Bonjour bonjour ! Comment ça j'ai mis 300 ans à écrire le deuxième chapitre ? Mais pas du tout voyons ! Bon d'accord je plaide coupable - oui je peux abdiquer facilement parfois.

Si le chapitre 1 n'était pas du tout dans le rated M, c'était parce qu'il n'y avait pas encore les épreuves.

Alors on va dire que le début de ce chapitre est gentil. Gentil pourquoi ? Parce qu'au moment où je l'ai écrit, ce début de chapitre, il semblerait que j'étais de bonne humeur.

Là, vous voyez, au moment où y'a du sang et que ça commence à dégénérer (même si ça devait l'être obligatoirement, pour ce chapitre), c'est parce que j'ai passé mon Bac de Sciences ce matin en partie et que c'était la grosse merde (oui pardon pour mon impolitesse je suis désolée ;-; ) et que j'étais en rage (parce que j'ai pas écrit depuis plus d'une semaine et QUE CA ME MANQUE.) Vous savez quand on révise tard le soir et tout ? Bah voilà. Y'a une certaine haine qui ressort quand on est déçu par le boulot qu'on a rendu. Bref. Du coup là je suis même pas encore en vacances vu que j'ai mon oral 8D Mais bon tant pis, on file vers la délinquance pour cet aprem. Je travaillerai bien après promis B) Assez parlé de moi ~

Donc, je vous préviens ici RATED M parce que chapitre violent. Et oui, si vous voulez savoir, il m'a fait mal au coeur je ne l'ai pas écrit sans mal.

Voilà, j'espère que vous ne me bouderez pas une review parce que vos avis m'intéressent toujours toujours toujours et que ça fait toujours un bien fout à l'auteur *-*

Bonne lecture ~


Chapitre II


PHASE 1


Il tomba brutalement au sol, s'écrasant lamentablement contre le béton, contraint par la gravité, comme un gros sachet de patates.

- A-Aïe, grogna-t-il.

Il releva la tête en se frottant la joue. Un filet de sang s'échappa de son nez.

Le Chasseur jura et sorti un mouchoir de sa poche pour tapoter un peu et nettoyer la blessure. En se levant, il observa les alentours.

Où était-il, exactement ? Il ne reconnaissait absolument rien.

D'accord, il était dans une ville. Laquelle, ça, ce n'était pas précisé. Le quartier n'était pas pauvre. Les bâtiments semblaient être bien entretenus. Il faisait jour, peut-être aux alentours de midi. Le soleil régnait en maître absolu dans le territoire céleste du bleu céruléen. Quoiqu'il en soit, il n'était visiblement plus bourré, ça c'était clair. Il se connaissait trop bien pour pouvoir en faire la différence. Il y avait alors deux solutions : il dormait, il était drogué. Et le Chasseur entreprit donc de faire ce que tout bête être humain aurait habituellement fait dans ces cas-là. Il se pinça la peau.

Sans succès. Évidemment.

Il grimaça. Si c'était les effets de la drogue, ça n'allait pas dur... Oh.

Dans un flash, le Chasseur se rappela ses derniers instants. Les poubelles de la rue. Bières. Chute. Mort. Discussions. Maison. Bobby.

Bien. Au moins, maintenant, il savait qu'il n'était pas victime d'hallucinations. Seulement maintenant, ça ne voulait pas dire qu'il pouvait être rassuré pour autant.

Parce que s'il avait bien compris... Il y en avait six.

Six étapes.

Génial. Comme si de son vivant il n'avait pas eut assez de problèmes. Maintenant c'est tout un programme aussi quand on meurt, il n'avait pas assez donné peut-être.

Agacé, Dean commença à marcher le long du trottoir en se protégeant des puissants rayons de l'astre du revers de son bras droit lorsqu'il s'arrêta net. Instinctivement, il se retourna, comme s'il était suivit. Et dans ce même mouvement, tout devint noir.

Ahuris, il tourna en rond pendant quelques minutes, totalement perdu, à la recherche d'une quelconque explication logique – oui il y croyait encore – ou un indice qui pourrait faire l'affaire. La nuit qui tombait d'un coup, comme ça, c'était tout de même une première.

Une pleine lune avait maintenant remplacé le soleil brûlant qui se tenait encore là il n'y avait pas cinq minutes.

