Merci tout le monde pour vos reviews
J'espère que la suite vous plaira
Bonne lecture
E
Si la vie était juste, je crois que ce mal de crâne s'arrêterait. Ce martèlement contre mes tempes cesserait. Je porte ma main à ma tête dans l'espoir que ce simple toucher calmerait tout cela. Mais rien ne change. Un vague étourdissement me saisit, heureusement que je suis allongée sinon je serais tombée…
- Notre patiente préférée serait donc réveillée ? Roucoula une voix tout près de moi.
Je grognais pour la faire taire. Le moindre bruit résonnait dans ma tête avec une telle intensité…
- Je vais chercher le médecin, ma belle.
Oui, c'est ça ! Qu'elle parte ! Je reposais mon bras qui semblait peser une tonne sur le matelas. Je n'étais pas bien, mon corps me réclamait du mouvement mais mes muscles voulaient du repos… J'avais envie de crier mais mon crâne m'alertait qu'il serait vraiment mal venu de faire du bruit… Je détestais ce sentiment d'impuissance qui m'envahissait.
- Alors comme ça, il paraîtrait que vous êtes réveillée…
J'ouvris les yeux graduellement pour voir qui me parlait. L'homme en blouse blanche à mes cotés souriait de toutes ses dents et consultait de temps en temps un dossier qu'il tenait ouvert devant lui.
- Bon, nous allons commencer par les questions habituelles… Comment vous sentez vous ?
- Comme si un troupeau de sombrals m'était passé sur le corps.
Il stoppa son stylo avant que la pointe ne touche le papier.
- Sombral ?
- Oui, des chevaux si vous préférez…
Il hocha la tête, écrivant enfin ce que je venais de dire.
- Avez-vous des douleurs à la tête ?
- Oui, murmurais je. Ca me fait très mal.
- D'accord, je vais me dépêcher alors pour que l'infirmière puisse vous redonner un calmant. Les questions suivantes vont nous permettre de voir l'étendue du traumatisme, donc même si mes questions vous semblent stupides, répondez y.
Je hochais la tête avant de me reprendre. Une pointe de douleur me fit venir les larmes aux yeux tandis que j'attendais qu'il se décide à poser la première question.
- Très bien, comment vous appelez vous ?
J'ouvris la bouche, sachant la réponse… Mais au bout de quelques secondes de silence, je compris que cette information ne me revenait pas. Que m'arrivait il ? Je fixais le docteur qui fronçait les sourcils. Il me demanda l'année, le mois… Tout cela était très clair mais rien quant à mon prénom, mon nom de famille…
- Okay, savez vous pourquoi vous êtes là ?
Une panique commençait à grandir en moi. Je n'avais aucune idée. Je ne savais pas pourquoi je ne me souvenais de rien. Finalement une larme coula sur ma joue, autant de désespoir que de douleur. Mon cerveau me suppliait d'arrêter de le torturer avec mes questions.
- Non, je ne sais pas.
- Avez-vous de la famille ?
- Je ne sais pas.
- Avez-vous des amis ?
- Je ne sais pas.
- Où êtes vous scolarisée ?
- Je ne sais pas.
- En quelle classe êtes vous ?
- Je ne sais pas.
- Quelle est…
- Ne voyez vous donc pas que vous lui faites peur avec toutes vos questions !
Je sursautais. Un homme de taille moyenne mais au charisme imposant venait d'entrer dans la pièce et toisait le médecin. Je me sentis baignée dans une légère torpeur qui eut l'effet miraculeux de calmer les battements désordonnés de mon cœur mais aussi les élancements au niveau de ma tête.
- Qui êtes vous ? Qui vous a donné la permission d'entrer pendant une consultation ?
- Je suis le directeur de l'école où mademoiselle Evans est scolarisée et je fais office de tuteur dans ce genre de situation…
- Quelle situation ? M'écriais je.
- Il se trouve, mademoiselle Evans, que vos parents sont dans le coma. Leurs jours ne sont plus en danger mais tant qu'ils ne sont pas réveillés, je serais celui qui prendra les décisions pour vous.
Prendre les décisions pour moi ? Mais qui était donc cet homme qui rien que par sa présence faisait taire mes peurs mais aussi ce médecin qui m'avait fait paniquer ?
- Je suis le Professeur Dumbledore. Vous avez eu un accident de voiture alors que vous alliez à la gare de Londres en voiture pour prendre le train.
- Le train ? Questionna le médecin.
- Oui, notre école se trouve dans une contrée très reculée d'Ecosse où mes élèves peuvent se dépenser à loisir sans risquer la mauvaise influence qui règne dans les villes. Et puis ne dit-on pas que la nature est le meilleur endroit où s'épanouir ?
