Note 1 : Mon Dieu. J'ai publié la première partie en juillet 2014 ! Pourquoi personne ne m'a encore jeté des concombres à la figure ? Bon, voici la deuxième et dernière partie de Discoveries, ce long two-shot qui relatait les aventures de Riku et Sora étant petits ! J'avoue avoir fait pas mal de recherches sur la configuration des Îles du Destin, mais je ne peux pas assurer que ce sera parfaitement cohérent, à vous de décider.

Note 2 : Merci à Wa pour sa bêta-lecture en direct et merci à tout ceux qui on suivit cette histoire. Une mention spéciale à Wiael-sama, qui me comble de bonheur à chaque fois qu'elle m'écrit.

Crédits : Les personnages de Kingdom Hearts sont la propriété des Studios Square Enix et Disney ! Ils ne sont -hélas- pas à moi...

Sur ce, Bonne lecture et merci à tous !


Discoveries

Alors que le soleil avait maintenant disparu depuis plus d'une heure, les deux amis étaient pressés l'un contre l'autre, assis dans le creux d'une vieille souche : les nuits dans l'Île du Destin avaient le mérite d'être bien plus humides que froides, c'est pourquoi les garçons avaient retiré leurs vêtements trempés en silence pour ensuite les suspendre sur une branche en hauteur. Tandis que Riku essayait tant bien que mal de trouver quelque chose pour couvrir sa nudité parmi les feuillages alentours –nudité qu'il trouvait plus que gênante- Sora s'était lui assoupi contre l'arbre, bien décidé à dormir tout son soûl pour retrouver son chemin le lendemain.

Au bout de quelques minutes, Riku revint, maladroitement emmitouflé dans un pagne tressé qui lui donnait plus l'air d'un sac rafistolé que d'un véritable aventurier solitaire, et le châtain, les yeux à demi-clos par le sommeil, ne manqua pas de lui faire remarquer.

"—Tu ressembles à Tarzan, mais en pire…, bailla-t-il en se frottant les yeux d'une main.

Le garçon aux cheveux argent lui jeta un regard assassin, puis lui adressa un drôle de sourire.

— Moi au moins, je ne suis pas nu comme un ver. Regardes toi, on dirait un bébé."

Trop fatigué pour rétorquer, l'autre se contenta d'hausser les épaules avant de se recroqueviller, la joue appuyée sur le bois. Jamais les deux garçons ne s'étaient retrouvés aussi loin de chez eux, et encore moins dans une telle situation. Fatigués, inquiets, crottés des pieds à la tête… La tentative de taquinerie de Riku tomba à plat et celui-ci éternua bruyamment. Une belle nuit étoilée couvrait maintenant le dessus de leurs têtes, étendant son voile noir par-delà les frontières de l'île. On n'entendait plus aucun bruit et la brise emportait des senteurs d'iode venant de la plage. Tout de même, l'aventure gardait certains côtés agréables.

Assis à côté de son camarade maintenant vautré dans les bras de Morphée, l'argenté se triturait l'esprit en tous sens, espérant trouver une ingénieuse solution qui leur permettrait de sortir de ce pétrin. Ils étaient de l'autre côté de L'Ile, et la côte s'étendait sur plusieurs kilomètres : la marée leur permettrait peut- être de relier l'autre côté à la nage, là où le lagon était le moins profond ? Il fallait vérifier si cette option était possible avant que Sora ne se lève, évidemment.

Riku se glissa donc à tâtons vers le petit brun et lui étala une large feuille de cocotier qui trainait en guise de couverture, un sourire aux lèvres. Avec un peu de chance, il serait revenu avant le petit matin. Autant le laisser dormir un peu.

Lorsque le châtain se réveilla, une heure plus tard, il crût à une mauvaise blague. Les vêtements de Riku étaient toujours là mais justement Riku, lui, n'était plus là. Aucune trace de son camarade.

"— Encore plus discret que les extraterrestres de l'espace !" marmonna-t-il, la voix encore pâteuse.

Il s'étira, tournant la tête en tous sens, mais ne vit rien. Tâchant de garder son calme, il enfila ses vêtements à présent secs mais froissés, ébouriffa ses cheveux et fit le point. Il était tout seul, perdu dans la forêt avec une faim de loup, le soleil ne s'était pas levé durant sa sieste et les petits points de lumières brillant dans le ciel lui faisaient « coucou » en scintillant. Le petit garçon pencha la tête en arrière et leur offrit un joli sourire avant de fondre en larmes, sa figure trempée de mille chagrins et le ventre serré par la peur. La solitude était la chose qu'il détestait plus que tout au monde.

