Même si demain allait être difficile, ils ne pouvaient pas se résoudre à la laisser. Andréa, une force de la nature, un petit soleil à elle seule, dans ce lit d'hôpital rattacher à ses machines semblait si petite maintenant si fragile.

Miranda était venue à plusieurs reprises passer un peu de temps avec Andréa. Elle ne semblait pas pouvoir dormir alors elle passait sa nuit à passer d'une chambre à l'autre. Emily retournait au bureau accompagné de Nigel tandis que Serena restait avec Andréa.

Arrivé un peu plus tôt, Emily et Nigel organisait tout ce qu'il fallait pour cette journée avant que les bureaux ne se remplissent.

Ils se retrouvaient rapidemen et montaient dans les bureaux des patrons. Nigel passait devant la secrétaire de Irv et poussait la porte de son bureau, l'homme était concentré sur des papiers. « Excusez-moi monsieur mais nous avons besoin de vous. » Demandait Nigel tandis que la secrétaire s'excusait à profusion de ne pas avoir réussi à les retenir.

Énervé par le comportement des employés de Miranda, il fronçait les sourcils tout en croisant les mains sur son bureau. « Puis-je savoir pourquoi vous êtes rentrée sans invitation dans mon bureau ? »

Nigel se redressait et parlait fermement. « C'est à propos de de Miranda monsieur, nous aimerions que vous vous joigniez à nous tandis que nous parlons à monsieur Clark. » Sans plus de mot, ils quittaient tous les deux le bureau de Irv et se dirigeaient vers celui de Thomas Clark.

Certain d'obtenir des potins et peut-être même l'information lui permettant de se débarrasser de la femme, il suivait rapidement Nigel et Emily. Tous les trois entraient dans le bureau de monsieur Clark et s'approchaient rapidement de l'homme.

« Puis-je savoir la raison de cette invasion messieurs, dames ? » Demandait l'homme élégant derrière le bureau.

« Pardonnez-nous cette intrusion monsieur Clark mais c'est vraiment important et cela ne peut pas attendre. » Répondait rapidement Nigel tout en se rapprochant du bureau. Un signe de tête et Nigel commençait son récit.

« La presse n'a pas encore parlé de l'histoire mais vous devez savoir qu'hier Miranda, ses filles et Andréa son assistante ont été agressés dans la rue. » Un halètement quittait la bouche des deux hommes. Ils ne s'attendaient certainement pas à cela. « Il a tenté de les voler avant de vouloir s'en prendre aux filles de Miranda. » Une main se plaçait sur leur bouche. « Andréa s'est interposée pour les protéger et elle a été gravement blessée. Les médecins ignorent si elle va survivre à ses blessures, Miranda et les filles sont choqués. Tout le monde est au presbytérien sous la surveillance des médecins. »

Irv portait une main à sa tête. « Oh mon Dieu ! » Soupirait-il d'effroi. « Peut-on faire quelque chose pour les aider ? » Demandait-il rapidement.

Nigel et Emily étaient surpris par sa demande. L'homme avait un cœur après tout. « Miranda reste près de ses enfants et Emily, Serena et moi somme là pour Andy. Miranda s'est assurée que Andréa obtiendrait les meilleurs soins et nous l'aidons en ce qui concerne Runway. »

Irv hochait la tête silencieusement la tête, pendant qu'il réfléchissait. « Bien, puisque nous ne puissions rien faire pour elles, je peux au moins vous fournir l'aide pour le travail afin que cela soit une charge moins importante sur les épaules de Miranda. » Il regardait Nigel sérieusement. « Nous ferons venir deux personnes pour vous aider dans le département d'art et une assistante. » Voyant les yeux de l'homme s'élargir, Irv souriait légèrement. « J'imagine que Miranda vous a demandé de la remplacer au bureau et à l'extérieur ?! » Au hochement de tête de Nigel, Irv respirait profondément. « Je vous apporterais mon aide et même si nous ne nous entendons pas bien, je sais combien la famille est importante. Je vais vous laisser et organiser tout ce qu'il faut pour que vous obteniez l'aide rapidement. Messieurs, Dames. » Sans plus de mot il quittait le bureau.

Emily et Nigel étaient choqués pendant un moment. Thomas avait eu vent de la vendetta de Irv contre Miranda à Paris et il avait fait part à l'homme de son mécontentement face à ses agissements. Miranda était un atout pour ce magasin et plus encore pour l'industrie Elias-Clark. « Ne soyez pas si surpris, bien qu'il soit un requin en ce qui concerne le travail, Irv est un homme au cœur lorsqu'il s'agit de la famille. » Les deux hochaient simplement la tête. « J'ai appris son comportement à Paris et je l'ai informé de mon mécontentement à propos de cela. Il ne tentera rien contre Miranda et il n'utilisera certainement pas cette tragédie pour la remplacer. » Emily et Nigel soupiraient e soulagement. « Vous me contacterez directement pour tout problème que vous pourriez rencontrer et toute demande faite par Miranda qui vous paraîtrait impossible. » Les deux acquiesçaient bêtement, ils avaient espéré obtenir de l'aide mais certainement pas autant de soutien. Malgré sa terrible réputation, Miranda pouvait faire naître un tel respect chez les gens. Thomas tendait une carte à Nigel. « Voici mon numéro personnel, je compte sur vous pour le garder pour vous et ne le transmettre seulement à Miranda. » Ils hochaient rapidement la tête. « Bien je vais m'occuper de la presse et de sécuriser l'hôpital. » Il s'installait à son bureau et attrapait son téléphone.

Nigel et Emily allaient quitter le bureau de monsieur Clark, seulement Nigel faisait signe à Emily de partir devant, il la rejoindrait après. Fermant la porte derrière la rouquine, Nigel s'approchait timidement du bureau. « Puis-je vous faire part d'un sujet privé ? » Demandait-il nerveusement.

Surpris, Thomas reposait le téléphone et faisait signe à l'homme chauve de prendre place sur la chaise devant son bureau.

