Hop hop, déjà le deuxième parce qu'il était déjà écrit. De base j'avais fait un ordre de sortie, mais comme j'en ai écrit certains avant d'autres, j'ai juste décidé de les sortir au fur et à mesure que je les terminais. Aujourd'hui, on a du chaud bouillant... Bon en vrai les lemons, c'est pas exactement ma spécialité mais j'espère que ça sera pas trop mauvais. Bonne lecture !

Thème : Lemon
Personnages : Kanon x Mû
Rating : M


Sa peau avait la texture de la pêche.
Quand il passait son doigt dessus, il la sentait frémir sous son contact, comme il sentait la chair chaude s'enfoncer légèrement, puis reprendre sa forme normale. C'était une peau étonnamment fine, sous laquelle on sentait pulser tendrement la chaleur.
Il s'attarda un peu sur son ventre pour le sentir se soulever, redescendre, entendre sa respiration, puis ses doigts s'écartèrent tandis qu'il glissa le long du torse pour venir caresser sa taille. Elle était fine, comme ses hanches, et dans son dos, on sentait poindre l'os de la colonne vertébrale. C'était un léger relief, comme une minuscule chaîne de montagne, que son ongle se plut particulièrement à découvrir. Comme un voyageur, il la descendit, la suivit pour aboutir sur ses fesses. Sa main alors s'étala sur sa peau pour mieux en apprécier la forme, assez plate, et elle remonta sur sa cuisse, tout aussi mince. Doucement, il invita la jambe à se plier, et vint y déposer ses lèvres, son souffle chaud.

-Tu manque de graisse...

Il murmura, faisant glisser sa lèvre sur son genou, ses yeux posés sur son amant. Ce dernier lui rendit un regard profondément énigmatique. Sa tête reposait sur le côté, près de son épaule, et ses longs cheveux violets pâles étaient comme des fins fils d'eau, coulant sur son visage, son cou, ses épaules, son torse, et le matelas. Il avait ces yeux uniques, grands, ronds, dont la forme n'était pas exactement humaine, sans être brutalement inhumaine. C'était à la fois perturbant et fascinant des regarder, de se plonger à l'intérieur d'une telle expression, qui ne se cachait de rien, mais restait quasiment illisible pour le commun des mortels, comme un livre écrit dans une langue étrangère. Ses lèvres se mirent lentement en mouvement.

-... Tu n'aime pas... ?

Il esquissa un léger sourire et embrassa encore sa cuisse, avant de prendre appui sur le matelas pour se rapprocher de son visage, prendre entre ses doigts ses mèches diaphanes.

-Si... Mais parfois j'ai peur que tu t'envole...

Les mains de Mû, minces et longues, mais marquées par le travail manuel, glissèrent sur son cou et vinrent se frayer un chemin dans ses cheveux épais, pour tirer sa tête à lui, poser tout doucement ses lèvres sur les siennes.
Le contact fut très léger d'abord, puis il se fit plus appuyé, et doucement, il laissa glisser sa langue dans la bouche de l'Atlante, qui l'accueillit sans aucune résistance, se referma dessus, la fit prisonnière, pour mieux danser avec.

-Hmm...