Une fois son torrent facial atténué, le châtain prit une profonde inspiration et décida d'une grande chose : il allait retrouver Riku coûte que coûte, car l'argenté avait sans doute besoin de lui et puis, il était un aventurier après tout ! Le garçon vaillant qu'il était ne pouvait pas abandonner ses amis sous prétexte d'une petite peur de rien du tout. Déterminé, Sora sécha ses larmes du revers de la main et pris l'initiative de constituer un petit sac à dos contenant des vivres et les habits de Riku. Pendant une heure il farfouilla dans les broussailles, cueillant de solides tiges de fougères et récupérant de minces écorces d'arbres plutôt malléables qu'il tressa entre-elles, comme il avait vu sa maman le faire auparavant lorsqu'elle allait cueillir des baies de Luppo* près du village. A cette pensée, sa gorge se serra. Sa maman devait être inquiète, il fallait absolument qu'il rentre pour prendre soin d'elle. Il redoubla donc de motivation, ignorant les échardes et les écorchures, les bleus et l'humidité, faisant tout son possible pour réussir sa petite entreprise.

Après avoir bataillé vingt-minutes pour ranger les affaires de Riku dans le sac fraîchement créé, le petit garçon parti alors en quête de nourriture, essayant tant bien que mal de se rappeler quels étaient les fruits comestibles. Il en connaissait quelques-uns et, même si les noms lui échappaient, il était sûr de pouvoir les reconnaitre à la vue… A supposer qu'il puisse voir quelque chose dans cette nuit d'un bleu agréablement dense.

De petits criquets stridulaient dans la pénombre alors que le brun entreprenait une longue marche, convaincu d'aller dans la bonne direction -ou tout du moins -essayant de ne pas penser au fait qu'il puisse se perdre plus encore. Avant de partir de son point de départ, il prit cependant soin de graver un chocobo sur l'écorce du vieil arbre, au cas où Riku repasserait par là. La végétation embaumait d'un parfum propre à la nuit, révélant des odeurs inconnues et parfumées que Sora respira à pleins poumons. Il rêvassait, s'imaginant devenir un enfant des bois vivants de fruits et de racines, courant après les papillons pour leur parler de ses voyages et de sa vie d'avant, et racontant aux fleurs ses déboires avec Riku, qui le battait toujours à la course. C'est avec un sourire qu'il vit bientôt se dresser devant lui un minuscule ruisseau -sûrement une prolongation du bassin clair de la caverne- et qu'il y rempli le creux de ses mains pour boire jusqu'à plus soif.

Rasséréné, l'aventurier aux cheveux désordonné prit ensuite la direction qui lui paraissait la plus favorable, s'arrêtant çà et là pour scruter la moindre trace de nourriture comestible. Il ne savait pas combien de temps s'était écoulé et son sac le grattait un peu bien qu'il ne s'en plaignit pas… Pourrait-il un jour retrouver Riku ? L'Argenté lui manquait cruellement dans cette situation, lui savait toujours quoi faire et, bien que cela lui tapait sur les nerfs, il fut bien obligé de reconnaitre que celui-ci avait un meilleur sens de l'orientation que lui. Absorbé dans sa marche et ses pensées, Sora sursauta lorsqu'un éclair blanc fila au loin, traversant le ciel immense en une fraction de seconde, se répandant en de multiples étincelles de couleurs, roses, or, mauves et vertes, qui illuminèrent l'atmosphère et les iris du petit garçon. C'était sublime, envoûtant.

Sora se mit à courir pour rejoindre cette lumière.

Depuis maintenant quelques heures Riku marchait, tournant et retournant de temps à autre dans sa main le coquillage qu'il avait trouvé sur la plage à cinq-cents mètres d'ici. Après avoir quitté l'endroit où lui et Sora s'étaient perdus, il avait continué d'avancer vers le nord, traversant la forêt avec plus de facilité qu'il ne l'aurait cru, et s'était retrouvé sur une gigantesque plage qui, comme il le pensait, reliait l'autre côté des Îles du Destins. Une Île dans une Île. Cela le fit rire intérieurement et il s'imaginait déjà avec Sora, construisant un radeau sur le sable, pour aller s'évader vers d'autres horizons. Il soupira. Sora… peut-être devait-il penser à retourner le chercher, maintenant. Il se passa lentement la main dans la nuque, admirant le dégradé qui se fondait doucement dans la mer, alliant le turquoise au bleu outremer. Il leva ensuite la tête vers le ciel.

