Bonjour tout le monde, me voici avec le chapitre 2 qui reprend directement après le chapitre 1. Il est plus court que le précédent mais je le trouve chouette malgré tout. Il apporte encore un autre tournant dans la relation entre Drago et Harry et annonce aussi vraiment la trame de l'histoire. Vous comprendrez à la fin (si ce n'est pas déjà fait) où je vous embarque.

Je voudrais remercier Kanade-Chin et caence de m'avoir laissé une review. Je suis contente que ça vous ait plu

Merci aussi à tous ceux qui suivent cette fic.

Je vous souhaite à tous de passer de bonnes fêtes et que du bonheur pour 2017.

Bonne lecture.


Après cela, Potter et moi avions chacun rejoint notre chambre sans un mot de peur de briser l'atmosphère étrangement bienfaisante de cette soirée. Depuis longtemps, j'avais réussi à trouver le sommeil, rêvant du survivant qui arborait fièrement les couleurs vert et argent des Serpentards.

La nuit suivante, je n'avais été surpris qu'à moitié de le voir me rejoindre dans cette même partie de la maison. Il avait hoché la tête dans ma direction et je lui avais rendu son salut alors qu'il s'asseyait contre le mur à mes côtés.

Ce petit rituel s'installa lentement et chaque soirs Potter descendait silencieusement pour me rejoindre.

Nous discutions parfois de banalités comme du Quidditch ou des derniers articles que les frères Weasley avaient mis en vente dans leur magasin, certaines fois, durant nos moments de nostalgie sans doute, nous repensions ensemble à Poudlard, à nos cours et nos professeurs et par moment nous abordions même le sujet de la guerre. Nous n'énoncions que très rarement le futur. Nos projets, nos désirs les plus fous n'étaient évoqués qu'à demi mot pour l'unique raison que nous n'avions aucune certitude de les voir se réaliser un jour.

Parfois aussi, nous ne parlions pas. Souvent, je l'entendais s'éveiller durant un cauchemar et son regard paraissait hanté lorsqu'il surgissait du couloir. Je restais alors simplement là afin qu'il sache que dans son malheur il n'était pas seul.

Rapidement, nos conversations nocturnes devinrent essentielles pour moi. Je décomptais chaque heure, chaque minute qui me séparait de ces réunions avec Potter et, plus les jours passaient plus je m'apercevais que cette nouvelle relation, bien qu'étrange, était ce qui me maintenait la tête hors de l'eau.

Même si de temps à autre, une part de moi se rappelait que c'était bizarre et que Potter et moi avions toujours été rivaux, que c'était la situation dangereuse qui nous avait rapprochés et qu'une fois que tout serait terminé cette amitié ne pourrait pas durer, lorsqu'il posait sur moi son regard émeraude, je me sentais apaisé et mes craintes fondaient comme neige au soleil.

Ce qui m'arrangeait aussi particulièrement, c'était qu'aucun membre de la maison ne semblait s'être rendu compte de ce qui se passait entre lui et moi ou si c'était le cas, personne n'avait fait de commentaires ou émit son opinion sur le sujet.

Les journées s'enchainèrent ainsi jusqu'à la fin du mois de juillet qui vit alors nos habitudes être soudainement chamboulées avec l'anniversaire de Potter et notre départ pour la demeure – taudis était un terme nettement plus approprié selon moi – des Weasley où nous devions célébrer le mariage de l'ainé de la famille.

Ce bouleversement dans notre quotidien sembla autant déplaire à Potter qu'à moi. Nous devions quitter l'atmosphère rassurante du square Grimmaurd où nous avions été jusqu'alors pleinement en sécurité pour aller publiquement festoyer au Terrier.

Autant envoyer une invitation aux Mangemorts en précisant, s'ils ne l'avaient pas encore déduis d'eux même, que le survivant serait l'un des invités d'honneur de la soirée…

Je m'étais cependant abstenu de faire un quelconque commentaire et avait docilement fait mes bagages avant de quitter les lieux avec Potter et ses amis, sous la protection de plusieurs Aurors, de Mr Weasley et de Lupin.

Arrivé au Terrier la tranquillité et l'intimité furent ce qui me manqua le plus. Je ne pouvais pas faire un pas devant l'autre sans croiser une épaisse tignasse rousse et le bruit omniprésent me donnait perpétuellement des envies de meurtre.