- Qu'est-ce c'est que... ?!

Il ne finit pas sa phrase. Il ne pouvait pas en croire ses yeux. Elle était arrivée comme ça. A l'autre bout de la rue. Sur le trottoirs. Poum. D'un coup. Sans aucune explication plausible. Encore une fois.

Face à lui se tenait l'amour de sa vie. Son bébé.

L'Impala.

- Bébé ? Qu'est-ce que tu fais là ?

Il fit quelques pas en avant, prit dans son élan, animé d'un réel besoin de la retrouver. Elle lui avait manqué. Après tout, jusqu'ici, l'Impala était enfin la seule chose qu'il connaissait déjà. Au premier pas, le sol se fissura sous son poids. Il fronça des sourcils. Qu'est-ce que c'était encore que cette histoire ? Son regard allant de l'Impala au sol et du sol à l'Impala, il fit une deuxième pas. Une nouvelle fissure. Un troisième. Ses bras étaient tendus en équilibre sur le côté comme s'il exécutait le spectacle d'un trapéziste. A chaque pas, il accélérait. Et à chaque pas la voiture semblait s'éloigner. L'angoisse saisit Dean à la gorge et il commençait à l'étouffer. Sa respiration devenait haletante. Tous ses sens partaient en vacances et l'abandonnaient.

Un crissement soudain lui fit saigner les oreilles. A proprement parler.

Sous le choc, il se replia un instant sur lui-même et releva la tête. Une ombre s'était approchée de l'Impala et marchait tranquillement à côté d'elle, une clé de voiture à la main qu'elle laissait glisser le long de la carrosserie. Le cerveau de Dean entra en ébullition.

- HEY ! interpella-t-il, hors de lui. HEY ! TOI ! TOI LA ! STOP ! STOP ! STOP !

Sa voix se faisait enragée, presque animale à la limite de l'incompréhension.

L'ombre s'arrêta un instant.

- OUI TOI ! QU'EST-CE QUE TU CROIS FAIRE A MA VOITURE ?!

Sans lui prêter la moindre attention, elle appuya un peu plus fort dessus et disparut dans un brouillard qui s'était soudainement levé. Partagé entre l'envie de jeter un coup d'œil aux dégâts que ce barbare avait affligé à son bébé et le poursuivre dans la pénombre, dans un ultime sprint dans lequel il rejoignit la voiture à toute vitesse, il décida à regret de le laisser partir. Il s'accroupit alors devant la portière avant, le visage décomposé devant ce carnage.

- Oh bébé qu'est-ce qu'il t'a fait...

Il passa une main tremblante le long des affreuses traces.

- Ça va être dur à réparer ça..., lâcha-t-il d'une voix rauque.

Un pauvre sourire s'étira sur ses lèvres.

- Mais on a déjà affronté pire.


Il aurait dû le poursuivre. Pourquoi ne l'avait-il pas poursuivit ? Il devait mourir. Celui qui avait fait ça n'avait aucune raison valable de le faire. Il méritait la mort. C'était du vandalisme. Il aurait dû le poursuivre. Non, le prendre en chasse. Il aurait dû le prendre en chasse. Il l'aurait fait regretter de ses propres mains.

Bon, d'accord, il n'avait pas de fusil ou de lames sous la main. Et le coffre de la voiture était étrangement vide. Mais il avait toujours des pieds et des poings. Et quand Dean Winchester frappait, ça faisait généralement très très très très mal.

Dean pestait dans sa voiture, le bras passant par la fenêtre touchant des doigts les abominables marques de cet acte méprisable. Il n'avait pas la moindre idée de ce qu'il faisait là. Alors le plus simple avait été de prendre la voiture pour trouver quelque chose qui pourrait le renseigner. Mais la ville semblait totalement déserte.

Dean se mit à espérer à ne pas être tombé dans une sorte d'arène aux zombies cachés ou il ne savait encore quel autre monstre.

Toutefois, il se sentait déjà bien mieux. Être au volant de l'Impala lui redonnait presque des forces. Sentir cette bonne vieille odeur de famille, le siège confortable, les accoudoirs moelleux et observer le paysage défiler par le hublot...

Stop. Attendez.

Quoi ?

Un hublot ?