Ils n'échangèrent pas d'autre parole, car les mots succombèrent face aux soupirs chaleureux, la respiration mêlée des deux amants. Les mains de Kanon avaient reprit leur voyage, sur le torse de Mû où elles encerclaient les tétons, les pectoraux, puis se glisser sous ses aisselles pour soudainement descendre, saisir ses cuisses, les remonter contre lui. Son bassin, presque automatiquement, avait commencé un mouvement de va et vient semblable à celui d'une vague, contre la plage de sable doux qu'était le bas ventre du Bélier. Ce dernier poussa un soupir plus lourd, tendit un peu la tête en arrière, laissant la place aux lèvres du Dragon des Mers qui n'eurent pas besoin d'une autre occasion pour venir s'y engouffrer, embrasser avec passion son cou. Ses lèvres entrouvertes semblaient chuchoter des paroles d'amour, qui pourtant ne s'entendait nullement. Ses mains quittèrent la chevelure rebelle de Kanon, dont le bleu profond était celui de l'océan, et vinrent s'appuyer sur son dos puissant, musclé, pour mieux serrer son corps contre lui. Sous ses doigts de travailleur, il sentait les muscles se mouvoir presque imperceptiblement, et contre son torse, son cœur battait régulièrement.
"Pa pam"
"Pa pam"
"Pa pam".
Kanon était une force de la nature, capable du pire comme du mieux, de la plus tranquille poésie comme de la plus violente colère. Sa peau avait le goût du sel et la sensation assez sèche, mais où les nombreuses cicatrices avaient le contact plus doux. Ses lèvres étaient plus pulpeuses, ses regards moins sages, ses mains plus chaudes. Le contact de ses caresses l'excitait peu à peu, faisait monter la température dans son bas ventre, naître des fourmillements dans son intimité, hérisser le très mince duvet de ses bras. Le cadet Gémeaux quitta son cou, et ses lèvres vinrent suivre sa clavicule et chercher un endroit plus riche en épaisseur. Elles s'arrêtèrent sur son épaule, mordirent doucement dans la chair, puis se mirent à l'aspirer, à la sucer. Mû poussa un petit gémissement, appuyant un peu plus fort des ongles sur son dos, remontant encore les jambes pour caresser ses hanches du genou. Elles étaient plus larges que les siennes, pas seulement plus musclées, mais aussi naturellement plus rondes. Chaque contact lui donnait un frisson.
Ainsi il frissonnait, frissonnait encore, sans cesse, et paradoxalement se réchauffer en même temps, sentant peu à peu sa patience s'amoindrir.

-Kanon...

Il souffla à son oreille, comme une demande. Kanon se redressa, et brièvement, leurs yeux se croisèrent. Dans la pénombre, l'éclat vert des yeux du Dragon des Mers était magnétique, profond, pénétrant, éclatant de passion, brillant de chaleur, et son torse lui apparut comme se dresse une montagne. Sur sa peau bronzée par le soleil, Mû observa les cicatrices, les traces de son histoires, de son honneur, de sa fierté. Sa main vint doucement s'appuyer contre son entrejambe, et les yeux verts se fermèrent, sa bouche s'ouvrit sur un soupir appuyé, et le Bélier commença à doucement malaxer sa virilité, aider cette dernière à durcir encore plus, à pulser contre sa paume. Puis de lui même, il glissa sur le ventre, son corps exposé comme une offrande sur l'autel d'un plaisir charnel supérieur.
Aussitôt, Kanon vint parcourir son dos de ses baisers, cette grande vallée aux reliefs subtils, courbée comme un croissant de lune, commençant de sa nuque, et descendant vers ses fesses, commençant de la Terre, et montant vers le Ciel. Ses doigts, d'abord, vinrent caresser l'intérieur de la raie, faisant monter la température d'un degré : ses gestes se firent bien plus intimes encore, de chauds ils passèrent à brûlants. De doux, il commença à devenir puissamment érotique. Mû se mordit la lèvre quand il sentit un doigt entrer en lui, il se tendit, mais la main de Kanon ne s'arrêta pas. Il chercha d'abord à s'enfoncer, puis seulement alors il se mit à tourner, à explorer. Il connaissait son corps par cœur. Il savait où était son point érogène, mais il l'évitait sciemment. Il le préparait. L'invitait à se détendre. Quand il sentit que le premier gardien se faisait moins serré, il inséra un autre doigt, put faire varier ses mouvements, en ciseaux, en hélice, il poussa un peu plus loin, et le fit légèrement hoqueter. Les doigts de Mû se serrèrent sur les draps, il se fit violence pour ne pas mordre plus fort sa lèvre, et ses soupirs se firent alors plus aigus.

-Détends toi...

