Chapitre 1 – Trouver un père & plans pour une nouvelle vie
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Harry Potter était couché dans son petit lit de camp, dans le placard sous l'escalier du 4 Privet Drive. Il tremblait entre deux sanglots, et pouvait sentir la douleur de son dos où son oncle l'avait sans cesse battu avec sa ceinture. Il n'avait que dix ans et se demandait déjà combien de temps encore il pourrait endurer tout ça.
Il était habitué à recevoir un tel traitement, à chaque fois que son oncle ressentait le besoin de se soulager de son stresse, mais ce qui avait failli se passer aujourd'hui lui faisait comprendre ce qui allait arriver, et il avait peur. Jamais son oncle ne l'avait touché de cette façon avant.
Quand sa tante Pétunia et Dudley étaient sortis pour faire du shopping, son oncle l'avait battu parce qu'il avait été trop lent quand il lui avait demandé de lui apporter la bouteille de bière. Après ça, il avait commencé à toucher Harry en disant qu'il devait être un bon garçon et faire plaisir à son oncle. Heureusement, il avait commencé juste au moment où ils avaient entendu sa tante et son cousin entrer dans la maison. L'oncle Vernon avait rudement envoyé Harry dans le placard et lui avait dit qu'ils finiraient ce qu'ils avaient commencé plus tard.
Harry n'était pas un garçon stupide. Loin de là. A l'école, il se cachait de son cousin et ses amis en allant dans la bibliothèque, sachant que ce serait le dernier endroit où son cousin entrerait volontairement. Il passait tout son temps à lire. Il pouvait s'échapper de la réalité dans ses livres, et satisfaisait sa curiosité en lisant des textes scientifiques, où pleins de choses magnifiques étaient expliquées. Il s'était toujours demandé comment les choses fonctionnaient ; pourquoi le soleil se levait chaque jour, comment l'électricité alimentait la lumière et les appareils, comment son corps marchait, entre autres choses. Chaque jour, une nouveauté le rendait curieux et il trouvait ses réponses dans ses livres.
Il avait appris, il y avait longtemps, qu'il ne pouvait rien demander à sa famille. Il était devenu ami avec la bibliothécaire et elle lui permettait toujours de prendre quelques livres à la maison, où il les cachait vite sous son lit de fortune. Il était vraiment très intelligent mais faisait toujours attention à avoir des notes médiocres en classe, parce que s'il en avait de meilleures que Dudley, il recevait un traitement pire encore. Il avait l'habitude de lire ses livres chaque nuit et se retrouver dans un monde qui était magique à ses yeux.
'Magique', c'était un mot qui ne pouvait pas être prononcé dans la maison des Dursley. Il n'avait jamais compris pourquoi son oncle devenait vert de rage quand ce mot était prononcé, et pourquoi la mâchoire de sa tante se serrait et ses yeux devenaient froids. Il avait aussi appris à ne jamais mentionner les choses qu'il pouvait faire.
Depuis le plus jeune âge, il avait compris que sous l'effet d'un stresse intense ou d'une émotion forte, il pouvait faire des choses inexplicables. Il pouvait disparaître d'un endroit et apparaître à un autre quand il fuyait Dudley et ses collègues ; il pouvait créer une boule de lumière qui planait dans l'air pendant qu'il lisait dans la nuit ; et il pouvait se faire léviter jusqu'au lit de camp quand il était trop épuisé par le manque de nourriture ou la perte de sang. Au début, il avait essayé de trouver des réponses dans ses livres, de trouver pourquoi il pouvait faire ces choses, mais il n'avait jamais trouvé un seul mot à ce sujet.
Il avait trouvé ce genre de choses seulement dans des romans de fantastiques qui parlaient de mondes magiques et de créatures fantastiques. Mais il avait arrêté de les lire depuis longtemps, parce que ça ne faisait que lui donner envie d'appartenir à l'un de ces mondes, d'être l'un de ces personnages. Donc il avait limité ses lectures à des choses utiles.
Le petit garçon avait aussi pris le temps d'exercer ses capacités inexplicables, et maintenant, il pouvait au moins les contrôler un peu mieux. Il pouvait consciemment les utiliser quand il le voulait. Il ne pouvait faire que des choses mineures, mais il devinait qu'avec de l'entraînement ça deviendrait meilleur.
Mais qu'étaient ces capacités spéciales ? Ca ne pouvait pas être de la magie. Son oncle hurlait toujours que la magie n'existait pas et il avait appris à ne pas le contredire.
Les traitements qu'il subissait n'étaient rien. Harry s'y était habitué et il avait toujours fait de son mieux pour se comporter comme son oncle et sa tante voulaient qu'il se comporte, dans le but d'éviter la punition. Il faisait le petit-déjeuner, le repas du midi, et le diner ; il s'occupait du jardin ; et il lavait les sols et les salles de bains… et il s'en foutait. Ca avait toujours était ainsi et il ne connaissait pas d'autre vie. Mais aujourd'hui, son oncle avait fait quelque chose de différent. Quelque chose qu'il savait ne pas être bien.
Aujourd'hui il savait qu'il devait prendre une décision qui changerait sa vie. Il devait choisir de rester ou partir.
Harry secoua sa tête alors qu'il réfléchissait.
Il ne pouvait pas rester ici. S'il restait, son oncle essaierait de le toucher encore et cette fois personne ne l'interromprait. Il savait que ce n'était pas normal pour un oncle d'essayer de toucher son neveu de cette façon. Il n'avait jamais vu l'oncle Vernon toucher Dudley ainsi, et la menace évidente de représailles, s'il disait à quelqu'un ce qu'il se passait, indiquait clairement qu'il y avait quelque chose de pas normal à ce sujet. Heureusement, rien ne s'était passé excepté la caresse étrange dans ses cheveux et son dos, mais il était clair qu'il voulait plus.
Il s'assit droitement, grimaçant en sentant la douleur courir le long de son dos.
Non, il ne pouvait pas rester ici. Il était traité comme un serviteur ; battu, affamé, et habillé avec les vêtements déformés de Dudley, vieux, et des T-shirts et pantalons bien trop grands. Et maintenant il y avait eu la promesse d'une nouvelle forme de menace. Il devait partir.
Habituant son esprit à l'idée, ses yeux verts scintillèrent de détermination derrière ses vieilles lunettes cassées. Harry grimaça encore quand il se leva de son lit. Avec des gestes prudents, il sortit son vieux sac à dos de sous le lit, et y mit quelques uns de ses vêtements, ainsi que quelques uns de ses livres intéressants.
Il réussit à ouvrir silencieusement la porte du placard et il se faufila sans bruit dans le hall. Harry resta calme, écoutant les sons bruyants venant du salon. Il savait que sa famille était là et regardait la télévision, comme ils le faisaient chaque soir. Il n'entendait aucune autre voix sauf celles qui venaient de la télévision.
N'entendant pas de bruit de pas, il sut que les Dursley n'étaient pas conscients de ce qu'il essayait de faire. Prudemment, Harry empoigna son sac à dos plus fermement dans sa main, et marcha sur la pointe des pieds jusqu'à la porte principale.
Il attendit devant ; n'ouvrant pas la porte jusqu'à ce qu'il entende des bruits sonores venant du poste de télévision. Il eut sa chance quand il entendit le bruit détonant des mitraillettes, et après un sursaut nerveux à l'ouverture de la porte, Harry sortit rapidement hors de la maison.
Il courut aussi vite que ses jambes courtes lui permettaient, le soleil était presque couché. Il se sentait fatigué mais il savait qu'il devait continuer. Harry balança son sac à dos sur une épaule, mordant sa lèvre inférieure pour ravaler un gémissement de douleur, et il agrippa la ceinture de son pantalon extra large d'une main, lequel pendait précairement sur ses hanches, menaçant de glisser, le faisant presque trébucher alors qu'il courrait dans la rue déserte.
Au moins, il avait atteint la fin de Privet Drive, où il y avait un parc, et de l'autre côté, l'autoroute. Harry s'arrêta pour récupérer son souffle et s'assit sur le bord de la route. Il savait que son absence ne serait pas remarquée avant le lendemain, depuis qu'il en avait fini avec toutes ses corvées, il aurait le temps de réfléchir à ce qu'il ferait.
Maintenant qu'il était parti, il se demandait s'il avait pris la bonne décision. Il était seul, ne savait pas où aller, et n'avait pas d'argent. Mais il ne pouvait plus revenir en arrière maintenant. Si son oncle lui mettait la main dessus après sa fugue, il savait qu'il serait battu quasiment à mort. Non, il n'y avait pas de retour possible.
Mais comment un garçon de dix ans pouvait-il survivre dans les rues ? Où trouverait-il de la nourriture ou un abri ?
Harry sentit un tel désespoir et tellement d'incertitudes qu'il ne put empêcher de calmes sanglots. Il enroula ses bras fins autour de son corps alors que le froid du soir commençait à s'établir, et pour la énième fois dans sa vie, il souhaita avoir quelqu'un qui s'occupe de lui.
Il fut surpris quand il sentit un museau mouillé toucher sa main. Il réajusta ses lunettes cassées sur son nez pour regarder le gros chien noir en face de lui, qui poussait son museau dans sa main. Il n'avait jamais vu le chien dans le quartier et l'animal était vraiment fin, sa fourrure noire était couverte de saletés.
« Et qui peux-tu être ? Je ne t'ai jamais vu ici. »
Le chien lécha la main d'Harry et remua la queue. Cela fit Harry pouffer de rire, pendant qu'il essuyait ses larmes avec sa manche effilochée.
Il pencha la tête sur le côté, regardant encore le chien avec curiosité.
« Je suppose que tu es seul, comme moi, avec personne pour prendre soin de toi. Personne qui t'aime. As-tu été battu comme je l'ai été ? »
A ces mots, le chien arrêta de lécher sa main, et regarda Harry avec une expression étrange pour un animal.
Harry soupira. Il savait que parler à un chien n'était pas normal, mais il se sentait si seul… il ressentait le besoin de partager ses inquiétudes, même en sachant qu'il n'aurait pas de réponse de l'animal qui ne comprenait pas un mot de ce qu'il disait.
« Je suppose que tu pourrais venir avec moi, mais le problème est que je n'ai nulle part où aller. » dit Harry misérablement. « Je me suis juste enfui de la maison. Et tu veux savoir pourquoi ? Parce que j'en ai marre de supporter les coups de mon oncle et les commentaires méchants. Je préfère la vie des rues plutôt que continuer à vivre avec eux. »
Il secoua la tête et son regard se perdit alors qu'il murmurait « Je me demande si j'ai encore une raison de vivre. »
Harry resta silencieux dans sa dépression morose. Il prit ses genoux dans ses bras et jeta un coup d'œil au chien. Il se retrouva à regarder dans des yeux gris qui le contemplaient silencieusement.
Soudainement, le chien aboya et bougea vers lui. Harry eut un mouvement de recul alors que le chien avançait. Il y avait quelque chose de très étrange dans l'intensité des yeux gris du chien.
Les yeux d'Harry s'écarquillèrent et sa mâchoire s'ouvrit quand le chien commença à changer devant ses yeux. Ca s'était passé si rapidement qu'il avait juste eu le temps de cligner des yeux. A un moment, il y avait un gros chien noir, et après, un homme maigre habillé en haillons et qui le regardait.
Harry glapit et se mit sur ses jambes pour fuir l'étranger.
Alors qu'il essayait de fuir, il sentit des bras attraper ses épaules, et quand il fut sur le point de crier, une main se pressa sur sa bouche, et il fut rapidement étreint par derrière.
Harry lutta de toutes ses forces, bougeant pieds et mains, mais la prise de l'homme était sans relâche et ses cris étaient tus par la large main sale pressée fermement contre sa bouche.
