Mathieu ;

Wow, quelle dure nuit …

Une lumière vive traversait la chambre de part en part, éclairant mon visage endormi. Je plissai les yeux avant même de les avoir ouverts, ébloui par le soleil. J'étais allongé dans le lit encore habillé. Nous avions du passer une bonne soirée mes vêtement puaient la bière et la transpiration. Beurk. Je me mis sur le ventre, camouflant mes yeux du soleil afin de parvenir à les ouvrir sans difficulté. Je jetai un bref coup d'œil vers la table de nuit, sur laquelle était posé un petit radio-réveil. Le réveille affichait 13h45. Ah, j'avais dormi plus longtemps que je ne le pensais.

Ah mais … Merde. Je me souvins à présent de la mauvaise blague que j'avais voulu faire au Roi d'Internet.

Oui, ce n'était rien qu'une blague. Je voulais juste lui faire croire que les fanfics m'étaient montées à la tête, et qu'il m'attirait. Avec Antoine, on avait un petit jeu entre nous. On se taquinait, faisant croire à tout l'Internet qu'on était follement amoureux. On mettait des phrases à l'intention de l'autre sur les réseaux sociaux, accompagnées d'un petit cœur, ou d'un petit mot gentil comme ''Namour''. Les fangirls raffolaient de notre pseudo-couple, et ça me faisait bien marrer !

Antoine par contre était un peu plus réfractaire. Il trouvait ça amusant, mais gênant. Même si toutes ses vidéos pourraient laisser penser le contraire, Antoine était un grand pudique. Il était très mal à l'aise quand on parlait de sa vie sexuelle, ou même sentimentale, qui par ailleurs étaient quasiment inexistantes. J'étais une des rares personnes à qui Antoine avait décidé de parler de ses petits problèmes avec les filles.

Avant What The Cut ?!, il n'avait aucun succès auprès des demoiselles. Il courrait toujours après elles, sans succès. Mais une fois que son émission fut appréciée par des milliers et des milliers, les filles étaient prêtent se battre pour avoir le privilège de le voir, mais jamais il n'en profitait.

Moi, je ne me gênais pas ! La moitié de mes conquêtes étaient des fangirls, qui, je suis sûr, ne m'auraient même pas adressé un seul regard si je n'étais pas connu sur Internet.

Je sursautai. Le bruit d'une machine à café se fit entendre dans la cuisine. J'entendis Antoine marcher, traînant les pieds. Je sortis de mes pensées, et fut confronté à une dure problématique : Que fera Antoine quand il me verra ?

Je me remis sur le dos, les jambes et les bras écartés, étirant chaque muscles de mon corps endolori. Je soupirai, ne trouvant pas le courage de me lever et d'affronter le regard d'Antoine. Des images d'hier soir me revinrent en tête petit-à-petit, devenant de plus en plus précises.

Je voulais lui faire encore une petite blague à propos des fanfics gays, juste lui lancer un petit pique. Il y était habitué, je blaguais tellement souvent sur ce sujet que c'était devenu normal. Mais hier soir, quand je l'avais questionné, il s'était directement renfermé. Je me souvenais que ses joues étaient devenues rouges, me confirmant que je le perturbais. Donc j'avais décidé de pousser le jeu un peu plus loin. Et puis quand je fus collé contre lui, je voulus faire plus. Quand ses lèvres avaient touché les miennes, mon corps s'était empli de désir. Je voulais dépasser le stade du jeu, testant les limites d'Antoine. Maintenant, tu sais qu'il ne couche pas le premier soir, chuchota une petite voix au fond de mon esprit, me faisant rire.

Je rigolai doucement, portant mes deux mains à mon visages, me frottant les yeux.

Je devais bien me lever à un moment ou un autre, je n'allais pas rester éternellement planqué sous la couette.

Je me levai lentement, et approchai mon regard du radio-réveil, jusqu'à avoir le visage à une dizaine de centimètre du petit appareil. J'avais des problèmes de vue, mais il était hors de question que je porte des lunettes parce-que d'abord, aucune paire de lunettes ne m'allait à cause de mon minuscule visage, puis les porter me donnaient un air encore plus niais que d'habitude. Une fois j'avais essayé de porter des lentilles de contact, mais j'ai très vite abandonné après avoir failli me crever les yeux en essayant de les mettre : un vrai calvaire ces merdes !