Nigel se frottait la tête avant d'inspirer profondément. « Nous sommes trois à l'avoir remarqué et maintenant cela est évident, . . . » Il avait peur de faire une erreur mais si le dévouement de cet homme pour son amie était sincère alors son aide serait plus que grande. « Miranda et Andréa sont amoureuses l'une de l'autre ! » Il retenait son souffle à la surprise de l'homme, après un long moment de silence, il décidait de continuer. « Maintenant que Miranda a failli perdre Andy, je suis certain qu'elle saisira la chance d'obtenir son cœur. Je ne doute pas que Six lui rendra son amour, elle s'est glissée avec amour et patiente dans la famille Priestly et elles ont peur de la perdre. »

Thomas absorbait toutes ses nouvelles informations. Il avait rencontré la jeune femme et il avait été surpris de voir un rayon de soleil dans les couloirs de Runway. Andréa n'appartenait pas au monde de la mode, même après son relooking elle se démarquait toujours, pourtant elle était un souffle d'air fraie, un rayon de soleil dans les couloirs sombres et ternes du magazine. Elle avait apporté avec sa gentillesse, sa douceur et sa chaleur à toute personne qu'elle rencontrait et offrait ses sourires à qui regardait. Mais savoir que la jeune femme avait réussi à atteindre le cœur du dragon était surprenant, car même si Miranda en privé n'était pas toutes ses choses que l'on disait d'elle, à Runway la rédactrice en chef était la dragonne lady, le diable en Prada et autre encore. « Il n'y a rien qui interdit leur relation et elles ont toujours fait preuve de professionnalisme ?! »

Nigel acquiesçait vivement. « En effet monsieur, elles n'entretiennent aucune relation romantique pour le moment mais je tenais à vous informer de la grande probabilité que si, . . . » Une boule se formait dans sa gorge, il se forçait à l'avaler et à continuer. « Si Andréa survivait alors je suis certain qu'elles quitteraient cet hôpital ensemble. »

Thomas soupirait à la précarité de la situation. La vie de la jeune femme était encore sur le fil du rasoir et tout pouvait mal finir. « Si cela arrive alors nous ferons ce qu'il faut pour que cette relation soit reconnue et protégée, que ce soit dans leur travail que dans les journaux si cela venait à se savoir avant qu'elles ne le partagent. »

Nigel se levait et serrait vivement la main de l'homme. Un poids était enlevé de ses épaules et il souriait de soulagement. « Merci, merci beaucoup monsieur. » Sans plus de mot il quittait le bureau et allait s'occuper de son travail.

À l'hôpital, Miranda arpentait nerveusement la chambre de ses filles. Le docteur devait venir les examiner et décider si elles pouvaient rentrer à maison ou rester un peu plus. James comprenait la nervosité de son ex-femme, elle voulait que les filles rentrent à la maison et puissent se reposer dans un endroit sûr, mais elle ne voulait pas quitter Andréa non plus et il savait qu'elle était probablement déchirée par ses désirs.

Les filles étaient réveillées depuis un moment et elles regardaient leur mère attentivement. « Miranda vient t'assoir ?! » Demandait-il doucement. Surprise par le bruit, la femme aux cheveux blancs se retournait vivement et regardait l'homme avant de tomber sur les yeux bleus inquiets de ses filles. Elle s'installait sur la chaise à côté du lit et posait son bras sur ses bébés. « J'aimerais que tu me laisses ramener les filles chez moi où chez toi si c'est ce que veulent les filles. Je les garderais pour que tu puisses rester et veiller sur Andréa. » Offrait-il sincèrement.

Miranda était surprise par son offre et plus encore par son désir de l'aider, seulement avant qu'elle ne puisse répondre, Cassidy criait dans la chambre. « NON ! Je ne pars pas sans Andy ! » Des larmes emplissaient ses yeux et elle se débattait dans le lit.

Miranda se redressait et tentait de retenir sa fille qui luttait farouchement. « Cassidy ! » Mais la petite rouquine secouait vigoureusement la tête et tentait de s'extirper de l'étreinte de sa mère.

« Je ne pars pas sans Andy ! » Criait-elle tandis que les larmes roulaient sur ses joues.

Miranda attrapait fermement les épaules de sa fille et la bloquait dans le lit. « CASSIDY ! » S'écriait-elle surprenant tout le monde dans la chambre car elle n'avait jamais haussé la voix. Figé, la petite regardait sa mère avec de grands yeux effrayés et tristes. Miranda relâchait sa prise sur sa fille et caressait tendrement son front. « Tu ne peux pas rester avec Andréa ! » Un sanglot déchirait la gorge de son enfant. « Ses, . . . Ses blessures sont graves et les médecins ne savent pas si elle va vivre. » Les filles pleuraient fort maintenant.

« Elle a promis de rester avec moi ! » Murmurait faiblement Cassidy le cœur brisé.

Des larmes roulaient maintenant sur les joues de la rédactrice en chef. « Je sais bébé, je sais et elle se bat très fort pour tenir cette promesse ! » Elle tirait son enfant dans ses bras et l'installait sur ses genoux tout en s'asseyant sur la chaise. Elle berçait doucement Cassidy qui sanglotait dans sa poitrine. « Tu ne peux pas la voir comme ça, pas dans cet état et je sais qu'Andréa ne le voudrait pas non plus. Elle voudrait que vous vous rappeliez son beau et grand sourire, ses beaux yeux bruns si chaleureux, sa gentillesse et sa tendresse ! » Cassidy tenait sa mère un peu plus fort. « Il faut croire qu'elle ira mieux et qu'elle nous reviendra très vite. »

« Tu resteras tout le temps avec elle ? » Demandait timidement Caroline qui était dans les bras de son père. « Tu ne la laisseras pas toute seule ? »

Cassidy relevait la tête et regardait sa mère. « Tu promets de veiller sur elle et de lui dire qu'on l'aime et qu'on l'attend ? » Suppliait-elle.

« Je promets ! » Répondait-elle fermement. « Vous resterez avec votre père et je veillerais sur Andréa. Vous pourrez m'appeler et m'envoyer des messages chaque fois que vous le voudrez et lorsque Andréa ira mieux vous pourrez venir la voir. »

Les pleurs de Caroline avaient cessé, elle regardait son père. « On veut rester à la maison de ville, on veut être le plus près d'Andy ! » Il hochait silencieusement la tête.

