directeur était allé vérifier lui-même.
Le vieux Sorcier avait découvert que la maison avait été abandonnée depuis des années et que le courrier qu'il avait fait envoyer s'entassait devant la porte. Furieux, il s'était rendu chez Mrs Figg, une Cracmol qu'il avait placé là pour surveiller l'enfant et quelle n'avait pas été sa surprise en apprenant que celle-ci était morte quelques jours à peine après que l'enfant ne soit arrivé dans son nouveau foyer !
Il avait voulu interroger les voisins mais après la troisième tentative où la porte resta close, il était parti, ne comprenant pas que ses robes plus que voyantes étaient la raison pour laquelle tout le monde le prenait pour un fou.
Le directeur avait cherché discrètement dans le Ministère des informations sur l'enfant mais curieusement, tout ce qui le concernait avaient été verrouillé par magie. Il avait voulu chercher dans le monde Moldu mais comme il était encore mineur, tout était bloqué pour lui.
Il avait donc dû ronger son frein et attendre le premier septembre pour savoir si l'enfant allait se présenter à Hogwarts.
Il avait soupiré de soulagement quand Molly Weasley l'avait contacté après avoir déposé ses enfants sur le quai 9 ¾ et lui avait indiqué que l'artefact calibré sur la magie d'Harry Potter avait vibré dans la gare. Il avait été étonné quand elle lui avait également dit que l'objet avait ensuite explosé et qu'il était désormais inutilisable mais n'avait pas voulu s'appesantir dessus.
Tout ce qui comptait, c'était que le Survivant allait enfin être à sa portée et qu'il allait enfin le façonner comme il le fallait pour qu'il serve le plus grand Bien.
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Harry Potter était heureux d'entrer enfin dans une école de magie.
Il avait été déçu de ne pas aller à Beauxbâtons mais Sirius lui avait expliqué qu'il devait faire sa scolarité en Angleterre pour ne pas attirer plus l'attention qu'il ne faudrait.
Le taxi l'avait amené juste devant King's Cross et il avait tiré sa valise magique jusqu'au quai Sorcier. Son parrain lui avait indiqué comment entrer et heureusement, parce qu'il avait noté du coin de l'œil une mère de famille qui se demandait à voix haute sans se cacher comment aller sur le quai 9 ¾ alors qu'il était visible qu'elle était Sorcière et qu'elle avait des enfants assez âgés pour aller à Hogwarts depuis plusieurs années.
L'engouement Harry Potter avait déjà frappé.
Le petit brun avait rapidement grimpé dans le train et s'était trouvé un compartiment où il avait retrouvé Neville Longbottom, son ami depuis quelques années. Ils avaient discuté un bon moment jusqu'à ce que quelqu'un toque à la porte. Les deux amis ouvrirent et tombèrent nez à nez avec deux roux identiques.
-Bonjour ! Je suis Fred et voici mon frère jumeau Georges. Notre ami Lee a une énorme tarentule qu'il veut nous montrer et notre petit frère en a une peur bleue. Est-ce qu'il peut rester là ?
-Pourquoi pas ? haussa des épaules Neville
Les deux amis laissèrent donc entrer le jeune roux qui avait l'air d'avoir leur âge puis les jumeaux partirent rapidement. Harry et Neville repartirent dans leur conversation mais ils furent vulgairement interrompus.
-Eh, mais tu es Harry Potter ! s'exclama le roux
-Oui, et ? demanda Harry
-Tu as la cicatrice ? fit le roux. Je veux la voir !
Harry se retint de gronder comme les louveteaux de la meute. Sirius l'avait mis en garde contre de nombreuses choses, notamment les habitudes qu'il avait prises au sein de la meute. Jusqu'à ce qu'il soit temps, il devait passer pour un Sorcier. Après, il pourrait faire ce qu'il voulait.
Le brun allait méchamment le rembarrer lorsque quelqu'un frappa à nouveau à la porte. Neville s'empressa d'ouvrir et un garçon de leur âge, blond presque blanc, entra.
-Longbottom, salua l'enfant.
-Malfoy, répondit Neville.
-Il parait qu'Harry Potter se trouve dans ce train, fit Malfoy.
