Un amour contre une vie

UA

Harry/Ginny et Harry/Drago

rating: M

résumé: Je m'appelle Harry Potter, j'ai 14 ans et je suis le papa d'une petite fille de quinze jours.

Nombre de chapitres : 4

Fiction terminée

Fréquence de publication : une fois par semaine (tous les jeudi si possible)

Chapitre 2

POV Harry

Elira pleure.

« Oui, je sais, ça arrive. MAMAN ! Viens m'aider ! »

Lili Potter arrive rapidement, amusée.

« Tu ne vas jamais y arriver comme ça. »

Elle m'aide à préparer le biberon et à nourrir ma fille. Elle a trois mois et demi maintenant. Contrairement à mes angoisses, mon ange était rentrée avec moi. Mais il faut peut être que je vous explique pour ça aussi.

Les mois passèrent. Le ventre de Ginny s'arrondissait et nous faisions des plans sur la comète. Premier projet : le mariage. Car il était hors de question que nous vivions ensembles sans être mariés. Mais ma mère gagna cette fois-ci : nous ne nous marierions pas avant les 16 ans de Ginny et ne vivrions donc pas ensembles jusque là.

Le bébé resterait avec sa maman la semaine, et avec moi le week-end. Cela satisfaisait tout le monde. Molly Weasley était ravie d'avoir son petit-fils ou sa petite-fille près d'elle et ma mère était rassurée que je puisse me concentrer sur mes cours pendant ce temps là. Et Ginny ne rentrerait pas à l'école mais prendrait des cours par correspondance pour finir son cursus obligatoire. Nous nous verrions tous les jours car Molly m'invitait pour le goûter après les cours.

Mais ça ne se passa pas tout à fait comme ça. Ginny commença à fatiguer. D'après le docteur, elle ne prenait pas assez de poids. J'avais le droit d'aller au docteur avec Ginny et sa mère pour les consultations. Comme son père avait deux emplois, réparateur d'électro-ménager la journée, serveur dans un restaurant le soir, c'était souvent le mien qui nous conduisait. J'adorais mon père, et cette aventure nous avait encore plus rapproché. Il se reprochait beaucoup de ne pas m'avoir accordé plus de temps, alors il cherchait à se rattraper et nous discutions souvent tous les deux.

Ginny ne prenait pas assez de poids. Chose incompréhensible quand on connaît les dons de cuisinière de Molly. Mais, alors qu'elle en était à son sixième mois, ma petite-amie vomissait toujours autant. Elle ne prenait pas de poids. Elle était même sous-alimentée. Elle était très faible et dormait tout le temps.

Le médecin lui donna des cachets et des compléments alimentaires, elle eut des contrôles plus réguliers... mais rien n'y changea. L'accouchement eut lieu deux mois plus tôt que prévu.

Je ne pu pas y assister, étant jugé trop fragile émotionnellement par nos parents. Du coup, ce moment est très flou pour moi. Je me rappelle l'attente interminable, l'inquiétude et la main de ma mère qui serrait fort la mienne. Puis le verdict, terrible : l'enfant était né, Ginny ne survivrait pas. J'avais une petite fille branchée à tout un tas d'appareils pour la faire vivre. Et ma jolie rousse partie, doucement et discrètement.

Je ne vis pas les Weasley pendant plusieurs jours. Ils m'évitaient et ne venaient pas à l'hôpital. Les funérailles de Ginny se passèrent sobrement. J'étais trop perdu pour m'en rendre vraiment compte. Elle était morte à 13 ans. Et moi, à 14 ans, je venais d'avoir un premier contact avec la nature humaine qui me renferma sur moi-même. Les Weasley revinrent à l'hôpital. Ils reportèrent tout leur amour sur moi et ma fille. Eux et mes parents ne me laissaient jamais seul mais je m'enfermais dans le silence. Quand on me demanda de donner un nom à l'enfant, je choisis celui que Ginny avait choisi. Josh si c'était un garçon, Elira si c'était une fille. Je n'avais pas les mêmes goûts et nous nous étions souvent disputés pour choisir les prénoms. Nous pensions avoir encore du temps devant nous. Ce n'était pas le cas, et je choisis Elira. Ma fille s'appelait donc Elira Ginny Potter, puisque je l'avais reconnu administrativement en même temps. J'avoue que les démarches ont été très rapides. Avec une mère juge d'instruction, je n'ai pas eu à me préoccuper des détails. À ce moment-là, je ne pouvais pas encore toucher ma fille. Je ne l'avais jamais prise dans mes bras. Ses défenses immunitaires étaient trop faibles d'après les docteurs. Je voulais bien les croire. Elle était minuscule et elle semblait très fragile.