Mais au moins nous étions tous tellement débordés par les multiples tâches que nous donnait Mrs Weasley pour les préparatifs du mariage que nous ne voyions pas le temps passer et c'était éreinté que je sombrais le soir sur ma couchette de fortune.

Le jour du mariage, les invités étaient arrivés de partout dans le pays parfois même de l'étranger et j'avais été surpris de voir autant de monde faire le déplacement vu le climat dangereux dans lequel nous vivions.

Tout au long de la cérémonie, je m'étais senti observé par la moitié des invités - l'autre moitié s'étant évertué à m'éviter - et quand on ouvrit le bal, j'avais enfin trouvé le bon moment pour m'éclipser lorsque qu'était apparu au milieu de la tente le patronus de Kingsley annonçant dans un silence sinistre que le Ministère était tombé, Scrimgeour était mort et les Mangemorts arrivaient.

Le patronus s'était évaporé dans un amas de fumées blanchâtres nous murmurant de fuir quand un cri s'était fait entendre à l'autre bout de la tente et que la panique s'élevait dans la foule. Les gens couraient dans tous les sens, s'agrippaient les uns aux autres en pleurant, transplanaient sans même se retourner et mon sang s'était glacé dans mes veines.

Il arrivait, mon père arrivait, je l'avais senti jusqu'aux tréfonds de mon être. Il venait pour moi, pour me punir de l'avoir trahi, lui ainsi que ma famille, mon nom, mon sang. Il allait me livrer à son maitre comme preuve de son éternelle allégeance sans aucun scrupule.

Tétanisé, je n'avais pas réalisé tout de suite qu'ils étaient déjà sur place, que les sorts fusaient autour de moi et que les cris avaient redoublés.

J'avais cligné des yeux plusieurs fois sans savoir quoi faire. Un sortilège avait sifflé vers moi et l'on m'avait écarté juste à temps avant de le recevoir de plein fouet. Tonks m'avait tiré derrière elle en répliquant avec adresse à tous les sorts qu'on lui envoyait.

Puis avant que je ne me décide enfin à sortir ma propre baguette, une autre main m'avait agrippé par le bras en m'intimant à courir.

C'était Potter. Je l'avais reconnu à sa tignasse qu'il n'avait même pas tenté de coiffer pour l'occasion. Il criait des sors à tout vas visant chaque Mangemorts à sa porté. Puis, il avait interpellé Granger et Weasley non loin, qui avaient accouru vers nous avant de les attraper eux aussi et de transplaner sans attendre.

Flash Back

Nous atterrîmes au beau milieu d'une rue bondée en plein centre de Londres essoufflés et encore étourdis par notre voyage. Les piétons se bousculaient autour de nous en nous fixant d'un drôle d'air et inconsciemment nous nous mîmes à avancer nos baguettes toujours en mains à l'affut du moindre danger.

Granger marchait en tête et semblait fouiller dans son petit sac à la recherche de quelque chose d'important.

- Il faut que nous nous changions, dit-elle en pointant du menton une petite impasse sombre à quelques mètres de nous, vous attirez trop l'attention avec vos costumes sorciers.

De fait, nous avions l'air de sortir d'un bal costumé et ne nous fondions pas vraiment dans la masse. Potter et Weasley acquiescèrent et nous nous engouffrâmes dans la ruelle sur notre droite.

De son petit sac, Granger se mit alors à sortir toute sorte de vêtements qu'elle tendit tantôt au rouquin tantôt au survivant qui avaient commencés à se déshabiller avec empressement. Lorsqu'elle me lança une chemise que je reconnu comme étant l'une des miennes, je réalisais que notre départ précipité du mariage n'avait rien de surprenant pour elle et qu'elle avait préparé cette fuite depuis longtemps.

Silencieusement je me changeais à mon tour, enfilant tout ce que me Granger me présentait sous le nez sans rechigner abandonnant ma somptueuse tenue dans un coin.

Quelques minutes plus tard nous quittâmes notre cachette et avançâmes en scrutant chaque passant comme si l'un d'eux s'apprêtait à nous sauter à la gorge.

Potter qui avait à son tour pris la tête du groupe se tourna vers nous :

- Nous devons trouver un endroit calme pour réfléchir et ….

- Qu'est-ce qu'il fait ici ? interrompit sèchement le rouquin en pointant sur moi un regard hargneux que je lui rendis avec plaisir.

