Le soleil commençait à peine de se lever lorsque j'ouvris les yeux. Depuis que maman avait eu sa place dans ce nouveau cabinet, j'avais pris l'habitude de me lever au aurore pour passer un moment privilégié avec elle. Depuis sa mort, je n'avais pas réussi à changer ça. Je pensais que cela me rapprocherait d'elle. J'ouvris doucement les yeux en restant quelques minutes dans mon lit. Je me frottai les yeux tels une enfant en baillant bruyamment. Je poussai l'épaisse couette qui me recouvrait et m'assis sur le bord de mon lit. Je tendis les mains au-dessus de ma tête, m'étirant le dos. Je me levai ensuite, me dirigeai vers la salle de bain attenante à la chambre. J'allumai l'eau de la douche et pendant que cette dernière chauffait, j'en profitai pour me brosser les dents.
Une fois cette étape terminée, j'entrai dans la douche soupirant lorsque l'eau chaude frappait frénétiquement mon corps qui se détendait à vue d'œil. Je fermai les yeux et laissai ma tête allée en arrière. Je profitai de mon moment à moi avant de me rendre à la salle de sport qui, je l'espérais était vide. Je restai encore quelques minutes sous l'eau chaude avant de prendre son shampoing et de se laver les cheveux, je me rinçai les cheveux grossièrement avant d'appliquer mon soin capillaire sur mes pointes. Pendant le temps d'application, je pris mon gel douche et je me frottai le corps méticuleusement. Je me rinçai le corps et attendit encore deux minutes sous l'eau, en laissant mes pensées naviguer où elles le voulaient. Je sentis alors mes yeux s'humidifier et je laissai mes larmes glisser le long de mes joues. Je ne pleurais que très rarement, mais lorsque je le faisais c'était que j'avais atteint une limite que mon propre corps avec fixé. Je me laissai glisser contre le mur de la douche, recroquevillant mes genoux contre me buste en les entourant de mes bras. Je posai ma tête sur mes genoux, sanglotant bruyamment.
Je me sentais briser de toute part, et encore plus depuis que mon père m'avait abandonné ici. La partie rationnelle en moi, savait qu'il l'avait fait pour mon bien, mais une part de moi me disait qu'il m'abandonnait comme l'avait fait ma mère. J'avais l'impression de tomber d'une falaise et que je n'allais jamais toucher le sol, que l'air ne remplissait plus mes poumons. J'avais la simple impression de mourir à petit feu, de m'éteindre. Je relevai la tête pour respirer profondément et calmement afin de calmer mes sanglots. Mon regard tomba sur les marques évidentes qui se trouvaient sur mes poignets. Pourquoi diable m'étais-je loupée ? Je passais mon index sur mon poignet droit, caressant la longue cicatrice qui m'avait presque ôté la vie. Je la regardais fascinée, comme possédée. Je restai un moment à simplement respirer et regarder les marques de ma tentative de suicide. Je clignai des yeux comme pour sortir de ma transe et je me relevai dans la douche et rinçai mes cheveux.
Je coupai l'eau, sortis et m'enroulai dans une serviette que j'avais préalablement posée sur la barre métallique. J'enroulai mes cheveux dans une serviette plus petite et me regardai dans la glace qui se trouvait face à moi. Je soupirai en avisant mes yeux rougis ainsi que les poches sous mes yeux. Je manquais cruellement de sommeil, mais je n'arrive plus à dormir. Une fois toutes les choses que j'avais à faire dans la salle de bain terminées, je me rendis dans ma chambre et enfilai mes sous-vêtements, mes habits de sport et je filai chercher mes chaussures dans ma valise que je n'avais pas totalement déballée. Je m'assis sur mon lit, enfilai mes chaussures et les lassaient. Je me fis une queue de cheval assez haute pour que mes cheveux ne me gênent pas pendant mon sport. Je pris une bouteille d'eau et sortis de ma chambre. Je traversai l'établissement au pas de course, direction la salle de sport.