La voix de Kanon glissa jusqu'à ses tympans avec une douceur qui ne faisait qu'annoncer la tempête à venir, et pourtant, elle suffit à le calmer.

-Viens...

Il lui répondit, toujours à voix basse, se sentant chaud. Le cadet des Gémeaux se dressa sur ses genoux, et son érection vint se frotter contre son intimité. Il poussa un grognement de plaisir, signe aussi de frustration. Mû sut que bientôt, son amant ne se contrôlerait plus et ne prendrait plus son temps comme ça... Un mince sourire se dessina sur ses lèvres, et il tourna la tête pour le regarder du coin de l'œil. Kanon lui sourit, se colla contre lui :

-Tu es prêt... ?

-Toujours.

-Vraiment.. ?

-La ferme, Kanon, et dépêche toi... Tu ne va pas déroger à ta réputation, quand même ?

La pique de Mû fit glousser le Dragon des Mers, qui se repositionna.
Puis ce fut le premier coup.
Le tibétain poussa un long gémissement, de douleur d'abord, se sentant tout parcouru de frissons tandis que Kanon forçait le passage à l'intérieur de son corps.
Il se retira doucement, le faisant grogner.
Puis arriva le second.
Cette fois sa voix s'éleva moins fort, et le plaisir vint s'y mêler. Il baissa la tête, serra les poings. Kanon prit appui sur la taille de son amant, qu'il serrait entre ses doigts puissants.
Un troisième.
Leurs respirations s'étaient drastiquement accélérées, et la chaleur continuait de monter. Chaque contact était brûlant, chaque soupir était incendiaire, le Gémeaux s'était mit à grogner, soupirer, et Mû faisait de même, sa voix un poil plus aiguë.
Quatre.
Kanon frappa soudainement sa prostate, et Mû poussa un cri, difficilement retenu entre ses dents serrées.
Cinq.
Six. Sept.
Il arrêta de compter.
Les rapports se firent plus réguliers, Mû avait prit le rythme, et Kanon accélérait peu à peu, pour en venir à un rythme bien plus puissant.
De douceur, tendresse, chaleur diffuse, soupirs, ils étaient passés à brutalité, grognements, cris, douleur et plaisir, d'équilibre, ils étaient passés à un balancement incessant entre la douleur et le plaisir.
Kanon se laissait enfin aller.
Il avait prit l'habitude de se faire plus doux avec Mû, pas parce que le Bélier préférait ça, où était trop fragile pour sa brutalité habituelle, mais simplement parce qu'il avait vite compris que le corps de l'Atlante était un corps qui devait d'abord s'apprécier par la douceur, la découverte, les caresses. C'était un corps d'apparence assez fragile car il était mince, mais ses épaules restaient assez larges, et quand il bandait les muscles, on voyait qu'il y avait un entraînement martial derrière cette peau blanche, et quand les points au dessus de ses yeux se fronçaient, qu'il se mettait en garde et que son regard s'allumait de combativité, on ne pouvait que constater qu'il était un véritable guerrier. Pas seulement un ermite sage et pacifique perdu dans les montagnes de Jamir, pas seulement un ami agréable, souriant et patient. Il était aussi cet être plein de mystères, pas exactement humain, héritier d'une race sur le point de s'éteindre, qui le regardait parfois avec des yeux qui semblaient vieux de plusieurs centaines d'années, profonds comme des lacs, joueurs, provocateurs. Il avait aussi ses mains qui savaient où le caresser pour invoquer son excitation, rappeler sa sexualité à l'ordre, cette voix qui savait quels mots chuchoter pour le faire craquer, il avait ce sourire, à la fois exigeant et satisfait, il avait en lui cette braise, cette passion, suffisante pour réveiller le Dragon.
Alors Kanon savait qu'il n'avait pas à se retenir. Il savait qu'il pouvait y aller, le prendre, se délivrer en lui, car il était une mer déchaînée, un océan rageur, avec lequel le Bélier savait jouer, que le Bélier savait respecter, guider, calmer, car il était cet être de liberté dont Mû était tombé amoureux.
