Tatch ; J'espère que la suite te plaira aussi, merci de la review ! Je t'avoue que ta dernière remarque m'a troublée parce que je m'étais jamais posé la question O.o mais je pense que ça va m'aider et peut-être me faire m'améliorer (je t'assure que j'y ai pensé pendant des heures XD)

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Un énorme bruit de fracas se fit entendre au château Namikaze.

Minato se réveilla en sursaut, se leva rapidement, et courut un peu partout pour savoir d'où venait le son, avant de se dire que la chambre de son fils était l'endroit le plus évident. Il s'y rendit donc, et ouvrit la porte brusquement pour voir la silhouette de Naruto lutter durement pour se relever du lit en grognant :

- Naruto, ça va ?

- Ça a l'air d'aller ? demanda l'adolescent en lançant à son père son regard assassin du matin.

Minato soupira et balaya la pièce du regard pour trouver l'origine du bruit : le réveil de son fils qui avait été durement projeté contre le miroir, brisant ce dernier par la même occasion.

- Tu as encore balancé ton réveil...

Le jeune homme émit un bruit étrange et s'assit sur son lit. C'était la même chose chaque lundi matin. Naruto brisait son nouveau réveil lorsqu'il sonnait en l'envoyant valser dans la pièce, mais jamais aucun autre objet n'avait été endommagé jusqu'ici.

- Lève-toi, c'est l'heure d'aller en cours.

- Je sais. Tu peux sortir ? J'suis à poil.

Minato aquiesça et quitta la pièce en se demandant déjà comment il allait devoir annoncer à Kurenai et Shizune que, cette fois, elles allaient aussi devoir s'occuper des morceaux de verre tranchants. Ou peut-être le ferait-il lui-même, c'était injuste pour elles.

Il prit la direction de la salle de bain qui faisait partie de sa suite parentale pour lui-même se préparer à aller au travail. Après avoir pris une bonne douche, sans savoir que son fantôme de femme l'observait discrètement, il s'habilla comme toujours de vêtements très confortables pour aller au travail.

Il exerçait le métier d'animateur dans les écoles depuis près de sept ans et, en tant que responsable, il se devait d'être sur son lieu de travail aux environs de sept heures trente. Il se levait pour cela à six heures, et en profitait toujours pour savoir si son fils était prêt, étant donné qu'il se levait également tôt, son lycée se situant assez loin de leur château.

Une fois son sac sur le dos et ses chaussures enfilées, il ouvrit la grande porte d'entrée en bois et quitta son domicile en soupirant fortement.

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- Naruto !

La première personne que Naruto vit en arrivant au lycée fut Sakura. Elle se jeta vers lui en courant et le prit chaleureusement dans ses bras, heureuse de le revoir.

Pauvre petite chose, pensa le jeune homme, elle essayait vraiment d'être amie avec lui.

- Ton ventre va mieux ? demanda-t-elle.

- Mouais...

Il se dégagea de son étreinte sans vraiment la regarder pour se diriger vers sa salle de cours, pour une fois qu'il était à l'heure. Il commençait avec trois heures de philosophie et, sincèrement, avoir cours avec un prof qui semblait encore plus blasé que vous, c'était fatiguant au bout d'une demi-heure à peine.

Hatake Kakashi prit place devant le tableau, portant un de ses habituels cols roulés qui cachaient son visage, et commença le cours après avoir brièvement fait l'appel. Naruto, qui s'était aujourd'hui assis au premier rang, de sale humeur comme tout les lundis matin, jeta un coup d'oeil par-dessus son épaule pour regarder quelles étaient les personnes intéressantes présentes aujourd'hui.

Neji écoutait attentivement le cours, assis à côté d'Hinata à qui Naruto apprendrait bien des choses si son cousin n'était pas aussi protecteur. Un peu plus loin, le regard meurtrier de Gaara était posé sur lui, tellement intensément que le blond frémit. Il se détourna rapidement, croisa le sourire engageant de Sakura, puis celui un peu blasé de sa meilleure amie, Ino, et enfin, le siège habituel de Sasuke qui était vide.

Le jeune homme soupira et fit de nouveau face au tableau. Jamais une journée ne s'était annoncée aussi ennuyeuse.