Le brun s'arrêta et fit demi-tour vers son ami l'air surpris mais aussi énervé.

- Ron nous n'avons pas de temps à perdre, ils vont sans doute s'apercevoir que nous avons quitté le Terrier et vont se lancer à notre poursuite, murmura-t-il d'un ton ferme, il faut nous cacher.

- Je suis d'accord. Ce que je veux savoir c'est pourquoi tu as emmené Malfoy avec nous.

J'avais très envie de répliquer à la belette d'aller se faire voir mais j'étais néanmoins curieux de savoir ce que Potter allait lui répondre. J'étais tout aussi intrigué qu'il m'ait attrapé moi parmi la foule et non pas la rouquine pot de colle qui lui servait apparemment de petite amie.

- Qu'est-ce que tu voulais que je fasse ? Le laisser là bas alors que ton jardin grouillait de Mangemorts ? répliqua Potter. Il a refusé d'être l'un d'entre eux, tu sais très bien quel sort ils lui auraient réservé s'ils l'avaient attrapé.

Les yeux du roux s'écarquillèrent et je vis du coin de l'œil l'air affolé de Granger qui ouvrit la bouche mais fut devancée par Weasley qui serrait rageusement sa baguette dans sa main.

- Et mes parents ? Mes frères et ma sœur ? Tous nos amis ? Ca t'est égal le sort qu'ils leur réservent à eux ?

- Bien sûr que non, se défendit son ami, je n'arrête pas de penser à ceux qui sont toujours là bas mais nous ne pouvions pas rester, je te rappelle que nous avons une mission à accomplir.

- Je le sais mais ça n'explique toujours pas pourquoi tu l'as embarqué. Qu'est-ce qu'on va faire maintenant ? Ne me dis pas qu'il va venir avec nous ? s'inquiétât-il.

- Ron s'il-te-plait, soupira Granger en posant une main sur son bras pour l'apaiser.

Mais ce geste ne fit qu'amplifier la colère du Gryffondor qui se dégagea brusquement.

- Et toi tu étais au courant ? Tu es d'accord avec ça ?

La brune soupira.

- La question n'est pas là Ron, Harry a raison nous ne pouvons pas rester ici nous ne sommes pas en sécurité.

Mais il resta immobile, fixant ses deux amis comme s'ils venaient de le trahir.

Autour de nous les gens continuaient d'avancer et j'observais chaque visage en cherchant à reconnaitre celui de mon père ou de l'un de ses acolytes. Mon cœur n'avait cessé de battre à tout rompre depuis que nous avions quitté la réception.

- Oui j'étais au courant, affirma soudain Granger ramenant mon attention sur le trio à côté de moi. Et je n'ai pas tenté de dissuader Harry lorsqu'il m'a proposé que Malfoy nous accompagne parce que je pense qu'on peut lui faire confiance. Il a rejoint l'Ordre de son plein gré je te rappelle.

- Uniquement parce que c'est un trouillard, s'emporta Weasley.

Ni une ni deux, je m'avançais vers lui prêt à en découdre. Jusqu'à présent j'étais resté plus que poli alors qu'il était question de savoir si oui ou non on se débarrasserait de moi comme d'une vieille chaussette mais me laisser traiter de trouillard sans rien dire fallait pas exagérer.

- Si tu as un problème avec ma présence Weasley dis le moi directement au lieu de chercher des poux à tout le monde, explosais-je sentant la retenue dont j'avais fait preuve ces dernières semaines voler en éclat, quant au courage dont je suis apparemment totalement dépourvu à tes yeux, j'aurais aimé savoir ce que tu aurais fait à ma place.

Il ouvrit la bouche mais je ne lui laissais pas l'occasion de répliquer.

- Je ne doute pas un seul instant que tu aurais adoré hériter d'un joli tatouage sur ton avant bras, que tu aurais aimé embrasser la main de Tu-sais-qui pour lui prêter serment, que les séances de torture auraient été ton passe temps préféré, énumérais-je avec une froide ironie alors qu'il refermait la bouche en me regardant d'un air ahuri. Alors tu vois, je n'ai sans doute pas beaucoup de courage et je suis peut être venu vous rejoindre la queue entre les jambes mais au final je préfère ce choix là à celui de devoir servir cet affreux serpent.