Quelque chose retint soudain brusquement son attention. Un long trait de lumière se dessinant d'une façon bien particulière. Une étoile filante. Mais ce n'était pas comme les étoiles filantes qu'il avait vu auparavant, et Riku sentit un peu de bile acide remonter dans sa gorge. Elle était trop proche. Vraiment trop proche. Outre le blanc éclatant qu'elle dégageait dans le matin obscur, il y avait une chose anormale dans cette comète miniature. Derrière elle s'échappait une poussière colorée et elle filait à toute allure, comme si elle cherchait à tout prix à regagner le sol par quelques moyens magiques… L'Argenté repensa tout d'abord à la Fée Bleue de Pinocchio, Sora ayant évoqué sa légende pas plus tard qu'hier, mais il chassa très vite cette pensée et plissa les yeux pour mieux voir. Alors, dans tout l'éclat que pouvait émaner cette étoile si pure, le garçon aperçut une silhouette. Une silhouette floue, mais qui ne laissait place à aucun doute, faisant s'écarquiller ses yeux de terreur.

Une fille. Une fille tombait du ciel.

Le châtain courait, courait, si vite que même les feuilles fraîches qui fouettaient son visage ne le firent pas s'arrêter. Il sautait par-dessus les racines, enjambait habilement de petits cours d'eau qui filaient à même la terre, et pendant un instant il eut même l'impression de pouvoir s'envoler en espérant si fort de pouvoir rejoindre Riku et l'étoile filante qu'il n'aurait pas eu besoin de poussière de fée. Enfin, trempé par la rosée de l'aube qui pointait le bout de son nez, Sora sortit de la forêt.

Ses orteils passèrent inopinément de l'humus au sable doux et il s'arrêta une seconde pour scruter le paysage autour de lui, imprégnant dans sa rétine le moindre détail de cette vision enchanteresse : devant ses grands yeux ébahis s'étendait la plus belle plage du monde, ou s'embrassaient de lisses vagues tantôt vertes tantôt bleues, renvoyant l'éclat du jour dans un calme ballet d'or et d'argent. Les dizaines de coquillages qui tapissaient le sable mouillé créaient au sol une somptueuse mosaïque de teintes, variant du rouge écarlate au bleu cyan, du magenta au gris perle ou encore du violet à un blanc nitescent. Ce lieu respirait le parfum magique et sauvage de l'enfance, où chaque parcelle de terre reste à jamais vierge de tous les mauvais instants.

Les doigts de pieds encore meurtris du petit garçon émerveillé savourèrent un moment la sensation agréable du sable tiède tandis qu'il jetait des coups d'œil vers ciel en suivant du regard l'étoile filante. Elle se dirigeait maintenant droit vers un petit îlot isolé.

Celui-ci était relié à la côte par un pont en bois mince et branlant, signe d'un minimum de civilisation dans ce sublime décor sortit de nulle part. Sora se précipita donc, traversant la plage à la vitesse de la lumière dans l'espoir d'arriver là-bas avant la chute de la comète blanche. Il fallait qu'il y aille, son cœur -qui tambourinait tellement fort dans sa petite poitrine- le lui criait de toutes ses forces ! Oubliant sa raison, le châtain continua donc de courir, encore et encore… Jusqu'à se heurter à quelque chose de mou, bien que ce contact de plein fouet lui paraisse extrêmement douloureux.

"— Aiiie…, entendit-il ronchonner alors qu'il essayait tant bien que mal de se relever.

Lorsqu'il y parvint, le châtain resta bouche bée de surprise en fixant le garçon aux mèches argentées qui, pour le moment, se frottait les reins avec une moue douloureuse.

—Tu parles d'un mammouth…" se plaignit-il.

L'autre ne lui laissa pas le temps d'ouvrir à nouveau la bouche, bondissant dans ses bras en riant, lui offrant aussitôt ses plus chaudes larmes de soulagement. Riku serra son ami contre lui et fit abstraction de son dos endolori par le choc, trop heureux de retrouver le petit brun sain et sauf. Qui sait ce qui aurait pu lui arriver s'il n'était pas arrivé dans cette direction ? L'argenté dissimula cette idée et se contenta de sourire, amusé par les reniflements de Sora par-dessus son épaule.

Au bout de quelques secondes d'euphorie, les deux amis brisèrent leur étreinte. Les yeux du châtain brillaient d'une joie non contenue et il se pencha pour récupérer ses affaires éparpillées sur le sable, tendant non sans une pointe de fierté les vêtements secs de Riku qu'il venait d'extirper du sac improvisé. Son vis-à-vis les jaugea en levant un sourcil puis, apparemment satisfait de leur état, décida de les enfiler.