QUEL HUBLOT ?

Prit instantanément de panique, Dean se releva les yeux exorbités, la sueur à la peau.

Non. Non c'est pas vrai.

- C'est une blague ?!

Il aurait voulu se le convaincre lui-même.

Ce n'était pas possible... Il était dans l'Impala. Dans la voiture. Tout allait pour le mieux, hormis la carrosserie. Il ne pouvait pas se retrouver en quelques secondes dans... dans un avion ?!

Ses pieds... ses jambes ne supportaient pas la même gravité habituelle. Et la seule fois où il s'était senti vulnérable dans un engin, c'était cette fois où son frère et lui avaient entrepris de chasser les démons qui... les démons qui...

Il se mit à trembler et, ne pouvant se soutenir plus longtemps debout, se laissa glisser au sol, recroquevillé sur lui-même, ses bras entourant les jambes.

…Les démons qui faisaient s'écraser... s'écraser un avion au bout d'une quarantaine de minutes.

Il posa le front contre ses genoux. Inspiration. Expiration. Ses mains s'agrippèrent au tissu de son jean et ses ongles s'enfoncèrent de plus en plus profondément dans la chaire. Il se mordit la lèvre. Ne pas s'agiter. Ne pas se laisser aller. Ne pas...

Le Chasseur, prit d'une soudaine montée d'adrénaline, se releva et s'approcha du hublot, non en sans trembler davantage. Il avait besoin de voir.

Et ce qu'il vit ne lui offrit rien d'autre qu'une belle petite explosion.

D'accord : il avait raison, ils étaient bien en plein vol. Mais étrangement il voyait parfaitement bien les petits détails de la ville en dessous. Tellement bien... qu'il put sans aucune difficulté reconnaître sa voiture, son bébé, son Impala éclater violemment et subitement en mille morceaux... ou plutôt en cendres, dans une série d'explosions.

N'en revenant visiblement pas, Dean oublia quelques secondes dans quel engin il se trouvait pour s'arracher les cheveux voire presque les yeux avant d'entamer une respiration saccadée et irrégulière. Il entendit au loin un voix annoncer : « Chers passagers, voici maintenant quarante minutes de vol que nous... ».

Ces seuls mots suffisaient. Dans un ordre de survie silencieux mais tardif de son corps, ses oreilles se bouchèrent d'elles-mêmes. Mais trop tard.

Ses mains se tenaient les cheveux à se les arracher, comme si sa tête allait imploser. Il se replia à nouveau sur lui-même, secoués par ses tremblements dans une... crise d'asthme.

Dean Winchester étaient entrain de faire une crise d'asthme.

En plein vol, dans un avion juste après avoir vu l'Impala à laquelle il tenait tout particulièrement se faire réduire à néant. Avion qui commençait à se pencher dangereusement avant. Comme une chute libre.

Le Chasseur se cramponna à ses accoudoirs et s'enfonçait dans son siège comme s'il voulait fusionner avec celui-ci et ne faire plus qu'un. Des papiers commencèrent à virevolter autour de lui, puis soudainement il y eut un brusque « CRACK ».

Et c'était la chute libre.

Et, comme l'Impala quelques minutes auparavant, l'avion dans lequel était actuellement Dean Winchester se crasha.


Des flammes. Partout. Il ouvrit un œil, puis l'autre. Il battit des paupières et se releva douloureusement. On avait encore mal quand on était mort, alors... ? Oui, c'était logique, si on pouvait faire une crise d'asthme. Il aperçut quelques décombres, des morceaux d'avion certainement.

Il cligna une nouvelle fois des yeux, se frotta le visage d'une main et, lorsqu'il les rouvrit, son environnement avait encore une fois changé. Il était à présent dans une maison toute propre.

Debout, totalement désorienté, encore une fois, sa mâchoire se contracta.

- C'est pas vrai...

Il inspira un bon coup avant de hurler :

- ALORS C'EST CA VOS PUTAINS D'ÉPREUVES ? CA VOUS AMUSE DE FOUTRE LES JETONS AUX MORTS ? OU ALORS C'EST UN SPECIAL-DEAN-WINCHESTER ?

Comme s'il s'attendait à une réponse, il jeta un regard circulaire aux alentours.

- Pfeuh, de toute façon je...