Plus loin dans la classe, Kushina était tranquillement assise sur le bureau du professeur, lui-même surélevé sur une petite marche. Au début, elle avait juste pensé suivre son fils pour voir comment il se débrouillait en cours, mais les leçon de leur professeur étaient tellement intéressantes ! Ça lui rappelait sa propre jeunesse au lycée où elle avait rencontré Minato.

Alors qu'elle avait le regard fixé sur les mots-clés qu'écrivait parfois Kakashi, un bruit venant de son fils la fit se retourner vivement.

Il utilisait son téléphone. En cours. Inacceptable.

Elle s'approcha de lui en flottant et regarda par-dessus son épaule pour s' apercevoir qu'il parlait avec la fameuse Temari, et qu'il lui disait qu'il sentait que le journée allait être merdique.

Elle voulut lui mettre une immense claque derrière le crâne mais sa main passa au travers.

- Bon sang ! cria-t-elle.

Naruto leva la tête en sentant comme un vent froid le traverser, mais se reconcentra sur son appareil en voyant que son prof ne semblait pas l'avoir vu. Puis le téléphone clignota discrètement, quatre fois, et deux messages s'affichèrent à l'écran :

De : Temari "Pauvre chou :) je m'ennuie aussi au cabinet. Je vais recevoir la visite d'une nana trompé par son mari -". Schéma classique"

De : Sasuke "Amène-moi les cours quand tu finis"

Naruto s'empressa de répondre le plus discrètement possible lorsque la voix de Kakashi s'éleva un peu plus sévèrement :

- Naruto. Je ne te dérange pas ?

Le jeune homme leva un doigt sans cesser de texter et répondit :

- Encore deux s'condes, s'il-vous-plaît !

Kakashi soupira. Il lança à Sakura un regard qu'elle connaissait bien, quelque chose qui devait signifier "Déléguée-san, tu nous le mets dehors ?". La jeune fille se leva de son siège à contrecoeur pour être suivie de près par Naruto qui comprenait enfin ce qui lui arrivait.

Il attrapa ses affaires, claqua volontier la porte et se dirigea vers la vie scolaire, sans attendre sa camarade qui peinait à suivre son rythme de marche rapide. À plusieurs reprises, elle ouvrit la bouche pour tenter de lancer la conversation, mais se ravisait en recevant un regard froid de Naruto. Finalement, elle dût le laisser aux soins des surveillants lorsqu'ils arrivèrent à destination.

Heureusement pour lui, c'était les heures de travail de Kotetsu et Izumo, les deux surveillants les plus laxistes que la Terre ait portés. Sans même prendre la peine de se justifier, Naruto s'assit sur l'une des chaises présentes à côté du vieux bureau en bois de la pièce. Pour lui, ça valait même mieux que de rester en cours et au moins, personne ne l'embêtait ici. Les deux adultes lui jetèrent un regard désabusé avant de retourner à leurs occupations. Ou de faire mine d'y retourner.

La journée passa très lentement. Naruto n'était retourné en cours que l'après-midi, avait mangé rapidement avec Neji et Hinata, et s'était précipité pour quitter l'établissement lorsque la sonnerie de sa dernière heure de cours avait retenti. Il attendit patiemment son bus, une bonne dizaine de minutes, avant que celui-ci n'arrive. Il descendit deux arrêts plus tôt que d'habitude, pour arriver chez Sasuke.

Il toqua brièvement, et attendit. C'est le frère aîné de son ami qui ouvrit, Itachi. Naruto fut pris de sa rougeur habituelle devant l'homme, mais réussit tout de même à demander Sasuke.

- Sasuke !

Le jeune homme descendit les escaliers rapidement, manquant de tomber, et invita son ami à entrer d'un signe de tête. Le blond s'exécuta, passa devant le salon et salua froidement le père de Sasuke. Uchiha Fugaku n'aimait pas Naruto. Il trouvait qu'il avait une mauvaise influence sur son fils. Et Naruto se plaisait à lui faire croire que oui, alors que pas vraiment.

Kushina, qui suivait son fils depuis sa sortie des cours fulminait. Viré comme un chien ! Pour qui il se prenait, le chevalier masqué, pour oser jeter son bébé dehors ? Elle fronça les sourcils en reconnaissant Fugaku, assis sur une somptueuse chaise en bois au milieu du salon. Elle soupira. Dire qu'elle n'avait même pas reconnut Itachi et Sasuke, qui étaient si jeunes au moment où elle était morte !

