Vies

« La brutalité chez les Saiyens est probablement,

à l'origine, un mécanisme de défense face à un

environnement hostile. »

La Légende du Peuple Saiyen


Chapitre 2: Première explosion

Quand Bulma rentra, vers midi, elle s'aperçut que Végéta était revenu au bercail. Elle pria le ciel, à savoir Dendé, pour qu'il n'ait pas encore une fois dévalisé le frigo. Elle entra dans la cuisine; tout était impeccable. Il n'était pas encore sorti de sa salle d'entraînement. Elle s'était préparée à lui passer un savon quand il serait rentré, mais sa discussion avec Videl l'avait un peu apaisée.

Elle entendit Végéta sortir de la salle. La faim qui poussait le loup à sortir de sa tanière, certainement. Il entra dans la cuisine. Elle le salua, ce à quoi il répondit par un petit grognement. Il prit une bouteille d'eau, qu'il vida en un clin d'oeil, puis il s'assit sur un tabouret.

« Je t'ai attendue, » fit-il enfin.

« Quoi? »

« Tu m'avais dit que tu resterai à la maison. Je t'ai attendue. » Sa voix était pleines de reproches

« A... a… » Bulma n'en revenait pas. Il lui reprochait de... Et tout éclata. « Alors ça c'est la meilleure. J'emmène ta fille à l'école, tu t'es déjà enfermé dans ta foutue salle, je reviens, tu es parti trainer ta carcasse je ne sais pas où et tu me reproches de... Non, là c'est trop fort. » Bulma était passée au rouge vif. Elle vociférait sur Végéta qui restait impassible.

« Tu cries trop. Laisse-moi manger maintenant. » Outrée, elle sentit les mots se bloquer dans sa gorge. Il lui fallut quelques secondes pour trouver ce qui traduirait le mieux le fond de sa pensée à cet instant.

« Tu me gonfles Végéta. Prépare ta bouffe tout seul, je ne suis pas à ton service. Je ne te vois pas de la journée, et quand tu es là c'est pour me faire des reproches. » Les larmes, à présent. Toute la tristesse, l'amertume et la colère qu'elle avait accumulés depuis ces derniers temps la submergeaient, la débordaient

Végéta l'écoutait crier, toujours de glace. Mais il était blessé. Elle lui avait dit qu'elle resterait pour la journée, il s'était préparé à cette journée, et elle était partie. Elle l'avait trahi. Elle pouvait bien aller au diable.

« J'en peux plus Végéta, je m'en vais, je retourne chez mes parents. »

« Ils habitent là, tu sais. »

« Oh ta gueule! Je... je m'en vais chez Chichi. » Elle monta l'escalier d'un pas décidé. Elle arriva dans la chambre, sortit une valise et commença à y entasser divers vêtements. Elle éclata de nouveau en sanglots. Non mais quel enfoiré, pour qui il se prenait? Elle n'avait aucun compte à lui rendre. S'il ne se conduisait pas comme un espèce de... de... « C'est comme ça qu'on les aime ». Elle chassa la phrase de Videl de son esprit, et termina sa valise. Elle sécha ses larmes et sortit de la chambre.

Elle traversa la maison, passa à coté de la cuisine, sans le regarder. Lui restait toujours de marbre. Il avait devant lui un gros morceau de viande. Elle sortit en claquant la porte. Aucune émotion ne transparaissait sur le visage de Végéta. Seule une phrase lui hantait l'esprit. « Elle va revenir ».


Il était une heure. Chichi, Videl et Goten étaient à table. Le silence régnait depuis le début du déjeuner. C'était comme ça presqu'à chaque repas. Chichi avait toujours sa mine triste, et Goten était perdu dans ses pensées. Soudain, il rompit le silence:

« J'ai vu Yamcha ce matin, on a bu un café. »

Un sourire un peu fade, mais un sourire quand même, ce qui en soi était déjà une victoire, se dessina sur le visage de Chichi.

