Disclaimer: Rien à moi, je ne gagne pas d'argent avec ce texte, tout est à JKR (sauf Lilith, mais bon)
Note: je sais, ça fais longtemps que j'ai rien posté. Je suis vraiment désolée, mais j'ai perdu toutes mes données en changeant de système d'exploitation (vive les formats de clés usb qui aiment pas linux!). Enfin donc voila, bonne année très en retard et j'espère que ce petit texte va vous plaire!
Gros bisous et encore désolée!
Lorsque je me réveille, le corps délicieusement courbatu, les articulations toutes molles, il est là. Il ronflote en serrant fort son oreiller contre son ventre. Il a les sourcils froncés, les cheveux encore plus ébouriffés qu'en temps normal (la première fois que je l'ai vu dormir, j'ai compris que, contrairement aux apparences, il se coiffait chaque matin), les genoux repliés contre son coussin, le nez à moitié écrasé contre le matelas et la bouche entrouverte. Il bavouille allégrement sur le lit, et, retombant dans mes vieux schémas de pensées, je me surprends à le trouver adorable.
Potter ne devrait pas être adorable. Potter est un connard plus vrai que nature. Potter est un dragueur arrogant, un mec aussi sûr de sa valeur que de son courage apparent, un froussard effrayé à l'idée de montrer une quelconque faiblesse. Potter est un monstre au sourire d'ange.
Je l'aime, évidement.
Encore un peu dans le vague, je sors une jambe de sous la couette. Un bas tire-bouchonne le long de mon mollet. Un regard à l'autre jambe me confirme que le second bas est porté manquant. Je me dis que ce serait le moment parfait pour une cigarette, mais mon paquet est resté dans ma cape, hors de portée. Flemmarde, je me muse contre James, reniflant à pleins poumons son odeur endormie. Ça vaudrait presque ma dose de nicotine quotidienne.
Quand j'ouvre à nouveau les yeux, Potter me fixe. Je l'embrasse. Il pue de la gueule, mais moi aussi, donc tout va bien.
« Ton maquillage a coulé. » dit-il, brisant ce moment de douceur. Je me lève. Je n'ai pas d'autre choix que de partir, que de retrouver ma place dans ce monde où je n'aime pas James Potter. Quel malheur que ce monde n'existe pas.
« Attends » m'appelle-t-il, et je ne peux m'empêcher de me tourner vers lui. Il faudrait que j'arrête de me mentir : il m'attire comme un aimant.
« Tu reviendras ? » demande-t-il, et il a l'air si perdu dans son grand lit, comme un gamin aux immenses yeux bruns, que je ne peux que lui répondre. C'est déloyal, d'ailleurs. Quelque part dans mon cœur de Serpentard, je suis fière de ses dons de manipulateur. Avant, quand on s'aimait encore comme des enfants, je m'amusais à prétendre lui avoir tout appris dans ce domaine, mais j'ai toujours su que c'était un mensonge. Il savait faire tourner son monde en bourrique bien avant de me connaître.
« Oui » je réponds, ma voix s'étranglant sur cette reconnaissance de ma lâcheté. Mais après tout, le courage était sensé être l'apanage des Gryffondors, pas le mien. Jamais le mien. Et je part, sans me retourner cette fois, même en transplanant dans son salon. Je ne suis pas peu fière de cette victoire.
…
Comme d'habitude, il est partout. Les traces qu'il a laissées sur mon corps, fragments de son amour, son nom dans les journaux (pas toujours le bon Potter, mais qu'importe), une ombre dans le miroir…
Tante Lucretia s'inquiète de me voir dépérir ainsi. Elle l'a soufflé à Caesonia, avant que le souffle de l'autre femme sur sa peau la fasse gémir et presque assez perdre la tête pour qu'elle oublie de fermer la porte de leur chambre. Elles m'amusent, toutes les deux, à croire qu'on ne sait pas ce qui se passe derrière cette porte quand elle est close...
