Chapitre 1

Saison 3, essayez de vous rappeler. Nous sommes à la prison. Merle est loin d'être le bienvenu, Daryl, lui, a trouvé sa place depuis un certain temps déjà. Ils sont là, ils sont tous là, même si ce n'est pas pour le bonheur de tous les membres du groupe. Sauf qu'il y a des zombies dehors, que c'est la fin du monde. Alors on fait des concessions.

Ça y est, vous voyez où on est ? Super. Profitez-en. Vos repères risquent de disparaître rapidement.

...

- Je ne veux pas qu'il reste ici.

- C'est mon frère, merde ! Je vais pas le laisser crever dehors ! Essaye de te faire violence !

- Me faire violence ? Il a essayé de me tuer ! Et il a laissé Maggie aux mains de ce...

Je tourne la tête vers Glenn. Il blêmit. Je ne peux que le comprendre. Si j'avais moi-même été sur place à ce moment-là, j'aurais sans doute réagi comme lui. Et rien qu'imaginer ma sœur se faire maltraiter par cette brute sans cœur me donne la nausée.

- Daryl, tu peux essayer de lui parler ? intervient Rick.

- Je lui ai déjà parlé. Il regrette, il est désolé. Il a nulle part où aller, s'il sort il y restera. Et après ce qu'il s'est passé à Atlanta, je crois que vous lui devez au moins ça, réplique Daryl.

- Ok, c'est bon. Mais préviens-le bien, s'il fait quoi que ce soit de travers, c'est dehors, et c'est définitif, explique fermement Rick.

Daryl tourne les talons sans même remercier Rick et sort du bloc C.

Carol s'approche de moi et me sourit. Elle tend les bras et je lui donne Judith. Je suis soulagée de pouvoir étendre un peu mes bras et je m'assieds sur les marches de l'escalier.

Je n'étais même pas censée être là, j'étais venue rendre Judith à son père, mais je suis visiblement arrivée au mauvais moment.

Papa vient s'asseoir à côté de moi. Je lui souris, mais il prend un air grave et me regarde en fronçant les sourcils.

- Que penses-tu de la présence de Merle ici ? me demande-t-il.

- Le frère de Daryl ? demande-je.

Il acquiesce.

- Je ne pourrai jamais lui pardonner ce qu'il a fait à Glenn et Maggie. C'était inhumain. Et, d'après ce qu'on m'a raconté, c'est une brute. Mais d'un autre côté, si c'était ma sœur, je ne la laisserais jamais partir seule, explique-je

- Mais Maggie n'a rien à voir avec Merle. Je suivrai toujours les décisions de Rick, mais cette fois, j'ai l'impression qu'il a été trop clément.

- Si cet homme mérite d'être banni, il le sera, papa. On n'échappe pas à qui on est.

Je relève la tête et mon regard se pose sur Daryl qui vient de revenir dans le bloc. Il me regarde méchamment et je détourne les yeux, gênée. Je sens que je rougis violement.

Je n'ai rien contre cet homme, ni son frère. Mais je dois bien avouer que la présence de Merle à la prison ne me rassure pas vraiment.

Papa se lève et se dirige vers sa cellule. Ne sachant que faire, je le suis. Arrivés là-bas, je l'aide à se coucher dans son lit. Il semble épuisé. Je l'embrasse sur le front et m'apprête à sortir lorsqu'il m'attrape par le bras pour me retenir.

- Beth ?

Je me tourne vers lui.

- Ma chérie, tu devrais aller dormir tôt, on ne sait pas ce qui nous attend dans les jours à venir. Je préfère te savoir reposée.

Je ris et le pousse amicalement.

- Papa, je n'ai plus cinq ans, dis-je.

Un sourire se dessine sur son visage et il se redresse pour me prendre dans ses bras. Je me penche pour l'aider. Son câlin me fait du bien. J'ai parfois tendance à oublier à quel point j'ai besoin de contacts physiques. Avec Maggie et maman, on se prenait souvent dans les bras. Mais c'était avant qu'on commence à tous puer la mort.

...

Je pousse le rideau de ma cellule.

Je pioche quelques vêtements dans mes réserves et me dirige vers les douches. Epuisée, je ne fais pas attention aux alentours et enlève mon t-shirt. Je me rappelle tout d'un coup que je dois d'abord aller pomper l'eau. Rapidement, je me dirige vers la pompe et je n'entends même pas l'eau qui coule déjà.