Il entendit un murmure urgent « Fais-moi confiance », et soudainement il sentit comme si son corps était pris dans un tube. La sensation s'arrêta rapidement et il ouvrit les yeux.
Il était debout face à l'homme, dans une rue qu'il n'avait jamais vue. Harry jeta des coups d'œil rapides sur les côtés et vit qu'il y avait une rangée de maisons devant eux, et qu'ils étaient tous seuls dans la rue. Il se demandait quelle serait la prochaine action. Il était à la fois apeuré et appréhensif par l'homme en face de lui, sans comprendre ce qu'il s'était passé.
Harry fit un pas en arrière et finalement décida qu'il était temps de prendre la fuite.
Abruptement, une main attrapa son bras avant qu'il ne puisse faire un essai.
« Harry, Harry je t'en prie écoute-moi. Je ne te veux aucun mal, » dit rapidement l'homme en haillons.
Harry recula autant que la prise de l'homme le lui permettait.
« Comment connaissez-vous mon prénom ? Et que… quoi… ? Vous étiez un chien ! »
Il secoua sa tête. Avait-il imaginé cela ? Que se passait-il ? Qui était cet homme et comment connaissait-il son prénom ? Harry était sur le point d'essayer de fuir encore, mais la prise de l'homme l'arrêta, et il se raidit lorsque l'homme lui parla encore.
« Harry, mon nom est Sirius Black. Je suis… je suis ton parrain, » dit doucement l'homme aux cheveux noir.
Le corps d'Harry se tendit, et il cria furieusement.
« Vous mentez ! Je n'ai pas de parrain. Je n'en ai pas ! Si j'avais un parrain, il m'aurait pris, et il ne m'aurait pas laissé avec les Dursley ! Il aurait pris soin de moi ! »
Une expression douloureuse apparut sur le visage émacié de l'homme. Les yeux gris lancèrent à Harry un regard perçant, et il dit d'un ton implorant « J'aurais aimé t'élever… mais je ne pouvais pas. J'ai été emprisonné. Je me suis échappé pour te voir. Je devais savoir si tu allais bien. Je ne pouvais plus le supporter… »
Harry ne savait pas quoi penser. Emprisonné ? Cet homme était-il une sorte de criminel fou dangereux qui venait de s'échapper d'une grande prison ? En tout cas il en avait bien l'air. Il portait des vêtements gris en lambeaux, il avait de longs cheveux noirs remplis de crasse ; et il donnait l'impression de ne pas avoir mangé depuis des années.
Sirius Black regarda son filleul avec un air implorant et vit qu'Harry ne le croyait pas. Il venait de s'échapper d'Azkaban depuis une semaine et avait passé tout son temps à chercher Harry. Il n'avait pas pensé à aller le chercher chez la sœur de Lily. Pas avant qu'il n'entende des sorciers sortant du Leaky Cauldron dire qu'ils se demandaient où était le Garçon-qui-a-survécu, puisqu'il n'était pas dans une famille sorcière. Quand il avait entendu cela, il avait vite compris que Dumbledore avait emmené Harry chez les Dursley, et il avait voulu réduire le vieux fou en pièces.
Toute personne ayant connu Lily savait que sa sœur la haïssait, méprisait la magie, et qu'elle rendrait la vie d'Harry misérable. Heureusement, il savait où vivait la sœur de Lily, puisqu'il l'avait accompagnée une fois pour rendre visite à Pétunia, quand Lily avait voulu améliorer sa relation avec sa sœur et en l'invitant à son mariage. James était très occupé par ses devoirs d'Auror et Sirius avait pris un jour de congé pour y aller avec elle. Ca avait fini avec Pétunia qui criait à Lily des horreurs sur son anormalité et Lily pleurant dans ses bras. Ils avaient été jetés hors de la maison par le muggle obèse avec lequel Pétunia s'était mariée. Il aurait voulu leur jeter un sort jusqu'à la folie.
Quand il avait trouvé Harry assis dans la rue, il avait été plus choqué que ce à quoi il s'était attendu. Harry était un petit garçon fragile avec des contusions sur son visage et ses bras. Il n'aurait jamais imaginé que le fils de James Potter aurait été réduit à ça. Il avait senti une colère froide en entendant Harry parler des coups qu'il avait reçus. Et son cœur s'était serré quand Harry avait dit qu'il n'avait personne et qu'il ne savait pas si sa vie valait la peine d'être vécue.
Il avait décidé qu'Harry vivrait avec lui. Au début, il avait juste voulu savoir si le garçon allait bien, sans révéler qu'il était, car il ne pouvait pas offrir grand-chose au garçon. Il était un échappé d'Azkaban, et il devait d'abord régler et planifier ce qu'il avait à faire, avant de prendre soin de son filleul. Mais après avoir entendu Harry et sachant que le petit garçon avait prévu de vivre dans les rues, il savait qu'il devait prendre Harry avec lui. Même s'il devait vivre la vie erratique d'un homme recherché.
Les résolutions de Sirius se renforcèrent et il dit d'un ton plaidant « Harry, je pourrai tout t'expliquer une fois que nous serons installés. Nous ne pouvons pas rester dans les rues. S'il te plait, viens chez moi et je t'expliquerai tout. Je t'en prie, fais-moi confiance. »
Harry regarda dans les yeux de l'homme - Sirius, c'était ça ? – et vit la profondeur des émotions contenues, l'espoir brillant dans ses yeux gris. Il mordilla sa lèvre inférieure et regarda prudemment autour de lui. Ils étaient complètement seuls. S'il criait à l'aide, quelqu'un l'aiderait-il ? Et si oui, est-ce que cet homme fou le blesserait ou le ferait se taire ? L'homme le tenait toujours fermement par l'épaule, et à chaque fois qu'il avait essayé de s'enfuir, l'homme l'avait arrêté. Il ne savait pas quoi faire. Et une fois encore, il n'avait nulle part où aller.
« O… Ok » dit Harry incertain. Il se raidit et dit avec détermination, « Mais si je ne vous crois pas, je partirai de mon côté. »
Il savait que c'était sa meilleure option. Ecouter cet homme fou et attendre l'opportunité de s'enfuir. Il obéirait, comme il avait toujours obéi à son oncle et sa tante, dans le but d'éviter la punition, puis il s'échapperait. Et cet homme pouvait être un criminel, peut-être un meurtrier échappé… l'homme avait l'air faible mais il était quand même plus fort, pour ne pas dire plus vieux et plus grand, qu'il ne l'était. Donc, il ne pouvait pas se battre, mais il pouvait attendre la chance parfaite pour s'enfuir.
Sirius sourit au garçon. C'était plus le Harry auquel il s'était attendu. Il admirait la méfiance du garçon et ses preuves d'indépendance.
« Très bien. Maintenant mets-toi à coté de moi et regarde ces maisons. La mienne va apparaître devant nous, et c'est assez drôle de voir comment ça se passe. »
Harry le regarda avec appréhension. De quoi l'homme parlait-il ? Ses suspicions semblaient se confirmer. Cet homme était fou. Il commença à penser qu'il avait accepté trop rapidement d'écouter l'homme quand, soudain, les maisons en face d'eux débutèrent bruyamment à se déplacer et à bouger sur les côtés, et une maison commença à grandir entre elles.
La mâchoire d'Harry s'ouvrit alors qu'il regardait le spectacle.
Sirius gloussa à l'expression de son filleul. C'était assez fascinant de le voir se passer pour la première fois. Même s'il détestait la maison, c'était assez pratique vu tous les boucliers de protections et les sorts qu'il y avait. Ses parents avaient réellement été un couple de bâtards paranoïaques.
Il prit la main d'Harry et alla ouvrir la porte. Il tourna le loquet en or rouillé, et ouvrit la porte, tirant Harry derrière lui alors qu'il entrait dans la maison.
C'était vraiment sombre. Sirius sortit la baguette qu'il avait volée à un sorcier bourré, et prononça 'Lux' pour allumer tous les chandeliers de la maison. C'était assez déprimant et vraiment sale ; il y avait beaucoup à faire pour faire de cet endroit un endroit viable. Il fit entrer Harry dans la maison quand les cris commencèrent.
« TOI ‼ COMMENT OSES-TU REVENIR ? HONTE DE MA CHAIR ! TRAITRE DES NOBLES BLACK ! » Hurla le portrait dans le hall.
« Oh Merlin, » grogna Sirius. « Je l'avais oubliée elle. »
Il fit un clin d'œil à Harry, qui était enraciné au sol avec un air incrédule sur le visage.
Se tournant vers le portrait, Sirius cria plein de mépris, « FERME-LA, ESPECE DE VIEILLE SORCIERE ! »
Sirius ferma rapidement les rideaux sur le portrait et les cris s'arrêtèrent.
Il secoua sa tête en murmurant dans un souffle, « Je dois penser à un moyen de l'enlever. Elle nous rendra fous. »
Il conduisit son filleul, qui était étrangement calme, à la cuisine et prononça un fort 'Scourgify' pour nettoyer la table et deux chaises.
Harry s'assit, alors que son esprit s'agitait avec tout ce qu'il avait vu. Une maison était apparue et avait grandi de nulle part ; un portrait venait de parler ; et Sirius utilisait un bâton et disait des mots bizarres, faisant des choses se passer… juste comme quand il voulait que des choses se passent…
Il ne savait pas quoi penser, et tous ses plans pour s'échapper loin de l'homme quittèrent son esprit alors qu'il considérait tout ça sous un autre angle. L'homme pouvait faire des choses comme ce qu'il faisait, mais il n'avait jamais rencontré quelqu'un avant qui était comme lui. Et son oncle lui avait toujours dit qu'il était un anormal, et que personne d'autre n'était comme lui ; qu'il était le seul anormal. De plus, même avant de rentrer dans la maison, il avait senti quelque chose dans l'atmosphère qui lui semblait familier ; il sentait un étrange mais pas désagréable picotement sur sa peau.
Sirius s'assit face à Harry et vit le regard sur le visage de son filleul. Le petit garçon était intelligent. Il ressemblait exactement à James. Un James émacié, petit et fragile, mais la ressemblance était claire. Mais les manières d'Harry étaient comme celles de Lily. Elle pensait toujours avant d'agir ; elle ne fonçait jamais tête baissée pour faire des choses gryffindoriennes. Un sourire triste se peignit sur son visage à son souvenir.
Il regarda le petit garçon, et dit calmement. « Harry, tu dois me croire. Je suis ton parrain mais j'ai été incapable de prendre soin de toi. Après le meurtre de tes parents… »
« Que voulez-vous dire par, meurtre ? » L'interrompit Harry, regardant l'homme en fronçant les sourcils. « Mes parents sont morts dans un accident de voiture parce que mon père était saoul. Et il a crashé la voiture dans une autre, tuant ma mère et aussi la famille de l'autre voiture. »
« QUOI ! Qui t'as dit ces mensonges ? » Dit Sirius en se levant abruptement. Il commença à faire les cents pas devant Harry en disant furieusement. « James n'a jamais été un alcoolique ! Et il n'aurait jamais été responsable de la mort d'une famille de muggles ! James et Lily ont été tués par Lord Voldemort et ils étaient l'un des couples les plus puissants du monde sorcier de notre temps. Qui a osé… ? »
Harry sentit son cœur s'arrêter, et il leva les yeux sur l'homme avec des yeux écarquillés. « Sorciers ? Que voulez-vous dire ? »
Sirius le regarda avec un air étrange sur le visage. Il s'agenouilla devant Harry et enroula ses mains sur celles fines d'Harry. « Harry, tu es un sorcier. Tes parents étaient des sorciers. »
L'incompréhension sur le visage d'Harry lui fit réaliser.