"— Pourquoi tu m'as laissé tout seul ? demanda Sora en regardant ses pieds alors que son camarade se débattait avec son pantalon.

—Je pensais que ça irai plus vite de trouver un chemin… Sans toi.

L'enfant aux cheveux d'étain se mordit la lèvre en prononçant le dernier mot. Bien sûr, ce n'était pas le cas, il aurait pu réveiller son ami et ils auraient alors trouvé la route du retour ensemble. La vérité, c'est qu'il avait apprécié d'être seul dans la nuit, unique au monde parmi les bruits étranges de la forêt brute. Il s'était senti ivre de liberté, allant à sa guise parmi les chemins terreux et les feuillages denses, découvrant seul le plaisir immense de pouvoir aller où il voulait sans aucune entrave. Bien sûr, il avait pensé à Sora. Mais la découverte l'avait grisé à un tel point qu'il n'avait pas voulu prendre le chemin inverse pour revenir le prévenir d'une sortie possible. Il était bien trop fier pour l'avouer, mais il en éprouvait une certaine honte.

Debout et de dos, le garçon châtain essayait de contenir ses larmes. Un léger voile passait devant ses yeux et obscurcissait sa pupille d'un bleu sombre et profond, le liquide troublant sa vue mouillée. Néanmoins il ne dit rien, se contentant d'hocher simplement la tête. Riku ne pensait pas ce qu'il disait, il en était convaincu. Cependant, ce n'était pas le fait que son ami soit parti sans lui qui le blessait ainsi : c'était que celui-ci mente en avouant une chose qu'il ne pensait pas, ne serait-ce qu'un peu. Le garçon fit mine de rien et alors que son camarade finissait de s'habiller, il se retourna, plongeant son regard dans le sien.

Riku hoqueta de surprise lorsqu'il fit soudain face à une paire de prunelles nébuleuses et intensément bleues. Il ne cilla pourtant pas en se redressant, continuant de fixer ce lac immense en espérant un jour pouvoir se noyer dedans. Il se sentait véritablement coupable, à cet instant. Plus jamais il ne l'abandonnerait. Jamais.

Alors qu'aucun d'entre eux ne disaient mot, un sifflement strident se fit entendre et ils se retournèrent d'un même mouvement. Près de l'îlot, l'étoile achevait sa chute, se rapprochant à chaque fois plus dangereusement du sol. Riku se raidit. Tout à l'heure, la vision cauchemardesque de cette fille brûlant au cœur de l'astre l'avait paralysé, et si Sora ne l'avait pas percuté de plein fouet il n'aurait sûrement pas esquissé un mouvement, la regardant se fracasser sur le sol de l'île comme un fétu de paille se brise dans un étau. L'Argenté déglutit avant de tourner la tête vers le châtain qui, lui, ne semblait pas plus perturbé que d'habitude. Ses yeux pétillaient même, et il jeta un sourire en coin à son vis-à-vis avant de s'écrier…

— On fait la course ! Le premier qui arrive là-bas a gagné !"

… Et de partir comme une flèche.

Riku éclata de rire et se lança à sa poursuite, oubliant tout d'un coup l'angoisse qui lui nouait l'estomac. Ils coururent, Sora dépassant parfois Riku, Riku dépassant parfois Sora.

Enfin, ils arrivèrent sur la petite île et Riku s'arrêta brusquement, à mi-chemin. Devant eux se dressait un arbre courbé ressemblant à un palmier, au tronc s'élargissant à la racine mais déviant au fur et à mesure vers la mer. A sa cime pendait quelques feuilles et au centre poussait un unique fruit doré, en forme d'étoile. L'argenté resta pensif un moment, n'osant pas s'approcher plus de la gigantesque source de lumière émanant de l'étoile filante. Le brun lui, n'avait pas hésité une seconde. Happé par la blancheur du phénomène, il fit un signe de la main et disparu. Le soleil était doucement monté dans le ciel et rayonnait, couvrant de son éclat orangé le spectre de la nuit. Le jeune garçon aux yeux turquoise se sentait plus que fatigué d'avoir erré toute la nuit et malgré une curiosité dévorante, il s'endormi instantanément lorsqu'il appuya sa tête contre l'arbre.