14h00.

Café café café ! X

J'ouvris doucement la porte de la chambre, et entrai dans le salon. Antoine me regarda depuis la cuisine, arrêtant de boire son café. Je baissai les yeux, tout à coup gêné. Je sentis le rouge me monter aux joues, mais j'avançai quand même vers la pièce où Antoine se trouvait. Je traversai le salon pour arriver dans la cuisine, où il était assis à une petit table en bois, buvant un café et fumant sa cigarette.

Je pris mon courage à deux mains, et m'assis en face de lui. Un tasse fumante de liquide noir m'attendait déjà.

J'enroulai mes doigts autours de la tasse, essayant de réchauffer mes mains gelées. Antoine lui scrutait chaque partis de mon corps. J'entre-ouvris les lèvres et réussi à lâcher un :

_Salut bro.

En réponse, il m'adressa un signe de tête, continuant de boire son café. Il agissait comme si absolument rien ne s'était passé.

Je commençai à boire mon café, doucement. Il n'était même pas sucré, mais je n'osai pas adresser un mot à Antoine. Je me forçais à ne faire aucune grimace, buvant cet horrible substance.

Putain que c'est dégueulasse …

Antoine reposa sa tasse maintenant vide sur la table. Il tira une dernière taffe sur sa cigarette avant de l'écraser dans un petit cendrier posé en face de lui. Je me forçai à re-boire une gorgé de café, et ne pus retenir un petit toussotement de dégoût.

_Pourquoi tu ne me demandes pas tout simplement du sucre ?

Le grand Antoine Daniel m'avait adressé la parole. Je levai la tête vers le psychopathe d'Internet, qui était maintenant debout. Je devais avoir l'air d'un petit enfant que l'on grondait. Je me faisais tout petit (comme si je ne l'étais déjà pas assez …), alors qu'Antoine lui était grand, et imposant.

Ma voix se bloqua, incapable de sortir un seul mot. Antoine lui, se tenait face à moi, le visage et les poings crispés. Il savait très bien que je buvais toujours mon café avec du sucre. Alors pourquoi ne m'avoir rien proposé avant ? Je me dis alors qu'il avait parfaitement remarqué que je n'appréciais pas du tout son assommoir.

Je relevai les yeux vers lui, et fus frappé par son regard. Il avait l'air agacé, et troublé. Je voyais très bien qu'il essayais de garder son calme, mais il était tout tremblant. Aucune crédibilité.

C'était la petite scène d'hier soir qui le mettait dans tous ses états ? Certes, j'appréhendais un peu la réaction d'Antoine. Il allait me jeter dehors ? Me frapper ? Arrêter de me parler ? Ou … m'embrasser ?

Il ne lâcha pas une seconde mon regard, devenant de plus en plus frêle. Il perdait tous ses moyens sans même sans rendre compte.

_Deux, s'il te plaît. Dis-je d'un calme absolu, malgré le fait que j'étais totalement perturbé.

Antoine eut un petit sursaut, et se retourna immédiatement, allant chercher deux petit morceaux de sucres qu'il rangeait dans une boîte métallique. Il revint vers moi d'un pas hésitant, et lâcha les sucres dans mon café. Je lui dis un petit « merci » presque inaudible, mélangeant le sucre à mon café. Il restait planté à côté de moi, ne bougeant pas d'un poil. Je bus un gorgé de café, remerciant silencieusement une quelconque divinité de m'avoir permis de boire un bon café sucré. Je reposai ma tasse, ettournai le visage vers Antoine. Il me fixait encore, sans un mot. Je fis de même, ne sachant pas à quoi m'attendre. J'allais me prendre un poing dans la gueule ? Il allait me crier dessus ? Il allait m'embrasser ?

_Antoine, je pense que je te dois des explications pour hier soir. Dis-je en fermant les yeux, ayant peur de sa réponse.

Il acquiesça, les joues commençant à devenir rouge. Je réprimai un petit sourire satisfait en voyant Antoine troublé par ma présence. Sans savoir pourquoi, il m'excitait. Je repensais inconsciemment à la scène d'hier soir, et souris.

Il s'assit en face de moi, sur la même chaise qu'il y avait quelques minutes. Les bras ballants, les joues rouges, et les mains tremblantes il était incapable de cacher sa gêne.