« Ah oui? Comment va-t-il? »

« Ben, pas trop mal apparemment. Il s'éclate bien avec ses jeunes au base-ball. Mais je l'ai quand même senti un peu… triste. » Videl saisit la balle au bond. C'était une occasion comme une autre de changer les idées de la femme et du fils de Sangoku. Et par là même de faire autre chose que d'attendre Gohan…

« On pourrait l'inviter à manger un de ces jours, non? »

« C'est une bonne idée. Je vais l'appeler ce soir. »

Et le silence se réinstalla, toujours aussi pesant. Videl soupira. Oui, décidément, il fallait que Sangoku vienne pour les fêtes. Elle allait parler à Sangohan dès ce soir, qu'il soit fatigué ou non de sa journée.

On frappa à la porte. Chichi alla ouvrir. Elle fut surprise de découvrir une Bulma totalement démontée. Elle avait pleuré, comme en témoignait le maquillage qui lui coulait sur les joues.

« Je... je me suis engueulée avec Végéta. » Elle fondit en larmes sur l'épaule de Chichi.


Il était quatre heures de l'après-midi quand Trunks rentra. Il avait passé la journée avec Pearl à préparer la Fête de l'hiver. Il posa sa veste à l'entrée et se dirigea vers la cuisine. Il avait une faim de loup. Arrivé sur le seuil, il s'arrêta. Il y avait quelque chose de bizarre. Tout était en désordre. La petite table de la cuisine débordait de plats sales, de restants de nourritures... Visiblement, sa mère n'était pas là. Ou alors les robots ménagers s'étaient mis en grève… Il se dirigea vers la salle de gravité. Personne. Il descendit au labo de sa mère. Vide. La maison avait été désertée. Mais qu'est-ce qui s'était passé?

Une chose était sûre, sa mère était partie avant son père. Elle n'aurait jamais laissé un tel bazar. Il revint dans la cuisine, commanda aux robots ménagers de s'occuper du rangement, et s'assit pour réfléchir. Il ne sentait pas l'aura de son père. Il ne s'entrainait donc nulle part. Sa mère avait pris sa journée. Elle était peut-être chez Chichi, mais... Non, elle serait rentrée. Par contre, Bra allait bientôt sortir de l'école, et il se demanda si quelqu'un allait aller la chercher. Aucun mot nulle part. Dans le doute, il reprit sa veste, sortit de la maison et se dirigea vers l'école maternelle.

16h30. La sonnerie retentit et tous les enfants se précipitèrent hors des salles de classes. Certains sautaient dans les bras de leurs parents, d'autres montaient dans les bus de transports scolaires. Il ne faisait pas très chaud, le ciel était gris et la fraîcheur commençait à tomber. Videl aperçut sa fille. Elle était avec Bra.

Bulma avait envie d'être seule. Elle lui avait demandé de ramener Bra à la Capsule et de la laisser à ses grands-parents s'il n'y avait personne. Elle n'avait même pas émis l'hypothèse que Végéta vienne la chercher. Il est vrai qu'il ne fallait pas s'y attendre. En revanche, elle aperçut Trunks. Elle l'interpela et il se dirigea vers elle. Il avait visiblement l'air soucieux.

« Videl. Salut. Tu ne saurais pas où sont mais parents, par hasard? »

« Bulma est chez nous. Elle s'est disputée avec ton père. » Il fronça les sourcils.

« Elle est partie de la maison? L'engueulade a dû être sévère alors… »

« Sans doute… elle veut être un peu seule. Elle pense rester chez nous au moins jusqu'à la fin de la semaine. Elle m'a demandé d'amener ta sœur chez tes grands-parents, mais puisque tu es là... Ton père n'est donc pas chez toi? »

« Non… Il a dû filer je ne sais où… Et s'il est énervé, je préfère autant… Sans quoi il m'aurait traîné dans la salle d'entraînement…» Il réfléchit. « Dis... Tu peux dire à maman que je passerai demain, vers midi, après les cours? »

« D'accord. »

Les deux fillettes arrivèrent, main dans la main. En apercevant son frère, Bra s'écria: « Trunks! ». Elle lâcha la main de Pan et courut vers l'interpelé. Lorsqu'elle fut à sa hauteur, il la prit dans ses bras. « Pourquoi c'est toi qu'est là? Maman m'avait dit qu'elle viendrait », demanda-t-elle en fronçant les sourcils.

« Ben, tu vois, maman a eu un petit empêchement. Elle sera pas là ce soir. » La fillette ouvrit des yeux étonnés.