Ils étaient tous à nouveau silencieux dans la chambre avant d'être interrompu par un coup à la porte.

Le docteur examinait les filles et les autorisait à rentrer à la maison. Il préconisait qu'elles soient suivies par la suite par un psychologue pour parler de ce qui s'était passé. Avec des adieux déchirants et beaucoup de larmes, les filles disaient aurevoir à leur mère et rentraient à la maison avec James et Roy. Cara avait été informé de ce qui s'était passé et elle avait offert d'aider James pour prendre soin des filles pendant l'absence de Miranda.

La rédactrice en chef avait déménagé dans la chambre d'Andréa ou se trouvait toujours Serena. Elles travaillaient silencieusement et veillaient sur la jeune femme toujours dans le coma. Le travail était tout ce qui leur permettait de tenir et de ne pas s'effondrer.

Miranda recevait de nombreux textos de ses filles durant la journée. Au lieu d'être frustré par l'interruption constante de son travail, elle sentait la chaleur emplir son cœur car elle savait que ses filles aimaient de tout leur cœur Andréa et elles avaient peur pour elle.

Régulièrement une infirmière où le docteur venait vérifier l'état d'Andréa mais tout ce qu'elle obtenait à chaque fois était que son état était stable. Elle n'allait pas mieux, mais elle n'allait pas plus mal non plus et le docteur disait que c'était cela le plus important à retenir car ce qu'ils redoutaient le plus pour le moment était que son état s'aggrave.

En fin d'après-midi, il y avait eu un peu d'agitation car avec les ordres de William, un lit avait été apporté pour que Miranda puisse s'y reposer. Roy avait apporté un sac préparé par Cara avec plus de vêtements et de quoi faire la literie du lit prévu pour elle. Du café et de la nourriture avait été apporter pour les deux femmes pendant la journée et après 20 heures, Nigel et Emily entraient finalement dans la chambre d'Andréa.

Ils informaient Miranda et Serena de leur discussion avec Irv et Thomas, elles étaient toutes les deux surprises par les nouvelles et touchées par leurs actions. Miranda était heureuse de savoir qu'un poids énorme avait été retiré de ses épaules ainsi que la crainte de problème lorsqu'elle quitterait cet endroit avec Andréa. Même si l'avenir était incertain, elle était certaine que sa forte Andréa guérirait.

Après 22 heures, ils quittaient tous les trois l'hôpital, Miranda n'était pas certaine de pouvoir dormir alors elle c'était concentré sur l'édition du livre envoyé sur son ordinateur. Lorsque son travail était terminé, elle s'installait près du lit d'Andréa et regardait la jeune femme pendant un moment tout en lui tenant la main. Elle lui parlait de sa vie, de la façon dont elle était devenu Rédactrice en chef et tout ce qui lui passait par la tête.

Finalement à 4 heures du matin elle décidait de dormir un peu parce qu'elle serait inutile à Andréa lorsque celle-ci se réveillerait si elle s'écroulait d'épuisement. Elle était certaine que la jeune femme s'inquièterait et cela ne serait pas bon pour elle. Malgré le fait que le lit soit inconfortable, elle c'était finalement endormie après avoir fouillé dans le sac que Nigel avait apporté pour Andréa. Miranda avait pris un t-shirt appartenant à la jeune femme qui portait son odeur.

Le lendemain se passait de la même façon, cette fois-ci c'était Emily qui restait avec elle et les deux femmes travaillaient silencieusement ou restaient près d'Andréa en lui tenant la main. L'état d'Andréa ne changeait pas et à la fin de la journée tout le monde se retrouvait dans la chambre d'hôpital. Ils partageaient la journée de travail avec Miranda et Emily. Ils parlaient de différentes anecdotes a propos de leur douce amie et finalement se quittaient vers 22 heures.

Miranda se couchait à nouveau autour de 4 heures du matin avec le vêtement d'Andréa pour la réconforter.

Le troisième jour tout allait en enfer. Dans la matinée, alors que Miranda était au téléphone avec Nigel pour parler de la séance photo de l'après-midi, les appareils de la chambre se mettaient tout à coup à sonner dans un vacarme assourdissant. Miranda s'était figée et avait vu les infirmières et le médecin entrer précipitamment dans la chambre. Après un bref examen d'Andréa, son lit était emmené rapidement hors de la pièce et le silence était assourdissant.

Miranda était figée dans le coin de la pièce où elle avait été poussée par un infirmier et elle était maintenant seule. Nigel qui avait été en ligne tout le temps, avait appelé les filles et c'étaient précipité à l'hôpital. Malgré ses nombreux appels du nom de Miranda à travers le téléphone, il n'avait obtenu aucune réponse.

Terrifiés, ils couraient jusqu'à la chambre de leur amie pour trouver la rédactrice en chef pétrifié sur place. Une infirmière tentait de la faire réagir mais en vain.

Nigel s'approchait prudemment des deux femmes. « Que s'est-il passé ? » Sa voix était petite mais nerveuse.

L'infirmière se retournait rapidement vers lui tout en soupirant de soulagement. « Le docteur à dû emmener Andy d'urgence au bloc opératoire et Miranda semble être en état de choc. » Informait-elle tout en regardant la femme aux cheveux blancs avec sympathie.

Nigel se frottait la tête dans la crainte. « Pourquoi l'emmener au bloc ? » Demandait-il avec peur. Emily et Serena s'étaient rapprochés et écoutaient la discussion avec appréhension.

« Ces constantes se sont effondrées et elle ne respirait pratiquement plus. » Ils portaient tous une main à leur bouche dans l'effroi. « Le docteur viendra vous en dire plus lorsqu'elle le pourra. » Sans plus de mot, elle laissait la femme aux soins de ses amis.

Nigel menait doucement Miranda jusqu'à une chaise et s'agenouillait devant elle après l'avoir fait assoir. « Andréa est entre de bonnes mains Miranda. Elle va s'en sortir. » Il s'accrochait aux mains tremblantes de la rédactrice et espérait la faire revenir vers lui. Cela était vain, Miranda regardait toujours dans le vide devant elle et ne réagissait pas à ce qui l'entourait.