Puis elle eut un petit sourire narquois en se disant que Fugaku avait moins bien vieillit que Minato, et elle se souvint d'un pari qu'elle avait fait avec Uchiha Mikoto : Fugaku était plus âgé que Minato, mais elles s'étaient promis de prendre une photo des deux hommes le jour de leurs quarante ans et de comparer pour voir qui aurait le mieux vieilli. Et vu comment était parti son mari, Kushina n'avait vraiment pas à s'en faire. D'ailleurs, où était Mikoto ?

Les deux jeunes garçons montèrent ensuite à l'étage, peinant à s'empêcher de faire du bruit sur les escaliers en bois sombres de la batisse. Enfin, comme à l'habitude, Naruto se permit de souffler une fois la porte de la chambre de Sasuke fermée, coinçant sans en avoir conscience Kushina à l'extérieur.

- Ton père me les brise.

- Tu les lui brise aussi.

- Parce qu'il a commencé à me les briser.

Ils se regardèrent un moment avant que Sasuke ne lève les yeux au ciel, et que Naruto éclate de son rire habituel. Il s'installa dans le lit rond et deux places de Sasuke.

- J'ai été viré du cours de Hatake. Mais j'ai eu ceux de l'après-midi.

Sasuke s'installa près de Naruto et lui mit une claque derrière la tête. Ce dernier lui lança un regard faussement assassin et lui tendit un cahier, qu'il commença à recopier après avoir sorti une feuille, un stylo et un support.

Après un silence, Naruto déclara :

- J'ai couché avec Sakura.

Sasuke ne releva même pas les yeux. Il finit d'écrire sa phrase avant de répondre en marmonnant :

- C'était comment ?

- Affreux.

Il lâcha un petit rire, et Naruto s'en senti assez fier. Arracher à Sasuke ne serait-ce qu'un sourire était un exploit. Le brun continua :

- Qui est ta prochaine cible ?

- Gaara.

Sasuke leva le nez de son cahier. La facilité avec laquelle Naruto parlait de sa bisexualité était parfois déconcertante.

- T'es sérieux ?

- J'ai vraiment envie d'essayer.

- Tu n'y arrivera pas, répondit l'Uchiha en haussant un sourcil. Et puis, c'est pas le frère de ta meilleure amie ?

- Elle le sait. Elle a dit que ça ne la dérangeait pas tant que je n'engageais pas de sentiments. Et que ça pourrait peut-être lui permettre de se "désociopathiser".

Sasuke haussa les épaules et reprit son recopiage, en sentant tout de même ce qui allait suivre. Naruto lui demanda :

- Et toi ?

- Rien.

Froid. Sec. Cassant. Tout Sasuke, en fait.

Naruto n'insista pas.

- Sinon, pourquoi t'es pas venu aujourd'hui ?

- 'Te regarde pas.

De l'autre côté de la porte, Kushina avait l'oreille collée au battant de bois. Elle essayait du mieux qu'elle pouvait d'entendre la conversation des deux jeunes garçons. Mais rien, les voix lui parvenaient juste comme d'étrange grognements et elle ne comprenait rien.

Son fils ressorti une demi-heure plus tard, son sac sur une épaule, suivi de son ami au regard froid. Lui aussi avait bien changé depuis la dernière fois qu'elle l'avait vu. Il était un garçon adorable et plein de vie, de son vivant.

Après avoir salué Sasuke, Naruto quitta la maison, prit le bus pour deux arrêts et descendit. Il marcha encore une dizaine de minutes avant d'arriver au château Namikaze. Son père n'était pas encore arrivé, et de toute façon, ça lui importait peu. Il jeta négligemment son sac en lançant un bref bonjour à Kurenai qui s'apprêtait à partir, et prit une direction bien précise.

Il se retrouva dans la salle de jeu. Une salle qui avait été refaite uniquement pour lui. La grande fenêtre qui servait à faire entrer la lumière avait été rebouchée, de la moquette noire avait été installée, ainsi qu'un canapé en cuir déjà usé après seulement trois ans et une grande lampe halogène à la lumière bleue. Il y avait également une grande télé sur le mur du fond, face aux canapés, ainsi que de nombreuses consoles, des boîtes de jeu, vides ou pas, et un petit frigo en retrait.