« Par la barbe de Merlin, ils ne te l'ont jamais dit ! Ces muggles dégoûtants. Tu peux faire de la magie comme je l'ai fait avec ma baguette. »
Sirius sortit la baguette qu'il avait volée et la donna à Harry, qui la prit dans ses petites mains, la regardant longuement et pensivement.
« Les sorciers font de la magie avec une baguette. Nous utilisons des incantations pour que notre magie fonctionne à travers la baguette. Tu m'as vu le faire. »
Harry acquiesça, ses pensées tournoyant encore plus dans son esprit alors qu'il fixait la baguette dans ses mains.
Il leva les yeux sur l'homme et dit incertain, « Je peux faire de la magie ? »
Sirius resserra la prise sur les mains de son filleul, et dit avec un petit sourire. « Oui. »
Harry cligna des yeux. Après quelques minutes, il dit d'un ton hésitant. « O… Ok. Je suppose… je suppose que ça peut expliquer pas mal de choses… »
L'homme – Sirius, se rappela-t-il – avait dit qu'il pouvait faire de la magie. Son oncle avait tort. La magie existait. Peut-être que la maison était apparue devant lui parce que c'était 'magique', et peut-être que le portrait parlait parce que c'était 'magique' aussi. C'était trop bien pour être honnête, mais n'avait-il toujours su qu'il était spécial ? Que ses capacités étaient un don et non quelque chose dont il devait avoir honte, différemment de ce que sa famille avait dit ? Oui, il avait su que ses 'capacités' étaient spéciales, et maintenant il savait pourquoi. Il était un sorcier. C'était surprenant, mais pourtant, il le croyait facilement. Ca expliquait tout.
Il se sentit heureux, plus encore quand il se souvint que Sirius avait dit qu'il était son parrain. L'homme aurait-il menti à ce sujet ? Il préférait le croire. L'homme avait l'air sincère. Puis il se souvint de quelque chose qui lui fit froncer les sourcils légèrement.
« Que sont les muggles ? »
Sirius soupira. Son filleul était complètement néophyte du monde sorcier. Il avait tant à expliquer. Puis sa mâchoire se serra de colère. C'était la faute de Dumbledore ! Comment le vieil homme avait-il pu faire une telle chose ? Il se calma et se prépara à dire à Harry le plus possible.
« Les muggles sont ceux qui n'ont pas de magie dans le sang. Ils n'ont pas nos 'capacités', comme ces gens chez qui tu as vécu. La majorité ne connait pas notre existence. Et c'est mieux ainsi, sinon ils auraient peur de nous et nous chasseraient. »
Il jeta un coup d'œil à son filleul, qui semblait comprendre, dont il continua. « Il y a longtemps, nous vivions avec eux, mais ils ont commencé à avoir peur de nos pouvoirs, et ce qu'ils ont appelé la chasse aux sorcières a commencé. Les muggles ont commencé à nous tuer. Dans le monde magique, il a été accepté qu'on s'éloigne d'eux. Des sorts puissants ont été utilisés, et maintenant toutes nos villes possèdent des sorts contre les muggles. Ils ne peuvent pas nous trouver et nos maisons restent cachées également. Il y a des communautés magiques dans tous les pays et nous avons des écoles pour entraîner les jeunes sorciers tels que toi. Notre ministre de la magie prend garde de maintenir notre existence inconnue aux muggles, bien que je pense que le premier ministre muggle soit au courant de notre existence, mais ne puisse en parler à personne. »
Sirius regarda Harry pour voir si le garçon avait compris. Harry, bien qu'il vit que l'homme s'attendait à ce qu'il dise quelque chose, était trop surpris et ça le rendait incapable de prononcer un mot alors que son esprit enregistrait chaque chose que Sirius venait de lui divulguer.
Cela pouvait-il être vrai ? Un monde secret entier existait ? De personnes comme lui, qui pouvaient faire de la magie ? Le cœur d'Harry commença à battre rapidement à cette perspective magnifique. Il n'était pas anormal ! Si c'était vrai, il y en avait d'autres comme lui. D'autres qui pourraient le comprendre, et peut-être… peut-être se soucier de lui.
« Il y a tellement de chose à te dire » dit Sirius. « Mais la chose la plus importante est que tu es le fils de James Potter, qui était un grand sorcier et un Auror. »
Harry regarda l'homme avec une expression perplexe sur le visage, et Sirius lui lança un petit sourire de compréhension.
« Un Auror est un sorcier qui attrape d'autres sorciers qui ont commis des crimes. »
« Comme un policier ? » S'enquit Harry, avide d'en savoir plus à propos de son père et du monde magique.
Sirius sourit. « Oui, mais les Aurors sont même plus importants que ça dans nos communautés. Ils doivent être de vraiment puissants et forts sorciers. C'est l'un de nos plus prestigieux métiers dans le monde magique, bien que le prix soit élevé. » Il sourit aux souvenirs, et ajouta, « et l'entraînement brutal. »
Harry lui lança un regard rapide et dit calmement. « Vous étiez un Auror. »
« Oui, j'en étais un » dit Sirius en le regardant avec surprise.
« Et à propos de ma mère ? » demanda Harry calmement.
Une expression douloureuse s'inscrivit sur le visage de Sirius alors qu'il répondait, « Ta mère était Lily Evans. Elle était une médicomage, comme un docteur – je pense que c'est ainsi que les appelle les muggles –. Elle était une née de muggles. Ses parents étaient muggles mais elle était née avec la magie. »
« Ok, » dit Harry lentement, essayant de tout comprendre correctement.
Sirius lui sourit. « Je vais essayer de tout expliquer le plus clairement possible. N'aies pas peur de poser des questions. » Harry acquiesça et Sirius continua. « Comme je l'ai dit, ta mère était une née de muggles, donc quand elle a eu onze ans, elle a reçu sa lettre d'Hogwarts. Hogwarts est l'école de magie britannique. Les nés de muggles sont encore en minorité mais ils sont acceptés dans notre société. Avant que tu sois né, les temps étaient dangereux. Beaucoup de sangs purs, ça ce sont des sorciers qui n'ont pas de sang muggle dans leurs lignées, pensent que les nés de muggles ne devraient pas avoir le droit de rentrer dans notre société à cause du danger représenté si notre existence venait à être découverte. Il y avait un sorcier noir nommé Lord Voldemort qui voulait tuer les nés de muggles à cause de ça, et il avait un groupe de partisans appelés les Deatheaters. C'étaient des sorciers noirs qui suivaient ses ordres. Mais il y avait d'autres sangs purs et sangs-mêlés – ceux avec du sang sorcier et muggle – qui se sont opposés à lui. Ton père était un sang pur, de la lignée des Potter. Lui, ta mère et moi, parmi d'autres, étions membres d'un groupe appelé l'Ordre du Phénix. »
Harry comprit rapidement toutes les informations, et mit les renseignements de côté pour une lecture plus approfondie. Sirius le regardait, comme s'il demandait la permission de continuer, et il lui sourit avec reconnaissance et fit un hochement de la tête.
« L'Ordre a été établi par Albus Dumbledore – le directeur d'Hogwarts – d'abord pour se battre contre un précédent Lord Noir, et plus tard pour se battre contre Voldemort et ses Deatheaters. Il y a eu des heures très sombres et nous étions largement en surnombre parce que beaucoup de sorciers et sorcières étaient trop effrayés par Voldemort. James et Lily étaient particulièrement ciblés, parce qu'ils étaient tous les deux vraiment puissants et formaient un couple de sang pur et née de muggle, ce qui allait contre les croyances de Voldemort. Un temps après que tu sois né, Dumbledore a convaincu James de se cacher avec Lily et toi. Je ne sais pas particulièrement pourquoi Dumbledore était si certain que les Deatheaters viendraient pour eux, mais il avait raison. James, Lily et toi viviez dans une petite maison à Godric's Hollow. Et ils ont pris un Gardien du secret. Un Gardien du secret est utilisé dans un sort de telle sorte que seule cette personne peut dire aux autres où un endroit particulier est situé. Au début, James m'a demandé d'être le Gardien du secret mais je pensais… »
Les poings de Sirius se serrèrent et son visage s'assombrit. « Je pensais que ça serait mieux si Peter Pettigrew était choisi. Il était notre ami et était le choix le moins évident, parce que j'étais le meilleur ami de James et un Auror également, donc j'avais plus de chances d'être capturé. Je… je le regretterai toute ma vie. Nous savions qu'il y avait un espion parmi nous, et je pensais que c'était Remus. Remus était aussi notre ami, mais il était un loup-garou. »
Harry sentit comme si son esprit était en surcharge et qu'il fonctionnait à sa capacité maximum. Il frotta son front en essayant de tout assimiler. Il perçut que Sirius insinuait que ce Pettigrew avait fait quelque chose, quelque chose de mauvais. Mais il voulait savoir ; il voulait savoir la vérité à propos de ses parents et comment ils étaient morts. Et une autre chose attira son attention. Sirius ne venait-il pas de dire quelque chose à propos d'un 'loup-garou ? Il y avait des films sur eux. Certaines personnes aimaient les regarder.
'Pas des gens' se dit Harry, 'ce sont des muggles' et il se surprenait pour faire déjà la distinction. Mais il avait toujours su qu'il était différent du reste… spécial, quelque part.
Interprétant mal le visage surpris d'Harry, Sirius sourit. « Oh oui, ils existent. Ils sont catalogués comme étant des créatures noires et ils se transforment à chaque pleine lune et devienne des bêtes féroces qui attaquent tout le monde. Mais Remus a toujours été gentil et généreux, mais je pensais stupidement que ça aurait pu être lui puisque Dumbledore l'avait envoyé chez les meutes de loups-garous pour négocier une alliance. Je pensais que peut-être ils l'avaient convaincu de se retourner contre nous. » Il soupira, et continua, « Bien, seulement Lily et James savaient que nous avions changé de Gardien du secret, donc personne ne savait que Peter était celui qui a trahi tes parents. »
Sirius s'arrêta, et puis gronda furieusement, « Peter était un Deatheater et a dit à Voldemort où vous vous cachiez. Je suppose que ce rat crasseux était réellement fier de donner à son maître une telle information. »
« Attendez ! » dit Harry était sur le point de continuer. « Qu'est-ce qu'un Death… avez-vous dit Deatheater ? Qu'est-ce que c'est, et c'est quoi Voldemort ? »
Le visage de Sirius s'assombrit, et il dit avec une voix tentée de haine, « Voldemort, où Tu-sais-qui, comme les sorciers et sorcières effrayés l'appellent, était un sorcier noir très puissant. Un sorcier noir est… bien, je t'en dirai plus, plus tard. Mais Voldemort était un Lord Noir, ça signifie qu'il avait un groupe de partisans, qui étaient noirs aussi, la majorité d'entre eux, bref. Ses partisans étaient appelés les Deatheaters et étaient marqués par lui. Tu peux en reconnaître un par la marque noire sur leur bras gauche. C'est une sorte de… comment les muggles appellent ça ? Ah oui. Une sorte de tatouage, un tatouage magique. »
« Ok, » dit Harry lentement, en assimilant le tout. « Mais pourquoi les gens ont-il si peur de lui ? »
« Avaient peur de lui, » dit Sirius en grimaçant. « Heureusement il est mort. Mais je suppose que certains tremblent encore de peur s'ils entendent son nom. Voldemort était vicieux et sans cœur. Lui et sa petite bande de partisans ont tué des milliers de sorciers et sorcières. Il y avait une guerre et c'était terrible. »
« Voldemort est mort ? » dit Harry intéressé. « Comment ? »
Le visage de Sirius se tordit de chagrin. « A Halloween, quand tu n'avais qu'un an, Voldemort est arrivé à Godric's Hollow et a tué tes parents. Personne ne sait exactement ce qu'il s'est passé, mais tu as survécu. Il a essayé de te tuer avec le sort de la mort – c'est un sort magique qui tue instantanément – et ça a rebondi et l'a tué à la place. Et ne reste de ça que ta cicatrice en forme d'éclair sur ton front. »
Sirius regarda son filleul. Les yeux d'Harry étaient humides et il retraça sa cicatrice avec un doigt, mais le garçon restait silencieux.