Soudain, je me retrouve nez à nez avec Daryl.

- Hé ! hurle-t-il en se cachant comme il peut.

Je me retourne immédiatement pour ne plus le voir et je me confonds en excuses.

- Pardon, je... je suis désolée, je ne t'avais pas entendu, dis-je.

- Ouais, ben va faire déboucher tes oreilles alors !

- Je suis désolée, je...

Morte de honte, je ne sais pas quoi faire. Je suis paralysée, j'essaye de reprendre le contrôle de mon esprit et de mon corps. Je ne vais pas rester dos à lui comme une idiote en attendant qu'il finisse sa douche.

- Je reviendrai plus tard, dis-je, honteuse.

Je me dirige alors à nouveau vers l'entrée, je remets rapidement mon t-shirt et je sors. J'ai tout juste le temps d'entendre Daryl râler avant de refermer la porte. Je m'adosse contre celle-ci et prends une minute pour essayer de dédramatiser la situation. Ce n'est rien, je n'ai rien vu, il ne s'est rien passé. Tout va bien.

Je m'encours jusqu'à ma cellule et sors mon journal intime. J'ai besoin de penser à autre chose.

...

Le lendemain, je me réveille aux aurores pour pouvoir prendre la douche que je n'ai pas pu prendre hier soir.

Une fois propre, je sors dehors. Le soleil est à peine levé mais on y voit déjà clair. Les autres dorment encore, mais je n'ai plus sommeil.

Je fais le tour de la cour et mon regard se pose étrangement sur les pneus d'une de nos voitures qui semblent tout écrasés. Je m'approche et je vérifie. En effet, ils sont à plat.

Je me mets alors à chercher les outils que Rick garde quelque part. Je fouille l'entrée du bâtiment. Rien. Je n'ose pas chercher dans le bloc, de peur de réveiller les autres et je ressors dans l'espoir de les trouver dehors.

Rien non plus dans la cour, je fais le tour du bloc et me retrouve à l'arrière du bâtiment. Je trouve une hache et une grande pelle, mais rien d'autre.

A court d'idée, je me pose une minute pour réfléchir, lorsqu'un rôdeur surgit tout-à-coup derrière moi. Par réflexe, je hurle. Je recule, mais je trébuche sur quelque chose et je tombe. Je porte la main à ma ceinture, mais mon couteau n'est pas là. J'ai probablement du oublier de le reprendre après ma douche. Le rôdeur s'approche dangereusement et je regarde autour de moi dans l'espoir de trouver quelque chose avec lequel je pourrais le tuer. Mes yeux se posent alors sur une boîte remplie d'outils, celle que je cherchais. Je m'élance à quatre pattes vers elle, mais le rôdeur me rattrape et agrippe ma jambe. Je hurle plus fort et me débat. J'essaye de lui shooter dedans mais il s'accroche fermement à mon pied. Il tente de me mordre, mais il ne peut pas transpercer ma botte, il attrape alors une de mes cuisses. J'essaye toujours de me débattre, mais je me sens inefficace. Je rassemble toutes mes forces pour me dégager lorsque la hache s'abat sur son crâne.

Il tombe, et j'ai à peine le temps de me demander ce qu'il s'est passé que Merle m'a déjà soulevée et remise debout.

- Ça va, miss ? me demande-t-il.

Sur le moment, je suis incapable de lui répondre. Je suis encore sous le choc. Mon regard passe du rôdeur à Merle et de Merle au rôdeur. Je ferme rapidement les yeux, les frotte et les rouvre. Je lève la tête. L'homme me regarde toujours. Il semble plus amusé de la situation qu'autre chose, mais attend visiblement toujours ma réponse.

- Oui... oui, ça va, arrive-je à peine à articuler.

...

Je me rends compte qu'il me tient toujours par le bras et je cherche à me dégager. Libre, je fais deux pas avant de sentir ma tête tourner violemment. Je me sens partir, mais des bras me retiennent.

- Who, who, who. Tu comptes aller où, comme ça, hein ? T'as pas l'air en forme, tu devrais te reposer deux minutes.

Je sens qu'il me soulève, puis m'assied, en appui contre un mur. Lorsque je reprends totalement mes esprits, il est assis en face de moi et m'observe.

- Comment tu te sens ? demande-t-il, plus concerné que la première fois.