Trois heures passaient dans cette attente insupportable, ils faisaient le tour de la pièce à tour de rôle à part Miranda qui n'avait pas bougé d'un centimètre. La porte de la chambre s'ouvrait et le docteur Gilberty entrait dans la chambre. Elle regardait les trois amis de sa patiente qui étaient arrivés puis son regard se fixait sur la femme aux cheveux blancs.

Elle s'agenouillait devant elle et posait sa main sur celles jointes de Miranda. « Elle est toujours vivante. » Sa voix était douce mais forte en même. Une larme roulait sur la joue de la rédactrice avant qu'elle ne ferme les yeux et ne laisse échapper un sanglot. Lucie laissait le temps à la femme de se composer à nouveau avant de parler à nouveau.

Un énorme poids venait d'être retiré de son cœur, elle avait tellement cru qu'elle venait de perdre Andréa. Elle s'était sentie engourdie et elle c'était réfugier dans un endroit sûr en elle. Elle ignorait si elle aurait pu supporter la mort d'Andréa. Comment aurait-elle annoncé à ses filles qu'elles avaient perdu l'une des rares personnes qui les aimait vraiment ? Comment envisager de vivre sans le sourire chaleureux et éblouissant de la jeune femme ?

C'était impossible et Miranda le savait alors elle c'était replier loin du monde et de l'horrible vérité.

Voyant que la femme reprenait peu à peu le contrôle de ses émotions, le docteur se relevait et attendait de plonger dans ce regard bleu glacial. Une fois qu'elle avait la complète attention de Miranda, Lucie parlait de nouveau. « Elle a fait un collapsus du poumon, nous avons agi très vite et put éviter tout dommage irréparable. Bien que j'aurais aimé que Andy ne nous effraye pas ainsi, j'ai de bonnes nouvelles. » Le regard de chacun s'illuminait et encore plus celui de la femme royale. « Andy respire toute seule. » La surprise était sur chacun de leurs visages mais c'était encore plus grand sur celui de Miranda.

La vieille femme se levait de la chaise et s'approchait du médecin lentement. « Elle n'est plus sous respirateur ?! » Lucie pouvait voir la réalisation ces mots illuminer les yeux bleus de la femme. « Vous, vous allez . . . » elle ne pouvait pas terminer sa phrase.

Lucie souriait chaleureusement à la rédactrice en chef. « En effet, nous allons cesser de lui donner des tranquillisants. » Un hochet résonnait dans la pièce. Miranda portait une main à sa bouche et le docteur était surprise de voir un éclat d'espoir brillé dans ses yeux. « Il se peut qu'elle ne sorte pas immédiatement du coma. Son corps a subi de nombreux traumatismes et il est encore très affaibli. Le sommeil est le meilleur moyen de guérir, mais comme je l'ai déjà dit Andy est forte et combative. »

Une réalisation se faisait soudain dans l'esprit de Miranda et une larme roulait sur sa joue. « Elle va vivre ! » Murmurait-elle de peur de briser son espoir.

« Malgré ce qui vient de se passer, tout semble indiquer qu'elle guérit bien et en effet je ne pense plus que sa vie soit en danger, même si elle reste sous étroite surveillance. » Informait le médecin.

« Merci ! » le doux mot était parlé avec tant de conviction que Lucie regardait Miranda avec surprise. Pourtant le moment était brisé lorsque la porte de la chambre s'ouvrait et que le lit d'Andréa était poussé à l'intérieur.

Une fois tout installé, Miranda s'approchait de la petite brune et déposait un doux baiser sur sa tempe. « Tu es une combattante Andréa. » Elle se penchait à son oreille et murmurait. « Merci d'être resté ! Merci de ne pas m'avoir quitté. » Un autre baiser sur sa joue et elle s'asseyait sur la chaise près du lit tout en attrapant la main d'Andy.

Le calme revenait peu à peu dans la chambre et chacun réalisait lentement que la vie de leur amie n'était plus en danger. Andréa était forte et très déterminée et il était certain que c'était pour cette raison qu'elle était toujours là.

Nigel respirait profondément avant de prendre la parole. « J'ai appelé les parents d'Andréa et ils sont en route. » Tout le monde relevait la tête et le regardait mais c'était Emily qui parlait la première.

« Tu as fait quoi ?! » Criait-elle. « Je t'avais dit de ne pas les appeler, . . . » Elle était folle de rage.

Nigel se levait et malgré le fait qu'il était bien plus petit que la jeune femme, il se tenait fermement devant elle. « Ce sont ses parents, ils ont le droit de savoir ce qui se passe ! » Sa voix était sérieuse et dure.

« Pourquoi vous ne les avez pas appelés plus tôt ? » Demandait calmement Miranda.

Nigel et Emily se tournaient rapidement vers la femme et la regardaient avec de grands yeux, pendant un instant ils avaient oublié où ils se trouvaient et qui était avec eux. Emily croisait les bras sur sa poitrine et son regard se durcissait tandis qu'elle regardait le pauvre homme. « Parce qu'ils ont renié leur fille et lui ont fait beaucoup de mal. »

Miranda fronçait les sourcils et commençait à pincer les lèvres. Nigel soupirait lourdement tout en se frottant le crâne. Il prenait place sur une chaise et respirait profondément un moment avant de commencer à expliquer la situation. « Alors qu'Andréa grandissait dans son travail à Runway, sa vie personnelle c'est lentement effondré. » Il fermait les yeux tandis que les souvenirs de cette époque refaisaient surface. « Son petit ami la harcelait parce qu'il ne supportait qu'elle veuille réussir et avoir une grande carrière plutôt que de s'occuper de lui. »

Miranda soupirait lourdement. « Les hommes ! » Emily et Serena hochaient silencieusement la tête en accord avec ses mots et Nigel se raclait la gorge tout en fronçant les sourcils. Miranda lui souriait doucement. « Ce n'est pas pareil mon ami, tu es spécial. » Un grand sourire répondait à ses mots.