-Parce que tu crois vraiment qu'il va devenir ami avec quelqu'un d'aussi mauvais que toi ? ricana le roux
-Laisse-moi deviner : des cheveux roux et une robe de seconde main, renifla le blond. Tu es un Weasley, n'est-ce pas ?
-Tu n'es qu'un Mangemort ! cracha le roux. Un connard, un salopard, un …
Le laissant déverser sa haine dans le vide, le blond se tourna vers Harry.
-Draco Malfoy, se présenta-t-il. Enchanté de faire ta connaissance.
Le regard un peu plus appuyé sur sa main droite fit comprendre au brun que le blond avait pu voir au-delà du léger Glamour posé autour de sa bague d'Héritier. Il comprenait également que Draco ne voulait pas encore introduire leur éducation Sang Pur dans leurs relations et qu'il comptait apprendre à le connaître avant de le reconnaître comme l'un des leurs. Cela ne gênait pas Harry car il s'était fixé comme but de se faire connaître comme Harry avant le futur lord Potter.
Le brun serra la main proposée.
-Harry Potter, se présenta le brun. Le plaisir est retourné.
-Mais tu ne vas pas faire ça, Harry ! rugit le Weasley
Harry lui jeta un regard blasé.
-Et pourquoi je ne pourrais pas le faire ? demanda Harry sur un ton las
-Toute sa fichue famille est Mangemort ! cracha le roux. Ils font tous de la magie noire ! Le Survivant ne peut pas être ami avec des personnes aussi mauvaises ! Tu es un Gryffondor, pas un putain de serpent ! Si tes parents voyaient ça …
L'instant suivant, le rouquin se retrouva dans le couloir, sonné. Ses affaires suivirent quelques secondes après. Il leva les yeux pour voir Harry se dresser de toute sa hauteur dans l'encadrement de la porte.
-Lui a fait l'effort de se présenter, siffla sombrement Harry. Il n'a pas exigé de voir ma cicatrice quand il a compris qui j'étais. Il s'est montré poli, contrairement à toi qui semble avoir une image fixe de ce que je devrais être sans même m'avoir rencontré. Apprends les bonnes manières avant venir me parler.
Et il claqua la porte.
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Le banquet de la Rentrée venait de se terminer et il ne s'était pas passé comme l'avait escompté Albus.
Il avait fait en sorte que Ron Weasley devienne ami avec Harry Potter. Il avait cru que le rouquin avait réussi sa mission puisque quand les élèves de première année étaient entrés dans la Grande Salle, ce dernier se trouvait juste derrière lui.
Mais tous ses espoirs s'étaient détruits quand le Survivant avait été réparti à Serpentard.
Ça avait été un choc pour tout le monde puisque depuis qu'il avait disparu des radars, le directeur avait fait en sorte qu'il soit considéré comme un Gryffondor en puissance. Et au sein de Serpentard, il ne pourrait pas l'atteindre aussi facilement qua dans la maison des Lions, Severus Snape, le directeur des Serpentard, étant particulièrement protecteur avec les élèves sous sa responsabilité.
-Minerva ?
-Oui Albus ? répondit la directrice adjointe
-Pourriez-vous prévenir le jeune Potter que je souhaiterai lui parler dans une demi-heure dans mon bureau ?
-Bien sûr, sourit Minerva.
Il la vit intercepter l'élève alors qu'il allait rejoindre sa salle commune et lui transmettre le message. Soulagé, il se dirigea vers son bureau pour mettre au point l'entretien qu'il allait avoir.
De gré ou de force, Harry Potter devra se soumettre à lui et affronter Voldemort.
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Harry sourit à la plaisanterie qu'avait lâchée Blaise Zabini alors que les Slytherin entraient dans la Grande Salle. Malgré les à priori de ses tuteurs, il adorait sa nouvelle maison. Les élèves connaissaient les bases des us et coutumes Sang Pur et malgré quelques loupés, personne ne le harcelait parce qu'il était le « Survivant ». Il y avait bien quelques insinuations douteuses de la part des plus âgés mais le brun les avait remis à leur place en leur rappelant que même si son titre de Survivant ne reposait sur rien, il restait quand même l'Héritier Potter, l'une des plus puissantes familles du pays, et que c'était à leurs risques et périls s'ils s'en prenaient à lui. Le message avait été passé.