Il s'interrompit lorsqu'il entendit soudainement une voix qu'il connaissait trop bien – ou qu'il avait trop bien connue...

- Écoute, on a un problème, là.

Sa voix.

Dean se figea, yeux exorbités.

Maman.

- Je pourrais pas rester comme ça indéfiniment...

Maman...

- Je...

Des sanglots. Des sanglots qui brisèrent le cœur de Dean. Il s'approcha à petits pas de leur provenance, le visage marqué par la tristesse.

Puis un soudain « Urgh ».

Maman ?

Et il n'en fallait pas plus pour que le blond ne se précipite dans la salle contiguë à la sienne. Et ne se paralyse sur place. Une ombre noire maintenait sa mère à distance plaquée sur le mur, et Mary Winchester se tenait le cou comme si quelqu'un l'étranglais par derrière avec une écharpe. Un démon ? A l'apparition de Dean, l'ombre disparut.

Dean s'élança vers sa mère mais celle-ci se plaqua un peu plus contre les murs et monta petit à petit sur le plafond.

- Non, non, non, non, haletait Dean.

Une grimace de douleur déforma le visage de sa mère. Un énorme tache de sang se répandait petit à petit sur son ventre à partir de son nombril. Elle hurla.

Désespéré, le Chasseur tourna la tête, à droite, à gauche, à la recherche de quelque chose, n'importe quoi qui pourrait la sauver ! Il aperçut une bombe à incendie à l'autre bout de la salle. Alors qu'il allait se jeter dessus – pour quoi faire, seul Dieu le sait – une matière indéterminée commença à s'accrocher à ses jambes pour l'immobiliser sur place un peu plus à chaque pas. Un « sol-sable-mouvant ». De surprise, il hurla.

Les agrippements semblaient lui déchiqueter petit à petit la peau, lentement mais sûrement.

Des gouttes de sang tombaient du plafond sur Dean, sur sa manche, sur sa tête, sur son visage, sur sa joue.

Et il ne put retenir ses larmes.

- Maman !

« Ça » l'engloutissait.

« Ça » l'engloutissait et tout ce qu'il pouvait faire, lui, c'était de s'accrocher comme il le pouvait à la table d'à côté, en vain. Une pluie ensanglantée se déversa sur lui.

Une pluie constituée du sang de sa mère.

C'était rouge bordeaux, presque noir. Puis des trucs lourds. Des trucs longs, ronds, de forme quelconque, ensanglantés.

Des organes.

Mary Winchester avait été éviscérée.

Il se força à ne pas regarder au plafond .

Il n'y avait plus que le buste de Dean qui sortait encore du sol, lorsque les premières flammes apparurent. Encore des flammes.

Le feu prit très rapidement. La base en fut le corps sans vie de sa mère. L'air devenait irrespirable. Dean suffoquait. Le ciment se pressait contre sa peau et elle ne respirait plus.

Il était à l'agonie lorsque le sol l'engloutit entièrement.

Mais sa dernière vision ne fut pas les flammes. Ce fût son frère, Sammy, enfant – il devait avoir six ans ? - apparaissant à l'entrée de la salle, l'air perdu.

Il entendit des grognements.

Des Chiens des Enfers.

Il tendit une main en avant comme s'il pouvait atteindre son jeune frère avant d'être défintivement englouti :

- SAMMY ! il hurla.

Et puis se fût tout.


Une odeur de sang. De brûlé, aussi. Et de souffre.

Des coups de fouets. Des craquements. Des douleurs. Des souffrances. Des hurlements, aussi. Encore. Mais ce n'était pas les siens.

Pas encore.

Son corps ruisselait de sueur, et son sang, séché, lui brûlait la peau. Des balafres et de grosses cicatrices infectées se promenaient le long de sa poitrine.

L'une de ses oreilles avait été tailladée et saignait abondamment. Des bruits dans sa tête. Il sentit le froid d'un métal sur sa peau. Et un brusque claquement sec. On lui avait retiré quelque chose au niveau des nerfs de son coude. Même chose sur l'autre bras.

Il hurla.

- Oh, Dean, on fait sa chochotte ?

Son oreille valide reconnaissait cette voix familière, mais il n'avait pas les idées à sa place pour pouvoir se...

Alastair.