Après une profonde inspiration, Nigel continuait son récit. « Quoi qu'il en soit, ses amis ont soutenu le cuisinier et ont rendu la vie d'Andy plus difficile. »

Une réalisation se faisait et Miranda le regardait avec de grands yeux. « Paris. » Se contentait-elle de dire.

Nigel acquiesçait silencieusement un instant avant de préciser. « Bien sûr elle avait été choquée par tout ce qui s'était passé et tes actions mais, ce n'était pas seulement pour ces raisons qu'elle c'était éloigné à ce moment. » Il regardait sa douce amie inconsciente dans ce lit, elle semblait si petite et fragile. Beaucoup de gens ne voyaient que les beaux et lumineux sourires, la femme gentille, attentionné, chaleureuse et toujours pleine de vie. Pourtant personne ne réalisait combien elle était sensible et fragile, il était facile aux gens de blesser son cœur et personne ne se rendait compte lorsqu'elle souffrait en silence.

« Le cuisinier lui avait posé un ultimatum avant de partir pour Paris. » Miranda serrait de plus en plus les lèvres dans la colère. « Il avait accepté un travail à Boston et lui avait dit que soit elle l'accompagnait et ils réparaient leurs relations, soit elle restait à New York et c'était fini. »

Emily reniflait se colère. « Bon débarras, c'était un abruti et il ne la méritait pas. »

Nigel hochait la tête avant de continuer. « Elle n'était pas si triste de leur séparation, elle l'était un peu mais elle m'a dit qu'un écart c'était peu à peu creusé entre eux. Elle grandissait et pas lui. Ce qui l'a beaucoup blessé, étaient ses amis, ils ont pris parti pour le cuisinier et lorsqu'ils se sont séparés, ses amis l'ont abandonné aussi. »

« Ce ne sont pas des amis ! » Rugissait Serena à la surprise de tous. Elle avait les poings serrés et la colère brillait dans ses yeux. « De vrais amis restent même lorsque les choses sont compliquées et difficiles. » Emily prenait la main de sa petite amie qui s'apaisait immédiatement. « Nous somme ses amis ! »

« Oui, nous le sommes ! » Répondait Emily avant de l'embrasser tendrement.

« Tout cela s'est passé avant Paris ! » Expliquait Nigel. Miranda était choquée par tout ce qu'elle entendait, elle ne s'était pas rendu compte de la tourmente dans laquelle se trouvait Andréa. « Ses parents étaient également en colère contre elle. Ils la poussaient à retourner auprès du cuisinier et de quitter Runway. Ils l'ont harcelé pendant plusieurs semaines après son retour de Paris pour qu'elle suive le cuisinier et revienne sur le droit chemin. » Il ne pouvait pas dire la suite, il savait combien cela allait briser le cœur de Miranda.

La femme aux cheveux blancs attendait la suite de l'histoire, elle pouvait dire que ce n'était pas la seule raison pour laquelle ils avaient renié leur fille. Elle les regardait baisser les yeux, ainsi que leurs épaules dans la défaite. « Dis-moi, je veux tout savoir ! » Exigeait-elle.

« Au bout d'un moment, . . . » Nigel la regardait droit dans les yeux tout en se redressant. « Andréa en avait assez, elle avait pris le temps de réfléchir à sa vie, à ces sentiments et elle a fini par parler ouvertement à ses parents. » Il était si fier du courage de sa Six. « Elle leur a expliqué qu'elle aimait la personne qu'elle était devenue et qu'elle était plus forte aujourd'hui. Elle a tenté de leur expliquer pourquoi les choses ne marchaient plus entre elle et le cuisinier mais ils ne l'écoutaient pas. » Il respirait profondément. « Elle leur a expliqué qu'elle avait des sentiments pour une femme et que c'était la raison pour laquelle elle ne retournerait pas avec Nate. Elle leur a dit que ces sentiments pour la femme étaient bien plus profonds que ce qu'elle n'avait jamais éprouvé pour le cuisinier. »

Les yeux de Miranda s'élargissaient de surprise et intérieurement elle pouvait sentir une étincelle d'espoir qu'elle était cette femme qui avait réussi à capturer le cœur d'Andréa.

« Ses parents ne l'ont pas bien pris ! » Expliquait Nigel qui voyait les yeux de Miranda briller d'un nouvel espoir.

Emily reniflait de dégoût. « C'est un euphémisme ! » Elle attrapait l'autre main d'Andréa et caressait doucement ses cheveux. « Elle était censée me retrouver pour m'aider à acheter un bijou pour Serena. On avait prévu de se retrouver devant Runway, seulement elle n'est pas venue et elle ne répondait pas à son téléphone. » Une larme roulait sur la joue d'Emily. « Je suis allé chez elle et j'ai frappé mais elle ne répondait pas. Après un moment j'ai décidé d'entrer lorsque j'ai entendu son portable sonné à l'intérieur. » Emily regardait Miranda dans les yeux. « Elle était blottie dans un coin de la salle en pleurs. Je l'ai rejointe et prise dans mes bras. » Des larmes emplissaient les yeux d'Emily et elle regardait son patron avec tant de désespoir. « Tu sais, tout le monde dit qu'Andy a le pouvoir d'illuminer la journée autant que le soleil mais elle peut aussi te briser le cœur rien qu'en partageant sa douleur. » Elle effaçait une larme qui roulait sur sa joue.

« Après plusieurs heures, elle avait finalement cessé de pleurer et elle dormait sur le sol, la tête posée sur mes cuisses. » Emily regardait la belle Andréa avec incrédulité. « Elle est la seule qui ai réussie à me faire rester assise au sol pour la réconforter ! » Les autres gloussaient légèrement. « Je l'ai finalement réveillé et on s'est assise sur son canapé. Elle m'a dit tous les horribles mots et noms qu'ils lui avaient dits. Comment des parents peuvent même penser cela de leur enfant ?! Comment peuvent-ils dire de telles choses ?! » Elle secouait la tête dans la stupéfaction et l'incrédulité.