Les deux hommes se regardèrent un moment. Pourquoi allais je dans un école en Ecosse ? Pourquoi mes parents m'envoyaient si loin d'eux ? Tant de questions tourbillonnaient dans mon esprit que j'entendis faiblement le reste de leur conversation.
- Quand pourra-t-elle sortir d'ici ?
- Nous avons quelques tests à lui faire faire et suivant les résultats dans une semaine elle sera sur pieds. Par contre pour son amnésie…
- Ne vous en faites pas pour cela, j'ai dans mon école la meilleure des infirmières… Et puis s'il le fallait nous reviendrions immédiatement vous voir !
- Le trajet serait plutôt long et douloureux pour elle…
- Ne vous en faites pas… Remettez la sur pied, je m'occupe du reste.
Trois jours. Il leur fallut trois jours pour vérifier que tout allait bien chez moi. Ils me posèrent des questions, s'étonnèrent de certaines de mes réponses mais rien ne prouvait que j'allais mal alors sans surprise le professeur Dumbledore reparut devant moi le samedi soir.
- Mademoiselle Evans ! Je suis sur que retrouver ce bon vieux Poudlard vous fera le plus grand bien. Surtout que beaucoup de personnes là bas s'impatientent.
- Professeur… Je…
- Qu'y a-t-il, ma chère enfant ?
- Je ne me souviens de rien… Alors est ce vraiment raisonnable de me faire retourner à Poudlard…
J'avais hésité sur le nom, remarquant au moment de le dire le ridicule du nom. Il plongea son regard dans mes yeux avant de me sourire doucement.
- Ne vous en faites pas… Vous y serez bien traitée…
Une appréhension me saisit la gorge. Après tout je ne connaissais rien de cet homme et la confiance que j'avais pour lui était peut être un leurre ou… Sans réfléchir, je l'avais suivi à l'extérieur. Je marchais à ses cotés, regardant le doux balancement de ma valise à son bras.
- Vos fournitures ont été détruites pendant l'accident mais nous en avons en réserve qui pourront vous dépanner…
J'esquissais un faible sourire ne sachant pas très bien quoi répondre. Puis sans prévenir, il s'assit sur un banc du parc que nous traversions et m'invita à se joindre à lui.
- Mademoiselle Evans, vous allez sans doute me prendre pour un vieux fou mais j'ai quelques petites choses à vous révéler avant que nous n'allions plus loin.
Je hochais la tête doucement, heureuse que les médicaments fassent encore effet.
- Voilà… Vous n'êtes pas comme tout le monde ici… Vous êtes une sorcière et l'école de Poudlard vous y apprend les bases afin de devenir quelqu'un de bien dans notre société.
Je retins un petit rire face au sérieux du professeur.
- Vous avez dû remarquer quand les médecins moldus vous posaient des questions que vos réponses les surprenaient. Tout simplement parce qu'ils ne connaissent pas notre existence ainsi que deux ou trois créatures magiques…
Je tentais de cacher du mieux que je le pouvais ma perplexité mais quand il se leva et me demanda de lui prendre le bras, je ne sus si je devais m'enfuir ou le laisser continuer à affabuler. Décidée à lui montrer que tout cela état qu'un vaste canular, je posais ma main sur son bras.
Soudainement une sensation de vertige me prit au corps et je fermais les yeux jusqu'à sa disparition. Que m'avait il fait ? J'ouvris les yeux pour voir tout autour de moi des arbres… Des arbres qui n'avaient plus rien à voir avec ceux du parc ! Je me reculais apeurée.
- Je n'ai pu transplaner jusque dans le château ou plus près… Une histoire de sécurité… Si vous le voulez bien nous allons marcher un peu…
Consciente qu'il était mon unique lien avec la civilisation, je le suivis en silence, regardant autour de moi. Je vis au loin un mouvement et instinctivement je me rapprochais du professeur qui me sourie.
- Ce ne sont que les centaures qui viennent voir qui va là… Ils vont sûrement nous escorter jusqu'à Poudlard…
Je lui jetais un coup d'œil rapidement, peut encline à quitter la forêt du regard. Devant nous, ma valise gravitait à un mètre du sol, toute seule. Elle nous précédait sur le chemin, flottant pour nous ouvrir la voie.
Fatiguée, je commençais à tirer sur mes dernières forces quand apparut devant nous un majestueux château, illuminé par endroit. Il était magnifique ! Digne d'un conte de fée ! Mais oui ! Un conte de fée !!! Voilà ce dont il était question !!! Je devais être en train de rêver de tout cela ! Il n'y avait pas d'autres explications possibles !
Dans le hall, le professeur claqua des doigts et ma valise disparut. Je le regardais sans un mot.
- Je l'ai envoyé dans votre dortoir. Les elfes de maisons vont vous sortir vos affaires… Venez allons manger ! Vos amis doivent vous attendre.