Un sorcier noir avait tué ses parents ? Et avait essayé de le tuer et il avait survécu ? Harry secoua sa tête. Il ne comprenait pas. Pourquoi ses parents étaient morts et lui avait survécu ?
« Tu as été déclaré le Garçon-qui-a-survécu et le Sauveur du monde sorcier parce tu as tué l'un des plus grand Lord noir de notre temps, » dit Sirius calmement. « Mais je suis allé trop vite. Cette nuit d'Halloween, je revenais du bureau et je suis arrivé à Godric's Hollow pour voir James. Quand je suis allé là-bas, une partie de la maison était détruite et j'ai vu ton père… mort dans l'entrée. »
Un sanglot s'échappa de la gorge de Sirius, mais il se força à continuer. « Je… je vous ai cherché Lily et toi. Tu étais dans ta chambre, elle était morte devant ton berceau. Je pense qu'elle t'a protégé contre Voldemort et il l'a tuée en première avant d'essayer de te tuer. Je ne sais pas pourquoi Voldemort te voulait mort. J'ai toujours pensé qu'il voulait James et Lily parce qu'ils étaient connus comme étant ses opposants. Rien n'est resté de Voldemort, la chambre a été totalement détruite et les murs étaient noircis et tombaient en ruine. Et tu étais couché, regardant ta mère… »
La voix de Sirius se rompit et son corps était légèrement secoué de sanglots. Harry pouvait voir les larmes tracer un sillon sur les joues sales de Sirius.
Harry se sentait engourdi. Il saisissait complètement ce qui venait de lui être dit. Il était si choqué par tout ça ; c'était trop. Mais il était content que Sirius lui dise tout, sans garder de secrets. Il l'avait traité en adulte et il lui en était reconnaissant. Des larmes silencieuses roulaient sur ses joues mais il voulait en savoir plus.
Sirius s'agenouilla face à lui et était en train de pleurer ouvertement. Il semblait tellement dévasté, tellement coupable. Harry ressentit un fort attachement pour lui. Il s'agenouilla devant l'homme et l'enlaça par la taille. Sirius répondit à son étreinte pendant que de faibles sanglots secouaient son corps émacié. Mais Harry avait besoin d'en savoir plus.
« Que s'est-il passé ensuite ? » Murmura-t-il contre la poitrine de Sirius.
Il sentait une telle rage contre Peter, l'ami de ses parents qui les avait trahis, mais il avait besoin de contrôler ses émotions et d'apprendre le reste.
« J'étais fou de tristesse et de rage, » dit Sirius. « Je t'ai sorti de la maison et Hagrid est venu. Il était un membre de l'Ordre et avait été envoyé par Dumbledore. Dumbledore avait mis un sort sur la maison pour l'alerter s'il y avait un problème, afin de savoir ce qu'il se passait. Je t'ai donné à Hagrid. »
Il regarda Harry avec des yeux teintés de chagrin et de culpabilité, et ajouta, « Merlin, je n'aurais pas dû. J'aurais dû te prendre pour que tu vives avec moi ! J'étais tellement fou. Tout ça c'était ma faute ! Je t'ai laissé avec Hagrid parce que je voulais trouver ce traître et le tuer. J'ai passé la nuit entière à le chercher et je l'ai finalement trouvé le lendemain dans le Londres muggle. Ce sale crasseux voulait se cacher. Je lui ai fait face et, avant que j'aie le temps de réagir, ce connard de traître a détruit le quartier entier tuant vingt muggles, coupant son doigt, et s'est transformé en rat pour s'échapper. »
Harry se força à penser clairement. « Que voulez-vous dire par se transformer en rat ? »
« Comme ce que j'ai fait quand je me suis transformé en chien. Nous trois, James, Peter et moi étions des Animagi, nous pouvons nous transformer en animaux. Mais personne ne le savait. Tu comprends, c'est illégal d'en être un sans être enregistré, et nous ne l'avons jamais fait. Donc tout le monde a cru que j'avais tué Peter, puisqu'il ne restait qu'un doigt, et que j'avais tué les muggles aussi. Les Aurors sont vite venus et j'ai été appréhendé et envoyé à Azkaban sans procès, » sortit rapidement Sirius, comme si le dire plus vite adoucirait la tristesse qu'il ressentait.
« J'étais tellement fou de rage que je n'ai pu convaincre personne de mon innocence et je me sentais tellement coupable que je pensais que je le méritais. Azkaban est une prison sorcière. Dès lors, j'ai été là-bas. Mais je n'en pouvais plus. J'ai vécu si longtemps grâce à ma forme animagus. La prison est gardée par des créatures maléfiques appelées les Dementors, ils se nourrissent de tous les sentiments heureux en toi, et beaucoup de prisonniers sont devenus fous après quelques mois dedans. Mais je n'avais pas de sentiments heureux en moi ; mon meilleur ami et la femme que j'aimais avaient été tués et c'était de ma faute. J'ai utilisé ma forme animagus pour me défendre des Dementors pour qu'ils ne puissent pas se nourrir de mon âme. Quelques semaines auparavant, j'ai commencé à rechercher des moyens pour m'enfuir. J'ai continué à penser à toi et au fait que tu pensais sûrement que j'avais trahi tes parents. Je pensais que tu avais été élevé en sorcier et, comme tel, tu aurais cru comme tout le monde que j'étais un traitre. Je suis finalement revenu à la raison, j'étais transformé, je me suis glissé entre les barres et je t'ai cherché. Je voulais tuer Peter en premier, mais quand j'ai réalisé que tu étais avec les Dursley, je devais m'assurer que tu allais bien avant. »
Sirius fit une pause puis grogna, « Jamais je n'aurais pensé que Dumbledore t'aurait laissé à eux. Je serai venu te chercher bien avant maintenant si ça avait traversé mon esprit. Tout le monde savait que Pétunia haïssait ta mère et la magie ! »
Harry réfléchit calmement à toutes ces informations que Sirius venait de lui dire. Finalement, il pensa à la dernière partie. Le directeur Dumbledore était celui qui l'avait placé avec les Dursley, même en sachant qu'ils haïssaient les sorciers.
Mais pourquoi ? S'il était devenu si important pour le monde magique en causant la défaite de Voldemort, pourquoi avait-il été laissé pour compte dans une famille muggle ? Pourquoi le directeur ne s'était-il pas assuré qu'il allait bien ? Tout cela fit naître un ressentiment en lui. Il devrait réfléchir à cela une fois qu'il serait seul. Il avait tant de choses à penser. Pourquoi le sortilège de mort ne l'avait-il pas affecté ? Comment était-il possible pour un bébé de tuer un puissant sorcier tel que Voldemort. Il en savait si peu à propos du monde que Sirius venait de lui décrire. Il était résolu à en apprendre autant que possible et le plus vite qu'il le pouvait. Mais il se sentait exténué après avoir tout entendu. Et son dos blessé lui faisait toujours mal. Tant à analyser, tant à apprendre…
Sirius regarda Harry et vit son expression pensive. Il avait été surpris par l'impassibilité d'Harry durant son récit. Le garçon avait pleuré et l'avait étreint, mais il agissait comme un adulte. Quel genre de vie avait vécu le garçon pour agir si calmement en de telles circonstances ? Tout garçon normal aurait éclaté en sanglots et aurait pleuré pour ses parents, et n'aurait surtout pas été capable d'entendre plus de choses si sombres et violentes. Au lieu de ça, Harry avait voulu en savoir plus et l'avait réconforté, alors que ça aurait dû être le contraire.
'Il a tant souffert et il est pourtant si fort. Il est remarquable.' Sirius sentit un fort sentiment de fierté pour le garçon. Mais il repensa à comment il avait trouvé Harry. Son filleul s'était enfui de chez les Dursley et était couvert de bleus. Quand il avait étreint le garçon, il avait senti Harry se dérober mais le garçon avait vite caché sa réaction. Harry avait dit qu'il avait été battu mais il était déterminé à en savoir plus.
« Harry » dit Sirius calmement, « Peux-tu me dire pourquoi tu t'es enfui de chez les Dursley ? »
Instantanément, il sentit le petit garçon se tendre dans ses bras.
Harry s'échappa de l'étreinte et regarda Sirius. Cet homme s'était tellement ouvert à lui. Il avait souffert pendant si longtemps. Il était son parrain et apparemment, il voulait le prendre avec lui. Il lui devait la vérité.
Il prit une inspiration profonde. « Vous avez entendu ce que j'ai dit quand vous étiez un chien. Tante Pétunia ne m'a jamais vraiment aimé et me faisait faire toutes les corvées de la maison. J'étais traité comme un serviteur, je vivais dans un placard, et j'étais rarement nourri. Dudley m'utilisait comme un sac de punching ball, mais le pire c'était Oncle Vernon. Il m'a toujours appelé anormal et vous savez déjà qu'il m'a menti à propos de mes parents. Il me battait régulièrement pour plusieurs raisons valables selon lui. Mais même ça, je me suis habitué. Mais récemment… »
Harry hésita pendant un moment, et décida d'être complètement honnête. « Cette nuit c'était la première fois que ça arrivait mais j'ai eu peur que ça se passe encore. Après les coups il a commencé à me tou… toucher. » Il eut du mal à mettre les mots sur ce qu'il s'était passé. Donc il prit une profonde inspiration une fois encore et continua. Il n'osait pas regarder Sirius, il avait son regard fixé sur le mur derrière. « Il a commencé à caresser mon dos et il disait des choses bizarres. Ca m'a vraiment fait peur. »
Sirius le prit rapidement dans ses bras une fois encore, puis se souvint que le garçon avait des blessures dans son dos quand Harry laissa échapper un petit gémissement. Il ressentit tellement de rage, d'impuissance et de haine.
« Oh Harry. Harry, je suis… Que… Que s'est-il passé ? »
Il se retenait vraiment d'aller trouver ce muggle et le torturer lentement, mais il devait savoir si quelque chose de plus s'était passé. Par Merlin, il irait éviscérer le muggle s'il avait sexuellement abusé de son filleul.
Harry pouvait sentir la colère de Sirius et une sorte de chaleur parcourut toute sa poitrine. Personne ne s'était intéressé à lui avant. Et cet homme était sorti de nulle part et l'avait pris avec lui. Il avait une vraie famille maintenant. Tellement de fois il avait rêvé d'un parent perdu qui viendrait et le sauverait des Dursley, mais il avait abandonné ce rêve depuis longtemps.
« Ma tante et mon cousin sont arrivés et Oncle Vernon m'a rapidement envoyé dans le placard. Mais il a promis qu'il continuerait ce qu'il avait commencé. Ses gestes m'ont apeuré… je savais que ce n'était pas normal, que ce n'était pas bien, parce qu'il n'avait jamais agi ainsi avec Dudley, mon cousin… et je savais que je serais incapable de l'arrêter s'il essayait encore. Donc j'ai décidé de m'enfuir. » Harry haussa ses épaules, et ajouta, « Je ne laisse pas grand-chose derrière moi de toute façon. Je suis sûr qu'ils seront contents de mon départ. »
Sirius remercia Merlin que rien de plus ne se soit passé. Il avait senti un profond sentiment de soulagement. Mais Harry avait beaucoup souffert tout de même. Par les dieux, il arrangerait tout ça. Il prendrait soin de lui. Il devait au moins ça à James et Lily. Sirius prit le menton d'Harry pour qu'il puisse voir les yeux de son filleul. Ces yeux, les yeux de Lily. Son cœur se serra.