Naruto adorait cette pièce. Son père n'avait pas pu la lui refuser lorsqu'il l'avait demandée.

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Minato regarda sa montre : 18h45. Il soupira. Plus qu'un quart d'heure, si les parents ne venaient pas récupérer leurs enfants en retard. Il baissa les yeux en sentant une petite main aggriper son pantalon.

- Minato, a nez qui coule.

L'homme sorti un mouchoire de sa poche, et le déposa sur le nez dégoulinant de morve du petit garçon. Tout au long de l'année qui s'était écoulée, il avait dû s'occuper du groupe des trois ans, avec ses collègues Itachi et Shisui, deux cousins très agréables. Mais Itachi avait quelque chose d'important à faire, alors Minato lui avait donné sa journée, tandis que Shisui avait appelé pour dire qu'il était cloué au lit.

Minato se retrouvait donc seul pour la journée, et même si ça n'était pas tout à fait légal, il n'avait pas eu d'autre choix. Mais avec l'été qui s'annonçait d'ici deux semaines, il ne risquait plus de manquer de personnel.

- Mouche-toi encore, Kuro, ordonna doucement le blond.

Le petit garçon s'exécuta en fermant les yeux très fort et en soufflant dans le mouchoir, sous le regard attendri de Minato.

Enfin, 19h18 arriva, et la dernière femme vint chercher son fils, en s'excusant d'être en retard, mais Minato se contenta de lui dire que ça n'était pas grave en lui offrant un sourire doux.

Puis il prit rapidement le chemin du retour, pressé de rentrer chez lui après cette journée plutôt épuisante. Il poussa la lourde porte en bois de son château trop grand et, après avoir déposé ses affaires, chercha Naruto. Le jeune homme n'était pas dans sa chambre, ni dans le salon, dans aucun des deux cabinets de toilettes et, lorsque Minato entendit l'énervante musique d'un jeu vidéo, il sut où son fils se trouvait. Il ouvrit la porte et cria par-dessus la musique :

- Guten Abend !

Naruto daigna miraculeusement tourner la tête vers son père du premier coup. Il lui fit un bref signe avant de se reconcentrer sur sa partie.

Minato soupira, et cria une nouvelle fois :

- Tu peux baisser le son ? Il faut qu'on parle !

- Hein ?

Naruto mit sa main derrière son oreille pour indiquer qu'il n'avait pas comprit. Minato soupira une nouvelle fois, s'approcha du canapé de Naruto, attrapa la télécommande et coupa le son. Une fois le calme retombé, il senti ses oreilles bourdonner quelques secondes, et finit par se lancer :

- Naruto, on peut parler ?

- Pas envie.

Les deux hommes se regardèrent dans les yeux.

- Bon, alors disons qu'il faut qu'on parle.

Naruto le regarda sans rien dire, mais en laissant volontairement transparaître son agacement.

- Quoi ?

- J'ai pris rendez-vous chez un psy.

- Quoi ?! répéta le plus jeune en écarquillant les yeux. Mais ça va pas !

- Avec Temari.

Les yeux Naruto atteignirent un nouveau stade d'étonnement. Pourquoi son père avait-il fait ça ? Et pourquoi Temari ne lui avait rien dit ?

- Je lui ai demandé de ne pas t'en parler, répondit Minato, un peu gêné.

- J'irai pas.

- Si, tu viendras. C'est important pour que les choses s'arrangent entre toi et moi.

Naruto fit claquer sa langue contre son palais. Il avait déjà eu cette discussion avec son père, et plusieurs fois même. Et ça ne se finissait jamais bien.

- Pourquoi tu veux à tout prix qu'on y aille ? demanda-t-il dans un gémissement plaintif.

- Je viens de te le dire, Liebling.

- M'appelle pas comme ça !

Minato eut un rire un peu indulgent, ce qui fit hausser un sourcil à Naruto.

- Tu n'as pas le choix, Naruto, reprit-il d'une voix douce. Si tu ne viens pas, tu auras affaire à Temari, et tu sais mieux que quiconque qu'elle peut être effrayante.

Naruto plissa les yeux en se souvenant. Oui, il était le mieux placé. Il jeta un rapide coup d'oeil à son père qui l'observait en silence. Naruto savait que même si son père se forçait à avoir l'air confiant, il redoutait sa réaction.