_Il est préférable que tu oublis cet soirée. J'étais bourré, et j'ai voulu te faire une mauvaise blague, ça a juste dérapé.

_Juste dérapé ? Répéta-t-il en fronçant légèrement les sourcils. »

Il était toujours aussi tremblant, mais son visage avait maintenant des traits de nervosité.

_Mathieu, tu as voulu coucher avec moi.

_Tu n'as pas été chaste non plus.

Ma phrase eut l'effet d'une bombe. Antoine entrouvrit les lèvres, haussa un peu les sourcils, et resta parfaitement immobile.

_Et ne le nies pas. Tu as aimé ça.

_Ferme ta gueule.

Il se leva, faisant reculer violemment sa chaise. Il sortit de la cuisine en trombe, visiblement énervé. Je me lançai immédiatement à sa poursuite, le suivant dans le salon. Il attrapa son manteau qui était posé sur un canapé, et s'apprêtait à sortir de la maison quand je lui attrapai le bras, le retenant. Il me repoussa avec une grande force, mais je revins à l'attaque, le retenant par le bras une deuxième fois.

_On n'a pas fini de discuter Anto-, Essayai-je de dire avant qu'il ne me coupe.

Il se retourna vivement, m'attrapa par le col du t-shirt, et me plaqua contre le mur derrière lui. Il n'était pas brutal, bien au contraire. Il faisait presque attention à ne pas me faire mal. Nous étions presque dans la même position qu'hier soir, sauf que j'avais en face de moi un homme enragé à la place de l'adorable psychopathe que je côtoyais depuis des mois et des mois. Aussi proche de lui, je m'immobilisai. Un coup de poing d'Antoine Daniel me casserait sûrement tous les os du visage. Je savais pertinemment qu'il ne me voulait pas de mal, mais méfiance avant tout.

_Pourquoi tu as fais ça ? Dit-il doucement, haletant.

Il m'agrippait toujours avec force, et m'obligeait à le regarder dans les yeux. Son souffle puissant s'écrasait contre ma joue, me provoquant mille frissons. Son corps n'était qu'à quelques petits centimètres du mien, quémandeur.

_Je voulais voir jusqu'où tu irais dans ce petit jeu.

Bizarrement, j'aimais le savoir mal-à-l'aise dans cette situation.

Je voulais encore plus de sa part. Je le voulais lui, tout entier. Je passai mes mains sur ses hanches, et collai son bassin au mien. Il ferma doucement les yeux, baissant la tête. Il était un parfait appel au désir.

_Ne me tente pas, Sommet.

Je sentis tout mon corps s'écraser sous ses paroles, qui étaient plutôt une invitation à aller plus loin. Une boule se forma dans mon ventre, et je commençais à avoir le tournis.

Coucher avec un homme ne m'aurait absolument pas dérangé. Pour moi, l'amour était unisexe. Il ne devrait même pas y avoir de distinction entre un homosexuel, un hétérosexuel, ou n'importe quels autres personnes de genre différent, c'est exactement la même chose : deux personnes qui s'aiment, et qui se désirent. J'avais bien envie de tenter l'aventure avec un homme, histoire d'essayer.

Et Antoine était l'homme parfait.

Je voulais le rendre fou de moi, totalement à ma merci. Et pour l'instant, ça avait l'air de marcher.

J'appuyai mon bassin un peu plus fort contre le mien, et réussis à lui arracher un petit gémissement. Il fut immédiatement gêné, et évita mon regard, fixant le sol. Je me mis sur la pointe des pieds pour arriver à atteindre son visage, et m'approchai de son oreille. Je lui susurrai de la plus sensuelle des manières :

_Montre moi tes limites Antoine.

Je vis le petit duvet que mon psuedo-amant avait dans le dos se dresser, m'affirmant que je lui avait provoqué des frissons. Je souris contre son oreille, satisfait.

_Arrêtes. Souffla-t-il.

Oh non Antoine. Je descendis une des mes mains vers son torse, l'effleurant de mes doigts exactement comme l'autre soir. Il haletait, penchant la tête en arrière et fermant ses petits yeux. Ma deuxième main alla sur sa nuque, attirant son visage face au mien. Il rouvrit les yeux, et plongea son regard dans le mien.