Tout était silencieux. Aucun bruit ne venait troubler l'atmosphère étrangement sereine dans laquelle Sora se trouvait, progressant à tâtons vers un corps mince. Il marcha, marcha encore et lorsqu'il fut assez près, s'arrêta. Etendue par terre, un bras replié sur sa poitrine, une petite fille respirait doucement. Son abdomen se soulevait à intervalles réguliers, comme si elle avait toujours dormi ici, et elle dégageait un tel calme que le garçon brun se sentit immédiatement apaisé.

Les yeux clos, une bouche rose et tendre à peine entrouverte et un nez minuscule composaient son visage. Elle dégageait tant de douceur, tant de lumière, que Sora en fut presque aveuglé et il remarqua avec difficulté qu'elle devait avoir à peu près son âge. Il s'agenouilla près d'elle, passa une main hésitante dans ses courts cheveux couleur de cuivre, et attendit. Comme elle ne bougeait toujours pas, il détailla ses vêtements qui, à coup sûr, ne venaient pas de ce monde. Elle était vêtue d'une petite tunique blanche aux étranges motifs violets et d'une jupe rose, ses pieds nus enfoncés dans le sable. En s'approchant encore un peu, le petit garçon put même remarquer qu'un précieux pendentif pendait à son cou, une sorte d'opaline aux reflets lumineux. Elle était vraiment jolie.

De nombreuses pensées se bousculaient à présent dans la tête de Sora. D'où venait-t-elle ? Les étoiles filantes étaient-elles un moyen de transport courant dans son monde ? Pourquoi avait-elle atterri sur les Îles du Destin ? Quand se réveillerait-t-elle ? Alors qu'il en était à se demander quelle était la couleur de ses yeux, la réponse lui apparut de la façon la plus simple qui soit. La petite fille le fixait gentiment, une main posée sur sa joue. Le châtain recula précipitamment et celle-ci se mit à rire, un rire qui secouait tout son être et illuminait ses iris bleu ciel : à ce moment le cœur de Sora se gonfla de bonheur, et il sut qu'il la protégerait pour toujours. Heureux, il lui prit la main et l'aida à se relever tandis qu'elle brossait ses habits ensablés.

"— Comment tu t'appelles ? » lui demanda-t-il en la regardant faire, subjugué.

— Kairi. Et toi ?

— Sora.

Ils n'échangèrent pas d'autres mots et sortirent du cocon éblouissant qui s'était dissipé, découvrant un autre petit garçon assoupi de façon très… étrange. Un bras sur la tête, un autre en travers du tronc et la bouche grande ouverte, il fit une impression des plus hilarante sur la dénommée Kairi, qui se plia de rire en l'observant. Sora, lui, esquissa un sourire et pointa du doigt son ami endormi.

— Ca… C'est Riku."

Une fois que l'argenté fut réveillé, chacun s'empressa de questionner la petite fille qui, toujours avec un sourire, répondait du mieux qu'elle pouvait aux questions. Elle avait perdu la mémoire et ne savait que son nom, mais cela ne dérangea pas les deux amis qui firent milles hypothèses sur sa vie antérieure et rêvèrent de milles autres mondes. Ensemble, ils traversèrent le pont, la plage, et coururent dans l'eau peu profonde afin de relier l'autre côté de la frontière. Bien sûr, arrivés à la maison, ils se firent houspiller de façon mémorable et furent privés de sortie pendant bien une semaine, mais une mère inquiète n'est jamais bien méchante et l'adorable maman de Sora leur prépara un goûter gargantuesque qu'ils n'étaient pas près d'oublier. Ensuite, Kairi fut conduite chez Monsieur le Maire, qui accepta de la loger de bon cœur.

C'est ainsi que naquit l'amitié de Riku, Kairi et Sora, les deux garçons ayant enfin trouvé une fille pour jouer la demoiselle en détresse, mais aussi une amie précieuse et sincère. Ils retournèrent souvent à la cachette secrète et jouèrent longuement, se défièrent à la course et firent des batailles d'eau, se retrouvant finalement près de l'Arbre au fruit étoile, qui curieusement, se trouva être un Arbre Paopu. Ils admirèrent enfin tous les trois le coucher du soleil, trésor des Îles du Destin.


(*) : Oui, la baie de Luppo n'existe pas. Comme le fruit Paopu est un fruit propre aux Îles du Destin, j'ai décidé de diversifier un peu la flore de l'Île. Pour l'anecdote, l'idée vient du fameux "Kuppo" répété par les Mogs, qui font d'excellents vendeurs dans 358/2 Days !

Enfin finie ! J'espère qu'elle vous aura plu et que sa fraicheur enfantine est restée intacte, malgré le grand écart de temps entre les deux écrits. Je vous fais un gros bisous et espère vous revoir très bientôt ! Ya.