Sur ce, je leur tournais le dos et m'éloignais prestement ne voulant pas rester une seconde de plus autant à découvert avec des Mangemorts qui nous cherchaient activement.

Et puis ça m'était égal d'être séparé d'eux, je pouvais très bien me gérer tout seul !

Alors que je tournais au coin de la rue en réfléchissant à un endroit sûr où je pourrais éventuellement passer la nuit, Potter me rattrapa en courant et s'arrêta face à moi pour me freiner. Je tentais de le contourner mais il fut plus rapide que moi et m'agrippa pas l'épaule.

- Ecoute, je suis désolé pour l'attitude de Ron, il est tracassé pour sa famille et il ne pensait pas ce qu'il a dit, soupira-t-il d'un air embarrassé.

- Bien sûr que si il le pensait, répliquais-je, depuis quand Weasley se sentirait-il coupable de quoi que ce soit vis-à-vis de moi ?

Je le vis lever les yeux au ciel bien que j'avais sans aucun doute raison. Ce sale rouquin était même sûrement bien content de me voir déguerpir.

- Je peux savoir où tu comptes aller ? demanda-t-il en changeant de sujet.

- Là où ma présence ne sera pas à ce point insupportable.

- C'est-à-dire ?

Qu'il pouvait être chiant aussi celui-là !

- Ca ne te regarde pas Potter, maintenant si tu voulais bien me laisser passer, dis-je en jetant un bref regard à sa main qui me tenait toujours fermement.

Mais il ne me lâcha pas et son attitude déterminée me laissait penser qu'il ne me laisserait pas m'éloigner si facilement.

- Si tu venais avec nous plutôt ?

- Pour me sentir de trop dans votre parfait petit trio ? Je n'ai pas besoin de ta charité merci, je sais me débrouiller.

- Je n'en doute pas une seule seconde cela n'empêche que j'aimerai que tu nous accompagne.

- Pour quoi au juste ? Si j'ai bien compris dans une autre de tes missions suicides ? Non merci je tiens encore à la vie, répliquais-je sèchement.

Je le vis se raidir et une lueur de surprise mêlée à de la déception traversa ses prunelles vertes.

Immédiatement, je regrettais mes paroles et me mordis la langue en voulant me punir de m'être montré aussi insensible et con.

Toutes les personnes de son entourage risquaient continuellement leur peau parce qu'ils le soutenaient, le protégeaient, l'aimaient et alors qu'il me demandait à moi avec sincérité de le suivre je ne sais où pour je ne sais quelle raison, je lui renvoyais en pleine poire à quel point le côtoyer me mettait invariablement en danger.

Sa main quitta mon épaule et il s'éloigna de moi les bras le long du corps en m'observant d'un air peiné.

- Je suis désolé, murmurais-je en sentant mon cœur se serrer, c'était odieux même venant de moi.

- Non tu as raison, je n'aurais pas dû te demander cela. Tu t'en sortiras certainement mieux tout seul, me répondit-il d'une vois éteinte.

Il serra les poings et détourna le regard et je me sentis affreusement mal d'avoir été blessant. Il avait été le seul à me témoigner un réel intérêt depuis que j'avais rejoins l'Ordre, il avait accepté de me laisser une chance et venait de me sauver d'une mort certaine en m'aidant à m'enfuir et j'étais incapable de lui rendre ne serait-ce qu'un semblant de gratitude. A la place, je me comportais encore comme l'éternel idiot qu'il avait toujours connu à Poudlard.

- Mes paroles ont dépassés ma pensée et,… tu sais, je…enfin je suis peut être aussi perdu et nerveux que Weasley, Granger et toi réuni, murmurais-je en me rapprochant de lui. Pendant des jours on a vécu à l'écart des conflits et j'espérais que rien ne pouvait m'atteindre mais ce soir notre bulle sécurisante vient d'éclater.

Il acquiesça me faisant comprendre qu'il partageait mon sentiment.

- En vérité, je ne sais pas quoi faire ni où aller mais je ne veux pas non plus être un poids pour qui que ce soit.

- Tu n'es pas un poids Malfoy, affirma-t-il, et j'aimerai vraiment que tu viennes avec nous.


Et voilà ! Alors qu'avez-vous pensé de ce chapitre ?

A bientôt pour la suite. Plein de bisous en chocolat !