« Harry, je suis là pour toi maintenant. Je ne te quitterai jamais. Je prendrai soin de toi. Aucun enfant n'aurait dû subir ce que tu as subi. Je n'ai pas grand chose à t'offrir. Je suis en cavale et je ne peux pas sortir librement, mais je veux que tu vives avec moi. Je pourrai te parler de tes parents et du monde magique. Et je ne permettrai à personne de t'éloigner de moi encore une fois. »
Harry sentit ses yeux s'humidifier. Il avait quelqu'un maintenant. « Merci. »
Il se racla la gorge, et ajouta avec excitation, « J'adorerai vivre avec vous et je veux apprendre tout ce que vous pouvez me dire. »
Sirius sourit. « Très bien, allons trouver quelques chambres et laisse-moi regarder tes blessures. Je n'ai pas de potions dans la maison mais j'enverrai des hiboux demain pour en avoir. »
Il vit la curiosité dans les yeux d'Harry et l'envie du garçon d'en savoir plus. Il avait tant à apprendre à son filleul. Il gloussa. « Je t'expliquerai tout à propos des hiboux et des potions demain. Maintenant nous devons nous reposer. »
Ils se levèrent et allèrent calmement au second étage. Sirius installa Harry dans la chambre de Regulus, il utilisa sa baguette pour nettoyer la chambre, draps et couvertures de lit. Il fit enlever à Harry son T-shirt et fut horrifié par les marques de ceinture qu'il voyait. Il se retint assez pour ne pas commencer à crier. Il prit simplement une serviette mouillée de la salle de bains et commença à nettoyer les plaies avec du savon.
Il n'y avait rien de plus dans la maison. Demain il devrait demander de l'argent par hibou à Gringotts, pour acheter de la nourriture et d'autres choses par hiboux également. Merci Merlin, les gobelins se foutaient de traiter avec des condamnés, ce qui importait était le business avec eux, et après tout, il était le chef de la maison des Black maintenant. De plus les hiboux ne pouvaient pas être filés jusqu'à Grimmauld Place grâce aux puissants sorts de protection.
Il couvrit Harry et embrassa le front de son filleul. Demain serait un long jour.
Harry se réveilla en sentant qu'il n'avait jamais aussi bien dormi de sa vie. Il se souvint des événements de la veille et sourit. Il avait l'impression qu'une éternité était passée depuis qu'il avait vécu avec les Dursley. Tant de choses avaient changé. Il savait qu'il était. Il avait un but dans sa vie. Il voulait tout apprendre de la magie et serait un puissant sorcier comme ses parents. Il prendrait ses propres décisions et ne permettrait jamais personne d'avoir un tel pouvoir sur lui, comme Dumbledore en avait eu. Sa vie ne serait jamais dictée par d'autres.
Il avait passé la nuit à penser à tout ce que Sirius lui avait dit, et il voulait en savoir plus à propos de Voldemort et ses partisans, et plus à propos du problème entre sangs purs et nés de muggles. Sirius avait dit que Voldemort et ses partisans étaient des sorciers noirs. Mais qu'est-ce que cela signifiait ? La magie était-elle classée dans différentes catégories ? Ca lui importait peu de toute façon, le savoir était le savoir, et n'était pas mauvais. Avoir des connaissances l'aiderait dans le monde magique. Plus il en savait sur tous les types de magie et plus il serait à même de se protéger des autres. Il ne laisserait jamais plus personne le blesser ou le battre.
Il avait aussi pensé à Dumbledore. Au début, il avait été confus, mais à la fin, la colère prévalait sur toutes les autres choses. L'homme l'avait laissé avec des muggles. Sirius avait dit que quiconque connaissait sa mère savait que sa sœur haïssait la magie. Donc pourquoi Dumbledore l'avait-il abandonné là-bas ? Pourquoi personne n'avait vérifié qu'il allait bien ? Spécialement s'il était aussi célèbre que Sirius lui avait dit.
Ca le mit en colère, et il était parvenu à la conclusion que le sorcier appelé Dumbledore avait évidemment manipulé les événements de telle sorte qu'il grandisse en ignorant l'existence du monde sorcier. S'il était si important, il aurait dû apprendre la magie le plus tôt possible, et aurait dû être élevé dans son propre monde ; et non laissé à l'abandon dans une famille qui haïssait la magie et le qualifiait d'anormal. Et il savait que Sirius était furieux contre Dumbledore pour les mêmes raisons. Il se demanda également comment le chef de l'Ordre pouvait permettre l'emprisonnement d'un de ses membres sans procès…
Sirius se réveilla et grogna quand il réalisa qu'il était dans la maison de ses parents. Il avait juré, longtemps auparavant qu'il ne reviendrait jamais. Mais hélas, quand les temps sont durs, des exceptions doivent être faites.
Il sourit en se rappelant qu'il avait son filleul avec lui. Il se donna une nouvelle mission dans la vie. Quand James et Lily étaient morts, il s'était senti comme s'il n'avait plus de raisons de vivre. Il s'était laissé cantonner dans son chagrin dans sa cellule d'Azkaban. Il réalisa, maintenant qu'il avait été vraiment égoïste. Harry avait eu besoin de lui et il avait abandonné le garçon aux mains de Dumbledore.
Sirius fronça les sourcils. Il n'aurait jamais suspecté les manipulations de Dumbledore. Il avait toujours eu une grande confiance dans le vieil homme. Enfin, jusqu'à ce qu'il apprenne qu'il n'aurait pas de procès et que personne n'avait demandé à ce qu'il en ait un. Il s'était brièvement demandé dans sa cellule, pourquoi Dumbledore n'avait pas demandé de procès pour lui. Mais maintenant la question importait parce que Dumbledore avait interféré dans la vie de son filleul la rendant pire.
Il avait peut être été à Gryffindor mais il reconnaissait une tactique de Slytherin quand il en voyait une. Après tout, il avait été élevé comme un Black ; il n'y avait pas de meilleurs entraînements que ça pour préparer à faire face à la réalité de la vie et à faire face à la vraie nature des autres.
Ce que Dumbledore avait fait était sans doute possible une tentative immorale afin qu'Harry lui soit reconnaissant de tout ; une enfant ignorant était facilement manipulé et pouvait accéder à ses volontés. Il était sûr que la plupart des personnes dans le monde magique serait horrifié d'apprendre qu'Harry avait été élevé comme un muggle, sans connaître ses racines sorcières. Leur sauveur réduit à un muggle ! Ils crieraient au scandale.
Dumbledore avait clairement voulu que le garçon lui soit reconnaissant de tout et apprenne que ce qu'il voulait qu'il apprenne. Il était évident que Dumbledore avait peur qu'Harry devienne un garçon plein de confiance, indépendant et totalement sûr de soi comme l'avait été James. Et quel meilleur moyen de détruire cette issue que faire vivre Harry dans une famille haïssant les sorciers ?
Il se fit le serment d'apprendre à Harry tout ce dont le garçon aurait besoin pour prendre ses propres décisions. Quand son filleul grandirait, il aurait un lourd fardeau sur les épaules. Dumbledore essaierait de faire de lui le symbole de la Lumière et de l'avoir sous son contrôle. Et les sorciers noirs essaieraient de le rallier à leur cause. Tout le monde croyait qu'Harry deviendrait un sorcier puissant. Et il savait, tout au fond de lui, que Voldemort pourrait revenir.
Quand il avait été Auror, il avait souvent entendu, par des sorciers capturés, que Voldemort avait planifié de devenir immortel. Personne ne voulait vraiment croire ça, mais il avait assez de connaissances des Arts Noirs pour savoir que quelqu'un d'aussi puissant que Voldemort serait capable de s'assurer une certaine immortalité. Il y avait tant de sorts obscurs et d'horribles rituels pour rendre une personne difficile à détruire. Et le fait que le corps de Voldemort ait été réduit en cendres prouvait qu'il avait fait quelque chose. Le sort de mort laissait le corps intact après tout. Harry devrait combattre Voldemort dans le futur, ou au moins les Deatheaters restants.
Maintenant qu'il connaissait les manipulations de Dumbledore et la façon dont les muggles avaient traité Harry, il savait qu'il ne pouvait plus rester le Gryffindor étroit d'esprit qu'il avait été. Pour le bien d'Harry, il devrait accepter son côté noir et apprendre tout ce qu'il pouvait à son filleul. Même si ça incluait quelques sortilèges noirs puisqu'aucun sort, dit du bien ne pouvait faire face à un Deatheater.
De plus, il n'était plus sûr d'avoir foi dans les idéaux de Dumbledore. Le vieil homme avait des préjugés contre les familles noires et les Arts noirs. Il avait toujours abhorré les Arts noirs parce que sa famille avait voulu le forcer à les suivre, mais ça pourrait être utile à Harry, pour sa protection. Et il était secrètement d'accord avec beaucoup de Sangs purs sur le fait que les muggles étaient très dangereux et que les nés de muggles représentaient une brèche dans la sécurité. Bien sûr, ca ne voulait pas dire qu'il pensait qu'ils devaient être tués, ou qu'ils étaient inférieurs, mais une solution devait être trouvée.
Il n'avait pas connu beaucoup de muggles avant, mais ce que l'oncle d'Harry lui avait fait n'avait jamais été entendu dans le monde magique. Les sorciers chérissaient leurs enfants et ne les aurait jamais battus ou sexuellement abusés. Il y avait tellement peu de sorciers comparés au muggles que le bien-être des enfants était une priorité absolue. Encore plus dans les familles de Sang pur, qui n'avaient habituellement qu'un ou deux enfants puisqu'il était convenu pour eux que plus d'enfants diluaient la puissance magique dans la lignée. Et une plus grande importance encore était donnée à l'héritier de la famille.
Ses parents n'avaient jamais levé la main sur lui. Ils avaient tyranniquement demandé à ce qu'il adhère à leurs idéaux et croyances mais il n'avait jamais été blessé d'une quelconque façon. Il n'avait jamais réalisé cela. Les enfants des familles noires étaient de vrais trésors plus que dans les familles de la lumière ; puisqu'ils donnaient plus d'importance à la lignée et à la puissance des héritiers, et parce que pour eux, un héritier était irremplaçable. Et il était complètement d'accord avec ça.
Harry était assis dans la bibliothèque qu'il avait trouvé durant l'introspection de la maison.
Il se levait tôt et avait vu que Sirius ne s'était pas encore réveillé. Sa curiosité l'avait conduit à errer dans la maison faiblement éclairée. Ce qu'il avait vu l'avait fasciné. Il avait rencontré des choses vraiment bizarres et légèrement effrayantes : un mur couvert de têtes de quelques types de créatures bizarres, avec de grands yeux et de larges oreilles vertes pointues ; une main rampant dans un tiroir ; un parapluie fait à partir d'une jambe d'une immense créature entre autres choses.
Il pensait qu'il avait vu une ombre bouger autour de lui, mais après avoir attendu un moment pour voir si quelqu'un apparaîtrait, et après n'avoir rien entendu, il avait continué son inspection. Il avait également vu beaucoup de portraits de sorciers ronflant et de sorcières endormies, tous ressemblaient un peu à Sirius. Il supposa que ça devait être ses ancêtres. Il trouvait fascinant que les portraits soient vivants et puisse interagir avec les vivants. La magie était simplement magnifique.
Finalement, il avait trouvé une bibliothèque et il s'était directement senti comme chez lui. C'était immense et il y avait énormément de livres qu'il ne pouvait qualifier que de 'noirs' ; faisant déjà quelques références à ce que Sirius lui avait dit sur les sorciers noirs. Ca ne lui semblait pas si mauvais.