Je soulève une de mes mains et la regarde. Ma vue n'est plus trouble, et ma tête ne tourne plus.

- Bien, ça va, lui réponds-je.

Je reste tout de même encore un peu assise pour éviter une deuxième syncope.

- Ecoute, poupée, je veux pas jouer les rabat-joies, mais des rôdeurs, il y en a partout maintenant. Et si tu t'évanouis dès que tu en vois un, tu risques pas de faire long feu, si tu veux mon avis.

- Je ne sais pas ce qui m'a pris. Je crois que je ne m'attendais pas à en voir un ici, je n'étais pas attentive, il a surgit de nulle part...

Merle rit.

- Je vais t'apprendre un truc étonnant, miss. Les rôdeurs ne préviennent pas quand ils te tombent dessus. C'est pas comme dans les jeux vidéo, où l'écran devient rouge, et qu'on entend une musique flippante. Si c'était aussi facile, les quatre-cinquième de la population se seraient pas fait décimer.

Je lui souris. Un sourire amer. Quelle idiote ! En m'imaginant la situation, je me rends compte que je ne suis pas très douée. Qu'est-ce que je vais faire le jour où dix rôdeurs me prendront par surprise ?

Je pose une main à terre et m'appuie sur le sol pour me relever. Merle est debout en une seconde et me tend la main. Je l'attrape et il m'aide à me mettre debout. Je regarde autour de moi, ça va.

Je me dirige alors vers la fameuse boîte à outils que j'étais venue chercher. Je la prends et retourne dans la cour. Merle me suit.

- Qu'est-ce que tu comptes faire avec ça ? me demande-t-il.

- Les pneus de la voiture bleue sont complètement nazes. Je cherchais des outils quand le rôdeur m'a attaquée.

Je pose les outils devant la voiture et Merle jette un coup d'œil aux pneus, puis à la boîte que j'ai ramenée.

- T'iras pas loin avec ça, me dit-il.

Je soupire.

- Incapable de se défendre contre les rôdeurs, incapable de changer un pneu de voiture... dis-je en râlant.

Je tourne les talons et m'apprête à rentrer lorsque Merle m'interpelle.

- Je peux t'apprendre, si tu veux.

Je me retourne, intriguée.

- Ah oui ? dis-je.

- Je pourrais te montrer deux-trois trucs, comment te défendre, comment te servir d'une arme...

Il me sert un sourire charmeur et je comprends que la situation l'amuse de plus en plus.

En tant normal, je lui aurais tourné le dos et je serais rentrée. Mon père m'a toujours appris à fuir les individus comme Merle, qui ne sont que source d'ennuis.

Mais le monde tombe en ruine, et sa proposition m'intéresse. Là, tout de suite, je me sens comme un boulet inutile incapable de faire quoi que ce soit. Un peu d'entraînement ne pourrait que me rendre service.

- Comment tu comptes t'y prendre ? lui demande-je.

- J'ai ma technique, me répond-il, le même sourire aux lèvres.

- Tu veux quoi en échange ? articule-je en faisant un pas de plus vers lui.

Là il perd son sourire et se rapproche de moi. Je lis dans ses yeux la frustration et, à cet instant, j'ai peur. J'ai l'impression qu'il pourrait me sauter dessus et m'étrangler à chaque seconde.

- Mon frère veut rester ici, alors je voudrais rester aussi. Si tu veux m'aider, tu pourrais parler aux autres.

Merle sourit à nouveau de manière un peu cynique et il me semble alors que cet homme cache plus de blessures qu'il ne veut bien le laisser croire.

Je lui tends la main. Il la prend et me la sert.

-Vendu ? demande-t-il.

Je le regarde dans les yeux et acquiesce. Lui sourit toujours. Il semble content de lui.

Je lâche sa main et rentre dans le bâtiment. Les autres commencent à se lever mais je me dirige vers ma cellule sans regarder personne.

Je m'assieds sur mon lit. Je suis déterminée mais fébrile. C'est Merle qui me fait cet effet-là. Je ne sais pas si je peux lui faire confiance. Il a l'air de cacher son jeu en permanence et ne cesse d'afficher un sourire arrogant.

Soudain, quelqu'un ouvre mon rideau et je sursaute en poussant un cri que j'essaye d'étouffer. C'est encore Merle. A croire qu'il me suit.

Il s'appuie sur le métal froid de la porte et croise les bras.

- Alors, t'es prête ?