Il l'avait tout de suite reconnu lorsqu'il avait ouvert les yeux, bien que ses paupières lui semblaient lourdes, et l'avait deviné avant même d'exécuter ce petit geste par l'atroce odeur que le démon dégageait.

Une odeur qui lui retournait le ventre et lui intimait de régurgiter son dernier repas.

Il bascula la tête en avant, la bouche entrouverte pour vomir mais rien ne sortit. Il baissa les yeux et vit une grosse flaque de vomit, plus ou moins fraîchement recrachés.

Sa bouche, en effet, avait un goût de sang bien présent, mais également un soupçon de ce goût spécial et si goutteux qu'à le vomit.

- Quoi, encore ?

Alastair afficha une moue dédaigneuse.

- On dirait que tu as fait ça toute ta vie. A chaque fois, mademoiselle tombe dans les pommes juste parce que je lui ai un peu touché la peau, et voilà qu'à chaque réveille, tu rends ton repas. C'est vraiment dégueulasse.

Le visage de Dean se tendit, son nez se retroussa un peu et il serra la mâchoire.

- Oh, aller Dean, tu vas pas prendre la mouche, depuis le temps qu'on se connaît, toi et moi.

Il lui cracha à la figure. C'était étrange de voir ce que pouvait donner un crachat, parfois. Surtout après un séjour indéterminé sur un poteau, torturé pendant des mois, voire des années. Le sien était rouge, sûrement à cause du sang, tenté de jaune et une touche de vert.

Comme s'il avait halluciné, Alastair se toucha le visage lentement. Puis il regarda sa main. Et sa colère apparente fit place à un air de dégoût pour finalement se mouvoir en sourire sadique.

- Ça, tu vas le payer.

Il s'approcha de lui, et lui posa une couronne de clous sur le front, avant de cingler son cou.

Il sourit une fois encore, et appuya sur ce qu'il semblait être une manette.

Et tout son corps fut parcouru d'une brusque secousse électrique. Son front percuta les clous qui s'enfoncèrent dans sa tête un peu plus profondément à chaque instant. Des bambous, sortis de nulle part, pénétrèrent sa peau sous ses ongles, qui sous cette soudaine pression se soulevaient et éclataient. De même, ses orteils n'y échappèrent pas. Ses doigts étaient en sang. Les bambous continuèrent leur progression. Quatre couteaux de boucher s'enfoncèrent violemment sur le dos de ses mains et de ses pieds, les traversant. Ils recommencèrent une deuxième fois dans l'autre sens, formant de cette manière une croix.

Alastair apparut devant le Chasseur abrutit de douleur, un chalumeau à la main. Il éclata d'un rire monstrueux et se lança dans sa folie. Il n'avait pas hurlé.

Pas cette fois.

Il avait ouvert la bouche, oui, mais c'était quelque chose qui ne pouvait pas s'extérioriser par la voix. La souffrance était bien trop énorme.

Le chalumeau lui rentra brutalement dedans sans aucune autre forme. Elle lui perfora le nombril et réduit à néant ses organes d'un seul geste. Une giclée de sang le pris violemment à la gorge. Ses yeux étaient exorbités, et ses pupilles tremblaient.

Des lèvres se glissèrent sur son oreille et Dean eut un mouvement de recul qui lui arrachèrent un petit cri causé par les clous.

- Dean... veux-tu bien... arrêter tout ce cinéma... ? susurra-t-elle. Il te suffit de dire... oui. Et tu n'auras... plus rien à subir.

Une plaque, dans son dos, se mit à chauffer comme pour des brochettes de viande sur un grill.

- Hhhh

Il ne pouvait plus articuler.

Il n'en pouvait plus.

Sa voix était rauque. Animale.

- Hhhh

- Hum ?

- Hhhui

- Comment ?

Le démon se plaça face à Dean.

- Heureusement que je ne t'ai pas coupé la langue ou cousu la bouche. Ça aurait été gênant. Déjà que j'ai dû mal à te comprendre là.

Il ne sentait plus rien à part la chaleur dans son dos qui fondait sa colonne vertébrale. Il se tourna faiblement et s'aperçut qu'il avait perdu des doigts.

- Aaahh... 'rrête...