Les livres étaient vraiment intéressants et ils contenaient tous des images mouvantes qui décrivaient les sortilèges et rituels. D'autres étaient plus violents et criaient ou se plaignaient quand on les ouvrait. Il décida de les lire quand il en connaitrait plus à propos de la magie. La plupart des sorts étaient faits pour causer des blessures aux autres ou montraient comment faire un duel contre un autre sorcier.
Il n'aimait pas particulièrement ceux qui étaient utilisés pour la torture, mais selon Sirius les sorciers dehors connaissaient toutes ces choses, donc il devait l'apprendre pour être préparé. Il sentait déjà qu'il était loin derrière les autres enfants qui avaient grandi dans le monde magique, donc il devait rattraper le niveau. Heureusement, il lisait vite et apprenait rapidement ; parce qu'il était habitué à lire quand il avait vécu avec 'les muggles', comme il avait commencé à les appeler.
Harry était en train de lire le livre appelé 'La vraie histoire des Arts Noirs' et il ne pouvait pas s'arrêter.
Ca racontait l'histoire de Morgane et de son enfant Mordred, et comment ils avaient été ceux qui s'étaient le plus profondément plongés dans les Arts noirs comme personne avant eux ; comme un moyen de se préserver des muggles qui avaient commencé à se retourner contre eux. Ca expliquait comment Morgane s'était disputée avec Merlin à propos des dangers encourus s'ils révélaient leurs capacités aux muggles, puisqu'ils avaient l'habitude de détruire tout ce qui leur faisait peur pour ou était plus puissant qu'eux. Les muggles avaient commencé à créer leurs religions pleines de préjugés qui jugeaient les choses inexplicables comme étant maléfiques, et comment la chasse aux sorcières débuta, clamant qu'ils étaient des envoyés du diable. Voyant que Merlin refusait de se dissocier des muggles, elle prit Mordred avec elle dans une île loin des côtes qui était maintenant connu comme étant l'Angleterre. Et Morgane avait fondé son propre groupe de sorciers et sorcières, qui croyaient en la puissance de la nature et des forces magiques.
Harry était fasciné et était totalement d'accord avec ce qu'elle avait fait. Après tout, elle avait raison, énormément de sorciers avaient été torturés par des muggles qui les avaient accusés de travailler pour le diable quand ils étaient surpris à faire de la magie. Il pensait même que ce par quoi elle était passé pouvait être appliqué maintenant, puisque les Dursley étaient l'incarnation parfaite des muggles qu'elle avait rencontré à son époque.
Morgane avait découvert que la magie venait de la nature et que les sorciers étaient plus connectés à la Terre que les muggles, puisque les sorciers n'avaient pas refoulé le flux de magie qui affluait de la Terre. Mordred chercha plus profondément et trouva un type de magie pure et forte qu'il nomma Noire, qui était dure de contrôler mais qui donnait aux sorciers des pouvoirs sur la nature et ses créatures. Ce fut ainsi que les Arts noirs étaient nés et que leur groupe de sorciers furent connus comme Sorciers noirs. Ils utilisaient la magie pour perfectionner leurs corps et leurs esprits, et pour contrôler d'autres êtres. Ils ne l'avaient pas utilisée pour des buts abjects jusqu'à ce que les muggles commencent à persécuter les sorciers. Puis Morgane concentra leurs études sur la magie pour créer des sorts offensifs pour les aider contre l'attaque des muggles, et ils inventèrent beaucoup de sortilèges noirs pour avoir une chance contre les muggles.
Harry lisait profondément quand il remarqua qu'il y avait un portrait accroché au dessus de l'âtre, qui était réveillé et le scrutait. Il leva les yeux dessus et vit un sorcier à l'allure royale qui portait de longs cheveux noirs, des yeux perçant d'un gris foncé et une présence imposante. Il était habillé dans des robes noires et vertes d'un tissu riche qui semblait être la dernière mode des siècles avant. Le portrait était assis dans son trône mais ne disait rien.
Harry se demanda s'il devait lui parler. Mais il décida de continuer à lire. S'il dérangeait, le portrait le lui ferait sûrement savoir.
Sirius avait cherché son filleul depuis un moment maintenant et ne savait plus où l'enfant avait pu aller.
Il avait vérifié dans les principales chambres et quartiers de la maison et les avait tous trouvés vides. Il avait même vu Kreacher rôder furtivement dans les parages mais n'avait pas payé attention à cet horrible elfe de maison. Cet elfe était trop corrompu pour lui plaire. La vénération de cette créature pour sa mère lui donnait des nausées, et il était un elfe complètement inutile ; ça faisait longtemps qu'il avait arrêter de nettoyer et faisait de son mieux pour désobéir aux ordres de Sirius.
Sirius était perplexe. Les endroits qu'il n'avait pas vérifié étaient les chambres où seules les personnes ayant du sang des Black pouvaient entrer ; pour n'importe qui d'autre, les portes n'apparaissaient pas. Et les chambres contenaient généralement les portraits des Black, des héritages, et des livres. Il savait qu'Harry ne pouvait pas voir les portes de ces chambres, mais après avoir cherché pendant deux heures et appelé Harry, il décida de les vérifier tout de même.
Quand il ouvrit la porte de la bibliothèque, il fut complètement ébahi.
Il y avait Harry, totalement immergé dans un livre des Arts noirs, et avec le portrait d'Arcturus Black qui l'examinait.
Comment avait-il réussi à entrer dedans ? Et pourquoi Arcturus ne lui ordonnait pas de sortir ?
Arcturus Black était l'un des ancêtres les plus vénérés. Il était un totalitaire strict qui n'avait pas de patience avec les enfants et qualifiait toute personne impure mais intelligente ou assez puissante comme étant un gaspillage.
Sirius avait méprisé ce portrait quand il était plus jeune et il devait admettre qu'il l'avait toujours intimidé. Le vieux sorcier avait été extrêmement puissant à son époque et avait été à la tête de la maison des Black pendant deux siècles. Arcturus avait également été le leader des familles de sangs purs quand ils avaient formé des coalitions politiques contre le bannissement des Arts noirs. Et le sorcier avait réussi, puisque c'était bien après son époque que la plupart des Arts noirs avaient été interdits en Angleterre.
Il secoua sa tête, et s'approcha de son filleul. « Harry je te cherchais. Comment es-tu entré à l'intérieur ? »
Harry sursauta en arrêtant sa lecture ; c'était tellement intéressant qu'il n'avait pas entendu Sirius entrer.
« Que voulez-vous dire ? J'ai simplement trouvé cette bibliothèque quand j'ai inspecté la maison. J'espère que vous n'êtes pas en colère parce que j'ai visité la maison, » dit-il d'un ton incertain. « J'ai trouvé la maison vraiment intéressante et je voulais en voir plus. Puis j'ai trouvé cette bibliothèque et j'ai lu des livres. J'adore lire et j'en sais si peu, que je pensais que ça ne ferait rien si je lisais quelques uns de ces livres. »
Harry vit que Sirius semblait surpris, et ajouta rapidement, « Je voulais pas vous ennuyer avec mes questions. Après ce que vous m'avez dit hier j'avais pleins de questions et ces livres sont simplement fascinants ! » Il était incapable de contenir son excitation alors qu'il continuait précipitamment, « Ils expliquent tellement de choses : notre histoire, et comment les Arts noirs se sont développés, et tous ces sorts incroyables qui ont été inventés. Je ne peux pas m'arrêter de lire. »
Il s'arrêta avec un petit sourire, mais s'inquiéta en voyant que Sirius restait simplement debout devant lui à le regarder.
« J'ai fais quelque chose de mal ? » Demanda Harry en fronçant les sourcils. « Je suis désolé si je ne devais pas entrer. Je demanderai votre permission la prochaine fois. »
Harry fit un mouvement pour se lever, mais Sirius s'avança vers lui et posa une main sur son épaule pour arrêter son action.
« Je suis désolé Harry. Ne le prends pas ainsi. Il n'y a pas de problème pour moi si tu veux lire ces livres, bien que je doive te dire quelles sections éviter, parce que certains livres sont vraiment dangereux. Mais Harry, est-ce que tu veux dire que tu es simplement entrer dedans ? »
« Oui, pourquoi ? Je n'aurais pas dû ? » Demanda Harry en levant des yeux confus sur son parrain.
Sirius détourna les yeux et commença à marmonner, « Ce n'est pas possible… comment est-il entré… il n'aurait pas pu… pourrait-il… »
Il se tourna vers Harry et dit calmement, « Seule une personne du sang des Black aurait pu trouver cette pièce. »
Harry s'immobilisa.
« Comment suis-je rentré alors ? » Dit-il en essayant de trouver un sens à ce qui venait d'être dit. « Je ne suis pas un Black. Je suis un Potter ! Peut-être que dans la lignée des Potter il y a du sang des Black ? »
Soudainement le portrait grogna et Sirius se tourna vers lui.
« Que sais-tu ? » Gronda Sirius.
« Surveille ton ton, jeune homme. Tu as toujours été un enfant impudent et ignorant, » dit Arcturus Black narquoisement.
« Ne me fais pas perdre mon temps, Arcturus. Pourquoi as-tu grogné ? » Demanda Sirius d'une voix tranchante. « Comment est-il entré ? »
« Comme si je devais répondre, » ricana Arcturus. « Mais étant donné que le garçon est aussi curieux, je te dirai juste que l'idée d'un Black mélangé à un Potter-j'adore-les-muggles est juste ridicule pour ne pas réagir. »
« Epargne-moi tes préjugés, vieil homme. Dis-moi juste comment il est entré ? Je sais qu'il n'y a eu aucun Black dans la lignée des Potter. »
« Je suis peut-être un vieil homme, mais je ne suis pas aveugle comme tu sembles l'être, » rétorqua méchamment Arcturus. « Il me semble que le sang des Black circule trop faiblement en toi si tu ne peux pas le sentir. »
Harry les avait attentivement écoutés pendant leur joute verbale et avait atteint des conclusions confuses. Il décida d'intervenir.
« Hum… excusez-moi Monsieur Black, » dit Harry poliment, essayant de ne pas se tortiller sous le regard sévère du portrait. « Je ne peux arriver qu'à la conclusion que j'ai du sang des Black en moi… mais ce n'est pas possible ! »
Il ne savait pas comment continuer sans blesser Sirius, mais décida de suivre le fil de son idée. « Ce qui voudrait dire que soit ma mère avait du sang des Black dans sa lignée, ce qui n'est pas le cas puisque Sirius m'a dit qu'elle était une née de muggles… ou que mon père avait du sang des Black… ou… ou que mon père n'était pas James Potter, mais quelqu'un de votre lignée. Et il ne reste que Sirius comme possibilité, et que c'est… » Hésita-t-il et il se tourna vers Sirius. « Ou peut-être que vous avez des frères ou des cousins ? »
« Au moins le garçon est plus sensé que toi, » railla Arcturus en regardant Sirius.
Sirius ne lui prêta pas attention et regarda son filleul. « Non, Harry, je n'ai eu qu'un frère et il est mort bien trop jeune pour avoir un enfant. Et Lily ne peut pas être de la lignée des Black puisque je suis la branche principale et que je l'aurais su s'il elle avait été une Black éloignée, parce que la tapisserie… »
Soudainement, Sirius pâlit et chuchota avant de sortir de la pièce, « Je reviens. »
La réaction de Sirius rendait Harry confus. Il leva les yeux sur le portrait et dit incertain, « Je suppose que c'est un moyen pour lui de savoir qui est de la lignée des Black ? »
« Tu as l'air très intelligent gamin, » dit Arcturus brusquement, « Et je peux sentir la puissance en toi, mon petit. Tu feras un héritier acceptable. »
« Vous sous-entendez que je suis un Black, » chuchota Harry pour lui-même alors que ses yeux s'écarquillaient.