Je n'ai jamais été autant entouré que pendant cette période. Je n'allais plus à l'école, restant à l'hôpital. Il y avait mes parents, Sirius, Remus, mes copains de classe Seamus, Dean et Neville,... et bien sur, les Weasley. Ils avaient autant de peine que moi, sinon plus, mais ils m'ont toujours entouré. Je suis devenu encore plus proche de Ron qu'avant. Et il y avait Lucius. Lucius Malfoy était le cousin par alliance de Sirius. Il était surtout psychologue à l'hôpital et j'avais des séances avec lui presque tous les jours. Au début, je ne parlais pas. Ensuite, je ne parlais plus qu'à lui et lui restait silencieux. Enfin, il m'aida à mieux comprendre les événements et à les surmonter. Je devins très proche de lui.

Un autre problème arriva. Pendant tout le temps où j'étais à l'hôpital, et bien que les adultes essayaient de ne pas me perdre de vu, je lus beaucoup de magazines, d'affiches et de prospectus. Et une idée vint empoisonner mes pensées : on allait m'enlever Elira. C'était obligé. J'étais trop jeune. Les adultes diraient que je suis un mauvais papa et elle serait mise dans une autre famille. Je commençais à paniquer. C'était impossible. Il n'avait pas le droit ! Cette idée resta dans un coin de ma tête et je me renfermais encore plus sur moi-même. Je ne dis rien à Lucius car je ne voulais pas répéter deux fois la même erreur. Je me souvenais encore de l'homme qui nous avait dénoncé à l'hôtel.

Presque deux mois passèrent ainsi. Elira fut hors de danger pour les médecins et elle put sortir de sa « bulle ». Je la pris dans mes bras pour la première fois et je pleurai d'émotion. Elle devait rester en observation quelques semaines de plus.

Si j'étais sorti de mon mutisme pour demander à mes parents comme cela se passerait après, j'aurais été rassuré. Mais je ne le fis pas et je fis quelque chose d'encore plus stupide qu'avec Ginny. Une semaine avant qu'Elira ne doive quitter l'hôpital, je récupérais toutes les affaires laissées par les parents et partis de l'hôpital avec elle entortillée dans ma veste. Je l'avais caché mais je me demande encore comment j'ai pu sortir inaperçu de l'établissement. Ce n'était pas habituel si j'en crois la colère de Lucius et de mes parents.

Je marchais longtemps. Enfin, ça me sembla long mais, à pieds, je ne dus pas aller bien loin. Au bout d'un moment, une voiture se gara devant moi. C'était Lucius. Il était dans une colère noire. Je crois qu'il était surtout inquiet. Il me fit monter dans sa voiture et il roula quelques minutes avant de se garer devant une allée.

« Suis moi. »

Il prit Elira dans ses bras et marcha à grands pas jusqu'à une grande maison. Il ouvrit la porte et j'entrais à sa suite. Sa femme, Narcissa, que j'avais rencontré une fois lui demanda :

« Tu les as trouvé ?

-Oui. Ils n'étaient pas loin d'ici.

-Passe-moi la petite. »

Je n'osais pas bouger. J'avais encore eu une idée lumineuse. Je me demandais ce qui allait me tomber dessus. Lucius appela mon père.

« James, non c'est bon. Il est avec moi. Arrête de paniquer. Non, ne t'inquiètes pas. Il n'était pas loin. Il a du marcher une vingtaine de minutes. »

Il regarda sa femme qui berçait Elira.

