Auteur : Drusilla
Paring : HG/SS, pour de bon cette fois.
Rating : M
Disclaimer : J'emprunte Severus et Hermione, un peu Poudlard et beaucoup de magie. Rowling sera, je suis sûre, partageuse. La chanson "Et tu danses avec lui" est de C. Jerome.
Résumé : Les années qui s'écoulent ne changent rien à la douleur. C'est un mensonge d'affirmer que ça ira mieux avec le temps. La douleur ne s'atténue pas. Mais on apprend à vivre avec.
Bon désolée pour le retard, mais franchement vu le petit nombre de review, j'ai même hésité a continuer l'histoire. Je continue encore sur quelques chapitres et si ça ne plait pas plus, alors tant pis.
Chapitre 2 :
Le château entier avait été décoré pour le grand événement. De la grande salle aux toilettes de Mimi Geignarde, Poudlard resplendissait. Ce soir Albus avait 150 ans. Ce soir, Severus allait revoir Hermione. Elle serait forcément présente. Et lui ne pouvait y échapper. En avait-il envie ? Il rêvait plutôt d'une danse avec elle.
Albus l'immortel ce soir lui donnait l'occasion de surpasser sa peur de la blesser. Ce soir. Il allait enfin lui parler, la convaincre qu'il était temps. Mais temps pour quoi ? Il n'était pas bien sûr en réalité. Pouvait-il la convaincre de quelque chose qu'il ignorait lui même ? Ou devait-il encore attendre, au risque de la voir disparaître définitivement, happée par l'horreur de la vie, noyée sous la douleur.
Il avait du courage ce soir, en entrant dans la salle de bal. Assez pour fixer la porte en attendant qu'elle arrive. Il était encore tôt, pourtant Potter et Weasley étaient déjà là, s'empiffrant comme des porcs au buffet. Ainsi donc le trio d'or n'était pas venu ensemble. Le bon vieux temps s'était effacé peu à peu.
Hermione arriva tardivement, bien après le gros du peuple. Le sourire ravi que Severus avait laissé naître sur son visage disparut lorsqu'il la découvrit au bras de quelqu'un d'autre. Il aurait presque pu se sentir soulagé, soulagé de ne pas avoir à l'approcher ce soir, soulagé qu'elle ait trouvé quelqu'un pour la rendre heureuse, si ça n'avait été Peter Godjan, la star montante du Quidditch.
Le tout nouveau gardien de l'équipe d'Angleterre faisait trop souvent la une des journaux et toujours au bras d'une fille différente. Ce n'était pas un type pour Hermione. Ca non. Pas un type pour elle. Il allait la laisser, partir pour une autre, et elle souffrirait. Il la pensait guérie de ses mauvais choix masculins, il s'était trompé. Encore un pour la rabaisser à l'état de simple corps, sans jamais valoriser son âme.
Il l'entraina de suite sur la piste de danse, sans lui laisser le temps de prendre un verre, de saluer ses amis, de parler au vieux bouc. Pressé qu'il était de se montrer au bras d'une héroïne de guerre, la si brillante Hermione Granger, dont les résultats scolaires jamais ne furent égalés dans l'histoire. Fallait-il qu'il respecte Albus pour ne pas aller frapper ce petit con.
Si seulement Hermione avait résisté, juste un peu. Si elle n'avait pas eu l'air si resplendissante tandis qu'il la faisait tourner. Il aurait pu se dire qu'il était de son devoir d'intervenir. Mais elle n'était pas malheureuse. Pas en apparence. Même ses yeux, si tristes d'ordinaire, semblaient bruler ce soir.
Tu n'as jamais dansé aussi bien que ce soir
Je regarde briller tes cheveux blonds dans le noir
Tu n'as jamais souri si tendrement je crois
Tu es la plus jolie tu ne me regardes pas
Mais il n'était pas stupide. Beaucoup de chose, bien des défauts qu'elle avait énuméré, mais pas stupide, ça non. Elle avait simplement appris à perfectionner son masque. Lui avait-il servi d'exemple ? Non. Il n'avait jamais prétendu à un bonheur qu'on lui refusait.
Et tu danses avec lui la tête sur son épaule
Tu fermes un peu les yeux c'est ton plus mauvais rôle
Et tu danses avec lui abandonnée heureuse
Tu as toute la nuit pour en être amoureuse
Seulement on ne tombe pas amoureuse sur commande. Et on oublie encore moins. Il ne suffisait pas de sembler heureuse pour le devenir. Cet homme primitif, ce barbare inconscient du trésor qu'il avait entre les bras, ne pouvait pas effacer la douleur de l'absence de son ange. Ne pouvait effacer les sentiments dérangeant qu'ils avaient tous deux mutuellement développés.
Je suis mal dans ma peau j'ai envie de partir
Il y a toujours un slow pour me voler ton sourire
Et tu flirtes avec lui moi tout seul dans mon coin
Je n'sais plus qui je suis je ne me souviens plus de rien
Il avait presque envie de laisser tomber ce soir. D'aller se coucher et de ne jamais plus se lever. L'abandonner malgré sa promesse. Accaparé ici et là par quelques professeurs ou quelques Serpentards, il ne put pourtant que rester l'observer tricher face au monde. Tourner dans les bras d'un autre que lui.
Et tu danses avec lui la tête sur son épaule
Tu fermes un peu les yeux c'est ton plus mauvais rôle
Et tu danses avec lui abandonnée heureuse
Tu as toute la nuit pour en être amoureuse
Et tu danses avec lui, et tu danses avec lui
Sans comprendre comment il se retrouva affalé sur une chaise à enchaîner les verres. Il la haïssait presque ce soir. Elle avait l'air presque heureuse, lui était presque malheureux et c'était presque parfait. Comme avant. Si ça avait été un autre sur la piste de danse.
Et tu danses avec lui, et tu danses avec lui
Avec lui !
Lui !
Au détour d'un slow, leurs regards se croisèrent. S'embuèrent de larmes. Peine, rage, désespoir. Elle détourna la tête, il continua de la fixer. C'était elle ce soir la lâche. Elle qui, il en était sûr, se persuadait d'être heureuse. Il ne la quitta pas du regard jusqu'à ce qu'elle sorte de la salle, aux premières lueurs de l'aube. Elle n'avait pas lâché le bras de l'autre con. Elle n'avait pas arrêté de sourire.
Son cœur gelé manqua cesser de battre. Il se leva et rentra dans ses appartements. Seul.