Il fut interrompu dans ses pensées lorsque soudainement Sirius le prit pour une étreinte des plus chaleureuses.
« Oh Merlin c'est vrai ! Je ne me suis jamais permis d'espérer… je l'ai tellement souhaité… mais je n'ai jamais pensé que ça puisse être possible, » Dit Sirius avec franchise dans les cheveux d'Harry. « J'ai tant envié James pour ça… je ne peux pas y croire… »
« Sirius, que voulez-vous dire ? S'il vous plaît, expliquez-moi, » Plaida Harry. Il pensait connaître la réponse mais il n'osait pas espérer non plus.
Sirius plaça ses mains sur les épaules d'Harry, et ses yeux imprimèrent longuement les traits d'Harry dans sa tête.
« Mais tu ressembles tant à James… » Chuchota Sirius. Il fit une pause et sembla prendre une décision. « Harry viens avec moi. Je dois te montrer quelque chose »
Ils entrèrent dans une pièce et Harry vit instantanément une énorme tapisserie couvrir le mur entier. Elle représentait un arbre composé d'innombrables branches et de petites fleurs blanches. Après une inspection plus profonde, il put voir des noms et des dates sur chaque fleur. Il réalisa que c'était un arbre généalogique. Et puis il remarqua la magnifique écriture argentée en haut : 'La Plus Noble Maison des Black'
Sirius était en train de suivre l'un des branchages du bout de son doigt et s'arrêta sur une fleur blanche qui semblait avoir été brûlée.
« Tu vois Harry, il y avait mon nom ici. Ma mère l'a brûlé lorsque je me suis enfui de la maison. Je ne suis jamais revenu avant-hier, et je n'avais pas regardé la tapisserie après que tu sois né… je ne savais pas, elle ne me l'avait jamais dit… »
Harry regarda ce que Sirius pointait et vit une fleur près de la sienne où était écrit : 'Regulus Arcturus Black'. Puis il vit une délicate branche venant de la fleur faite pour Sirius et il vit une petite fleur blanche en dessous avec les mots : 'Orion Sirius Black,' et en dessous, il y avait la date de son anniversaire.
Harry déglutit et son esprit évaluait les possibilités. Maintenant il savait ce que Sirius suspectait. Mais ça ne pouvait pas être possible, si ? Ca pouvait être juste une coïncidence. Il ne voulait pas y croire sans preuve. Il ne voulait pas être déçu et avoir mal si ce n'était pas vrai.
« Mais Sirius, ca pourrait être une coïncidence. Vous l'avez dit vous-même, je ressemble à James Potter et Lily était mariée à lui, pas à vous… et elle… »
Sirius baissa les yeux sur Harry et Harry vit que ses yeux étaient pleins de larmes contenus. Il ressentait tellement de choses pour l'homme maintenant. Il souhaitait tellement que ça soit vrai.
Sirius prit les petites mains d'Harry dans les siennes, et dit calmement « Harry, j'aimais ta mère énormément. Elle a été la seule femme que j'ai toujours aimé. Nous nous sommes vus en secret pendant un très long moment. James s'était entiché de Lily depuis le début, mais elle ne pouvait pas le supporter avant notre septième année à Hogwarts. Je ne voulais pas lui faire de mal, il était mon meilleur ami. Donc quand j'ai décidé de sortir avec ta mère, nous ne l'avons dit à personne. Nous avons été ensemble pendant trois ans jusqu'à ce qu'elle rompe avec moi. Les temps étaient noirs et dangereux, elle était une née de muggles et j'étais un Black. J'avais déjà abandonné les préjugés de ma famille, mais c'était trop dangereux pour elle et moi si les sangs purs découvraient notre relation. Donc elle a décidé de tout arrêter. Je comprenais, mais ça m'a profondément blessé. »
Il prit une inspiration et continua, « Elle est sortie avec James. Même si c'était vraiment dur pour moi, James était extrêmement heureux et j'ai appris à l'accepter. Mais dès fois, j'essayais de la voir, je ne pouvais pas rester loin d'elle. » Il sourit et puis il ajouta avec un pincement de cœur, « Nous avons continué à nous voir de temps à autres après Hogwarts. Jusqu'au jour où elle a vraiment mis fin à toute relation en m'annonçant qu'elle allait se marier à James. Juste après nous avons appris que Lily était enceinte. Je n'ai jamais remis en question le fait que tu sois le fils de James… »
Son visage était dévoré par la tristesse et il dit, « Je comprends maintenant pourquoi elle a fait ça. Si elle avait porté l'enfant d'un Black, Voldemort et ses Deatheaters serait devenu une menace pour elle et toi. Et en grandissant, tu aurais eu sur tes épaules la pression de l'héritage des Black et les Deatheaters auraient voulu que tu les rejoignes. Lily ne savait pas combien de temps la guerre allait durer et elle ne voulait pas ce futur pour toi. Donc je pense que quand elle a découvert qu'elle était enceinte, elle a rompu avec moi et a accepté la proposition de James. Je sais qu'il lui avait proposé le mariage depuis pas mal de temps, mais elle a toujours repoussé pour mon bien. Elle n'avait pas encore décidé quoi faire. Et quand tu es arrivé, elle n'a pensé qu'à te protéger. »
Sirius passa une mais dans les cheveux d'Harry. « C'est vrai que tu ressembles à James. Un peu trop pour que ce soit naturel. Elle était vraiment intelligente et puissante. Je pense qu'elle a fait un rituel du sang pour que tu lui ressembles. Mais ça peut être inversé maintenant que je le sais. »
Il regarda Harry incertain, comme s'il attendait son accord. Harry acquiesça juste, trop perdu pour parler, alors que sa poitrine se serrait avec espoir.
Sirius continua calmement, « J'ai tant envié James qui avait tout ce que j'avais toujours désiré. Je ne peux même pas être en colère contre elle. Elle a fait ça pour toi et grâce à elle, je t'ai toi. Elle t'a reconnu comme mon fils. Tu vois, elle a utilisé un rituel nominal et t'a appelé Orion Sirius pour que la tapisserie ait accès à l'information. Ces rituels sont seulement fait par des familles de sangs purs noires, James ne lui aurait jamais demandé de faire ça. Elle était la seule qui savait comment je voulais appeler mon fils. »
Abruptement, Sirius enlaça fermement Harry, le soulevant même du sol. Avec des larmes de bonheur, il chuchota fortement, « Tu es mon fils… j'ai un fils ! »
Harry enlaça son père en retour et pleura de joie silencieusement contre son torse. Il avait un père… il avait un père. Rien ne pouvait être mieux que cet instant.
Les semaines passées avaient été hautes en couleur. Sirius avait été souriant et plein d'énergie. Il voulait passer chaque heure avec son fils. Plus il connaissait le garçon et plus il l'aimait.
Il avait déjà pris l'habitude de l'appeler et de penser à lui comme étant Orion ; il avait toujours pensé que c'était un prénom magnifique. Et il était fier d'Orion. Le garçon avait un esprit aiguisé, il était soigné et patient, et adorait lire. Orion lui rappelait tant Lily que son cœur se serrait à chaque fois qu'il regardait son fils. Et Orion semblait plus heureux que jamais auparavant.
Il savait que l'enfant voulait une vraie famille et Orion n'hésitait pas à lui montrer son affection. Il avait passé tout son temps à lui parler du monde magique, des Maraudeurs, Hogwarts et Lily ; en parlant d'elle, il arrivait dès fois qu'il s'arrête lorsque le chagrin devenait trop fort. Il avait déjà commencé à lui apprendre les coutumes de sangs purs et l'histoire de la famille Black.
Il n'aurait jamais pensé qu'il aurait appris ces choses à son enfant, considérant le fait qu'il s'était rebellé contre ça toute sa jeunesse. Mais maintenant qu'il était un père, il voulait que son fils, qui était l'Héritier de la Noble Maison des Black, soit prêt à assumer son titre. Il sentait que c'était une obligation de bien préparer son héritier. Jamais auparavant il ne s'était préoccupé d'être l'héritier, mais maintenant il comprenait un peu mieux ses parents, et quel déception ça avait dû être pour eux.
Ca ne voulait pas dire qu'il regrettait. Il avait eu de sacrés bons souvenirs en vivant avec James et en étant chez les Gryffindor. Il n'aurait changé ça pour rien au monde. Mais maintenant il était plus mature et il était responsable d'un bien-être autre que le sien, il voulait que son fils soit le meilleur et qu'il soit préparé à traiter avec les sangs purs.
Le lendemain de la 'découverte' – comme ils s'y référaient avec sourire – il avait trouvé le contre sort qui neutraliserait le rituel du sang de Lily et révélerait la véritable apparence d'Orion.
Après avoir fait des recherches qui lui assuraient qu'il ne blesserait pas le garçon, il invoqua le sort et fut émerveillé de ce qu'il vit. Orion était un vrai Black. Il possédait tous les traits de caractéristiques des Black : la douceur, des cheveux noirs et légèrement ondulés ; des petites fossettes ; le nez patricien ; une peau de porcelaine ; et un corps mince. Et, heureusement, Orion avait gardé les yeux verts de Lily.
C'était l'une des caractéristiques qu'il avait espéré que son fils garderait. La bonne chose était aussi que la vision d'Orion avait été restaurée. Heureusement, les Black, contrairement aux Potter avaient toujours eu une vision parfaite. Orion était toujours petit pour son âge, et imputait cela aux jours qu'avait passé Orion chez les Dursley. Mais il s'assurerait dorénavant que le garçon mangerait plus et serait assez rassasié avant de sortir de table.
Sirius avait fait parvenir tout type de potions et les avait utilisées pour guérir les plaies et les cicatrices d'Orion. Il avait même noté qu'Orion se comportait différemment. Ca le faisait sourire quand il reconnut qu'Orion imitait sa façon de marcher et bouger. Le garçon était plus confiant et montrait déjà son indépendance en décidant quels livres il voulait lire.
Après une discussion avec Orion sur les Arts noirs, Sirius céda finalement à l'entêtement et aux plaidoyers de son fils et permit à Orion de lire les livres de la bibliothèque des Black. Mais Orion devait appeler Sirius lorsqu'il voulait lire ceux qui étaient dangereux. Ainsi Sirius pourrait être dans la pièce avec lui, juste pour être sûr que son fils pourrait s'en sortir avec eux. Pour l'instant, ils n'avaient pas eu de problèmes.
Au début, il avait été inquiet qu'Orion étudie les Arts noirs, même s'il savait qu'Orion avait besoin de savoir qui étaient ses ennemis. Mais après, il avait compris qu'Orion était très bien capable de discerner les sorts utiles des sorts maléfiques. Il avait prêté sa baguette à Orion pour qu'il s'entraîne, sachant que le Ministère n'avait aucun moyen de détecter la magie d'un mineur grâces aux protections des Black. Et il avait déjà planifié une sortie pour acheter une baguette propre à Orion.
Ils avaient également beaucoup parlé de leur futur. Ils partageaient un avis similaire sur Dumbledore, ce qui amusait grandement Sirius, prouvant une fois encore que le garçon était intelligent et perspicace. Et il fut décidé que ce serait risqué qu'Orion aille à Hogwarts.
Sirius dit à Orion ses soupçons à propos du retour possible de Voldemort, et de plus, il avait été décidé qu'Orion devrait allé à Durmstrang ; où il apprendrait plus le duel et les Arts noirs que nulle part ailleurs, et où il pourrait être en contact avec les types de sangs purs qui supportaient Voldemort, le faisant ainsi passer plus inaperçu.