- J'irai pas, répéta puérilement le jeune homme.

Minato fit mine d'abandonner. Il était sûr à 90 pour cent que son fils viendrait si ça impliquait Temari, mais il avait tout de même un peu peur. Et il savait que Naruto le sentait.

- C'est comme tu veux, répondit-il calmement. Je t'attendrai au cabinet Sabaku à quinze heures, vendredi prochain.

Il voulut poser sa main sur l'épaule de Naruto qui esquiva brusquement, laissant Minato en suspension un instant. Il lui fit un sourire un peu blessé, mais partit en silence. Le plus jeune resta lui aussi un moment silencieux, le regard fixé sur la porte que son père venait d'emprunter avant de hausser les épaules et reprendre son jeu, en constatant tout de même que son personnage venait de mourir.

Quelques minutes plus tard, son père l'appela en criant d'une pièce lointaine de la maison :

- Naruto ! Tu veux quoi comme pizza ?

- Fruits de mer !

Et son père se tut. Ou alors, il devait être au téléphone pour commander.

Une vingtaine de minutes plus tard, quelqu'un frappait avec force contre la porte d'entrée. Il quitta immédiatement son jeu et courut pour aller ouvrir, mais trouva que son père y était déjà allé. Il capta les dernière bribes de conversation :

- ... Rénové. Il y a une sonnette, maintenant.

Puis il paya le repas et fit volte-face, et sursauta un peu en voyant Naruto si près.

- Je ne t'avais pas vu arriver.

Naruto lui adressa un regard presque exaspéré avant d'ouvrir les deux boîtes à pizza que son père avait en main, prendre la sienne et disparaitre dans sa chambre, pour s'installer sur son lit, allumer sa télé personnelle et manger tout en la regardant.

Une fois le ventre plein, il coupa le son et attrapa son téléphone pour composer un numéro qu'il connaissait par coeur. Après trois sonneries, l'autre déccrocha :

- Sabaku.

- Je vais te tuer, Temari !

La blonde se permit de soupirer avant de tenter de se justifier :

- Ton père m'a dit de ne pas en parler.

- Depuis quand tu écoutes ce que te dit mon père ?

- Depuis toujours ! Je te rappelle que c'est mon oncle par alliance.

Naruto marqua une légère pause :

- Mais quand même !

- Je suis désolée.

Puis un autre silence avant que Naruto ne bougonne :

- J'te pardonne...

- Merci, répondit-elle en riant un peu. Je suis libre mercredi après-midi à treize heures pour aller au centre commercial, si tu veux toujours y aller.

- Ouais. À mercredi.

- Bisoux.

Et ils raccrochèrent presque en même temps.

De l'autre côté de la maison, Kushina continuait de lire les cahiers de notes de son mari, profitant du fait qu'il mange dans le salon. Mais aucun élément ne lui permettait d'avoir plus d'indice sur qui avait pu provoquer sa mort, et elle dut s'arrêter à l'année 2004. Minato écrivait vraiment beaucoup.

Elle était quelqu'un de très franc et d'honnête, elle parlait toujours avec son coeur, et il était possible qu'elle ait déjà blessé des gens par ses mots parfois durs, mais elle ne se souvenait pas avoir dit quelque chose d'assez fort pour que quelqu'un veuille la tuer. Et puis, elle était infirmière à l'époque. Tout le monde vous aime, quand vous êtes une jolie infirmière, non ? Elle ricana en se souvenant que sa tenue de travail n'avait pas servi que pour le travail.

Et même si elle était plutôt extravertie, les gens à qui elle faisait vraiment confiance était peu nombreux : Uchiha Mikoto, Yamanaka Nadeshiko, Aburame Emi, Nara Shikaku, son cousin Sabaku Kazehaya, et son mari Minato. Peut-être savaient-ils quelque chose ? Mais comment allait-elle faire pour leur soutirer des informations ?

Elle regarda son fils, assis sur son lit. Et elle se souvint d'une chose importante qui avait renforcé son amitié avec les quelques personnes de sa ville : leurs enfants. Ils avaient tous eu un enfant pratiquement la même année. Il y avait de grandes chances pour que Naruto soit toujours ami avec certains d'entre eux. Ou du moins, elle l'espérait.

Et si ça n'était pas le cas, il faudrait que ça le devienne.