Je voyais à quel point il était happé par mon regard. Il l'avait toujours été, et si j'avais un moyen de le faire craquer, ce serait avec ça. Je lui laissai dévorer mon regard quelques secondes avant d'approcher mes lèvres des siennes, m'arrêtant à quelques petits millimètres de ces dernières.

_Je sais que tu ne veux pas que j'arrête. Susurrai-je.

Il ferma ses yeux, cachant sa gêne, et son envie.

J'approchai mes lèvres des siennes pour la dernière fois, et caressai sa bouche. Il haletait de plus en plus fort, descendant ses mains dans mon dos. Je reculai mes commissures d'un demi-centimètre, attendant une réaction d'Antoine. Il releva les yeux, me suppliant presque du regard de recommencer. Je fis un très léger sourire taquin.

_Dis moi ce que tu veux, et tu l'auras. Chuchotai-je en le dévorant du regard.

Je le vis passer sa langue sur ses lèvres, humidifiant ces dernières. Ses mains avaient maintenant agrippé le dos de mon t-shirt, me collant contre son corps.

Je savais ce qu'il désirait, mais je voulais l'entendre le dire.

_Dis moi Antoine.

Il s'obstinait à ne rien prononcer, ce qui m'excitait au plus haut point. A présent, son corps tremblait contre le mien.

Je recommençai à caresser sa bouche, passant doucement ma langue dans le coin de ses lèvres. Il frissonna, et ferma les yeux.

En appuyant mon bassin fermement contre le sien, j'arrachai un autre gémissement à Antoine, et constatai qu'une bosse s'était formé dans le jean de ce dernier. Cette observation me fit sourire, et j'appuyai longuement mon bassin contre le sien. Antoine agrippa mes hanches avec fermeté, augmentant la pression de notre étreinte. Je sentis à mon tour mon membre se dresser.

Je ne voulais plus que lui, maintenant.

_Tu n'as que quelques mots à dire, et je serai à toi.

Mon corps fut plaqué contre le mur quand Antoine écrasa ses lèvres contres les miennes, et engagea un baiser, d'abord timide. Ses mains avaient quitté mes hanches pour se balader sur mon dos et mon torse. Le baiser devenait de plus en plus sauvage, et ce fut à ce moment-là que je décidai de reprendre le contrôle.

J'attrapai à mon tour le col de son t-shirt, et le plaquai contre le mur. Je repris le baiser de plus belle, caressant les cuisses d'Antoine. Il eu un petit mouvement de recul face à mes caresses, mais se laissa faire. Il me força à ouvrir la bouche pour y faire passer sa langue, caressant doucement la mienne. Je remontai mes mains au niveau de sa ceinture, commençant lentement à la défaire, craignant un refus d'Antoine. Mais il se laissa faire, sans donner aucun signe d'objection. J'arrachai sa ceinture d'une rapide coup de main, et la balançai à travers la petite pièce.

Antoine quitta ma bouche pour plonger la siennes dans mon cou, déposant de multiples baisers sur ma peau. Continue …

Je tendis le cou, profitant de ses lèvres. J'haletai à mon tour, fermant les yeux afin de profiter au maximum de cet courte étreinte. Antoine me rattrapa, et réengagea un baiser sauvage. Je dégrafai le bouton de son jean, mais il attrapa mes mains, stoppant le baiser net.

_Non Mathieu …

Je baissai les yeux, non pas triste, mais déçu de ne pas avoir eu la chance de goutter au corps d'Antoine Daniel.

Je laissai retomber mes mains, m'écartant doucement du corps d'Antoine, et relevai le visage vers lui. Nous étions à bout de souffle, encore. Son corps était chaud, et ses joues toujours aussi pis.

Je me retournai, me dirigeant vers la cuisine.

Une main agrippa mon poignet, me le tenant fermement.

_Pas dans l'entrée.

Je me retournai vers lui. Il affichait un petit sourire en coin, coquin. Je ne comprenais pas où il voulait en venir, et ça avait l'air de l'amusé.

_Je pense que la chambre serait un peu plus confortable. Finit-il d'un air sensuel, mon cœur eut un râté.

Je te l'avais dis Antoine : Dans la première, tu fuis … Mais dans la deuxième, tu acceptes. C'est toujours comme ça.