Voldemort aurait du mal à soupçonner que l'Héritier de la Maison des Black puisse être Harry Potter. Quel meilleur moyen pour son fils d'être caché aux yeux et aux sus des sangs purs que d'être sous leurs nez ? Et ça avait été l'idée d'Orion. Sirius en venait à croire que si son fils avait été à Hogwarts, il aurait été à Slytherin. Et, étrangement, ça ne lui aurait pas déplu. A la place, ça le décontractait, sachant que le garçon pourrait être assez rusé dans le futur.
Sirius avait également dit à Orion qu'il pensait qu'ils devraient quitter l'Angleterre et aller au manoir des Black à Moscou. Les Black avaient plusieurs propriétés dans différents pays, mais Sirius savait que à Moscou, moins de questions seraient posées, et personne n'irait dire aux anglais qu'ils avaient un évadé d'Azkaban chez eux.
La communauté magique à Moscou était le centre de la de la communauté magique de l'Est de l'Europe, et était bien plus large et varié que celle d'Angleterre. Ils étaient aussi singulièrement loyaux aux familles de sangs purs qui avaient des racines plus ancrées dans le pays. Et les Black étaient une de ces plus anciennes lignées à avoir des intérêts là-bas. En effet, presque toutes les familles de sangs-purs qui en valaient la peine avaient des manoirs à Moscou, puisqu'elle avait été la vieille capitale du monde magique avant la guerre avec Lord Grindelwald. Et le manoir Black avait même de meilleures protections que celles de Grimmauld Place, puisque la magie pure dans l'atmosphère les renforçait.
Orion avait accepté parce qu'il avait lu des choses sur Moscou et était très excité à l'idée de voir la ville, car c'était la plus large communauté magique qui acceptait ouvertement les sorciers noirs et lumineux. Et ça représentait une opportunité d'apprendre des sorts que peu de Britanniques connaissaient.
Il avait aussi expliqué à son père qu'il voulait avoir la liberté de décider de son propre camp dans la guerre. Il était d'accord avec les deux camps sur des aspects, et il avait besoin d'interagir avec plus de sangs purs et de sorciers noirs afin de se faire sa propre opinion.
Il ne savait pas s'il considérait le côté noir comme une façon de se rebeller contre Dumbledore – qu'il n'avait pas rencontré mais il était certain qu'il était le sorcier à blâmer pour ce qu'il avait enduré avec les Dursley – ou s'il était réellement en train de considérer la possibilité de les supporter. Peut-être que c'était juste de la curiosité due au besoin d'en apprendre plus avant de prendre parti.
Il avait honnêtement dit à Sirius que même si Voldemort avait tué sa mère et James, il considérait ça comme un acte de guerre et que c'était compréhensible. Mais, d'un autre côté, il n'aimait pas les tactiques de terreur de Voldemort ou les croyances dans l'extermination des nés de muggles. Mais il n'aimait pas les manipulations de Dumbledore et les préjugés contre les Arts noirs et la naïveté à propos des muggles, donc il n'était toujours pas convaincu et ne savait pas qui supporter.
Et il comprenait qu'il aurait éventuellement à choisir, parce que même s'il était Orion Black aux yeux du monde, il savait que tôt ou tard il serait entraîné dans la guerre. Que ce soit parce qu'il était un Black ou parce que quelqu'un aurait découvert qu'il était le Garçon-qui-a-Survécu.
Sirius au début avait été surpris et inquiet que son fils prenne les choses si froidement. Mais comme Orion avait expliqué ses opinions avec minutie et conviction, Sirius comprenait que son fils essayait toujours d'analyser les choses rationnellement. Et il ne pouvait pas s'attendre à ce qu'Orion soit tout chamboulé de la mort de Lily. Orion ne l'avait jamais connue, et de plus, il ne pouvait pas complètement ressentir sa perte. Mais Sirius était nerveux de voir que son fils considérait le camp de Voldemort comme une possibilité. Néanmoins, il assura rapidement à Orion qu'il le supporterait et le suivrait quel que soit le camp qu'il choisirait. Mais Sirius pointa aussi un problème, Voldemort avait voulu tuer Orion spécifiquement et qu'ils ne savaient toujours pas pourquoi, et que cette information était vitale pour eux.
Donc Sirius avait proposé qu'il devait prendre contact avec quelques familles de sangs purs et de vieux Deatheaters, et entrer dans leur cercle de telle sorte qu'il puisse récupérer les informations qu'ils savaient ; parce qu'ils étaient ceux qui avaient entendu toutes les rumeurs des raisons de l'attaque de Voldemort. Sirius ne pensait pas qu'il aurait des problèmes pour rentrer dans la sphère, parce qu'il était à la Tête de la Maison des Black, et parce que tout le monde, excepté les Deatheaters de Premier ordre, pensait qu'il était celui qui avait trahi les Potter en les livrant à Voldemort. Et il pourrait traiter avec les Deatheaters disant que son séjour à Azkaban l'avait fait réaliser les erreurs qu'il avait faites.
Orion n'était pas très heureux de ces nouvelles découvertes et n'aimait pas que son père prenne de tels risques, mais reconnaissait qu'ils avaient besoin de plus d'informations, donc il céda et accepta les plans de Sirius.
Un problème qu'avait soulevé Orion était qu'il ne pouvait pas dire qu'il était le fils de Lily Evans ou même que sa mère n'était pas une sang-pure, sinon il ne pourrait pas se faire sa place dans le cercles des sangs-purs. Donc il ne savait pas quoi répondre si on le questionnait sur sa mère.
Sirius prit du temps pour considérer ça. Si du sang était pris d'Orion pour révéler son ascendance, seul le nom des Black apparaîtrait. Puisque ces potions ne reconnaissaient que les lignées de sorciers, et ça révèlerait 'inconnu' s'il ne trouvait pas la lignée partenaire. Mais Sirius ne connaissait pas toutes les potions qui existaient en ces jours, il pourrait y en avoir de nouvelles meilleures et qui révèlerait qu'Orion avait du sang de muggle dans les veines et peut-être même qu'un sort obscure pourrait faire de même. Il n'avait pas de solutions pour ça. Il avait seulement dit à Orion qu'il devait être prudent.
Mais à propos du nom de sa mère… Sirius se souvint avoir rapidement eu une aventure avec une sorcière française qui était venue visiter l'Angleterre avec sa famille. Il l'avait rencontré chez les Potter et leur 'histoire' avait duré quelques semaines. Elle venait une petite famille de sang-pur en France. Il avait appris plus tard, qu'elle et ses parents – qui étaient la dernière branche de la lignée – avaient été tués dans un raid de Deatheaters. Bien. Son nom était Véronique Valcroix.
Orion pourrait dire qu'elle avait été sa mère et qu'elle était morte peu après sa naissance. Et que sa nurse l'avait abandonné dans un orphelinat. « Ce n'est pas très loin de la vérité, étant donné mes conditions de vie, » Commenta Orion avec acidité. Ca collerait avec les résultats de la potion puisque les Valcroix étaient une famille moindre qui pourrait ne pas être connu. Et si une potion ou un sort détectait le sang muggle dans ses veines, Orion pourrait dire que ça venait de la lignée des Valcroix. Aussi longtemps que ça ne montrait pas à quel pourcentage son sang était muggle, ça serait une explication crédible.
Le problème qui restait toujours était la cicatrice d'Orion. Il était trop facile de la reconnaître comme la cicatrice d'Harry Potter et ils voulaient mettre autant de distance possible entre eux et cette vérité. Orion serait plus en sécurité, autant de Voldemort que de Dumbledore s'ils croyaient toujours que Harry Potter vivait dans les rues de Londres.
Ils avaient parlé au portrait de Phineas Nigellus, qui avait été très intéressé de rencontrer l'Héritier des Black, et il leur avait dit que Dumbledore était déjà au courant qu'Harry s'était enfui et que plusieurs sorciers le recherchaient à Londres, mais n'avaient rien trouvé.
Orion réfléchissait toujours au problème que leur causait la cicatrice et demanda à Sirius s'il n'y avait pas un sort noir ou un rituel de sang qui pouvait cacher la cicatrice, même si ça ne la retirait pas de façon permanente. Sirius ne savait pas, donc Orion passa les dernières semaines à rechercher des informations dans la bibliothèque, pour trouver quelque chose qui les aiderait, pendant que Sirius mettait en place leur départ.
Sirius écrivit des lettres à Igor Karkaroff, le directeur de Durmstrang, en lui disant qu'il attendait la lettre d'acceptation de son fils à l'école dans un an. Et il envoya une lettre à Gringotts, demandant un transfert de tout leur argent à leur bureau à Moscou ; les laissant savoir qu'il prenait les commandes de tous les coffres et propriétés des Black puisqu'il était à la tête de la Maison des Black. Et il donna clairement comme information que personne ne devait être au courant des mouvements de ses coffres sinon il ferait son affaire autre part. C'était une menace inutile, mais il l'avait faite juste au cas où.
Quelles que soient les choses qui l'emmenaient à penser à Orion, il souriait. Ce qui était choquant était que le portrait de sa mère et Kreacher commençaient à aimer le garçon après avoir vu sa véritable apparence et découvert que le garçon passait le plus clair de son temps à étudier les Arts noirs. Et le fait qu'Arcturus accepte Orion avait fini d'intégrer le garçon à la famille.
Le portrait de sa mère était plus gai que jamais – si on pouvait considérer qu'elle était capable d'être contente – et avait fortement déclaré que finalement la famille Black aurait un héritier de valeur et que Orion était la seule chose que bien qu'avait réussi son raté de fils, Sirius. Elle tolérait presque Sirius et il savait qu'elle le faisait seulement pour le bien d'Orion. Ca le surprenait toujours autant de voir son fils discuter sortilèges avec elle, et plus encore, de la voir sourire gentiment au garçon.
Orion passait également beaucoup de son temps à parler calmement avec Arcturus. Le vieux sorcier sévère appréciait vraiment Orion, et Sirius se demandait si Arcturus savait que le garçon était un sang-mêlé. Sirius ne pouvait jamais entendre ce dont ils parlaient, mais ça semblait leurs plaire à tous les deux. Il avait déjà assuré Orion en lui disant qu'Arcturus avait aussi son portrait au Manoir Black.
Le garçon charmait tout le monde. Sirius aimait penser que c'était de sa personnalité qu'Orion avait hérité. Mais il savait qu'Orion était assez différent de lui. Ca le rendait perplexe parfois.
Son fils pouvait être mignon et charmant quand il le voulait, mais il était plus souvent calme et introverti. Orion pouvait être plein d'esprit et marrant, mais parlait toujours calmement et gentiment. Son fils était en train de gagner de la confiance et une estime de soi, et était très beau, mais ne se ventait jamais et n'était pas arrogant. Il était très intelligent, et avait acquis beaucoup de connaissances à travers ses lectures, mais ne les exposaient jamais. Orion aimait les Arts noirs, et pouvait être froid au besoin, mais il y avait toujours une douceur et une innocence en lui. Le garçon était assez complexe.
Sirius n'avait pensé à l'entraîner de suite aux duels, parce qu'Orion était trop jeune. Mais après l'avoir suivi dans la maison, après avoir écouté les douces persuasions d'Orion, il céda finalement et promit qu'il engagerait un tuteur quand ils seraient installés à Moscou. Orion partit avec un sourire satisfait.
Mais Sirius se sourit à lui-même, même en sachant que son fils le menait par le bout du doigt.
Deux semaines plus tard, tout fut prêt et Orion eut un rude adieu avec sa grand-mère – c'était elle qui avait insisté pour qu'il l'appelle ainsi – parce qu'elle n'avait pas de portrait dans le Manoir de Moscou.
'Merlin soit loué que le Manoir soit du côté de mon père de la famille Black, et que je n'aurais pas à avoir cette vieille sorcière sous le nez,' pensa Sirius avec un profond soupir de soulagement et un sourire sur son visage alors qu'il envisageait d'apprendre à son fils comment jouer au Quidditch.
A suivre…