...

Le mercredi arriva assez rapidement et, après avoir rapidement rangé ses affaires, Naruto rejoint Sasuke devant leur lycée.

- Qu'est-ce que tu veux ? demanda son ami.

- Savoir si tu viens chez Neji, samedi.

- Je pense pas.

Naruto fronça les sourcils.

- Pourquoi ?

- Autre chose à faire.

Il chercha à capter le regard charbon qui semblait le fuir :

- Tu m'caches quelque chose, toi !

- Dis pas n'importe quoi.

- T'as un mec ou quoi ?

Sasuke écarquilla les yeux et mit sa main sur la bouche de son ami :

- Ne crie pas, idiot ! Et non, y'a personne.

Naruto lui fit un sourire complice, sachant qu'il avait tapé juste. Il railla Sasuke plusieurs minutes durant, cherchant à savoir qui pouvait bien être l'heureux élu. Mais l'Uchiha ne lâcha rien, pas un indice, et reprit son masque d'impassibilité tout le long du chemin. Finalement, ils arrivèrent à leur arrêt habituel, et Naruto salua son ami en lui disant qu'il sortait avec Temari aujourd'hui.

Il rejoint donc un autre arrêt, monta, et descendit devant le grand centre commercial de la ville. Il vit Temari qui l'attendait déjà, vêtue d'une longue robe vert clair qu'ils avaient achetée ensemble. Il s'approcha, elle l'embrassa sur la joue, et ils entrèrent.

- Que veux-tu acheter ? lui demanda-t-elle.

- Je... sais pas trop... C'est pour ça que je voulais que tu viennes.

Elle leva les yeux au ciel :

- Tu me laisses choisir pour toi ?

- Ouais.

Il se laissa entrainer à travers les magasins. À vrai dire, les vêtements ne l'intéressaient pas excessivement, même s'il s'efforçait de se soigner un peu. À chaque fois qu'ils venaient ici, il laissait à Temari le loisir de refaire sa garde-robe et, comme elle était passionnée, il passait par plein de styles différents : rock voire punk, classe, décontracté, street-wear, classique, et une fois même elle avait réussi à lui faire passer trois semaines avec d'horribles vêtements qui rendait difficile la détermination du sexe du propriétaire.

- C'est quel genre de soirée, ton truc ? demanda-t-elle en sortant un pantalon des rayons.

- Comme d'habitude. Un truc pas voyant, mais bien.

- Tu as une chemise grise ?

- Temari, j'ai toutes les couleurs de chemise, à cause de toi !

Elle tourna le regard vers lui et le détailla longuement. Il n'aimait pas quand elle faisait ça. Ça voulait dire qu'elle venait de trouver un vêtement original et qu'elle vérifiait pour voir si ça pouvait lui aller.

- Que dirait ton père s'il te voyait avec un jean troué juste sous les fesses ?

- Il m'arracherait la gueule.

Elle gloussa avant qu'il ne poursuive :

- Je mettrai pas de jean troué sous les fesses, Tema.

- Pourquoi pas. Même ton ami Uchiha a avoué que t'avais de belles fesses !

- Il était bourré.

- Justement, ça ne pouvait qu'être la vérité !

Il rit un peu, mais déclina la proposition de son amie. Après plusieurs autres magasins, ils quittèrent finalement le centre commercial en possession de deux T-shirt, une nouvelle chemise que Naruto trouvait affreuse, et deux jeans.

- Je te raccompagne, Liebling ?

- Tu as ta voiture ?

- Hm.

Ils se dirigèrent vers le parking et montèrent dans la voiture bleu sombre de la psychologue. Une fois les ceintures bouclées, elle se permit de demander :

- Alors, comment ça va avec Gaara ?

- Pas trop. Ça avance pas.

Elle hocha la tête pensivement.

- Il est comme ça, c'est pas de sa faute, continua-t-elle après un léger silence.

- Et toi ?

- Tu sais très bien que ma vie sociale est un néant total. Les seuls gens que je rencontre en dehors de ma famille sont des gens déprimés, seuls, trahis, ou ayant des vices dont ils ne peuvent se passer ! Mais je dis pas ça pour toi et ton père. Je sais bien que vous, c'est pas la même chose.