« Ah bon? Mais qu'est-ce qu'elle fait? »

« Heu... Elle... Oh, et puis tu m'embêtes avec tes questions. Ce soir c'est moi le chef, alors tu obéis », dit-il sur le ton le plus ferme possible.

« Même pas vrai, c'est papa le chef. »

« Oui, mais je sais pas s'il sera là, ce soir. » Bra fronça à nouveau les sourcils.

« Ils sont tous partis? » Trunks hocha la tête. « Les rats quittent le navire. » Trunks ouvrit des yeux ronds d'étonnement.

« Où est-ce que tu as appris à parler comme ça, toi? »

« J'ai vu ça dans le film, samedi. »

« Si maman t'entendait… »

Videl avait également pris sa fille dans ses bras. Elle sourit en écoutant la conversation du frère et de la sœur.

« Bon, ma Pan, on va y aller. » Trunks attrapa sa manche. « Attends, Videl... Tu... Je voudrais te parler de Goten. Comment... Comment tu le trouves en ce moment? »

« Pas très bien, comme sa mère. Je vais parler à Sangohan ce soir. Je pense que ce serait bien que Sangoku revienne, au moins pour les fêtes. »

« Tu ne crois pas que sera pas pire après? » demanda Trunks, sceptique.

« Peut-être, mais là, ce n'est plus tenable… Et puis, on essaiera de lui parler… »

« Parler avec Sangoku? Bon courage alors. » Il sourit. Videl lui rendit la pareille et ils se séparèrent. Il ne virent pas dans leur dos Bra et Pan se lancer un clin d'œil complice.


Les cours au lycée étaient terminés. Maron était radieuse. Son père venait la chercher, et ils iraient dans leur nouvelle maison, un peu à l'écart de la ville. Elle sortit du lycée, fit un signe de la main à ses amies, et chercha son père du regard. Il était adossé au jet flyer que Bulma leur avait offert. Elle courut vers lui, l'embrassa et monta dans l'appareil.

A bord, comme il restait silencieux, elle se décida à engager la conversation.

« Elle est bien? »

« Qui? »

« T'es bête! La nouvelle maison. »

« Ah... Oh, oui. » Le ton de sa voix était maussade. Son père était plus joyeux, d'habitude. Elle savait qu'il était triste de quitter Kamé House, mais là, quand même…

« Y'a quelque chose qui ne va pas? »

« Non, c'est rien. Je réfléchissais. Videl a appelé tout à l'heure. Bulma ne va pas fort. Elle s'est disputé avec Végéta et elle est partie chez Chichi. » Maron fronça les sourcils. Bulma partie de chez elle? Après s'être disputé avec Végéta? Et bien… ils n'avaient pas dû faire semblant…

« Mais Chichi ne va déjà pas très bien, ça risque d'être la totale déprime, là-bas… »

« C'est bien là le problème. Je pensais y passer demain après-midi, ça te dirait? »

« Ah, ouais! Chouette! » Krilin lui jeta un regard suspicieux.

« On y va pour Chichi et Bulma, hein? » Maron se mit alors à rougir du menton aux oreilles.


« Dis Trunks, ils vont revenir quand papa et maman? » Bra avait la couette remontée jusqu'au menton. La lumière tamisée n'avait pas empêché Trunks de remarquer un brin d'inquiétude briller dans ses grands yeux violets.

« Je sais pas. Je pense qu'on va aller voir maman demain. »

« Demain quand? »

« Ben… demain matin j'ai cours. Si papa n'est pas revenu, je t'emmènerais chez papy et mamy, d'accord? Et quand j'aurai fini, on ira tous les deux la voir. »

« Elle est où? »

« Chez Chichi. » Trunks acheva de border sa soeur. « Dors, maintenant. » Il s'apprêta à sortir de la pièce quand Bra lui demanda: « Et papa? Il est où? »

« Je sais pas. Mais je suis sûr qu'il va bien. Dors. » Il éteignit la lumière et ferma la porte.