Une fois arrivée à destination, je poussai la porte et souris en découvrant la salle silencieuse. Je m'avançai doucement en laissant mon regard vagabonder sur chaque élément constituant la pièce dans laquelle je me trouvais. La directrice ne m'avait pas menti lorsqu'elle m'avait dit que la salle de sport était plus qu'adéquate pour une personne que moi. Je choisis alors de m'échauffer avant de vraiment commencer. Je m'installai sur le vélo de salon, et parti pour un quart d'heure. Je me concentrai sur ma respiration, sur le rythme que je donnais à mes mouvements circulaires. Plus je sentais mes muscles travailler, plus je sentais ma tête se vider. Au moment venu, je descendis du vélo et m'installai sur le tapis de course, je commençai par une marche rapide pour reprendre un peu de mon souffle et j'accélérai progressivement. J'atteignis rapidement mon rythme et je décidai de courir une petite demie heure et que j'irai courir demain matin en pleine air. Lorsque j'eux finis ma série de vélo et de course, je relevai la tête pour remarquer que je n'étais à présent plus seule dans la salle mais que cinq garçons m'avaient rejoint.
Je me sentis tout de suite mieux d'avoir évacué mes émotions. Je me sentais autant vidée physiquement que psychologiquement. Je montais sur le ring de boxe qui se trouvait au centre de la pièce, mis mes propres gants et commençai à taper de frustration sur le punching-ball. Je frappai frénétiquement dessus comme si le sac de frappe était en réalité celui qui m'avait retiré ma mère. Je frappai de plus en plus fort alors que la salle se remplissait. Je ne pensais à rien d'autre qu'à ce monstre que je voulais punir, je voulais faire justice à ma maman. Je ralentissais mes coups pour ne pas craquer alors que j'étais entourée par des inconnus. Je bloquai le sac, retirai mes gants et descendis du ring en détendant mes bras.
- Hey Max ! T'as vu la nouvelle, c'est encore une fille à maman qui fait n'importe quoi de sa vie.
Je me retournais vers celui qui avait dit ça, je le foudroyai du regard. Je sentis mon rythme cardiaque accélérer et mon souffle devenir difficile à cause de la colère. Je serrai les poings de rage avant de faire une chose que j'allais regretter par la suite, mais parler de ma mère alors qu'elle était morte n'était pas une chose à faire, encore moins en ma présence.
- Fermes-la, lui avais-je craché au visage en passant à côté de lui pour me rendre dans les vestiaires.
- Et pourquoi ? Tu vas aller pleurer dans les jupes de ta mère ?
Je me tournai rapidement vers lui et mon poing rencontra sa mâchoire. J'entendis un bruit et je sus que je venais sûrement de lui casser la mâchoire et quelques dents au passage. Je le regardais droit dans les yeux alors qu'il était allongé sur le sol, serrant les dents pour ne pas recommencer et le mettre à mort. Je me retournai et allai dans les vestiaires comme prévu. Je sortis de la salle encore en colère alors que je voulais me rendre au plus vite dans ma chambre, je bousculai la directrice. Je relevai les yeux et à son regard je compris qu'il était question de moi. Elle me fit signe de la suivre, ce que je fis sans protester. Elle avait l'air vraiment en colère, et je l'étais aussi cela signifiait que l'entretien n'allait pas être de tout repos. Alors que je pensais que j'allais me faire disputer, renvoyer ou des millions d'autres choses encore, je remarquai la présence d'un garçon dans le bureau de la directrice. Il soufflait rapidement et difficilement signe qu'il venait de fournir un effort physique et à la vue de la veine qui traversait son front, je pouvais facilement en déduire qu'il était en colère. Je m'assis sur la chaise qui se trouvait à sa droite et attendit que madame s'installe. Elle nous regardait tour à tour, et un fin sourire étira soudainement ses lèvres. Je fronçai les sourcils face à son geste. Je n'aimais vraiment pas les personnes qui profitaient d'une situation.