- Je sais vraiment pas pourquoi il a fait ça, répondit Naruto en croisant les bras. D'un seul coup, il a envie que ça s'arrange.

- Pas toi ?

- Non.

Elle se tourna deux secondes pour lui lancer un regard en coin. Minato n'avait jamais volontairement fait de mal à Naruto, et elle savait que ce dernier ne faisait aucun effort parce qu'il ne savait pas comment faire. Il avait peur. Après avoir longuement soufflé, elle se risqua :

- Ne lui en veux pas comme ça, il est très seul, tu sais.

- Je sais.

- Il ne fréquente vraiment personne ?

- Nan.

Elle hocha la tête et Naruto lui lança un regard. Ils finirent par arriver devant le château du jeune homme, non loin duquel Temari le déposa. Après quelques bisoux sur la joue pour se dire au revoir, Naruto fit volte-face et rentra chez lui. Quelle heure était-il ? Pas loin de dix-neuf heures. Minato ne devrait pas tarder, puisque c'était l'heure à laquelle il finissait.

Naruto alla dans sa chambre, balança son sac et trouva plusieurs morceaux de papiers pliés sur son lit. Il tenta de lire ce qui était écrit mais ce n'était pas en français. C'était du russe, et même s'il le comprenait un peu à l'oral, il ne savait ni le lire, ni l'écrire. Il fronça les sourcils. C'était la même chose pour son père, et Kurenai et Shizune ne parlaient pas cette langue à sa connaissance. Il s'interrogea longuement tandis que juste derrière lui, sa mère avait envie de s'arracher les cheveux.

Elle avait passé toute l'après-midi à suivre consciencieusement Minato, attendre patiemment qu'il pose son téléphone. Lorsqu'enfin il s'en était séparé, Kushina s'en était emparé, avait trouvé le numéro de Nadeshiko, Fugaku et Shikaku, puis les avait recopié, en se disant qu'elle en aurait sûrement besoin d'ici peu de temps. Et alors qu'elle allait fouiller dans l'annuaire pour savoir si ses autres anciens amis habitaient toujours dans les parages, son fils était entré sans qu'elle ne s'en rende compte, trouvant les traces de son début d'enquête.

Naruto se gratta la l'arrière de la tête, mais retira vite sa main, une sensation de froid se faisant sentir dans son coude qui avait traversé le ventre de Kushina.

Il se retourna vivement et chercha des yeux la cause, croisant un bref instant le regard de sa mère. Il n'y avait pas la même agressivité que le premier soir où elle l'avait vu. Elle n'eut pas le temps de découvrir plus de secrets renfermés par ces yeux bleus puisque la porte d'entrée s'ouvrit sur Minato avec l'air un peu fatigué.

Après quelques minutes de bruits de pas, il apparut à travers l'encadrement de la porte de la chambre de Naruto :

- Bonsoir, lança-t-il en forçant visiblement un sourire.

- 'Lut, répondit le plus jeune.

- Tu as passé une bonne journée ?

- Hm.

Il resta quelques secondes à regarder son fils dans les yeux, ayant visiblement quelque chose à dire mais finit par se détourner en secouant légèrement la tête. Naruto, insensible, leva les yeux au ciel devant l'attitude de son père.

Mais Kushina n'aimait pas ça. Et malgré son état, elle restait la mère de Naruto.

Elle profita de ce que le jeune garçon ne la regarde pas pour lui envoyer un des morceaux de papier à la figure. Il se retourna vivement, vit le papier au sol et le ramassa, en cherchant frénétiquement du regard la raison pour laquelle il lui était arrivé en pleine face. Kushina ricana un peu. Elle savait que quand il était petit, son fils avait peur des fantômes. Etait-ce toujours le cas ?

Légèrement inquiété et n'appréciant pas de rester sans réponse, Naruto quitta précipitemment la pièce et suivit presque inconsciemment son père jusqu'au salon. L'homme regarda un instant son fils, surpris qu'il apparaisse comme cela, mais se mit finalement à cuisiner, affamé.

Naruto s'assit sur la table la plus proche de la cuisine et regarda son père faire, même s'il était plus plongé dans ses pensées.

- Pourquoi tu as pris rendez-vous avec Tema ? finit-il par demander.

- Tu m'as déjà posé la question.

- Mais pourquoi elle ?