Alors que le petit déjeuner se déroulait calmement, une ombre tomba sur Harry.
-Directeur Dumbledore, salua Harry.
-Bonjour Harry, sourit Albus. Je voudrais savoir pourquoi tu n'étais pas venu à mon bureau hier soir.
-Est-ce que cela concernait ma scolarité ? demanda simplement Harry
Le vieux Sorcier fronça des sourcils.
-Non, mais …protesta Albus.
-Alors je n'étais pas tenu de venir, déclara Harry. Lorsque vous m'avez fait convoquer par le biais du professeur McGonagall, vous avez omis de lui préciser pour quel motif. Selon la Charte d'Hogwarts, si cela ne concerne pas directement ma scolarité, vous devez en discuter avec mes tuteurs légaux en présence de mon directeur de maison.
Pas un bruit ne s'élevait de la Grande Salle alors qu'Albus fulminait.
-Harry … fit Albus.
-Monsieur Potter, corrigea immédiatement Harry. Vous ne faites aucunement partie de mes proches donc vous n'avez pas à être familier avec moi.
-Très bien, grinça des dents Albus. Voudriez-vous me rejoindre dans mon bureau ?
-Est-ce que c'est au sujet de ma scolarité ? répéta Harry
-Non, serra les dents Albus.
-Alors vous pouvez m'en parler ici, puisque ça ne nécessite visiblement pas la présence de mes tuteurs, déclara Harry.
Albus finit par capituler.
-Il semble que tu ne vives pas chez tes tuteurs, déclara Albus.
-Si, assura Harry.
-Mais les Dursley … protesta Albus.
-Ne sont que la famille de la sœur de ma mère, fit Harry. Pourquoi auraient-ils dû avoir ma tutelle ? Le testament de mes parents indiquait bien qu'ils ne voulaient pas que je leur sois confié, sauf s'ils acceptaient de m'initier totalement et complètement au monde Sorcier sans s'y opposer d'une quelconque manière.
Albus fronça des sourcils. Il avait fait en sorte que le testament des Potter soit bloqué pour qu'il puisse manœuvrer leur fils à son aise.
-Vous étiez en sécurité chez eux … déclara Albus.
-Personne n'a su où j'étais ces dix dernières années, pointa Harry. J'étais donc en parfaite sécurité avec mes tuteurs.
-Quels sont les noms de ceux qui vous ont fait croire qu'ils étaient vos tuteurs légaux ? demanda brusquement Albus
-Je vais les appeler, puisque vous semblez contester leurs droits, fit Harry.
Il brandit sa baguette et murmura une formule pour qu'un carnet et un stylo parfaitement Moldus arrivent sur la table. Il écrivit rapidement avant de plier la feuille en deux et de siffler. Une authentique Harfang des Neiges arriva alors et son propriétaire attacha rapidement son message à sa patte. L'oiseau s'envola aussitôt.
-Répondez à ma question ! gronda Albus
-Vous n'aurez pas longtemps à attendre, fit Harry. Mes tuteurs habitent Pré-au-Lard.
Moins de dix minutes plus tard, les portes de la Grande Salle s'ouvrirent violemment pour laisser passer deux silhouettes.
-Mon bébé ! fit l'une d'entre elles en se jetant sur Harry
-Parrain ! Lâche-moi ! s'étouffa Harry
La silhouette lui fit de nombreuses papouilles avant de se séparer de l'enfant. Ce fut à ce moment-là que la plupart des Sang Pur et des professeurs le reconnurent.
-Sirius Black ! siffla Albus. Vous devriez être en prison !
-Ah bon ? sourit Sirius. Je n'ai pas souvenir d'avoir été condamné et encore moins d'avoir eu un procès.
Albus serra les poings. S'il ne s'était pas battu pour qu'il en ait un, c'était parce que ça le servait qu'il soit en prison.
-Je vous présente mon tuteur, mon parrain devant la Magie, lord Sirius Black, présenta Harry.
Tout le monde dans la Grande Salle blêmit. Pour le peuple Sorcier, les Potter étaient morts parce que leur Gardien du Secret Sirius Black, Mangemort de son état, les avait livrés à Voldemort. Or, s'il était le parrain selon les anciens rites d'Harry Potter, il avait un lien magique autant avec son filleul qu'avec ses parents et donc, il ne pouvait leur faire du mal sans mourir. Ce qui voulait dire qu'il n'aurait jamais pu livrer les Potter à Voldemort.