Bra se demandait vraiment quelle drôle d'idée avait eu sa mère d'aller dormir là-bas. Trunks lui avait dit qu'elle était fatiguée, mais il y avait des lits ici aussi pour se reposer. Elle en conclut que les lits de chez Chichi étaient meilleurs que ceux d'ici. Un petit bruit interrompit ses pensées. Une petite boule de poils, pas plus grosse qu'un poing d'adulte s'extirpa du sac de Bra.

« Oh, je t'avais oublié », fit Bra confuse. Elle sortit silencieusement de son lit et saisit le petit animal. Elle le hissa au niveau de son visage.

« J'ai réfléchi toute la journée pour te trouver un nom. Je vais t'appeler Mandra. Mais il faudra te cacher pour l'instant, parce que je sais pas si Trunks il va bien vouloir te garder. Je vais te mettre sous mon lit en attendant. » Elle glissa sa trouvaille son sous lit et se recoucha.

Et sa nuit ne fut plus qu'une longue succession de cauchemars incessants.


Allongé sur le dos dans son lit, il réfléchissait. Il réfléchissait aux évènements de la journée. Bulma avait débarqué en pleurs chez sa mère après une dispute avec Végéta. Videl lui avait tout expliqué. Végéta avait disparu. Il n'arrivait d'ailleurs pas à le localiser. Trunks passerait demain. Ils auraient peut-être des nouvelles.

Et puis il y avait le problème de son père. Videl lui avait demandé d'aller le voir pour lui proposer de venir pour les fêtes. C'était effectivement une bonne idée. Restait à savoir si son père allait comprendre.

Il s'endormit finalement, épuisé, après s'être blotti dans le cou de sa bien-aimée, de celle qui dormait là à ses cotés, de celle de qui il voulait un deuxième enfant.

Il ne se doutait pas de l'horrible nuit que vivait sa fille dans la pièce à coté.


Il était 7h30. Trunks déjeunait depuis quelque temps déjà quand il entendit Bra descendre. Son pas attira son attention. Il était très lent, trop lent. Il était chancelant, mal-assuré. Ce n'était pas normal. Sa sœur était habituellement débordante d'énergie dès qu'elle était sortie du lit. Quelque chose n'allait pas.

« Bra, ça va? »

Pas de réponse. Il se leva et entra dans le salon. Sa sœur était assise dans le canapé, le yeux hagards, complètement vides. Elle avait le teint pâle, presque livide. Il s'approcha, s'agenouilla.

« Bra, tu m'entends? » Ses yeux se rétrécirent alors et elle se mit à pleurer. Elle hoquetait, secouée de gros sanglots. Tout son corps tremblait. Ses yeux étaient toujours plantés dans le vide, comme si Trunks n'existait pas. « Bra, qu'est-ce qui t'arrive? » Il la secoua. « Bra, réponds-moi! » Enfin, elle sembla découvrir sa présence.

« J'ai... il y avait plein... plein de monstres. Ils étaient méchants et ils tuaient tout le monde. Il y en a un qui riait… » Elle se remit à sangloter.

« Oh, Bra... C'est juste un mauvais rêve. C'est fini. » Il lui sourit et lui tapota le menton, puis la prit dans ses bras. Elle se serra contre lui comme elle ne l'avait jamais fait avant. Il fut surpris. Ce cauchemar avait vraiment dû être terrifiant. Sa mère devrait faire plus attention à ce que Bra regardait à la télé.

Il retourna à la cuisine, la fit déjeuner, l'habilla et l'emmena chez ses grands-parents. Elle avait visiblement été choquée par son rêve car elle n'avait pas décroché un mot de la matinée, ce qui ne lui était sans doute jamais arrivé. Et un souci de plus, pensa Trunks en se dirigeant au point de rendez-vous où il retrouvait Goten tous les matins.


« Allons, Pan, c'était juste un cauchemar… » La petite fille sanglotait dans les bras de sa mère et ne voulait pas en descendre. Tout ce qu'avait pu dire Videl ne la consolait pas. Chichi frappa à la porte. « Videl, je peux entrer? »

« Bien sûr. »

« J'ai entendu Pan pleurer… Et bien ma chérie, qu'est-ce qui t'arrive? »

« Elle a fait un cauchemar. Elle est inconsolable. »

« Quand Sangohan faisait un mauvais rêve, pour le calmer je lui faisais à manger. » Mais même à l'évocation de la nourriture, qui aurait habituellement réveillé ses instincts saiyens, la fillette ne cessa pas de pleurer.