- J'ai confiance. Kazehaya lui a transmis tout son savoir alors que lui-même était l'un des meilleurs, et elle suit des études pour ça.

- Mais ce sera vraiment... Gênant ! J'veux dire, on va devoir lui raconter des trucs privés, et j'te rappelle que c'est mon amie.

- Justement, elle sait déjà plein de choses, non ?

Naruto souffla avant de répondre :

- Mais y'a quand même des choses dont on aura pas envie de parler.

Minato posa le couteaux qu'il utilisait pour couper des pommes de terre. Naruto parlait de Kushina, et il le savait très bien.

- Ne t'inquiète pas. Tout ira bien.

Il lui fit un sourire qu'il voulait bienveillant, mais qui déclencha un tic d'énervement chez Naruto. Les deux hommes restèrent silencieux le reste de la soirée, n'ayant plus rien à se dire et ayant largement assez parlé pour la semaine à venir, contrairement à leur habitude. Ils passèrent la soirée chacun dans leur coin, sous le regard affligé de Kushina.

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Vendredi arriva assez rapidement, au soulagement de Minato, ce qui eut pour effet d'exaspérer Naruto. Le jeune homme s'était forcé à ne manquer aucun cours, après que Temari l'ait presque supplié au téléphone. Il était déjà quinze heures et il savait que son père, un homme ponctuel, était sûrement déjà au cabinet Sabaku.

Il hésita longuement. Le matin, il s'était réveillé avec la ferme intention de ne pas aller à ce rendez-vous, mais sa résolution avait finalement vascillé lorsque même Sasuke lui avait conseillé d'y aller.

Il se décida finalement. Après quelques minutes de bus, il traversa le centre-ville sans traîner. Il passa devant la pharmacie et le dentiste, avant d'emprunter un vieil escalier en pierre d'extérieur, et ouvrir une porte. Il se dirigea vers le bureau d'accueil où une jeune fille semblait être au téléphone, de façon non professionnelle. Elle demanda à son interlocuteur d'attendre un instant avant de s'adresser à Naruto :

- Que puis-je pour vous ?

- J'ai un rendez-vous au nom de...

Il hésita un instant, se demandant si son père avait inscrit son propre nom de famille ou celui que Naruto avait décidé d'utiliser. Il se décida finalement :

- Namikaze.

Elle sourit en regardant dans un cahier ouvert et lui indiqua une porte qu'il poussa sans prendre la peine de frapper. Minato était déjà là, assis devant le bureau où Temari siégeait. La pièce n'était pas très grande, les murs étaient taupes, le sol en parquet clair. Il y avait un bureau en bois clair, assez moderne, pas très imposant. Deux chaises blanches et confortables étaient disposées devant, dont l'une à présent occupée par Minato.

Le plus jeune s'avança, se pencha pour faire la bise à son amie, et n'adressa qu'un grognement à son père. Une fois tout le monde rassis, Temari souffla longuement, avant de se lancer :

- Bon, je sais qu'on se connait bien, tous les trois, mais je vais essayer d'être le plus professionnel possible. Vous êtes d'accord ?

Ils hochèrent la tête. Kushina resta debout, et se pencha sur le bureau, impatiente de savoir ce qui avait bien pu se passer entre les deux hommes de sa vie.

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"15 juillet 2005 : Je suis allé consulter un psychologue aujourd'hui, sous les conseils de Fugaku. En général, je le trouve un peu froid et distant, mais finalement, j'ai décidé de suivre son conseil. Il avait vraiment l'air de s'en faire pour moi. Je suis allé voir le cousin de Kushina, Kazehaya, mais je ne pense pas que j'y retournerai.

Il a dit que ma dépression venait de la brutale disparition de Kushina, mais ça, je m'en doutais. Puis on a parlé du travail, mais je lui ai assuré que de ce côté, tout allait bien. Puis de Naruto, et il a dit qu'il faudrait peut-être que je vienne avec lui pour mieux nous cerner, mais je ne sais pas si c'est une bonne idée. Il est encore petit, et il a toujours eu un peur de Kazehaya.

Bref. On a terminé par parler de ma vie sentimentale, qui se résume en un mot : rien. Kazehaya m'a dit que cétait normal, que ça viendrait, mais qu'il ne fallait surtout pas que je me précicipite. De toutes façons, je n'ai aucune envie de me remettre en couple pour le moment."