Donc que tout ce qu'on savait sur la mort de Voldemort était faux.
-On te manquait tant que ça ? rit la deuxième silhouette
-Bonjour oncle Mus ! salua joyeusement Harry. Ce n'est pas ça, c'est le directeur qui semblait croire que vous n'aviez pas le droit d'être mes tuteurs.
La silhouette sortit de l'ombre et la plupart des adultes eurent un hoquet de stupeur.
-Lupin ?! cracha Albus. Les loups garous n'ont pas le droit d'avoir la tutelle d'un Sorcier !
-Selon quelles lois ? demanda Remus d'un ton railleur. Il n'y a que vous et vos préjugés qui vous y opposiez.
-Si vous tenez tant à avoir une preuve … lâcha Sirius.
Il sortit de sa poche un parchemin que Dumbledore lui avait presque arraché des mains. Là, en date du jour de la mort des Potter, authentifié par Magia, le document désignait Sirius Black et Remus Lupin comme tuteur d'Harry Potter. Le directeur faillit le déchirer. Il avait fait en sorte de dissimuler tous les documents qui faisaient mention de cette tutelle. Alors d'où pouvaient-ils sortir ?
-Comment est-ce possible ? siffla Albus
-Ce qui me fait pense … fit Sirius. Eh, les gars ! Vous pouvez vous ramener ?
Cinq Sorciers entrèrent dans la Grande Salle avec des robes semblables à celle des Aurors. Dumbledore blêmit à son tour en les reconnaissant. Des Aurors Internationaux, il ne manquait plus que ça …
-Albus Dumbledore ? fit leur chef. Vous êtes en état d'arrestation pour kidnapping sur la personne de Remus Lupin, meurtres sur les personnes de Leïa Lupin, Lily Potter et James Potter, violation de la loi du Secret pour avoir confié en toute illégalité un enfant Sorcier à une famille Moldue sans aucune connaissance du monde Sorcier, emprisonnement illégal sur la personne de Sirius Black, tentative d'usurpation de tutelle sur la personne d'Harry Potter, tentative de spoliation d'héritage sur les personnes de Remus Lupin, Sirius Black et Harry Potter et entrave à la lecture des testaments de lord James Potter et lady Lily Potter. Vous avez le droit de garder le silence mais tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous. Vous serez présenté par le Conseil International des Sorciers devant le Jugement de Magia où vous répondrez de vos actes. En attendant votre procès, vous serez placé en détention provisoire. Donnez-nous votre baguette maintenant.
Comprenant qu'il n'avait aucune chance de se sortir de là, Dumbledore tenta de s'enfuir mais cinq sorts d'Immobilisation et des menottes d'anti-magie plus tard, l'ancien directeur d'Hogwarts fut emmené vers les prisons du CIS.
-Il n'aurait jamais dû s'en prendre à la meute des Maraudeurs, conclut Remus.
-Ça lui a porté malheur, ça c'est sûr, ricana Sirius.
-Dis, oncle Mus, c'est quand qu'oncle Fen revient ? demanda Harry
-Il a quasiment fini de retrouver tous les enfants Lycan que Dumbledore a kidnappé et placé dans des familles où ils seraient maltraités, déclara doucement Remus.
-Dis surtout que tu te languis de ton homme, ricana Sirius. Si j'avais su que Fenrir Greyback pouvait devenir doux comme un agneau en ta présence !
-Maintenant que c'est réglé, on va y aller, rougit Remus en changeant de sujet. Sois gentil, essaie de ne pas te faire prendre si tu fais des blagues, louveteau.
-Promis, oncle Mus !
Alors que les deux Sorciers s'en allaient à leur tour, tout le monde comprit que l'ère de Dumbledore venait de se terminer.
Enfin, presque, songea Severus qui avait senti la signature magique de l'ancien directeur parasiter le nouveau professeur de Défense contre les Forces du Mal. Le maître de Potions se fit une note de contacter Sirius Black pour qu'ils coincent ensemble ce pleutre et qu'ils lui arrachent tous ses secrets, si possible de manière douloureuse.