Il fallut une heure à Videl pour la calmer, et elle finit par s'endormir dans les bercements réconfortants de sa mère.


Trunks commençait à s'impatienter quand enfin il vit Goten apparaître à l'horizon. Quand son ami se posa à coté de lui, celui-ci ne put que prendre un air étonné.

« Hé ben dis donc, la tête que t'as, mon pauvre... »

« Tu m'fais marrer. Mes parents ont déserté et je dois gérer ma sœur. J'aimerais bien t'y voir moi. »

« Mon père aussi est parti. » Mince… quel crétin…

« Désolé Goten, je… j'y pensais plus… » Goten esquissa un faible sourire.

« Oh, ça va, laisse. »

Les deux amis prirent leur envol vers le lycée. Ils se posèrent à un endroit où on ne pouvait pas les voir, et ils marchèrent le reste du chemin. Au bout d'un moment, Trunks prit la parole.

« Au fait, c'était bien hier? » Sur le visage de Goten se dessina un air médusé.

« De quoi tu parles? »

« Arrête, tu le sais très bien. J'me suis laissé dire que tu avais passé l'après-midi avec Ani. »

« Ah, ça. C'est rien du tout. Elle voulait juste qu'on se balade un peu. »

« Ouais, ouais. Tu dis toujours ça. » Le sourire en coin de Trunks horripilait Goten au plus au point.

« Arrête de délirer! Je te dis qu'il n'y a rien entre Ani et moi. »

« Ok, ok, t'énerve pas. » Il y eut un petit silence, puis Trunks se décida à poser la question qui lui brûlait les lèvres. « Maman va bien? »

« Oui, t'en fais pas. Maman et Videl s'occupent d'elle. » Goten lui adressa un sourire réconfortant.

Ils entrèrent dans l'enceinte du lycée. Le début des cours n'avait pas encore sonné. Malgré le fait que l'hiver approchait, il y avait pas mal de monde dehors. Au milieu d'une foule, une petite voix s'éleva alors. Une jeune fille blonde accourut vers les deux garçons en leur faisant un signe de la main.

« Goten, Goten! »

« Tiens, voilà Maron! Bonne chance! » murmura Trunks en répondant au salut de la jeune fille.

« Ta gueule, » chuchota Goten, en s'efforçant de sourire.

« Salut les garçons. Dis Goten, mon père m'a demandé de te dire qu'on passerait chez vous dans l'après-midi, voir Bulma. Ca dérange pas? »

« Euh... non, non, c'est bon. » La sonnerie retentit, et sur un dernier radieux sourire, Maron se dirigea vers le bâtiment 1. Les deux garçons la saluèrent et se dirigèrent vers leurs salles de cours respectives.


« Hep, tu te cachais où, Yumi? » Le petit animal sortit du placard. La fillette le saisit et le caressa. « Je suis bien contente d'avoir un ami, tu sais. Grand-père me manque, et papa travaille souvent. On va pouvoir s'amuser, tous les deux. »

La fillette se dirigea à l'opposé du placard, vers la fenêtre de sa chambre, l'ouvrit, se retourna et cria: « Maman, je vais jouer dehors! » Puis elle s'envola.


« Ne va pas trop loin et reviens pour manger! »

« Tu n'as pas peur de la laisser partir toute seule? » Bulma aidait Chichi à préparer à manger pendant que Videl mettait la table.

« J'ai toujours une petite appréhension, puis je me rappelle qu'elle a du sang saiyen dans les veines. Je doute qu'il lui arrive quelque chose de grave. De toute façon, elle ne s'en va jamais bien loin. Elle joue toujours dans la forêt, de l'autre coté de la rivière. » En sortant les assiettes du placard, Videl poursuivit. « Au fait, tu crois que Trunks va rester manger? »

« Si oui, il va falloir préparer une double ration, » soupira Bulma.

« Il m'a juste dit qu'il passait. Tu crois que je lui sors une assiette? »

« Ne vous tracassez pas, on en sortira une de plus s'il décide de rester. » Chichi avait tranché. Pour l'heure, Trunks, lui, avait bien d'autre soucis en tête que de savoir s'il allait rester manger ou pas.