Swan a essayé de me faire bouger, sortir, rencontrer d'autres personnes. Lucy m'a proposée une oreille compatissante. Mais j'ai décliné l'aide de mes cousines jusqu'à ce qu'elles se lassent et qu'elles me laissent enfin seule avec ce fantôme qui hante mes nuits.
J'aimerais un jour retrouver mon James. J'ouvrirais la porte et ce serait lui sur le palier, avec un bouquet de fleurs ou les mains dans les poches. Il n'y aurait plus de Potter entre nous, plus de masques. Il serait venu le cœur nu devant moi et il me l'offrirait sur un plateau. Ce serait une reddition sans condition. La seule qui compte.
J'aime ce James.
Mais je crois qu'il est mort, enfoui sous un monceau d'obligations, d'orgueil, d'honneur, de morts, comme sous un monceau d'ordures. Et à présent ce n'est plus qu'un pantin qui occupe son corps, un de ces Potter interchangeables fantasmés par le sorcier moyen. Un homme digne, ça oui, et puis arrogant et courageux et plein de grandes qualités qui n'ont jamais fait un être humain. Mais plus mon James.
Plus jamais.
...
J'ai tenu trois semaines, deux jours, une heure et sept minutes. Une éternité avant de retourner me serrer contre James Potter, sentir son odeur, goûter sa peau. J'ai envie de le caresser, de le griffer, de le lécher, de le mordre. Tirer ses cheveux, le décoiffer encore plus, pour l'orienter comme je le veux. Bénir chacune des taches de rousseurs qui ornent son nez droit, embrasser sa bouche pour ne pas entendre ses sarcasmes. Et tu as vu, tu avais raison Potter. Je suis revenue.
Mais dans son regard aussi noisette que le mien, il n'y a pas de moquerie. Juste cet ébahissement plein de bonheur qui était celui de mon James, avant ses conneries. Ça me donne envie de le blesser, mais à la place je m'attaque à ses clavicules. Il a dessus des grains de beauté qui sont un véritable appel à la débauche. Alors je les embrasse un à un, comme un acte sacré. Je le faisais souvent avant.
Je sens ses mains sur mes hanches, ses grandes mains un peu calleuses de Poursuiveur. Elles sont à peine hésitantes, il reprend vite ses marques. Je me rappelle, qu'avant de toquer à sa porte, j'avais pensé que je voulais en finir vite. Mais bien sûr Potter n'est pas de cet avis. Il n'est jamais du même avis que moi.
Et voila que ses mains montent alors que j'aimerai tant qu'elles aillent dans l'autre sens ! Mais il me connaît trop bien. Il sait exactement ce qu'il faut pour que je devienne une masse suppliante sous ses doigts, prête à tout faire, tout promettre.
Ça ne rate pas, bien sûr. Ma seule fierté quand je tente de reprendre mon souffle, avachie sur le lit, c'est qu'il est pas dans un meilleur état que le mien. Je me suis battue contre lui, je lui fais subir autant de frustration et d'excitation que ce qu'il m'a fait. Punition par le plaisir.
« Je t'aime. »
Il dit ça en se roulant dans les draps. Ses yeux sont honnêtes, ses cheveux un désastre, et sa peau est pleine de mes traces. Il est sexy en diable et j'ai envie de lui vendre mon âme.
« Hé, James, tu trouve pas ça un peu facile ? »
Ma voix est pleine de sa morgue habituelle, chacun de mes mots pourraient être une insulte, et il me sourit. James me sourit. Dans un coin de ma tête, je note que ça fait deux fois que je l'appelle par son prénom.
J'envisage de prendre la fuite quand il quitte le lit pour aller sous la douche. Bien entendu, je ne le fais pas.
Peut être même qu'un jour, je lui répondrais que moi aussi. Parce que ce serait la vérité. Et on ne peut rien faire contre la vérité.
J'aime Potter, parce que James est toujours derrière le masque.