Un sourire victorieux s'étira sur ses lèvres tandis que Dean sombrait peu à peu dans les ténèbres sous le coup des clous et des intolérables brûlures.


- Fais-le.

Alastair lui tendit une barre en fer, brûlante.

- Fais-le. Tu dois le faire.

- Je...

- C'est ton devoir.

- Je ne veux pas.

Alastair se figea un instant, puis éclata de rire.

- C'est trop tard, Dean ! Il fallait y réfléchir avant !

Dean fixait l'Ange attaché sur le poteau en croix, déjà bien salement amoché.

- Je... Je préfère encore prendre sa place.

Le démon sourit.

- C'est trop tard. Tu ne peux pas. Fais-le.

Il donna une tape sur l'épaule du Chasseur, qui fit un pas vers Castiel, la barre de fer à la main, un fouet à la ceinture. L'Ange releva légèrement la tête, et lui lança l'un de ces regards qui le faisaient toujours douter. Douter sur quoi, ça, ça dépendait de la situation... Il ne savait où il était, pourquoi il était là, ce qu'il faisait et pourquoi est-ce qu'à chaque fois, il se retrouvait à faire ce qu'il ne voulait pas...

Alastair se racla la gorge derrière et Dean rabaissa violemment la tête de Cas'. Il ne voulait pas sentir son regard sur lui. Il ne voulait pas qu'il le regarde faire.

- Fais-le.

Le Chasseur posa la barre de fer contre les côtes de l'Ange déchu. Il gémit. Sans le vouloir, sa main se serra plus fort sur la barre et Cas' gronda sous la douleur, ce qui pourtant ne sembla pas satisfaire Alastair.

- Plus fort. Au cou.

Il tira délicatement le col du trench de Cas' et approcha la barre. Et se figea lorsqu'il vit un peu plus bas, sur ses omoplates, deux énormes marques non cicatrisées.

Ses ailes.

Sa main se mit à trembler.

- Ce n'est pas ton premier, Dean. Lui ou un autre, c'est la même chose.

C'est vrai. Il avait déjà fait ça. Déjà, sur Terre, il avait torturé des démons ou autres créatures. Et lorsqu'il avait accepté de torturer d'innocentes victimes aux Enfers une nouvelles fois... oui il l'avait fait.

Mais Cas'.

Il en était incapable.

Il le sentait bien.

Alors il retourna la barre de fer qu'il tenait dans sa main depuis le début.

Et il se l'enfonça dans le cœur.

Sa dernière vision fut celle des yeux écarquillés de Cas', le visage décomposé.


Un tunnel. De la lumière au bout.

Pour la première fois, le Chasseur pensa que sa mort paraissait peut-être enfin normale. Vu que la plupart du temps, ceux qui en reviennent, de cette mort, décrivent un tunnel avec de la lumière au bout. Dieu, qu'ils déduisent.

« C'est ce qu'on va voir » songea Dean.

Il fit un premier pas avant de s'arrêter dans son élan. Après tout ce qu'il venait de se prendre dans la figure, c'était trop facile. Il ne savait pas pourquoi il devait traverser tout ça, mais il avait deux trois mots à passer à celui ou celle qui en était l'origine.

Il se décida à courir vers la lumière. D'accord, ça paraissait un peu bête, mais il était pressé. Il avait passé les épreuves, il était persuadé que, une fois passé cette lumière, ça changerait enfin.

Il n'arrivait pas à effacer de sa mémoire l'image de Sam le fixant avec son air enfantin, sa mère brûler... Et Cas'

Il lui rappelait le Cas' du Purgatoire. Et il n'aimait pas spécialement se souvenir de cette période-là.

C'est drôle, il avait l'impression qu'à chaque pas, le bout du tunnel s'éloignait peu à peu. Il espéra que ce n'était qu'une impression.

Puis il entendit des pas derrière lui.

Enfin, non, pas exactement des pas. Il se retourna. Et accéléra d'un coup.

Il connaissait trop bien les Chiens de l'Enfers pour ne pas savoir que c'était eux. Encore une fois, il jura. Ne pouvaient-ils pas le laisser en paix ?!

Les Chiens accélérèrent également. L'un d'eux atteignit Dean à la cheville qui hurla de douleur. Ça ne faisait jamais du bien.