Pearl lui souriait. C'était l'heure de la pause. Ils étaient tous les deux assis sur un banc. Elle était si jolie, ses cheveux bruns dansaient sur ses épaules, et ses grands yeux noirs se promenaient sur son visage comme autant de caresses à venir. Ils sortaient ensemble depuis quelques mois déjà. Ce n'était pas son record, mais avec elle, il n'était pas question de compétition avec Goten. C'était comme si, chaque jour, il la redécouvrait, s'émerveillant de tous les détails qu'il n'avait fait qu'entrevoir auparavant. Qui plus est, Goten n'avait pas la tête à la compétition depuis le départ de son père…

« C'est toujours d'accord pour vendredi soir? » Cette question le sortit de sa contemplation.

« Heu...Vendredi soir... euh... » Le rendez-vous, il l'avait complètement oublié. Et ses grands-parents qui partaient pour le week-end. « Ben... c'est à dire... J'ai quelques petits problèmes. »

« Des problèmes? Qu'est-ce qui t'arrive? »

« Mes.. parents sont partis. » Il doutait fort que son père revienne avant la fin de la semaine. « Il faut que je m'occupe de ma petite sœur, et je pense pas arriver à la caser d'ici là. »

« C'est pas grave, on peut aller chez toi. »

« Chez moi? Euh... bah ok, si c'est la seule solution. » Il ne l'avait encore jamais emmenée chez lui. Non pas qu'il soit timide, mais il préférait d'abord préparer le terrain. Arriver à supporter le caractère ombrageux de son père et sa peste de petite sœur demandait un entraînement intense. Sa mère se comportait plutôt bien, ce n'est qu'après que ça dérapait. Enfin, ses parents ne seraient pas là, et il saurait bien maîtriser Bra.


« Hé, tu voles trop vite! » Trunks ralentit l'allure, au bord de l'énervement.

« Quoi encore? »

« Tu voles trop vite, je perds mon sac! » pépia Bra. Elle avait insisté pour prendre son sac « avec des jouets ». Il ne se posait plus de questions sur le comportement parfois étrange de sa sœur. Enfin, elle semblait avoir oublié son cauchemar, c'était déjà ça.

Il repartit, modérant son allure, sentant sa sœur s'agripper à ses épaules.

Au bout de quelques minutes, ils arrivèrent chez Sangohan. C'était un charmant petit coin, au bord d'une rivière, faisant face la forêt, bref, un endroit idyllique. Il allait frapper chez Chichi quand une voix attira son attention.

« Ils sont chez nous! »

« Pan! » Bra bondit des épaules de Trunks et sautilla vers son amie.

Trunks sourit. Les deux fillettes étaient décidément inséparables. Il frappa à la porte de Gohan. Videl lui ouvrit.

« Trunks! Entre. » Il suivit l'invitation et entra, les deux filles à ses talons.

« Maman! »

« Bra, ma puce! » La fille sauta dans les bras de la mère. Bulma la serra fort contre elle, se sentant déjà coupable de l'avoir abandonnée ces derniers jours. Elle avait juste besoin de décompresser, mais s'en voulait. Sa fille n'avait pas à payer pour les difficultés que rencontraient ses parents. Pourtant, elle ne se sentait pas la force de rentrer pour le moment.

Tout le monde s'installa au salon, Bra sur les genoux de sa mère. Ils parlèrent longuement. Bulma expliqua à Trunks sa dispute avec Végéta et lui annonça qu'elle désirait rester quelques jours chez Chichi, loin de tout souci. Il semblait la comprendre. Elle s'excusa encore auprès de lui et lui fit une foule de recommandations, « au lit pas trop tard », « veille à ce qu'elle mange bien » ou autre « il faut qu'elle se brosse les dents matin et soir ».

Trunks décida de ne pas embêter sa mère avec le cauchemar de Bra. Après une bonne heure de discussion, il prit congé, après avoir poliment refusé l'invitation de Chichi car ses grands-parents l'attendaient déjà pour manger, et après avoir récupéré sa sœur qui jouait dans le jardin avec Pan. Les deux fillettes avaient chacune un sac « avec des jouets » et se sourirent malicieusement au moment du départ.