« Et la petite ?

-Elle va bien. Mais elle ne va pas tarder à avoir faim. »

Revenant au téléphone :

« Elle va bien. Narcissa s'en occupe. Non, c'est bon. Reposez-vous ce soir. Je les ramène à l'hôpital à la première heure demain. Oui, ne t'en fais pas. Tu veux que je te le passe ? Ok, c'est bon. Rassure Arthur et Molly. Je t'en pris, bonne soirée. »

Narcissa sortit de la pièce principale avec ma fille mais je n'osais toujours pas bouger.

Lucius me était très déçu :

« Tes parents sont très en colère. Te rends tu compte de la peur que tu nous as faite ? Tu ne crois quand même pas que tu es capable de t'occuper seul de ta fille ? »

Je comprenais sa colère. Mais mes nerfs lâchèrent et je me mis à pleurer.

« Je sais tout ça mais j'ai eu peur. Je ne veux pas qu'on me l'enlève !

-Qu'on te l'enlève ? Mais de quoi tu parles Harry ? »

En voyant mon état, il se calma et s'approcha de moi.

« Il n'a jamais été question de te séparer d'elle. Tu es son père et tes parents ont accepté de s'occuper d'elle jusqu'à ce que tu sois indépendant financièrement. Et les Weasley seront là aussi. Molly s'est même proposée de s'occuper d'elle dans la journée, quand tu seras à l'école. »

Je me sentis encore plus bête. Quelle histoire.

« Tu dormiras dans la chambre de Draco cette nuit. Elira restera avec nous. Narcissa est infirmière donc, si il y a un problème, elle pourra intervenir.

-D'accord. »

Lucius appela Draco. C'était la première fois que je le rencontrais. Il avait 18 ans, il ressemblait à son père comme deux gouttes d'eaux et il commençait des études de médecine. La soirée se passa tranquillement. Draco s'occupa de moi et me mit à l'aise. Nous discutâmes beaucoup pendant la nuit et il me prit dans ses bras lorsque je me mis à pleurer en parlant de Ginny. Nous nous rapprochâmes ainsi et j'ai toujours beaucoup de respect et d'admiration pour cette homme qui est comme un grand frère pour moi.

Le lendemain nous retournions à l'hôpital, Elira et moi. Une semaine après, Elira emménagea dans ma chambre, chez mes parents.

« Ma fille est schizophrène ! Sinon, tu expliques comment qu'elle soit sage comme une image et plus bruyante qu'un marteau piqueur deux minutes après ? »

Ron se met à rire. Hermione me fait des gros yeux.

« C'est un bébé ! Elle n'a pas d'autres moyens pour se faire comprendre. »

Hermione, notre nouvelle meilleure amie. Ron a craqué sur elle a la rentrée des classes. Nous sommes tous ensembles avec Dean, Seamus et Neville dans le salon de mes parents. Ma mère nous fait des pancakes pour le goûter et nous, nous nous extasions devant ma fille. J'avoue que j'en éprouve une certaine fierté.

Ron la prend dans ses bras.

« Elle est tellement jolie ma filleule ! »

Je me retiens de rire. Il fait vraiment tonton-gâ baptême n'a pas encore eu lieu mais je sais déjà que Ron sera le parrain. Et Hermione la marraine, même si elle ne le sait pas encore.

Je suis devenu très studieux grâce à elle. Elle nous aide beaucoup pour les cours. Et j'ai compris grâce à Draco que, si je voulais que ma fille soit heureuse, il fallait que j'ai un bon boulot et que je fasse un minimum d'étude. Mes parents me l'avaient dit aussi mais, je ne sais pas pourquoi, je le comprends mieux quand le blond me l'explique.

« C'est prêt ! »

Mes amis se mettent à applaudir ma mère. Ça la fait rire. Elle est rayonnante depuis qu'elle est grand-mère. L'après-midi se passe ainsi, dans les rires et la bonne humeur. Ma fille gazouille dans mes bras. J'aime ma vie.