Miranda fronçait les sourcils, elle bouillait de rage pour le mal que ces gens avaient causé à son Andréa. « Qu'ont-ils dit ? »

Emily relevait la tête et regardait son patron attentivement. « J'ai promis à Andréa de ne jamais prononcer ces mots à quelques d'autre et je ne romprais pas cette promesse, même pour vous Miranda. » La rédactrice en chef était stupéfaite par les mots de la rouquine, elle réalisait maintenant que la loyauté d'Emily envers Andréa et leur amitié étaient plus grandes encore que sa loyauté pour elle. Au lieu de se sentir fâché, elle était heureuse de la fidélité de la jeune femme et son dévouement. « Tout ce que je peux vous dire c'est que ce qui ressortait de tout cela était qu'elle était devenue une personne qu'ils ne connaissaient plus, qu'elle devenait une abomination et qu'elle n'était plus leur enfant. »

« Comment osent-ils parler ainsi d'Andréa et la traiter de façon si déplorable ?! » Rugissait Miranda à la surprise de tout le monde. Sa voix de la femme était exceptionnellement mais forte et si féroce.

Emily se plaçait devant la rédactrice en chef et croisait les bras. « Je ne voulais pas que Nigel les prévienne parce qu'ils ne méritent pas d'être là et qu'ils feront plus de mal que de bien une fois qu'Andy se réveillera, mais aussi . . . » Elle tournait la tête et jetait un regard sale vers l'homme avant de revenir sur la femme aux cheveux blancs. « Ils vous jugent coupable du changement d'Andréa, après tout elle a vendu son âme au diable ! »

Un halètement de stupéfaction quittait la bouche de Nigel et Serena aux mots d'Emily. Miranda quant à elle souriait d'amusement et ses yeux luisaient de méfait.

Emily soupirait de lassitude. « Je sais qu'ils vont nous chasser d'ici et nous empêcher d'approcher Andy à nouveau tant qu'elle est inconsciente. » Elle retournait près de Serena et se blottissait dans les bras accueillant de sa petite amie. « Ils nous jugent aussi coupable que toi et ils ne permettront à aucun de nous d'être près d'elle. » Une larme roulait sur sa joue avant qu'elle ne cache son visage dans cou de Serena.

Miranda réalisait finalement ce que l'arrivée des parents d'Andréa signifiait et le désespoir grandissait à cela. Elle savait que si les parents d'Andréa exigeaient leur départ, elle ne pourrait rien faire et devrait se conformer. Même William aurait les mains liées et ne pourrait pas l'aider.

Nigel qui remarquait le regard perdu et effrayé de Miranda se levait et allait jusqu'à la femme. Il se penchait à son oreille et murmurait doucement. « Ne t'en fait pas, personne ne t'emmènera loin d'elle. » Se reculant et regardant dans les yeux surpris de la femme, il ajoutait. « Je te le promets ! » Une étincelle d'espoir brillait dans ses yeux bleus glacés avant d'être masqué à nouveau.

Sans plus de mot, il quittait la chambre et allait s'occuper de ce petit problème avant que les nouveaux arrivant ne soient là.

Personne n'était prêt à quitter Andréa et tous passaient la nuit dans la chambre de la jeune femme. Le docteur Gilberty était venu vérifier Andy et était satisfaite de l'état de la jeune femme, elle avait également informé les autres que les médicaments qui la gardaient inconsciente avaient maintenant presque complètement disparu de son organisme et que c'était à Andréa de se réveiller.

Ils ne pouvaient pas s'en empêcher, ils espéraient qu'elle ouvrirait enfin les yeux et leur donnent se sourire éblouissant dont elle avait le secret. Mais seulement une semaine s'était passée depuis l'agression et son corps avait subi beaucoup de traumatisme et il faudrait probablement plus de temps pour qu'elle se réveille.

La nuit avait été longue et pourtant trop courte également. Selon les informations qu'il avait reçu des parents d'Andréa, Nigel savait qu'ils arriveraient très bientôt à New York et ils accourraient certainement directement à l'hôpital. La tension était palpable dans la pièce et le silence pesant. Miranda n'avait pas bougé de la chaise près du lit d'Andréa, ni lâché la main de la jeune femme. Les filles échangeaient leur place à tour de rôle et tenaient l'autre main d'Andréa à chaque fois.

Leurs attentes n'étaient certainement pas déçues, car lorsque les parents d'Andréa entraient dans la chambre de leur fille, le drame commençait.

Richard et Elisabeth entraient dans la chambre de leur fille et la première qu'ils voyaient fut les quatre personnes présentes. Ils étaient responsables du changement chez leur fille et aussi de son éloignement, lorsque le regard de Richard tombait sur Miranda, la rage emplissait ses yeux. « Vous n'avez pas le droit d'être ici ! » Hurlait-il de colère, Elisabeth tentait de calmer un peu pour l'amour de leur fille allongé sur ce lit. « Je veux que vous quittiez cette pièce, tous ! » Ordonnait-il en regardant tout le monde. « Si vous ne le faite pas, je vais demander que la sécurité vous sorte de force de cette chambre. »

Miranda ne bougeait pas, elle ne semblait même pas affectée par cris et les mouvements brusques de l'homme. Elle pouvait dire, malgré ses gestes vifs et ses hurlements qu'il ne lèverait pas la main sur elle. Même si l'homme avait si vilement blessé sa fille, Miranda pouvait voir qu'il n'était pas un homme à lever la main sur les autres et encore moins sur une femme. Redressant le menton et prenant son expression la plus glacée, elle s'accrochait fermement à la main d'Andréa et s'installait plus profondément dans son fauteuil.

Elisabeth était stupéfaite par le comportement de la femme aux cheveux blancs, elle savait qu'elle était Miranda Priestly. Après que sa fille est commencée à travailler pour elle et surtout se plaindre de la difficulté de son travail, elle avait fait quelques recherches sur la rédactrice. Lorsque Andréa avait parlé de son amour pour une femme, elle savait que sa fille était tombée amoureuse de la vieille femme et Elisabeth avait cherché à en apprendre plus sur la vie personnelle de la femme. Rien de bon n'en était sorti, selon les écrits, elle était aussi froide et difficile dans sa vie professionnelle que dans sa vie personnelle. La voir défier son mari mais également se comporter comme si elle était intouchable l'énervait terriblement.