Ce dernier se mit bientôt à crier son plaisir, ne se retenant qu'à moitié étant donné qu'ils étaient seuls, crier le plaisir qu'il ressentait quand les vagues venaient claquer violemment contre ses hanches, contre ses cuisses, et que les mains de Kanon prenaient possession de lui. Ils sentaient ces dernières flatter son aine, comme si une source de plaisir n'était pas suffisante et qu'il fallait le multiplier, encore et encore, chercher toujours les meilleurs moyens de l'augmenter, ou comme si son amant voulait son être entier sous son contrôle, et que sa soif de lui ne saurait être comblée. Kanon n'était pas un dominateur, mais un conquérant, et là était sa principale, sa plus fondamentale différence avec son frère jumeau. D'apparence brutale, rustre, égoïste et arrogante, sa carapace d'écailles cachaient le plus simple, le plus évident et le plus humain désir d'émancipation, de reconnaissance et de liberté.
Et au fond, ils étaient deux personnes sans attaches, l'une comme l'autre s'était un jour éloignée du Sanctuaire et avait vu une autre part du monde, l'une en haut des montagnes, l'autre au plus bas des océans.
Les mouvements des hanches du Dragon étaient délicieusement sensuels, il se retirait avec patience jusqu'au bout de son gland et rentrait à nouveau en accélérant progressivement pour que le coup final, le moment où il touchait la zone de plaisir du Bélier ne soit que d'autant plus puissant. De la sueur coulait par fines gouttes le long de ses muscles, chatouillait son ventre, se perdait dans la toison de son aine. Au bout d'un moment, ils sentirent le besoin de changer de position, varier le plaisir, alors momentanément Kanon se retira, puis s'allongea sur le dos, et Mû se mit à califourchon sur lui, et vint de lui même s'empaler avec un râle. Et ils reprirent leur affaire, plus lentement car la position ne leur permettait plus d'être aussi rapides, mais avec le même brûlant érotisme. Mû contemplait Kanon de ses yeux mi-clos, les joues écarlates, une main à plat sur sa poitrine, l'éclat jade de son regard s'attardant sur les rivières impétueuses de ses cheveux bleus. Il contemplait la manière dont ses yeux verts émeraude se plissaient, se voilaient sous l'effet du plaisir, se fermaient des fois, tandis que ses dents mordillaient, s'attardaient sur sa lèvre inférieure, la caressait, mettant en valeur sa courbe brillante. Soudain, son visage se crispa, il tendit le cou en arrière, un grognement plus aigu franchissant ses lèvres, redoublant de force dans ses coups, et Mû, avec un cri, compris qu'il n'était plus loin de l'orgasme.
Alors il ferma les yeux à son tour, se concentra pour tout donner dans ce dernier moment qui les unirait comme rarement on voit deux humains unis.
Et tout son univers ne fut plus que grognement, gémissements, cris, tout se fondit au noir, un noir piqueté d'étoiles, tout ne fut plus que coups, Mû avait basculé sur le dos et Kanon soutenait ses hanches pour continuait à le prendre, avec plus de vitesse et de violence, tout ne fut plus que légère douleur des ongles plantés dans ses cuisses, des gifles du bas ventre contre ses fesses, de la pénétration répétée dans son intimité, et tout, tout ça se mélangea, fusionna, et tout ne fut que plaisir supérieur, plaisir sublime de la chair débarrassée de la pensée et des concepts futilement complexes de bonheur, et un, deux, trois, un dernier coup, une dernière note, un dernier cri, le point culminant, le paroxysme, le grand et magnifique final.
L'Univers entier qui venait de s'unir et d'exploser se reforma peu à peu, les sensations revinrent, le Corps redevint deux, et les deux se rencontrèrent à nouveau, s'offrirent leurs bras, les yeux se rouvrirent, pour mieux se refermer, il y eut un doux sourire, un doux regard, de doux échanges, un ardent baiser.
Il y eut un échange de mots, un souffle, puis le silence.