Comme par magie, le tunnel fut subitement à portée de main. Il n'hésita pas.

Il se jeta dedans.


- Bobby ?

Bobby lui sourit.

- Je suis content que tu t'en sois sorti, Dean.

- Dis-moi où je suis, bon sang. J'ai cru devenir fou là-dedans.

- Je ne peux pas vraiment, Dean... tout ce que je peux te dire, c'est que dans la deuxième épreuve, tu devras faire encore plus attention, et ne penser qu'à une chose : sortir.

Le blond le regarda d'un air stupéfait.

- Q-quoi, tu veux dire que les épreuves ne sont pas finies ?!

Son ''mentor'' laissa échapper un petit rire.

- Oh non, tu en es bien loin. Même si tu es allé un peu trop vite dans cette phase.

- …Trop vite ? Tu te rends compte Bobby que j'aurais bien pu me faire dépecer voire pire, quoique non, on peut même dire que j'ai vécu pire, dans ce fichu truc ?!

Bobby le fixa sévèrement :

- Et tu t'en es parfaitement bien sorti. Normalement, tu aurais dû y rester plus longtemps. Cette phase-ci était la Phase des Peurs, Dean, et je savais très bien que, des peurs, tu n'en manques pas. Tu t'étouffes avec ces peurs. Par exemple, je parie que tu auras vu ton frère.

Dean ne répondit pas. Son frère ? Oui, un instant... Mais son esprit était toujours préoccupé par ce qu'il avait faillit faire à Cas'. Même s'il avait toujours mal au cœur – au sens propre du terme. Ça fait horriblement mal, l'air de rien, de devoir se planter quelque chose dans cette pauvre petite chose qui ne fait que son boulot : faire vivre le corps de l'invidu.

- …Tu ne l'as pas vu ? S'étonna le Chasseur. Waw, ça c'est une première. J'aimerai bien savoir ce qui t'a préoccupé durant toute cette phase, alors... Quoique vu que tu n'y es pas resté bien longtemps, c'est logique.

- Attend, ça veut dire que j'aurais dû passer aussi par mes peurs d'enfant, les monstres vampires etc. et mon rôle de grand frère et tout ?

- Ouais, en clair. Mais comme je te le disais, tu as battu le record. Je sais pas comment tu as fait pour sortir aussi vite mais... tu n'aurais pas dû, normalement. Enfin, sûrement le sang de Chasseur.

Voyant que Bobby commençait un peu trop étrangement à disparaître, Dean sembla sur le point de « péter son câble » :

- Hé ho attend ! Quelles sont les prochaines épreuves ?!

Comme s'il venait de s'apercevoir qu'il disparaissait, Bobby lui lança rapidement :

- Je t'ai déjà dit trop de choses ! On se retrouve après la deuxième phase !

Et c'était tout.

Dean eut envie de se frapper la tête contre un arbre.

Dans quel monde de fous vivait-il. Non mais sérieusement ? L'Impala ? L'avion ? Sa mère ? Sammy ? Alastair ? Cas'... ?

Comme la première fois, il se dirigea vers un arbre et lui rentra dedans. Sauf que, manque de pot, l'arbre, il était normal, sur lequel il se cassa juste la figure. Il eut donc l'air d'un type totalement dingue qui fonçait sur un arbre et se le prendre en pleine face. Malin.

En se massant le nez et la mâchoire qui avaient un peu mal, il se mit en quête du prochain heu... portail ? qu'il devait passer pour traverser la deuxième phase. Autant le faire le plus rapidement possible.

Il avait l'impression d'être dans un jeu vidéo stupide sur lequel le joueur ne faisait que s'amuser de taper en l'emmenant dans les pires endroits du monde qui puissent exister.

Pour la première fois depuis le début, il maudit Death. Oui, il osa. De toute façon, c'était Dean Winchester, hein.

Et puis la solution apparut d'elle-même.

Parce qu'il eut soudainement envie de plonger dans le lac à côté, là. Et vu qu'il n'avait pas grand chose à faire, il se dit que ça ne servait à rien de se mettre en slip – parce qu'au pire ça l'occuperait de faire sécher ses vêtements – et il plongea.

Oui, comme ça, à la bonne franquette.

Dans un grand « SPLOUFF ».

C'était parti pour la « Phase 2 ».