Richard sentait sa rage grandir en voyant l'arrogance de cette femme, tandis qu'il allait hurler à nouveau, un coup résonnait à la porte avant d'être ouverte. Un homme grand et bien bâti entrait dans la chambre, il portait un costume élégant et cher. Ses cheveux étaient noirs et grisonnant à certains endroits, ses yeux étaient bruns et il avait une présence plutôt imposante. « Qui êtes-vous ? » Demandait monsieur Sachs.

« Je me présent, William Scott, directeur de cet hôpital. » Il s'approchait du couple nouvellement arrivé, mais avant de pouvoir dire autre chose, Richard le coupait.

« Parfait, je souhait que ces gens soient emmenés loin de cette chambre et ne puissent plus s'approcher de ma fille. » Il regardait Miranda avec arrogance.

William fronçait les sourcils à l'impolitesse de cet homme. Il pouvait voir la crainte briller dans le regard de Miranda, même si son masque était en place, la peur brillait légèrement dans ses yeux. Inspirant profondément, William se tournait vers les Sachs et redressait sa posture, il parlait avec puissance et fermeté dans la voix. « Je suis désolé monsieur Sachs mais je ne peux satisfaire votre demande. » Lorsqu'il voyait l'homme se hérisser à ses mots, il faisait un pas en avant et parlait avant que l'homme ne le fasse. « Lors de sa précédente visite ici, votre fille à demander un rendez-vous avec moi. » Il était content d'avoir obtenu l'attention des parents, mais surtout le silence.

« Accompagné de monsieur Kipling, . . . » Il indiquait Nigel de la main. « Votre fille a demandé que son contact d'urgence et la personne qui la représenterait si elle se trouvait dans l'incapacité de faire ses propres choix serait Miranda Priestly. » Un halètement de surprise résonnait dans la chambre suivie par un silence assourdissant.

Les Sachs étaient figés dans l'horreur et la surprise. Emily et Serena regardaient Miranda dans la sympathie et la compréhension. Miranda qui avait été la plus abasourdie par ces nouvelles, regardait William avant de regarder Nigel fixement.

L'homme comprenait la surprise de son amie et aussi sa déroute. Il savait que Miranda réalisait toute la confiance qu'Andréa avait pour elle. Il s'approchait de la femme aux cheveux blancs et attrapait sa main libre. « Elle m'a appelé de l'hôpital, elle avait fait une forte poussée de fièvre et avait appelé les secours. » Nigel pouvait les questions passer dans l'esprit de Miranda. « Tu te souviens de ce jeudi, il y quatre mois où elle toussait beaucoup ? » Un signe de tête et il continuait. « Tu lui as donné la fin de semaine pour se soigner et elle a eu le pire pendant le vendredi dans la nuit. Quand je suis arrivé à l'hôpital et ai été amené à sa chambre, elle semblait si petite dans son lit, si vulnérable. » Il tournait la tête vers la jeune femme inconsciente. « Comme aujourd'hui mais ses yeux effrayés étaient pires. Elle m'a expliqué qu'elle était là depuis des heures et qu'elle c'était senti si seule. »

Nigel tournait la tête vers les parents d'Andréa. « Elle pleurait en me disant combien elle réalisait que si quelque chose lui arrivait, les seules personnes qui seraient prévenues seraient ceux qui l'ont abandonné. » Richard ouvrait la bouche pour s'indigner mais la prise sur son bras de sa femme le faisait taire.

« Avec monsieur Kipling pour témoin et notre avocat pour représentant de la loi, votre fille a rempli des papiers afin que seule Miranda puisse prendre les décisions concernant ses soins et son bien-être en son nom. » Précisait William.

« C'est des mensonges, ma fille n'aurait jamais fait ça ! » S'écriait-il de colère. « Cette femme vous a probablement acheté pour que vous répondiez à toutes ses exigences ! »

William se tournait vers l'homme avec colère maintenant, mais se contrôlait. « Je ne vous permets pas de porter de telle allégation quant à mon professionnalisme ! Les mots de votre fille répondront peut-être à vos questions. » IL tenait depuis le début des papiers dans ses mains, il tendait au père d'Andréa une copie des papiers dans lequel elle donnait à Miranda tous les droits de prendre les décisions pour elle. Richard étudiait attentivement le document et malgré tout son désir, celui-ci était vrai et signé de la main de sa fille. William avait également une enveloppe qu'il ouvrait et dépliait les feuilles à l'intérieur.

Je m'appelle Andréa Elisabeth Kathryn Sachs,

Si vous lisez cette lettre cela veut dire que je suis probablement couché dans un lit et incapable de communiquer avec vous. Si vous lisez cette lettre alors cela signifie que mes parents sont présents ainsi que ma famille.

Nigel est déjà au courant, j'ai confiance en lui et il est comme le grand frère que j'aurais toujours voulu avoir. Il fera ce qu'il faut pour que mes souhaits seront respectés mais il sera également là pour veiller sur les personnes qui me sont tandis que je ne peu pas le faire. Tu as été mon premier ami à New York Nigel, tu as également été mon ange gardien quand ma vie à volé en éclat.

Je n'ai pas les mots pour te dire combien je suis reconnaissante de t'avoir dans ma vie mais aussi dans ma famille ! Je t'aime Nigel Kipling et je te remercie d'avoir toujours été là pour moi.

Regardant Andréa avec amour, Nigel effaçait les larmes qui roulaient sur ses joues. Andréa avait don pour atteindre le cœur des gens et il était tombé depuis longtemps sous le charme de la jeune fille.

Emily et Serena, comme Nigel, vous comprenez mon choix j'en suis sûr. Après tout vous êtes les gardiennes des secrets de mon cœur. On dit que les gens n'ont qu'une famille mais j'ai réalisé que c'était faux. Mes parents sont ma famille de sang mais vous êtes ma famille de cœur. Vous avez choisi de m'accueillir parmi vous, vous m'avez offert votre amour librement et je trouve cela plus fort encore que le lien de sang. Je vous aime toutes les deux et je suis tellement heureuse d'avoir brisé la coquille dure du cœur d'Emily !

Un rire étranglé échappait aux filles qui pleuraient. Elles se tenaient par la main et regardaient Andréa attentivement, c'était presque comme si elles pouvaient l'entendre leur dire ses mots.

Malgré son air de jeune dragon, elle a le cœur le plus doux et le plus chaud que je n'aurais jamais cru. Je te remercie Emily de m'avoir donné une chance de te connaître vraiment et de faire partie des rares personnes que tu autorises à prendre place dans ton cœur.

Je suis désolé si mes actes vous blesseront mais je ne peux pas vous laissez éloigner ma famille, maman, papa. J'ai toujours cru que vous m'aimeriez peu importent mes erreurs et mes décisions. Pourtant vous l'avez fait et de la plus douloureuse des façons. J'ai grandi, j'ai évolué à New York, mais lorsque je ne correspondais plus à ce que Nate, Lily et Doug voulaient de moi, ils m'ont lâchement abandonné.

J'étais effrayé, ma vie semblait tomber en morceaux, je perdais ce que je pensais être des membres de ma famille et lorsque je me suis tourné vers vous pour obtenir du soutien et de l'aide à comprendre ce qui se passait vraiment, vous m'avez repoussé. Vous m'avez blâmé pour tout cela, vous m'avez également dit des mots que je n'aurais jamais pensé entendre de votre part. Ils m'ont blessé, mais vous deux avez presque brisé mon cœur. Si j'ai la chance de me réveiller, ce sont les visages de Miranda, Nigel, Emily et Serena que je souhaite voir. Je sais que si je prends pas des mesures alors vous ne les laisserait pas être avec moi et je ne peux pas le tolérer.

A l'heure actuelle, je ne suis pas sûr que vous preniez les meilleures décisions en ce qui concerne mes souhaits et mon bien-être. Je regrette de devoir en arriver là mais vous ne m'avez pas donné le choix, ils sont la famille que je choisis.

J'espère que cette lettre ne sortira jamais, que rien de grave ne m'arrivera ou si cela devait se passer, alors nous aurons réparé les choses entre nous. Vous êtes mes parents et je vous aimerais toujours même si cela fait mal pour le moment.

Elisabeth était blotti dans les bras de son mari et pleurait. Les mots d'Andréa étaient si forts et dévastateurs. Ils avaient blessé leur fille et elle ne souhaitait pas qu'ils prennent soin d'elle. En fait, elle n'avait pas confiance en eux et ce qui était le plus douloureux pour cette maman était que sa fille avait raison. Ils n'auraient pas écouté si leur fille ne les forçait pas à le faire.

Richard, malgré sa colère, ressentait une pointe de culpabilité et de douleur pour le mal qu'ils avaient fait à leur fille. Ils n'avaient pas pensé à ce moment qu'ils la blesseraient si profondément pourtant cela semblait être le cas, au point qu'elle ne désirait pas qu'ils soient là. Il pensait toujours que la seule responsable de tout cela était Miranda Priestly, rien de tout cela ne serait arrivé si cette femme n'était pas entré dans la vie de leur fille.

Miranda, une lettre ne suffirait pas pour que je puisse te dire tout ce qu'il y a dans mon esprit alors je choisis de laisser mon cœur s'exprimer.

Je t'ai choisi parce que je te fais confiance !

Je te fais confiance pour prendre les meilleures décisions en ce qui concerne ma santé, je sais que je suis entre les meilleures mains avec toi. Je te fais confiance également pour veiller à ce que mes souhaits soient respectés. Même si nous n'avons pas beaucoup partagé de choses personnelles, tu me lis mieux que personne et tu me connais aussi plus que tu ne laisses paraître. Je suis peut-être la meilleure personne pour te comprendre mais il en va de même pour toi.

Je t'ai choisi parce que si je suis vraiment inconsciente, lorsque je me réveillerais c'est ton visage que j'espère voir en premier. C'est ton parfum que je souhait sentir autour de moi et c'est ta présence rassurante que je souhait m'entourer.

Tu es celle que je choisis parce que mon cœur t'a déjà choisi Miranda ! Je suis tombé éperdument amoureuse de toi au fil du temps qui passait et tu es la seule personne que je désire. En fait ce n'est pas tout à fait vrai, il y aussi deux petites têtes rouges qui ont également volé mon cœur. Si tu lis cette lettre alors cela signifie que je n'ai pas eu le courage de te faire part de mon amour. J'espère avoir la chance de revenir vers toi et qui sais, je te dirais peut-être ces mots de vive voix.

Tu es une femme incroyable Miranda Priestly, ta beauté n'est plus à faire mais ce que beaucoup de gens ne savent pas c'est la beauté de ton cœur. J'ai eu le privilège de voir la femme derrière le masque de dragon bien que celui-ci soit aussi très sexy !

Un gloussement général résonnait dans la chambre.

Tu es une belle personne et avec un grand cœur, voila pourquoi tu es celle que mon cœur désir et c'est également la raison pour laquelle je pense que tu es la meilleure personne pour veiller sur moi !

Merci d'être dans ma vie Miranda et merci de me permettre d'être dans la tienne et celle des filles.

Tout mon amour, Andy.

Un long silence régnait dans la chambre après cela, tous semblaient contempler les mots d'Andréa. William repliait la lettre et la tendait à Miranda qui la prenait et la tenait précieusement contre son cœur.

« Souhaitez-vous que la sécurité vienne ? » Demandait William à la rédactrice en chef.

Miranda savait qu'elle n'avait qu'a simplement dire un mot et les parents d'Andréa seraient emmené loin de cette pièce. Elle les regardait attentivement et elle pouvait dire qu'ils étaient inquiets. En regard la jeune femme couchée dans le lit, elle savait qu'elle ne le ferait pas même si elle en avait très envie. Andréa aimait ses parents et même s'ils l'avaient blessé, elle était certaine qu'Andy les voudrait présent. « Non merci William. Je ne pense pas qu'ils poseront plus de problèmes. »

Un signe de tête et le directeur quittait la chambre tout en laissant des ordres qu'a la moindre demande de Miranda et la sécurité viendrait s'occuper de ces deux-là.